Hello! Voici le nouveau chapitre, qui est beaucoup plus long que d'habitude! En espérant que vous aimerez! :)
Réponses aux reviews :
CaptainSwan72 : Merci beaucoup, je suis contente que tu aies aimé le chapitre! Sans spoiler, le chapitre est plus centré sur Emma affrontant ses propres démons! J'espère que tu aimeras! :)
booksovore : Merci beaucoup pour ta review, je suis vraiment heureuse que la fic te plaise! Comme je le disais, je ne fais pas revenir un personnages, mais le chapitre est consacré à Emma qui essaye d'affronter ses peurs... En espérant que ça te plaira! :D
Nessouille Andresson : Merci pour ton commentaire! Pour le mariage, il n'aura pas lieu dans cette fic, mais je ne dis pas que je ne l'écrirais jamais... (surprise surprise :p ). En ce qui concerne Henry, je ne pense pas qu'il était vraiment contrarié, plutôt surpris... Mais il s'entend assez bien avec Hook, donc ça devrait aller pour la suite! :D
Lulu : Merci pour ta review! Je suis contente que la réponse de Emma te plaises! Ce n'est pas un autre personnage que Emma va affronter, mais elle même... Je ne spoil pas et je te laisse lire la suite! :)
Le vent soufflait en rafales glaciales et violentes, et je resserrai les bras autour de moi pour tenter en vain de me réchauffer un peu. Nous n'étions qu'au début du mois de novembre, mais l'air était déjà d'un froid si intense qu'il transperçait les os. Une énorme tempête s'était abattue sur la ville la veille au soir, et avait fait pas mal de dégât, nous donnant du fil à retordre. Nous étions les shérifs, après tout, et c'était à nous de régler ça.
Nous nous tenions devant un énorme tronc d'arbre qui était tombé au travers de la route, barrant totalement le passage, non loin de la frontière de la ville. Il était évident que nous ne pouvions pas le laisser là, mais je ne voyais vraiment pas comment le faire bouger. Je jetai un coup d'œil aux personnes qui m'entouraient, mon père et ma mère, Regina et Killian, qui avait insisté pour nous accompagner, pour voir s'ils avaient une solution à notre problème. Pour une raison que je ne m'expliquais pas, Regina avait l'air particulièrement agacée.
- Bon, dit ma mère, qui avait enfoncé les mains dans ses poches pour se tenir chaud, on fait quoi ?
- C'est évident, non ? Répliqua Regina en levant les yeux au ciel.
En voyant nos regards interrogateurs, elle poussa un soupir de frustration. Je rentrai un peu plus la tête dans mes épaules pour me protéger d'une rafale de vent particulièrement violente.
- On utilise la magie, bien sûr !
Je relevai subitement la tête, interloquée par ses mots. Je n'y avais pas pensé. Il était vrai que Regina était plus que perfectionnée en matière de magie, et faire bouger cet arbre était pour elle un jeu d'enfant.
- Ta fille est la Sauveuse ! Continua mon amie en s'adressant à ma mère. Elle peut très bien nous sortir de cette situation.
Je tournai si brusquement ma tête vers Regina que je ressentis une douleur dans la nuque. Il n'en était pas question. Je ne pouvais pas utiliser la magie, pas après avoir été la Ténébreuse. Personne ne savait si ma magie n'était pas restée malveillante après toute cette histoire et, très honnêtement, je n'avais aucune envie de le découvrir. J'avais déjà bien trop fait souffrir ceux que j'aimais.
- Moi ? Demandai-je d'une voix un peu étouffée.
Killian dû se rendre compte au son de ma voix que quelque chose clochait, car il se retourna subitement vers moi pour me lancer un regard interrogateur, auquel je ne répondis pas.
- Tu connais quelqu'un d'autre qui se fait appeler comme ça ? Railla Regina. Vas-y, Swan. Montre nous l'étendue de tes pouvoirs.
- Je…
Je ne continuai pas ma phrase. Mon cœur s'était mis à battre plus vite, et, malgré le froid, je sentis mes joues rougir. Je n'avais aucune idée de comment me sortir de cette situation.
- Oui ? Insista mon amie en me regardant avec exaspération. Qu'est-ce que tu attends ? On n'a pas toute la journée.
- Je… Je ne sais pas si utiliser ma magie est bonne pour le bébé, dis-je en inventant une excuse sur le tas.
J'avais honte d'utiliser ma grossesse comme échappatoire, mais je n'avais pas d'autre choix. Il fallait absolument que je me sorte de là. Je ne voulais pas que ma famille devine ce que je ressentais à propos de mes pouvoirs magiques. C'était mon choix, et je savais très bien qu'ils allaient essayer de me convaincre que tout allait bien sans tenir compte de mes peurs, si je leur disais tout.
