Coucou! Je vous laisse deviner à quel point je suis désolée pour mon retard...
Disclamer: peut-être que je pourrais me lancer dans le chantage? Quelque chose dans le genre: "Très chère Mrs Rowling, Hati vous mangera toute crue si vous ne reconsidérez pas votre position. Laissez-moi donc faire mumuse avec vos personnages, et mon OC se laissera gratouiller le bedon. Deal?"
Remerciements: ptitcoeurfragile, Ondie-Yoko, Edward Creed, Paprika Star, Mocassin, Elorah, Matsuyama, luma coquillette et ARnoFool. Si vous saviez comme je vous adore, je crois que je ne vous le répéterai jamais assez! Et si jamais je vous oublie (parce que ça peut m'arriver, tête en l'air que je suis) dans me réponses aux reviews, n'oubliez pas de me taper sur la tête. Bon, pas trop fort non plus hein...
Réponse à ARnoFool: et non, bien pensé mais ce n'est pas Remus. Cela ne collerait pas au niveau des dates (mais j'y avais pensé ^^). Mais on entendra reparler de Remus: je n'en dis pas plus, une partie de la réponse est dans le chapitre ;)
BONNE LECTURE
Harry embrassa du regard les affaires réunies sur son lit, comme un enfant qui s'apprête à partir en voyage scolaire. Dans le cas du Survivant, le voyage scolaire consistait en une rapide virée au ministère de la Magie. En toute illégalité, cela allait de soi. Baguette magique, cape d'invisibilité, une dizaine de pages vierges, un encrier, et, le plus important, une plume copieuse.
Cette petite merveille était l'une des dernières inventions de Fred et Georges, et nul doute que cette dernière aurait fait un succès si elle avait été commercialisée. Malheureusement, la mort de Fred avait poussé ton jumeau à tout laisser tomber, y compris leur boutique de farces et attrapes. Le triste roux avait néanmoins consenti à leur prêter un prototype pour l'occasion, les mettant néanmoins en garde contre les pannes éventuelles. Des pannes, Harry priait pour qu'il n'y en ait pas, car la réussite de sa mission reposait en grande partie sur le petit objet.
Le plan des Gryffondors était on ne peut plus simple, d'autant plus que Percy avait accepté de leur apporter un peu de soutien. Il allait en effet aider Harry, recouvert de sa cape d'invisibilité, à s'infiltrer au sein du Ministère de la Magie, et le guiderait jusqu'au bureau de Shacklebolt. Le jeune Weasley avait juré de trouver une excuse pour faire sortir le Ministre durant quelques minutes. Pendant ce court laps de temps, le jeune Potter était sensé récupérer l'intégralité des informations portant sur Hati Greyback. Et c'était là que ça coinçait.
Harry Potter, tout Survivant et héros qu'il était, restait un humain. De combien de temps allait-il disposer ? Dix minutes, un quart d'heure ? Ce n'était même pas certain. Harry ne pouvait pas emporter les documents l'intéressant, cela aurait immédiatement été remarqué, d'autant plus que de puissants sortilèges devaient les protéger. Et il doutait sincèrement que laisser un petit papier « Promis, on vous les rapporte dans quelques jours » suffise à calmer Kingsley. Dix minutes. Le fils de James n'aurait peut-être même pas le temps de survoler tous les dossiers durant ces quelques minutes. Encore moins de tout recopier à la main. On comprenait à présent l'importance de la plume copieuse.
Car non seulement cette dernière recopiait avec une précision extrême la moindre donnée, mais en plus de cela, elle exécutait cette tâche avec une rapidité cent fois supérieure à celle d'un sorcier lambda. George leur avait également certifié que les plumes avaient été ensorcelées de façon à contrer les sorts de dissimulation et de codage les plus connus. Enfin, un autre atout résultait dans le fait que, n'ayant pas encore été commercialisé, cet objet n'était pas encore connu du Ministère. En bref, Harry avait toutes les clés en main pour mener à bien cette petite expédition. Du moins en théorie.
