Salut les gens!
Comment allez-vous par cette chaude journée? Enfin je sais pas si c'est pareil pour tout le monde mais là moi je suis une sorte de larve vautrée sur mon bureau. Ça donne envie hein? Que plus personne ne me dise qu'il pleut toujours en Bretagne!
Sur ce, je vous laisse tranquille avec mes soucis de météo et vous souhaite une bonne lecture de ce chapitre posté avec des délais révoltants comme d'habitude. J'ai beaucoup aimé l'écrire, j'espère que vous en aurez autant à le lire :D
Disclaimer: Rowling a été assez géniale pour créer l'univers d'Harry Potter, mais assez sage pour ne pas inventer Hati Greyback.
Remerciements: Paprika Star (merci de toujours répondre présente), Calile's, wesapom, Iroko et X ou Y pour leur review. Merci également à tous ceux qui me suivent, même si plus discrets!
Réponse review anonyme: Merci pour tes compliments, j'espère que tu auras eu la patience d'attendre la suite, car Ginny n'est pas en reste pour ce chapitre! En écrivant ce chapitre je me suis aperçue que j'adorais écrire avec ce personnage, et je pense que les auteurs qui le négligent perdent beaucoup.
Hati s'était levé avec entrain ce matin, satisfait de la nuit qu'il venait de passer. Comme lui et Skoll avaient été heureux de retrouver enfin les grandes étendues vertes du monde extérieur et leur chère forêt ! Rien n'avait changé, depuis la douceur des mousses au piquant des orties, depuis l'odeur des sous-bois au goût du sang du gibier fraîchement tué.
Le loup-garou jeta un regard chargé de mépris à Percy, le colocataire de chambre qui lui avait été imposé. Le rouquin qui dormait en bavant, ce qui fit soupirer le fils de Fenrir. Il n'y avait que ces idiots d'humains pour roupiller à l'heure de la lune. Savaient-ils au moins ce qu'ils loupaient ?
À en juger par l'air ébahi qu'avait eu Potter lors de leur petite excursion, la réponse était non. D'un côté, le jeune sorcier n'était peut-être pas un échantillon représentatif de la population humain après tout, le gamin avait passé une bonne partie de sa vie enfermé dans un placard ! Hati frissonna en pensant à la torture que ce devait être de rester assis dans un endroit si exigu : déjà que lui peinait à rester en place dans cette petite maison…
En tout cas, songea le brun, ce serait une bonne chose de retourner en ballade en compagnie de cet humain. Cela avait été tellement drôle de le voir s'empêtrer dans les ronces, pester contre les branches ou encore s'émerveiller face à l'envol d'une chauve-souris !
La tête que Potter avait tiré lorsqu'il l'avait embrassé avait été étonnante également. À croire que ça non plus, il ne connaissait pas. Ce qui restait le plus surprenant pour le loup-garou, c'était le brusque changement de comportement du Gryffondor après le baiser. Drôle d'idée que de mettre si brusquement fin à leur charmante promenade, vraiment.
Mais Hati ne s'inquiétait pas trop des conséquences de ce baiser. Potter avait certes eu l'air perturbé, honteux, gêné, énervé et agité par bien d'autres émotions du même niveau de stupidité, il ne tirait pas pour autant la tête de quelqu'un de dégoûté. Ce baiser n'avait peut-être pas plu au sorcier – ce qui étonnait Hati : il se trouvait pourtant doué en la matière – mais il n'avait pas détesté non plus ce moment. Cela était suffisant pour tranquilliser Hati : peu de chances que le ciel lui tombe sur la tête pour une telle broutille ! Quoiqu'avec les humains, il valait mieux rester méfiant.
Le lycanthrope fut rappelé à l'ordre par son estomac qui gargouillait. C'était bien beau de réfléchir, mais ça ne nourrissait pas son homme. Ni son loup d'ailleurs. Le fils de Fenrir se dirigea donc en direction de la cuisine avec l'espoir de se mettre un ou deux steaks saignants sous la dent. Mais une fois arrivé derrière la porte qui le séparait de son festin, Hati fut forcé de sentir la présence d'une autre personne dans la pièce. Il huma l'air quelques instants, afin de déterminer l'identité de cette dernière.
Tout comme la dernière fois, il resta immobile quelques instants, hésitant sur la prochaine action à mener. Puis, comme en proie à une volonté autre que la sienne et qui le poussait à aller vers ces humains qu'il méprisait, il tourna la poignée et entra.
