L'été chez les Miller fut pire que les années précédentes. Robert n'ayant pas apprécié les mensonges et les complots de Cara, il s'acharna sur elle durant les deux mois et demi de vacances. Dès qu'elle fut de retour de Poudlard, Mr Miller la força à faire toutes sortes de tâches plus ou moins ingrates tout au long de la journée, puis, le soir venu, lui criait dessus pour décompresser sa journée. Ensuite, début juillet elle se résolut à sortir toute la journée pour éviter de subir de nouvelles obligations ménagères. Robert ne la voyait qu'au repas du soir, et en profitait pour l'accabler davantage de ses vociférations incessantes. Fin juillet elle reçu son enveloppe de Poudlard. Cette année était beaucoup moins chargée en fournitures. Elle n'avait que les livres et quelques ingrédients de potions à acheter. Le billet de train était placé dans l'enveloppe.

À partir du mois d'Août, Robert adopta une nouvelle stratégie: fermer la maison à clef pour que Cara ne puisse pas sortir. Il en avait donné un double à Jon et bien sûr, Eleanor avait elle aussi un jeu de clé. La première semaine fut donc une nouvelle fois un calvaire pour la petite fille. Elle devait passer son temps à récurer chaque parcelles du carrelage. Ensuite, elle décida de s'enfermer dans sa chambre et de ne pas en sortir si ce n'est lorsque Robert était parti. Elle manquait la moitié des repas et ne se douchait qu'une fois dans la journée lorsqu'elle avait de la chance. Pour patienter, elle révisait ses cours de l'année précédente, apprenant encore et encore ses leçons qu'elle commençait à connaître sur le bout des doigts. Le 1er Septembre à l'aube, elle était de nouveau sur le qui-vive, attendant qu'un professeur se manifeste.

Alors qu'elle était sur le point de tomber de fatigue, n'ayant pas dormit de la nuit, un petit bruit la fit sursauter. Elle se leva d'un bond et fit glisser sa fenêtre. Le professeur Remus Lupin s'y glissa une nouvelle fois.

- Bonjour Cara, fit-il tout bas pour éviter de réveiller qui que se soit.

- Bonjour Mr Lupin, répondit-elle, un large sourire aux lèvres. Mes bagages sont déjà prêts, et la lettre pour les Miller est sur la table de la cuisine.

Remus esquissa un sourire amusé puis tendit son coude à la petite fille. Ils transplanèrent. Cara se retrouva une nouvelle fois dans cette rue sombre et un peu sinistre du Chemin de Traverse. Elle savait déjà ce qu'ils devaient faire, alors elle avança vers Gringott's sans attendre Lupin. Elle tendit sa clé au petit homme, un gobelin, puis le suivit jusqu'à la machine pour s'y installer un peu plus aisément que l'année précédente. Une fois l'argent sortit du coffre, ils allèrent chez Fleury et Bott pour prendre ses livres et virent qu'il y avait un rassemblement important chez le libraire.

- Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda Cara en regardant la foule s'entasser à l'intérieur de la boutique.

- Je crois qu'il y a ce célèbre Gilderoy Lockhart, soupira Lupin en voyant une affiche publicitaire collée sur la vitrine.

- Qui c'est? Sursauta la petite, un peu excitée de rencontrer un sorcier célèbre.

- Un sorcier qui prétend avoir exercé beaucoup de sortilèges puissants.

Cara leva les yeux vers le visage pâle du professeur, et esquissa un sourire amusé. Remus paraissait las et dépité.

- Vous ne l'aimez pas, n'est-ce pas?

- Je le soupçonne de mentir. Il passe son temps à sourire et à signer des autographes. Je me demande quand est-ce qu'il a trouvé le temps de vaincre tous ces sorciers et monstres, d'écrire des livres dessus, et de s'exercer aux sortilèges.

- Vous pensez qu'il ment? Mais c'est pourtant simple de vérifier ses dires, non?

- Le problème c'est que ses livres sont fourrés de détails, alors on ne peut que le croire. Mais je n'arrive pas à l'imaginer lui, entrain de vaincre tous ces monstres. C'est tout.

- Peu importe. En attendant, j'aimerai bien aller acheter mes livres sans devoir me frayer un passage entre six femmes agglutinées, s'impatienta la petite fille en enfonçant son coude dans les côtes d'une femme qui lui bloquait le passage depuis plus d'une minute.

Alors qu'elle cherchait ses livres à travers la boutique, une voix masculine s'éleva, couvrant tant bien que mal les gloussements des femmes. Cara ne l'écouta même pas, trop exaspérée par les réactions pour s'y intéresser. Elle continua donc de chercher ses bouquins, essayant d'apercevoir quelque chose à travers la foule compacte. Elle tendit sa main pour prendre un livre de potions, lorsqu'un mot l'interpella.

- Ma parole, ce n'est quand même pas Harry Potter? S'exclama la voix masculine.

Des chuchotements s'élevèrent à travers la boutique. Harry avait encore les projecteurs braqués sur lui. Cara attrapa finalement le livre et se détourna pour trouver un chemin menant jusqu'à la caisse. Elle entendait ce Lockhart offrir à Harry la collection complète de ses livres et le bruit d'un appareil photo interrompit brièvement le flux incessant de son baratin. Elle réussi enfin à rejoindre la caisse, lorsqu'une voix traînante et méprisante se fit entendre non loin de là.

- Ça a dû te faire plaisir, Potter? Le célèbre Harry Potter, il ne peut même pas entrer dans une librairie sans faire la une des journaux.

Drago Malefoy et son éternel dégoût pour Harry Potter. Cara se doutait qu'Harry ne risquait rien dans un endroit aussi bondé de sorciers. Elle paya ses livres puis Remus l'amena jusqu'à la sortie, jouant des coudes pour éviter d'être séparés. Avant de retourner dans la rue, Cara eut le temps d'apercevoir le Serpentard au pied d'un escalier, accompagné d'un homme aux longs cheveux blonds et au regard tout aussi hautain. Sûrement son père. Elle vit une tignasse noire, quelques têtes rousses et une longue touffe bouclée devant les deux Malefoy.

Une fois dans la rue, elle s'empressa d'aller acheter quelques ingrédients nécessaires au cours de potion, puis Remus l'accompagna jusqu'à King's Cross. Elle traversa prudemment le mur, remercia longuement et aimablement Lupin, puis se précipita dans le Poudlard Express. Elle fut rejointe par Hermione, Parvati et Lavande. Elles racontèrent leur été avec beaucoup d'enthousiasme, comparé à la petite Serpentard qui mentit sur ses vacances, puis Parvati et Lavande se mirent à parler de leur cheveux. Cara et Hermione se désintéressèrent de la discussion et attaquèrent ensemble le sujet des cours.

