A mon réveil, je fus surprise de voir Jensen enroulé dans mes draps à mes côtés et je fus rassurée, finalement. S'il était avec nous, c'est qu'il n'avait pas fini au lit avec Cindy. ALLÉLUIA ! Misha était déjà réveillé, j'entendais l'eau de la douche couler. Je partis le rejoindre à petit pas après avoir fait un bain de bouche rapide silencieusement. Il semblait dormir sous le jet et me faufilant derrière lui, je me mis à lui caresser le bas du dos. Il sursauta, ses pieds glissèrent sur le sol et il se rattrapa de justesse au paroi.

- Ahahah !

Un fou rire traversa mes lèvres, me tordant les côtes.

- Putain, Andouille, tu m'as foutu la peur de ma vie là !

- Ahahah !

Je n'arrivais pas à me calmer, revoyant la scène se dérouler encore et encore dans ma tête. Puis, je plaçais ma main sur ma bouche pour freiner mes soubresauts.

- Arrête de rire !

- J'ess...aye !

Il arriva, en quelques secondes, à remplacer mon rire par des soupirs de plaisirs. Ces doigts entre mes jambes et sur mes seins aidèrent grandement à oublier l'épisode. Ces dents mordillaient ma mâchoire, sa langue lécha la fine peau de mon cou, la main à l'intérieur de mes cuisses finirent dans mes cheveux, l'autre malaxant toujours ma poitrine. Puis, il posa sa tête entre ses derniers, ses deux mains sur chaque seins, mes mains agrippèrent ses cheveux mouillés. Quelques instants après, il colla mon ventre contre la paroi, son sexe tendu caressant mes fesses. Ses lèvres entrouvertes embrassaient ma nuque, mon épaule, le haut de mon dos, et ses deux mains sur mes hanches, en un mouvement, me forcèrent à me cambrer. Un gémissement rauque sortit de sa gorge quand son membre entra en moi, me remplissant très vite. Il commença par des mouvements lents, puis continua plus violemment, ses gémissements devenant de plus en plus puissants, il finit par des gestes rudes, rapides allant plus profondément en moi. Mes soupirs accompagnèrent les siens en une belle mélodie de plaisir et, après, un énième coup de bassin, il se déversa en moi. Je me retirais de lui et le colla à la paroi, l'embrassant à pleine bouche.

- Ma Péni...

- Allez ! Tu veux bien me frotter le dos, maintenant ?

Deux sourires se répondirent et la douche prit une teinte de tendresse et de câlins amoureux. Je sortis la première de la salle d'eau, Misha ayant été plus longtemps sous la douche. Jen était habillé et prenait un café, il tourna son visage vers moi quand je sortis de la pièce.

- Tu… Pourquoi tu ne nous as pas rejoints sous la douche ?

- Elle était pleine.

Son regard était furieux, il but une gorgée pour, me semble t'il, se calmer.

- Jen ?

- Quoi ?

Je m'étais rapprochée de lui et me servit un café à mon tour. Il voulait jouer au con, très bien, j'étais douée, moi aussi.

- Alors tu t'es décidé à dormir avec nous ? Parce que vu l'ambiance à ta table hier, je croyais que tu allais finir au lit avec Cindy.

Bam, voilà, le sujet fâcheux était lancé. Autant crever l'abcès rapidement, surtout que j'y avais songé toute la nuit. Il posa trop énergiquement sa tasse sur le bar et une de ses mains frotta son visage.

- Putain… Je t'ai dit qu'on s'appréciait !

- Ouais, et bien, navrée mais j'ai pas pour habitude "d'apprécier" mes plans cul après un break !

Ces yeux devinrent de belles soucoupes et sa peau se teinta légèrement de rouges.

- Quoi ? Qu'est ce…

- Arrête de me mentir, Jen, ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu baisais avec elle ! Tu me prends pour une conne ou quoi ? Si elle te manque, dis le moi, au lieu de me mentir !

Oh! J'avais haussé le ton là !