Tout comme la dernière fois, il fut accueilli par une désagréable odeur de peur, celle propre aux cauchemars. Bon sang, mais qu'avaient-ils donc tous ces humains à être angoissés à ce point ? Quelqu'un pouvait-il lui expliquer ? Non pas que cela le dérangeait personnellement – il se moquait bien de savoir à quoi ils occupaient leur médiocre nuit dépourvue de chasse – mais Skoll détestait les gens stressés.
Cela rendait leur chair coriace.
Hati secoua la tête d'un air dépité. De toute façon, ce n'était pas comme s'il avait la possibilité de goûter ne serait-ce qu'un doigt de ses hôtes. Alors si son alter ego et sa faim démesurée pouvaient le laisser un peu en paix…
Le jeune lycanthrope, le regard teinté de l'envie de faire un bon repas, observa un instant la jeune fille qui lui faisait face. Hermione Granger, les sourcils froncés, était penchée sur un énorme livre dont le poids devait faire pas loi de la moitié du sien. Son air concentré rappelait à Hati celui des loups durant la chasse, au moment où la proie innocente est presque à portée de crocs, et que le moindre craquement de branche peut foutre en l'air des heures de travail.
Malgré son tempérament impatient, le fils de Fenrir adorait cet instant. Sans les heures de traques précédant le succès, le brun ne parvenait pas à ressentir ce profond sentiment de plénitude et de satisfaction en dévorant sa victime. Les chasses courtes donnaient toujours une viande au goût fade et vite oublié.
De nouveau, Hati secoua la tête pour se changer les idées. Décidément, il ne pensait plus qu'avec son ventre ! Peut-être cela signifiait qu'il fallait vraiment qu'il prenne un bon petit déjeuner. Cette intention en tête, le loup-garou se dirigea vers le placard à provisions, détournant son attention de la brune qui était de toute façon bien trop occupée pour remarquer son arrivée.
Ce n'était pas lui qui allait s'en plaindre en tout cas. Depuis le temps qu'il essayait de leur faire comprendre qu'il voulait qu'on lui fiche la paix, il y en avait enfin une qui avait assimilé l'information ! Le loup-garou espérait, sans trop d'espoir néanmoins, que les autres suivraient prochainement. Enfin, pas Harry.
Il était marrant ce petit humain, l'héritier Greyback voulait le garder encore un peu. Après tout, il était bien sa seule distraction dans cette fichue prison que les gens nommaient Terrier.
Hati ouvrit brutalement le placard, dans une vaine tentative d'oublier l'association d'idées de type « Terrier » et « gibier » que Skoll venait de lui suggérer. Le brun songea que son loup n'avait jamais autant impacté ses pensées à l'approche de la lune. Mais difficile de savoir si cela était dû au manque d'exercice, de viande, ou encore à cette satanée potion que les sorciers lui faisaient avaler.
D'ailleurs, il se demandait bien quel rôle pouvait avoir cette potion. On lui avait dit « pour garder le contrôle ». Mais le contrôle de quoi ? Il n'avait rien à contrôler durant les nuits de pleine lune, puisque c'était le seul moment du mois où il dormait. Enfin dormir… était-ce le mot ? Certes il ne ronflait pas, mais sa conscience du monde extérieure s'affaiblissait, puis finissait par disparaître. Cela correspondait à l'idée qu'Hati se faisait du sommeil.
Et ce n'était pas Percy qui allait s'opposer à sa définition. Ah ça, personne ne lui ferait gober que ce mec bavait volontairement sur son oreiller. Ou alors il était complètement stupide. Et le jeune Greyback ne considérait pas Percy comme quelqu'un de stupide – enfin un peu quand même car il était humain, mais bon, le pauvre il n'y était pas pour grand-chose – mais plutôt comme quelqu'un d'ignorant. Le genre de truc qui se soigne à peu près bien.
Ce fut cette fois-ci son estomac gargouillant qui rappela le loup-garou à l'ordre. C'était bien beau tout ça, mais ce n'était pas l'analyse de son colocataire qui allait le rassasier. Peut-être que le bacon qui se dressait sous ses yeux, inconscient de la fin dramatique qui l'attendait, en serait capable, lui. Ni une, ni deux, les pauvres tranches de viande furent englouties.
Quand il eut fini de s'empiffrer, Hati remarqua que la jeune humaine avait relevé la tête et l'observait avec une pointe d'amusement dans le regard. Le loup-garou, qui aurait préféré la voir terrifiée par sa voracité et ses crocs acérés s'en senti offensé. Oubliant sa volonté de garder le silence, il interrogea la Gryffondor d'une voix dure.
- Je peux savoir ce qui te fait rire ?
Voyant qu'elle avait contrarié leur imprévisible invité, Hermione perdit quelque peu son sourire. Hermione parut réfléchir à sa réponse, mais finit par avouer avec un rire dans la voix :
- Tu en as sur le bout du nez.
