Je m'étais levée aux aurores, en faisant le moins de bruit possible et m'étais éclipsée rapidement dans ma chambre sans que l'un ou l'autre ne se réveille. Je ne prenais pas la fuite, ça non, mais une bonne douche et une bonne toilette, ça c'était nécessaire. Vers 7h30, j'étais prête, toute fraîche et j'étais installée à ma table grignotant des fruits et céréales pour me redonner la pêche. Jared était venu me saluer, tout sourire. Bref, la plupart de la production était levée, quant à mes neufs camarades, seulement Maria et Paul semblaient s'être levés tôt. J'angoissais à l'idée de ce qui nous attendait cette semaine, j'étais déterminée à tout déchirer, me donner à fond pour avoir le privilège de connaître les joies d'un tournage, moi compris dedans ! Faire carrière dans le théâtre, non merci, mais jouer avec mes acteurs préférés, ah ça oui ! Je venais de finir mon jus d'orange et je m'attaquais à mon café quand un baiser humide se posa sur ma joue.

- Tu es partie en quatrième vitesse, ce matin… J'ai même pas eu le droit à mon câlin matinal !

Deux mains se posaient sur ma taille et je sentis l'odeur de Misha me remplir les narines, un sourire apparu sur mon visage tandis que mes yeux se fermaient pour goûter au mieux son étreinte.

- Tu t'es rabattu sur Jen alors...

Un jeu de regard entre nous quand j'eus terminé la fin de ma phrase.

- C'est plutôt lui qui s'est rabattu sur moi, à vrai dire, il était totalement frustré au réveil mais… c'est bon, j'ai réussi à le détendre.

Il m'avait murmuré, et une magnifique image de mes deux prétendants se dessina derrière mes cils me faisant tout à coup regretté d'être partie si tôt. Il me déposa de nouveaux baisers dans le cou.

- Bonjour Aphro, salut Misha !

Le bruit d'un plateau qu'on posait sur la table, nous redonna contenance et un grand sourire s'effrita sur nos lèvres devant Claire qui nous répondit. Puis, Misha m'embrassa longuement avant de souhaiter "bon ap'" et de se diriger vers la table. Table où l'acteur de Dean était installé et lançait un sourire espiègle dans ma direction, ses yeux semblant légèrement déçus. Je lui répondis avec mon sourire le plus plus aguicheur possible avant de porter mon attention sur ma petite Clairette.

- C'est officiel vous deux alors ? Enfin, je pose la question mais emballer quelqu'un devant tout le monde, je suppose que la réponse est oui !

Comment lui dire que c'était bien plus que ça… Ah non, aucune transgression des règles, Péni ! Déjà que tu en as grillé une alors bon… Arrêtons les bêtises. Je lui répondis seulement par un clin d'oeil avant de changer de sujet.

- Et toi ? Avec Jean ?

- Oh ! Et bien… Nous sommes plus dans l'optique de découvrir les plaisirs charnels tous les deux que de vivre une idylle mais… des fois, ça en prend le chemin. Enfin, bon, du banal !

Elle croqua dans son pain au chocolat en balançant la main pour mettre fin à la conversation Jean. Une gorgée avalait et je changeais de discussion.

- Tu as été voir Mike ? Il a dormi avec Maggie cette nuit ?

- Nonch'...

Sexy Claire, la bouche pleine ! Elle avala sa bouchée avant de reprendre.

- Pardon ! Non, il était seul quand j'ai toqué à sa porte, enfin, je crois. Ah ! Tiens, le voilà qui arrive.

Je me tournais vers le buffet et un sourire effleura mes lèvres quand je vis Mike se diriger vers notre table. En quelques secondes, il était installé et nous embrassait pour nous dire bonjour.

- Alors mes gazelles, tout roule ?

Claire se dépêcha de lui décrire mon baiser avec Misha ce qui lui valu une petite tape sur le bras de ma part et un soupir. Mike me charria un temps avant que notre attention se porte sur la table des principaux, un éclat de voix provenant dans cette direction. Ce fut, d'abord, la voix de Shurley qui brisait l'air, nous étions trop loin pour entendre ce qu'il se disait mais ça ne semblait pas bon. Jensen se débattait plus calmement, je n'entendais pas sa voix mais celles de Jared et Mark emplissait l'air.

- Ça a l'air tendu là-bas !

