Salut la compagnie! La vie est belle? En tout cas cas je l'espère pour vous, adorables-et-patients-lecteurs-qui-ne-râlent-pas-devant-mes-chapitres-en-retard! Comment ça j'essaie de vous amadouer avec des compliments? Mais c'est faux! Bref, un nouveau chapitre coupé en deux (et vous allez, une fois de plus, me détester pour le cliffangher, j'en ai bien peur). Bonne lecture!

Disclaimer: ... *pars bouder avec Hati*

Musique: j'ai écrit ce chapitre en écoutant "Landmine" de Three Days Grace, donc ceux qui veulent se mettre dans l'ambiance et qui aiment bien le hard-rock/métal... :)

Réponses aux reviews anonymes:

cassandre: je te remercie infiniment pour ton enthousiasme, ton impatience, tes encouragements, bref, ta review toute entière! J'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes!

OLondyum: tout d'abord, je voulais te remercier chaudement pour ta review, et te dire que pour moi il n'y avait pas de personne nulle en review. Que ce soit un petit mot ou un gros pavé, quand je vois qu'un lecteur a commenté ma fic, moi je me sens juste à noël devant mes cadeaux! Dans tous les cas, je te remercie vraiment d'avoir pris le temps de laisser une review, j'espère que la suite te plaira. Et courage, camarade, nous vaincrons la prépa! :D

Je remercie également Matsuyama, ptitcoeurfragile, luma coquillette, ARnoFool, Elorah ainsi que kimykymi pour leur reviews, ainsi que ceux qui me suivent, me mettent en favoris, ou même les lecteurs fantômes. Au risque de me répéter, je n'ai pas de mots pour dire à quel point je vous adore! ^^


Les jointures de ses doigts rendues blanches tant sa main crispée enserrait fort les draps de son lit, Hati retint un gémissement plaintif. La vie au sein de la meute avait toujours été dangereuse et les blessures, graves ou non, étaient une chose courante. Et pourtant jamais, ô grand jamais, le fils de Fenrir n'avait souffert à ce point.

Éclairant l'obscurité de la nuit, la raison de sa douleur luisait dans le ciel avec insolence : la lune était presque pleine. Skoll était toujours agité les nuits qui précédaient la transformation, mais le jeune Greyback avait pris l'habitude d'évacuer cette énergie excessive en chassant quand l'envie s'en présentait. Il y avait toujours eu une certaine harmonie entre lui et son loup, si bien que la pleine lune n'avait jamais été un problème pour le jeune lycanthrope.

Sauf que ce dernier n'était plus libre comme autrefois. Finies les longues parties de chasse dans l'obscurité, le sang du gibier fraîchement tué qui aidait Skoll à patienter jusqu'à son heure. Désormais, le jeune Greyback n'avait plus que de la viande trop cuite et des légumes, ce que son jumeau poilu ne semblait pas apprécier le moins du monde. Et il le faisait bien comprendre à son humain.

Hati porta une main tremblante à sa gorge. Une soif insatiable l'étreignait depuis quelques temps, au point de lui en faire perdre le sommeil et le goût pour toute autre boisson que le sang. Et du sang, il n'y en avait pas à table chez les humains. Du coup le fils de Fenrir devait faire avec ce qu'il avait, c'est-à-dire rien. Parfois son ouïe fine percevait les battements de son cœur, et il songeait avec amertume à tout ce sang qui coulait en lui, mais qu'il ne pouvait boire jusqu'à satiété. Il haïssait alors ce petit rythme régulier qui le rendait fou et lui mettait les nerfs à vif. Plus particulièrement lors des repas.

Il y avait trop d'humains autour de lui. Le ministère de la Magie était sadique il avait disposé de délicieux morceaux de chair pleins de vie autour du jeune loup-garou, sans toutefois l'autoriser à y toucher. Ils auraient dû se douter ceux du gouvernement qu'il ne tiendrait pas longtemps, non ? Ils ne savaient donc pas que la faim pouvait rendre fou ? Car c'était l'impression qu'Hati avait.

Qu'il était en train de devenir dingue. L'agitation que Skoll causait en son sein lui donnait de la fièvre, et il arrivait de plus en plus souvent que la douleur le fasse délirer. Ces moments-là étaient dangereux. C'était des moments pendant lesquels Skoll prenait le contrôle, comme durant le dîner de ce soir. Oh bien sûr, cela ne durait jamais bien longtemps, car le fils de Fenrir parvenait à rapidement reprendre le dessus, mais tout de même. Quelques secondes, c'était suffisant pour faire une connerie. Donner un coup fatal, trancher une gorge, c'était l'affaire d'un instant, surtout pour un loup-garou. Et puis, ils étaient fragiles ces petits humains.