- Oh non, Emma, dit Regina, et je sentis ma respiration s'accélérer encore d'un cran. N'utilise pas cette excuse. Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien… mentis-je, haletant légèrement.
- N'essaye pas avec moi, Swan. Quel est le problème ?
Je ne répondis pas à la question, mais je devais avoir l'air terrifiée, car Killian dit d'une voix inquiète.
- Swan, ça va ?
- Maintenant que j'y pense, tu n'as plus utilisé ta magie depuis très longtemps. Quand était-ce, la dernière fois ? Continua Regina sans prêter attention à Hook.
- Je ne sais pas… Tentais-je péniblement.
- Oh si, tu le sais très bien. Il est temps d'arrêter d'avoir peur, Swan. Bouge cet arbre…
- Je…
- Fais-le, Emma ! Tu ne veux pas me voir me mettre en colère et, honnêtement, je ne suis pas d'humeur très patiente, aujourd'hui.
- Emma, qu'est-ce qui se passe ? Intervint ma mère en me regardant d'un air de total incompréhension.
Ma tête s'était mise à tourner. La situation avait dégénéré si vite que j'avais du mal à y croire. Il fallait absolument que je me sorte de là, je sentais ce besoin pulser en moi, mais je ne savais pas comment faire. Ils savaient que quelque chose clochait, à présent.
- Emma… Dit Regina d'un air menaçant.
- Je ne peux pas ! Explosai-je brusquement, ce qui fit sursauter mes amis.
- Emma… Commença mon père en voulant s'approcher de moi, mais je reculai d'un pas, mes mains tremblant légèrement à cause de la peur et de la colère.
- Tu ne peux pas, ou tu ne veux pas ? Dit mon amie en me regardant d'un air sévère.
Je ne répondis pas, les épaules se soulevant rapidement au rythme de ma respiration. Si elle n'arrêtait pas tout de suite, je sentais que j'allais me mettre en colère. Je sentais la rage bouillonner à l'intérieur de ma poitrine, prête à sortir au premier moment de vulnérabilité. Je reculai de nouveau de trois longs pas pour m'éloigner de ma famille, et dis d'une voix sourde :
- Arrête.
- Je n'arrêterai pas, Emma, s'entêta-t-elle. Dis-moi ce qui se passe.
Je ne dis rien, la colère et la peur faisant tellement pression dans mon ventre que ça en devenait presque douloureux.
- Répond-moi, Swan !
- Laisse moi tranquille ! Hurlai-je, et, sûrement à cause de ma colère, une pluie d'étincelles jaillit du lampadaire le plus proche.
Je regardai mes mains avec terreur. Si Regina n'arrêtait pas, je ne répondais plus de rien. Je ne savais plus de quoi j'étais capable avec ma magie. J'avais peur de blesser les gens que j'aimais et, surtout, je voulais m'échapper de cette situation horriblement angoissante.
Je tournai donc les talons et me précipitai vers ma voiture, qui était garée sur le bord de la route. J'entendis plusieurs voix m'appeler en même temps, celles inquiètes de mes parents et de Killian, celle agacée de Regina. Je me glissai au volant et fis rapidement demi-tour pour me mettre du bon côté de la route, afin de partir, de ne plus avoir à affronter cela. En passant devant mes amis, j'eus le temps de voir le visage à la fois perplexe et tracassé de Killian. Puis j'appuyai sur la pédale d'accélérateur et m'éloignai le plus vite possible des gens qui comptaient pour moi.
J'avais roulé à une vitesse folle, bien au-delà des limites du raisonnable, et j'avais fini par arrêter ma voiture sur un chemin forestier. Dissimulée ainsi entre les arbres, j'avais moins de chance que ma famille me retrouve. J'avais peur, et j'avais envie de pleurer. Je respirais toujours beaucoup trop vite. J'avais un goût métallique dans la bouche, et envie de vomir. Il fallait absolument que je sorte de cette voiture.
Avant cela, je me saisis de mon portable qui était glissé dans ma poche pour constater que j'avais plusieurs appels manqués de mes parents, des messages furieux de Regina, ainsi qu'en message vocal laissé par Killian. Je pris une grande inspiration pour me donner le courage d'écouter sa voix, et appuyai sur le bouton pour entendre ce qu'il avait à me dire.