Le fils de Fenrir essuya précipitamment son visage avec sa manche, puis lui jeta un regard noir. Mais la sorcière ne semblait y prêter garde. Elle avait visiblement décidé, au grand damne du brun, de discuter avec lui. Et cette conversation abordait forcément son sujet préféré.
- Tu as lu les livres que je t'avais laissés ?, demanda-t-elle, des étoiles plein les yeux.
Hati écarquilla légèrement les siens. Rêvait-il, ou bien cette humaine considérait qu'il ait pu lire l'intégralité de ces fichus bouquins ? Il y en avait une cinquantaine et la majorité d'entre eux était épaisse au point de tuer un pauvre bougre d'un coup sur la tête. Certes, il n'avait pas l'habitude de lire, aussi n'avançait-il que rapidement dans ses lectures, mais le lycanthrope doutait qu'un humain normalement constitué soit capable d'un tel exploit.
Il examina une fois de la jeune fille qui lui faisait face. Elle ne payait pas de mine, avec ses cheveux ébouriffés, mais visiblement elle était bien plus dangereuse qu'il ne le pensait. Il n'était pas à proscrire que la faiblesse de sa condition soit largement compensée par son intelligence et sa rapidité. Mieux valait éviter tout contact avec elle désormais et se contenter de la considérer à distance.
Malheureusement, cela ne s'avérait pas si facile, car la sorcière attendait une réponse de sa part. Et le loup-garou avait le juste pressentiment que peu importe ce qu'il lui dirait, la rusée Gryffondor trouverait le moyen de lancer un débat. Et de toute façon il était hors de question de s'abaisser à mentir comme un humain, juste pour clore une conversation. Il était un fier lycanthrope, un vrai, et ferait face à cette conversation littéraire aussi longtemps que ces forces intellectuelles le lui permettraient.
Autrement dit, pas longtemps.
- J'en ai commencé un, finit par avouer Greyback junior en usant d'un ton bourru, espérant que cela pousse la jeune fille à ne pas poursuivre plus loin la discussion.
Peine perdue, comme le confirma le petit cri enthousiaste que poussa la brune.
- Vraiment ? Oh mon Dieu, cela me fait tellement plaisir ! J'ai essayé de prendre des exemplaires très différents, espérant que l'un d'entre eux t'attire, mais comme je ne sais vraiment pas ce que tu aimes lire, je n'étais pas du tout sûre que cela te plairait. Lequel as-tu choisi ? Qu'en penses-tu ? Voudrais-tu d'autres livres comme ça ? Tu sais, je suis vraiment heureuse que tu lises un petit peu, car il n'y a pas grand monde dans cette maison qui aime la lecture comme moi. Harry et Ron prétendent que cela leur donne des migraines, Ginny lit occasionnellement, mais en ce moment ce n'est pas trop la période. Mrs Weasley est trop occupée, Mr Weasley n'aime que les livres moldus mais ne comprend pas leur vocabulaire et…
- Mais tu ne te tais donc jamais ?, l'interrompit l'autre complètement abasourdi.
Non, décidément, ce genre d'instant n'avait rien à voir avec les moments qu'il passait avec Harry, plus calmes et dénués de superflus. Peut-être était-ce dû au sexe des individus ? Quoique non, Ginny ne parlait pas tant. C'était cette humaine qui était très…
Bruyante. C'était le mot.
Quoique sa remarque avait eu le don de la faire s'arrêter. Merlin merci, nul doute que sa tête aurait explosée si elle avait ajouté ne serait-ce qu'un mot de plus. La brune rougit légèrement, gênée.
- Désolée, j'ai tendance à un peu trop parler.
La mâchoire d'Hati manque de se décrocher. Un peu trop ?! Elle avait une vision déformée de la réalité ou quoi ? Elle avait prononcé plus de syllabes en une minute que l'ensemble de la meute en une semaine !
- Je pourrais tout de même en savoir plus sur l'ouvrage que tu as commencé ?, risqua-t-elle d'une voix incertaine.
- Non, répondit Greyback junior d'une voix ferme.
Savourant sa joie d'avoir pu mettre si vite un terme à la conversation, le loup-garou quitta la pièce d'un pas triomphant mais néanmoins rapide. Juste au cas où son ton autoritaire n'aurait pas suffi à la décourager de parler.
Harry fut réveillé par un glapissement aigu qui le fit sursauter. Aussitôt, le jeune sorcier se précipita sur ses lunettes, les posa sur son nez… et constata que l'auteur de ce vacarme n'était que Ron, en parfaite santé qui plus est, quoi que ce dernier le regardait d'un air un peu étrange.
