"Elle monta dans le train, s'enferma dans un compartiment, ferma les yeux et ne les rouvrit que lorsqu'ils furent arrivés à King's Cross."


Troisième année: Chapitre Un

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Les étés chez les Miller étaient de pis en pis. Robert continuait de la prendre pour une elfe de maison, et Jon s'acharnait plus que jamais sur elle. Cara avait interdit à Eleanor de s'interposer pour éviter que la femme se fasse frapper à sa place. Jon s'intéressait davantage à elle, car cela faisait un an qu'il ne l'avait pas vue, et en un an, Cara avait déjà bien changé. Son visage s'était affiné, sa poitrine s'était développée, son bassin s'était élargi, ses membres s'étaient allongés, et elle avait déjà un visage plus harmonieux, moins enfantin. Cela n'avait pas non plus échappé à Eleanor qui profita de l'absence de son mari pour amener la jeune fille s'acheter de nouveaux sous-vêtements. Elle organisa une journée «entre filles» comme elle l'avait appelé où elle amena Cara faire les magasins, puis elle l'amena chez le coiffeur et chez l'esthéticienne.

Eleanor lui apprit à s'épiler les sourcils selon les trois lignes, et lui confia que pour rester aussi fine elle devrait privilégier les légumes aux pâtes. Elle lui proposa même de l'accompagner durant son jogging le soir au lieu de rester seule à la maison avec Robert et Jon. Cara ne se fit pas prier et l'accompagna le soir même, commençant une routine. Tous les matins, elle se levait à l'aube et allait courir dans les bois à côté de chez elle, humant l'air frais qui amenait les odeurs forestières, écoutant les bruits naturels des habitants de la forêt, appréciant le courant d'air matinal qui rosissait ses joues chaudes. Une odeur spéciale se dégageait d'un certain arbre qu'elle appréciait particulièrement. Le pin. Une odeur sucrée et boisée qu'elle humait à pleines narines chaque fois qu'elle la rencontrait.

Ensuite elle faisait le ménage journalier, consistant à nettoyer toutes les surfaces de la maison et à les laver avec de la javel parfumée, Robert détestant l'odeur de la javel, mais exigeant qu'elle soit utilisée. Puis elle se douchait en appliquant minutieusement les conseils de Eleanor. Enfin lorsqu'elle sortait de la salle de bain, elle s'habillait en vitesse, prenait un fruit et un verre de lait, puis prenait soin de s'éloigner le plus possible de la maison pour s'étendre sur l'herbe sauvage d'un champ où elle profitait du soleil jusqu'à ce que son ventre ne la rappelle à l'ordre. Parfois elle s'endormait et se réveillait avec un bras brûlant, le soleil à son zénith. Elle traînait dans le village, discutant avec les voisins, proposant son aide ou ses services, et ne rentrait que lorsque la température chutait et que le soleil descendait. En retournant chez elle, elle montait directement récupérer son courrier qui l'attendait patiemment sur le rebord de sa fenêtre.

Étant donné qu'elle ratait le rapace le matin, la Gazette du Sorcier lui était envoyé en fin d'après-midi. Ça faisait du bien d'avoir un lien avec le monde magique en étant chez les Miller, ça lui donnait la force de ne pas s'enfuir à toutes jambes. Elle vit entre autre que la famille Weasley avait gagné un voyage en Égypte et qu'il y avait une photo d'eux... huit devant une pyramide, heureux.

Un autre article relatait l'histoire d'une moldue gonflée comme une montgolfière qui volait au-dessus d'un petit village en hurlant. Cara ne put retenir un large sourire en lisant ceci. Peut-être qu'elle devrait faire pareil à Jon, calmant ainsi Robert. Elle reçu aussi la lettre de Poudlard avec la liste des fournitures, le billet de train et un message l'informant qu'un professeur l'accompagnerait jusqu'au Chemin de Traverse, comme d'habitude.

