Saluuuut!

Qu-Quoi? Mais qu'est-ce donc que ces mines renfrognées? Ah oui, c'est vrai, vous attendiez depuis longtemps... Et bien je ne m'excuserai pas! *tiens 20 secondes avant de se jeter aux pieds de ses lecteurs* Pardon, pardon, pardoooon! Vous méritez tellement mieux que ça! Je suis une auteure minable, je vois même pas pourquoi vous continuez à suivre cette fic! Je suis désoléééée *pleure* *Hati lui met un coup de pied pour qu'elle se ressaisisse, ou pour le plaisir, on ne sait pas vraiment* Enfin bref, je vais pas vous gonflez plus longtemps, vous avez attendu assez longtemps comme ça je crois ^^"

Disclaimer: Hati a mangé Rowling. Voilà, je voulais juste vous prévenir au cas où vous en entendriez parler...

Musique: l'idée de ce chapitre m'est venue en écoutant "The Cage" de Sonata Arctica donc pour les intéressés... ;)

Réponses aux reviews anonymes:

nana-chan: ravie que l'histoire te plaise! Un grand merci pour ta review, et la suite ben... La voilà :3

Drougael:merci pour ta review! Ton enthousiasme fait vraiment chaud au coeur, et je suis heureuse qu'elle te plaise malgré le résumé. Je ne sais pas encore si je vais changer ce dernier: il me plaisait bien moi, et je suis pas certaine de faire mieux xD Et je pense qu'Hati est prêt à sauter sur Harry, mais peut-être pas pour en aire son esclave sexuel... Il faudra encore attendre pour ça ;)

Merci également à Matsuyama, Elorah, Edward Creed, Mocassin, luma coquillette, ange de un cisme et Paprika Star pour leur gentille review. Un jour, j'arriverai à mettre des mots pour exprimer ma gratitude. En attendant, je vous aime! (Mon Dieu que c'est niais xD)


Harry demeura immobile durant quelques secondes, comme pétrifié par le spectacle qui s'étendait devant lui. Le fils de Fenrir, ou ce que la lumière de la lune permettait d'en voir du moins, avait tourné la tête vers lui, et deux yeux bleus, contrastant avec l'obscurité de la forêt, le fixaient avec un calme inquiétant. La position de l'héritier Greyback était étonnante, et devait de plus être peu confortable : auparavant accroupi, le loup-garou avait commencé à se relever mais il s'était interrompu en cours de route pour une quelconque raison - sûrement avait-il entendu Harry arriver, ce qui l'avait contraint à garder le dos courbé et les genoux fléchis. On aurait dit que l'âme de ce dernier hésitait encore entre l'homme et la bête.

Si on lui avait néanmoins demandé de choisir lequel des deux s'apparentait le plus à l'être qui était sous ses yeux, Harry aurait dit la bête. Et le visage de l'autre n'y était certainement pas pour rien. Ses cheveux indisciplinés, et dont quelques mèches étaient venues se coller à sa figure en sueur, encadraient un visage sans émotion barbouillé d'un liquide carmin dont la nature ne faisait aucun doute. Du sang. Des images de sa rencontre avec Skoll défilèrent à toute allure dans la tête du Survivant, et un long frisson parcourut son échine.

L'autre ne manqua pas de remarquer ce détail et, sans détourner le regard de l'humain, il se redressa totalement avant de s'avancer vers lui. Ses pas étaient lents, comme si le fils de Fenrir calculait précisément à quel endroit il allait poser ses pieds, ils étaient silencieux, comme si ce dernier eut peur de l'affoler, et, malgré tout, ils étaient emprunt d'une grande assurance : Greyback savait que le Gryffondor ne lui échapperait pas. Il s'approchait de lui comme un fauve s'approche de sa proie prise au piège.

Harry n'avait toujours pas esquissé le moindre mouvement quand l'autre se tint à quelques centimètres de lui. Les deux êtres s'affrontèrent du regard, bien que le jeune Potter ne soit pas vraiment certain de ce qu'il lisait dans les yeux de son vis-à-vis.