- Est ce que je t'emmerde, moi, avec tes ex ? Ou avec Misha quand vous vous emballez devant tout le monde ? Alors lâche moi avec elle, je fais ce que je veux !

Pourquoi fallait il qu'il ramène tout à Misha ? C'était eux qui avait envisagé notre relation à trois et aujourd'hui, il semblait regretter son choix ! Depuis que Cindy était arrivée d'ailleurs !

- Et bien, casses toi ! Va la rejoindre au lieu de péter une crise de jalousie qui n'a pas lieu d'être ! C'est vous deux qui avait choisi cette relation, si ça te pose problème, tu arrêtes tout !

Bon, je ne pensais pas un seul mot de ce que je disais… S'il décidait de partir et de tout arrêter, je crois que j'aurais une grosse peine de coeur sauf que quand ma colère se déversait, j'avais tendance à dire plus de conneries que de choses intelligentes.

- C'est ça que tu veux, hein ? Que je me barre pour pouvoir vivre ta magnifique histoire avec Misha ! En fait, ce que tu kiffes, c'est juste avoir deux queues entre tes cuisses, peu importe que ce soit moi ou un autre !

Ah! Ce n'était même plus une crevaison d'abcès là, c'était carrément un règlement de compte. Mes yeux me piquaient, ma colère descendant à une vitesse fulgurante ou du moins, elle laissa place à mon cerveau qui décortiquait sa phrase. Je l'avais bien dit… Jen me voyait de la même façon que Jared, il ne voulait juste pas l'avouer, enfin, jusqu'à maintenant.

- Ah ! Mais oui, Jen, je suis venue ici seulement dans cette optique !

Il se calma d'un coup, se rendant compte de ce qu'il avait dit et il voulut me serrer dans ses bras sauf que, non, j'étais loin maintenant, très loin.

- C'est beaucoup plus simple de rejeter la faute sur moi ! Assume toi, mec ! Assume d'avoir des tendances homosexuels au lieu de me faire porter le chapeau !

Il s'approchait de moi, je reculai automatiquement.

- Tu critiques mes choix sexuels mais et toi, hein ? Tu veux qu'on en parle de ta sexualité ?

Il me colla contre le mur et posa violemment sa main contre ma bouche, son bassin contre le mien. Ses yeux devinrent ardents et noyés de désirs. Il lâcha ma bouche et ses mains déchirèrent mon tee-shirt, sa jambe me bloquant mes hanches mais je continuais mon monologue dans un murmure.

- Hein, Jen !? Me faire prendre par quelqu'un d'autre devant tes yeux, ça t'excite ! Me...

Il avait remonté mon soutien gorge, laissant ma poitrine a découvert et il en avait prit un en bouche, mordillant, léchant énergiquement mon mamelon.

- Me voir me… tortiller sous la queue… de Misha, ça te fait bander ?!

Il grognait tout en passant sa langue sur mon ventre, ma peau dénudée.

- En fait, c'est moi qui suis facilement échangeable, je suis sure que… tu t'es déjà imaginé Cindy à ma place !

Sa main passa sous ma jupe et il entra un doigt en moi en écartant le fin tissu, ses iris noyaient dans les miens, un soupir s'échappa de mes lèvres. L'autre main se posait sur le mur, à côté de ma tête, sa paume contre. Tout en mouvant son doigt, il reprit la parole d'un ton rauque.

- Ouais, Péni, je prends mon pied quand je te vois entre les cuisses de Misha. Ouais, je prends mon pied quand je vois la queue de Misha entrer dans ton intimité. Ouais, Péni, je prends mon pied quand je vois tes seins se balancer au rythme des coups de reins de Misha.

Il pénétra un deuxième doigt suivi d'un troisième quelques secondes plus tard, toujours ses iris fixés aux miens.

- Parce que c'est toi devant mes yeux, parce que c'est avec toi qu'on voulait coucher. Pas Cindy, pas Shurley ou Claire, non, c'était toi, et ce sera toujours toi qu'on voudra pénétrer à deux.