Un spasme agita l'héritier Greyback et le fit chuter de son lit. Le moindre de ses nerfs était tendu, aussi eut-il la sensation d'être tombé du troisième étage d'un immeuble quand son corps heurta le sol. Il laissa échapper un cri, et félicita intérieurement Percy d'avoir déguerpi. En effet, le rouquin était passé quelques heures plus tôt lui dire qu'il lui laissait la chambre pour aller dormir avec son frère. Ce froussard semblait avoir un don pour sentir quand le danger était réel, et Hati l'en félicitait. Il n'aurait pas apprécié que quelqu'un le voit dans cet état, et, envie de chair ou non, il aurait tranché la gorge au témoin de ses souffrances.

Des souffrances qui paraissaient s'amplifier au cours du temps. Le brun avait la sensation que chacun de ses muscles était sur le point de se déchirer, chacun de ses os sur le point de se rompre. Et qu'un troll dansait sur sa tête. Skoll voulait sortir, maintenant, et il cherchait pour cela à débuter la transformation précocement. Hati ne savait pas si une telle chose était possible, mais dans tous les cas la douleur qu'il ressentait n'était pas humaine. Par moments, il se demandait ce qui était le pire : passer le restant de ses jours à Azkaban pour s'être rempli le bide, ou crever comme un chien en cage avec cette fausse liberté que les sorciers lui avaient accordée. Plus les heures passaient, et moins la réponse était évidente.

Ce fut durant l'une de ces hésitations que le lycanthrope entendit des pas dans le couloir. Il reconnut immédiatement le propriétaire de cette odeur, et, oubliant la douleur qui enserrait chaque partie de son corps, il se releva, tel un zombi, et sortit dans le couloir ses sens en ébullition lui indiquèrent que le sorcier se trouvait dans la salle de bain. Le brun se camoufla alors dans l'obscurité, attendant avec un sourire que sa proie ne sorte. Il avait eu une idée, et une bonne.

Mais le Gryffondor tardait à revenir, et l'attente devenait de plus en plus pénible pour le loup-garou. L'odeur de peur qui emplissait l'atmosphère -l'humain devait avoir fait un cauchemar- excitait Skoll et la migraine qui enserrait le crâne d'Hati dépassait l'entendement. Le brun essayait de communiquer avec son loup, comme il le faisait depuis son enfance.

Aller Skoll, patiente encore quelques minutes. Tu vas pouvoir sortir, je te le jure. Fais-moi confiance, tu n'auras bientôt plus faim…

Mais Skoll ne voulait plus rien entendre. Il semblait au fils de Fenrir que le lien qui l'unissait à son double poilu avait été endommagé, peut-être par les effets de la potion qu'il était forcé prendre. Dans tous les cas, le Loup avait été remplacé par une grande, une immense faim. Et cette faim eut raison d'Hati. Quelques secondes avant qu'Harry n'ouvre la porte, le jeune Greyback perdit connaissance.

Et Skoll ouvrit les yeux.


La main du loup-garou était toujours fermement plaquée sur le visage d'Harry, et le sorcier commençait sérieusement à ressentir le manque d'oxygène. En plus de cela, et même si ce constat heurtait sa fierté de Gryffondor, il devait reconnaître que la peur le pétrifiait totalement.

Il en avait affronté pourtant des êtres cauchemardesques, mais rarement la Mort ne lui avait parut si proche. Le fils de Fenrir, qui ne manquait déjà pas de carrure, lui apparaissait encore pus grand et imposant que tout à l'heure. Plus agressif aussi. Car si Hati avait pu être inquiétant par le passé, il n'y avait jamais eu cette lueur sanglante dans son regard. On en était plus au stade de l'intimidation, et le Survivant le sentait.

C'est pourquoi, faute de pouvoir lutter ou même s'enfuir, son cerveau affolé ne cessait de chercher une solution à ce problème. Et une fois de plus, l'héritier Potter regretta de ne pas avoir l'intelligence de son amie Hermione. A la décharge de notre héros, le sourire aux dents acérées qu'arborait à présent Skoll ne l'aidait pas à se concentrer.

