"Toute réjouie, Cara s'installa sur une chaise, retourna l'enveloppe et décolla le sceau qui avait été tamponné. Elle fit glisser un parchemin hors de l'enveloppe et le déplia.
COLLÈGE POUDLARD- ÉCOLE DE SORCELLERIE."
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Directeur. Albus Dumbledore
Commandeur du Grand-Ordre de Merlin
Docteur ès Sorcellerie, Enchanteur-en-chef, Manitou suprême de la Confédération internationale des Mages et Sorciers
Chère Mlle Dauclaire,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.
La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.
Veuillez croire, chère Mlle Dauclaire, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice-adjointe
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Cara ouvrit de grands yeux en lisant la lettre. Une école de sorcellerie? Elle pensait que la magie n'existait que dans les contes de fée. Elle posa la lettre sur la table et regarda le parchemin suivant. C'était en effet une liste de fournitures à acheter. Au fur et à mesure que les yeux verts de la petite fille descendaient le long du parchemin, son visage devenait de plus en plus ahurit.
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COLLÈGE POUDLARD- ÉCOLE DE SORCELLERIE
Uniforme:
Liste des vêtements dont les élèves de première année devront obligatoirement être équipés:
1) Trois robes de travail (noires), modèle normal
2) Un chapeau pointu (noir)
3) Une paire de gants protecteur (en cuir de dragon ou autre matière semblable)
4) Une cape d'hiver (noire avec attaches d'argent)
Chaque vêtement devra porter une étiquette indiquant le nom de l'élève.
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Livres et manuels:
Chaque élève devra se procurer un exemplaire des ouvrages suivants:
Le livre des sorts et enchantements (niveau 1), de Miranda Fauconnette
Histoire de la magie, de Bathilda Tourdesac
Magie théorique, de Adalbert Lasornette
Manuel de métamorphose à l'usage des débutants, de Emeric é
Mille herbes et champignons magiques, de Phyllida Augirolle
Potions magiques, de Arsenius Beaulitron
Vie et habitat des animaux fantastiques, de Norbert Dragonneau
Forces obscures: comment s'en protéger, de Quentin Jentremble.
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Fournitures:
1 baguette magique
1 chaudron (modèle standard en étain, taille 2)
1 boîte de fioles en verre ou cristal
1 télescope
1 balance en cuivre
Les élèves peuvent également emporter un hibou OU un chat OU un crapaud.
IL EST RAPPELÉ AUX PARENTS QUE LES ÉLÈVES DE PREMIÈRE ANNÉE NE SONT PAS AUTORISÉS À POSSÉDER LEUR PROPRE BALAI.
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Cara ne savait pas quoi en penser. Peut-être était-ce encore une blague de Jon? Non, il n'aurait pas été assez intelligent pour sortir de telles balivernes. Elle relu le parchemin une seconde fois pour bien analyser chaque mots et s'assurer de sa véracité, mais il n'y avait pas de doutes. Qui aurait bien put avoir l'idée de mettre en vêtements une paire de gants en peau de dragon? Ce qui voulait dire, que les dragons existaient vraiment! Cara agrandit de nouveaux les yeux et ouvrit la bouche à se l'en déboîter. Des dragons? De la magie? Était-ce réellement possible que tout cela soit vrai? Elle ne savait qu'en penser.
Devant l'air totalement désemparé et éberlué de la petite fille, Eleanor s'empara de la lettre et commença à la parcourir avant de prendre le second parchemin des mains figées de Cara. Elle tira la chaise et s'y affaissa lourdement, comme pour éviter de s'étaler au sol. Après cinq bonnes minutes passées à lire et relire les parchemins, Eleanor daigna enfin lever les yeux vers la petite fille. Elle sonda l'enfant, comme pour chercher en elle ce qui lui avait échappé jusqu'à présent. La petite fille était une sorcière. Était-ce possible? La femme brune continua de regarder la petite fille, SA petite fille, cherchant désespérément des réponses.
Cara sembla enfin reprendre conscience, et déplia difficilement le troisième et dernier parchemin, agitée de tremblements. Elle commença à lire la lettre, et fut vaguement soulagée, mais arrivée à la fin de la lettre, elle ne savait plus trop si elle l'était vraiment ou si elle était plus inquiète.
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Chère Mlle Dauclaire,
Étant donné votre mode de vie (famille d'accueil moldue), le directeur Albus Dumbledore et moi-même avons décidé de vous envoyer un professeur afin de vous aider à vous procurer toutes ces fournitures.
Nous tenons aussi à vous informer que vos défunts parents avaient en leur possession un coffre à la banque des sorciers Gringotts où vous trouverez assez d'argent pour payer ces fournitures.
Le professeur en question se rendra à votre domicile le 1er septembre à l'aube.
Veuillez croire, chère Mlle Dauclaire, en l'expression de nos sentiments distingués.
Minerva McGonagall
Directrice-adjointe
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Cara reposa la lettre et s'adossa contre le dossier de la chaise, pensive. Son ventre se réveilla et gargouilla, lui laissant une sensation dérangeante dans l'estomac. C'était exactement cette sensation qui l'emplissait toute entière en ce moment même: dérangeante. Elle avait l'impression de ne plus être elle-même, d'être étrangère à ce corps. Eleanor posa à son tour les parchemins, puis regarda sa petite fille et ne put s'empêcher d'esquisser un sourire aimant en la couvant du regard. Elle se leva et prit l'enfant dans ses bras pour la rassurer.
- Je savais que tu étais extraordinaire mon ange, lui susurra-t-elle à l'oreille avant de lui déposer un baiser sur la tempe.
Cara eut un léger frémissement au coin de la bouche, puis suivit la femme jusqu'à la salle à manger pour combler le vide dans son estomac. Une fois le petit-déjeuner terminé, l'enfant s'empressa de ranger tous les papiers pour les cacher à Robert ou même à Jon. Ces derniers n'auraient pas eu la même réaction en apprenant qu'elle était une sorcière. Elle les cacha sous son draps-housse puis alla se doucher. Se laver lui fit du bien, cela lui permettait de penser. Une fois propre et habillée, elle aida la femme à ranger et nettoyer la maison pendant que Jon prenait tranquillement son petit-déjeuner. Il profita de l'inattention de sa mère pour verser le seau d'eau du paver sur Cara avant de s'enfuir en courant hors de la maison. Il ne revint pas avant la fin d'après-midi. Cara alla traîner dans la ville, discutant avec les voisins et s'amusant avec quelques enfants présents dans le voisinage. Sa journée passa doucement, comme toutes les autres. Elle n'aimait pas l'été. Il faisait beaucoup trop chaud, et la plupart des personnes qu'elle connaissait s'en allaient en vacances, la laissant seule avec Jon et ses pitoyables copains.