Il retira ses doigts et, aussi vite que la lumière, ce fut son membre qui me remplit. Un grognement bestial emplit l'air, ses deux mains agrippant mes cuisses avec force, il fit de nombreux allers retours allant toujours plus vite, toujours plus loin, ses yeux encore ancrés dans les miens. Puis, il rejeta la tête en arrière et jouis en moi. Ses muscles se relâchèrent et il posa son front contre le mien mélangeant nos souffles entre eux.

- Parce que c'est toi, Péni, que j'aime.

Je répondis simplement par un baiser, un baiser tendre, amoureux, sentiments totalement différents avec ce qu'il venait de se passer.

- Et bien, ça c'est des engueulades de tonnerre !

Jen sourit.

- Ta gueule, Misha !

Il releva le visage et m'embrassa à nouveau, sa main me caressant la joue.

- Excuse moi pour ce que j'ai dit.

- Je ne le pensais pas, Jen, tu sais sur le fait que je m'en foutrais si tu arrêtais tout… Je t'aime et, je souffrirais si tu décidais de partir.

Je tournais mon visage vers Misha.

- Toi aussi, Misha.

Deux sourires tendres me répondirent et Jen se décida de me lâcher.

Et bien, quelle matinée ! Elle fut nettement mieux avec eux après cet événement et à midi, j'étais avec ma petite troupe à la cafétéria sur le tournage. Notre conversation tournait autour de la soirée d'hier, parce que oui, il s'en était passé des choses, hier soir ! Et comme ma bande adore les commérages, la discussion tournait autour du couple Shurley/Matthieu.

- Genre, genre ? Avec la langue et tout ?

- Mike, qu'est ce que tu comprends pas dans "baiser à pleine bouche" ?

Tout le monde se marrait, oubliant les regards désespérés autour de nous, oui, la conversation était légèrement enfantine à notre plus grand bonheur.

- Bon sang, ça, c'est du dossier ! Ah, tiens, Mag', tu étais au courant pour le baiser à pleine bouche de Shurley et Matthieu ?

La discrétion de celui-ci était à mourir de rire, Maggie venait de nous rejoindre et s'incrusta avec plaisir dans notre sujet donnant même ses réflexions sur la question. Le Matthieu en question finit par faire son apparition dans la cafétéria à notre plus grande joie.

- Hé ! Matt ! Raconte nous ta fin de soirée, on veut des détails !

Ce dernier ne semblait pas gêner le moins du monde et en donna beaucoup trop à mon goût et à celui de Claire.

- Raah ! Tais toi, Matt, j'veux plus rien savoir !

Nous nous bouchions les oreilles en parlant fort pour ne plus l'entendre. Ce qui l'amusa encore plus et nous n'arrivions plus à l'arrêter. Son histoire intéressa beaucoup plus de monde, tout à coup, et tous les gens l'écoutaient attentivement en émettant chacun leurs commentaires. Puis, des déclarations surprenantes arrivèrent sur le tapis, nous apprenant qu'un tel avait couché avec un tel, qu'un autre avait emballé cette personne, c'était le repas des confidences. Claire en était ravie, adorant connaître la vie de toutes les personnes présentes. Nous nous retrouvions à être une vingtaine dans la salle à connaître la vie de chaque personne présente. Les principaux finirent même par apparaître et à intégrer notre groupe.

- Tu peux te taire, toi ! Tu as fini en boxer hier, le looser en poker !

Le destinataire était hilare, comme la plupart des gens présents, celui qui avait balancé ça - je ne savais même pas son nom - continua sur des confidences. J'ouvris la bouche dans sa direction.

- Je suppose que c'est toi qui a plumé tous les joueurs ?

- J'aurais bien aimé si j'avais pas fini, moi aussi, en caleçon à 5:00 !

Je me penchais sur ma chaise en arrière, un regard de défi vers lui.

- Autant dire que tu étais aussi nul que les autres, alors !