- Quelle clairvoyance, Mike !

Shurley s'attaquait aux scénaristes présents à la table à côté, elle semblait vraiment furax.

- Je sais pas ce qu'il se passe mais elle a l'air vraiment en pétard.

J'hochais la tête vers Claire.

- Je l'ai vu hier, la mine toute confite, toute blasée, je me demande ce qu'il s'est passé ce week-end pour qu'elle soit dans cet état...

Haussement d'épaules de Mike qui avait reporter son attention sur son plateau.

- Je sais pas et je m'en fous. Vendredi, elle a dragué toute la production et visé, principalement, les scénaristes. Je suis sur que ça a un rapport avec l'épisode de fin de mois.

Je ne l'appréciais pas mais j'avais un coeur et la voir, dans cet état, me rendait malade. Bon, mince, Péni, reprends toi et oublies ce que tu viens de voir. Nous avions repris la conversation évitant de nous concentrer sur les débordements à côté qui s'estompèrent au fur et à mesure. Puis, la salle devint à nouveau calme et ce fut à cet instant que nous nous décidâmes de rejoindre le car. Clope dans mon bec avant d'y grimper. Nous n'avions pas été voir Pat, Arthur nous avait devancé et installé sur un plateau en nous transmettant un document.

- Voilà votre emploi du temps pour cette semaine, vous n'allez plus avoir le temps de visiter. J'espère que vous avez fait le tour du tournage, parce que cette semaine, c'est foutu. Tiens, Paul, peux tu distribuer ces documents à tout le monde ?

Il tendit des feuilles au destinataire et reprit.

- Je vous donne un scénario, vous l'apprenez par coeur pour vendredi. Vous pouvez faire des modifications si ça vous chante, demandez conseil aux acteurs, producteurs, scénaristes si vous voulez mais je veux qu'il soit apprit. Un casting aura lieu pour chacun d'entre vous, vendredi matin. Je serais juge avec Sera Gamble, Ben Edlund et Brett Matthews.

Silence de mort dans la salle, la tension se faisait ressentir.

- Ne vous inquiètez pas, nous allons travailler vos jeux d'expressions, vos voix, vos gestes d'ici là...

Une porte grinça et deux femmes et un homme firent leur apparition en essayant d'être le plus discret possible avant de rejoindre Arthur.

- Pardon de t'avoir coupé.

L'homme en question avait une voix grave donnant l'impression de quelqu'un qui avait vu beaucoup trop de choses dans sa vie, son air blafard ne démontant absolument pas ma réflexion. Je lui donnais cinquante ans voire plus, peut-être, ses cheveux grisonnants avec une calvitie en prime.

- Non, vous tombez à pique justement. Voici Peter, professeur d'art dramatique.

Il se pencha en avant pour saluer sans transmettre un seul sourire, ce qui me donna froid dans le dos, il n'avait pas l'air amical celui-là.

- Voici Sonia, avec un parcours des plus prestigieux, écoles d'arts, de théâtre, dribblant entre actrice, chanteuse, professeur et comédienne.

Elle leva la main et un sourire jovial apparu sur son visage, ouf!, elle avait l'air heureuse d'être là, me détendant les muscles. Je lui donnais le même âge que le premier, ses rides la vendant - et avec un parcours comme ça, elle devait avoir de l'âge -, elle était blonde et sa tenue chic la rendait dotant plus belle. Ah ! Les femmes mûres…

- Et Pamella, professeur de danse et de chant et qui a travaillé dans un école d'arts, également.

Une jeunette de trente cinq ans, bronzée, les cheveux noirs corbeaux, des yeux amandes couleur marrons, une femme musclée, nettement canon, il fallait l'avouer. Petit sourire timide qui parut plaire à la gente masculine vu les sourires francs de mes compatriotes. Claire se pencha vers moi en murmurant.

- Forcément, nous, on se tape un vieux thon grincheux et eux, deux bonnasses souriantes...

- Au plus grand bonheur de Mike, regarde...

Ce dernier avait les yeux rivés sur les deux femmes du plateau, un sourire nié sur le visage. Soupir de désespoir sur nos lèvres en le regardant.

- Ces trois personnes, ici présentes, seront vos professeurs pour la semaine.

Arthur porta son attention sur eux.

- Bien, je vous les laisse, vous savez où me joindre en cas de problèmes.