Aujourd'hui elle n'avait pensé qu'à une seule chose: Poudlard. Plus elle y pensait, et plus elle se persuadait de son existence. Elle aurait voulut en savoir un peu plus, mais elle doutait qu'il y ait une tonne d'informations sur internet ou de bouquins relatant l'existence d'une école de magie en Angleterre. Les sorciers vivaient-ils depuis longtemps avec eux? Étaient-ils différents, reconnaissables? Allait-elle apprendre à devenir invisible ou à faire apparaître des objets? Peut-être qu'elle pourrait transformer Robert en un animal répugnant pour éviter qu'il ne blesse davantage Eleanor. Ses méninges n'arrêtèrent pas de fonctionner de toute la journée. Le sommeil fut donc le bienvenu pour apaiser le mal de crâne qui s'était installé.
Le 31 juillet, un hibou vint se percher au rebord de sa fenêtre, attendant qu'on lui donne un parchemin de réponse. Cara soupira, tira la chaise de son bureau, sortit une feuille et un stylo, puis regarda le blanc étincelant du papier, ne sachant que écrire. Que devait-elle dire?
«Oui j'accepte d'étudier la sorcellerie dans votre école»?
«Non merci, je préfère mener une existence normale.»?
Elle n'en avait absolument aucune idée. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle était curieuse et que de penser à refuser lui tordait le ventre en deux. Elle soupira derechef puis se pencha sur le papier. Elle laissa le stylo à quelques centimètres de la feuille immaculée, attendant l'inspiration, mais elle ne put se résoudre à écrire quoique se soit avant que son avant-bras ne commence à lui faire mal. Elle se força à poser le stylo sur la feuille et commença à tracer une boucle. Elle se décida à écrire quelque chose, peu importe quoi, du moment qu'elle renvoyait le hibou.
Après quelques minutes de silence où seuls les bruits de la bille du stylo et de ses expirations se faisaient entendre, Cara se redressa, posa le stylo et leva le lettre devant ses yeux pour se relire.
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Chère Madame McGonagall,
Je suis heureuse d'apprendre cette nouvelle et j'espère vous revoir le 1er septembre à l'école Poudlard pour découvrir la sorcellerie.
Je vous remercie de m'envoyer de l'aide, je ne pense pas y arriver sans cela, je n'ai pas connaissance d'aucun magasin où trouver ces sortes d'équipements.
Veuillez agréer à mes sentiments les plus sincères.
Cara Dauclaire.
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Elle roula le papier puis essaya de l'attacher tant bien que mal à la patte du hibou impatient. Après cinq minutes à batailler, le papier était fermement accroché au volatile qui ne tarda pas à s'éloigner. Elle regarda le rapace voler jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement. L'enfant regarda encore quelques minutes le ciel teinté d'orangé, laissant de beaux reflets scintiller sur l'herbe encore humide de la rosée matinale, dessinant des ombres sur les feuilles du cerisier bien garni planté devant sa fenêtre, puis elle se détourna du splendide spectacle et descendit petit-déjeuner. Sa journée se passa aussi normalement que les précédentes, même si cette fois, elle était débarrassée d'un poids qui pesait en elle. Le hibou était envoyé, elle ne pouvait pas faire marche arrière, et ni Robert ni Jon ne pourraient l'empêcher d'aller dans cette école. Ceci suffit à embellir sa journée et enjouer son humeur. Elle était impatiente d'être le premier septembre.
Le 31 Août au soir, Cara n'arrivait pas à trouver le sommeil. Elle avait peur de ne pas se réveiller, de louper le professeur, ou que quelque chose d'autre l'empêchant d'aller à Poudlard n'arrive. Elle avait donc beau se tourner et se retourner, ouvrir et fermer la fenêtre, enlever et remettre la couette, elle ne trouvait pas le sommeil. Elle décida alors de garder les yeux ouvert jusqu'à ce qu'ils la piquent. Elle éclaira sa lampe de chevet, ouvrit une valise et décida de préparer son bagage. Elle commença par les sous-vêtements en les plaquant bien sur le côté. Puis elle passa aux pantalons, en empilant quelque-uns avec des jupes et des robes. Ensuite, elle entassa des t-shirts, débardeurs et pulls. Enfin, elle mit quelques paires de chaussures et des objets chers à ses yeux comme une photo de ses parents biologiques et le journal intime de la fille de ses parents adoptifs, considérée comme sa grande sœur, morte elle aussi dans l'accident.
Après avoir vérifié qu'elle avait tout prit dans sa chambre, elle sortit silencieusement dans le couloir et marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la salle de bain. Elle prit une brosse à cheveux, une brosse à dent, une crème hydratante et une lotion nettoyante, un dentifrice et un flacon de parfum avant de repartir discrètement jusqu'à sa chambre. Elle rangea le tout dans la valise, y balança un pyjama, puis prépara sa tenue pour le lendemain, enfin pour dans quelques heures plutôt. Sa valise prête, elle se recoucha, les yeux humides, et s'endormit d'un trait.
Se fut un léger bruit qui la sortit de son inconscience. Elle n'ouvrit pas les yeux, attendant qu'il y ai un autre bruit pour sortir totalement de sa somnolence. Le son se répéta, légèrement plus fort que le précédent. Cette fois-ci, elle ouvrit les yeux, attentive. Elle parcourut la pièce du regard, cherchant la provenance du son, mais elle dû faire le retour pour en voir la raison.
Elle sursauta et se projeta malgré elle en arrière, tombant à la renverse à côté du lit, les pieds en l'air emmêlés dans les draps, la tête endolorie. Elle s'extirpa brutalement des draps, entendant un déchirement de tissu, puis se redressa pour regarder de nouveau vers la fenêtre. Un homme vêtu d'une longue cape noire, se tenait sur l'étroit rebord de sa fenêtre et la fixait de ses yeux noisette. Sa panique s'évanouit quand elle se rappela du jour et de l'heure qu'il était. Le 1er septembre, à l'aube. C'était sûrement le professeur envoyé. Qui d'autre aurait put porter une telle cape de toute manière ? Elle alla vite ouvrir la fenêtre pour qu'il soit plus à son aise et jeta un coup d'œil au réveil sur sa table de chevet. Il indiquait 06h00. Elle n'avait dormit que trois heures. Elle sentait encore la chaleur de l'oreiller sur sa joue, pensant qu'elle devait avoir une trace rouge du côté droit du visage. Ses membres étaient tous engourdis et ses yeux lui piquaient atrocement, gonflés et tous humides.
L'homme avait sauté agilement à l'intérieur de la chambre puis avait refermé la fenêtre pour éviter de geler la petite fille. Il toisa l'enfant et eut quelques remords d'être venu si tôt. La petite avait les cheveux en bataille, les yeux rouges, gonflés et brillants, une trace rouge s'était formé en travers de sa joue droite, et elle ne cessait de bailler en regardant son réveil. Le professeur fit un pas vers elle en laissant tout de même un large espace entre eux deux, puis tendit une main. L'enfant jeta un coup d'œil à l'homme puis esquissa presque immédiatement un sourire en lui serrant le main.
- Je suis le professeur Lupin. Je n'exerce pas cette année, mais vu que mes collègues sont occupés à préparer la rentrée, c'est moi qui me charge de t'amener faire tes achats, dit-il en la regardant d'un air très amical.
- Enchanté Monsieur Lupin. Cara Dauclaire, répondit la petite fille sans se dévêtir de son sourire franc.