- Harry… Je peux savoir ce que tu fais dans mon lit ?, l'interrogea-t-il d'un air indigné.
Le brun fronça les sourcils, réfléchit un instant, avant de remémorer les évènements de veille. Les cauchemars de Ron. Son inquiétude, même dans son sommeil. La soudaine fragilité de son ami et ses peurs, qui se cachaient ordinairement sous ses habitudes rudes et maladroites. Son envie à lui de le soutenir, ne serait-ce que pour une nuit.
- Tu… n'avais pas l'air de bien dormir, finit par avouer le Survivant, non sans hésitation.
- Oh.
Ron détourna le regard, gêné et l'air attristé, des brides de son mauvais rêve lui revenant sûrement à l'esprit.
- Je suis désolé, j'ai dû te déranger.
- Ne t'excuse pas, répliqua Harry.
Puis brusquement ce fut comme un barrage qui cédait. Ron se jeta dans les bras d'Harry et se mit à sangloter. Harry écarquilla les yeux, restant immobile un instant. Jamais le roux n'avait fait ça. Il avait déjà parlé de ses faiblesses, il avait déjà été triste, fatigué, s'était déjà vexé et mis en colère. Mais craquer à ce point, jeter tout honneur, tout masque, pour se réfugier dans ses bras à lui, Ron ne se l'était jamais autorisé.
- Fred me manque tellement, Harry. Je donnerais n'importe quoi pour le voir encore une fois. Pour le voir sourire, rire, faire des blagues, même me faire tourner en bourrique ! Putain oui, j'adorerais qu'il vienne m'emmerder encore une fois. Mais c'est fini, foutu !
Le jeune Weasley avait presque crié la dernière phrase, au risque de réveiller sa famille probablement encore endormie.
- Et depuis tout part en couilles. Y'a plus de Fred, mais y'a plus de George non plus. Maman et papa font semblant d'être joyeux, mais ils arrivent pas à passer le cap. Charlie et Bill comme toujours ils sont loin et occupés par leur travail. Et putain, même Bill il est plus comme avant. Tout le monde est amoché, mais lui ça se voit aussi physiquement. Et Ginny… Ginny elle aurait eu besoin de toi Harry…
Le brun sentit une boule se former dans sa gorge, une boule de honte qu'il ne parvint pas à ôter en déglutissant. Ron n'avait rien dit quand il avait quitté sa sœur, alors le Survivant ne pensait pas que le roux lui en tenait rigueur. S'il avait su que cela lui serait revenu en pleine figure à un moment comme celui-ci… Oui, s'il avait su, qu'aurait-il fait ? Aurait-il changé quelque chose ?
Ron poursuivit son monologue, tirant Harry de sa réflexion.
- Pourquoi ma famille doit subir tout ça? On était pas gens exceptionnels mais on faisait de mal à personne. Même si je rêvais d'être fils unique bien souvent, j'aimais cette cohésion qui nous liait. Pourquoi a-t-il fallu que les choses finissent comme ça ? Et surtout comment va-t-on faire maintenant ? C'est pas des blessures qui guérissent qu'elle a cette famille, mais plutôt des plaies qui vont gangréner.
- Ne dis pas ça Ron, le contredit Harry d'une voix qu'il espérait calme et douce.
En réalité, le Survivant avait juste envie de s'effondrer en pleurant lui aussi, quand il voyait ce qui était arrivé à la famille Weasley, à ces gens d'une gentillesse sans limite qui lui avaient offert un toit et de l'amour.
- Tout va s'arranger, lui murmura-t-il comme à un enfant qui se réveille d'un cauchemar. Je te dis pas que ça va se faire en un claquement de doigts, mais progressivement tout ira mieux. J'en suis convaincu.
Mensonges.
Il se dégoûtait de mentir ainsi à son meilleur ami, mais tentait de se convaincre que c'était pour le réconforter. Restait à voir si l'autre allait le croire. Après s'être creusé la tête pour trouver une vraie raison pouvant redonner le sourire à son ami, le visage d'Harry s'éclaira. Aussitôt, il murmura à l'oreille de son ami :
- Et puis tu as Hermione.
Ron, à l'entente du prénom de sa copine, parut enfin réagir positivement.
-Elle est merveilleuse, murmura-t-il. J'ai vraiment de la chance.
Le Gryffondor se redressa brusquement, manquant d'assommer Harry d'un coup de crâne. Il essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues et la morve qui coulait de son nez avec sa manche. Le fils de Lily retint avec peine une grimace devant le manque d'élégance de son ami.
Celui-ci, qui ne paraissait nullement s'en formaliser, adressa un grand sourire à son camarade.
- Toi aussi tu es merveilleux Harry, confessa-t-il. Je suis vraiment heureux de te connaître.