- Swan, je ne sais pas ce qui se passe, mais je me rends bien compte que c'est grave. Je sais que ta première réaction est toujours de t'enfuir pour ne pas blesser ceux que tu aimes, mais sur ce point, Regina a raison. Il faut arrêter d'avoir peur. Tu as confiance en moi, n'est-ce pas ? Reviens à la maison, et on parlera de tout ça calmement. Je te promets que quoi qu'il se passe, je comprendrais. Mais tu ne peux pas rester dehors par un temps pareil : tu es enceinte, et il n'est pas question que tu restes à l'extérieur alors qu'il fait glacial. Je t'en supplie, Emma, ne nous oblige pas à venir de chercher. Reviens, et nous discuterons.
Je retins tant bien que mal les larmes qui me piquaient soudain les yeux de dévaler mes joues. Après une brève pause, il ajouta :
- Je t'aime, Swan. Reviens vite, d'accord ?
Je gardai le téléphone serré contre mon oreille quelques secondes supplémentaires et essuyai avec impatience une larme qui avait échappé à ma vigilance. Je finis par glisser le petit appareil dans la boite à gant, puis je sortis du véhicule en soupirant.
Le froid me heurta si violemment que j'en eus le souffle coupé, mais cela eu pour effet de me remettre les idées au clair. Je me mis en marche quittant le sentier tout tracé pour slalomer entre les arbres, sans savoir vers quel but je me dirigeais.
Je savais que Hook avait raison. Je savais que j'aurais dû retourner auprès de ma famille et tout leur expliquer. Mais j'avais peur d'avouer cette faiblesse. Pourtant, j'étais certaine qu'ils comprendraient. Regina pourrait même m'aider à retrouver mon ancienne magie. Mais le voulais-je vraiment ?
Je marchai pendant longtemps, perdue dans mes pensées, puis je finis par m'asseoir à même le sol, le dos appuyé contre un tronc d'arbre, fatiguée par la marche et la côte que je venais de gravir. Distraitement, je fis jouer la bague que Killian m'avait donnée autour de mon annuaire.
La vérité était que je ne savais pas si je voulais de nouveau retrouver ma magie. J'étais la Sauveuse, certes, mais la magie blessait les gens, et j'avais fait souffrir mes proches à cause d'elle, autant lorsque j'en avais perdu le contrôle que lorsque j'étais devenue la Ténébreuse. J'avais fait du mal aux gens que j'aimais, même si mes intentions n'étaient pas au départ mauvaises. J'avais blessé Henry, et même s'il disait m'avoir pardonné, j'avais peur qu'il m'ait menti. J'avais volé le cœur de Merida pour obtenir ce que je voulais. J'avais fait souffrir Killian à un point inimaginable. Je ne voulais plus prendre ce risque, j'étais beaucoup mieux lorsque j'étais normale, ordinaire, sans magie.
J'avais horriblement froid, je tremblais et je sentais mes doigts commencer à s'engourdir. Le bébé donna un coup, comme s'il protestait contre ce que je lui faisais ressentir. Après tout, il devait sentir mon angoisse et ma peur.
Je posai une main sur mon ventre arrondi et le caressai doucement de mon pouce, comme si ça pouvait calmer le bébé.
- Maman est désolée, sweetheart , dis-je d'une voix rauque sans vraiment savoir s'il était capable de m'entendre.
Ce n'était peut-être que le fruit de mon imagination, mais j'eus l'impression qu'il s'apaisait. Je restai dans cette position et, au bout d'un moment, malgré le froid, j'eus l'impression que je me calmais un peu. J'étais juste horriblement fatiguée à cause de toutes ces émotions. Je finis par poser ma tête contre le tronc et par fermer les yeux. Juste une minute, me dis-je avant de m'endormir.
Je fus réveillée par le bruit des branches qui craquaient sous les rafales de vent. J'ouvris difficilement les yeux, et il me fallut quelques secondes pour me souvenir de ce que je faisais là, dans les bois. Ma main était toujours posée sur mon ventre, mais j'avais dû m'endormir durant plusieurs heures, car le soleil commençait sa descente dans le ciel.
A part le vent et le tonnerre lointain, il n'y avait plus un bruit dans les environs, comme si les animaux s'étaient cachés. J'étais frigorifiée, et en regardant mes doigts, je me rendis compte qu'ils tournaient petit à petit au violet. La veste que je portais n'était pas assez chaude, et le silence environnant me faisait dire qu'il y allait de nouveau avoir une tempête.
Je ne pouvais pas rester dans la forêt alors qu'un ouragan se préparait, à part si je voulais mourir écrasée sous un arbre. De toute manière, j'avais bien trop froid pour rester dehors. Mes dents claquaient violemment dans ma mâchoire, et j'eus du mal à me relever à cause de mes membres qui me semblaient comme rouillés. J'allais partir retrouver ma voiture, j'aurais plus chaud à l'intérieur. Je ne savais pas où j'allais me rendre mais tout valait mieux qu'ici, car je n'étais pas en sécurité.
