Mon réveil sonna pour la première fois depuis mon arrivée, je pris mon téléphone dans mon petit sac à côté du lit et l'éteignis rapidement. Mon dos s'allongea sur le matelas et un bras se posa sur mon ventre, suivi d'un mouvement de tête qui finit sur mon épaule.
- Mmh… Déjà ?
Je repoussais mon partenaire de la main et me relevais en frottant mes yeux. Un petit son mécontent traversa les lèvres de l'homme et son bras serra un peu plus fort mon ventre. Je me retournais vers lui et souffla. Ce n'était pas Misha à mes côtés, non. La soirée avait, pourtant, bien commencée. Mes souvenirs revinrent à la veille, au moment où tout avait dérapé.
"- Le son est génial, l'électro, c'est la vie !
Je quittais la conversation entre Mike et Viktor pour me rafraîchir le visage aux toilettes et me refaire une beauté. Misha me lançait des oeillades depuis le repas, dans le bar aussi et mon coeur s'affolait à chaque fois. J'admirais mon reflet à travers le miroir, j'étais heureuse, mes yeux reflétaient cette attitude. Puis, la porte s'ouvrit sur Jensen.
- Ce sont les toilettes pour femmes, Jen.
Il venait de refermer la porte. Je pris mon sac et l'ouvrit à mon tour pour apercevoir ce dernier accoudé sur le mur. Mon bras se posa sur son dos, qu'avait t'il ? Puis, tout bascula. Mon dos percuta le mur, sa jambe s'immisça entre les miennes, une de ces mains se posa sur ma joue, l'autre contre le mur et sa bouche prit la mienne avec avidité, passion et force. Mon bras toujours autour de lui. Mes lèvres répondirent à son appel bien avant que ma conscience ne réagisse. Quelques secondes, quelques secondes de trop, avant que je ne le repousse."
Un baiser, dans le bas de mon dos, me fit sursautait. Mon partenaire ouvrit les yeux et me souriait avant de repartir dans les bras de Morphée. Mes pieds se posèrent sur la moquette. Pourtant, ce ne fut pas cet événement qui m'avait entraîné ici, il l'avait juste déclenché.
"- Je t'ai vu, Pénélope. C'était pour lui, n'est ce pas ? Tout ton maquillage de salope et tes tenues ? Je suis vraiment naïf !
Misha s'était éloigné sans un regard en arrière. Tout me paru bien froid, bien triste. Des larmes coulèrent sur mes joues et je fis demi-tour vers les toilettes. Mon maquillage allait couler."
Je pris machinalement mes sous-vêtements essayant de faire le moins de bruit possible. Claire avait, encore une fois, été géniale. La suite de ma soirée fut, plus joyeuse, moins déprimante. Du moins, jusqu'à ce que tout le monde décide d'aller se coucher.
" J'étais devant sa chambre, il fallait que Misha m'écoute. C'était une erreur, j'avais fini par le repousser, il n'aurait jamais du voir ce baiser, jamais. J'avais toqué, faiblement… La porte s'était ouverte sur Misha en boxer, ses cheveux plus en brosse que d'habitude et j'avais compris. J'avais compris avant même de voir la tête derrière lui, il n'était pas seul, il n'avait pas été seul de toute la soirée. Il était avec elle, Cassie. Tous mes espoirs s'envolèrent. Nous n'eûmes pas besoin de fournir de phrases, j'avais tout vu, il m'avait fait tout voir, c'était fini, il referma la porte."
Ma robe se moula sur mon corps, j'ouvris la baie et posa mon épaule sur la façade m'allumant une cigarette. Mon cerveau avait explosé à ce moment là de la soirée et j'avais eu besoin de tout évacuer, ma haine, ma tristesse. J'avais croisé Jensen sur le palier en faisant demi-tour, il m'avait ouvert ses bras, j'avais sauté dedans espérant pouvoir m'y noyer.
" La porte fut refermée rapidement, Jensen colla mon dos dessus, s'enivrant de mon odeur, de mon souffle, de ma chaleur. Il ne quittait pas ma bouche, je ne quittais pas la sienne. Ses mains imprimaient mes courbes, mes formes, relevaient ma robe, touchaient la peau fine de mon ventre. Il était vivant, j'étais anéantie. Les miennes étaient plus timides, moins vivaces, elles s'agrippèrent à son cou, ses épaules mais elles ne prenaient aucunes initiatives. Jensen ne parût pas déçu, ni surpris. Il était ailleurs, concentré sur ses sensations, sur les miennes, sur nos plaisirs. Moi aussi, j'étais ailleurs, près de Misha, concentré sur son regard, ses gestes, je ne voyais pas Jensen, je ne voyais que Lui. Ma robe vola à travers la chambre. Il empoigna mes seins recouverts et lécha le creux, mes formes dénudées, son sexe pressé sur ma cuisse. Puis, il reprit ma bouche, me décolla du mur, dégrafant d'une main le tissu et descendit les bretelles vers le sol m'obligeant à détacher mes bras de son cou. Mon dos percuta à nouveau la porte tandis que sa bouche s'emparait d'un de mes seins. Tout était intense, mes sensations étaient présentes, vibrantes sous sa langue, ses dents, ses mains. Mon corps revivait, en demandant plus, mes gémissements claquaient l'air. Mes mains tenaient fermement ses cheveux, ses coups de langues ne cessèrent pas, passant de l'un à l'autre de mes seins, ces doigts empoignant toujours ces derniers avec force. Je sentais son sexe gonfler, s'étirer derrière le tissu. Mes doigts prirent les commandes. En tirant sur ses cheveux, je le forçais à arrêter ses délicieuses caresses et à lever la tête vers moi. Je me penchais vers lui, fiévreuse de goûter à nouveau ses lèvres. Une fois mes lèvres sur les siennes, ma langue dansant avec la sienne, mes mains arrachèrent les boutons de sa chemise et ceux de son pantalon. Jensen comprit le message et, me prenant les cuisses pour me soulever du sol, il m'allongeait sur son matelas. Il se redressait rapidement, je suivis le mouvement. Il enlevait sa chemise, j'embrassais le bas de son ventre, mes mains tenant fermement les ourlets de son pantalon. Puis, quand le son, claquant, de la chemise contre le mur s'entendit, mes doigts firent descendre, d'un même mouvement, les deux tissus cachant la belle érection de mon amant. Sans prendre le temps de souffler, ma main empoigna son sexe et ma langue joua avec la peau fine sur toute sa longueur.
- Putain...
Ma bouche en prit possession, admirant sa longueur et sa largeur, ma langue goûtant la perfection de son odeur, de sa chaleur, mes mains partant à la découverte de ses deux congénères. Aucun détail, aucune peau ne m'échappaient, il était à moi, à cet instant, et mon corps l'imprimait. Ses mains avaient atterris sur mes cheveux, emmenant la cadence quand il me sentait fléchir ou diminuant la pression quand il se sentait venir. Nous étions tous les deux enivrés, excités et la passion ne s'arrêta pas là. Il me repoussait, prenant ma bouche avec passion, se goûtant par la même occasion. Il était toujours debout, moi toujours assise. Il me souleva, une main sur mes hanches, l'autre dans mon dos, m'installant plus confortablement, ma tête sur ses oreillers. Il n'avait pas quitté mes lèvres, je ne voulais pas qu'il les quitte. J'avais chaud, j'avais froid, frissonnante et en fusion. Mon bassin vint à la rencontre du sien, le message était passé. La déchirure d'un plastique se fit entendre et la mise en place du préservatif fut rapide. Il me pénétra fort, vite, je n'avais pas mal, j'avais trop attendu, mon corps était prêt. Nos bouches se séparèrent à faible distance, nos souffles se mélangeaient, nos yeux admirés ceux de l'autre. Je ne voyais plus rien d'autre que lui, mon cerveau imprimait tout, son visage, ses expressions, ses gémissements, son souffle chaud, je ne ratais aucun geste venant de lui. Mes doigts agrippèrent la couverture, puis, partaient à l'assaut de son dos, mes ongles pénétraient sa chair le faisant grimacer mais gémir encore plus et ils reprenaient la couverture. Mon orgasme fut automatiquement suivi par celui de Jensen, nos corps vibrés l'un dans l'autre, nos têtes rejetés vers l'arrière brisant notre lien visuel. Nos souffles furent plus qu'un silence, et le sommeil nous gagna."