Une fois le train à quai, elles se séparèrent, presque inconsciemment. Cara attaqua le chemin seule, plongée dans ses pensées. Elle monta dans une diligence presque pleine et ne prêta pas une attention particulière à ses compagnons de voyage. Ils remontèrent au château puis s'installèrent à leurs tables respectives. Ils allaient assister à la répartition des premières années. La rumeur des discutions battait son plein, lorsque McGonagall rentra pour prévenir de l'arrivée des premières années. Elle ressortit et quelques minutes après, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent sur une cinquantaine de nouvelles têtes émerveillées. Le choixpeau exécuta sa chanson, différente cette année, puis tous les élèves furent répartis dans les maisons. Après cela, Dumbledore leur souhaita la bienvenue et ouvrit le banquet. Une multitude de plats alléchants surgirent sur les tables, et le bruit des couverts commença déjà à tinter à travers la salle. Cara remarqua que le professeur Rogue n'était pas à sa place habituelle, d'ailleurs il n'était pas là du tout. Sa chaise était vide. Elle parcourut les sièges des professeurs du regard pour voir s'il s'était levé, mais elle ne le vit pas. Ce qu'elle vit en revanche, c'est un type aux cheveux dorés et au sourire permanent assit à la table.

Cara faillit éclater de rire en le voyant. C'était Gilderoy Lockhart.

Elle se souvenait l'avoir vu sur une affiche publicitaire le matin-même. Elle pensa à Remus. Elle lui enverrait un hibou le lendemain matin pour rigoler un peu. En attendant, elle termina son repas durant lequel McGonagall se leva brusquement après que Rusard lui ai parlé à l'oreille. Rogue ne daigna honorer les élèves et autres professeurs de sa présence que lorsque Dumbledore s'était lui-même levé pour faire son discours de fin de repas. Il les pria d'aller se coucher, puis se retourna.

Tous les élèves s'exécutèrent et allèrent dans leur dortoir.

Cara retrouva les grands lits moelleux et chauds de Poudlard. Elle rejoignit son lit attitré et commença à se déshabiller. Elle entendit Pansy et Millicent parler de leurs vacances. La première les avait passé au soleil, et la deuxième à la montagne. Pansy était en effet toute bronzée et ses cheveux s'étaient légèrement éclaircis, même si ça ne se distinguait pas vraiment avec leur couleur noire. Millicent quant à elle semblait avoir perdu quelques kilos pendant l'été. Sûrement dû à la marche et au manque de sucreries. Cara ôta sa chemise et descendit sa jupe, lorsque Pansy poussa une exclamation qui fit sursauter la petite brune.

- Mais par Merlin, Cara tu as maigri! S'écria la fille au cheveux noirs en écarquillant ses yeux foncés.

- Elle a raison, tu as la peau sur les os, reprit Millicent en regardant la brune des pieds à la tête.

- Je sais... , congédia timidement la brune.

- Mais tu ne manges pas chez tes moldus? S'étonna bruyamment Pansy, le regard mauvais.

- Si, enfin, j'essayais de les éviter, alors c'était un peu compliqué de manger sans tomber sur eux... , expliqua faiblement la petite fille qui tentait de s'habiller malgré ses légers tremblements.

- Pourquoi tu voulais les éviter? Demanda sans gêne Millicent.

- Le mari se doute que je lui ai menti à propos de l'école où je suis, alors il n'est plus très aimable avec moi, lâcha-t-elle en enfilant rapidement une chemise de nuit.

- Il te bat? S'écria de nouveau Pansy en la dévisageant pour déceler des bleus ou contusions sur la peau de la petite fille.

- Non! Enfin, pas vraiment. Je lui échappe avant qu'il ne m'attrape.

- Moi je ne me laisserais pas faire par des moldus. Ça serait plutôt le contraire, ils auraient peur de moi, lança fièrement Pansy en jetant un regard dédaigneux à Cara.

- Pansy je n'ai pas le droit d'utiliser la magie, surtout sur des moldus, répliqua sèchement la brune.

Parkinson ne répondit pas et reprit sa conversation avec Millicent, ignorant la petite fille brune qui commençait à devenir rouge de colère. Cara fusilla Pansy du regard puis se glissa sous ses couvertures pour éviter d'envenimer les choses. Le lendemain matin, elle se leva avant les autres filles du dortoir, et alla à la salle de bain pour se doucher. Une fois propre, elle s'habilla puis brossa délicatement ses longs cheveux ondulés avant de les sécher. Elle appliqua de la crème hydratante sur son visage, ses jambes et ses bras, puis rassembla quelques mèches de cheveux à l'arrière de son crâne pour dégager son visage. Elle descendit déjeuner et reçu son emploi du temps en même temps que le journal de la Gazette.

En couverture, il y avait une image d'une voiture volante. Le titre indiquait que plusieurs moldus l'avait vue décoller dans les airs avant de disparaître. Elle feuilleta les pages et alla voir l'article. Cara ne put s'empêcher de rire en lisant qu'il s'agissait de la voiture d'Arthur Weasley, le père de Ron, et que c'était son plus jeune fils lui-même qui s'était servit de l'automobile en compagnie d'Harry Potter pour aller jusqu'à Poudlard. Décidément, Potter ne pouvait qu'attirer les regards sur lui. Cara était en plein fou rire lorsque Drago Malefoy s'assit à côté d'elle.

- Qu'est-ce qu'il te fait rire comme ça Dauclaire? Lança-t-il, mi-curieux mi-méprisant.

Elle lui tendit l'article qui le renfrogna au début puis un sourire amusé se dessina au coin de ses lèvres.

- Si ça pouvait permettre de faire perdre son boulot à ce sale bon à rien de Weasley! Cracha-t-il en rendant le journal à Cara.

La petite brune perdit son sourire, toisant le blond l'air décontenancé.

- Pourquoi tu dis ça Malefoy? Demanda Cara, réellement curieuse.

- Pourquoi? reprit brutalement le garçon. Parce-que les Weasley sont des traîtres à leur sang passionnés par les moldus qui plus est! Les gens comme ça ne devraient pas pratiquer la magie, ils ne devraient même pas exister! Répliqua le blond, le regard venimeux.

- Mais qu'est-ce que ça peut te faire? Chacun est comme il est, et chacun a ses propres intérêts. Je ne vois pas ce qui te dérange à ce que les Weasley s'intéressent aux moldus.

Drago se tourna vers elle et la fixa de ses yeux aciers glaciaux.

- Les moldus ne sont rien à côté de nous. Ils sont encore moins capables que les elfes de maison. Alors que des sangs-purs comme les Weasley puissent développer un quelconque intérêt pour des êtres comme les moldus, c'est répugnant et déshonorant pour toute notre race.