- J'en rêve depuis que je t'ai rencontré, confia le loup-garou.

Et le Gryffondor n'eut pas le temps de réfléchir au sens de cette phrase que déjà les dents de l'autre enserraient sa gorge. Ce fut le déclic pour le sorcier, la décharge d'adrénaline qu'il lui fallait pour survivre. Le maigre brun se débattit sauvagement, cherchant à la fois à repousser et à frapper son adversaire le plus violemment possible. Les yeux emplis de cette rage de vivre, l'étudiant de Poudlard cherchait à mordre, griffer, blesser. Un spectateur extérieur à toute cette histoire aurait pu croire que c'était Harry la bête et non l'inverse.

Malheureusement pour le jeune Potter, toute cette agitation, loin d'importuner son bourreau, semblait surtout amuser ce dernier. Skoll s'éloigna légèrement, contemplant sa future victime avec une expression amusée, se moquant certainement de la faiblesse du petit humain.

Le fils de James savait sa dernière heure arrivée. Il ne pouvait définitivement pas lutter, et ses poumons le brûlaient, lui réclamant de la sorte le précieux dioxygène qu'il ne pouvait leur donner. Le Survivant-plus-pour-longtemps ferma les yeux, destiné à abandonner le combat. Toutefois il les rouvrit rapidement, décidé à fixer jusqu'à son dernier souffle les iris bleutés qui allaient avoir raison de lui.

Et ce qu'il vit le stupéfia.

Le loup-garou qui se tenait face à lui avait perdu de sa superbe. Son sourire extatique s'était transformé en une grimace douloureuse, et, le visage crispé, Skoll se pliait peu à peu en deux. Quelques mots qui tenaient plus du grondement bestial que de l'anglais s'échappèrent d'entre ses lèvres blanchies, et Harry, en tendant l'oreille, parvint à en capter une partie au vol.

- Pas maintenant… Tellement faim… Err-

Le fils de Fenrir s'effondra aux pieds du Survivant qui, décidément, n'y comprenait vraiment plus rien. La seule information que son cerveau acceptait d'assimiler pour le moment, c'était qu'il n'était pas mort. La première chose que le brun fit alors, c'est son corps qui lui imposa. Oxygène. Inspirer. Expirer. Respirer. Vivre.

Quand le brouillard de l'inconscient fut totalement dissipé, Harry contempla l'être tombé au sol, indécis. L'héritier Greyback ne bougeait plus. Fallait-il le réveiller ? S'il était Skoll, c'était risqué. Mais le Gryffondor ne pouvait pas prendre le risque de laisser le lycanthrope sans surveillance pour aller chercher sa baguette. Trop dangereux.

Crier pour appeler les autres alors ? Impossible, les conséquences seraient trop graves pour le loup-garou. Une petite voix en Harry lui fit remarquer l'autre brun avait failli le tuer une minute auparavant, et que les conséquences seraient certainement à la hauteur du danger, réel, qu'il représentait.

Mais le Gryffondor, sans trop savoir pourquoi, ne pouvait se résoudre à cette option. Certainement voulait-il comprendre ce qu'il s'était passé avant de prendre une décision.

Une quinte de toux tira le Survivant de ses pensées. Le jeune Greyback semblait avoir repris connaissance, bien que le réveil paraisse douloureux. Restait à savoir si c'était Hati ou Skoll qui était étendu au sol. Méfiant, Harry s'écarta légèrement et banda ses muscles, décidé à ne pas se faire avoir une seconde fois.

Ce qui fut pourtant le cas.

Avec une vitesse incroyable, surtout de la part d'un être terrassé par la douleur quelques secondes plus tôt, le fils de Fenrir se jeta sur le sorcier, et enserra violemment son tee-shirt, faisant craquer le tissu dans sa précipitation. De nouveau, Harry fut plaqué contre le mur sans ménagement. Mais il y avait cette fois-ci quelque chose de différent. Dans les yeux du loup-garou brillait une lueur d'humanité.

Hati était de retour.

Le Gryffondor se retint de sourire bêtement. Après tout, il n'était pas tout à fait sorti de l'auberge, comme pouvait l'indiquer l'expression furieuse et bestiale qui déformait les traits de l'autre. Harry ouvrit la bouche avec la ferme intention de demander au lycanthrope mal luné ce qui n'allait pas, mais ce dernier fut plus rapide.

- Il faut que tu me fasses sortir de cette cage, gronda Hati.