Hochement de tête des trois et Arthur nous abandonna. Ils ne passèrent pas par quatre chemins et entamèrent des exercices de respirations en nous formant par groupe. Évidemment, mon groupe, composé de Stephan, Cassie et Greg, fut suivi par Monsieur Grincheux. Oh, non, je ne suis pas malchanceuse, non, bien sûr ! Ses exercices étaient fatiguants et ils semblaient prendre un malin plaisir à nous exténuer. La matinée se passa lentement, trop lentement, sur des exercices d'expirations, d'inspirations… Ces commentaires du genre "Tu as autant de souffle que mamy avec un respirateur" ou encore "Tu es aussi douée qu'un manche à balais" avait eu raison de moi et j'avais gentiment demandé à faire une pause pour éviter de lui arracher sa tronche avec mes dents… Il m'avait mis à bouts de nerfs… Bref, le midi, j'étais un peu énervée pendant le repas et l'après-midi, ma colère avait augmenté considérablement mais je restais polie et souriais quand même tandis qu'il nous demandait de nous étirer, travailler la voix et respirer. Il me lançait - à moi, principalement, je devais avoir une tête qui ne lui revenait pas - des commentaires tout aussi travaillés que le matin même… Quand 17h approcha, Monsieur Grincheux nous libéra en commentant sur nos incompétences et je pris une cigarette dès que je sortis le bout de mon nez. Détente, calme, sérénité.

- Et bah, pas étonnant que tu ais un souffle médiocre avec ce machin !

Même en dehors, il ne pouvait pas me lâcher !

- J'ai besoin de me décontracter et, ça, c'est bien à cause de vous !

Sérénité, Péni, sérénité.

- Insolente !

Oh mon dieu, j'allais le tuer ! C'était moi, l'insolente ? Vieux grincheux mal baisé, va ! Oui, bon, garde tes pensées pour toi parce que là, oui, tu deviens insolente.

- A demain, Monsieur.

Il répondit par un grognement et je m'éloignais vers le car, toujours la clope au bec. Déjà que j'étais stressée par les exercices mais si, en plus, Peter me poussait à bout, j'allais vraiment être incapable de faire du bon boulot. Je pris la feuille de scénarii dans mes mains et un soupir de frustration sortit de ma bouche. J'avais très peu de chance d'être élu à ce rythme.

- Oh ! Madame Bombe fait la moue !

Mike me serra les épaules et me balaya mes cheveux.

- Je suis à deux doigts de mordre Monsieur "j'ai fait de l'école dramatique" !

Je repliais le document et le déposa dans mon sac.

- Ah ! Péni et sa poisse spectaculaire !

- Ouais, et bah, rigole, n'empêche que je vais lui montrer à ce Grincheux de quoi je suis capable !

Il m'envoya un sourire amical et tandis que j'éteignais ma clope pour la balancer dans une poubelle, Claire me prit le bras et me poussa en direction du car. A 17h30, j'étais dans ma chambre, lisant le scénario avec toute la concentration dont j'étais capable. Le contexte me plut, je devais jouer une jeune femme courageuse, dont la peur de la mort était le cadet de ses soucis, contrairement à sa petite soeur qui était sa seule raison de vivre. Un peu comme le personnage de Dean avec Sam. Le dialogue, qui tenait sur quatre pages, s'il vous plaît - juste ça - consistait à démontrer que j'étais nécessaire à la survie de ma soeur, que sans moi, elle n'allait pas vivre longtemps. Passionnante comme discussion familiale… Alors que je lisais le texte en diagonal, rayant quelques mots par d'autres, un léger battement se fit entendre sur ma porte. Je levais les yeux sur la pendule "18h30" - déjà - et j'ouvris la porte. Jensen se trouva devant moi et entra rapidement en refermant la porte. Quand celle-ci émit le petit claquement d'un verrou, il se jeta sur mes lèvres me collant au mur. Au bout d'un moment, lorsqu'il reprit sa respiration, il fit entendre le son de sa voix.

- J'ai cru mourir, une journée sans avoir le goût de tes lèvres sur les miennes, bébé !

- Misha m'a dit que tu étais frustré ce matin mais il t'a… détendu.

Un sourire pervers se dessina sur ses lèvres alors que sa main caressait le fin tissu de ma poitrine.

- Oui mais il n'a pas ta bouche...