« Tu as vu, je t'échappe quand je veux. »

« C'est moi qui décide quand je reviens vers toi. »

« Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire à présent ? »

« As-tu peur ? »

« Je suis sûr que tu es terrifié. »

« Je le sens. »

Harry avait du mal à tenir tête à l'homme qui lui faisait face, tandis qu'un large sourire s'élargissait sur les lèvres de ce dernier. Le Gryffondor n'était pas sûr que ce détail soit un bon signe. Tout à coup, la voix du loup-garou, semblant surgie de nulle part et étonnamment joyeuse, brisa le silence de la nuit, faisant sursauter le sorcier :

- Bah alors l'humain, s'écria Hati, as-tu vu comme tu trembles ?! Vas pas attraper froid hein !

Le jeune Potter perçut la moquerie dans le ton du lycanthrope. Évidemment, l'autre avait flairé la peur qui l'étreignait depuis quelques minutes déjà, et il s'en amusait visiblement. Mais le rouge et or n'était pas d'humeur à rire. Pas avec le stress, la fatigue et l'angoisse qu'il avait accumulés. Pas avec ce cadavra non loin d'eux. Pas face à Hati Greyback. Non, décidément, la situation ne donnait as envie à Harry d'être diplomate.

Hati ne dut le sauvetage de sa joue gauche qu'à ses réflexes surdéveloppés, ces derniers lui permettant de parer de justesse le coup de poing qu'avait voulu lui adresser le sorcier. Outré, il voulut protester, mais le plus petit des deux ne lui en laissa pas l'occasion.

- Tu te crois drôle peut-être ?, demanda-t-il d'une voix empreinte d'une colère froide. Et bien moi ça ne m'amuse pas. Cela ne m'a pas non plus amusé de te voir prendre la fuite, d'avoir à tout chercher partout et de te trouver… dans un tel état.

Le sorcier l'observa de nouveau, du dégoût et de l'horreur mêlés dans son regard verdoyant. Puis soudain il la vit. La petite étincelle d'amusement dans les yeux qui le dévisageaient. Le sang-froid du sorcier fit ses valises et partit en vacances loin du lycanthrope, tandis que le petit brun se mettait cette fois-ci à crier. Il voulait éteindre cette étincelle, il voulait que l'autre le prenne au sérieux et réalise ce qu'il avait fait.

- Mais merde ! Tu te rends compte de ce que tu as fait ?! Tu songeais à quoi pendant ta petite partie de chasse, hein ? Visiblement qu'à ta gueule… Non mais tu penses aux autres parfois ?! J-Je pensais que tu valais autre chose que ça, que… Merlin, regarde-toi, c'est tellement… Tu es couvert de sang et ça t'amuse, espèce de malade !

Pris d'un excès de rage, d'autant plus que son vis-à-vis paraissait toujours aussi ravi, le Gryffondor agrippa les épaules du loup-garou et le secoua. Il ne réfléchissait plus vraiment à ses actes, songeant juste que si les mots n'atteignaient pas son interlocuteur, il pouvait tenter de le raisonner par la force. Enfin la force… Hum, façon de parler. Le fils Greyback, visiblement décontenancé et surpris – le jeune Potter n'avait pas pour habitude d'être violent – par le geste du brun, ne se débattit pas, mais voulut en revanche intervenir. Il ouvrit la bouche, avec la ferme intention d'en placer une plutôt que de se faire secouer comme un prunier. Pas que c'était douloureux, mais il craignait tout de même d'attraper la nausée sur le long terme. Sa tentative de communication fut néanmoins sans grand succès face à la colère noire qui avait remplacé la peur d'Harry. Ce dernier avait d'ailleurs reprit son monologue, ressassant sa rancœur.

- ..porte quoi ! Je t'avais dit de ne pas t'éloigner ! Tu-tu avais promis de m'écouter. Mais ce n'était que du vent. Du vent ! Alors maintenant, dis-moi…

La voix de l'héritier Potter se fit soudain plus faible et plus hésitante, ce qui attira l'attention du loup-garou. Qu'allait encore inventer cet étrange humain ?

- Je voudrais savoir qui tu as blessé, et s'il y a encore une chance de…

Il ne parvint pas à achever sa phrase et espéra que l'autre imbécile l'avait compris. L'imbécile dont il était question écarquilla les yeux, visiblement surpris. Il se baissa légèrement, afin d'arriver à la hauteur du Gryffondor, puis observa attentivement les yeux verts de ce dernier, y cherchant la plus petite lueur de plaisanterie. Quand il s'aperçut que ses recherches étaient vaines, il se redressa en ébouriffant ses cheveux noirs, et soupira :

- Bon sang Harry, pour quel genre de crétin me prends-tu ?