- Je vois que ta valise est prête. Peut-être voudrais-tu quelques minutes à toi pour te réveiller et te préparer convenablement? Fit Lupin en voyant qu'elle amorçait un geste vers un petit tas de vêtement posé sur une commode.
- Hum... oui, merci.
L'homme se retourna vivement pour ressortir par la fenêtre, mais la voix de la petite fille l'interrompit.
- Non, Monsieur! S'empressa-t-elle de le retenir. Restez à l'intérieur, n'attendez pas dans le froid, poursuivit-elle précipitamment.
Elle ouvrit la porte de sa chambre et l'invita à patienter dans la maison au lieu de dehors.
- Juste, essayez de vous faire discret en m'attendant s'il vous plaît. Je serai rapide, chuchota-t-elle alors qu'il passait devant elle pour rejoindre le couloir.
- Oh, ne vous en faîtes pas, je ne pensais même pas que vous aviez fait vos valises, ça nous fera gagner du temps, lança-t-il en souriant après avoir passé le pas de la porte.
Cara referma puis s'empressa d'ôter son pyjama et d'enfiler la tenue qu'elle avait préparé. Elle fit son lit, plia son pyjama, referma définitivement sa valise puis alla se débarbouilla à la salle de bain. Elle descendit après cinq minutes et se servit quelque chose à manger, proposant un met au professeur qu'il refusa poliment, et engloutit un petit-déjeuner rapide avant d'enfiler une veste sur ses épaules. Le professeur avait déjà empoigné sa valise et l'attendait devant la porte d'entrée. Elle le rejoignit en vitesse et ils sortirent.
- J'ai profité de mon temps d'attente pour laisser un mot à Mr et Mme Miller pour les informer que j'étais venu te chercher pour t'amener faire tes achats et t'accompagner jusqu'au quai, précisa-t-il alors qu'ils avançaient sur le petit chemin de galets.
Cara hocha doucement la tête puis s'arrêta aux côtés du professeur, qui scrutait l'horizon, cherchant une quelconque présence. Voyant que les rideaux étaient tirés et que la rue était entièrement vide, il tendit son coude à Cara.
- Accroche-toi fermement à mon bras. Tiens-toi très fort Cara, dit-il en la regardant sérieusement.
Elle eut un peu peur, mais n'avait pas d'autre choix que d'obtempérer rapidement. Elle attrapa des deux mains le bras de l'homme et s'accrocha du mieux qu'elle put. Elle remarqua tout de même que l'homme avait la main autour d'un de ses poignet, au cas où. Puis un bang retentit dans ses oreilles et elle fut comme aspirée. Elle comprit pourquoi elle devait le tenir fermement. Le sol s'était dérobé sous ses pieds alors qu'elle voyait des paysages défiler à une vitesse affolante, ne pouvant discerner que quelques couleurs majeures. Elle sentait se corps s'étirer vers le bas, comme s'il voulait rejoindre la terre. Ses organes étaient eux aussi étirés, créant une sensation désagréable qui la poussait à clore ses lèvres afin d'éviter de vomir.
Puis d'un coup, ses pieds heurtèrent le sol dur, provoquant une légère douleur dans ses talons. Ses genoux vacillèrent sous le choc et elle faillit tomber. Lupin la rattrapa et l'aida à s'asseoir doucement.
Cara resta assise une petite minute, le temps de retrouver ses esprits et de remettre en place ses organes, puis elle se releva. Elle regarda autour d'elle et se demanda où elle était. L'avenue de maisonnettes toutes similaires et parfaitement entretenues avait laissé place à une allée avec de grands bâtiments dont la plupart avait différents magasins au rez-de-chaussée. Les bâtiments n'étaient pas très haut et assez vieux, d'une couleur foncé en briques, aux toits en tuiles noires et dont les façades des magasins penchaient dangereusement vers l'avant. L'aube s'était levée et effaçait l'obscurité qui emplissait cette rue déjà assez lugubre. Quelques personnes étaient déjà présentes, toutes vêtues de longues capes aux couleurs foncées et aux chapeaux pointus. La rue était faite de paver clairs pas toujours posé à la même hauteur, ce qui créait un effet de vague et qui forçait Cara à regarder constamment où elle posait les pieds pour éviter de piquer du nez.
- Où sommes-nous? Demanda-t-elle finalement, après quelques minutes d'observation silencieuse.
- Sur le Chemin de Traverse, répondit-il le plus naturellement du monde.
- Ah! C'est là que je dois acheter mes affaires, je m'en rappelle, éluda-t-elle en se remémorant le parchemin.
- Oui, mais d'abord on va aller à Gringotts pour ton argent.
Il montra une grande bâtisse dont les piliers étaient de travers où, à l'intersection, trônait fièrement le nom de Banque Gringotts en lettres dorées. Ils y entrèrent et Cara découvrit un immense hall au haut plafond en arc avec des magnifiques lustres qui ornaient le plafond si spacieux et lumineux. De chaque côté de la pièce était disposé deux longs bureaux séparés d'où dépassaient de petits hommes aux oreilles pointus et aux regards méprisants. Chaque petit homme avait son bureau aligné à celui des autres, et ces deux longues tables formaient un couloir jusqu'à un grand guichet que Cara n'atteignait pas. Ils avancèrent jusqu'au guichet et Lupin prit la parole.
- Bonjour, nous venons Mademoiselle Dauclaire et moi pour retirer de l'argent de son coffre, dit-il au petit homme que Cara ne pouvait pas voir.
- Et Mademoiselle Dauclaire a-t-elle sa clé? Répondit une voix flûtée méprisante et hautaine.
- Oui, je l'ai.
Lupin plongea sa main dans une poche et en ressortit une clé dorée qu'il présenta au petit homme.
- Très bien, suivez moi je vous prie, lança la petite créature avec un peu moins de mépris.
L'homme et la petite fille s'exécutèrent et suivirent le petit être en costume élégant jusqu'à une seconde porte où un autre petit être les attendait. Cara vit des rails sinuer à travers les roches qui remontaient bien au-dessus d'elle et profondément au-dessous d'elle. Elle ferma instinctivement ses bras autour d'elle, sentant le froid pénétrer sur sa peau.
- Suivez-moi s'il vous plaît, fit le second être en se tournant vers une machine posée sur les rails.
Cara, trop absorbée par le décor, n'y fit pas attention et sentit une main attraper doucement son bras pour la tirer de ses rêveries. Elle suivit le petit être et monta, après hésitation, dans la machine. Elle s'assit sur la banquette aux côtés du professeur Lupin, face à l'être aux oreilles pointues, et celui-ci descendit une manivelle pour faire trois tours. La petite fille fut projetée en avant et elle sentit un bras s'abattre sur ses cuisses pour éviter qu'elle ne tombe.
La machine avançait à toute allure, tournant sur elle-même pour amorcer les descentes, les montées et les virages, puis s'arrêta finalement. L'être descendit sans mal de la machine.
- Coffre numéro 634. Clé s'il vous plaît, cita-t-il en tendant la main vers Lupin.