Cara n'avait jamais vu personne avec un tel degré de dégoût en lui. Malefoy la fixa encore quelques instants avant de se retourner vers son petit-déjeuner, clôturant la discussion. Elle finit son petit-déjeuner puis se leva en direction de son premier cours: Défense contre les forces du mal. L'année précédente, c'était le professeur Quirell qui occupait ce poste, mais il s'est avéré qu'il logeait Voldemort à l'arrière de son crâne et qu'en essayant de dérober la pierre philosophale, il avait finit en cendres. Alors Cara se demandait bien qui pourrait être l'inconscient qui avait accepté le poste cette année-ci.

Elle attendit devant la salle que ça soit l'heure, puis s'installa à une table double. Un garçon de Poufsouffle s'installa à côté d'elle. Zacharias Smith. Après quelques minutes d'attente, la porte d'entrée se referma et celle de l'autre côté de la classe s'ouvrit. Les élèves regardèrent droit devant eux pour observer le nouveau professeur arriver: Gilderoy Lockhart. Cara s'affaissa sur elle-même et pensa qu'elle avait oublié d'envoyer un hibou à Remus. Tant pis, elle lui enverrait plus tard, au moins, elle pourrait lui raconter le premier cours du célèbre sorcier.

- Bonjour! Lança l'homme aux cheveux d'or avec un sourire éclatant.

Quelques gloussements de filles lui répondirent.

- Je vous présente votre nouveau professeur de défense contre les forces du mal: moi-même, continua-t-il sans perdre un millimètre de son large sourire.

Il continua son éloge à lui-même avant de commencer à présenter son cours. Cara avait perdu le fil de ses paroles après s'être désintéressée de ses propres flatteries, et n'avait pas entendu ce qu'avait raconté Lockhart sur son cours. Elle le vit juste soulever un drap pour montrer aux élèves une cage remplie de petites bestioles bleues ailées et agitées.

- Des lutins de Cornouailles, énonça fièrement l'homme aux cheveux d'or.

- Et qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse avec ces lutins? Lança amèrement Malefoy.

- Je vais les libérez, et vous les remettrez dans la cage, dit-il simplement en lui lançant un de ses sourires éclatants.

Malefoy haussa les sourcils. Lockhart ne leur laissa pas le temps de se préparer et ouvrit la cage. Les lutins sortirent précipitamment en se ruant sur tous les objets qu'ils avaient à portée de main. Les élèves au premier rang se levèrent pour s'éloigner des lutins, mais apparemment, le seul moyen de s'en sortir était de fuir. Les lutins avaient déjà envahi la pièce à la recherche de bêtises à faire. Une élève était suspendu dans les airs, tirée par les cheveux par quelques lutins. Des livres étaient lancés à travers la pièce, heurtant parfois la tête d'un élève. La plupart des élèves s'étaient cachés sous leur bureau où étaient sortis de la pièce. Lockhart avait dégainé sa baguette et tentait de lancer des sortilèges, sans résultats. Cara était accroupie contre le bureau derrière elle, et cherchait sa baguette dans son sac. Un bruit au-dessus de sa tête attira son attention, et elle vit l'énorme lustre, dévissé par les lutins, se balancer dangereusement. Elle attrapa son sac, le retourna et le vida par terre puis attrapa sa baguette qui roulait sur le sol avant de se jeter au milieu de la rangée pour échapper au lustre qui s'écrasa quelques secondes après au sol. Elle se releva et vit que deux lutins avaient attrapé sa jupe pour la soulever. Paniquée, elle attrapa un gros livre et l'abattit sur la tête de chacun des lutins avant de sortir en courant de la pièce.

Ce premier cour avec Lockhart était un pur échec de sa part. N'ayant pas cour avant un bon moment vu que celui-ci avait à peine commencé qu'il s'était achevé, elle monta à la volière et se décida à écrire une lettre à Remus.

Mr Lupin,

Même si cela ne fait qu'un jour que nous nous sommes quittés, j'ai déjà une nouvelle qui vous fera sourire d'amusement, ou de désarroi, à vous de voir.

Hier soir au repas, j'ai remarqué que votre sorcier favori était attablé avec les autres professeurs. Et ce matin, j'ai eu la bonne surprise de découvrir mon nouveau professeur de défense contre les forces du mal: Gilderoy Lockhart lui-même. Imaginez mon enthousiasme.

Je viens juste de sortir de son cour. Je crois qu'il a établi un record qu'aucun professeur n'aurait jamais atteint à Poudlard. Son cour a duré 20 minutes au total en comprenant 10 minutes d'éloges envers lui-même. Le malin nous a présenté des lutins de Cornouailles en nous priant de remettre ces sales bestioles dans leur cage. Lui-même a échoué a lancer des sortilèges sur ces saletés. Preuve de sa maîtrise en matière de sortilèges qui lui a valut sa célébrité je suppose. /clin d'œil.

J'espère tout de même qu'il réussira à nous faire un cour convenable cette année. D'ailleurs, pourquoi n'avez-vous pas postulé au lieu de laisser un incompétent tel que lui nous faire un cour que lui-même n'est pas foutu de gérer?

J'attends votre réponse avec impatience Lupin, à bientôt.

Cara D.

Sa journée se passa mieux que le premier cour. En remontant dans sa chambre le soir, elle eut la surprise de voir les autres filles de son dortoir la dévisager. Elle n'y fit guère attention et se glissa dans son pyjama, préférant ne pas accorder d'importance aux ragots et aux rumeurs. Le lendemain matin fut la même chose. Elle se doucha, se passa de la crème, se brossa et sécha les cheveux, s'habilla et se coiffa d'une tresse sur le côté avant de descendre prendre son petit-déjeuner.

Cette fois-ci les regards furent plus insistants. Malefoy et ses sbires s'assirent une nouvelle fois à côté d'elle. Le blond lui lança des regards amusés. Cara se dépêcha de finir son petit-déjeuner, quitte à le raccourcir, ne souhaitant pas entendre l'intervention de Malefoy de peur de perdre son sang-froid et d'envenimer les choses. Alors qu'elle attrapait la lanière de son sac en même temps qu'elle enjambait le banc, Malefoy ricana.

- Tu essais de m'éviter aussi Dauclaire? Lança le blond en attendant sa réplique avec impatience.

Cara s'arrêta, ne pouvant pas lui laisser le dernier mot. Un sourire se dessina sur le visage de Drago.

- Si tu crois que j'en ai quelque chose à faire de toi Malefoy, tu te méprends, répondit-elle d'un ton détaché avant de se retourner et de s'en aller.

Le sourire du petit blond avait disparu. La mine satisfaite, Cara s'éloigna pour rejoindre sa salle de cours. Drago ne cessa de lui lancer des regards noirs de la journée, la rendant encore plus heureuse de sa réplique. Les regards furent de moins en moins insistants au fur et à mesure que la rumeur de son caractère se répandait. En allant aux toilettes, Cara entendit parfaitement ce qu'il se disait sur elle.

- J'ai entendu une fille de Serpentard dire qu'on voyait ses côtes et qu'elle était squelettique, commença une première voix.