L'interpelé, pris au dépourvu, ne sut que répondre. Il ne comprenait pas le sens de cette question. Face au silence du sorcier, Hati laissa échapper un second soupir, puis pointa du doigt la masse informe qui gisait non loin d'eux.

- C'est un chevreuil, déclara-t-il. Je sais que je peux en manger, car Weasley mère en avait cuisiné un hier midi. La seule différence, c'est que là c'est de la viande crue. Meilleure.

L'information mit un certain temps à parvenir au cerveau du Survivant. Quand celui-ci l'eut assimilée, il écarquilla les yeux, incrédule. Le sorcier tourna la tête vers la cadavre qui gisait non loin d'eux, et il lui fallut un temps supplémentaire pour croire en la véracité des propos de l'autre. Quand ce fut le cas, le Gryffondor eut envie de se gifler. Quel imbécile il était d'avoir paniqué de la sorte ! Harry avait honte de la façon dont il avait dérapé, mais ne pouvait s'empêcher d'être un peu plus serein à présent, tandis que son cœur reprenait une pulsation moins erratique.

Mais tout n'était pas rentré dans l'ordre pour autant.

Un malaise persistait malgré tout, car même si le descendant Greyback semblait avoir repris le contrôle sur son loup, il venait également de prouver qu'il était capable de semer le Héros du monde sorcier en quelques instants, sans que ce dernier ne puisse le stopper. Cela, Harry s'en était douté dès le début, mais il avait finalement relégué cette crainte au simple rôle de mauvais pressentiment. Au fond de lui, il y avait une petite pointe d'orgueil qui lui avait soufflé qu'il était suffisamment dégourdi, suffisamment habile pour stopper un lycanthrope en fuite. La réalité lui avait mis une grande claque dans la gueule. Alors cette fois-ci, le Gryffondor devait vraiment considérer le pour et le contre avec sérieux et sans surestimer ses capacités: fallait-il tout arrêter et rentrer ? La seconde réponse semblait la plus raisonnable.

Faisons marche arrière tant qu'il est encore temps.

Le loup-garou ne se doutait visiblement pas de l'intense réflexion dans laquelle était plongé le Gryffondor, ou alors il faisait mine de ne rien comprendre. Dans tous les cas, le fils de Fenrir ne lui prêtait plus vraiment attention, car il avait tourné la tête pour mieux observer la lune. Elle était presque pleine. Un sourire discret naquit sur les lèvres d'Hati.

De son côté, Harry avait finalement pris sa décision : il fallait retourner au Terrier. Il réunit tous ses arguments, toucha du bout des doigts sa baguette, dans le cas probable où le fils de Fenrir refuserait de rentrer de son plein gré, puis releva la tête vers le lycanthrope.

Il regretta aussitôt cette action.

Quelle erreur, Merlin, quelle grossière erreur il venait de commettre ! Le petit brun se mordit la lèvre inférieure, soucieux de ce qu'il voyait. Un large sourire sur le visage, les yeux pétillants de malice tandis qu'il piétinait d'impatience, le jeune Greyback avait tout perdu du prédateur agressif et faisait juste penser à un môme dans un magasin de jouets. Comment pouvait-il obliger Hati à rentrer alors qu'il ne lui avait jamais paru plus heureux qu'en cet instant ? Après une longue hésitation, Harry tenta tout de même sa chance.

- On a un problème, avança-t-il d'une voix sans conviction malgré ses efforts. Je ne cours pas assez vite pour te suivre… et je ne veux pas que tu me sèmes de nouveau.

L'héritier de Fenrir, dont la mine s'était brutalement assombrie à l'entente du mot « problème », sembla retrouver immédiatement sa bonne humeur.

- Aucun souci, répondit-il du tac au tac. Tu n'as qu'à monter sur mon dos.

À l'entente de cette proposition, le Survivant recula d'un pas. Il avait déjà tenté l'expérience quelques jours auparavant, et l'attraction ne lui avait pas franchement plu. Hati Greyback, ce n'était pas son Eclair de feu. Harry ne pouvait pas le contrôler, même en tirant sur ses cheveux bruns ébouriffés –il avait déjà essayé. Alors certes, le Gryffondor risquait moins gros en chutant des épaules de l'autre qu'en tombant de son balai en plein de match de Quidditch, mais quelque chose lui disait que si le jeune Greyback le faisait dégringoler tête la première dans un buisson dentaire – dont les charmantes fleurs munies de crocs acérés n'étaient pas des plus sympathiques – il n'apprécierait que moyennement la farce.