Je me mis en marche, les jambes raides et endolories par le froid, les bras serrés autour de moi pour tenter en vain de me réchauffer. Il se mit brusquement à pleuvoir des cordes, et je fus trempée en quelques minutes. Je sentais des gouttes de pluies glacées couler le long de ma nuque, ce qui me donnait encore plus froid. Si je ne tombais pas malade avec tout ça, ça relevait du miracle.
Je continuai à marcher, mes chaussures s'embourbant dans la boue. Tout d'un coup, je n'étais plus sûre du chemin pour retourner à la voiture, et j'avais peur de m'être perdue. Je n'avais même pas mon téléphone pour appeler quelqu'un en cas de problème. Qu'est-ce qui m'avait pris de quitter le sentier, au juste ? Mes vêtements me collaient désagréablement à la peau, et mes cheveux trempés me faisaient frissonner. Le vent s'était encore accentué, et je voyais les branches des arbres bouger violemment autour de moi. Je pressai encore le pas. Il fallait que j'arrive vite à la voiture si je ne voulais pas finir écrasée sous un arbre ou avec une pneumonie.
Je commençais à vraiment m'inquiéter du chemin que j'avais emprunté lorsque je vis ma voiture jaune caractéristique apparaître au loin. Je poussai un soupir de soulagement. Enfin, j'allais pouvoir me mettre au chaud et quitter cet environnement menaçant. C'est presque en courant que je me dirigeai vers mon véhicule tant j'avais hâte de retrouver un peu de chaleur.
Je m'arrêtai cependant brusquement en voyant une silhouette postée à côté de la voiture. Je plissai les yeux pour voir de qui il s'agissait, et j'aperçus Killian, qui regardait tout autour de lui comme s'il me cherchait. Je me maudis intérieurement de ne pas avoir coupé mon téléphone : il avait dû retrouver ma trace grâce à ça. Je n'avais pas envie de lui parler maintenant. Je grelottais si fort que mes dents s'entrechoquaient à m'en faire mal dans ma bouche, et que tout mon corps était parcouru de tremblements qui se rapprochaient plus de convulsions. J'avais envie de rentrer dans ma voiture, mais je ne savais pas quoi dire à Hook. Je savais que je ne pouvais pas l'éviter encore longtemps, mais j'avais encore besoin de me calmer un peu avant de tout lui dire. Je sentais que si je devais lui avouer ma peur tout de suite, j'allais probablement éclater en sanglots ou me mettre en colère, et je n'en avais pas envie.
Malgré l'appel de la chaleur, je fis donc demi-tour, mais je glissai sur une flaque de boue que je n'avais pas vue. Je me rattrapai de justesse avant de tomber sur le sol, mais j'avais poussé un juron sonore, qui avait retenti par-dessus les coups de vent.
- Swan ! S'exclama immédiatement la voix de Killian, comme je m'y étais attendue.
Je n'essayai pas de continuer à avancer, consciente que ça ne servait à rien, mais je restai de dos à lui pour essayer de conserver mon sang froid, les paupières fermées, les épaules secouées de tremblements.
- Emma, enfin te voilà ! J'ai essayé de te laisser un message, tu sais ! Mais, évidemment, comme toujours, tu ne m'as pas écouté, tu n'en as fait qu'à ta tête !
Il avait l'air en colère et, honnêtement, je le comprenais. Il devait penser que je n'avais pas assez confiance en lui pour lui dire ce qui me tracassait, même si ce n'était pas ça. Je n'avais juste pas envie de parler de mes sentiments.
- Tu fais vraiment n'importe quoi, là, Emma ! Tu n'as pas le droit de faire ça, tu m'entends ? Tu n'as pas le droit de t'enfuir sans me donner d'explication, en te mettant en danger sans te soucier de la santé du bébé ! Tu as peut-être peur ou tout ce que tu veux, mais quoi que tu en dises, c'est mon enfant aussi, Swan, et tu n'as pas le droit de risquer son bien-être comme ça !
Ses paroles me frappèrent en plein estomac, et je me rendis compte qu'il avait raison. Je n'avais absolument pas pensé que mes actes pouvaient avoir une conséquence sur le bébé. En plus de tous les doutes qui tournaient déjà en moi, je commençais brusquement à me dire que, décidément, je ne faisais que des erreurs et que je n'allais pas être capable de m'occuper d'un enfant. Comment le pourrai-je alors que, même s'il n'était pas encore né, je commençais déjà à risquer bêtement sa vie ? Le froid qui me faisait souffrir, la peur qui me comprimait l'estomac, il devait les ressentir aussi.