Et la théorie, c'était précisément ce qui dérangeait le Gryffondor, qui, à force d'aventures en tout genre, avait bien compris que théorie et réalité pouvaient être bien distinctes. Le brun avait conscience que leur plan était uniquement basé sur des spéculations, qu'il était possible que tout foire du début à la fin. D'un autre côté, c'était aussi le meilleur moyen d'en apprendre plus sur le loup-garou. Cet argument faisait définitivement pencher la balance du côté du risque.
Il n'empêchait qu'Harry regrettait que sa cape d'invisibilité soit dorénavant trop petite pour les abriter lui, Ron et Hermione. Le brun n'aimait pas que ses amis prennent des risques pour lui, mais leur présence à ses côtés avait néanmoins quelque chose d'infiniment rassurant. Cette fois-ci, il serait désespérément seul. Comme lors de son face à face avec Voldemort dans la Forêt Interdite. Quand il avait dû se laisser tuer.
- Tu es prêt Harry ?
L'interpellé sursauta, brusquement ramené au présent.
- Tu vas bien ? Désolée, je ne voulais pas te faire peur.
Hermione venait d'entrer dans la chambre, et fixait Harry d'un air inquiet. Voyant que son ami ne répondait pas, elle ajouta d'une voix douce :
- Je comprends que tu sois nerveux. Si tu ne veux plus le faire, on peut…
- Je vais très bien !, la coupa l'autre Gryffondor peut-être un peu trop brusquement.
La brune ouvrit la bouche, mais se contint finalement de répliquer, se contentant de hocher la tête d'un air triste en murmurant :
- Si tu le dis.
Le Survivant s'en voulu aussitôt d'avoir crié. Malheureusement, l'heure de son rendez-vous avec Percy approchait à grand pas, et il n'avait plus le temps de se lancer dans de longues explications, ni même de s'excuser. Le jeune Potter garda donc le silence tandis qu'il fourrait rapidement ses affaires dans un sac à dos. Dix-sept heures sonnèrent. Harry s'activa : il devait rejoindre Percy pour 17h03 exactement.
- Bon courage, lui dit Hermione avec douceur. Ne prends pas de risques inutiles, ça n'en vaut pas la peine.
L'autre sorcier acquiesça d'un air sage, tout en sachant pertinemment que, comme d'habitude, l'adrénaline et les imprévus le forceraient certainement à se mettre en danger. Il était sûrement né avec un aimant à problèmes dans le ventre. Cette pensée en tête, il prit une grande inspiration et, dans un pop caractéristique, Harry transplana.
Le jeune Potter atterrit dans une ruelle étroite et peu fréquentée, à quelques pas du Ministère de la Magie. Il jeta quelques rapides coups d'œil autour de lui, puis, constatant que personne n'était aux alentours, il endossa sa cape d'invisibilité. Sans perdre plus de temps, il se mit à la recherche de Percy. Ce dernier ne fut pas difficile à trouver : ses cheveux roux flamboyant étaient un excellent indicateur, et, en plus de cela, le jeune Weasley ne cessait de regarder sa montre d'un air mécontent. Remarquant cela, Harry ne put contenir un soupir : l'ancien préfet était très strict sur les horaires, et il devait certainement être en retard de quelques minutes.
Oubliant momentanément toute discrétion, le Survivant courut tout droit en direction de Percy. Il percuta légèrement une dame, qui n'eut pas l'air de comprendre ce qui lui arrivait, avant d'atteindre finalement son objectif.
- Hey, c'est bon, je suis là, murmura-t-il à l'oreille de son complice.
Ce dernier ne cilla pas, mais émit un petit sifflement mécontent.
- J'ai failli tout laisser tomber et partir. On avait dit 17h03.
- Quelle heure est-il ?, s'enquit l'autre.
- 17h04.
Harry pouffa légèrement. Décidément, le rouquin ne changerait jamais. Ce dernier l'entendit rire et ne le prit pas particulièrement bien.
- Parce que ça t'amuse en plus ?, grogna-t-il. Et bien sache que ce n'est pas mon cas. Je risque ma place avec vos âneries.