- Moi on m'a dit qu'elle vivait avec des moldus et qu'ils la battaient parce-qu'ils avaient honte qu'elle soit différente. Se faire battre par des moldus! Poursuivit une seconde.

- Pourtant on ne dirait pas vu comme elle a répondu à Drago Malefoy, continua une troisième. Quand on sait qui est son père...

- Peut-être que justement elle ne sait pas qui il est, éluda la seconde voix.

- Eh bien elle a intérêt à faire attention si elle ne veut pas avoir de gros problèmes, conclut la troisième voix.

- Ou peut-être qu'elle le sait mais qu'elle n'a pas peur de sa famille, proposa la première.

- Dans ce cas ou bien elle est folle, ou bien elle est très courageuse, lança la troisième.

- Je t'aurai dit courageuse, mais ce n'est pas du courage que de faire preuve d'impertinence face à un Malefoy, c'est de l'inconscience, répliqua la seconde.

Cara sortit à ce moment-là, mettant un terme à leur conversation. Les trois filles lui jetèrent des regards à la fois surpris et désapprobateurs. Le soir, presque plus personne ne la dévisageait.

Quelques semaines plus tard, les entraînements de Quidditch avaient repris. À la grande surprise de Cara, Drago Malefoy avait été accepté dans l'équipe de Serpentard. Comme à son habitude, elle alla assister aux entraînements pour se divertir ou pour sortir un peu de la bibliothèque pour réviser. Elle remarqua que l'équipe des Serpentards avaient tous un même nouveau balai. Au fur et à mesure des heures d'observations, elle remarqua aussi que Drago Malefoy n'était pas aussi bon attrapeur que le précédent. Pourquoi l'avoir engagé lui? Puis Cara se souvint qu'Harry Potter, l'ennemi juré du Serpentard était lui aussi attrapeur. Voilà l'explication du pourquoi du comment. Malefoy voulait humilier une fois fois de plus Potter alors il a voulut jouer face à lui au Quidditch, et son père a dû intervenir en offrant des balais neufs pour soudoyer le capitaine. Mais bon, quelle importance? Potter était bien meilleur attrapeur que lui de toute manière.

Les deux premiers mois passèrent rapidement, entre les cours, les révisions, les entraînements de Quidditch. Et puis, durant Octobre, il y eu un événement pour le moins inattendu. La chatte de Rusard était accrochée par la queue au mur du quatrième étage, pétrifiée. Pour couronner le tout, un message avait été écrit avec du sang sur le mur:

«La chambre des secrets a été rouverte. Prenez garde, ennemis de l'héritier.»

Début Novembre, les premiers matchs commencèrent. Bien sûr, lorsque Serpentard et Gryffondor s'affrontèrent, ce furent les lions qui gagnèrent. Mauvais joueurs, les batteurs de Serpentard envoyèrent le Souafle sur Potter qui se brisa l'avant-bras. Lockhart, en bon comédien, s'est proposé pour régler ça d'un coup de baguette. Le malheureux s'est fourvoyé et a fait disparaître l'os de Potter au lieu de le guérir. Mais ce n'est pas ce qui secouait l'école. Tout le monde se demandait ce qu'était la chambre des secrets, et bien sûr, qui était l'héritier. Cara fit quelques recherches à la bibliothèque mais il n'y avait pas grand chose. Elle apprit juste que la chambre avait été ouverte par un élève de l'école cinquante ans auparavant, et qu'il avait lâché un monstre sur d'autres élèves. Une élève avait été tuée. L'école avait été fouillée, mais rien n'avait jamais été trouvé.

Les professeurs paraissaient très inquiets, ce qui alerta Cara. Si eux-même prenaient ça au sérieux, qu'est-ce qu'il risquait de se passer? Les cours continuèrent tout de même, malgré que la peur se lise de plus en plus chaque jours sur leurs visages. Au cours du mois il y eu d'autres pétrifications. Un élève et un fantôme. Les seuls que ça ne semblait pas inquiéter étaient les Serpentards. Ça semblait les amuser, les ravir. Et tout particulièrement un blond aux yeux gris, ce qui énerva Cara au plus haut point.

Pour les vacances de Noël elle resta à Poudlard, préférant éviter de subir le même cauchemars que cet été. L'école était bien vide pendant les vacances. Même si elle était davantage chaleureuse avec ses innombrables sapins illuminés, ses cheminées réchauffantes, ses décorations festives et la vue imprenable qu'elle offrait sur un paysage blanc à perte de vue. Lorsqu'elle s'ennuyait, Cara faisait le tour du château, allant de la tour d'astronomie aux cachots en passant par tous les étages. Elle s'arrêtait pour discuter avec d'autres élèves ou tout simplement souhaiter de joyeuses fêtes aux professeurs présents. Un matin, un grand duc vint lui apporter une lettre durant son petit-déjeuner. Elle offrit un petit bout de son pain de mie au rapace après avoir détaché l'enveloppe. Une fois le volatile repartit, elle décala son assiette sur le côté et déroula la lettre. C'était de Remus. Il lui avait précédemment répondu, mais là, c'était lui qui prenait l'initiative d'écrire.

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Chère Cara,

J'ai appris beaucoup de choses ces derniers temps à propos de Poudlard. J'aurai aimé que tu m'en dises un peu plus sur ce qu'il se passe à l'école. C'est très important.

Malgré le danger qui rôde, j'espère que les cours se passent bien et que tu passes de bonnes vacances de Noël.

Je te souhaite de bonnes fêtes, en espérant une réponse rapide.

Remus Lupin

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Elle replia la lettre et termina son petit-déjeuner avant d'aller s'installer confortablement à la bibliothèque, près de la fenêtre, pour écrire sa réponse. Elle rassembla tout ce dont elle se souvenait et mit cela en page de façon à ne pas pointer un doigt accusateur sur qui que se soit, mais en relatant juste ses observations. Remus était un homme intelligent, s'il devait porter des soupçons sur quelqu'un, il trouverait très facilement des indices révélateurs. Cara écrivit pendant plusieurs minutes. Presque vingts à vrai dire. Concentrée à se rappeler tout ce qu'il s'était passé durant les derniers mois, et tout ce à quoi elle avait pensé, ce qu'elle avait trouvé dans ses recherches, ce qu'elle avait remarqué, elle n'avait pas vu qu'elle avait mit autant de temps à écrire une simple lettre. Une fois terminé, elle relut sa lettre en essayant de se mettre à la place de Remus, pour voir s'il comprendrait ses allusions.

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Monsieur Lupin,

Je suis heureuse d'avoir de vos nouvelles. En temps normal je vous aurais demandé de plus amples informations quant à votre santé, mais je vais devoir raccourcir.

Je ne sais pas tout à fait de quoi vous avez entendu parler alors je vais vous dire tout ce que je sais.