Sa langue goûta la mienne, ses deux mains se glissant sous mon tee-shirt, caressant la fine peau de mes hanches, me faisant frissonner par la même occasion.

- Et le voir t'embrasser en public alors que moi, je me dois d'être exclu de cet échange, ça m'a tué.

Ma main droite caressa sa joue tandis que l'autre s'était immiscé sous sa chemise, emmenant son bassin à se coller aux miens.

- Je peux me rattraper…

Un sourire encore plus lumineux apparu sur son visage.

- Tu te rattraperas ce soir.

Il lâcha mon corps et s'éloigna, un soupir de frustration s'échappa de mes lèvres ce qui le fit sourire encore plus.

- Je suis venu pour te prendre deux trois affaires et nécessaires de toilette, maquillage, tout ce que tu veux pour que tu puisses rester avec nous le matin !

Il avait levé les sourcils en le disant tout en montrant le sac qu'il tenait dans sa main. Je lui répondis par un sourire, fière que ce soit eux qui y pense. Voilà qu'ils me montraient que notre relation prenait une plus grande tournure, à ma plus grande joie ! J'y insérai tout ce que je trouvais d'indispensable pour un nettoyage matinal.

- Comment s'est passé ta première journée de… boulot ?

Un souffle s'échappa de ma bouche avant que je puisse l'arrêter. Une main reposante se plaça dans mon dos.

- Si mal que ça ?

Je rangeais au mieux mes affaires dans le sac, sous-vêtements, trois tenues, je viendrais refaire le plein et une machine dans la semaine.

- Non, enfin, je suis tombée sur LE professeur Grincheux en personne, il m'a envoyé des piques à tout bout de champs.

Je m'étais redressée et me frottais les cheveux.

- Bien sûr, il ne lançait que des commentaires bien tournés vers moi, et seulement moi, à croire que ma tête ne lui revenait pas ! Bref, il m'a bien énervé !

Un doux baiser se posa sur ma nuque et deux mains m'entourèrent le ventre.

- Je suis sur qu'il est juste dérangé par une telle beauté, c'est perturbant, tu sais, une canon comme élève.

Un rire franc sortit de ma bouche et je repris le remplissage du sac.

- Tu as raison ! Autrement, Arthur nous a transmis un scénario à apprendre pour passer un casting vendredi. J'étais justement entrain de faire quelques modifications quand tu es arrivé.

Il me lâcha et s'approcha des feuilles posées sur le bar pour les contempler. Il sembla lire les trois premières lignes avant d'ouvrir la bouche.

- Relation fraternelle comme Dean et Sam… C'est assez dur de jouer le rôle de frère quand nous n'en avons pas dans la vrai vie… Tu as des soeurs, toi ?

- Une petite, donc je vais me baser sur elle, sinon, j'ai un grand frère, le plus chieur de tous les hommes de la planète.

Mon ton était sentimental sans que je m'en rende compte. C'est bizarre de parler d'eux, j'ai l'impression que ça fait des siècles que je ne les ai pas vu alors qu'il y a juste qu'une semaine et quelques jours.

- Tu les aimes…

- C'est ma famille, alors oui, même avec les pires défauts du monde… J'ai lu que tu avais un grand frère et une petite soeur aussi, non ?

Un petit sourire se dessina sur ses lèvres.

- Ah, c'est vrai que je parle à une fan ! Oui, c'est exact, Madame la journaliste.

Je refermais le sac avant de m'installer prêt de lui pour ranger mes documents.

- C'est malsain, hein ?! Je connais quasiment toute ta vie… je m'en excuse...

Il haussa les épaules et referma mon stylo avant de le poser sur le micro-onde.

- C'est… étrange mais… ça ne me gêne pas.

Mes iris fixèrent les siens et il me déposa un chaste baiser sur mes lèvres entrouvertes. Puis, il m'abandonna en prenant mon sac et en un clin d'oeil, il disparu de mon studio.

Le début de soirée se passa calmement en présence de Claire, Greg, Mike et Viktor, nos conversations tournant autour de la journée. Vers 21h, j'étais assise avec Mike sur une table au bar pour prendre un café alors que Claire s'était installée derrière le comptoir près de Jean.

- Elle devient pire qu'une sangsue, celle-là !

- Peut-être mais Jean a l'air d'apprécier...