Il hochait la tête en rigolant. L'ambiance était chaude d'animation. Puis, les moments de révélations prirent fin, un moment, avant que quelqu'un ne vise Jensen et Cindy.

- Et vous deux ? Vous n'avez rien à nous avouer ?

Certains se mirent à rire, moi, je voyais un peu jaune et Claire, reprit la parole.

- C'est vrai, ça, Jensen, il est peut-être temps d'avouer !

Elle lui lança un regard explicite dans sa direction. Un autre continua.

- Quoi ? Il se passe un truc entre vous, Claire et toi ?

Cette dernière éclata de rire avant de secouer la tête de gauche à droite.

- Oh non, c'est beaucoup plus gros que ça !

- Claire !

Je ne pus qu'ouvrir la bouche, qu'est ce qui lui prenait ? Et pourtant, je ne lui en voulais pas, j'étais même assez fière d'elle. C'est vrai que, niveau confidence, si les gens voulaient du gros dossier, je pouvais leur en sortir. Mais je ne dis rien et lui renvoya simplement un sourire. Puis, ce qu'il se passa ne choqua pas que moi. Jen ouvrit la bouche.

- D'accord, vous voulez de la confidence, vous allez en avoir !

Tous les regards se posèrent sur lui et il se mouva près de Misha, resté silencieux jusqu'ici, qu'il embrassa longuement. Ce dernier y répondit avec énormément d'entrain. Des hoquets de surprises claquèrent dans l'air et mon regard se tourna sur Cindy, son teint était devenu livide.

- Depuis quand ?

Jen mit fin au baiser et se retourna.

- S'il vous plaît, je n'ai pas fini !

Mon corps flamba d'un coup et je sentis mon coeur s'emballer. Un coup d'oeil vers Jen qui m'apprit qu'il se dirigeait vers moi, tout sourire et vers Misha qui nous regardait les yeux pétillants. Oh merde, la révélation ! Jen pencha ma chaise en arrière et m'embrassa aussi passionnément qu'il l'avait fait avec Misha auquel je répondis timidement. Lorsque notre baiser prit fin, un silence de mort retentit dans la cafétéria. Misha brisa l'air.

- Je n'aurais jamais imaginé une meilleure façon de l'annoncer !

- Moi non plus, bébé ! Et toi, chérie ?

J'entrouvrais la bouche pour la refermer aussitôt, pas certaine que, de toute façon, ce soit une bonne chose à annoncer…

- J'avais peut-être deux trois idées différentes !

J'avais sorti cette phrase de manière totalement lubrique, un sourire amusé sur les lèvres ce qui acheva toutes les personnes présentes. Des fous rires fusèrent et personne ne semblait choqué par la révélation quoi que, peut-être une ou deux, et je fus la première étonnée. Certains allant même jusqu'à dire qu'ils s'en doutaient. La conversation continua sur ce sujet, me rendant, quelque peu, muette. J'étais plus à l'aise quand on parlait de la vie de quelqu'un d'autre mais quand ça me concernait… Et bien, j'étais gênée. Surtout que Jen et Misha, quand la question était posée, répondaient en détails… même concernant des positions… Puis, quelqu'un nous apprit l'heure et la panique se fit ressentir. Rendant l'atmosphère sous tension. Bref, tout le monde reprit le boulot et nous, nous nous retrouvions avec nos professeurs. L'après-midi passant, pour une fois, rapidement en présence de Peter qui était nettement plus chaleureux, encore mieux que la veille. Son surnom Mr Grincheux disparu dans mon esprit et un Mr Joyeux y prit place.

A 18 heures, j'étais dans ma chambre, imprimant le texte dans mon esprit, Misha et Jen installaient sur mon lit - Oui, ils m'avaient rejoint - et travaillaient eux aussi sur leur scénario. C'était étrange, de me dire que notre ménage à trois était officiel… Mince, je m'égare ! Mon texte, mon texte ! J'ai surtout bien aimé la tête de Cindy… Héhé!, ça c'était satisfaisant ! Je l'aimais bien, ce n'était pas le problème, mais on ne touchait pas à mes deux canons.