En Octobre, la chatte d'Argus Rusard a été retrouvée pétrifiée, accrochée à un mur où il y avait inscrit avec du sang «La chambre des secrets a été rouverte. Prenez garde, ennemis de l'héritier».

En Novembre, de nouvelles attaques ont eu lieu (Un élève de Gryffondor et un fantôme). Tout le monde est paniqué, sauf les Serpentards qui semblent s'en amuser. Drago Malefoy ne cesse de répéter que les ennemis de l'héritier sont les sangs-de-bourbes et les traîtres à leur sang. Comment peut-il le savoir...?

D'après mes recherches, la chambre avait été ouverte il y a cinquante ans par un élève qui a lâché un monstre sur plusieurs élèves, dont une est morte. L'école avait été fouillée, mais aucun monstre n'a été trouvé.

Le professeur Chourave élève des Mandragores pour soigner les personnes pétrifiées. Mais je pense que tant que la chambre n'a pas été fermée et le monstre tué, ça ne sert à rien de les ramener à la vie s'ils doivent être attaqués à nouveau. Mais ce n'est que mon avis personnel.

Sinon, les cours continuent comme si de rien n'était, Lockhart fait toujours des cours catastrophiques, et les vacances sont longues mais reposantes. C'est plaisant Noël à Poudlard.

J'espère que vous aussi vous passez de bonnes fêtes, et si ce n'est pas le cas, prenez un peu de temps pour savourer le bonheur qui emplit ces jours festifs.

À très bientôt j'espère,

Cara D.

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Cara plia sa lettre, enroula son écharpe autour de son cou et de son nez, enfila ses gants, puis sortit pour rejoindre la volière. Les flocons de neige tombaient légèrement, s'accrochant au premier obstacle qu'ils rencontraient. Un chemin avait été dégagé par quelqu'un, lui permettant de marcher sans faire des pas de flamant rose. Elle avait enfoui ses mains, et donc la lettre, contre ses flancs, serrant ses bras contre son corps pour se tenir chaud. Elle monta prudemment les marches de pierre menant en haut de la tour, glissant régulièrement à cause du léger verglas qui s'était formé à force des passages intermittents des élèves. Une fois là-bas, elle choisit un hibou au hasard, lui caressa le cou en accrochant la lettre, puis le porta jusqu'à l'une des ouvertures de la volière pour qu'il apporte le courrier à son destinataire. Elle resta là à regarder le rapace s'envoler, jusqu'à ce que ce dernier disparaisse derrière le léger voile blanc.

Remus ne tarda pas à répondre, mais Cara n'eut rien de plus à lui répondre. Le repas de Noël était passé, et la nouvelle année allait bientôt commencer. Il n'y avait pas eu de nouvelles attaques durant tout ce mois-ci, mais les enseignants craignaient bien que ça ne tarde pas à reprendre avec le retour des élèves.

Les cours reprirent et le Quidditch avec. Cara passa un peu moins de temps dans les gradins, trouvant le temps assez peu clément. Elle y préféra la salle commune, quoique un peu trop bruyante. Elle s'organisa un petit emploi du temps pour optimiser ses heures libres et ne pas tout passer en devoirs et révisions. Alors elle put discuter avec les filles de sa maison même si elle les trouvait trop méprisantes, mais aussi avec les filles d'autres maisons comme Granger ou Chang. Ces deux dernières se posaient beaucoup de questions au sujet de la chambre des secrets et de son héritier. Hermione en savait à peu près autant que Cara là-dessus, elle avait probablement dû faire elle aussi quelques petites recherches à la bibliothèque. Elle en discutèrent, échangeant leurs points de vue.

Plus tard, Cara alla assister au match de Quidditch Gryffondor/Poufsouffle. Les lions gagnèrent. Alors qu'elle allait s'en aller, elle vit McGonagall s'approcher de Potter, le visage pâle. Elle lui parler rapidement puis Harry et Ron la suivirent en vitesse. Cara voulut les suivre, n'ayant pas vu Hermione durant le match, mais elle sentit une pression autour de son poignet la retenir. Elle se retourna, surprise, et vit Olivier Dubois, le gardien et capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, en quatrième année. Elle le fixa, étonnée, ne sachant que dire. Ce dernier sourit, amusé de son étonnement.

- Désolé de t'interrompre, je voulais juste te parler, dit-il en continuant de sourire.

- Euh...oui? À propos de quoi?

- J'ai eu vent que tu assistais souvent aux entraînements des Serpentards, reprit-il franchement. Je voulais savoir si tu pouvais me dire deux-trois trucs sur les joueurs.

Elle continua de le regarder, prise au dépourvu. Elle prit une inspiration en haussant les sourcils, essayant de réfléchir à ce à quoi elle avait assisté, se demandant si elle pouvait en déduire des choses utiles.

- Euh...oui, oui je pense, répondit-elle en hochant doucement la tête.

- Vraiment? S'exclama Dubois, le visage soudain illuminé.

- Oui, enfin, je ne comprends pas trop les qualités techniques requises des joueurs de Quidditch, mais si tu me fais un rapide résumé je peux t'aider à connaître leurs points faibles et points forts, débita-t-elle en lui souriant à son tour.

- Euh... eh bien demain par exemple, tu as une heure de libre?

- Après le repas de midi.

- Parfait, alors une fois que tu as finis de manger, attends moi devant les portes de la Grande Salle. Normalement j'y serai déjà, mais sinon tu ne m'attendras pas très longtemps, fixa-t-il en agrandissant son sourire.

- D'accord. Eh bien, à demain alors, dit-elle en s'éloignant de lui en souriant.

Elle reprit sa route mais avait perdu de vue McGonagall et les deux Gryffondor. Déçue, elle remonta au château et alla se réchauffer dans la salle commune, près du feu. Lorsqu'elle entra, un énorme brouhaha résonnait dans la petite pièce souterraine, lui créant déjà des maux de tête. Puis elle regarda attentivement ses camarades et vit leurs visages réjouis malgré que Gryffondor vienne encore de gagner. Elle s'approcha de Pansy et écouta discrètement ses paroles.

- … elle était dans le couloir, allongée dans l'eau du quatrième étage à côté d'une Serdaigle. Si elle ne passait pas autant de temps à la bibliothèque ça ne lui serait pas arrivé!

- Tu parles! C'est la pire sang-de-bourbe de toute l'école! Moi je suis bien contente que ça soit tombé sur elle! Elle le mérite bien. Dommage qu'elle soit juste pétrifiée et pas morte, ça nous aurait débarrassé de cette Miss je-sais-tout qui gratte tous les points en cours. Répliqua Astoria Greengrass.