Nous les dévisagions en douceur, ils étaient incroyablement mignons tous les deux. Puis, je reportais mon attention sur mon collègue.

- Et toi avec Maggie ? Tout va bien ?

Un éclat pétillant fusionna avec ses pupilles, il semblait aux anges quand j'eus prononcé le nom de sa partenaire.

- Plus que bien, nous avons décidé de faire chambre commune cette semaine. Un vrai bonheur !

- Donc, nous avons interdiction de venir toquer chez toi ?

Je n'étais pas contrariée, j'étais même diaboliquement amusée, j'irais frapper tous les matins pour les enquiquiner !

- Tu peux, personne ne répondra… C'est le studio de Maggie qu'on va squatter !

Une moue boudeuse se dessina sur mon visage, mon plan tombait à la flotte.

- Pas cool, je voulais vraiment vous secouer tous les matins, moi !

- Tu parles, Claire et moi, nous avons remarqué que ta chambre était vide le soir...

Mes joues prirent une teinte colorée… C'est vrai que je ne logeais plus dans cette dernière, moi qui pensais que ça passerait inaperçu.

- Tu dors avec Misha, hein ?

Un sourire curieux dans ma direction… Oui, Mike, mais pas seulement… Je n'aimais pas cacher mes sentiments alors que merde, j'en avais pleins en ce moment ! Je mourrais d'envie de tout leur décrire à lui et Claire mais les règles étaient formelles... Je levais mes sourcils en réponse à sa question. Tu parles d'une réponse !

- Et donc, vous êtes officiellement en couple avec Maggie ?

Changement de sujet ! Ni vu ni connu ! Bravo.

- Je crois que c'est le mot, oui.

- C'est bien, je…

- PENI !

Je sursautais, l'éclat de voix m'ayant surprise, surtout la façon dont il a été prononcé, un ton colérique, non ? Je me tournais vers l'entrée suivi de Mike qui avaient froncé ses sourcils comme s'il était sur le point d'attaquer. Misha était posé sur le montant de la porte et ses yeux lancés des éclairs, qu'avait il ? Je me levais, anxieuse de son état en interdisant à Mike de me suivre. Je savais me défendre, je n'avais pas besoin d'un colosse près de moi, rah ! Les hommes. Je m'approchais, timide, avant de me reprendre, je n'avais rien fait, bon sang, pour attiser la colère de ce dieu ! Ce fut, donc, de manière totalement agressif que je lui répondis.

- QUOI ?

Mes mains croisées sur ma poitrine et une mine renfrognée.

- Rien, bébé ! Je suis là depuis plus de cinq minutes et tu n'as pas levé une seule fois les yeux vers moi...

Sérieusement ? Moi qui m'attendait à me faire incendier pour… justement rien, voilà que Monsieur, se sentait juste exclus de toute mon attention. Pourtant, je ne fus pas en colère, ni mécontente, non, je souriais et me détendit aussitôt pour poser mes mains sur sa taille.

- Seriez vous un brin jaloux Mr Collins ?

Je m'étais penchée sur son visage et mes lèvres caressèrent les siennes, un sourire fin se dessinant.

- Et vous, auriez vous l'amabilité de me suivre ? Mr Collins et Mr Ackles commencent à se montrer impatient à l'étage…

- Je souhaite bonne nuit à mon ami et je serais… entièrement à vous dans quelques secondes.

Je fis demi-tour vers Mike, un sourire de débile heureuse sur mon visage. Un baiser amical sur la joue de Mike s'entendit.

- Il te voulait quoi ?

- Disons qu'il a besoin de mes talents pour assouvir ses désirs !

Je lâchais cette phrase avec un clin d'oeil auquel Mike me répondit par un rire et une frappe sur l'épaule. Un balancement de main vers Claire et Jean et je rejoignis Misha. Un "Essayes de dormir, cochonne !" résonna dans la salle avant que mon prétendant ne m'emmène dans sa chambre, nous faisant sourire tous les deux. Trois quarts d'heures plus tard, je me retrouvais essoufflée dans les bras de Jen, nue, la peau transpirante. Celui-ci, son souffle aussi irrégulier que le mien, me caressait les cheveux, nu aussi, en somnolant un peu tandis que le brun, aussi dévêtu que nous, me massait les pieds, son souffle également haché.

- Mr Collins est il satisfait de ma prestation ?