- C'est ton texte qui te fait rire, Péni ?

Je levais la tête et secouai les épaules. Bon sang, mon texte ! Je me reconcentrais dessus, je le connaissais par coeur mais le relire encore et encore me permettait de m'en imprégner. Là, il faut que j'utilise un ton mesuré, j'attaque ma soeur, il ne faut… ! Tiens, je n'avais pas fait attention au regard de Jared quand Jen a assumé ces sentiments… Depuis, l'histoire du taxi, j'évitai tout contact visuel avec lui. Je me demandais si les garçons ont parlé avec lui, il faudra que je leur pose la question. Oh! Et que je me renseigne sur Shurley aussi… Misha avait pris sa défense, je voulais bien en connaître les raisons. Mon dieu, j'en avais des questions à leur poser… Pas maintenant, ils bossaient mais ce soir pendant un câlin… Quoi que, parler de Shurley entre deux gémissements, ça ne va pas le faire. J'imaginais déjà les deux têtes qui me feraient face si j'entamais une discussion pendant l'acte… Pff! Voilà que j'avais des idées mal placées maintenant.

- Péni ? J'aimerais bien le lire pour comprendre pourquoi tu rigoles toute seule.

- Pardon !

Bon, je n'avais plus vraiment les pensées centrées sur le texte. Oh, non, elles dérapaient vers de très bons souvenirs… Comme le soir où j'étais montée avec Misha en prenant les choses… en bouche… et Jen qui avait assisté à la scène... Oula! Je m'égare vraiment là !

- Dis Misha, tu avais des passages sexuels dans le scénario de ton casting ?

- Non, tu en avais, toi ?

- Non plus, c'est étonnant que Péni en est...

Je levais la tête vers Jensen et mes sourcils se froncèrent.

- Je n'en ai pas, Jen, c'est un scénario entre soeurs ! Gros pervers !

Il me scrutait, un sourire joueur sur le visage.

- Alors, dis moi, pourquoi tu es toute rouge et que tu as poussé de légers soupirs de plaisirs ?

Je regardais Misha qui me souriait, confirmant les dires de Jen… Ok! J'étais grillée.

- Et bien, je pensais à la fois où j'avais l'intimité de Misha entre les lèvres, tu sais, quand tu es entré dans la pièce, que tu as assisté à la scène et que Misha t'a dit que "j'avais pris les choses en bouche"...

- Et bien ! Je veux le même scénario que toi si c'est pour penser à tout ça !

Je fis un clin d'oeil à Misha qui posa ses affaires de côté et se leva pour m'embrasser les lèvres chastement.

- Pause café ?

J'acceptais volontiers, mon cerveau ayant, apparemment, besoin de faire un break. Jen refusa, se concentrant sur son boulot. Une fois le café en mains, je sortis sur le balcon, une clope à la main.

- Dis Misha, vous avez parlé avec Jared ? Depuis…

- Oui, Péni ! Nous lui avons clairement fait comprendre notre point de vue.

J'hochais la tête, je ne voulais pas en savoir plus. Je me penchais vers la droite pour regarder si Shurley avait ouvert la baie, ce qui ne fut pas le cas et aucun mouvement se mouvait à travers.

- Et...

Misha posa sa tête sur le mur au niveau de la baie en portant la tasse à ses lèvres.

- J'ai entendu dire que tu avais pris la défense de Shurley devant Mr Kripke… Je voudrais en savoir les raisons...

Il leva un sourcil dans ma direction.

- Qui te l'a dit ? Comment peux tu être au courant ? Arthur ?

- Peu importe, réponds moi.

Il me dévisagea quelques secondes avant de me répondre.

- De quoi es tu au courant ?

- De bribes seulement. Mr Kripke voulait la renvoyer chez elle mais tu as refusé… Elle a essayé d'acheter la production à ce que j'ai entendu.

- Sérieusement ?