J'écrasai ma cigarette et referma la baie derrière moi. Mon regard s'arrêta, quelques secondes, sur l'hôte. Ça avait été bien… Non, ça avait été intense, passionnel et incroyablement plus fort que dans mes rêves ou dans toute ma vie. Pourtant, c'était Misha que je voulais à mes côtés, c'était Misha que je voulais embrasser au réveil, c'était lui, pas Jensen, Mike ou un autre. Mes jambes m'emmenèrent dans la salle de bains, je me lavais les dents avec la brosse de Jensen. Nous avions partager nos salives alors bon. Puis, je me brossais les cheveux, nettoyais mon visage avant de revenir dans la pièce centrale. Jensen avait son bras relevé en dessous de sa tête et son regard se posa sur moi.
- C'était vraiment bon, hier !
Ne voyant aucune réaction de ma part, il continua.
- Si jamais… Tu connais le chemin jusqu'à ma chambre.
J'hochais la tête, timide avant de prendre mes affaires et de me tourner en direction de la sortie.
- Jen… Oui, c'était vraiment bon.
La porte se referma et je m'éclipsais rapidement vers l'étage en dessous, priant pour ne croiser personne.
J'étais seule à ma table, je n'avais pas osé frapper chez Claire ni Mike, je ne me sentais pas de parler, j'étais d'une humeur de chien. La journée allait être longue, vraiment très longue. Comme si, cela ne suffisait pas, la personne qui apparu dans la salle - le sourire aux lèvres, je précise - ne fut autre que Misha accompagné de sa partenaire Cassie - sourire aux lèvres également. Dieu s'acharnait sur mon mental franchement ! Ils ne pouvaient pas descendre avant ou après que j'ai avalé ce repas, non, il a fallu qu'ils descendent pile à la même heure que moi, vraiment super ! Un sourire encore plus imposant apparu sur le visage de Cassie quand nos regards se croisèrent. Cela me suffit à recentrer mon attention sur mon plat. Je n'avais pas faim mais il fallait me forcer, ma nuit avait usé toutes mes forces… Oh oui, même mes hormones étaient à plat. J'entendis un rire strident qui ne pouvait appartenir qu'à Cassie, mon cerveau était en ébullition.
- Pén ?
Une main se posa sur mon épaule et un sourire amical me fit face, Claire. Elle s'installa à mes côtés, posant son plateau sur la table.
- Tu veux en parler ?
- Non, et je suis d'une humeur massacrante donc si tu tiens à la vie, oublie moi aujourd'hui, bébé !
Elle hochait la tête, sa bouche transmettant un léger sourire. Nous mangions en silence quand Mike fit son apparition à son tour.
- Péni ?... Tu vas bien ?
- Non !
Claire dû lui faire un mouvement de la tête car Mike s'installa silencieusement et entreprit une conversation avec elle, me laissant dans mon coin. J'étais exécrable et c'était mes amis qui prenaient… Non, vraiment, si j'avais besoin de me défouler, c'était sur cette Cassie et sur Misha ! Je pris mon plateau, le déposa sur le comptoir et m'approcha de la table de ce dernier où Jensen avait fait son apparition ainsi que Mark et Jared. Mes yeux étaient fixés sur le dos de Misha qui semblait être dans une conversation des plus enrichissantes avec Jensen. Ne perds pas ton objectif. Arrivée à hauteur, Jen me regarda, me scrutant et je vis de la gêne passer dans son regard. Je n'étais pas là pour toi, tu peux te détendre, Péni ne fera pas un scandale. Ma main se posa sur l'épaule de Misha, il se retourna et je lui donna mon magnifique sourire de façade. Son visage changea de couleur, ses yeux aussi.
- Misha ! Salut, je peux te parler ?
Mon attention se porta sur ma montre, il était 8h15.
- Nous avons le temps de parler, n'est ce pas ?
Il se tourna, s'excusa auprès de ses collègues et me suivit. Je m'arrêta dans le hall en direction des toilettes et me retourna dans sa direction. Je pliais mes bras sur mon ventre et le fusillais du regard.
- Bien, je ne vais pas t'embêter longtemps. Je veux juste remettre les pendules à l'heure. Tout d'abord, si je me maquillais ou m'habillais en salope, c'était pour ta gueule. Ensuite, Jensen m'a sauté dessus hier, je l'ai repoussé quelques secondes plus tard, ça t'a suffit pour te faire des films, c'est cool. Enfin, si je suis venu te voir hier soir, c'était pour te dire tout ça mais bon, tu étais en bonne compagnie. Oh, et ne viens pas me dire par la suite que je te plais et que tu pourrais envisager quelque chose avec moi !
J'avais fini mon discours, j'avais la rage, vraiment. J'étais en colère et voir sa mine confuse devant moi m'énerver encore plus. Je m'éloignais rapidement, il m'attrapa le bras mais je le repoussais vivement. Je n'en voulais plus de ses excuses, de ses promesses, de ses choix, je ne voulais plus l'entendre parler. Je rejoignis ma table sous l'oeil des clients, je n'y prêta aucune attention. Une fois assise, j'entendis Misha rejoindre, à son tour, sa table.
- Ça va mieux, Péni ?
- Oh la vache, oui ! Tu n'imagines pas à quel point !
Claire me donna une brève accolade et changea de conversation m'intégrant avec eux. J'allais mieux, nettement mieux et mon sourire était réapparu. Ensuite, le trajet en car se fit rapidement, Claire et moi étions allés chercher la programmation de la journée. Elle ne me demanda rien, ne fit aucun commentaire et, personnellement, valait mieux. J'allais mieux, certes, mais je me sentais toujours sous tension. A vrai dire, j'étais déçue… Pourtant, n'avais je pas dit que si rien ne venait alors tant pis ? J'étais vraiment perdue… Une fois le programme en main, nous décidions de rejoindre notre petit groupe vers la cafétéria. Arrivés à destination, Claire me doubla voyant parfaitement la démarche de Misha dans ma direction, j'essayais de l'éviter mais c'était trop tard. Il m'empoigna le bras et m'éloigna de tout signe de vie. Il m'emmena dans sa loge - je supposais - et referma la porte sur nous.
- Péni...
Je ne savais pas si je devais être furax ou joyeuse, nous étions seuls et rien que ça, ça me donnait des idées : le balancer sur une chaise pour l'engueuler ou le balancer sur le canapé pour lui sauter dessus…
- Péni...
Il se tenait sur le bar, ne sachant pas quoi me dire. S'il ose répéter mon surnom, promis, je l'embrasse. Sa main passa sur son visage.
- Péni… Je...
Il n'eut pas le temps de continuer sa phrase. Ma bouche heurta la sienne, violemment. Il fut surpris mais ses lèvres suivirent le mouvement. Il me bloqua le dos sur le bar, m'embrassant, répondant parfaitement à mes lèvres. Ce n'était plus moi qui menait la danse, c'était lui. Il semblait en avoir besoin, envie. Il s'imprégnait de mon odeur, de ma salive, de mon palet. Sa langue faisait le tour de ma bouche, il n'oublia aucun détail. Mes mains l'éloignèrent rapidement, j'avais besoin de reprendre mes esprits. Il voulait me parler, il devait me parler.
- Tu… Tu voulais me parler ?
Il réfléchit, reprenant lentement ses esprits et s'approcha de moi.
- Je… voulais m'excuser.
Ma colère reprit le dessus.
- Pour quoi ? Pour m'avoir mal juger ou pour m'avoir humilier devant Cassie ? Tu as pris ton pied au moins ? Parce que, moi, j'ai pris mon pied avec Jensen, c'est un méga bon coup, tu sais ?!
Il me stoppa en me poussant contre le mur, posant tout son poids contre moi. Ses yeux étaient assombris.
- Tu… Tu as couché avec Jen ?
- Bien sur ! Comme tu as couché avec Cassie !