Cependant, et malgré son appréhension, le fils de James fut contraint de considérer l'idée d'une ballade sur le dos d'Hati avec sérieux –et non, ce n'était pas le regard noir que venait de lui jeter ce dernier qui l'avait fait changer d'avis !

Et puis, après tout, avait-il vraiment le choix ? Harry soupira. Il avait vraiment l'impression d'aller de connerie en connerie depuis tout à l'heure, échappant de justesse aux catastrophes à chaque fois. Le petit brun lança un dernier regard à la carcasse de chevreuil qui gisait à quelques mètres de lui, puis il s'approcha du lycanthrope.

- Malgré ton bonheur de galoper dans la forêt, essaie de ne pas oublier l'être vivant fragile que tu as sur le dos.

Hati laissa échapper un cri de joie, et empoigna avec enthousiasme le Survivant pour le jeter tel un sac à patates sur son épaule droite, persuadant ainsi le Gryffondor qu'il n'avait absolument rien écouté à son dernier avertissement. Pourtant, et à la grande surprise du sorcier, le loup-garou prit la peine de lui laisser quelques secondes pour s'installer plus confortablement… Avant de décamper à toute allure.

Surpris par la brusque course de l'héritier Greyback, le jeune Potter eut l'heureux réflexe de s'agripper fermement aux épaules de son camarade de promenade. Merlin merci, le brun aux yeux verts était parvenu à se positionner de façon relativement stable sur le dos de l'autre.

Il fallait par là comprendre que le héros du monde sorcier était collé contre le dos du fils de Fenrir, ses jambes encerclant ce dernier comme si sa vie en dépendait – ce qui était probablement le cas, et qu'il devait en grande partie son salut à la main salvatrice du loup-garou qui lui maintenait fermement le postérieur pour l'empêcher de glisser. Et non, Harry n'avait pas le temps de s'offusquer de cette main sur son popotin. Il avait mieux à faire. Esquiver les branches d'arbre qui menaçaient de l'assommer était un bon exemple.

Mais malgré les désagréments du voyage - il s'était pris une chauve-souris en plein tête et c'était plutôt douloureux, Harry ne pouvait pas nier que le moment qu'il passait était… agréable. Au fil des minutes, le jeune Potter pouvait sentir que sa raison s'estompait peu à peu son sérieux, ses responsabilités ainsi que tous ses problèmes. Tout partait avec le vent qui sifflait à ses oreilles. Tout semblait disparaître, semé par la course folle que menait la drôle de monture du Survivant. Et ça faisait du bien.

Au fait, parlons-en de cette monture. Hati semblait devenu fou de bonheur. Il riait en courant, poursuivant tantôt un lièvre à toute allure, zigzaguant una autre fois entre les arbres, rien que pour le plaisir. Et c'était incroyable. Harry pouvait ressentir les muscles dorsaux du loup-garou rouler sous ses doigts, entendre la respiration haletante de ce dernier, et surtout voir l'immense sourire qui dévorait le visage du jeune Greyback. Un vrai sourire. Un sourire heureux, comme Harry ne savait plus en faire depuis quelques temps. Et ça, il devait reconnaître que c'était quand même plus chouette que le balai.

Le fils de Lily passa ses bras autour du cou du lycanthrope, prenant garde de ne pas l'étrangler en serrant trop fort. L'autre ne ralentit pas sa course, le Gryffondor en déduisit donc que cela ne le dérangeait pas outre mesure. Harry enfuit son visage parmi les mèches brunes et rebelles d'Hati puis il inspira profondément. L'odeur était surprenante, mais pas désagréable. Elle avait même quelque chose de réconfortant, car elle était en plusieurs points semblable à celle de Patmol. C'était l'odeur du mélange de la sève de pin, de l'herbe et de nombre d'autres plantes. C'était l'odeur de la sueur, mêlée à celle du sang du jeune chevreuil qui avait fait office de repas au fils de Fenrir. C'était l'odeur de la forêt.

L'odeur de la liberté.