Percy se mordit nerveusement la lèvre inférieure. Lui qui s'était promis de faire des efforts pour rattraper ses erreurs passées, le voilà qui mettait à faire la morale à Harry pour quelques secondes de retard ! Certes, le brun était en tort, mais ce n'était pas une raison pour être si désagréable. Après tout, le fils de James et Lily prenait lui aussi des risques. Poussant un soupir, le rouquin tenta tant bien que mal de maîtriser son alter ego grincheux.
- Bon aller, ne perdons pas plus de temps. On a du pain sur la planche tous les deux.
Sans attendre de répondre, le fils Weasley se mit en route. Il ne voyait pas Harry, mais pouvait entendre les bruits de pas réguliers de ce dernier quand il tendait l'oreille. Les deux sorciers pénétrèrent sans problème dans l'enceinte du Ministère grâce aux cabines téléphoniques habituelles.
Il fut cependant plus difficile de circuler dans la foule formée par les employés. Harry devait sans cesse se contorsionner afin de ne frôler personne. Au vu du nombre d'Aurors présents autour d'eux, nul doute que le jeune Potter, tout invisible qu'il était, aurait rapidement été repéré s'il avait eu le malheur de bousculer l'un d'entre eux. Ce qui faillit d'ailleurs arriver à de multiples reprises. Et chaque fois, le cerveau de Percy recevait des décharges de stress, son ventre se nouait douloureusement, son palpitant battait des records. Si bien que lorsque le duo arriva devant la cage d'ascenseur, Percy n'avait plus envie que d'une chose : se suicider dans un coin tranquille. Il fallait être réaliste après tout même si tout avait fonctionné pour le moment, il était impossible que cela continue. Nul doute que tous deux avaient épuisé leur dose de chance, et ce pour les décennies à venir. Il était clairement plus raisonnable de s'arrêter là, et tant pis pour Hati Greyback qui menaçait de le dévorer chaque nuit.
Oui, en cet instant, Percy Weasley, tout Gryffondor qu'il avait été, ne pensait qu'à prendre ses jambes à son cou et partir loin d'ici. Pourtant il n'en fit rien, se contentant d'entrer sans dire un mot dans l'ascenseur lorsque les portes de celui-ci s'ouvrirent, prenant bien garde de laisser à Harry le temps d'entrer également.
Pour le plus grand bonheur des deux compères, il n'y avait presque personne dans le grand ascenseur, excepté deux sorcières en grande discussion ainsi qu'un employé joufflu. Percy les salua brièvement, tandis qu'Harry allait se tapir dans un coin, juste derrière le fils de Molly. Malheureusement, une dizaine d'employés pénétrèrent avant que les portes ne se referment, les contraignant à se serrer les uns contre les autres. Et ce qui devait arriver arriva : le fessier d'une vieille sorcière entra en collision avec Harry.
Le brun pria pour que cette dernière n'y prenne pas garde. Peine perdue. L'employée poussa un cri digne d'un rugissement de dragon :
- QUI A OSÉ ?!
Un silence de plomb se fit dans la cage de l'ascenseur. Le Survivant eut à peine le temps d'apercevoir le visage horriblement pâle du jeune Weasley que déjà la sorcière en colère se retournait, cherchant du regard sa future victime. Mais alors qu'Harry s'attendait à être repéré d'un instant à l'autre, la mégère jeta son dévolu sur une autre personne.
Clac !
La main de la sorcière rencontra la joue innocente du pauvre Percy. Le roux, outré, ouvrit la bouche pour se défendre, mais son agresseur fut plus rapide.
- Petit malappris, vous n'avez donc pas honte ? Oser profiter de la sorte d'une faible femme sans défense ! Ah, elle est belle la jeunesse d'aujourd'hui ! De mon temps, ça ne se serait pas passé si facilement mon bonhomme, sachez-le ! Et oui, vous auriez été traîné en justice, on vous aurait condamné à Azkaban pour trente années de votre vie, au moins !
Une pointe de regret apparut dans le regard de la vieille femme aigrie. Elle soupira.