Nos souffles, nos cris se heurtèrent avec ceux de l'autre. Nous avions la haine, l'un comme l'autre.
- C'était un bon coup, tu dis ?
- Un super bon coup !
Il m'agrippa les cheveux, m'obligeant à le regarder. Ses dents s'entrechoquèrent entre elles, ses mains s'accrochèrent aux miennes, m'obligeant à les soulever sur ma tête. Je ne flanchais pas.
- J'ai eu un putain d'orgasme dans ses bras, tu entends ?!
Il grogna et m'embrasa violemment. Tous mes hormones étaient en ébullition - encore -, je n'attendais que ça, j'attendais qu'il me prenne… avec force s'il en avait envie mais je le voulais en moi, maintenant. Sa bouche s'éloigna.
- Il m'a prit comme un dieu, Misha… Tu ne rivaliseras jamais.
Il me tourna contre le mur, forçant mes mains à se tenir contre. Ses mains s'acharnèrent sur mon pantalon, le faisant descendre avec mon sous-vêtement.
- Il t'a pris comme un dieu, hein ?! Je vais te prendre comme une bête, moi !
Il fut en moi aussi rapidement. Encore une fois, j'étais prête, j'étais prête pour lui parce que, oui, en cinq jours, c'était lui dans ma tête, c'était lui que je voulais à mes côtés. Il gémissait, moi aussi. Il grognait, je le suivais. C'était dur, violent, sans aucune pitié mais j'aimais, j'aimais parce que c'était Misha en moi, personne d'autre. Ce fut rapide, sans amour, sans sentiment. C'était de la haine qui se déversait, rien d'autre. Pour moi aussi, c'était de la haine. Je ne lui en voulais pas, c'était moi qui avait tout causé, tout ça parce que j'avais accepté le baiser de Jensen… Il se déversa en moi en gémissant et se retira rapidement. Je sentis son souffle sur mon oreille et je le sentis s'éloigner. Je m'habillais rapidement, prête à lui faire face. Ce que je vis me bouleversa, il étais assis sur ses talons, le front sur le mur du bar, des larmes coulant sur ses joues.
- Misha !
Je le pris dans mes bras et des larmes coulèrent sur les miennes. Je n'avais jamais voulu ça, jamais.
- Misha ! Je suis désolée...
Je l'embrassais sur le crâne, la joue, le cou, m'excusant à chaque baiser.
- Péni...
Il m'éloigna de lui, se levant à son tour, se frottant le visage.
- J'avais envisagé tellement de scènes pour notre première fois mais jamais… Pas comme ça… Je sais pas… ce qui m'a pris. Je suis… monstrueux.
Il me regarda le visage triste, une larme s'écoulant sur sa bouche.
- Je viens de… de… te violer...
Ses deux mains s'accrochèrent au bar, ses jambes flageolèrent, je voyais ses jointures devenir blanches. Son visage passa du rouge au vert et il couru vers une petite pièce en ouvrant énergiquement la porte. Je l'entendis vomir… Je le rejoignis aussi vite que possible. Non, tu ne m'avais pas violé Misha, je le voulais, moi aussi, peu importe la façon. Mes larmes ne cessèrent pas de tremper mes joues. Mon front se posa sur son dos, ma main lui caressait les cheveux.
- Misha...
Il fallu quelques minutes avant que tout se calme, que Misha ne vomisse plus et reprennent des couleurs, il me fallu quelques minutes avant de reprendre mon souffle et de ne plus hoqueter. Nos positions n'avaient pas changé, il se tenait à la cuvette, je me tenais à lui.
- Misha… Je suis désolée.
- C'est moi le monstre, pas toi. C'est à moi de te demander pardon… Je...
Je me levais, l'intimant de faire de même. Il évitait mon regard, se passa un coup sur le visage et se fit un bain de bouche. Je restais derrière lui, lui massant le dos. Un petit rire, nerveux sans doute, me traversa les lèvres.
- Tu… Tu as raté l'heure.
Il hochait la tête et s'éclipsait vers la salle principale, je le suivais instinctivement. Cependant, je pris mes distances sans m'en apercevoir. Je ne le détestais pas, je ne lui en voulais pas, pas moi, il s'en voulait, lui, et sans doute, préférait il prendre un peu de distance, je ne lui laissa pas le choix, je le faisais pour lui. Il prit une veste et ouvrit la porte.
- Misha…
- Je suis en retard. Tu peux sortir ? Je dois fermer.
Je me pinçais les lèvres, j'avais envie qu'on s'explique, qu'on règle le malentendu mais le temps n'était pas là et il ne semblait pas vouloir qu'on en est une. J'obéis donc, prenant la direction de la cafétéria, espérant que tout le monde y soit resté. Il prit le chemin inverse. Que s'était il passé ? A quoi penses t'il à présent ? Pourquoi est ce que tout merde autour de moi comme ça ? J'avais cette putain de chance d'être avec mes acteurs préférés et moi, je faisais quoi ? Je couchais avec eux ? Franchement, j'avais raté mon intégration à la perfection… Moi, qui pensait être le genre de fille à réfléchir avant d'agir, à connaître avant de coucher, je venais de tout faire à l'envers. Étais je devenue une fille facile en quoi, cinq jours ? Apparemment, oui. Claire était seule à la table, pianotant sur son téléphone, m'attendant, sans aucun doute. Un fin sourire apparu sur ses lèvres quand elle me vit mais il se figea presque aussitôt.
- Péni ? Tu es pâle, tu… Que s'est il passé ?
- Nous… On a couché ensemble… violemment, sans protection non plus, c'était rapide… Il… Il pense… Pour lui, il vient de me violer mais...
Je me pinçais la lèvre inférieure, reprenant mes esprits.
- Mais j'étais consentante, Claire ! Même si c'était dur, sans sentiment, je le voulais... mais il ne veut pas m'écouter, il est persuadé d'être… un monstre.
Claire m'écoutait, une lueur de colère dans ses yeux.
- Il t'a fait mal ? Il… Il t'a frappé ?
Elle avait ses deux mains sur mes épaules, son regard ancré dans le mien, elle semblait inquiète.
- Non, Claire, non. Il n'a pas levé la main sur moi, je te parle juste de sexe. Tu m'entends ? Il pense être un monstre ?!
Elle tourna la tête dans toutes les directions avant d'être rassuré, personne n'était présent.
- Et alors ? C'en est un, non ? Il t'a baisé, Péni, baisé !
Je soufflai, elle ne m'écoutait pas. Je me terra dans le silence et m'asseyais après avoir pris un café, Claire sur mes talons.
- On fait quoi aujourd'hui ?
- Péni ?! Tu m'écoutes ?!
- Je ne veux plus en parler, d'accord ?
Un soufflement traversa ses lèvres, elle allait répliquer mais mon doigt se posa sur ces dernières.
- Claire… S'il te plaît…
- Je m'inquiètes, c'est tout.
Je bus une gorgée et haussa les épaules.
- Je vais bien, ok ?
La conversation se termina là. La journée passa lentement, calmement, je parlais quand c'était nécessaire, j'étais loin, loin de tout. Et ce soir, nous étions en week-end… Qu'avait prévu Misha ? Il partait peut-être… Il fallait que je lui parles, ce qui c'était passé ce matin, c'était un faux pas, une bêtise, je devais rattraper le coup. Ce n'était pas un monstre, la colère avait parlé, pas que la sienne, la mienne aussi.
Il était 19h, nous étions au bar, moi et Mike. Claire m'avait évité toute la journée, je comprenais, elle en avait trop entendu, je ne voulais pas qu'elle s'en mêle mais je lui en avais parlé, je n'aurais jamais dû… Elle s'inquiétait maintenant… Je discutais avec Mike, oubliant Misha, Claire, Jensen, tout. C'était bien, c'était reposant. Mais ce fut de courte durée, Misha venait d'entrer dans l'hôtel et grimpait les escaliers pour, je pense, rejoindre sa chambre. Je laissa Mike, en m'excusant et en lui faisant une accolade avant de suivre la même piste que l'acteur. Je fus trop rapide, ou lui trop lent, mais je le rejoignis au moment où il ouvrait sa porte en infiltrant son badge.