Le Survivant écarquilla les yeux, surpris d'un tel élan d'amitié, et, ne sachant que répondre, il garda quelques instants la bouche ouverte. Ce qui lui donnait un air assez crétin, il fallait bien le reconnaître. Ron épargna à son compère la réflexion d'une réponse appropriée, se contentant de l'empoigner par le tee-shirt et de le tirer vers la porte.
- Allons manger quelque chose, Harry ! Toutes ces émotions m'ont creusé l'appétit !
Le Ron souriant et enjoué était revenu. Le jeune Potter et lui échangèrent un regard complice, puis, peu soucieux de la famille Weasley qui dormait encore ni même du fait qu'ils étaient un peu grands pour ce genre de gamineries, les deux amis firent la course jusqu'à la cuisine.
La journée commençait mal pour Ginny, la cadette des Weasley. D'un côté, n'importe qui aurait pu en dire autant après avoir dormi peu, trop cauchemardé et débuté une journée en s'apercevant qu'elle n'était pas dans la période du mois que les filles préféraient.
Les règles, ce fléau. Bien entendu, la rouquine connaissait nombre de sortilèges sensés diminuer la douleur, mais il y avait toujours un désagréable moment d'attente, durait lequel elle subissait le sadisme de Mère Nature.
Toutes ces raisons justifiaient qu'aujourd'hui la jeune sorcière ne s'était pas levée du bon pied. N'ayant pas envie de croiser qui que ce soit pour le moment, la Gryffondor prit la sage décision de se cloîtrer dans la salle de bain. Une bonne douche, voilà ce dont elle avait besoin.
Arrivée dans la pièce, la jeune fille entreprit de se déshabiller, avec une lenteur propre aux personnes levées de bonne heure. Elle n'était plus vêtue que d'une simple culotte quand un nouvel évènement vint contrarier sa journée.
Hati Greyback entra dans la salle de bain.
Comme ça.
Nullement impressionné de la trouver ici – avec son odorat, il devait même s'en douter. Nullement gêné de la voir presque nue. La rousse ne put retenir un petit cri pudique en voyant l'intrus débarquer de la sorte.
Puis, là où une personne lambda aurait pris une serviette afin de couvrir son corps, Ginny saisit sa baguette et décocha un Stupefix dans la tête du loup-garou, lequel se trouva projeté hors de la salle d'eau.
- La prochaine fois tu frapperas avant d'entrer, siffla la rousse furieuse.
Et elle claqua la porte au nez du fils de Fenrir, sans se soucier des jurons qui résonnaient de l'autre côté. Puis, après un instant de silence, de lourds coups vinrent heurter la porte en bois. Cela aurait été une autre personne qu'Hati, Ginny aurait juré que quelqu'un tentait de défoncer la porte. Mais bon, c'était déjà un progrès.
La jeune femme remit sa chemise de nuit, puis fit savoir à son hôte qu'il pouvait entrer. L'héritier Greyback apparut alors dans l'encadrement, l'air furieux. Il ne prononça cependant pas un mot, se contentant de fixer la rousse de ses yeux clairs et inquiétants.
- Que voulais-tu ?, finit par l'interroger la Gryffondor.
C'est qu'elle avait autre chose à faire que de contempler un loup-garou dont l'humeur était visiblement proche de la sienne. Le regard d'Hati sembla s'adoucir tandis qu'il lui montrait l'hideux tee-shirt qu'il avait ramené de ses courses avec Mrs Weasley.
- Ce truc est immonde, déclara le brun. Et nous avons fait un marché. J'ai fait ce que tu m'avais demandé, à ton tour.
Un rire mauvais agita la cadette Weasley.
- Tu aimes les Stupefix au point de venir les réclamer Hati ?, gronda-t-elle sous les yeux du lycanthrope perplexe. Te moquerais-tu de moi par hasard ? Tu n'as absolument pas rempli ta part du contrat !
- J'ai essayé, nuança le brun.
À la grande surprise du fils de Fenrir, la rousse parut s'apaiser et, en dépit de ses sourcils froncés, elle accepta la requête.
- Donne-moi ça, ordonna-t-elle, je vais voir ce que je peux faire.
Le loup-garou faillit la remercier de le débarrasser de cet affreux vêtement, puis il se souvint qu'il l'avait plus ou moins mérité. Il avait fait ce qu'il avait à faire. Quoi de plus naturel que la jeune fille se plie désormais à ses ordres !
Fier de cette victoire qu'il estimait bien méritée, Greyback junior lui tendit le tee-shirt.