Cara retint son souffle. Hermione? Pétrifiée? Cela expliquerait l'expression de McGonagall, son empressement, et le fait qu'elle ai amené Potter et Weasley avec elle. La petite brune n'attendit pas plus de détails pour se détourner et sortir de la salle commune. Elle se mit à courir, montant tous les escaliers jusqu'au quatrième étage pour entrer dans l'infirmerie.

Elle vit Potter et Weasley assit près d'un lit. Cara s'arrêta. Alors c'était vrai? Hermione avait été attaqué à son tour? Elle rejoignit les deux garçons silencieusement et vit leurs yeux tristes et préoccupés se poser sur elle.

- Je... je viens d'entendre ça dans ma salle commune. Je ne pensais pas que c'était vrai, expliqua Cara dans un chuchotis entrecoupé d'halètements dû à sa course.

- Si. Ils l'ont retrouvée dans le couloir du quatrième étage aux côtés d'une fille de Serdaigle. Elle sortait de la bibliothèque, raconta Harry, la voix rauque.

- Je suis vraiment désolée Harry. Et Ron, ajouta-t-elle en voyant le roux bouger.

- C'est gentil de ta part d'être immédiatement venue la voir.

- Oh, de toute façon elle ne le saura pas... je... je voulais juste voir si les Serpentards mentaient ou si elle avait bien été attaquée, lâcha-t-elle plus pour elle-même que pour les deux garçons. Malefoy avait raison, l'héritier s'en prend aux sangs impurs.

Cara se tût soudainement. Malefoy détestait Granger depuis le premier jour, dès que le message fut inscrit, il savait déjà qui serait visé. Il ne le prédisait peut-être pas, peut-être qu'il le savait parce-que c'est lui l'héritier. Cara leva les yeux vers Harry qui semblait avoir suivit son raisonnement, mais aucune illumination ne brillait dans ses yeux contrairement à Cara.

- Ce n'est pas Malefoy. Il ne sait pas qui c'est. On sait même que son père lui a conseillé de laisser faire l'héritier en se faisant discret, rétorqua Harry sans même que Cara n'ai formulé sa thèse.

Ronald hocha pensivement la tête et Harry replongea son regard vers son amie. Cara affaissa ses épaules, découragée.

- Mais qui ça peut bien être alors? Questionna-t-elle sans attendre de réponse.

- Aucune idée, j'étais persuadé que c'était Malefoy.

Soudain une autre idée la frappa.

- Mais, Harry? Tu parles Fourchelangue, qui était un don de Salazar Serpentard. Le serpent a voulut attaqué Justin alors que lui aussi est un né-moldu, peut-être que le monstre est aussi un serpent vu qu'il s'attaque aux sangs impurs? Ce qui veut dire que l'héritier qui contrôle le serpent est un fourchelangue.

- Je ne suis pas... commença-t-il à s'énerver.

- Je sais! Tu n'aurais pas attaqué ta propre amie qui plus est! Le coupa Cara, vexée qu'il l'ai interrompue. Ce que je veux dire, ce que personne d'autre que toi ne parles le fourchelangue à l'école non?

- Je ne sais pas, avoua-t-il, ayant retrouvé son calme.

- Le Fourchelangue n'est pas très répandu chez les sorciers, fit remarquer Ron. Les seuls autres sorciers qui le parlaient étaient Salazar lui-même et Vous-Savez-Qui, ajouta-t-il.

Cara eut un éclair.

- Mais tu n'as pas affronté Voldemort l'année dernière? S'empressa-t-elle de rappeler à Harry.

- Si, mais je ne l'ai pas vaincu, il s'est juste enfuit, répondit mollement le garçon.

- Mais Harry! Réveille-toi! Tu ne crois pas que ça pourrait être lui! Que ça pourrait être Voldemort qui tente une fois de plus de revenir! S'exclama la Serpentarde en se redressant brusquement.

- Tu ne crois pas qu'on l'aurait vu si Voldemort se trimballait dans les couloirs de Poudlard? Répliqua amèrement le garçon.

- Potter, quand tu l'as affronté il était obligé de prendre forme sur le crâne d'un autre humain pour vivre, tu crois qu'en un an il aurait retrouvé son propre corps? Mais non, réfléchis! C'est probable qu'il ai prit le corps de quelqu'un d'autre! Peut-être qu'il ne sort même pas de la chambre des secrets.

- Il a bien fallut qu'il traîne dans les couloirs de Poudlard pour ouvrir cette chambre.

Cara n'eut pas de réponse. Les deux garçons n'avaient pas la tête à réfléchir, ils voulaient juste passer un moment de silence avec leur amie. La petite brune resta silencieusement à observer Hermione, songeant à des solutions, des réponses, sans en formuler aucune pour respecter la tristesse des Gryffondor. Elle partit une demi heure après, voulant les laisser entre eux. Lorsqu'elle retourna dans la salle commune, les discutions s'étaient calmées. Fatiguée, elle monta dans son dortoir. Elle se débarbouilla, enfila son pyjama et se glissa sous ses draps.

Le lendemain matin, toujours la même routine de préparation, puis elle descendit prendre son petit-déjeuner. Le hibou n'avait pas de lettres pour elle. Cara vit Ron et Harry attablés, l'air complètement vide. Ils ne feignaient même pas l'appétit, regardant les assiettes disposées devant eux sans les voir. Elle eut de la peine pour eux.

Une fois le petit-déjeuner terminé, elle se leva et alla rejoindre sa salle de cours. Elle ne fut pas très attentive au cours d'histoire de la magie, endormie par la voix de Binns et plongée dans ses réflexions. Le cour de sortilèges après fut un peu mieux. Une fois le cour terminé, elle se rendit hâtivement dans la Grande Salle pour prendre son repas, puis une fois finit, se posta devant les portes de la Grande Salle comme convenu avec Dubois. Ce dernier n'était pas encore arrivé, mais comme promit, elle n'attendit que quelques minutes avant de le voir débarquer.

- Ah! Je me demandais si tu viendrais ou si tu avais changé d'avis, lança-t-il honnêtement en posant une main sur l'omoplate de Cara pour l'inciter à le suivre.

- Pourquoi ça? Tu n'as pas confiance?

- C'est la couleur de ta robe qui fait ça, plaisanta-t-il en lui envoyant un demi-sourire.

Elle rigola doucement. Il la fit sortir à l'extérieur, et elle le suivit jusqu'au terrain de Quidditch. Il l'amena dans les vestiaires et ils s'installèrent sur des chaises à côté d'un tableau où Dubois aurait la possibilité de schématiser ses explications.

- Bon, tu connais les balles et les postes au moins, non? Débuta le garçon en plaçant sa chaise face à celle de Cara.

- Oui, tout de même.

- Bien, alors voilà. Commençons par les batteurs. Leur rôle, c'est de protéger leurs équipiers. Ils sont munis de battes pour renvoyer le Cognard vers les adversaires.

- Étonnement, ça je l'avais deviné.

Dubois esquissa un sourire amusé. Il poursuivit ses explications techniques, la faisant rire à plusieurs reprises.