- Mais que voulez vous, il faut croire que tout se perd de nos jours. On ne vous tient plus la porte, on vous bouscule, on ose vous toucher le postérieur dans un lieu public. Les jeunes de nos jours, quelle indécence, quelle impolitesse, quelle grossièreté. Mais par Merlin, moi, Catherine Churn, je ne permettrai pas cet affront ! Vous entendrez reparler de moi, je vous le garantis, d'ailleurs…
- Pardonnez-moi, mais je descends ici, annonça précipitamment Percy.
Le roux se précipita hors de l'ascenseur qui venait de s'immobiliser au premier étage, suivi de près par Harry.
- Je savais que c'était une mauvaise idée !, pesta-t-il une fois sorti.
Le jeune Potter, après s'être assuré que personne n'était aux alentours, murmura quelques excuses à son complice.
- Ce n'est pas de ta faute, marmonna le rouquin.
Son ton était malgré tout rancunier, et le Survivant décida de se faire discret jusqu'à ce que la bonne humeur de Percy revienne. Si elle revenait un jour.
Le jeune Weasley, dont la joue était désormais aussi rouge que sa chevelure, grommela encore quelques instants dans son coin, avant de subitement se reprendre. Il prit une grande inspiration, passa une main dans ses cheveux pour se recoiffer, remonta ses lunettes, et fila en direction du bureau de Kingsley. Le brun soucieux de ne pas se faire remarquer une seconde fois, suivit le rouquin comme son ombre.
Les deux Gryffondors ne se trouvaient plus à présent qu'à dix mètres de leur objectif. Neuf mètres. Huit. Sept.
Harry se sentait atrocement vulnérable malgré sa cape.
Six, cinq, quatre.
Aussi ridicule que cela puisse paraître, il avait brusquement envie d'aller aux toilettes.
Trois.
Juré, c'était la dernière fois qu'il prenait autant de risques.
Deux.
Au pire, il était encore temps de faire demi-tour, non ?
Un misérable mètre.
Saleté de loup-garou grincheux.
Percy frappa trois coups à la porte, sans la moindre hésitation. Trois coups rapides, au même rythme que les battements du cœur d'Harry. Trois injections d'adrénaline pour ce dernier. Tout le stress et l'anxiété accumulés par le Survivant le quittèrent brutalement, laissant seulement place au typique courage Gryffondorien. Il ne trembla pas quand la voix de Kingsley se fit entendre.
- Entrez.
Et il entra aussitôt. Après tout, c'était bien ce qu'on venait de lui demander, pas vrai ? Percy lui laissa un passage, mais resta néanmoins en retrait, limitant sa présence à l'encadrement de la porte. Dès qu'il le vit, le Ministre de la Magie parut se détendre.
- Et bien Percy qu'est-ce-qui vous amène ici ?, demanda-t-il d'une voix amicale.
- C'est au sujet de l'affaire « Promenade », énonça le roux d'une voix professionnelle. Il semblerait que nous ayons trouvé une piste relativement intéressante. Vous serait-il possible de nous accorder quelques instants ? Nous souhaiterions votre accord avant d'avancer cette théorie aux journalistes.
Harry avait entendu parler de cette histoire. Un bus magique, avec à son bord une vingtaine de personnes, avait brutalement disparu la semaine dernière. L'affaire faisait beaucoup de bruit, et de nombreuses personnes parlaient d'un acte de revanche des Mangemorts. Percy avait joué la bonne carte. Peu de dossiers devaient être aussi importants que celui-ci il était impossible que Kingsley refuse d'étudier la possible solution à ce problème. Et en effet, le Ministre mordit à l'hameçon.
- Bien entendu, répondit-il. Si seulement nous pouvions résoudre cette affaire au plus vite…
Sans plus de cérémonie, Shacklebolt se leva et suivit le jeune Weasley. Il ferma la porte derrière lui d'un « alohomora » ainsi que de quelques autres sortilèges plus complexes, laissant seul Harry dans la pièce. Le brun balaya la pièce d'un regard nerveux. C'était bête à dire, mais le fait que tout se passe si parfaitement le rendait anxieux. Le Gryffondor secoua la tête : il n'avait pas de temps à perdre avec cette inquiétude.