Il s'avança de ses petits pas clopinant vers la grande porte ronde qui le dépassait de trois bons mètres, et enfonça la petite clé dans la serrure, fit un tour et ouvrit la porte. Cara, qui était entrain de descendre maladroitement de la machine, ouvrit d'énormes yeux en voyant le tas doré briller à l'intérieur du coffre. Lupin sortit d'une poche une bourse épaisse mais vide qu'il tendit au petit être.
- 100 Gallions s'il vous plaît, dit-il sans hésiter.
- Des gallions? Qu'est-ce que c'est que des gallions? S'étonna Cara en tournant la tête vers le professeur, en profitant pour mieux le détailler.
- La monnaie des sorciers. Les gallions sont la monnaie la plus chère, puis viens les mornilles et les noises, expliqua-t-il avec un léger sourire amusé.
Il avait des cheveux châtains en bataille, un visage pâle, des cernes violettes, et une balafre sur la joue gauche. Il était grand mais visiblement mince. Ses vêtements étaient vieux et usés. Cara eut un peu de peine en le voyant ainsi, si aimable et amical mais dans un piteux état.
Le petit être ressortit du coffre et tendit la bourse à Lupin qui la rangea de nouveau dans sa poche. Il fit remonter Cara dans la machine puis ils attendirent que le petit homme remonte dans la machine pour repartir. La petite fille supporta mieux le chemin retour, sachant à quoi s'attendre. Ils ressortirent de la banque et elle fut heureuse de voir la lumière du jour et de sentir l'air frais sur son visage.
- Bon, on va s'occuper en priorité de ce qui t'es indispensable, lâcha-t-il en continuant d'avancer dans l'allée désormais un peu plus pleine qu'à l'aller.
- Mais, j'ai besoin de tout ce qu'il y a sur la liste, non? Demanda-t-elle, étonnée.
- Oui, mais on n'a pas beaucoup de temps. S'il te manque certaines choses, je pourrai te les envoyer plus tard à Poudlard. Mais il faut avant tout que tu ais ta baguette et ta robe de sorcière. Alors on va chez Ollivander, expliqua-t-il en marchant jusqu'à arriver devant un magasin à la façade noire dont les lettre blanches affichaient « Ollivander ».
Cara entra dans le magasin et vit un nombre incalculable de longues boîtes étroites empilées les unes sur les autres. Le magasin n'était pas très ordonné et il y avait quelques traces de verre cassé et de brûlures par-ci par-là.
- Ah! Une nouvelle élève! Fit une voix âgée et dénuée de rocs.
L'enfant tourna la tête et vit un vieil homme mince aux cheveux blancs immaculés, des lunettes rondes posées sur le bout de son nez aquilin et un costume trois pièce qui paraissait assez confortable. Le vieil homme affichait un air réjoui et impatient. Il s'avança vers la petite fille et se présenta vaguement avant de l'amener un peu plus loin dans le magasin.
Il lui fit tendre son bras porteur, et mesura de l'épaule jusqu'au bout des doigts, puis du poignet jusqu'au coude, la hauteur de l'épaule jusqu'aux pieds, puis du genou à l'aisselle et finit par mesurer son tour de tête. Elle fut étonnée de toutes ces mesures, mais n'en pipa mot. Il lui demanda son mois d'anniversaire et se dirigea vers un rayon différent.
Il grimpa sur son interminable échelle et en tira une boîte. Il l'ouvrit et lui tendit. Un bâton_ baguette_ était délicatement posé sur un petit papier de soie bleu marine. D'un noir corbeaux, lisse et légèrement courbée, la baguette n'inspirait pas Cara. Cette dernière tendit deux doigts, mais à peine l'eut-elle frôlée, qu'un éclair bleu s'en échappa et fit sauter la lumière au-dessus d'eux.
- Certainement pas! Lâcha le vieil homme en refermant la boîte.
Il prit quelques instants pour réfléchir puis déplaça son échelle vers la droite. Il descendit de plusieurs marches et prit une nouvelle boîte. Il la tendit de nouveaux à Cara. Une baguette marron foncé luisante aux ornements omniprésents reposait sur un papier de soie bordeaux. Elle attrapa prudemment la baguette entre ses doigts, puis fit un léger mouvement. Une langue de feu s'échappa du bout de la baguette, effrayant la petite fille qui lâcha aussitôt l'objet ensorcelé. Ollivander enferma la baguette et redescendit de son échelle, songeur.
- Peut-être qu'il te faudrait quelque chose de plus doux, fit-il en regardant les grands yeux verts-bleus de la petite-fille.
Il tendit son vieux bras faiblard vers une autre boîte, l'ouvrit, et la pencha vers l'enfant. Sur un petit papier de soie marron, une baguette droite blanc cassé aux légères arabesques dorées sur le manche plus épais, était entreposée. Cara la trouva très jolie, comme la précédente d'ailleurs, alors elle la prit entre ses deux doigts et une vague de chaleur l'épousa, la faisant frissonner de plaisir.
- Ah! Parfait! Absolument parfait! S'écria Ollivander en refermant la boîte vide.
Il emmena l'enfant au comptoir et regarda de plus près la baguette.
- Du bois d'aune, 25,5cm, plutôt souple, une plume de phénix. Rien ne vous résistera ma chère, même sans prononcer un mot, la baguette s'exécutera parfaitement!
Il encaissa la petite fille, puis Cara suivit Lupin. Il l'amena ensuite dans un magasin de vêtements « Madame Guipure ». La petite femme rondouillarde prit elle aussi les mesures de la petite-fille et lui confectionna une robe de sorcière. Une quinzaine de minutes après, ils étaient ressortis. Il allèrent acheter le chaudron et les fioles, ainsi que le télescope et la balance en cuivre. Enfin, ils se rendirent chez Fleury et Bott pour acheter les bouquins. Lupin planta tous les livres dans le chaudron, puis s'installa dans la file d'attente. Juste devant eux, se trouvait un homme immense aux épais cheveux touffus noirs. Lupin plissa les yeux.
- Hagrid? Fit-il d'un ton étonné.
Le grand homme s'arrêta de parler et se tourna vers Cara et Lupin.
- Oh! Remus! Quelle surprise de te voir là! Ça fait vraiment plaisir! S'exclamât le géant en secouant vivement la main du professeur, tout aussi heureux de voir son ami.
- Ça faisait vraiment longtemps! Qu'est-ce que tu fais là? S'étonna le professeur en interrogeant Hagrid du regard.
- Oh, comme tu peux le voir, j'accompagne le petit Harry pour faire ses courses, lança-t-il fièrement en désignant un petit garçon aux cheveux lisses emmêlés d'un noir de jais.
Lupin ne répondit pas et fixa le garçon, Cara l'imita. Il portait des lunettes rondes qui cachaient en partie ses beaux yeux verts. Ses cheveux en bataille tombaient négligemment sur son front, d'où apparaissait brièvement une cicatrice. Lui aussi était habillé d'un jean et d'un t-shirt, ne portant pas de robes de sorciers. Un silence gênant s'était installé pendant que tous deux fixaient Harry. Hagrid se racla la gorge et reprit la parole.