Ginny marmonna un sort qu'il ne comprit, mais dont il ne tarda pas à connaître les effets. De gros cœurs roses ainsi que des papillons animés couvrir le haut, sous le regard désemparé du lycanthrope.
- Mais qu'est-ce-que tu as foutu ?, s'énerva-t-il.
- J'ai essayé, répondit la jeune fille en lui lançant un regard méprisant.
Hati manqua de se jeter sur elle pour lui tordre le cou quand il comprit à quoi elle faisait allusion. Il se reprit rapidement néanmoins. Il aurait dû se douter qu'on ne gagnait pas si facilement avec Ginny Weasley.
Le lycanthrope prit quelques secondes pour réfléchir. À vue d'œil, il était dans une impasse, car il ne pouvait honorer sa part du contrat. Il se devait de reconnaître la défaite quand celle-ci était inévitable : jamais il ne serait capable d'éprouver la moindre compassion envers le jumeau survivant.
Mais il ne pouvait pas demander à la sorcière de changer les termes de leur marché. D'une part parce qu'il était probable qu'elle refuse, d'autre part parce que si elle acceptait, il risquait de se retrouver avec un truc encore plus difficile à réaliser sans aucun moyen de faire marche arrière.
Le lycanthrope n'avait donc plus qu'une solution : proposer de lui-même un nouveau contrat, dont l'offre serait suffisamment alléchante pour faire plier la demoiselle.
Et il avait une idée.
La volonté de la jeune fille était certes inébranlable, mais en était-il de même pour son corps ? Revêtant son visage le plus doux, son sourire le plus séduisant, Hati s'avança à une vitesse telle que la rousse n'eut pas le temps d'esquisser un mouvement avant qu'il ne soit derrière elle.
Dissimulant son air victorieux, le brun enserra la fine silhouette avec toute la tendresse dont il était capable. Autrement dit, on pouvait faire mieux, mais visiblement cela était suffisant, car la rousse ne se débattit pas. Calme, elle guettait les prochaines actions du fils de Fenrir sans trembler.
- L'arrêt de ta relation avec Potter t'a fait et te fait toujours de la peine, susurra-t-il à l'oreille de Ginny.
Cette dernière se tendit à l'entente de son désormais ancien petit ami.
- Je ne t'apporterai jamais l'affection qu'il a pu te donner, poursuivit le lycanthrope, mais je peux compenser le manque physique que tu éprouves parfois.
Ça, Hati le pouvait. Évidement, l'idée de coucher avec une femme, humaine de surcroît, ne lui plaisait pas particulièrement. Mais les exigences de la meute lui avaient appris à prendre sur lui et à changer ses préférences quand les conditions l'exigeaient. Il pouvait tenir ce rôle. Et, comme pour le prouver à la Gryffondor, il posa ses lèvres sur les siennes, l'entraînant dans un baiser long et sensuel.
S'il se trouva satisfait que la jeune Weasley ne lui résiste pas, Hati fut rapidement désappointé par le manque de réaction de sa cadette. Une fois le baiser achevé, ce fut une rousse au visage fermé mais paisible qui lui fit face.
- Hati, commença-t-elle sur un ton neutre et contrôlé qui surprit le loup-garou. Je pense que... ce que tu as fait n'a pas la même signification dans ta meute que chez nous. Qu'est-ce qu'un baiser pour toi ?
- Pas grand chose, rit l'autre face à cette question qu'il estimait particulièrement stupide.
- Ok, répondit immédiatement la rouquine avec un faible sourire. Premier cours de vie sorcière pour toi donc. Ici, le baiser exprime certes un certain désir, mais bien souvent les gens le considèrent comme plus que ça. C'est également un signe particulier d'affection, qui peut montrer notre attachement à une personne et même davantage, l'envie d'entamer une relation avec elle.
- Une relation ?!, s'exclama le brun totalement horrifié.
- Ce n'est pas une obligation bien sûr, nuança immédiatement Ginny. Et certaines personnes ont une vision plus libérale, mais bon, prends tout de même garde à toi si tu embrasses n'importe qui si tu le souhaites. Tu pourrais avoir de mauvaises surprises.
Avec un sourire malicieux, la sorcière pointa sa baguette sur le loup-garou en annonçant :
- Pour ma part, si tu t'avises de recommencer ce que tu viens de faire, ne serait-ce qu'une fois, sache que je te décrocherai un sortilège que tu n'oublieras pas de si tôt.
Et, une fois de plus, la porte de la salle de bain se ferma au nez d'un Hati quelque peu abasourdi. Mais abasourdi, il ne l'était pas à cause de la réaction de la rousse – il avait définitivement compris que cette fille avait mauvais caractère et que la faire céder était plus qu'une affaire de force. Non, ce qui lui coupait le souffle, c'était la révélation que venait de lui aire la cadette Weasley.