Résolu, il se dirigea d'un pas rapide vers le bureau. Ce dernier n'était plus qu'une forteresse de paperasses administratives en tout genre, et Harry ne put retenir un gémissement plaintif quand il comprit qu'il allait devoir fouiller un peu partout pour trouver ce qu'il cherchait. Il parcourut plusieurs piles hâtivement, tout en prenant garde de conserver leur ordre initial. Les minutes s'écoulaient, et le brun avait l'impression de chercher une aiguille dans une botte de foin. Quelle frustration ce serait de repartir sans même avoir trouvé les documents convoités !
Un point bleu capta soudain l'attention du Gryffondor, alors que celui-ci s'attaquait à une nouvelle pile de dossiers. Il laissa aussitôt tomber ses recherches pour se précipiter vers le tiroir entrouvert qui laissa entrevoir cette couleur que le Survivant connaissait tant.
Un sourire aux lèvres, Harry se saisit d'une photographie sur laquelle un jeune homme fronçait les sourcils. Hati Greyback, plus jeune d'un mois seulement, le fixait de son regard bleu insolent. Le jeune Potter avait trouvé ce qu'il cherchait. En effet, le tiroir contenait tout un dossier dans lequel était mentionné à de multiples reprises le nom du loup-garou. Sans perdre une seconde de plus, le sorcier sortit les feuilles, l'encre, et la plume copieuse.
Dès qu'Harry eut lancé le sort d'activation, cette dernière se mit à griffonner frénétiquement, couvrant les feuilles vierges d'une écriture noirâtre en pattes de mouche. Le brun se fit craquer les doigts d'un air satisfait : pour une fois, il semblait vraiment que tout allait bien se terminer. Après tout, il n'avait plus qu'à attendre les bras croisés que la plume ait achevé son dur labeur, ce n'était pas si compliqué, non ?
Pour Harry Potter, Gryffondor depuis plusieurs années maintenant, cela l'était. Le brun avait beau se sermonner intérieurement, ses yeux émeraude ne pouvaient s'empêcher de glisser sur les papiers étendus devant lui. D'embrasser les dossiers. De flirter avec le contenu des tiroirs.
Maudite curiosité.
Quand il aperçut ce vieux carnet grisâtre dépasser d'une pile de feuilles, Harry ne tint plus. Sans plus se soucier le moins du monde de la plume copieuse, de Kingsley qui pouvait arriver d'une seconde à l'autre, il se jeta sur l'ouvrage usé et l'ouvrit. Le brun manqua de s'étouffer en reconnaissant l'écriture de Remus. Le jeune homme feuilleta fébrilement les pages du carnet qui représentait l'une des rares choses laissées par son ami.
Un bruit aigu retentit soudain dans la pièce. Harry se jeta sous sa cape d'invisibilité, le livre toujours entre ses mains. Il lança un regard effrayé en direction de la porte, s'attendant à y voir un quelconque sorcier ayant surpris son intrusion.
La porte était close.
Intrigué, le jeune Potter redressa la tête. Et le bruit se fit entendre de nouveau, mais plus faible cette fois-ci. Le brun chercha l'origine de cette gêne, et son cœur cessa de battre quand il trouva la plume copieuse allongée sur la feuille de papier. De petits sons, toujours aussi suraigus, mais de plus en plus brefs, s'échappaient de cette dernière.
On aurait dit un humain prêt à rendre son dernier souffle. L'objet magique était secoué de légers soubresauts, et de l'encre noire giclait de temps à autre. De toute évidence, Harry était en train d'assister à l'agonie de sa plume. Le sorcier tendit la main vers l'objet, cherchant à intervenir d'une quelconque manière, mais il ne parvint pas à déterminer la panne. Etait un de ces défauts de fabrication dont George l'avait mis en garde ? Ou bien Kingsley avait-il verrouillé ses documents de puissants sortilèges ?
Le Survivant secoua la tête. Peu importe l'origine, le résultat demeurait le même : la plume gisait lamentablement sur le bureau en poussant ce que le brun interprétait comme étant des cris de douleur. Étrangement touché par la détresse de l'objet, le Gryffondor caressa du doigt la plume. Cette dernière eut alors comme un sursaut, puis elle cessa de bouger définitivement, laissant seulement échapper une énorme flaque d'encre sur les dossiers.