- Misha !
Il voulut refermer la porte m'empêchant de rentrer mais je fus plus rapide et me faufila chez lui. Il se recula vers la baie, son visage vers moi. Je refermais la porte avec mon pied.
- Sors Péni !
- Non, écoutes moi ! Je ne t'en veux pas pour ce matin, je… j'ai même apprécié d'une certaine manière, je le voulais autant que toi, Misha ! Si tu pense être un monstre alors je le suis aussi ! Tu ne m'as pas violé, Misha, tu entends ?! J'étais d'accord, j'étais consentante !
Je m'étais approché de lui et mes lèvres se jetèrent sur les siennes. Il me repoussa doucement et reculait encore, son dos se colla à la vitre.
- Embrasse moi, Misha !
Mon corps se colla à lui. Ses yeux ne reflétaient rien, ils semblèrent loin. Des larmes apparurent à nouveau sur le contour de mes yeux, je les cachais, posant mon front contre le creux de son cou.
- Parle moi, Misha...
Une de ses mains me caressa les cheveux et il murmura.
- Excuse moi, Péni… Pardon !
Nous restions plusieurs minutes dans cette position, Misha me murmurant les mêmes mots.
- J'ai beaucoup à me faire pardonner, Pénélope… Tellement...
Mon visage se leva vers lui, mon regard accrochait au sien, un petit sourire sur mes lèvres.
- Un baiser pour commencer, c'est bien...
Ses lèvres s'approchèrent des miennes et se posèrent en douceur. Ce fut un baiser chaste, timide au début, puis, nos lèvres s'enroulèrent entre elles, se goûtant, se cherchant, s'entrouvrant pour accueillir l'autre. Mes dents sortirent de leur silence pour pincer ses lèvres, faisant grimper l'atmosphère de la pièce, les siennes reprirent le mouvement, toujours lentement. La violence n'était plus au goût du jour. Puis, ce fut sa langue qui sortit de l'ombre, suivant les lignes de mes lèvres, avant de les pénétrer. Celle-ci goûta la mienne qui suivi son mouvement, elles se mouvaient ensemble à la perfection. Je n'avais jamais eu de baiser aussi parfait mêlant douceur, plaisir et amour. Il mit fin à notre échange, récupérant son souffle par la même occasion, ses yeux brillants observaient les miens, sa main sur ma joue. Son regard était tendre, un peu triste mais surtout amoureux, pétillant. Nos lèvres se retrouvèrent à nouveau, remettant les mêmes gestes en mouvement. Je ne m'en lassais pas, ses lèvres étaient spéciales, attirantes et enivrantes. Ce fut à mon tour d'y mettre fin. J'étais heureuse et curieuse de ce corps devant moi. Mes mains se posèrent sur ses épaules, mes doigts caressaient son cou avant de descendre jusqu'à ses avant-bras. A travers sa chemise, je pouvais sentir ses muscles et de légers frissons me parcoururent, c'était délicieux. Enfin, mes doigts s'emmêlèrent aux siens, mes pouces caressant le dos de ses mains. La sensation était agréable, il avait la peau tellement douce, tellement sensationnelle… J'avais le corps brûlant alors que nous n'avions entreprit que des baisers, décidément, à ce rythme, j'allais avoir un orgasme quand sa main me touchera les seins… Je démêlais mes mains aux siennes, et les posèrent sur son torse. Mon rythme cardiaque accéléra, mon corps n'était plus brûlant, il était en fusion. Sentir ses muscles sous mes mains me faisaient perdre tous mes moyens. Un oeil vers ses iris bleus m'apprirent qu'il me laissait faire. Je reporta mon attention sur mes mains posés sur son torse, mes doigts déboutonnèrent son premier bouton, le deuxième sauta juste après. Mes dents pincèrent ma lèvre inférieure, son pouce se posa sur cette dernière.
- Arrête de la pincer, elle ne mérite pas ça...
Mes dents la lâchèrent, mes lèvres restèrent entrouvertes alors que le troisième bouton se détacha. Mon corps s'approcha du sien alors que les trois derniers boutons sautèrent. Mes mains lâchèrent le tissu pour sentir la chaleur de son corps, je n'étais pas la seule à être bouillante. Il avait la peau pâle, paraissant brillante à la lumière du soleil, mes doigts firent le contour de ses muscles, mon bassin collant le sien. Mes mains grimpèrent vers ses épaules, admirant toujours les formes de mon prétendant, puis, descendirent à nouveau vers ses avant-bras, faisant glisser sa chemise sur son corps avant de disparaître, s'écrasant silencieusement sur le sol.
- Tu es… tellement beau.
Ma bouche goûta son torse, caressant sa fine peau frissonnante. Mes mains reprirent leur mouvement, admirant, découvrant ses formes. Un léger son satisfaisant sortit de ses lèvres. Puis, la température grimpa d'un étage et se fut à mon tour d'être collée contre la paroi en verre.
- C'est toi… La canon, ce soir, Pénélope...
Il se jeta sur mes lèvres, les pinçant tout en enlevant les tissus qui se trouvait entre lui et moi. Je voulais sentir sa peau sur la mienne, je voulais que sa chaleur s'imprègne de la mienne, qu'elles ne fassent qu'une. Nos baisers se firent plus impatients, plus intenses, passionnés. Nous nous retrouvions face à l'autre, à demi-nus, nos sous-vêtements comme seuls remparts. Il me prit délicatement la main, m'entraînant sur son lit, m'y installa confortablement.
- Je veux faire ça, mieux...
Ma main caressa sa joue et je le regardais avec tendresse.
- Je te veux, Misha… De n'importe quelle façon.
Sa tête se secoua de gauche à droite et son regard fut triste.
- Non, pas comme ce matin, pas comme ça...
Mon doigt se colla à ses lèvres, l'intimant de se taire. Ma bouche prit sa place, lui transmettant tout mon désir et la passion de ce moment. Il comprit le message et ses lèvres partirent à la découverte de mon corps commençant par ma joue, mon cou, pour descendre vers mes épaules, frêles. Puis, il suivit avec sa langue les courbes de mon corps, vers mes reins, mon bassin, mes cuisses pour remonter au centre de mon corps. S'arrêtant quelques secondes sur mon nombril, sa langue en faisant le contour, le goûtant. Ensuite, il remonta légèrement, déposant de doux baisers jusqu'à la courbe de mes seins. Il passa simplement sa langue dans le creux continuant jusqu'à mon menton avant de reprendre possession de ma bouche, sa langue en mouvement avec la mienne. J'étais encore plus frissonnante qu'avant, plus demandeuse également, mon corps se courbait à la recherche de son corps sur le mien, je gémissais aussi, faiblement. Ses doigts prirent mes seins, augmentant mes soupirs, il les caressaient, les prenant bien en main avant de s'attaquer à mes petits bouts roses, gonflés de désir. Il les pinçaient, les relevaient pour mieux les relâcher avant d'y poser ses lèvres et sa langue. C'était bon, tellement bon, tellement… mieux. Une de ces mains continuait le mouvement, l'aidant dans sa démarche alors que l'autre malaxait mes cuisses, mes fesses pour finir sur mes parties intimes, me décrochant un cri entre mes lèvres. Son pouce jouait, me caressait l'endroit le plus sensible, mes soupirs s'accéléraient devenant de moins en moins réguliers. Il arrêta tous ses mouvements, leva ses yeux incroyablement bleus vers moi, guettant ma réaction qui ne se fit pas attendre.
- Misha...
Tous mes sens étaient en alerte, ne t'arrête pas, je te veux là, maintenant… Ne me fais pas attendre. J'aimais les préliminaires, découvrir l'autre, ses réactions et les miennes mais je n'en pouvais plus, je n'allais pas tenir. Ses yeux pétillèrent et ses mouvements reprirent. Non, arrêtes, c'est une torture. Une incroyable et douce torture, mon dieu.
- Misha… Je… Viens...