Un baiser pouvait symboliser l'envie d'une relation ? Non d'un loup végétarien, à tous les coups Potter avait compris tout de travers, et son envie de baiser sans fondement allait se transformer en mariage niais et rempli de contraintes ! À cette pensée, le fils de Fenrir se releva et partit à la recherche du Survivant, courant comme si sa vie en dépendait.
Harry venait de s'attarder avec Ron et Hermione devant un copieux petit-déjeuner, quand des bruits de course se firent entendre à l'étage.
- Décidément, les habitants du Terrier sont bien bruyants ce matin, remarqua Hermione, faisant référence à la manière dont son petit ami et Harry étaient entrés dans la cuisine, quelques minutes auparavant.
Les deux compères baissèrent la tête : le souvenir de la leçon que leur avait fait la Gryffondor était encore frais.
Il n'y avait que peu de personnes dans cette maison qui étaient susceptibles de faire autant de bruit. Harry et Ron ayant déjà donné, il n'y en avait en fait qu'une. Aussi les trois sorciers ne furent pas franchement surpris de voir Hati Greyback de débarquer comme une furie dans la cuisine. Ce qui les surprit davantage, ce fut la suite des évènements.
- Harry, clama le loup-garou avec autorité, il faut à tout prix qu'on parle.
Ce qui choqua Hermione, ce fut l'air effrayé de ce jeune lycanthrope d'ordinaire si maître de lui. Ce qui inquiéta Ron, ce fut que son ami semblait s'être mêlé d'une affaire concernant ce sale type de Greyback. Harry, ayant peut-être une idée de ce dont le loup-garou voulait parler, se demanda quelle devait être sa réaction, connaissant les possibles conséquences.
S'il refusait, le lycanthrope allait s'énerver, être violent, et ses amis seraient en plus soupçonneux. Car il n'avait pas d'excuse pour refuser. Mauvaise idée. S'il acceptait cependant, le loup-garou était capable de déballer ce qui lui faisait si honte devant ses amis. Mais s'il proposait de discuter ailleurs, ses camarades de Poudlard mettraient tout en œuvre pour découvrir son secret. Ce fut Hati, impatient, qui choisit à la place du fils de James et Lily.
- C'est maintenant, insista le brun en ses saisissant de la main d'Harry et en l'entrainant à sa suite.
Voyant qu'Hermione et Ron amorçaient un geste pour les suivre – leur meilleur ami était tout de même en train de se faire capturer par un loup-garou à la mine patibulaire, Harry adressa à ses camarades un signe qu'il espérait rassurant. Le geste eut en tout cas l'effet escompté : les deux Gryffondors s'arrêtèrent, bien que perplexes, et virent, impuissants, le Survivant suivre Hati d'un pas rapide.
Dès qu'il fut certain que ses amis n'entendraient pas leur conversation – les deux bruns avaient finalement trouvé refuge dans la chambre de Ron et Harry, le fils de Lily se dégagea de l'étreinte du lycanthrope et darda sur lui un regard qu'il espérait vide de toute émotion.
- Je peux savoir ce que tu me veux ?, lui demanda-t-il. Ça ne se fait pas d'interrompre les gens de cette manière Hati.
Le concerné haussa les épaules, l'air de se moquer royalement de cette leçon de morale, ce qui était probablement le cas.
- Tu sais, hier, quand je t'ai embrassé…
Cette entrée en matière surprit quelque peu le jeune sorcier. Même si l'idée lui était venue à l'esprit, il n'avait jamais vraiment considéré qu'Hati puisse rendre l'évènement au sérieux et revenir lui en parler. Visiblement il s'était trompé. Le fils de James s'apprêtait à envisager une possible présence de sensibilité chez le loup-garou, quand celui-ci poursuivit ses propos :
- C'était juste comme ça hein. Enfin, tu vois, à cet instant, à cet endroit, avec le visage que tu avais alors… J'ai eu envie, donc je l'ai fait. Mais ça veut pas dire que j'ai envie de recommencer, et encore moins de m'engager dans une relation avec toi.
Le loup-garou avait craché ce mot, comme s'il renfermait en ces quelques syllabes tout ce qui dégoûtait Hati le plus au monde. Le jeune Potter de son côté était effaré que le fils de Fenrir ait pu le croire envieux de sortir avec lui.