- Et toi Remus? C'est bien le dernier endroit où je pensais te trouver! Minauda le géant en souriant.
- Moi aussi j'accompagne une nouvelle élève, Cara Dauclaire, dit-il en désignant furtivement la petite brune aux yeux verts en amande.
- Ah toi aussi tu es nouvelle! S'exclama Harry, enchanté de rencontrer quelqu'un d'aussi perdu que lui.
- Oui! C'est un peu bizarre tout ça, je n'y crois pas encore vraiment, lança-t-elle, rassurée de ne pas être la seule nouvelle venue à ne rien comprendre à ce monde.
Harry hocha vigoureusement la tête et ils échangèrent un regard qui sonnait de la même incompréhension. Cara lui sourit, un peu soulagée tout de même. Harry et Hagrid furent encaissés et s'éloignèrent. Une fois que Cara eut payé ses livres, Remus Lupin l'amena vite jusqu'à la gare et lui donna son billet. Elle prit tout de même la peine de le lire et fut étonnée.
- La voie 9 ¾? Comment il peut y avoir une voie 9 ¾? S'enquit-elle en suivant l'homme.
- C'est une voie dans le monde des sorciers qui se trouve entre la voie 9 et 10 du monde moldu. Expliqua sereinement le professeur.
- Mais, que veut dire « moldu » exactement?
- Les moldus sont les personnes qui n'ont pas de dons magiques, donc, qui ne sont pas des sorciers.
Elle comprit mieux. Ils arrivèrent enfin entre la voie 9 et 10. Lupin s'arrêta face à un mur et attendit que tous les moldus aient disparus du secteur.
- Attrape mon bras et suis-moi sans avoir peur, d'accord? On va traverser le mur. C'est un portail. Tu ne te fera pas mal mais tu ne dois pas t'arrêter, dit-il d'une voix d'où perçait l'appréhension.
Peut-être avait-il peur de la réaction de Cara, car lui, paraissait tout à fait calme. La petite fille expira longuement et prit sur elle. Elle attrapa de nouveau le bras de l'homme mais en serrant moins sa prise, et le suivit en trottinant à côté de lui. Lorsqu'ils arrivèrent contre le mur, elle ne put s'empêcher de fermer les yeux, et se força à les rouvrir après quelques secondes, n'ayant pas senti de résistance. Elle se trouvait sur un quai où était arrêté un train rouge et noir avec une cheminée d'où sortait une épaisse fumée blanche. Le quai était bondé de monde. La majorité en robe de sorciers, traînant des chariots remplis de valises et de cages à hiboux. Ils parlaient en vitesse ou montaient difficilement dans le train. Lupin l'amena vers le fond du quai, là où il y avait un peu moins de monde. Il monta la valise dans le train puis s'arrêta face à la petite fille.
- Merci beaucoup pour votre aide professeur Lupin, dit-elle poliment en esquissant un large sourire franc et pétillant.
- Oh, je ne suis pas ton professeur, tu peux m'appeler Lupin, dit-il en dessinant un sourire en coin.
Ils se serrèrent la main puis il descendit du train en lui adressant un au revoir d'un signe de main. Elle traîna sa valise derrière elle en cherchant une place dans un des compartiments, mais ils étaient tous occupés. Elle finit par ouvrir la porte d'un compartiment où il n'y avait que deux personnes, un garçon blond, et une fille asiatique aux cheveux raides noirs. Elle demanda à s'installer avec eux, puis après avoir posé sa valise sur le repose bagages, elle s'assit à côté de la fille et en face du blond.
- Je m'appelle Cara Dauclaire, dit-elle en souriant aimablement pour entamer une conversation.
- Les deux autres enfants se tournèrent vers elle, un peu étonné mais contents qu'elle se lance la première.
- Moi, c'est Justin Finch-Fletchley, répondit joyeusement le garçon.
- Cho Chang, fit timidement la petite asiatique au visage poupin.
Cara lui adressa un grand sourire pour l'encourager, et continua la conversation.
- Vous étiez au courant vous qu'il existait une école de magie? S'empressa-t-elle de demander aux deux autres enfants.
- Ben oui! S'exclama Justin en prenant un air étonné. Moi, mes parents sont des sorciers, alors je sais depuis tout petit que ça existe. Tu ne le savais pas?
- Non. Je l'ai appris quand j'ai reçu ma lettre.
- Tu vis avec des moldus? Demanda poliment Cho en jetant un rapide coup d'œil à la tenue de Cara.
- Euh oui. Mais ce ne sont pas mes vrais parents.
Les deux élèves tournèrent instantanément la tête vers Cara pour la dévisager. Justin avait haussé les sourcils, tandis que Cho les avait froncés.
- Alors, qui sont-ils? Demanda cette dernière, prise d'un sentiment de curiosité et d'étonnement.
- Une famille d'accueil.
- Qu'est-il arrivé à tes parents? S'empressa Justin sans être discret.
Cho lui lança un lourd regard de reproches puis finit par se tourner vers Cara, attendant elle aussi la réponse.
- Ils sont morts. Je ne sais pas comment. En fait, personne ne le sait vraiment, finit-elle par lâcher.
Cho avait entrouvert la bouche, comme pour dire quelque chose, mais s'était apparemment ravisée. Elle regardait Cara avec des yeux pleins de compassion, le même que tous ceux à qui Cara raconte l'histoire. Justin s'était lourdement adossé contre la banquette en ouvrant un paquet de friandises. Il leva les yeux vers la petite brune aux yeux verts et la toisa quelques instants avant de retourner à ses friandises.
- Qu'est-ce que tu as fait après leur mort? Continua-t-il en gardant les yeux baissés sur ses bonbons.
Cho ne put s'empêcher de lâcher un grognement réprobateur.
- J'ai été adoptée par une autre famille, répondit-elle simplement.
- Ah, la famille d'accueil? Éluda le garçon.
- Non, une famille adoptive. J'aurai été leur fille. Mais ils sont eux aussi morts. Dans un accident de voiture.
Cette fois-ci, Justin s'était arrêté en plein élan, la bouche grande ouverte et la main à mi-chemin entre le paquet de friandises et sa bouche. Les yeux levés vers elle pour chercher à savoir si elle se jouait de lui ou non. Cho avait plaqué sa main sur sa bouche pour éviter de lâcher un quelconque bruit, et regardait Cara en appréhendant un effondrement soudain.
Cette dernière connaissait parfaitement les réactions des personnes quand elle répondait à leurs questions les plus indiscrètes. Elle n'avait rencontré que deux types de personnes jusqu'à présent: celle avides de savoir qui posaient une multitudes de questions, et celles avides de savoir qui écoutaient attentivement les réponses aux questions. Elle avait les deux modèles représentatifs avec elle. Elle ne savait pas encore lequel elle détestait le plus.
Cho se racla bruyamment la gorge puis changea de sujet.
- Hum, sinon, vous voudriez être dans quelle maison vous?
- Moi à Gryffondor! Se sont les plus courageux! S'exclama le blond en redevenant soudain très enthousiaste.