La terreur, le froid glacial qui endolorissait mon corps, les paroles de Hook et mes doutes finirent par avoir raison de moi, et, sans pouvoir m'en empêcher, je me mis à pleurer, étouffant un sanglot dans ma main. De dos, Killian ne pouvait pas voir que je pleurais, et il continua à s'énerver :
- Retourne-toi, Swan ! Fais-moi face, et explique moi une bonne fois pour toute ce qui cloche !
J'obéis, les épaules non plus secouées par le froid mais par les sanglots, mes larmes se mêlant aux gouttes de pluies qui coulaient le long de mon visage. Je ne répondis cependant pas à la question de Killian, beaucoup trop occupée à essayer de ne pas pleurer trop fort.
- Swan ? Demanda Killian, qui ne pouvait pas voir que je pleurais à cette distance, mais qui sembla remarquer que quelque chose n'allait pas.
Je laissai échapper un long sanglot, si violent que je me pliai un peu pour échapper à la douleur de la peur, de la tristesse et de la honte. Je ne savais pas ce qui m'avait pris. J'aurais dû rester dans la voiture. J'avais peur de moi-même, je ne savais pas ce qui pouvait arriver avec ma magie quand j'étais dans cet état là, et j'avais honte d'avoir risqué la santé du bébé de la sorte sans m'en rendre compte. Le froid me tailladait de partout, j'avais mal dans chaque partie de mon corps.
Killian s'approcha subitement de moi, se rendant compte que quelque chose ne tournait vraiment pas rond. Je vis que lui aussi était trempé par la pluie. Son regard passa brusquement de la colère à l'inquiétude lorsqu'il vit l'état dans lequel je me trouvais, et il s'arrêta à quelques centimètres de moi.
- Emma, qu'est-ce qui se passe ?
Je lui répondis par un nouveau sanglot, et il parcourut la courte distance qui nous séparait pour me prendre dans ses bras. Je me laissai aller contre son épaule, pleurant toujours de façon incontrôlable, tremblante de froid et de peur.
- Chut, dit-il doucement en essayant de me calmer, passant sa main dans mes cheveux trempés. Calme-toi, tout va bien. Je suis là maintenant, d'accord ?
Je continuai à pleurer contre lui, des dizaines de pensées négatives tournant dans mon esprit, effrayée à l'idée de perdre une nouvelle fois le contrôle de ma magie et de blesser Killian.
Au bout d'un long moment, pendant lequel il continua à me murmurer des paroles réconfortantes à l'oreille, mes sanglots finirent par se calmer, même si des larmes coulaient toujours sur mes joues :
- Je suis… désolée… Hoquetai-je à cause de mes pleurs et du froid.
- On va parler de ça calmement, d'accord ? Je vais appeler David, ils sont tous partis te chercher dans la forêt, vu qu'on ne savait pas où tu étais. En attendant, monte dans ta voiture, tu es gelée, dit-il en serrant ma main dans la sienne, affichant un air de plus en plus inquiet. Il ne faut pas que tu tombes malade.
Je hochai la tête, me disant mentalement que c'était un peu tard pour me préserver du froid, et je montai sur la banquette arrière du véhicule. Une fois à l'intérieur, j'appuyai ma tête contre la vitre, grelottant toujours, trempée des pieds à la tête par la pluie, une main de nouveau posée sur mon ventre. Je fus rassurée en sentant le bébé donner un coup. S'il bougeait, ça voulait dire qu'il allait bien, que je n'avais pas fait trop de dégâts, n'est-ce pas ?
Je sentis une dernière larme solitaire couler le long de ma joue. A l'abri du vent glacial et de la pluie, je me sentais déjà mieux. J'entendis la porte de la voiture s'ouvrir, et Killian vint s'installer à côté de moi. Il m'adressa un sourire doux, toute sa colère semblant s'être évaporée, et il me prit la main en disant :
- Tes parents arrivent, ils vont nous reconduire à la maison. Là, on pourra parler, d'accord ?
Je hochai lentement la tête, me sentant ridicule d'avoir craqué de la sorte.
- Aller, viens, dit-il en m'attirant à lui, tu es frigorifiée.
Je me blottis tout contre lui, et il passa un bras autour de moi, tandis qu'il posait sa main valide sur mon ventre, dessinant des arabesques sur ma peau.
- Tu te sens mieux ?
- Je suis vraiment désolée, Killian, dis-je sans répondre à sa question.
- Moi aussi, je suis désolé de m'être énervé. Tu as sûrement une très bonne raison pour avoir fait ça. Je n'aurais pas dû te crier dessus alors que tu étais déjà terrifiée…
- Je me suis comportée comme une gamine.