On n'aurait su dire si c'était une supplication ou une quelconque requête formulée poliment, car il y avait tant de violence contenue dans la voix du loup-garou que la phrase apparaissait comme un ordre intimidant.

Harry écarquilla les yeux. Il s'était attendu à de multiples révélations ou menaces, mais certainement pas à ce caprice farfelu. Et impossible à réaliser d'ailleurs, puisque le concerné n'était pas autorisé à gambader comme bon lui semblait, surtout en pleine nuit. Il fit part de ses pensées au grand brun, mais celui-ci persista.

- Sois pas con, tu vois bien que je deviens complètement dingue à rester enfermé comme ça. Je vais finir par faire une connerie, je le sais… Tu le sais.

Le souvenir de l'incident qui s'était déroulé un peu plus tôt n'eut pas de mal à s'imposer dans l'esprit du Gryffondor, qui frissonna en repensant à son altercation avec Skoll. Ce n'était pas le genre de chose qu'il avait envie de revivre à l'avenir.

Mais la décision qu'il devait prendre n'était cependant pas à considérer avec légèreté. Laisser un loup-garou normalement sous-surveillance se promener librement à quelques nuits de la Pleine-Lune, bravant ainsi les règles établies par le Ministère, c'était risqué. Et puis, il ne s'agissait pas de n'importe quel loup-garou, mais d'Hati Greyback, fils de Fenrir, dont les intentions étaient encore obscures.

Dans tous les cas, et pour ce qu'Harry avait pu voir de l'autre, il ne doutait pas que ce dernier puisse employer la force pour tenter de s'échapper. Le jeune Potter, tout Survivant qu'il était, se savait incapable de contenir un lycanthrope puissant comme celui qui lui faisait face. Prendre le risque de céder à cette demande c'était mettre en jeu la vie de bon nombre d'innocents. Et cela, il ne pouvait se le permettre. Il chercha donc à se défiler plus ou moins subtilement :

- Mais pourquoi moi ? Tu sais bien que je n'ai pas non plus le droit de sortir…

- Tu te doutes bien que je n'avais personne d'autre à qui demander cela. Tu es ma dernière chance, Potter. Et je te promets que je ne me sauverai pas.

Harry resta bouche bée, et ne sut que faire hormis fixer les deux yeux bleus qui le regardaient comme jamais ils ne l'avaient regardés. Autrement que comme une proie ou un simple jouet.

Comme un égal.

Mais ce moment fut de courte durée. Hati, qui semblait honteux de cette faiblesse soudaine, le menaça en grondant :

- Et si tu ne m'obéis pas, tu seras ma première victime.

Le Gryffondor pesa de nouveau le pour et le contre. Au fond de lui, il savait que le fils de Fenrir était du genre à tenir parole, mais s'il se trompait sur ce point… Il fut interrompu dans sa réflexion par le spasme de douleur qui secoua son vis-à-vis. Ce dernier plia les genoux, s'appuyant sur l'autre pour ne pas tomber, trouvant malgré tout la force de marmonner :

- S'il-te-plait, Harry.

Et le Survivant prit sa décision. Pas la plus raisonnable des deux, bien entendu, mais cela devenait une habitude avec le temps. Il espérait seulement ne pas avoir à trop regretter les conséquences.

- Je te demande deux minutes, murmura-t-il rapidement. Non, même pas, une minute. Juste le temps de prendre quelques trucs. Ensuite on sort dehors, c'est juré.

Harry prit le silence du loup-garou pour un oui, et il courut, tout en essayent de rester silencieux, ce qui n'était pas une tâche facile, jusqu'à sa chambre. Le brun entrouvrit la porte, prit soin de vérifier que Ron dormait toujours, puis enfila un pantalon sur son caleçon à la va-vite. Il fourra rapidement sa baguette et sa cape d'invisibilité dans son sac à dos avant de repartir comme il était venu.

De retour dans le couloir, le sorcier se félicita intérieurement pour son efficacité : rassembler ses affaires ne lui avait pris que la moitié du temps annoncé. D'un côté, il n'avait pas beaucoup de mérite car il n'avait pas eu besoin de prendre des bagages pour un voyage de quinze jours… Il songea un bref instant qu'il s'embarquait peut-être pour une aventure qui ne comptait qu'un aller simple et une unique destination –les ennuis, mais il écarta bien vite cette pensée sombre. Maintenant qu'il s'était engagé, il était inutile de douter.