- Oui mais il ne suffit pas d'être courageux, il faut aussi être assez intelligent pour ne pas faire des choses insensés, répliqua la petite asiatique.
- Toi tu irais bien à Serdaigle!
- J'y compte bien. Et toi Cara, tu aimerais aller dans quelle maison? S'enquit-elle en se tournant vers la petite brune.
- Euh... je ne sais pas. Je ne sais même pas ce que sont ces maisons, expliqua-t-elle timidement en évitant de regarder les deux autres enfants dans les yeux.
Le silence qui s'en suivit parlait de lui-même.
- Tu ne connais pas les différentes maisons de Poudlard? S'écria presque Justin.
- Justin! Je te rappelle qu'elle vivait avec des moldus! S'énerva finalement Cho en lançant un regard noir au petit garçon.
Justin s'affaissa sur lui-même et écouta simplement Cho expliquer à Cara le système de répartition des élèves.
- Poudlard répartit ses élèves dans quatre grandes maisons. Elles ont été fondées en même temps que le château par quatre grands sorciers: Godric Gryffondor qui créa la maison Gryffondor dont le symbole est le lion, pour représenter le courage de ces derniers, Rowena Serdaigle qui créa la maison Serdaigle dont le symbole est un aigle, pour représenter l'intelligence de ces derniers, Helga Poufsouffle qui créa la maison Poufsouffle dont le symbole est un blaireau, pour représenter la loyauté de ces derniers, et enfin, Salazar Serpentard qui créa la maison Serpentard dont le symbole est un serpent, pour représenter la ruse de ces derniers. Lors de la répartition, tu es envoyée dans une de ces quatre maisons en fonction de ta personnalité et de tes capacités. Tu vivras pendant sept ans avec les autres élèves de ta maison et partagera l'ambition de gagner le trophée des quatre maisons.
- Le trophée des quatre maisons?
- Au cours de l'année, des points sont ajoutés ou enlevés aux différentes maisons par les professeurs et préfets pour féliciter ou réprimander les élèves dans leurs actions et dires. À la fin de l'année, la maison qui a le plus de points dans son sablier remporte le trophée et voit la grande salle décorée aux couleurs de sa maison. La salle sera décoré de cette même couleur tout au long de l'année suivante, expliqua fièrement Cho.
- Et si on est tout ça à la fois? Je veux dire, courageux, intelligent, loyal et rusé? Comment font-ils?
- Oh, il y a toujours une part plus importante en toi. Et puis ça dépend aussi de tes capacités et de tes envies.
Cara allait répliquer, mais la porte du compartiment s'ouvrit soudainement, les faisant tous trois sursauter. Une petite fille en robe de sorcière aux cheveux bruns touffus et aux yeux bruns les regardait d'un air hautain.
- Excusez-moi, mon ami a perdu son crapaud, vous ne l'auriez pas vu par hasard? Demanda-t-elle rapidement, fouillant le compartiment du regard.
- Non désolé, répondirent Cho en Justin en chœur.
Alors qu'elle allait refermer la porte, Cara l'interpella.
- Tu veux de l'aide pour le retrouver? Proposa-t-elle poliment.
La fille brune se tourna légèrement pour regarder Cara et la jugea du regard un instant.
- Si tu le vois, viens me chercher ou trouve Neville Londubat, répliqua-t-elle sèchement avant de se retourner et de fermer la porte.
Les trois enfants se toisèrent rapidement du regard d'un même air étonné. Le reste du voyage fut long et ennuyant. Ils cherchèrent le crapaud, puis une fois trouvé retournèrent dans le compartiment. Cho et Justin lui expliquèrent beaucoup de choses sur Poudlard et le monde magique.
Cara se sentait un peu moins anxieuse quant à sa rentrée au collège, mais était tout de même étonnée de ne pas encore s'être réveillée en sursaut pour découvrir que tout ça n'était qu'un rêve.
À 18h00, le train s'arrêta et ils descendirent tous leurs bagages puis rejoignirent le quai. Il était bondé de monde et Cara ne savait absolument pas où aller, qui suivre. Mais une grosse voix qu'elle connaissait surpassait toutes les discutions.
- Les premières années par ici! Venez par-là et suivez-moi! Allez allez, on se dépêche! Les premières années par ici!
Cara tourna la tête en direction de la voix, et esquissa un léger sourire en voyant qu'elle avait une bonne mémoire auditive. La grosse voix provenait du grand homme que Remus et elle avaient croisés chez Fleury et Bott le matin même. Elle se dirigea joyeusement vers lui, laissant sa valise à l'endroit indiqué, puis se mit en marche derrière Hagrid.
Ils quittèrent la gare et arpentèrent un chemin à travers le bois. La nuit était déjà tombée malgré l'heure et rendait l'avancée plus difficile encore. Après cinq bonnes minutes à marcher en essayant de ne pas trébucher, le groupe s'immobilisa derrière Hagrid qui se tourna vers eux.
- Vous allez monter par groupes de quatre dans les barques. Je ne veux pas qu'une barque s'éloigne si quatre élèves ne sont pas présent à l'intérieur! Allez-y.
Il se poussa sur le côté et laissa aux élèves un panorama époustouflant. Devant eux se trouvait un immense lac sombre sur lequel flottait une multitude de barques claires dans lesquelles étaient suspendues des lanternes éclairées. En face d'eux, sur des rochers taillés et gargantuesques, se dressait un immense château aux tours pointues et aux fenêtres éclairées.
Cara ouvrit inconsciemment la bouche en admirant la vue. Elle fut bousculée et reprit ses esprits. Une barque face à elle ne comportait que deux élèves alors elle s'y glissa agilement et attendit le quatrième élève avant que la barque ensorcelée ne s'éloigne de la rive. Elle était tellement absorbée par le décor qu'elle n'avait même pas entendu le garçon en face d'elle lui poser une question. Ce ne fut que lorsqu'il lui donna une tape sur l'épaule qu'elle en prit conscience.
- Pardon? Minauda-t-elle en regardant le blond platine dans les yeux.
- Je t'ai demandé qui tu étais, cracha le blond.
- Cara Dauclaire, répondit-elle d'un ton sec.
Les éclairs dans les yeux aciers du garçon disparurent et un demi sourire en coin prit place à la commissure de ses lèvres.
- Drago Malefoy, cita-t-il en hochant légèrement la tête en guise de salutation.
Le petit trajet en barque fut agréable malgré l'air frais qui fouettait leurs visages enfantins. Il arrivèrent de l'autre côté de la rive et descendirent sur la terre ferme, puis repartirent en suivant toujours Hagrid. Il les amena le long d'un chemin aménagé jusqu'à une entrée du château, puis leur intima de monter les escaliers jusqu'à ce qu'une dame les arrête.
Le hall d'entrée était tout aussi grand que le reste, un plafond haut orné d'énormes lustres scintillants de milles feux, des tableaux probablement d'une valeur inestimable recouvraient la majeure partie des murs, les rambardes étaient vernies et parfaitement poncées, les escaliers étaient recouverts d'un large tapis rouge foncé qui leur indiquait la direction à prendre.