Je ne m'écoutais pas, je ne m'entendais pas, tout me paraissait irréel, utopique. Ce ne pouvait pas être vrai, ce ne pouvait pas être le "Misha" de mes rêves sur mon corps, ce ne pouvait être qu'un rêve, un excellent et fantasmique rêve, il n'y avait pas d'autre explication. Je n'entendis pas non plus le bruit d'un emballage qui s'ouvre, ni mes soupirs traversaient mes lèvres. Mais je le sentis, à ma porte, sa fine peau m'effleurait, mon bassin s'avança vers lui, obligeant son membre à me remplir. Lui, je l'entendais, son gémissement, son souffle rapide et irrégulier, son soupir quand il me remplit entièrement.
- Péni...
Mon bassin l'obligea à se retirer avant de revenir à la charge et il prit la relève, plus vite, plus fort. Nos iris se fixèrent, révélant luxure, plaisir et passion, nos souffles se mélangeaient. Plus rien ne ressemblait à ce matin, la force n'était pas la même, la violence non plus et nos regards… Il n'y avait plus de haine, ni de tristesse, il n'y avait plus aucuns sentiments de trahison, juste du plaisir. Mon orgasme arriva avant le sien, ma tête s'enfonçant dans les oreillers, mes mains agrippant les draps. Il me suivit quelques secondes plus tard, comme s'il avait voulu tout voir avant de me suivre. Un grognement - pas bestial du tout - traversa ses lèvres, son bassin faisant deux mouvements supplémentaires avant que ses membres se relâchent. Il nous fallu quelques minutes avant que nous reprenions conscience et que nos souffles devinrent silencieux. Il se retira m'arrachant un léger cri désapprobateur qui le fit sourire. Nous n'avions pas besoin de parler, sentir nos corps l'un contre l'autre suffisait à nous faire comprendre du lien qui venait de s'établir. Des baisers s'échangèrent encore un moment, avant qu'enfin, Misha prenne la parole juste après avoir jeté un oeil vers la pendule.
- Nous devrions aller manger, il ne reste que deux heures avant la fermeture.
J'hochais la tête mais aucun de nous deux semblaient vouloir quitter le confort du lit ni les bras de l'autre. Nous étions tellement bien, ici. Sauf que mon ventre se mit à gronder, montrant clairement qu'il n'était pas d'accord pour sécher le repas.
- Ok, Péni, je ne veux pas te laisser mourir de faim.
Il quitta le lit avec un râle désespérant auquel je répondis.
- Satané ventre.
Il émit un petit rire et m'invita à le suivre dans la salle de bains, ce que je fis lentement, déprimant à l'idée de quitter son lit. Nous prenions notre douche rapidement, voyant l'heure défiler rapidement. J'appris à connaître le côté doux et sensuel de Misha sous la douche, il était câlin, attendrissant et il aimait mes lèvres sur les siennes, il en demandait toujours plus. Je m'habillais vite, déposant mon sous-vêtement dans mon sac que j'avais négligemment jeter à l'entrée en rentrant. Il me regarda, ses yeux lancèrent un regard de défi.
- Tu es entrain de me dire que tu ne portes rien, là, sous tes fringues ?
- Si, Misha, juste mon soutien-gorge.
Il s'approcha de moi posant sa main sur la courbe de mes fesses.
- Pas de string ?
Je secouai la tête, mon regard le défiant à mon tour. Puis, je m'éloignais, ouvrant la porte, un grand sourire dans sa direction. Oh non, Misha, mon ventre réclame de la nourriture là, pas le temps de retourner sous la couette ! Il me suivit, les yeux pétillants et referma la porte lentement. S'il pense pouvoir me choper pour me ramener dans sa chambre, il se trompe, je pris quelques mètres m'éloignant de lui avant qu'il ne tente quoique ce soit. Enfin, le bouton clignota rouge et il se tourna vers moi.
- Allons y, avant que tu ne tombes dans les pommes.
- Oui, chef !
Un sourire complice sur nos lèvres, nous suivions la direction du restaurant. Nous n'avions plus qu'une petit heure pour manger, assez de temps pour ma part. La salle était vide, nous nous jetions un regard, ou étaient ils tous passés ? Misha secoua ses épaules et agrippa deux plateaux dont un qu'il me tendit.
- Tiens, ma belle. Mon dieu, moi aussi, j'ai faim.
- L'inconvénient de ce sport, mon beau.
Un baiser sur ma tempe, mes joues rougirent. Savait il que nous étions en public ?
- Mmmh, j'y serais encore s'il n'y avait eu que moi…
- C'est pas aussi intense tout seul.
Sa main se frotta sur ma fesse, obligeant celle-ci à se coller sur son membre.
- C'est seulement intense avec toi… Péni...
Mon corps s'enflamma à une de ces vitesses : sentir le membre de Misha, son dos sur le mien, son souffle près de mon oreille… J'allais perdre tous mes moyens…
- Ah ! Vous voilà en...
Nos deux corps s'éloignèrent, se tournant vers la voix. Jared fut la première personne que mon regard croisa, il se tut, nous dévisageant un à un avant de faire apparaître sur son visage un grand sourire vers Misha. La deuxième personne à ses côtés fut Mark qui semblait plus surpris qu'heureux et qui me dévisageait ouvertement. Je l'évitai, me concentrant sur le buffet. J'entendis une légère frappe dans mon dos, sans doute Jared qui donnait une accolade à Misha… Peut-être.
- Et bien, nous sommes au bar, venez nous rejoindre… après. Si vous n'aviez pas d'autres choses de prévu… bien sûr, hein, Misha ?
- On… On va venir oui.
Je sentis un léger malaise dans sa voix, je ne relevais pas et continuais à remplir mon plateau. Des bruits de pas s'éloignèrent vers la sortie.
- Je crois que Jared…
- A grillé, oui...
Je stoppais mes mouvements, tournant mon visage vers lui. Était ce un problème ? Peut-être, oui, finalement. Peut-être devrait on prendre nos distances ?! Peut-être que Misha allait me repousser, regrettant notre… notre quoi ? Notre lien ? Comment pouvais je qualifier tout ce qu'on venait de vivre ? Passant de la violence à…
- Péni ?
Je sursautais, rattrapant de justesse mon plateau.
- Oui ?
- Tu… Ça va ?
Il s'était rapproché de moi, ses iris bleus en contemplation avec mes yeux verts comme s'il voulait lire mes pensées, une main rassurante sur ma joue.
- Oui… Oui, je… Je comprends que cette situation te pose problème.
Ses sourcils se froncèrent.
- Quoi ? Quelle situation ? Tu parles de Jared ?
Mon hochement de tête le fit continuer.
- Non, Péni… J'ai juste été surpris mais je ne me cache pas et puis, ça ne regarde que toi et moi, pas les autres.
Il secoua les épaules et un sourire apaisant s'ouvrit sur ses lèvres auquel je répondis. Puis, nous nous installons à table, notre conversation se fit plus intime qu'auparavant, nos regards révélant plus que d'habitude et nos mains se cherchaient, se touchaient, s'agrippaient entre elles, démontrant l'affection que je lui portais et auquel il semblait répondre.
- Vous êtes, enfin, parmi nous !
Ce fut la voix de Jared qui brisa le silence de notre entrée dans le bar. Il n'y avait que Mark, Jared et Jensen à table, pas de Mike ni de Claire ni même la présence des "Pimbêches"... Ou étaient ils tous passés ? Mark continua, répondant à ma question muette.
- On vous attend, tout le monde est parti dans la discothèque à côté.
Jensen n'ouvrit pas la bouche, se contentant seulement de nous dévisager, moi et Misha, à tour de rôle. Misha ne semblait pas y prêter attention. Un sourire timide effleura mes lèvres en direction de Mark qui secoua les épaules tandis que Jared prenait ses deux acolytes par les épaules, les entraînant vers la porte de sortie. Misha en fit de même mais avec moi, les suivant de près. Sa bouche s'approcha de mon oreille.
- J'aurais préféré passer la soirée dans ma chambre avec toi…
- On peut toujours faire demi-tour...
Un sourire charmeur s'engouffra sur son visage et ses sourcils se levèrent. Il allait répliquer mais son prénom fut hélé, rapportant notre attention sur l'émetteur.
- Bon sang mais, vous êtes avec nous ou non ?