Le jeune Potter poussa un soupir soulagé envoyant que l'autre l'avait bien attendu, et qu'il parvenait toujours à se contrôler, ou du moins, c'est ce qu'il lui semblait. Il toucha doucement l'épaule du fils de Fenrir.

- Sais-tu transplaner ?, l'interrogea-t-il.

Le concerné secoua négativement la tête, et le Survivant se retint de faire la grimace. Il était toujours un peu anxieux lorsque la réussite du transplanage reposait uniquement sur lui. Ce genre de pression était cependant de trop dans une telle situation, et le petit brun s'intima au calme. Il lui fallait trouver en priorité un endroit où transplaner.

La forêt dans laquelle Hermione les avait emmenés Ron et lui lors de la chasse aux Horcruxes s'imposa à son esprit, et le Gryffondor eut un sourire. C'était exactement ce dont il avait besoin. Ce bois était dense, mais il l'avait suffisamment parcouru en quête de nourriture pour le connaître, et l'endroit était assez éloigné d'une quelconque habitation. Bien.

- Hati, il va falloir que tu t'accroches fortement à moi. Ce n'est pas très agréable, mais…

- Je sais, le coupa l'autre.

Et sur ces mots, le lycanthrope se jeta au cou du sorcier, le serrant avec tant de force que le plus frêle redouta d'étouffer durant le transplanage. Il eut une pensée pour Ginny et les autres, qui auraient sans doute ri de les trouver dans une telle position : on aurait dit que le jeune Greyback faisait un gros câlin à Harry. Ce dernier était assez gêné de cette proximité –si avec ça son stupide rêve ne revenait pas le faire tourner en bourrique !, mais il ne s'en formalisa pas. Son compère semblait avoir de la fièvre, et il lui paraissait ridicule de se plaindre de ce détail alors que l'autre tenait à peine sur ces jambes.

Aller, c'est parti.

Tentant de faire abstraction du corps chaud collé contre lui, Harry ferma les yeux et se concentra. Comme à chaque fois, il se remémora brièvement ces cours à Poudlard. Destination, détermination, décision. On y était.

Dans un pop caractéristique, Harry Potter et Hati Greyback se volatilisèrent.


Une brise glacée ébouriffa les cheveux du Gryffondor qui grelotta: c'était bien beau d'avoir été rapide, mais, réflexion faite, il aurait peut-être dû s'habiller plus chaudement. Un tee-shirt et un jean, c'était une tenue bien légère pour une excursion en forêt la nuit. Une tenue trop légère même. Bref, le Survivant se les caillait. Le brun sortit sa baguette, peinant à formuler un sort pour se réchauffer tant il claquait des dents.

Une fois le sortilège accompli, la douce chaleur pénétrant dans son corps redonna le moral à Harry. Après tout, il y avait au moins une bonne chose dans toute cette histoire : le transplanage avait été réussi à la perfection. À cette pensée, le brun se souvint du loup-garou malade qui l'accompagnait et qu'il avait, avec le froid brusque et mordant, réussi à oublier. Quel imbécile il était !

Le sorcier eut un geste vers sa baguette pour lancer un « Lumos », mais il aperçut que la lune était suffisamment brillante pour lui permettre de voir dans un périmètre de plusieurs mètres. Il tourna dans la tête à droite et à gauche en quête du lycanthrope grincheux. Quand il le vit enfin, sa mâchoire manqua de s'en décrocher de surprise.

Les yeux grands ouverts et la bouche légèrement entrouverte, toute trace de douleur évaporée, Hati contemplait la forêt environnante en silence. Son visage semblait dévoré par une foule d'émotions au point qu'il en avait perdu toute couleur, et Harry n'aurait pu décrire avec de simples mots à quel point le loup-garou semblait bouleversé. Il ne manquait plus que quelques larmes sur les joues du lycan pour compléter le tableau. Quoique, il ne fallait pas trop exagérer non plus : on parlait tout de même d'Hati Greyback.

Dans tous les cas, Harry se sentit touché par cet étrange tableau, au point que quand le jeune loup-garou prit la fuite, le Gryffondor ne réagit pas tout de suite. Quand le petit brun sortit de sa torpeur, Hati avait déjà pas mal de mètres d'avance de lui. Poussant un juron, le Survivant se lança à sa poursuite, se demandant quelle mouche avait brusquement piqué son acolyte. Au fond de lui, il avait bien une petite idée à ce sujet, mais il refusait de croire pour le moment que l'autre ait pu trahir ainsi sa parole. Pas après tous ces beaux discours sur le mensonge humain.