La nuit était fraîche, mais l'héritier Potter, à force d'être collé contre cette fournaise qu'était le loup-garou, sentait la chaleur de celui-ci se répandre en lui, réchauffer ses muscles, ses os, son cœur et son cerveau. Harry éclata de rire. Qu'il était loin de ses réflexions de tout à l'heure et bon sang, que c'était bon ! Il se sentait en confiance - malgré les choses incongrues que sa tête rencontrait de temps à autre - et, en toute honnêteté, il aurait pu rester ainsi pour toujours.

Harry ferma les yeux. Il avait l'impression de ne faire qu'un avec le corps qui se mouvait sous le sien, qui sautait les obstacles et enjambait les cours d'eau, sans jamais arrêter sa course folle. Le jeune sorcier pouvait entendre les pieds nus du loup-garou heurter le sol feuillu avec une rapidité étonnante. En faisant fi de la respiration bruyante de Greyback junior, Harry percevait même les battements de son propre cœur, ainsi que ceux du loup-garou. C'était un bruit régulier et constant, une chanson monotone et répétitive, qui pourtant n'entravait rien à cette sensation de liberté qu'éprouvait Harry.

Bientôt le garçon aux yeux verts voulut descendre. La joie d'Hati était communicative, et le Gryffondor aussi souhaitait courir à travers bois à présent. Il ouvrit les yeux, découvrant le paysage nocturne : les deux compères se trouvaient au sommet d'un imposant rocher recouvert de mousse. Une pente abrupte agrémentée d'arbres ainsi que de buissons épineux débouchait quelques mètres plus bas sur un ruisseau. Harry se pencha vers l'oreille du loup-garou et fit part à ce dernier de son envie de descendre. Immédiatement, la monture rebelle laissa son cavalier poser pied à terre, avant de lui adresser un sourire malicieux.

- On fait la course jusqu'en bas ?, proposa le jeune Greyback.

Harry préféra pour une fois le serpent au lion, et, un large sourire aux lèvres, il s'élança sans même répondre, espérant prendre par la ruse une avance décisive sur le lycanthrope. Malheureusement, l'humain maigrichon qu'il était trébucha rapidement contre une racine, chuta dans la boue puis dégringola jusqu'à l'arrivée en heurtant roches et ronces, pour finalement atterrir… aux pieds du fils de Fenrir, qui semblait être là depuis un bout de temps déjà.

- Fourbe, tricheur, maladroit et lent, énuméra Hati avec un sourire triomphant.

Mais cette nuit, Potter junior se sentait libre de faire ce qu'il voulait, libre même d'être fou. Ainsi se jeta-t-il sans aucune raison valable sur le loup-garou, motivé par l'idée d'un combat amical. L'effet de surprise du Gryffondor lui permit de faire chuter son adversaire au sol, mais ne lui donna qu'un avantage de courte durée, car l'autre, plus grand et plus fort, le repoussa bien vite pour tenter de le maîtriser. S'en suivit une lutte ponctuée par les rires et les coups. Hati frappait, Harry cognait. Hati griffait, Harry mordait. Le Survivant avait mal partout et avait conscience qu'il s'en tirerait avec de nombreux bleus et de vilaines écorchures, dans le meilleur des cas. Mais c'était une bonne douleur. Et il était reconnaissant envers le jeune Greyback, car il savait que ce dernier contenait tant bien que mal sa force pour ne pas trop l'amocher. Sans grand succès, certes, mais l'intention était là.

Une bonne dizaine de minutes plus tard, les deux adversaires, haletants et en sueur, décidèrent d'un commun accord de mettre fin au combat. Combat largement gagné par le loup-garou, malgré les véhémentes protestations du Gryffondor à ce sujet. Le duo s'effondra au sol, heureux mais épuisé.

Harry resta le nez dans l'herbe un long moment, le temps de recouvrer une respiration moins erratique. Il renifla quelques instants la douce odeur de verdure, de terre ainsi que d'humidité puis, curieux de ne plus entendre son compère, il releva la tête et le chercha du regard. Hati Greyback, étendu sur le dos les bras ouverts, contemplait le ciel étoilé avec un large sourire qui dévoilait ses dents étincelantes.