- Comme je le dis, tu as sûrement une bonne raison. Je me suis mis en colère parce que j'ai eu peur, tu comprends ? J'ai eu peur pour toi et le bébé. Mais maintenant que tu es saine et sauve, ça va aller. On va discuter de ça calmement. Il y a sûrement une solution.
Je hochai doucement la tête et ne répondis rien. Rassurée par la chaleur des bras de Killian, je fermai les yeux, bercée par ses caresses. Bientôt, épuisée par le froid et les émotions que je venais d'avoir, je finis de nouveau par m'endormir.
- Emma… Réveille-toi, love, on est arrivé…
Je sentis une main me secouer doucement, et j'ouvris les yeux, un peu désorientée. Je tremblais toujours et je me sentais mal, comme si j'avais de la fièvre.
- J'ai dormi tout le trajet ? Balbutiai-je en passant une main sur mon front, rassurée en constatant que je n'avais pas de température.
Je jetai un coup d'œil à l'avant et vis mon père, qui s'était retourné pour me regarder d'un air inquiet. Lorsqu'il vit que je le regardais, il attrapa ma main entre la sienne.
- Ça va, Emma ? Seigneur, tu es glacée… On va aller te réchauffer à l'intérieur, hein ?
- Où est maman ? Questionnai-je, toujours serrée contre Killian.
- Elle est rentrée avec ma voiture, il fallait quelqu'un pour la reconduire. Elle est déjà arrivé, ils t'attendent tous à l'intérieur. On y va ?
Je hochai la tête et mon père me lâcha la main pour ouvrir sa portière. Je me détachai de Hook, mes dents claquant dans ma mâchoire, et le suivis lorsqu'il sortit du véhicule.
Le froid me frappa si fort que j'en eu presque mal, et je me pliai légèrement. Killian me jeta un regard inquiet et, sans poser de question, il passa un bras autour de mes épaules et marcha à grand pas vers la maison. Il me fit entrer la première, laissa passer mon père, puis referma la porte derrière lui.
Une fois dans le hall d'entrée, ma mère me sauta pratiquement dessus pour me prendre dans ses bras. Je me laissai faire, et appuyai la tête contre son épaule. Pour une raison quelconque, les bras de ma mère arrivaient toujours à me rassurer.
- Tu nous as fait une peur bleue, murmura-t-elle en me frictionnant la dos. Mon dieu, Emma, tu es vraiment frigorifiée. Allez, viens.
Je suivis ma mère sans protester, et passai à côté de Regina, qui me lança un regard noir. Je baissai les yeux sur le parquet. Je ressentais déjà bien trop de culpabilité pour qu'on en rajoute sur le tas.
Henry était assis dans la salon, sur le bord d'un fauteuil, et bondit littéralement en me voyant arriver. Lui aussi me prit dans ses bras et me serra longuement contre lui.
- Je suis désolée, Kid, murmurai-je lorsqu'il se détachait de moi.
- Tant que tu vas bien, il n'y a pas de problème, dit-il en m'adressant un sourire rassurant.
Ma mère me fit asseoir sur le canapé et plaça une couverture autour de mes épaules, tandis que mon père partait faire du chocolat chaud. Aucun mot ne fut prononcé, ma famille se contentant de rester debout à me regarder. Je continuais à trembler de froid, mais la couverture et la température agréable qui régnait dans la maison me réchauffaient un peu. Je plaçai mes jambes sous moi pour essayer d'avoir un peu plus chaud. Lorsque mon père déposa la tasse remplie de liquide fumant entre mes mains, je poussai un véritable soupir de soulagement et fermai les paupières une seconde pour profiter du calme avant la tempête. Comme je m'y attendais, au moment où j'ouvrais de nouveau les yeux, Regina attaqua :
- Alors, Swan, tu vas enfin nous dire ce qui t'est passé par la tête ?
J'ouvris la bouche pour répondre, mais elle ne m'en laissa pas le temps :
- Tu pars en t'enfuyant au moment où je te demande d'utiliser ta magie ? Tu ne l'as plus utilisée depuis que tu n'es plus la Ténébreuse, alors n'essaye pas de me faire croire que rien ne cloche à ce propos ! Puis tu pars dans le froid alors que tu es enceinte ? Tu as bien fait d'abandonner Henry au départ, parce que si tu te conduis comme ça alors que ton bébé n'est même pas encore né, tu ne sauras jamais t'occuper d'un enfant !
Ses paroles me touchèrent, mais je savais qu'elle avait raison. Elle ne faisait que prononcer mes doutes à haute voix. Je fermai une nouvelle fois les paupières, bien décidée cette fois à ne pas pleurer.
- Regina ! S'exclama ma mère sur un ton de reproche.