Il y avait forcément une autre raison, une raison qu'il découvrirait dès qu'il aurait mis la main sur ce stupide brun. Et il allait l'entendre celui-là ! Cependant le fils de James se heurta bien vite à une évidence : jamais il ne parviendrait à battre l'autre à la course. Le loup-garou filait à toute allure dans la forêt, disparaissant peu à peu, tandis que l'étudiant de Poudlard butait contre les racines et s'écorchait aux buissons de ronces. Et dire que c'était lui qui était sensé connaître les lieux !

Ne voyant pas d'autre solution, il sortit sa baguette magique, et lança plusieurs sortilèges de saucissonnage à la suite dans l'espoir d'arrêter le fuyard, mais ce dernier zigzaguait avec une vitesse inouïe entre les arbres, de telle sorte que le héros du monde sorcier fut incapable de l'atteindre. A bout de souffle, les mollets écorchés par les multiples obstacles ensanglantés dans lesquels il avait couru, Harry trouva juste l'énergie nécessaire pour crier à l'adresse de sa cible qui disparaissait dans l'obscurité :

- Hati, espèce de sale menteur ! Tu m'avais promis !

Evidemment, l'autre ne lui répondit pas et poursuivit son chemin. Le jeune sorcier se laissa tomber à genoux, les larmes aux yeux.

- Merde, merde, MERDE !, jura-t-il en boucle, frappant rageusement le sol au passage.

Il n'était pas véritablement en colère contre le lycanthrope. Après tout, ce dernier n'avait fait que saisir sa chance. Certes, il n'avait pas tenu sa parole, ce qui avait déçu le Gryffondor, mais il ne pouvait ressentir de réelle rancune à son égard.

En revanche, il culpabilisait énormément et se reprochait incessamment sa bêtise. Prendre des risques était une chose, être en plus de cela incapable de les assumer, c'en était une autre bien plus grave. Car il devait bien le reconnaître : sur ce coup, il n'avait été ni prudent, ni attentif, ni habile, et encore moins intelligent. Il s'était laissé submerger par la panique de cette brusque trahison, alors qu'à tête reposée il aurait sans doute pu stopper le loup-garou sans trop de peine grâce à sa magie.

Mais le mal était fait, et Harry doutait de pouvoir arranger quoique ce soit à présent. Il ne lui restait plus qu'à rentrer au Terrier et réveiller les Weasley pour leur annoncer l'effroyable connerie qu'il venait de faire. Malgré toute leur gentillesse, il n'était pas certain que les autres puissent le pardonner de ce qu'il avait fait.

Cette douloureuse pensée en tête, le jeune brun se redressa lentement, et amorça un demi-tour. Mais alors qu'il n'avait fait que quelques pas, une odeur de sang ténue parvint jusqu'à ses narines, changeant immédiatement le programme qu'Harry avait prévu. Si l'auteur de ce parfum était bien celui qu'il pensait, il était hors de question que le sorcier fasse demi-tour pour aller chercher les autorités : il serait trop tard.

Oubliant toute prudence, guidé uniquement par son instinct de Gryffondor, le Survivant s'élança dans la forêt, guidé uniquement par l'odeur ensanglantée. N'ayant cependant pas l'odorat si fin qu'Hati, il dut s'y reprendre à plusieurs fois, mais quand la silhouette tachée de sang du jeune Greyback se dressa face à lui, il sut qu'il était arrivé à destination.

Au terminus des emmerdes.


N'hésitez pas à donner vos avis, mais sachez que j'ai récemment investi dans un abri anti-tomates. Fini les lancers de légumes, chers lecteurs, muahaha!

Plus sérieusement, voilà quelques idées pour les lecteurs qui ne savent pas quoi dire dans leurs reviews: qu'est-ce-que vous aimez dans la fic, qu'est ce qui vous plait moins, quel est votre personnage préféré, lequel aimeriez-vous voir plus souvent, ou même voir apparaître, y'en a-t-il un qui vous énerve particulièrement, qui vous semble ooc, dans quel pays aimeriez vous aller (comment ça c'est HS? xD)? (cette liste n'est pas obligatoire hein, vous savez, j'suis pas compliquée un simple "j'aime bien" me suffit ^^)