Jen se trouvait derrière Misha, son bras accroché à la baie, le dévisageant. Ce dernier souffla sur le liquide présent dans sa tasse avant de répondre.

- Et alors ? Est ce une raison pour qu'elle rentre ? Non…

- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?

Misha secoua les épaules et se retourna vers lui.

- Pourquoi l'aurais je fait ? De toute façon, tu l'aurais renvoyé automatiquement, tu n'aurais pas cherché à comprendre.

- Et toi ? Pourquoi crois tu qu'elle mérite de rester ici ?

Ils se dévisagèrent en chiens de faïence, ils semblèrent communiquer par télépathie… Un de leur lien que je ne comprendrais jamais entre eux. Tu peux savoir ce que pense une personne quand tu la connais depuis longtemps, je suis d'accord, mais de là à communiquer par le regard… Je toussais pour leur faire comprendre que j'étais toujours présente. Puis, comme s'ils avaient réglé le problème par télépathie, Jen retourna à ses occupations, l'air de rien.

- Comment vous faites ça ?

J'écrasai ma clope et rentra dans ma chambre déposant ma tasse presque vide.

- De quoi ?

Je soufflais et pris ma veste, ouvrant la porte peu de temps après.

- Je vais au bar !

Il était 18:45 et je me retrouvais au bar devant un excellent rosé servi par Jean. Mes concurrents devaient tous être dans leur chambre pour réviser leur texte et moi, je buvais. Je savais pas vraiment pourquoi mais ils m'avaient saoulé avec leur échange visuel… Ils ne pouvaient pas communiquer comme tout le monde, non !

- Tu vas bien, Péné ?

- Ah! Je trouvais déjà qu'une relation à deux, c'était compliqué mais avec eux ! J'ai touché le graal !

Jean me sourit et leva un sourcil.

- Pourquoi ? Qu'ont ils fait ?

- Rien, justement ! J'engage une conversation, et eux, ils communiquent par la pensée, me laissant totalement en dehors de la discussion et ils retournent à leur occupation comme si rien ne s'était passé !

Bon, dis comme ça, je me sentais vraiment gamine à réagir pour si peu… M'en fous, je boude ET devant un bon verre de rosé en plus, autant bouder le plus longtemps possible.

- Et bah, ma Péné, je te sens tendue !

- J'suis une vrai gamine, hein ?

Il secoua la tête et ses yeux se mirent à rire sans que sa bouche n'émette le moindre bruit, vraiment fort le barman.

- Non, je crois surtout que le fait que ta relation soit officielle te perturbe plus que tu ne le penses et donc, tu es plus stressée.

- Peut-être, oui. M'enfin, je boude devant du rosé, je vais faire la tronche plus souvent, moi !

Une tape me répondit et il repartit à la vaisselle de ces verres. Je crois aussi que le casting de demain me met aussi sur les nerfs. Je le connaissais par coeur, ce n'était pas le problème mais nous allions être dix à le savoir et seulement trois - et encore - seront pris… Une toux rauque s'installa près de moi mais je ne fis pas attention et continua de ruminer.

- Jean, je peux avoir un… jus d'orange ?

C'était la voix de Jared à mes côtés… En voilà un autre qui me stressait, tiens.

- Écoutes, Péni...

J'approchais mon verre de mes lèvres et contemplais la magnifique disposition des bouteilles du bar devant moi - à vrai dire -, j'étais juste fixée sur ça pour ne pas avoir à le regarder. Lui.

- Mmh Mmh.

J'en avais de la conversation, y avait pas à dire.

- Je suis désolé d'avoir été… si dur avec toi. Je ne… Je pensais juste à mes deux copains qui, histoire de coeur, se foutaient royalement dans la merde habituellement mais s'ils… sont heureux comme ça… Tu sais, c'est votre histoire, pas la mienne.

Il toussa à nouveau et je ne répondis que par un soupir. Au moins, avait il le culot de venir s'excuser. Pour son comportement du moins parce que je savais qu'il pensait encore tout ce qu'il m'avait dit, je le sentais.