- Mais qui t'a mis une idée aussi absurde dans la tête ?!, s'épouvanta le Gryffondor. Bien entendu que je ne compte pas avoir ce genre de relation avec toi ! Déjà que le fait qu'on se soit embrassés me paraît incongru, Merlin non, jamais je ne sortirai avec toi ! En plus…
- Tu fais de bien longues phrases petit, le coupa le jeune Greyback. Un simple bien entendu aurait suffi. Enfin bon, tant que tu es d'accord avec moi…
Satisfait que l'humain ne se soit pas, pour une fois, compliqué avec des histoires débiles typiques de son espèce, Hati se releva, tapota la tête de Potter – de la même manière que l'on félicite un petit animal domestique de ne pas avoir chié sur le tapis du salon, puis repartit l'air guilleret.
Toute la semaine, Mr Weasley avait travaillé d'arrache-pied. La journée, il s'était occupé de dossiers complexes au ministère. À la maison, il avait réfléchi à la meilleure façon d'intégrer ce jeune lycanthrope grincheux au sein de la famille.
Et aujourd'hui, c'était dimanche. Alors oui, Mr Weasley avait pensé, ou plutôt espéré, qu'il pourrait faire une grasse matinée ce jour-là. Le projet fut malheureusement contrecarré par une longue liste d'évènements.
5h00 : Hermione Granger se lève et descend dans la cuisine. Elle sanglote légèrement, de toute évidence la jeune fille fait elle aussi des cauchemars.
5h45 : Hati Greyback se lève à son tour et marche sur une latte de parquet dont le craquement résonne dans tout le couloir, avant de descendre dans la cuisine. De toute évidence, le loup-garou n'est discret que quand cela l'arrange.
6h02 : Ginny Weasley décide de prendre une douche. Elle ne prend jamais une douche si tôt e matin d'habitude.
6h05 : le fils de Fenrir remonte, esquive la zone grinçante, mais se prend les pieds dans le coin du mur. Il pousse des jurons.
6h12 : Ginny Weasley crie sur Hati. Elle n'était pas censée se laver ?
6h15 : avec la grâce et la discrétion de deux hippogriffes obèses, Harry Potter et Ron Weasley descendent les escaliers en riant.
6h25 : Hati Greyback reproduit leur exploit. Seule différence : il ne rit pas.
6h28 : Harry Potter et Hati Greyback remontent à l'étage.
Finalement, Mr Weasley n'avait plus besoin de chercher un moyen pour sociabiliser le fils de Fenrir. Ce dernier s'en sortait très bien. Un peu trop bien même. Disons le franchement, si le loup-garou pouvait rester enfermé dans sa chambre sans parler à personne jusqu'à au moins 11h30 le dimanche, Mr Weasley en serait très heureux. Parce que le jeune Greyback était le même responsable de 75% du bruit dans cette maison. Pour quelqu'un qui refusait de leur parler au début, c'était quand même beaucoup.
Au lecteur avisé qui se demanderait pourquoi le père de Ron n'a pas lancé – tout simplement – un silencio ou quelque chose du même acabit, Mr Weasley doit une justification. L'explication était simple : sa baguette était trop loin. Située à l'autre bout de la chambre, le pauvre homme aurait été contraint de s'arracher à la chaleur des draps pour marcher jusqu'à sa baguette, se concentrer pour lancer un sort, puis retourner se coucher. Tout cela représentait un effort trop important pour ce sorcier fatigué, qui avait donc choisi de rester au lit, subissant les désagréments de ses enfants bruyants.
Bien fait pour lui ? Que vous êtes cruels.
Le coup de grâce arriva cependant à sept heures. Le père de famille sombrait de nouveau dans un sommeil bien mérité, lorsque ce dernier fut interrompu par un frappement léger mais constant. ET surtout, incessant.
Mr Weasley ronchonna, s'étira, puis lança un regard à sa femme qui semblait dormir paisiblement. Visiblement, ce n'était pas elle qui allait régler ce problème. Intrigué par l'origine du bruit, le sorcier fit l'effort suprême de se relever à demi afin de contempler la chambre dans son ensemble.
Et le bruit continuait. Toc, toc, toc. Toc, toc, toc. L'homme aux cheveux roux ne mit pas longtemps à trouver d'où provenait ce son qui interrompait la tranquillité de son sommeil: perché sur le rebord de la fenêtre, un oiseau au sombre plumage heurtait son bec au carreau de la chambre.
C'était un hibou du ministère.
Tatsaaaam! Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Surprenant, prévisible, intéressant, OoC? N'hésite pas à me le dire! Pour ce qui est de la vision d'Harry concernant le baiser, vous êtes sûrement restés sur votre faim et c'est normal, vous aurez droit à sa vision des choses dans le prochain chapitre. :)
Et à présent un petit jeu: vous avez le droit de m'imposer un mot chacun pour le prochain chapitre. Je les placerai tous, promis! :)
Que le grand esprit des cookies soit avec vous mes frères!