- Ne t'avise plus jamais de lui parler comme ça, gronda Killian d'une voix sourde en faisant un pas vers elle.
- Où sinon quoi, guyliner ? Tu m'attaqueras avec ton unique main ?
- J'ai un crochet, et je sais m'en servir…
- Calmez-vous ! Intervins-je brusquement.
Ils se retournèrent tous vers moi, et je les regardai un par un dans les yeux pour être sûre d'avoir capté toute leur attention.
- Regina a raison…
- Contente d'entendre que tu es raisonnable pour une chose…
- Mais ce n'est pas une raison pour me parler sur ce ton, la coupai-je en la foudroyant du regard. J'ai déconné, j'en suis consciente, et j'en suis désolée. Je n'ai absolument jamais voulu blesser mon bébé, d'accord ? J'avais une très bonne raison pour partir comme ça. Je comprends que tu veuilles en savoir plus quant à mon refus à utiliser la magie, mais en ce qui concerne ma grossesse, c'est notre affaire à Killian et à moi, pas la tienne.
J'avais posé une main sur mon ventre pour illustrer mes propos et je regardais Regina avec un air de défi. Elle entrouvrit la bouche, sûrement étonnée du ton que j'avais employé, mais elle ne répondit pas. Je profitai du silence pour boire plusieurs gorgées de mon chocolat chaud. Le liquide fumant me brûla l'œsophage et je grimaçai légèrement. Une main toujours passée autour de la tasse, je la posai sur mes genoux et dis en soupirant :
- Asseyez-vous, je vais tout vous raconter.
Ils obéirent rapidement, Hook s'installant à mes côtés, mes parents, Regina et Henry dans des fauteuils en face de moi. Les coudes posés sur les genoux, ils mes regardaient tous en attendant que je prenne la parole. Je fermai les yeux pour rassembler mes idées. Je n'avais vraiment pas envie de parler de mes sentiments, mais je n'avais visiblement pas le choix.
- J'ai… J'ai peur que ma magie sois toujours imprégnée de magie noire, dis-je enfin en balbutiant un peu, les yeux posés sur la table basse pour éviter d'avoir à regarder mes amis.
- C'est tout ? Intervint Regina. Mais enfin, Swan…
- C'est tout ? Répétai-je en relevant les yeux vers elle, en colère. Regina, j'ai blessé des gens, des gens que j'aime. J'ai blessé Henry, et Killian…
- Maman, je t'ai déjà dit que c'était oublié…
- Swan, on en a déjà parlé des centaines de fois…
Ils avaient parlé en même temps. Je souris faiblement avant de répondre :
- Il n'empêche que je m'en veux. J'ai appris que la magie avait toujours un prix. Même si mes intentions étaient bonnes en l'utilisant, mes méthodes ont fait du mal à plusieurs personnes. Il vaut mieux que je ne l'utilise pas, parce que je ne veux pas risquer de blesser encore quelqu'un que j'aime.
Un silence s'installa, et je gardai les yeux baissés sur le sol. Le bébé donna un nouveau coup, et je portai machinalement la main à mon ventre pour le calmer.
- Emma, intervint ma mère à mi-voix. Je comprends ton inquiétude, mais il n'y a aucun risque. Il n'y a aucune raison pour que ta magie soit restée noire. Tu es la Sauveuse, chérie, ta magie ne peut qu'être bénéfique.
- J'ai tué Cruella avec cette magie « bénéfique », maman, contrai-je en la regardant dans les yeux.
- Elle l'avait mérité, dit Killian en se retournant vers moi.
- Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle je me suis enfuie, continuai-je en ignorant sa remarque. Vous avez vu ce que le lampadaire a fait lorsque je me suis énervée ? Vous vous rappelez de ce qu'il s'est passé lorsque j'ai perdu le contrôle de ma magie, l'année dernière ? Je ne pouvais pas risquer la même chose, surtout que je ne sais toujours pas si ma magie est dangereuse ou pas.
- Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir, dit Regina en levant les sourcils.
Je restai quelques secondes sans voix tant cette proposition me surprit :
- Après tout ce que je viens d'avouer, tu ne comprends toujours pas que j'ai peur ? Demandai-je un peu agressivement en secouant la tête.
- Justement, Emma, répondit-elle d'une voix étonnement douce. Tu es une adulte. Il est temps d'arrêter d'avoir peur, tu ne crois pas ?
- Je… je ne veux pas risquer de blesser l'un d'entre vous, dis-je d'une voix un peu plus aiguë qu'à l'ordinaire avant de me mordre violemment la lèvre inférieure pour arrêter le sanglot que je sentais poindre.