Et aussi stupide que cela puisse paraître, une larme coula le long de la joue d'Harry. C'était ridicule, ce n'était qu'une plume, un simple objet, mais il pleura quand même. Puis, il se calma rapidement, passa une main sur sa joue pour essuyer ses larmes. Le visage fermé, il lança un sort de nettoyage, et plaça la plume copieuse dans son sac. Le brun consulta les documents qui avaient été recopiés : il ne manquait plus que quelques lignes, il pouvait s'en charger lui-même.
Cette pensée fut rapidement avortée par la voix de Kingsley résonnant dans le couloir. Harry fourra précipitamment les papiers copiés dans sa sacoche, ne se souciant pas de les corner ou même de les même plier. Il mit à leur place les originaux, s'assura que la cape d'invisibilité le revêtait dans sa totalité et regagna son poste près de la porte. Le brun pouvait à présent entendre la voix grave du Ministre de la Magie qui discutait avec un employé juste devant la porte. Le Gryffondor observa alors le contenu de son sac et de ses poches, profitant du bref temps mort qui lui était octroyé pour vérifier qu'il n'avait rien oublié.
Ce qu'il constata lui fit rapidement perdre le sourire. Il n'avait rien oublié, bien au contraire. Au sein du fouillis de feuilles manuscrites qui peuplait son sac se trouvait quelque chose qui n'aurait jamais dû s'y trouver. Ce quelque chose, c'était le carnet de Remus. Non seulement il avait oublié de le remettre à sa place, mais en plus il avait failli emporter l'ouvrage avec lui. C'était tout de même un sacré acte manqué.
La porte s'ouvrit brusquement, manquant de faire sursauter Harry. Le brun eut un mouvement de fuite, avant de se souvenir qu'il était caché par sa cape d'invisibilité. Le problème du carnet volé n'était pas pour autant résolu : qu'allait-il bien pouvoir faire ?
Le Gryffondor lança un regard désespéré en direction du bureau encombré de Kingsley, tentant tant bien que mal d'estimer la distance qui le séparait de la pile où il avait pris l'ouvrage. Puis il observa le Ministre de la Magie, puissant sorcier, qui s'apprêtait à refermer la porte derrière lui.
Harry ferma les yeux. Inspira profondément. Et s'élança.
Harry jeta son sac puis alla s'affaler sur son lit. Il croisa les bras derrière sa nuque et ferma les paupières dans une vaine tentative d'apaisement. Rien à faire. Il se redressa et s'assit, se prenant la tête entre les mains.
Il s'en voulait tellement !
Le Gryffondor était en colère contre sa foutue curiosité qui avait tout compliqué, déçu de ne pas avoir été capable de copier tout le dossier de Hati, frustré d'avoir pris la fuite. Car oui, Harry Potter s'était enfui.
Et il s'en voulait.
Le brun avait eu beau se chercher des excuses, se persuader qu'il n'aurait pas pu tout remettre en ordre avec Kingsley à côté de lui, se mentir en songeant qu'il n'y aurait peut-être pas de conséquences, rien n'y faisait.
Il s'en voulait.
Il s'en voulait car, tout au fond de lui, il y avait cette petite voix enjouée qui lui murmurait que même si Kingsley n'avait pas été là, il aurait tout de même emporté le carnet avec lui. Un peu à cause de sa curiosité de Gryffondor, surtout parce que Remus lui manquait. Dans ses moments de solitudes et de tristesse, Harry aurait voulu que Lupin soit là pour le réconforter, comme il le faisait si bien de son vivant.
Le Gryffondor ferma les yeux, se remémorant des moments heureux passés avec Remus. Puis il rouvrit les paupières, un air cette fois-ci déterminé sur son visage : il était temps d'en apprendre plus sur les écrits de son ami !
- C'EST L'HEURE DE MANGEEEEER ! À TABLE TOUT LE MOOOONDE !
Ou pas.