Je transmis un sourire qui finit par disparaître vu le regard noir de Jensen dans ma direction. Non, vraiment, je ne comprenais plus rien… D'accord, j'avais passé la nuit dernière à ses côtés, mais on ne s'était rien promis. Absolument rien. Pas de nous, pas d'après, pas de promesses ni d'exclusivité… " Tu connais le chemin jusqu'à ma chambre " ce n'était pas vraiment une marque d'amour.
- Bien sûr Jared ! Reconcentre toi sur la route, tu vas finir par te rétamer sur le bitume.
Un sifflement traversa les lèvres du destinataire.
- Dis donc, Misha, je me posais la question mais tu étais ou ce matin à la pause café ? Nous avons bien remarquer ton retard sur le plateau...
Ce ne fut pas Misha qui répondit.
- Oh, il faisait sans doute visiter sa loge, il y pense depuis le début de la semaine, pour la sauter.
D'un ton clair, décontracté, Jensen ne laissait rien paraître. Mes sourcils se froncèrent, à quoi jouait il ?
- Jen ? Qu'est ce que… ?
L'air devînt tendu, nos regards se lançaient des éclairs, Misha se tendit, sentant l'orage approchait. Nous nous étions arrêtés. Jared et Mark s'éloignèrent, jetant un regard en arrière, ne voulant pas être témoin de la guerre qu'y se préparait. Jen fit deux pas dans ma direction, les poings fermés, son visage se trouvait dans mon champs de vision.
- Tu lui as dit ?
Il dévisagea Misha.
- Tu lui as dit que je t'avais baisé, au moins ? Histoire qu'il sache quelle fille facile tu fais.
Une baffe, voilà ce qu'y me démangeait à l'instant, une bonne baffe dans sa belle gueule. Pourtant, je restais calme, mes yeux reflétant seulement ma colère.
- Pourquoi fais tu ça ?
Ce ne fut pas mes lèvres qui bougeaient mais celles de Misha, sa main s'était posé sur l'épaule de Jen, un geste préventif peut-être.
- Pourquoi je… ? Et toi, Misha ? Pourquoi elle ? Une simple fan, sérieusement ? Tu ne trouves pas suffisant de l'avoir dans ton lit, il faut que tu montres ton trophée à tout le monde ?
- C'est ça le problème, alors ? Tu m'en veux parce qu'elle ne me donne pas que son corps ?
Misha avait été calme, horriblement calme. J'étais déroutée, Jen ne parut pas le moins surpris par son attitude.
- Je m'en fous de cette meuf ! Elle suce bien, ça s'arrête là !
Il parlait de moi comme si je n'étais qu'une poupée, qu'un simple objet qui avait fait son temps et qu'on pouvait jeter facilement. J'allais répliquer, me sentant humilié, mais les yeux que posa Jen sur Misha me dérouta. Il étaient tristes, désespérés… Une lumière s'illumina dans mon esprit. Ce n'était pas moi le problème, j'étais juste la fille qui se mettait entre lui et Misha… Un léger soupir, montrant ma compréhension, traversa mes lèvres, Jen reporta son attention sur moi et ses yeux me dévisagèrent.
- Je… Je suis désolée.
Misha se tendit et voulu raffermir sa prise sur moi mais je m'éclipsais, les yeux dans la vague. Mon dieu, je venais d'être témointe d'un truc du genre destiel sauf que c'était Misha et Jensen… C'était quoi ce truc de malade ?! J'avais couché avec les deux mecs qui avaient de l'attirance entre eux… Mes jambes avançaient, seules. Mon coeur rata un battement et ma main s'accrocha au mur, mon souffle se faisait plus irrégulier, je n'étais plus sur d'être encore dans la vie réelle… Un rêve ? Faites que ce soit un rêve, j'avais détruit un couple putain ! - D'ailleurs, en passant, le couple de mes fantasmes et de toutes ses fictions que j'avais lu - mais c'était quoi mon délire là ? Un bras s'immisça dans mon dos, m'obligeant à rester debout. J'entendis mon surnom répété plusieurs fois avant que mon cerveau y prenne conscience.
- Ça… ça va.
- Je n'ai pas l'impression, tu veux que je te ramènes à l'hôtel ?
C'était Jared qui me tenait dans ses bras, il héla un homme à ses côtés qui prit place près de moi de l'autre côté, c'était Mike qui avait les yeux grands ouverts, s'inquiétant pour moi. Vraiment chouette ce mec.
- Non non, j'ai juste besoin de souffler deux minutes et j'arrive.
Jared paru hésiter mais Mike lui dit qu'il prenait la relève. Avant que ce premier nous quitte, je le retins par le bras.
- Jared ? Tu… Tu savais ?
- Quoi ? Pour toi et Misha ?
Non, pour Misha et Jensen andouille ! Je baissai la tête et le lâchait, il ne semblait pas au courant… Comment pouvait il ne pas être au courant ? Ne voyant aucune réponse ne franchir mes lèvres, il s'éloigna. Tandis que je posai mon front sur le mur, j'entendis Mike repousser quelques personnes, argumentant sur ma fatigue, le besoin d'être seule, ce genre de choses.
- Mike, c'est de ma faute, laisse moi lui parler.
- Non, Misha ! N'approche pas Jensen ! Laisse la ! Merde, vous faites chié, dégagez ! Entrez dans cette putain de boîte et laissez nous !
Il continua de les repousser puis le calme apparu et une main se posa sur mon épaule, me forçant à me retourner.
- Péni ? Tu… Tu veux me parler ?
Mes doigts frottèrent mes yeux rougis et, en soufflant, mon esprit reprit sa place.
- C'est juste, je crois que je suis poisseuse, vraiment. J'ai été l'objet de torture d'un couple et maintenant, je m'en veux, si tu savais… J'ai juste… Ouh, ça va mieux, je ne tremble plus.
J'observais mes mains en question, Lui, il avait mis les siennes dans mon dos, me proposant un câlin, une accolade que j'acceptais avec joie. Quelques secondes passèrent avant que je décide d'y mettre fin.
- On devrait y retourner maintenant !
- Tu… Tu es sur ?
J'approchais de la porte, soufflant un bout coup et m'y éclipsa, passant sans problème les videurs et l'entrée en payant. Claire se jeta sur moi, elle avait un petit coup dans le nez à en voir son rapprochement. Elle m'avait évité toute la journée et là, elle faisait comme si rien ne nous avait éloigné et j'en fus soulagé. Au moins un truc pour me changer les idées ! J'évitai autant que possible la table de Jen et Misha, assez facilement vu le nombre de personnes présentes dans cette discothèque. Lorsque je les fixais - par mégarde -, j'apercevais des éclairs à travers leurs yeux, que ce soit pour Misha et Jen. Pourquoi ne m'étais je pas rendu compte ? Mon épaule se posa sur le chambranle d'une porte et mon regard continua à les fixer, prenant part de loin à leurs échanges - quand des têtes ne traversaient pas mon champs de vision. Je buvais ma boisson sans me rendre compte, c'était automatique, mes pensées étaient ailleurs, je ne savais même plus comment mon verre avait atterri dans ma main. Jensen m'avait fait du charme, devant Misha et rien n'avait fait paraître que l'un des deux étaient gênés alors pourquoi maintenant ? Et puis, merde, Misha m'avait fait des avances, m'avait dragué ouvertement devant le blondinet de Dean - plus châtains clairs que blonds à vrai dire - et Dean m'avait envoyé le même message que son partenaire. Moi qui pensait que j'étais l'objet de leur convoitise à tous les deux alors qu'ils étaient simplement jaloux de l'autre… Bon sang, c'était vraiment perturbant, incompréhensible même !
- Pénélope ?
Fin de mon rôle de voyeuse. Mes yeux se posèrent sur l'émetteur, Jared, qui me fixait, l'air sincèrement inquiet.
- Que s'est il passé avec eux ? Tu es sur que ça va ?
J'hochais la tête, répondant à sa deuxième question. Quant à la première, je n'étais absolument sur de rien, qu'avais je vraiment vu ?
- Je… Je ne savais pas que Jen...