Le jeune sorcier se demanda si son camarade d'excursion n'était pas un peu schizophrène. Comment le garçon souriant et épanoui qui se trouvait juste devant lui pouvait être cet être renfrogné aux manières violentes qui vivait chez les Weasley depuis plusieurs jours ? Et ce sourire… Harry devait se l'avouer, il faisait une fixation sur la mimique qu'arborait l'héritier Greyback depuis le début de leur soirée. C'était le sourire de quelqu'un qui avait absolument tout ce qu'il voulait, d'un être complet et heureux. D'un innocent.

Oui, songea Harry, c'était comme si l'âme d'Hati n'avait pas été salie par le meurtre, la guerre, ou quoique ce soit de semblable. Cet Hati-là qui était étendu sous ses yeux était quelqu'un de pur et droit. Et cette pensée était accentuée par la clarté de la lune qui adoucissait les trais grossier du visages d'Hati, lui donnant une expression d'infinie douceur ainsi que d'apaisement.

- Tu me fixes, constata le loup-garou sans se départir de son sourire ni même remuer.

Le jeune Potter mit quelque temps à revenir sur Terre, et quand ce fut le cas, il se prit à douter de ses rêveries. Avait-il vraiment pensé cela ? Hati, un être pur et innocent ? Doux de surcroît? La bonne blague! Il fallait croire que la fatigue le conduisait à un optimisme presque mensonger. Cependant le lycanthrope portait toujours cet air heureux quand Harry le regarda de nouveau et ce dernier dut se résigner, non sans un certain trouble, à assumer ses pensées. Alors comme ça, Hati Greyback avait une facette de douceur, comme n'importe quel être humain? Dur à croire, surtout quand on connaissait le personnage. Dur à croire mais vrai. Étrangement, le le Gryffondor eut envie de faire part de ses pensées au lycanthrope.

- Je ne t'ai jamais vu sourire comme ça, fit-il remarquer au jeune Greyback. Chez les Weasley, tu tires toujours la gueule, alors que là…

Le fils de Fenrir ouvrit la bouche, puis parut hésiter. Ses yeux bleus fixant toujours l'astre de la nuit, il semblait chercher ses mots.

- On ne peut pas mentir à la lune, répondit-il finalement.

Le rouge et or ne sut que répondre, aussi garda-t-il le silence, son regard rivé lui aussi sur la lune presque pleine. Le jeune Greyback qui semblait avoir envie de bavarder – c'était une première ! – poursuivit cependant la conversation.

- Toi aussi, constata-t-il, tu as l'air plus heureux.

Harry tourna vivement la tête, bouche bée. Hati le regardait avec un sourire triomphant de môme; il avait tapé en plein dans le mille et il en était fier ce crétin ! Le loup-garou rampa soudain jusqu'au héros du monde sorcier, les yeux pleins malice. Il avait apparemment un idée en tête, et le fils de James se méfia. Mais pas assez visiblement, puisqu'il ne put retenir un cri de surprise lorsque, sans hésitation ni avertissement préalables, l'autre enfouit sa tête dans son cou à lui. Feignant de ne pas avoir remarqué son trouble, le fils de Fenrir poursuivit la conversation comme si de rien n'était:

- En plus, tu sens bon maintenant. Tu sens la forêt, petit humain.

Il y eut un moment de flottement. Harry voulut répondre à ce commentaire, qui de la part d'Hati devait être un sacré compliment, mais il ne put ajouter quoique ce soit. Le jeune sorcier écarquilla les yeux. Il ne l'avait pas vu. Ou peut-être que si. Il ne savait plus. Toujours était-il que les lèvres du loup-garou s'étaient posées sur les siennes en un baiser léger. Puis en un autre, plus consistant. Et à présent, la langue du jeune Greyback réclamait une rencontre avec sa jumelle.

L'héritier Potter resta interdit quelques instants, indécis. Puis, mû par un étrange instinct ainsi que par l'atmosphère légère de la situation très probablement, il ferma les yeux et accepta la requête d'Hati. Aussitôt, leurs langues se rencontrèrent et voulurent faire connaissance. Elles s'apprécièrent bien vite et une longue conversation s'engagea alors entre elles. Celle d'Harry, si elle fut un court temps plus timide et hésitante que sa collègue, se fit bientôt caressante et assurée. Le fils de Fenrir plaça une main possessive derrière la tête de l'autre et s'étendit au-dessus de lui, cherchant à être encore plus près - si une telle chose était possible - du héros des sorciers. Leurs langues avaient visiblement plein de choses à se raconter, alors autant qu'ils soient confortablement installés.