La voix amplifiée de Mrs Weasley résonna dans la maison entière, faisant sursauter le jeune Potter qui en lâcha le carnet qu'il avait saisi quelques secondes plus tôt. Le brun poussa un soupir, puis il ramassa le livre avec une pointe de regret. Il lui faudrait attendre la fin du repas pour savoir.
Hati avait un problème.
Harry ne savait pas quoi, il ne savait pas pourquoi, mais il avait un problème. D'ordinaire, le loup-garou était calme et froid à l'heure du repas, se contentant de manger en silence, puis de partir dès que Molly en donnait l'autorisation.
Ce soir, cependant, le fils de Fenrir ne semblait pas tenir en place. Oh, bien entendu, il ne courait pas partout autour de la table c'était une agitation bien plus discrète. Quand on l'observait, on pouvait facilement s'apercevoir qu'Hati ne cessait de changer de position, comme s'il ne savait plus s'asseoir convenablement sur une chaise.
Il ne semblait pas à son aise non plus. Mâchoire serrée, sourcils froncés et moue encore plus renfrognée que d'habitude, ce qui n'était pas rien, le visage du lycanthrope crispé semblait dissimuler une violente douleur.
Et puis il y avait ses yeux. Le jeune Greyback fixait d'ordinaire son assiette de nourriture, tandis qu'Harry et Ron riaient discrètement en voyant les regards assassins qu'il lançait aux légumes, et plus particulièrement aux innocentes carottes. Mais pas aujourd'hui. Durant tout le diner, les pupilles bleutées ne cessaient d'aller d'un Weasley à l'autre, de détailler Hermione sous toutes ses coutures, au risque de s'attirer les foudres d'un Ron jaloux, avec une lueur dans le regard que l'héritier Potter ne parvenait pas à interpréter.
Dans tous les cas, c'était surtout l'expression de souffrance masquée qui inquiétait le Gryffondor brun. Profitant que le fils de Fenrir lui faisait face, Harry toucha doucement le genou du loup-garou à l'aide de son pied. Il vit Hati camoufler un bref sursaut, puis braquer son regard sur lui.
Harry fut pris d'un violent tremblement.
Il ne s'était jamais senti si mal à l'aise devant Hati, et pourtant ce dernier avait plus d'un tour d'intimidation dans son répertoire. Sauf que là, ce n'était pas de l'intimidation que le Survivant lisait dans les yeux bleus de l'autre. Ce n'était pas de la colère, ni de l'agacement, encore moins de l'ennui ou de la moquerie.
La première fois qu'il avait fait face au fils de Fenrir, le Gryffondor avait eu la désagréable impression de n'être qu'une proie pour ce dernier. Mais là, il y avait quelque chose de plus inquiétant que le simple fait d'être considéré comme un morceau de viande : le fait que le loup-garou soit en train de chercher le meilleur moyen de le dévorer.
Le brun en aurait mis sa main à couper. Il n'aurait pas su expliquer d'où lui venait cette certitude, il était néanmoins certain de ce qu'il avançait. Pour reprendre les mots d'Hati, il le sentait. Oui, il sentait que ce n'était plus Hati qui était assis en face de lui.
Skoll avait pris sa place.
Mrs Weasley, qui semblait voir elle aussi que quelque chose clochait, interpela le lycanthrope d'une voix douce, quoiqu'un peu inquiète :
- Hati, tu ne te sens pas bien ?
Le fils de Fenrir, à l'entente de son prénom, sembla reprendre pied avec la réalité. Il détourna son regard du Survivant, et fixa son assiette sans répondre.
- Il y a un problème ?, insista Mr Weasley.
- J'aimerais aller me coucher, je peux sortir de table ?, marmonna le concerné d'une voix rauque.
- Bien sûr, l'autorisa la mère de famille. Tu es malade ? Tu as besoin que…
Le jeune Greyback avait déjà quitté la salle. Harry vit Ron et Ginny échanger un regard interrogateur, tandis que Percy semblait se liquéfier sur place. Un loup-garou dans sa chambre, ce n'était déjà pas facile à gérer, alors un loup-garou encore plus bizarre que d'habitude, bonjour les ennuis ! C'était du moins ce que le Survivant pouvait lire dans le regard paniqué du rouquin. Hermione, quant à elle, paraissait plongée dans une profonde réflexion. Le fils de James et Lily considéra ensuite l'assiette encore remplie du lycanthrope.