Devais je vraiment continuer ? Tout le monde allait finir par me tuer à ce rythme, la première semaine qui plus est !
- Que Jen avait des sentiments pour Misha...
Je n'avais pas décroché des yeux ceux de Jared, je vis l'incompréhension, la peur naître dans son regard et, pour finir, il fut plutôt soulagé.
- C'est pas vraiment… ce que tu crois. C'est compliqué, vraiment compliqué.
Il fixa un point vers le fond de la salle avant de reprendre conscience du lieu dans lequel il se trouvait et son dos se posa sur le mur à mes côtés, sa main relevant sa crinière.
- Disons qu'ils se sont trouvés et perdus… Ils s'aiment, vraiment, mais plus comme un lien fraternel que passionnel, je sais pas si tu comprends…
- Un lien comme entre toi et Jen ?
Il secoua la tête, un signe de dénégation évident.
- Non, lui et moi, on est bon copains-copains, au maximum de la relation amicale alors qu'eux, c'est… différent. Relation de frères, de parents, de couples par certains moments comme dans la ruelle tout à l'heure… Tu vois ? Une relation incroyablement complexe !
Ma tête répondait, pas sur réellement de ce qu'elle entendait. C'était possible de mélanger autant de liens ensemble ? Parce que se sentir "frères" et "en couple" dans une même relation, ça devient un peu inceste, non ? Même s'ils sont juste - quoi ? - frères de coeurs ?... Mon cerveau bourdonnait à pleins régimes, et moi, dans tout ça, j'avais intégré leur relation en même pas une semaine et je bousculais leur lien… Pas sympa la Péni…
- Mmh, complexe en effet.
- Tu sais, Misha, je crois qu'il t'aime bien à ce que j'ai pu voir jusqu'ici et je crois que Jen aussi… Je crois que le problème qui se pose entre eux, ça va être une histoire de territoire, et ce genre de choses, ils ne l'ont jamais vécu...
Non, vraiment, Jared me perdait là.
- Je… je ne comprends pas.
- Et bien, quand l'un a des sentiments pour quelqu'un, ils se font passés des tests entre eux pour que l'un accepte le choix de l'autre. Un peu comme si, Misha attendait le consentement de son père, tu vois ? Si Jen n'est pas d'accord, alors Misha change de cible. Sauf que, dans le cas présent, je crois qu'ils ont la même cible, toi.
Ok, j'étais un clébard qu'on se discute la garde quoi... Vraiment intéressante la comparaison, devais je me mettre à quatre pattes à lécher leur godasses le temps qu'ils se décident ?!
- Et moi ? Il ne me demande pas mon avis ? Parce que je suis pas un objet qu'on peut passer de l'un à l'autre, ils savent que j'ai des sentiments et que je suis un être humain ?
- Disons qu'apparemment, ils ont l'air de vouloir se battre pour savoir qui obtiendrait ta "main" - entre guillemets - entre eux avant de te parler.
C'était décidément stupide, immoral et vraiment macho comme attitude ! N'avais je pas mon mot à dire ? Comme si Jen avait des chances de m'avoir à sa botte ?! - Il en avait oui, autant que Misha - merci conscience ! Je n'étais pas leur animal de compagnie, et puis quoi encore, ils allaient bientôt me proposer que je sois une semaine chez l'un et une semaine chez l'autre… comme un tee-shirt qu'on prête à l'autre ?! Jared sentit la colère traversait mes pores, il tenta une main reposante sur mon épaule, je le fusilla du regard. En plus, Jared qui semblait trouver ça "normal" ? Ma colère augmenta et mon corps s'arracha à son étreinte pour se diriger vers LA table de malheur, mon coeur voulant déversait toute ma colère, ma tristesse, mon indignation face à ces deux abrutis d'acteurs. Mes deux mains se posèrent - sans retenues - sur leur table, déposant mon verre et attirant leur attention à moi, puis, je crachais.
- JE. VEUX. UNE. DISCUSSION. MAINTENANT. DEHORS!
Je ne reconnaissais pas le son de ma voix, j'en fus même étonnée et incroyablement ravie en voyant la terreur traversait leurs visages. Jen sembla vouloir répliquer mais il se reprit et s'éclipsa rapidement suivi de Misha, tout aussi gêné. Mon regard s'arrêtant quelques secondes sur Jared qui hochait la tête à mon attention. Me donnait il l'autorisation de démonter ses deux acolytes ? Assurément ! Je pris le chemin que les deux loustiques venaient de prendre et les retrouva positionnés sur le mur dans la petite ruelle, assez éloignée de toute présence, à la sortie du bar.
- COMMENT POUVEZ VOUS ME TRAITER DE LA SORTE, BANDE D'IDIOTS MACHISTES ET SANS COEUR ?
Ils furent toujours aussi surpris de mon ton. J'avais une voix douce à la base, là, elle paraissait… totalement hors de contrôle. J'essayais de me reprendre, déjà pour ne pas que quelqu'un s'incruste dans notre engueulade, et pour éviter, enfin, qu'ils ne prennent la fuite - même s'il semblait évident que c'était moi qui était plus propice à vouloir disparaître.
- Écoutez, les mecs ! Je me fous de ce que vous ressentez l'un pour l'autre mais ne jouez pas avec moi, j'ai peut-être l'air d'une gamine naïve mais je. ne. suis. pas. débile!
Ma mâchoire s'était contractée vers la fin, mes nerfs prêts à me lâcher.
- Tu te trompes, Péni. Misha et moi, nous ne sommes qu'amis.
Il semblait vouloir se le persuader autant qu'à lui qu'à moi, lui, de nature mesquin, arrogant et macho, rôle de Dean Winchester dans la peau, qui se persuadait de n'avoir aucun sentiment pour l'homme à ses côtés. Justement, était il entrain de montrer, enfin, son vrai visage ? D'un homme qui en avait quelque chose à foutre des sentiments ? J'allais le découvrir. Il posa sa main sur Misha qui était resté silencieux et perdu dans ses pensées.
- Nous… Disons que Misha et moi, on n'arrive pas à mettre réellement de mots sur nos sentiments l'un envers l'autre. Nous… On peut juste affirmer qu'il n'y a aucune tentation sexuelle entre nous, pas à deux.
Il rechercha le regard de Misha, qui au bout d'un moment, hocha la tête, confirmant ses dires.
- Je… Tout à l'heure, tu as mal compris mes propos. Je m'excuse d'ailleurs, je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé dans mon crâne… Disons que vous voir tous les deux, ça m'a gonflé et, dans ces moments, je réagis comme Dean le ferait… Enfin, je crois.
Il lâcha Misha qui n'avait pas bougé d'un poil et reporta son attention sur moi.
- C'est juste que, tu viens d'arriver et tu bouscules notre train-train quotidien, y'a de quoi nous mettre mal à l'aise. Tu couches avec moi et avec lui, ensuite. Forcément, pour ma part, ça me met hors de moi !
J'écoutais, ma colère ayant diminuée, je me concentrais sur ses paroles. Puis, le souvenir de Misha dans sa loge me revint à l'esprit et je porta mon attention sur lui.
- Misha, quand… quand nous étions dans ta loge et que je me suis servi de Jen pour t'énerver, tu as pété un plomb mais... pour moi… ou pour lui ?
Enfin un souffle venant de lui, ouf!, il n'était pas mort. Sa tête se posa sur le mur et il leva les yeux vers le ciel.
- Je… ne sais pas… J'avais la rage qu'il couchait avec toi alors qu'il ne m'avait rien dit, qu'il ne m'avait pas prévenu de ses sentiments comme nous avions l'habitude de faire… J'étais enragé que tu l'ai vu dans son plus simple appareil et que lui aussi alors que… merde, je t'avais dans la peau depuis ton arrivée sur la plateau ! J'étais blessé, humilié, surtout que tu me vantais ses coups de reins, m'obligeant à vous imaginez ensemble.
Il reprit contenance en soufflant légèrement.
- Je voyais le pire scénario se dérouler sous mes yeux: Jen, la personne la plus importante à mes yeux même avant ma famille, dans les bras de la fille… la fille qui hantait mes jours et mes nuits, qui illuminait mon visage quand je posais mes yeux sur elle, qui me rendait encore plus vivant et heureux.