Dans le cerveau d'Harry, c'est la panne d'électricité la plus totale. Les neurones potteriens avaient dit merde à la raison à partir de l'instant où la bouche du loup-garou s'était posée en territoire gryffondorien, et depuis, Harry était devenu l'esclave de ses sensations. Et Merlin qu'elles étaient bonnes.

Le sorcier n'en pouvait plus de cette langue chaude qui caressait sa bouche, de ses lèvres fines, gercées, sèches, mais tellement attractives qui se pressaient contre les siennes, de cette chaleur qui se répandait en lui. Il n'en pouvait plus, et pourtant il en redemandait encore. Chaque fois que les deux compagnons s'éloignaient pour reprendre leur souffle, il était le premier à rompre de nouveau la distance établie entre eux. Certainement devenait-il fou. Fou de plaisir. Fou de liberté.

Il s'agrippa à son vis-à-vis, enfonçant ses ongles dans sa peau. Plus proche. Encore plus proche. C'était tout ce qu'il voulait. La langue du loup-garou était plus câline que son propriétaire et elle étreignait désormais avec passion son amante. Harry avait des papillons dans l'estomac, Harry avait l'impression de voler.

Il se sentait bien.

Mais on a beau planer haut dans le ciel, il est toujours un moment où l'on chute. Et la descente brutale fit à Harry l'effet d'une douche glacée. Semblable à un dormeur se réveillant d'un profond sommeil chargé de rêves et cauchemars, il rouvrit brusquement les yeux, submergé par la panique. C'était une chose étonnante que la vitesse à laquelle la raison avait repris ses droits sur le désir, et ce sans le moindre avertissement préalable.

Désagréable réalité, ne pouvais-tu pas rester cachée encore le temps d'un dernier baiser?

Mais qu'est-ce-que… Oh Merlin, non ! Tout mais pas ça !

Le Survivant, brusquement refroidi et de marbre - ou presque - face aux performances buccales du lycanthrope, pria de toutes ses forces pour que ce ne soit qu'à nouveau un de ses rêves tordus. Il dût néanmoins se rendre à l'évidence : le monde était on ne peut plus réel.

Je viens de faire une connerie.

Harry décida d'imposer un divorce forcé à leurs langues. Il repoussa soudainement le jeune Greyback qui, plus que surpris par la réaction du sorcier, retomba lourdement au sol sans bien comprendre ce qui lui arrivait. Le Gryffondor se releva rapidement, anxieux à l'idée que l'autre revienne à la charge et d'autant plus angoissé à l'idée qu'il puisse lui-même retourner en redemander. Il épousseta de façon gauche et précipitée ses vêtements, soulevant au passage des volutes de poussière, vérifia que sa baguette était toujours à sa place, puis il déclara :

- Bien, j-je crois qu'on va rentrer… euh, il est vraiment tard, ou plutôt tôt… en-enfin bref, Molly va s'inquiéter !

Le garçon aux yeux émeraude jura intérieurement. Un garçon de trois ans se serait mieux exprimé que lui ! Il avait réussi à cumuler bégaiements, hésitations et voix tremblante en quelques mots, quel incapable il était ! Le loup-garou interrompit cependant cette brillante autocritique.

- On reviendra ?, demanda-t-il d'un ton qui aurait pu paraître inquiet s'il n'était pas sorti de la bouche d'Hati Greyback.

Harry ne se retourna pas. Il ne voulait pas se faire avoir comme la dernière fois en cédant face à ses deux yeux bleutés inquiets, il ne voulait surtout pas voir la déception du retour au Terrier dans le regard du jeune lycan. Aussi l'héritier Potter se contenta-t-il de fixer ses pieds, murmurant un vague « Je ne sais pas. », certainement plus pour lui-même que pour l'autre.

Et sans un mot de plus, sans aucun geste superficiel ni le moindre regard, les deux promeneurs nocturnes transplanèrent.