Hati n'avait rien mangé.
Harry plongea sa tête sous le filet d'eau qui s'échappait du robinet. Deux heures du matin, et déjà enfermé dans la salle de bains, tremblant à cause d'un cauchemar bien sanglant. C'était pitoyable.
Le brun se saisit d'une serviette et frotta vigoureusement ses joues, tentant sans trop d'espoir d'effacer les images glauques de ses nuits en même temps que les gouttes d'eau. Son cerveau détraqué s'était une fois de plus surpassé. Quoi de pire qu'un cauchemar avec Voldemort ou Skoll Greyback ? Un cauchemar avec Voldemort et Skoll Greyback, voyons ! Le genre de truc qui faisait presque regretter au fils Potter son rêve avec un Hati lubrique et plus que séduisant. Presque.
D'autant plus qu'Harry ne savait toujours pas ce qui était passé par la tête du lycanthrope durant le repas. Bizarrement, personne n'en avait reparlé, et on n'avait pas revu le loup-garou depuis le dîner. Ce dernier s'était cloitré dans la chambre qui lui était attribuée, et ne semblait en être sorti de la soirée. Et, pour une fois, le Survivant ne s'était pas risqué à aller lui parler.
Il poussa un soupir. Il espérait seulement que, dans quelques heures, tout serait rentré dans l'ordre, et que le Hati grincheux que tous connaissaient serait de retour pour leur grogner dessus. Oui, c'était nouveau, Harry aimait bien se faire grogner dessus. À croire qu'il devenait vraiment siphonné lui aussi.
Le garçon aux yeux vert émeraude secoua la tête, puis il sortit de la salle de bains. La bonne nouvelle dans tout ça, c'est qu'il allait enfin pouvoir lire le carnet de Remus. Car Hermione et les enfants Weasley étaient venus lui poser mille et une questions sur la façon dont s'était déroulée la mission au Ministère de la Magie après le repas. Ils avaient ensuite rassemblé les manuscrits que le brun avait pu rapporter, et Hermione avait annoncé qu'elle les aurait tous lus pour le lendemain. La conversation s'était prolongée jusqu'à ce qu'une Molly furieuse vienne les réprimander de ne pas être couchés à une heure aussi tardive. Les Gryffondors s'étaient finalement éparpillés, retournant dans leur chambre respective.
Harry ne leur avait pas parlé du fameux carnet. Il ne savait même pas pourquoi. Certainement parce qu'il avait conscience d'avoir fait une connerie en le ramenant ici. Peut-être aussi parce qu'il voulait le lire avant eux. Toujours était-il qu'il n'avait finalement pas eu l'occasion de lire plus de deux mots jusqu'à présent. Mais il comptait bien se rattraper ! Après tout, il avait maintenant toute la nuit.
Ou du moins c'était ce qu'il croyait avant d'être violemment propulsé contre le mur. La tête du Survivant heurta la cloison avec force, et ce dernier ne put réprimer un gémissement de douleur. Gémissement qui ne franchit cependant pas la barrière de ses lèvres, car une main se plaqua contre son visage, l'empêchant même de respirer. Harry, prit de panique, s'agita, mais rien n'y fit. Son assaillant était plus fort et robuste que lui, et il n'avait pris pas sa baguette avec lui.
Le Gryffondor se contenta donc d'observer, impuissant, le fils de Fenrir qui lui faisait face, une lueur inconnue dans le regard.
Suspeeeeense. Alors? Avis, protestations, menaces de mort, pronostics, dites-moi tout! :D
Si vous saviez comme j'en ai bavé pour écrire ce maudit chapitre, Harry est pas prêt de retourner au Ministère! Enfin bon, j'espère que ce chapitre vous aura plu, malgré son absence de scènes entre Harry et Hati. Mais ne vous en faites pas, le prochain chapitre sera là pour rattraper tout ça, enfin, je dis ça je dis rien... ;)