Il murmura les derniers mots dans un souffle, assez fort tout de même, pour que nous l'entendions. Il venait de… d'accord, il ne parlait pas de mes exploits culturels, de mon intelligence ni même de mon humour mais, il venait de dévoiler tout ce qu'il ressentait… pour moi. Principalement, physique, oui mais, la vache, c'était bon.
- Et moi… Je te… baise… lamentable comparaison avec ce que tu as du vivre avec Jensen...
Il venait de se pencher, ses mains tendues agrippant ses genoux.
- Puis là, Jen qui m'annonce de brut en blanc qu'il t'a dans la peau lui aussi. Dis moi, Péni, ce qu'on est censé faire maintenant ?
Mon attention était toujours porté sur Misha mais, après cette révélation, mes yeux se posèrent sur Jensen qui semblait être légèrement dérouté par la conversation. Il secoua les épaules quand il vit mon regard.
- Je ne vais pas le contredire. Physiquement, tu es mon type moi aussi et je m'en veux qu'on ressente… la même chose pour toi.
Il se gratta la nuque, baissant son regard vers Misha.
- C'est la première fois que je ressens de la jalousie pour Misha et inversement pour lui. Je t'avoue qu'on est…
- Perdu...
Ce fut Misha qui termina la phrase du châtain clair. Puis, un silence apparu, un profond silence qui nous mit tous mal à l'aise. Je savais que c'était à mon tour de parler, d'exprimer ce que je ressentais. Sauf que je ne savais pas vraiment par quoi commencer.
- Je… ne… sais pas... quoi… vous dire.
J'avais buté à chaque mot, perdue, moi aussi. Misha reprit contenance et les deux hommes se retrouvèrent devant moi, me dévisageant, les bras croisés sur leur torse. Ils ne comptaient pas m'aider, ils voulaient juste de la vérité, savoir ce que je ressentais. C'était à mon tour d'être impressionnée devant leur carrure, ma colère était définitivement partie.
- Je...
Je soufflais, la façon, dont ils se tenaient, ne m'aidait pas à me sentir confiante. Pourtant, c'était à mon tour de me dévoiler, comme ils venaient de le faire.
- Derrière mon écran, c'est vous deux que je kiffais. Le plus en tout cas. Et même maintenant, alors que je vous ai devant moi, c'est encore vous.
Je regardais Jensen.
- Toi, Jen, parce que, bon sang, tu as un sex-appeal à damner, ton regard est envoûtant, ton sourire espiègle, tes mouvements donnent envie de te sauter dessus.
Je fermais les yeux, reprenant mes esprits, il fallait que je m'arrête là, sinon, la nuit allait être vraiment longue. Je les ouvris en direction de Misha.
- Et toi, Misha, tu sais ce que je pense, nous en avons assez discuté.
Mes doigts se trituraient entre eux, j'allais devoir quoi ? Choisir ?
- Pourquoi vous m'obligez à choisir ?
J'avais baissé mes yeux vers mes mains, je n'aimais pas paraître pour une fille fragile mais, à cet instant, je ne me sentais pas de jouer la forte, pas vraiment.
- Personne ne te demande de choisir, Péni. Nous en avons discuté avec Misha… assez durement, d'ailleurs, dans la boîte… et nous en sommes arrivés à une conclusion.
- Tu peux nous prendre tous les deux.
Un fou rire traversa mes lèvres quand Misha termina sa phrase. Il faisait de l'humour ? Sérieusement ? Même quand la discussion était des plus sérieuses ? Je n'entendis que mon rire et mes yeux se levèrent vers les deux acteurs. Tous deux totalement sérieux et ils ne semblaient pas non plus blessés par ma conduite.
- Vous… êtes… sérieux ?
- Bien sûr.
Misha était sérieux ET confiant. Avaient ils perdus la tête ? Les ménages à deux s'étaient déjà compliqués alors à trois ? Je ne voulais même pas l'imaginer.
- Nous t'avons dit que notre relation était étrange… même vachement inconvenu pour certains. Sauf que ça ne nous dérange pas de vivre une relation avec toi… à trois, nous sommes même très… intéressés.
Jensen perdait la boule, c'était ça ! Forcément ça ! Ils perdaient tous les deux la boule !
- Je… vous… Vous me proposez qu'on couche tous les trois ensemble ?
Ah ! C'était encore plus choquant en le disant à haute voix. Vraiment plus choquant, et terriblement sexy.
- Pas que. Partager des repas, faire des sorties comme n'importe quelle relation.
- Sauf qu'au lieu d'être deux, nous serions trois.
ILS ÉTAIENT VRAIMENT SÉRIEUX!
- Vous vous rendez compte de ce que vous proposez là ?
Oh ! Jensen souffla, il commençait à perdre patience ? Non, mais, oh!, ils ne me proposaient pas d'aller boire un verre tous les trois, là. Alors, va te faire foutre avec ton impatience.
- Nous savons ce que nous te proposons et nous voulons juste que tu acceptes.
Un sourire en coin sur le visage des deux… J'aurais pu croire à une réelle plaisanterie avec ce sourire sauf que leurs yeux montraient bien qu'ils avaient tout sauf envie de rire, je pouvais même apercevoir du désir dans leurs yeux. DU DÉSIR ? ILS SONT ENTRAIN DE M'IMAGINER JOUANT LA SAUCISSE DANS UN PUTAIN DE SANDWICH ?! Non, c'est moi, là, qui m'imagine en saucisse… C'est pas possible, ne rentre pas dans leur délire… Péni !
- Tu sembles d'accord, non ? Vu ton rougissement, là.
- Je. Ne. Rougis. Pas !
Misha esquissa un sourire pervers, quant à Jen, il semblait dans ses pensées - et je ne voulais pas les connaître vu son air satisfait.
- J'ai le droit à un Joker ?
Misha réagit automatiquement.
- Trois ça ne te suffit pas, tu préfères à quatre ?
- QUOI ? NON ! Non ! Je… besoin d'réfléchir, ok ?
J'étais de retour dans la boîte, comme un automate, me remémorant la conversation de gauche à droite, d'avant en arrière, dans toutes les positions… NON ! Péni, ne pense pas aux positions… Merde, c'est moi qui vais être dans toutes les positions. NON ! STOP ! Ne penses plus. Un verre, j'ai besoin d'un verre ! Je sautais sur le comptoir, commandant des shoots de vodka. Claire s'étaient retrouvée à mes côtés, avec la même quantité de boisson, lorsque j'avalais d'une traite mon quatrième shooter. Elle me suivait sans dire un mot, ou alors, je ne l'entendais pas. Nous avalions notre huitième shoots quand elle se décida de se pencher vers moi pour murmurer.
- J'sais pas à quoi tu penses, et j'veux pas l'savoir mais j'peux t'faire changer les idées… sur cette piste de danse, Aphro !
Je fus surprise qu'elle ne bégaye ni n'écorche de mots, pour la simple et bonne raison, que Claire le faisait quand elle avait accumulé un trop plein d'alcool, du moins à ce que j'en avais vu… En tout cas, elle me fit sourire et celle-ci le prit pour un "oui". Pourquoi pas ?! Du moment que je n'imagine pas Jen et Misha autour de moi… trop tard ! Mes pensées revinrent quand Claire me demanda de me déhancher. J'étais sur la piste avec elle, piste qui semblait beaucoup trop vide pour que je me déchaîne vraiment. Du moins, un moment parce que quand mon corps eut - me semble t'il - ingurgité l'alcool, j'avais moins en moins conscience de mes gestes et de ce qui était bien ou non. La soirée continua sur ce rythme avec Claire, mes pensées oubliaient - j'en étais même à me demander si tout ça n'avait été qu'un rêve -, nous dribblons entre boire et danser, seules, toutes les deux ou accompagnées. Avec qui ? Aucune idée. En tout cas, nous étions toutes les deux, retrouvant notre complicité, heureuses.
WHOUH ! Ca devient chaud patate x).
Petit aparté : ne soyez pas étonné, Péni est carrément en manque !;)