Killian posa doucement sa main sur ma jambe, et je me retournai vers lui, les yeux remplis de larmes. Il me sourit tendrement avant de me dire :
- Hey, love, il n'y a aucun risque…
- Mais…
- Tu as peut-être peur, mais je crois parler au nom de tout le monde en disant que nous avons tous confiance en toi, me coupa-t-il. Ça compense ton manque d'assurance, non ?
Je tournai la tête pour voir ce que les autres pensaient de ses paroles. Ils me regardaient tous fixement, mais je ne lisais aucune peur dans leurs yeux. Encouragée par leurs regards, je me penchai pour déposer ma tasse à moitié pleine de chocolat chaud sur la table basse, et fermai les yeux en soupirant, tentant de me concentrer sur ma tâche.
Je sentis mes traits se contracter sous le coup de la concentration, et un sentiment de puissance que je ne connaissais que trop bien m'envahit. Je le laissai prendre du terrain, petit à petit, essayant de lutter contre mon instinct qui me hurlait de laisser tomber. Mais je ne fus pas assez forte, et je rouvris les yeux, la respiration saccadée, incapable de continuer.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda Regina, les sourcils froncés.
- J'ai… peur, haletai-je, les yeux écarquillés. Je l'ai sentie venir… Ma magie… elle est là, mais j'ai trop… J'ai trop peur.
- Emma, dit doucement Killian en me prenant la main. Je sais que tu peux le faire.
Je le fixai avec intensité, et il hocha la tête d'un air confiant. Rassurée par ses paroles, je pris une grande inspiration et fermai de nouveau les paupières.
Le sentiment s'empara une nouvelle fois de moi, mais je me fis violence pour ne pas céder face à la peur une nouvelle fois. Je mis tellement de volonté dans cette action que je sentis une goutte de sueur froide couler le long de mon échine. Enfin, après être devenue de plus en plus forte, je sentis ma magie s'évaporer et ouvris les yeux avec soulagement.
La tasse n'était plus posée sur la table basse.
Je serrai fort la main de Killian dans la mienne et me retournai. Le récipient était posé sur le meuble se trouvant derrière le canapé où j'étais assise, entre une photo de Henry et une de ma mère et moi.
Je tournai la tête pour faire de nouveau face à ma famille. Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine. Je n'arrivais pas à y croire. Je l'avais fait, et je n'avais blessé personne. En relevant les yeux, je vis que mes parents et mon fils me regardaient avec un grand sourire.
- Tu y es arrivée, Emma, dit ma mère en hochant la tête.
- Oui, enfin, c'est un début, ajouta Regina. Tu as un énorme potentiel, il ne faut pas que tu te contentes de faire bouger des tasses, Emma. Si tu es d'accord, je peux t'aider à exploiter ta magie une nouvelle fois…
- Je…
J'avais aimé ressentir cette sensation après autant de temps, surtout maintenant que ma magie était redevenue normale. Je jetai un coup d'œil à Killian avant de répondre, et son air confiant me décida tout à fait :
- Oui… Enfin, je suppose...
- Ok, génial ! S'exclama Regina en souriant. On va commencer par…
- Calme-toi, dis-je en souriant faiblement à mon tour. Même si j'ai déjà utilisé cette excuse tout à l'heure, je ne suis vraiment pas sûre que beaucoup m'exercer soit très bon pour le bébé. Surtout si tu décides de me mettre sur un pont sur le point de s'écrouler comme la dernière fois...
- Ne me prend pas pour une idiote ! S'exclama mon amie, avant de rajouter à voix plus basse : j'attendrai que tu aies accouché pour ça…
Nous éclatâmes tous de rire ne même temps. C'était curieux, parce que je n'aurais pas cru rigoler de si tôt avec tout ce qui s'était passé. Maintenant que j'avais plus chaud et moins peur, je me rendais compte pour de bon que j'avais agi comme une idiote. Je pris donc la parole pour remettre les choses au clair :
- Désolée de vous avoir fait peur, je n'aurais jamais dû me comporter comme ça…
- C'est bon, Swan, dit Killian en exerçant une petite pression sur ma main. Tu t'es déjà excusée. Le plus important c'est que toi et le bébé soyez sain et sauf, hein ?
Je souris plus franchement avant de rajouter :
- Quoi qu'il en soit, merci de comprendre.
- Ce n'est pas la première fois qu'on doit faire face à des situations comme ça, dit mon père en souriant.
- Et quelque chose me dit qu'on aimerait tous que ce soit la dernière, ajouta Regina avec la pointe d'ironie qui la caractérisait tant.
Et voilà, j'espère que ça vous a plu et que vous n'avez pas trouvé ça trop long! Dans le prochain chapitre, Emma et Henry vont avoir une conversation à propos d'un sujet important...
A mercredi! :)