Ils montèrent les escaliers, ne sachant pas s'ils se finiraient un jour, puis ils virent une grande femme au visage ovale dur et aux lunettes fines et ovales. Vêtue d'une robe de sorcière vert émeraude et d'un chapeau pointu noir, elle toisait les élèves en attendant le silence.
- Suivez-moi je vous prie, lança-t-elle après quelques instants de silence avant de se retourner et d'avancer dans un couloir.
Le troupeau d'élèves avança d'un même pas, créant un bruit digne d'un rassemblement de pachydermes. La grande femme arriva devant une grande porte d'au moins cinq mètres et s'arrêta. Elle leur demanda de patienter puis s'éloigna. Cara était coincé entre trois filles et un garçon, serrée comme une sardine, lorsqu'elle entendit une voix méprisante et traînante prendre la parole.
- Alors c'est vrai? Fit la voix. On dit partout que Harry Potter était dans le train, c'est toi?
- Oui, répondit une seconde voix, sèche mais polie que Cara avait déjà entendue.
- Lui, c'est Crabbe et l'autre, c'est Goyle, continua la voix traînante passivement. Moi, je m'appelle Malefoy, Drago Malefoy.
Un ricanement sonna discrètement, mais pas assez pour que Malefoy le laisse passer.
- Mon nom te fait rire? Inutile de te demander le tien. Mon père m'a dit que tous les Weasley ont les cheveux roux, des tâches de rousseur et beaucoup trop d'enfants pour pouvoir les nourrir, lança le blond d'un ton dénigrant. Fais bien attention à qui tu fréquentes, Potter. Si tu veux éviter les gens douteux, je peux te donner des conseils, finit-il, suivit d'un silence.
Personne ne parlait et tout le monde regardait la scène, mais Cara, toujours coincée, n'arrivait pas à apercevoir les deux garçons. Mais la réponse fusa et elle n'eut pas besoin de voir pour comprendre.
- Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux, répondit Harry avec froideur.
- Si j'étais toi, je serais un peu plus prudent, Potter, répliqua lentement la voix traînante. Si tu n'es pas plus poli, tu vas finir comme tes parents. Eux aussi ont manqué de prudence. Si tu traîne avec de la racaille comme les Weasley ou ce Hagrid, ils finiront par déteindre sur toi.
Il y eut une vague de recul mais ça n'eut pas le temps d'aller plus loin car la grande femme était déjà de retour. Tous la suivirent, oubliant presque la scène qui venait de se dérouler. Elle poussa les grandes portes, et une immense salle prit place devant eux. Quatre longues tables étaient alignées verticalement le long de la pièce et menaient à une estrade où était disposée une autre table horizontale. Cara comprit que les quatre tables représentaient chacune des maisons et que la cinquième était celle des professeurs. Elle leva la tête et vit le haut plafond en arc d'une couleur foncée, comme si la pièce était à ciel ouvert mais avec une bonne centaine de chandelles flottant au-dessus de leur tête.
Ils continuèrent d'avancer jusqu'à l'estrade puis s'agglutinèrent devant, se collant les uns aux autres pour que tout le monde puisse s'entasser. Le silence revint tandis tous avaient les yeux rivés vers l'estrade. La grande femme déposa un tabouret sur l'estrade et mit un chapeau pointu vieux et usé sur le siège. Cara regarda le chapeau avec perplexité. À quoi cela rimait? Allait-elle devoir le faire disparaître, le faire voler ou le transformer pour être répartie dans une des maisons? Et si jamais elle n'y arrivait pas, allait-elle retourner chez les Miller? Rien que de penser à cela, son larynx se serra et l'empêcha de respirer normalement, augmentant la tension qui s'était emparé d'elle. Mais elle sursauta lorsque le vieux vêtement se mit à bouger et à parler. Elle écarquilla les yeux et vit une fente se mouver, là d'où provenait probablement le son lâché.
Le chapeau se mit à chanter, mais Cara n'y prêta aucune attention, toujours estomaquée de voir un tissu aussi putride ayant la capacité étonnante de bouger et surtout de parler voire même de chanter des paroles censée et mélodieuses. Elle ne quitta pas le chapeau de ses yeux agrandis et ne remarqua même pas qu'il avait cessé sa chanson. Les applaudissements qui avaient réveillé Cara s'estompèrent et la grande femme brune s'avança de nouveau en tenant entre ses longs doigts fins un rouleau de parchemin.
- Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret. Je commence: Abbot, Hannah!
Les élèves défilèrent, toujours anxieux de savoir la sentence du chapeau qui crierait le nom d'une maison quelques instants après qu'ils se soient assis. Chaque fois, la table concernée applaudissait et criait pour acclamer le nouveau venu. Elle était plus ou moins attentive, plongée dans ses pensées, puis la voix de la femme se fit soudain plus claire et occupa la totalité de ses tympans.
- Dauclaire, Cara! Cita-t-elle en parcourant l'assemblée des yeux.
La petite fille inspira puis se mit à avancer en essayant de ne marcher sur les pieds de quiconque, se frayant un chemin jusqu'au tabouret. La grande femme lui lança un léger sourire, tenant le chapeau en l'air, et reposa ce dernier sur la tête brune de Cara quand la petite-fille fut enfin assise. C'était une sensation étrange que d'avoir un chapeau conscient posé sur sa tête. Comme si quelqu'un d'autre contrôlait les mouvements de votre tête pour vous faire faire n'importe quoi. Le vieux tissu s'agitait, réfléchissant longuement et bavassant paresseusement des propos dont Cara n'en comprenait que la moitié.
- Hum... douée... courageuse... altruiste... maligne... Serpentard ou Gryffondor... faire ses preuves... talent... suis curieux... donnerait à Serpentard. SERPENTARD! Cria-t-il finalement après plus d'une minute d'une réflexion intense.
La table côté cour tambourina et cria dans un ensemble parfaitement synchronique. Cara sauta sur le plancher de l'estrade et débarrassa le plancher pour rejoindre les autres élèves de Serpentard. Elle s'assit à côté d'un garçon aux cheveux courts noirs qui faisait deux fois sa taille. Il lui lança un regard satisfait accompagné d'un demi-sourire.
La répartition continua, les tables se remplissant au fur et à mesure que l'assemblée de première année diminuait. Elle retenue quelques prénoms des nouveaux élèves de Serpentard qui la suivirent. Elle se rappelait de Goyle, Malefoy, et Parkinson. Le garçon blond platine, Drago Malefoy était assit à côté d'elle.
La grande salle fut secouée de chuchotements lorsque la femme appela Harry Potter. Il fut envoyé à Gryffondor et la table émit le boucan le plus assourdissant de la soirée. Cara ne comprenait pas pourquoi ce garçon si simple et amical attirait tant d'applaudissements. Alors qu'elle fronçait légèrement les sourcils en entendant la table des lions rugir, elle vit du coin de l'œil Malefoy serrer la mâchoire puis tourner la tête vers elle, la dévisager puis sourire.