Elle termina de griffonner sur son parchemin et releva les yeux, attendant qu'il poursuive. Il était entrain de la dévisager, ce qui la fit rougir.

- Pourquoi tu fais ça en fait? Demanda-t-il soudain, réellement curieux.

- Je ne sais pas. Parce-que Serpentard m'importe peu et les voir gagner ne me procure aucun plaisir sûrement. Je n'ai aucun sentiment de loyauté envers eux, alors si je peux aider le capitaine d'une autre équipe en passant un peu de temps avec lui, je le fais.

- Tu n'aimes pas ta maison?

- Ce n'est pas la maison que je n'aime pas, c'est plutôt... l'image que les élèves se font un plaisir d'offrir aux autres qui me dérange. Ils sont hautains, puérils, vils et racistes. Et il n'y a quasiment aucun exception. C'est très regrettable.

- Je ne sais pas comment tu as fait pour atterrir là-bas, ricana Dubois.

- Moi non plus. Je crois que le choixpeau voulait savoir ce que ça donnerait quelqu'un comme moi là-bas.

Olivier explosa de rire, moqueur.

- Venge toi et brûle le! Lui conseilla-t-il à travers deux gloussements.

- Oh ben oui tiens donc, quelle bonne idée! Je vais m'introduire dans le bureau de Dumbledore et mettre le feu à son vieux chapeau moisi qui fait la répartition des élèves depuis la construction du château. Je n'y avais pas pensé tiens, comme c'est bizarre! Ironisa Cara en prenant une expression d'étonnement.

Olivier ne s'arrêtait plus de rire, devenant plus rouge que l'intérieur de sa robe. Le voyant ainsi, Cara ne put s'empêcher de rire avec lui. Après cinq minutes, ils réussirent à se regarder sans pouffer à nouveau de rire et Dubois poursuivit son explication. Cara regarda sa montre pour vérifier, et se rendit compte qu'elle avait cour dans cinq minutes.

- Par Merlin! Dubois on a cour dans cinq minutes! S'exclama-t-elle en bondissant de sa chaise, renversant son encrier.

Elle l'attrapa et le balança négligemment dans son sac avant de partir en courant aux côtés d'Olivier. Heureusement, elle avait cour de botanique, ce qui lui évitait de grimper tous les escaliers quatre par quatre. Souhaitant bonne chance à Dubois pour le reste de son trajet, elle bifurqua pour rejoindre les serres. Elle arriva pile à l'heure, attirant les regards de ses compagnons de classe qui se demandaient d'où elle arrivait, ainsi coiffée et essoufflée. Madame Chourave commença son cour sans prêter attention à l'arrivée inopinée de Cara.

Au fur et à mesure que le cour passait, Cara se rendit compte que durant une heure passée avec Dubois, elle n'avait plus du tout pensé à Hermione et au problème de la chambre des secrets, une première pour la journée. Elle repensa d'ailleurs à son entrevue avec Olivier, et elle s'était finalement bien amusée. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un demi-sourire en repensant à leurs petits fous rires, ce qui n'échappa pas à Malefoy.

- Eh bien qu'est-ce qu'il te prends Dauclaire? Tu rêves de ton amoureux? Lâcha-t-il narquoisement.

- Je l'ai vue sortir du château avec Dubois après le repas de midi, lui souffla Pansy en jetant à Cara un regard remplit de sous-entendus.

- Dubois et toi? S'étonna Malefoy à voix haute. Manque plus que ça soit un sang-de-bourbe et tu frôle la mention Troll Dauclaire! Fricoter avec les Gryffondor, quelle horreur!

Cara fit semblant de ne pas l'entendre, mais c'était difficile avec tous ces regards avides tournés vers elle. Drago continuait de bavasser sur elle, alors elle ne put se retenir davantage.

- Malefoy, si tu savais ce que Dubois et moi faisions réellement, tu n'en rigolerais pas, je peux te l'assurer, lança-t-elle d'un ton sec en le regardant dans les yeux.

- Je ne veux pas savoir ce que vous faîtes durant vos petits rendez-vous secrets, ça me dégoûte!

- Tu remarqueras bien assez vite à quoi ont servis nos petits rendez-vous et tu t'en mordras les doigts.

- Rien de ce que Dubois et toi faîtes ne peut m'inquiéter, rétorqua-t-il, méprisant.

- Tu te trompes Drago. Réfléchis un peu, et tu verras que nos petits rendez-vous vont très vite t'intéresser. Seulement, il faudrait que tu sois assez malin pour faire le rapprochement, ce qui m'étonnerait beaucoup.

Drago se renfrogna et la fusilla du regard.

Elle eu beau faire taire les rumeurs, le lendemain tout le monde était au courant que Dubois et elle se voyaient. Elle alla s'excuser au près du Gryffondor, mais il n'accordait aucune importance à ces ragots. Elle alla voir Hermione encore quelques fois, lui parlant tout bas malgré que la Gryffondor ne puisse l'entendre. Elle observa les joueurs de l'équipe de Quidditch de Serpentard, détaillant joueur par joueur toutes les qualités que Dubois lui avait énoncé. Elle se concentra davantage durant les entraînements pour analyser leurs tactiques, leurs faiblesses afin de les communiquer à Olivier. Ils se virent encore quelques fois, parlant de Quidditch mais aussi d'eux-mêmes. Mais un soir, alors qu'ils parlaient sans se soucier de l'heure, ils se rendirent compte qu'ils avaient loupé le dîner et qu'ils allaient devoir rejoindre discrètement leur maison.

Ils descendirent précipitamment les étages, traversèrent les couloirs, puis s'arrêtèrent en voyant le mur du quatrième étage. Cara ouvrit la bouche mais aucun mot n'en sortit. Une nouvelle inscription était marquée au sang.

«Son corps reposera à tout jamais dans la chambre des secrets»

Ils se cachèrent car ils virent les professeurs regroupés devant le message, discutant.

- Qui est cet élève? Demanda Madame Pomfresh, l'infirmière.

- Ginny Weasley, répondit Madame McGonagall.

- Il faut prévenir sa famille, lâcha un autre professeur.

- Mais que va-t-on faire? S'inquiéta Madame Pomfresh.

- Si les élèves ne sont plus en sécurité, nous devons les renvoyer chez eux. Je crains que nous soyons obligés de fermer l'école, conclut Madame McGonagall.

Cara se plaqua contre le mur et eut soudain du mal à respirer. Ce n'était pas possible, elle ne pouvait pas retourner chez les Miller, vivre comme une moldue pour le reste de sa vie lui serait bien trop ardu. Les larmes lui montèrent aux yeux et se fut Olivier qui dû la tirer de ses réflexions pour éviter qu'ils se fassent attraper par les professeurs. Il attrapa sa main et l'amena avec lui un peu plus loin dans les couloirs. Ils se cachèrent derrière un mur parallèle en attendant que les enseignants retournent dans leur dortoir.