- Enfin, comme tout bon copain, tu sais, je vais te sortir la rengaine de "si tu leur brises leur coeur, je te défonces la tête", tu n'y vois aucun inconvénient ?

Il avait ri, un léger rire pour détendre l'atmosphère, peut-être, sauf que ça tombait à plat. Ce n'était pas le meilleur humoriste des temps ce Jared Padalecki mais il essayait, tout à son honneur.

- Tu ne veux pas dire quelque chose ? N'importe quoi…

Je terminais mon verre et me levais de ma chaise, mon regard posait sur Jean qui faisait des allers retours derrière le comptoir.

- Je t'excuse Jared mais je n'oublie pas.

Bon, pas très chaleureuse la phrase mais j'avais dit un truc. Pas sur qu'il aurait voulu entendre ça mais je ne pouvais pas donner mieux, seulement pire. Je me retrouvais, donc, par la suite à une table du restaurant devant une salade complète, un scénariste - qui se trouvait présent ce midi avec nous - s'installa à mes côtés… Oh! Voilà qui est étrange. Il me souriait, je faisais de même, pas certaine de comprendre pourquoi il mangeait avec moi.

- Je suis Éric, en fait.

Il devait avoir une trentaine d'années, il avait les cheveux noirs tout bouclés assez longs, une peau pâle mais un sourire des plus chaleureux.

- Pénélope !

Il hochait la tête en décortiquant sa viande de son couteau.

- Oh, oui, ça tout le monde le sait, maintenant !

Il n'avait pas voulu me rendre gêné, pas avec le ton qu'il avait employé mais je le fus quand même… Qui ne l'était pas quand quelqu'un vous disait "Oh, je te connais avec ce que j'ai entendu" ?

- Surprenant, hein ?!

Gênée mais pas muette non plus.

- Pas vraiment, enfin, peut-être sur le fait que tu ne sois qu'une… simple fan, excuse moi.

- Je sais, j'ai, moi aussi, pas mal douté.

Il commençait à manger son plat tandis que, moi, je me battais avec ma salade, les feuilles beaucoup trop grosses pour que j'en mettes une entière dans ma bouche.

- Les producteurs ne s'en occupent pas pour le moment, c'est pas toi le problème, mais deux personnes sur un tournage qui se mettent ensemble, ce n'est pas bien vu par ici.

- Tu crois que la prod' va vouloir éjecter Jen ou Misha ?

C'est vrai que je n'avais jamais envisagé cette possibilité… C'était peut-être pour ça qu'il n'y avait aucun couple dans la série… seulement des coups d'un soir qui restaient le plus discret possible. Voilà que ceci me remettait un stress supplémentaire. Mince, je ne veux en aucun cas, gâcher la vie professionnelle d'un des deux.

- Je ne pense pas non plus, ce sont quand même deux personnages importants et aimés du public mais ils vont, sans doute, avoir un avertissement, quelque chose de ce genre.

- Je n'ai pas fait attention ce midi s'il y avait un des producteurs...

Il secoua les épaules.

- De toute façon, ça a déjà fait le tour du tournage, ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne l'apprennent.

Finalement, c'était peut-être calculé sa présence à ma table, je ne savais pas si c'était pour me culpabiliser ou s'il émettait juste un fait… Deux plateaux se posèrent près de nous, Éric les salua amicalement. Il me semblait que les deux femmes à mes côtés sont maquilleuses, l'une était présente ce midi, l'autre, je l'avais seulement croisé sur le tournage. Elles me saluèrent, se présentèrent rapidement - tellement vite - que je n'eus pas le temps de mémoriser leur nom. Tant pis, la première se sera petite brunette et l'autre miss univers. Elles discutèrent de tout et, principalement, de rien. Puis, la table se remplit au fur et à mesure, des techniciens, des acteurs… Je n'étais plus vraiment à ma place et, pourtant, je rigolais. Surtout avec Éric qui avait un humour vraiment spécial mais tellement hilarant. Je venais de finir tous les aliments de mon plateau quand une main se posa sur mon épaule.