Ses yeux se levèrent vers moi et il fit claquer sa langue contre son palet.

- Prestation bidon, oui !

Je m'extirpais des bras de Jen pour aller à la rencontre de Misha, me redressant sur mes genoux.

- Bidon ?

Je colla mon bassin sur le sien et frotta mes mamelons durcis sur son torse tout en le regardant dans les yeux. Mes deux mains caressèrent ses fesses tandis que mes dents mordillaient sa mâchoire. Son membre, jusque là en repos après la partie de jambes en l'air précédente, redevint nettement plus dur et se lova entre mes cuisses. Un petit couinement tout mignon sortit de sa bouche quand ma main entreprit de masser son entrejambe tendu. Au bout d'un moment, surtout quand je voyais le brun sur le point d'atteindre l'orgasme, je le poussais dos contre le matelas à côté de Jensen qui n'avait, me semble t'il, pas rouvert les yeux.

- Péni ? J'allais…

- Je sais, sauf que...

Je me mis en position assise devant son bassin et en le guidant, il se trouva en moi, doucement. Et seulement là, je continua.

- Je n'allais pas te laisser avoir ce plaisir en solo.

De lents vas et vients se firent, sans brusquerie, Jen semblait dormir et ni moi, ni Misha ne voulait le réveiller. Nos dents pincèrent nos lèvres, évitant un débordement de bruits tandis que mes mouvements s'accéléraient, ses mains ne cessèrent pas de parcourir mon corps, griffant, caressant. Puis, il les posa sur mes hanches et ce fut, lui, qui donna le tempo à mon bassin. Ma tête se rejeta en arrière, quelques secondes plus tard, ouvrant ma bouche pour relâcher un gémissement timide, sourd. Le même gémissement traversa les lèvres de mon partenaire quand ce dernier mouva un dernier coup de hanche. Un silence s'ensuivit, seuls nos yeux et nos lèvres bougeaient, évitant tous mouvements qui pourrait réveiller notre marmotte. Sauf que quand mon regard se posa sur lui, il avait simplement les yeux brillants ouverts, ses iris dans ma direction et un sourire lumineux sur ses lèvres.

- Vous êtes magnifiques en mouvement...

Je penchais ma tête vers lui.

- Tu ne dormais pas ?

Il secoua la tête et tourna son visage vers Misha, leur visage à quelques millimètres.

- Vous êtes tous sauf silencieux…

- C'est moi qui ai fait le plus de bruit, c'est ça ?

Un hochement de tête et un sourire lui répondit. Jen se retourna un peu et posa son bras sur le torse du brun, sa main le caressant, l'autre lui tenant le haut du crâne.

- Mais ça ne m'a pas dérangé le moins du monde !

Je fronçais les sourcils et transmit un sourire espiègle, me rendant compte qu'ils avaient totalement oublié ma présence et qu'ils se regardaient le blanc de l'oeil.

- Je ne vous dérange pas ?

Seulement deux sourires me répondirent en me portant, enfin, de l'attention. Quoique, je n'étais pas déroutée par le fait qu'ils ne me regardaient pas, je trouvais même touchant qu'ils avouaient leur sentiment par un jeu de regard. Jen se posa, à nouveau sur le dos et leva les bras dans ma direction.

- C'est à mon tour, non ?

Pas que sa demande ne me dérange, j'aurais bien aimé continuer, sauf que là, c'était mon corps qui réclamait du sommeil et le bas de mon ventre commençait à être douloureux.

- Pas ce soir, Mr Ackles, mon corps a assez subi !

Je me lovais tout de même dans ses bras, en me redressant pour laisser le membre de Misha se reposer et m'allongeais sur le torse du premier. En m'embrassant, il déposa mon dos sur le matelas entre lui et le brun et en détachant ses lèvres des miennes, il embrassa l'autre homme à mes côtés chastement. Pouah!, c'était toujours quelque chose quand je voyais les deux bouches parfaites se touchaient, et encore plus, ce soir apparemment. Puis, d'un commun accord, ce fut à leur tour de se lover contre moi et le sommeil nous gagna.


Une seul review (Aïe, ça fait mal) mais on me suit, c'est déjà pas mal, n'est-ce pas ?! (J'suppose qu'y en a qui aime...)

Merci de me lire en tout cas ! Le chap' 10 arrive de ce pas !