Dès qu'ils furent arrivés chez les Weasley, Harry et Hati se séparèrent pour retourner dans leur chambre respective. Le Gryffondor n'adressa pas la parole à l'autre ; il ne savait pas trop quoi dire, d'autant plus que le fils de Fenrir semblait de méchante humeur depuis leur retour précipité. Aussi le petit brun choisit-il de ne rien dire. Et le fils de Fenrir n'en fit pas plus, ce qui d'un côté n'était pas des plus étonnants : ce dernier n'avait jamais été particulièrement bavard. Harry, arrivé devant la porte de sa chambre, commença à lever la main en guise de salut pour son compagnon, mais, au dernier moment, une sorte de retenue s'empara de lui et le sorcier avorta son geste. Il se glissa à pas feutrés dans la pièce qu'il partageait avec Ron, laissant derrière lui le silence gênant qui s'était établi.

Une fois la porte fermée, le Gryffondor soupira doucement. Et maintenant ? Que devait-il faire ? Il n'avait pas franchement envie de repenser aux évènements de cette nuit, du moins pas pour le moment. Le brun avait conscience qu'il ne pourrait pas échapper à une bonne prise de tête à ce sujet dans un futur proche, mais il considérait néanmoins qu'il n'avait pas encore assez de recul pour y songer avec sang-froid. Et puis… Oui, il avait vraiment envie de juste oublier tout ça, ne serait-ce que pour quelques heures.

Il était fatigué. S'il allait se coucher cependant, nul doute que mille et une questions et problèmes allaient l'assaillir de toutes parts, ce qu'il cherchait justement à éviter. Et puis il doutait sincèrement de pouvoir dormir, donc… Le jeune Potter parcourut la chambre obscure du regard, en quête d'une quelconque distraction.

Ses yeux vert étincelant se posèrent sur Ron. Harry hésita à réveiller son ami, avant de secouer la tête et de se fustiger intérieurement. Le rouquin dormait comme un bienheureux, il n'allait tout de même pas le réveiller pour… Pourquoi au fait ? Pour rien du tout. C'était ridicule. Même au sortir de ses cauchemars, quand le fils de James et Lily se réveillait en sursaut, le cœur plein de visions ensanglantées, de cris suppliants ainsi que d'angoisse, il ne se permettait pas de troubler le sommeil de son ami. Alors à cause de ce fichu loup-garou, non, vraiment c'était d'un ridicule !

Une idée lui vint soudain à l'esprit, lui arrachant un sourire satisfait. Il savait exactement ce qu'il pouvait faire en cet instant ! Le brun fouilla un peu dans ses affaires, puis, une fois qu'il eut trouvé ce qu'il cherchait, il s'installa confortablement dans son lit, le calepin de Remus dans la main. Voilà qui promettait de le distraire des pensées pour le moins perturbantes qui l'assaillaient depuis tout à l'heure. Harry murmura un « Lumos » déterminé, puis il entama sa lecture à la lueur de sa baguette magique. Le sourire impatient qu'il affichait dans un premier temps disparut cependant au fil des lignes, et bientôt le jeune homme interrompit sa lecture, éclatant d'un rire sans joie et empli de moquerie envers lui-même.

Hati Greyback était partout, même dans les notes de son ami défunt. Le Gryffondor ne savait plus exactement ce qu'il avait accompli ces derniers jours mais une chose était sûre : il avait fait un truc qui n'avait pas plus à Merlin, et maintenant ce dernier se jouait de lui.

Harry contempla le livre, pensif. Il s'interrogea un moment, le temps d'une lutte entre son envie d'oublier l'héritier de Fenrir et sa curiosité de Gryffondor ; cette dernière l'emporta finalement, et le brun retourna à sa lecture.

Il était temps d'entrer dans la mémoire de Remus Lupin.


Et voilà le machin. J'avoue, je l'ai tellement remanié celui-là que je ne sais pas quoi en penser. Surtout à cette heure-ci. Alors je compte sur vous pour penser à ma place: à vos claviers les enfants! Et profitez-en aussi pour me donner votre parfum de glace préféré. Oh, et puis, si je devais à l'avenir écrire un OS sur un couple, lequel aimeriez-vous que ce soit (couples bizarres appréciés également! ^^) Le chapitre prochain sera un peu différent des précédents, j'espère qu'il vous plaira, et que j'arriverai à le poster rapidement...

Hey, trois heures du matin! Vous vous rendez compte, je pense à vous même la nuit! Si c'est pas de l'amour ça :D

Hati: non, c'est juste que tu es stupide et insomniaque.

Snif... Pour me consoler des paroles atrocement blessantes de cet horrible loup-garou, une petite review? (comment ça je suis une opportuniste?!)