- Personne ne dérange Péni au moins ?

Les destinataires s'étaient tut et souriaient à présent en direction de Jen. Certains se mirent à lancer des vannes, d'autres des remarques piquantes mais ils reprirent très vite leur sujet de base et ne nous portèrent plus d'attention. Jen se pencha alors, ses deux bras autour de moi, ses mains accrochant le bord de la table.

- Je peux savoir pourquoi tu es partie fâchée tout à l'heure ?

Il caressait ma joue avec la sienne.

- Vous m'avez gonflé à communiquer par télépathie et puis, de toute façon, je n'étais plus du tout concentrée sur mon travail.

Il m'embrassa le menton en un fin baiser.

- D'accord, patronne. On fera attention la prochaine fois.

Je tournais mon visage vers lui et il dût écarter sa tête pour pouvoir me regarder.

- Je m'en fous que vous vous parlez par la pensée entre vous mais, quand je suis là, utilisez des mots, surtout quand c'est moi qui engage une conversation.

Il souriait… Raah! Qu'il était beau ! Comment vouliez vous que je m'énerve avec une bouille aussi charmante ? Je me mis à sourire et mes lèvres s'approchèrent des siennes doucement pour un doux baiser.

- Ok ! Bon, je vais manger. On squatte ta chambre ce soir ou celle de Misha ?

- M'en fiches, du moment que je vous ai tous les deux.

Nous ne murmurèrent pas et nous aurions peut-être du. Éric se mit à rire, nous faisant tourner la tête vers lui.

- Je suis désolé, c'est juste… Je suis entrain d'imaginer Pénélope entre vous deux et c'est… vachement perturbant là !

Bim ! Chaleur… Jen m'embrassa une dernière fois la joue avant de se relever. J'eus froid, d'un coup, en ne ressentant plus la chaleur de ses muscles m'inonder à travers son tee-shirt.

- Figures toi, Éric, que Péni fait très bien la saucisse dans le sandwich !

Et il partit.

- Aah, il en a trop dit !

Je ne pus que rire devant la tête qui s'offrait à moi, toute gênée. Pour une fois que ce n'était pas moi qui l'était. A ces mots, je quittais mes partenaires de table pour déposer mon plateau et faire un câlin à Claire et Mike qui s'étaient installés près de l'entrée. Ils me dévisagèrent, légèrement vexés.

- Tu t'es fait de nouveaux copains…

- Clairette, dis donc, tu n'es pas belle avec la mine boudeuse. Et bien sûr que non, mes meilleurs copains de l'aventure, c'est vous !

Mike m'ébouriffait les cheveux et Claire me souriait.

- Bon, je vais prendre un coffee au bar, venez me rejoindre quand vous aurez fini.

Ils hochèrent la tête en balançant leur main dans ma direction. Je rejoignais, donc, Jean au bar comme convenu et il me servit une bonne tasse de café. Nous discutions tranquillement quand mes deux congénères firent leur apparition et s'insérèrent dans la conversation en douceur. Notre pause café fut agréable et nous nous quittions pour rejoindre chacun notre chambre, la boule au ventre en sachant que le casting se déroulait demain. Misha m'avait rendu mon pass quand j'étais partie les retrouver dans le restaurant pour leur dire que j'allais bosser à nouveau sur mon script dans ma chambre. A 21:45, ils entrèrent dans ma chambre en discutant d'une de leur scène qui s'était déroulée dans l'après-midi tandis que je rangeais mes documents dans mon sac, fière de mon travail accompli ce soir. Nous nous étions installés sur mon balcon pour prendre un dernier café et, moi, par la même occasion, une bonne cigarette tout en parlant. La fin de soirée se finit dans mon magnifique lit à baldaquins, nos corps ondulant entre eux, nos souffles irréguliers, nos mains et lèvres se caressant avant de sombrer dans un sommeil paisible, le stress du casting attendant le réveil.