Une fois la répartition terminée, la grande professeur roula le parchemin et emporta le chapeau et le tabouret loin de l'avant-scène. En même temps, un grand homme aux longs cheveux blancs vaporeux et à la barbe blanche tout aussi longue et vaporeuse s'était levé. Il était vêtu d'une longue robe bleue claire et d'un petit chapeau circulaire. Il portait une fine paire de lunette en demi-lune qui faisait ressortir ses petits yeux bleus clairs. Il s'avança vers le pupitre où un hibou d'or étira ses ailes et se redressa. Le vieillard sortit une baguette d'une poche, en posa fébrilement le bout contre sa gorge, et commença à parler.
- Bienvenue. Bienvenue à tous pour cette nouvelle année à Poudlard. Avant que le banquet ne commence, je voudrais vous dire quelques mots. Les voici: Nigaud! Grasdouble! Pinçon! Je vous remercie!
Le vieillard retourna s'asseoir sous une rafale d'applaudissement dont Cara ne comprenait pas l'enthousiasme. Qu'est-ce que cet homme avait bien voulu dire? Elle se demanda s'il n'avait pas une maladie mentale qui l'empêchait de s'exprimer de façon censée. Elle n'en fit cas, s'occupant plutôt de la multitude de plats qui venaient de faire leur apparition sur les longues tables.
Elle vit les bras aux manches noires se précipiter vers les plats succulents, se battant pour avoir tel ou tel met. Elle regarda un peu les mets disposés devant elle et ne sut que choisir, affamée mais un peu perdue. Elle haussa les épaules et suivit le mouvement, prenant un tout petit peu des plats qui lui paraissaient bons et commença à goûter, rarement déçue.
Les plats s'enchaînaient, se remplissant au fur et à mesure que les élèves les vidaient. Le repas terminé, Cara avait l'impression d'avoir prit trois kilos. Elle avait le ventre sur les genoux tellement qu'il était lourd.
Le vieillard se leva de nouveau, créant le silence dans la grande salle.
- Maintenant que nous avons rassasié notre appétit, et étanché notre soif, je voudrais encore dire quelques mots en ce qui concerne le règlement intérieur de l'école. Les premières années doivent savoir qu'il est interdit à tous les élèves sans exception de pénétrer dans la forêt interdite qui entoure le collège. Certains de nos élèves les plus anciens feraient bien de s'en souvenir.
Il s'arrêta un instant, parcourant la salle du regard, pour bien insister sur l'importance de ses paroles, avant de reprendre.
- Mr Rusard, le concierge, m'a également demandé de vous rappeler qu'il est interdit de faire des tours de magie dans les couloirs entre les cours. La sélection des joueurs de Quidditch se fera au cours de la deuxième semaine. Ceux qui souhaitent faire partie de l'équipe de leur maison devront prendre contact avec Mme Bibine. Enfin, je dois vous avertir que cette année, l'accès au couloir du troisième étage de l'aile droite est formellement interdit, à moins que vous teniez absolument à mourir dans d'atroces souffrances.
Il s'arrêta de nouveau, plus longtemps que la première fois, faisant peser son regard sur chaque table pour appuyer ses propos alarmants et dissuader tout élève de désobéir.
- Et maintenant, avant d'aller nous coucher, chantons tous ensemble l'hymne du collège! S'écria le vieillard, accentuant son côté fou.
Toutes les tables chantaient avec plus ou moins d'enthousiasme. Une fois la chanson finie, le vieil homme les pria d'aller se coucher. Tous les élèves se levèrent d'un bond, attendant impatiemment de rejoindre leur lit chaud et confortable. À la table des Serpentard, une fille blonde aux cheveux raides siffla aux siens de la suivre.
Cara suivit le mouvement et garda un œil sur la chevelure dorée de la préfète qui descendait à toute allure les escaliers. Elle ne sait combien de marches elle dû survoler depuis son arrivée au château, mais ses mollets commençaient à lui brûler. La grande blonde tourna au coin d'un couloir sombre et humide, les amenant encore plus en profondeur sous le château.
Cara se demanda si les élèves plus anciens ne faisaient pas une blague aux petits nouveaux en les amenant dormir dans des cachots. À cette pensée, la petite brune ralentit le pas et fronça les sourcils. Elle sentit une main se poser dans son dos pour la faire avancer, surprise, elle tourna vivement la tête. C'était le garçon plus âgée à côté duquel elle était assise, celui aux cheveux courts noirs. Ses yeux étaient d'un bleu très foncé et lançaient des éclairs, son visage précédemment amical était fermé et paraissait remonté.
Elle ne traîna pas plus, de peur de se faire transformer en limace. Cara vit que le petit groupe s'était arrêté et que la blonde faisait face à un mur de briques sombres. Elle prononça clairement et d'une voix forte le mot «Superbia». Le mur disparut et le groupe s'engouffra derrière la chevelure aérienne par peur d'être bloqué à l'intérieur du mur. Le mur ne se referma que lorsque le garçon aux cheveux de jais fut à l'intérieur.
La blonde l'attendait pour donner les instructions. Une fois présent, un silence admiratif se fit. Le plafond était bien bas comparé au reste du château, les murs étaient d'une pierre dure sombre, ornés de lanternes rondes verdâtres, une imposante cheminée sculptée faisait face à plusieurs canapé en cuir noirs. Quelques tables et chaises étaient disposées par-ci par-là ainsi que divers objets peu attrayants.
- Bon alors les premières années, le dortoir des filles se trouve dans le couloir de droite première porte, et celui des garçons couloir de gauche première porte aussi. Demain les cours commenceront à 09h00. Soyez dans la Grande Salle avant pour prendre votre petit-déjeuner et recevoir votre emploi du temps, siffla la voix méprisante de la jolie blonde.
- Allez vous coucher, tonna la voix du garçon aux cheveux de jais derrière elle.
Cara, pressée de retrouver un lit chaud et accueillant, ne se le fit pas répéter une seconde fois. Elle se dirigea vers le couloir de droite et prit la première porte. Cinq lits à baldaquin aux rideaux épais d'un vert bouteille étaient disposés en cercle. Elle vit sa valise posée à côté d'un des lits et comprit que c'était le sien. Elle le rejoignit hâtivement et caressa la couverture du bout des doigts avant de s'y asseoir dessus. Alors qu'elle commençait à ouvrir sa valise, elle entendit les ricanements de filles qui entraient dans le dortoir. Chacune alla rejoindre son lit attitré puis commença à déballer ses affaires. La fatigue se faisait ressentir car le silence était le bienvenu, apaisant leurs oreilles bourdonnantes et endormants leurs cerveaux bouillonnants.
La petite fille brune enfila son pyjama et se glissa sous les épaisses couches de tissus. Elle se mit sur le côté en position du fœtus et regarda par la petite fenêtre à côté de son lit. Elle pouvait voir l'immense lac sombre qui s'étendait jusqu'à un point qu'elle n'apercevait pas, la lueur de la lune se reflétait sur l'eau calme, endormant ses yeux rouges.
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Voilà la découverte de Poudlard par l'héroïne, dîtes-moi ce que vous pensez d'elle pour l'instant, ou n'importe quoi. Merci pour la visite ou quoique se soit d'autre. J'espère que ça vous a plu. À bientôt!C.