La voyant ainsi choquée, il décida de la raccompagner malgré ses protestations. Une fois devant le mur menant à la salle commune, ils s'arrêtèrent et Dubois se plaça devant elle.

- Tu sais, ce n'est pas possible qu'ils ferment l'école, ils vont trouver une solution, j'en suis sûr, essaya-t-il de la rassurer.

- Dubois, ça fait depuis Octobre qu'ils essaient de trouver une solution, ils n'y arriveront pas en une soirée, répliqua-t-elle, peu crédule.

- Qu'est-ce que tu en sais? Peut-être qu'il leur fallait juste une motivation suffisante.

- Arrête de te foutre de moi, la vie des élèves était menacée depuis le début, c'est juste qu'ils ne veulent pas qu'un autre soit enlevé sous leurs yeux. Ils sont incapables de retrouver Ginny Weasley et ne veulent pas que ça arrive à qui que se soit d'autre.

- D'accord, mais il faut bien qu'ils trouvent la chambre des secrets pour sortir Ginny de là.

Elle le fixa, tentant de voir s'il ne comprenait vraiment pas ou s'il voulait juste la rassurer.

- Olivier, ils n'iront pas la chercher. Pour eux, Ginny est morte. Ils ont déjà fouillés le château entier à plusieurs reprises et n'ont rien trouvé auparavant. Ils ne trouveront rien non plus ce soir.

- Ils ne peuvent pas abandonner une élève, ils ne feraient pas ça, Dumbledore ne ferait pas ça! Rétorqua Dubois, sur le point de s'énerver contre la brune.

- Crois ce que tu veux, si tu veux te voiler la face pour garder une image idolâtrique du directeur, à ta guise. Tu verras bien demain qu'ils ne souhaitent rien faire pour sauver la fille Weasley.

Dubois ne lui répondit pas, la fixant de ses yeux marrons, prêt à la brûler vive si elle ajoutait un mot.

- Je... je crois que tu devrais remonter dans ta tour avant de tomber sur Rogue. Bonne nuit Olivier, dit-elle sans le regarder.

Elle fit un pas vers le mur puis s'arrêta, se retourna et leva les yeux vers le garçon.

- J'espère que tu as raison Olivier, je l'espère vraiment, lâcha-t-elle finalement, les yeux redevenant humides et rouges.

- Bonne nuit Cara, répondit-il d'un ton doux avant de s'éloigner.

Elle prononça le mot de passe, entra dans la salle commune et la traversa sans s'arrêter, monta dans son dortoir, se déshabilla, se débarbouilla et se coucha. Elle ne put s'endormir que lorsque le soleil se levait. Elle se réveilla en retard. Son dortoir était vide lorsqu'elle émergea. Elle sursauta en s'en rendant compte et repoussa lourdement ses couvertures, attrapa son uniforme de la veille et l'enfila aussi vite qu'elle put, elle se passa un coup de brosse dans les cheveux puis descendit en courant.

La Grande Salle était pleine à craquer, tous les professeurs étaient présents et un silence de plomb régnait. Cara se fit toute petite et alla s'asseoir à la table des Serpentards, se créant une place entre deux cinquième année. Dumbledore se leva et se dirigea vers son pupitre.

- Bonjour jeunes gens, au vu de ce qu'il s'est passé hier soir, j'ai une annonce à vous passer.

Cara sentit sa gorge se nouer.

- Cette histoire devait rester secrète, mais comme tout le sait ici, plus c'est secret, plus vite l'école est au courant.

Les élèves rigolèrent. Cara ne comprit pas.

- Comme vous le savez probablement tous, hier soir une élève a été enlevée par le monstre de la chambre des secrets. Comme vous le savez aussi, un professeur a été assez courageux pour aller la retrouver, malheureusement, il n'est pas ici pour qu'on l'en félicite. C'est ainsi que je vous annonce que l'élève en question est saine et sauve et que le monstre de la chambre des secrets a été tué.

Les Serpentards furent les seuls à ne pas exploser de joie. Cara sentit son cœur repartir. Un sourire se dessina peu à peu sur ses lèvres et elle chercha Dubois du regard. Ce dernier se retourna vers elle en lui lançant un regard de «je te l'avais bien dit» auquel elle répondit en laissant échapper un rire. Le reste de l'année scolaire ne fut plus très long et elle sut que c'était Harry et Ron qui étaient allé chercher Ginny et qu'ils avaient reçu l'aide du phénix de Dumbledore qui leur apporta l'épée de Godric Gryffondor.

Le dernier jour, sa valise était prête, elle était habillée et coiffée, mais elle était encore assise sur son lit, le regard rivé sur la pièce sans la voir. Après un quart d'heure ainsi, elle reçu un objet lourd sur l'arrière du crâne qui la fit réagir. Elle se retourna en se frottant la tête et vit Parkinson qui la toisait sévèrement.

- Bouge toi un peu Dauclaire, tu vas finir par me faire déprimer.

- Désolé si on ne partage pas tous ta joie de rentrer chez soi.

- Il y en a seulement pour deux mois.

- Tu ne sais pas combien ça peut être long deux mois quand tu passes tes journées à récurer le sol et à éviter les membres de ta famille.

- Eh bien tu as qu'à leur faire peur à tes moldus, peut-être qu'ils te lâcheront!

Cara soupira et attrapa la poignée de sa valise avant de s'éloigner, ne préférant pas répondre. Sur le chemin menant jusqu'à la gare, Dubois la rejoignit.

- Cara! On dirait que tu vas à l'enterrement de ta meilleure amie, remarqua-t-il. Qu'est-ce qu'il t'arrive?

- Oh rien, juste que je préférerai passer mes deux mois d'été seule à Poudlard plutôt que de retourner voir ma famille d'accueil.

- Navré. Je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi cette année.

- Oh, ce n'est pas grand chose.

- Ça m'a beaucoup aidé tu sais.

- Ça m'a fait passé le temps. Chacun s'en tire à bon compte.

Dubois la regarda sans comprendre cette soudaine distance. Il posa sa main sur l'épaule de la brune et exerça une légère pression durant quelques secondes en continuant de la fixer, puis la laissa seule avec ses pensées. Elle monta dans le train, s'enferma dans un compartiment, ferma les yeux et ne les rouvrit que lorsqu'ils furent arrivés à King's Cross.

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Salut! Voilà la suite de ma fic HP, c'est toujours de la mise en place, mais on rencontre de nouveaux personnages comme Olivier par exemple ;). Bon eh bien dîtes-moi ce que vous en avez pensé, et merci beaucoup pour la visite! C.

P.S: Merci à 'megane' qui lit et commente sans que je puisse y répondre directement, donc voilà, merci pour tes commentaires très encourageant! :D