En Août, Robert et Eleanor prirent une semaine de congé à leur travail pour partir en vacances. Aimant la tranquillité et la chaleur des vacances, Portofino fut la destination des Miller. Ils prirent l'avion puis un taxi pour rejoindre ce petit village pêcheur. En voyant ce magnifique village latin, quelques mots se rappelèrent à Cara:

«Un petit village qui s'étend comme une demi-lune autour d'un bassin silencieux»

Quelques mots de Guy de Maupassant qui illustraient tout à fait la géométrie reposante de cette destination. Entourée d'un parc naturel régional et d'une réserve marine, cette ville regorgeait d'authenticité et respirait la tradition, le bonheur et la joie. Cara fut émerveillée devant tant de beauté au naturel. Cet endroit était comme bloqué dans le passé, dans les clichés italiens, prêt à servir un discours romantique accompagné d'une rose à toute belle demoiselle.

Ils avaient loué une petite villa isolée qui flottait au-dessus de son propre bassin turquoise, soutenue seulement par les roches robustes. L'intérieur était rustique et décoré de luxueux meubles anciens très bien entretenus. Le séjour disposait d'un petit balcon blanc offrant une vue sur le bassin turquoise et la campagne leur faisant face. Cara découvrit sa chambre qui avait elle aussi son propre balcon privé. Tout aussi blanc, il était juste au-dessus de celui du salon et offrait donc une vue plus éloignée au-dessus de la campagne, l'accompagnant d'un panorama de la campagne et de la mer environnante. Cette multitude de couleurs explosait aux yeux flamboyants de Cara qui ne pouvait effacer son sourire émerveillé de ses lèvres gourmandes. Les propriétaires de la maison leur avait préparé le premier repas qu'ils dégustèrent avec envie, surpris par des saveurs aussi exotiques et pétillantes. Ils finirent de s'installer puis décidèrent de visiter les alentours à pied pour finir au village en début de soirée, prenant leur temps pour choisir un restaurant.

La nuit sur Portofino lui allait presque aussi bien que le jour. Les lumières des maisons et des restaurants bordant le bassin en demi-lune ornaient ce dernier d'une teinte orange qui l'habillait d'ombres et de lumières mouvantes au gré des ondulations de l'eau. Quelques bateaux locaux continuaient de rentrer malgré l'heure tardive, ramenant leur butin durement entassé. La rumeur chantante des discutions berçait Cara qui laissait l'air frais provenant du port balayer son visage du temps qu'elle patientait son plat. Même si elle savait que la magie existait et qu'elle était d'un tout autre type, elle aurait volontiers qualifié cet endroit de magique. La chaleur et l'ambiance qui s'en dégageait était tout à fait enivrante.

Durant cette semaine à l'étranger, Cara se détacha autant qu'elle put de Robert et Jon. Elle se rendait seule au village, et prenait en photo les bâtisses colorées, se promenait au bord de l'eau, sur les plages et pouvait s'y allonger des heures durant sans se soucier des Miller. Elle passait la majeure partie de son temps en maillot de bain, acceptant un peu plus son corps davantage féminin. Elle aimait tout particulièrement s'asseoir sur un banc en pierre du village et regarder la vie locale qui l'entourait, humant le parfum des fleurs et de la mer, souriant aux villageois qui passaient et écoutant leurs paroles plus chantées que parlées. Cette langue était faite de courbes et d'octaves que Cara ne serait probablement jamais capable d'imiter. Rien qu'un simple bonjour en italien tonnait d'une joie et d'une séduction dont seuls les latins avaient le secret.

Ce fut un exploit que Jon la laisse tranquille durant une semaine. Mais une fois de retour en Angleterre, les dernières semaines des vacances d'été furent les mêmes qu'au début. Les souvenirs d'Italie étaient toujours présents et un sourire ornait les lèvres de la brune lorsqu'elle y repensait. Durant son voyage en Italie, elle avait loupé son courrier quotidien. Ce ne fut que le lendemain de son retour que Cara eut la nouvelle. Un frisson parcourut son échine, refroidissant tout son corps.

Un prisonnier s'était échappé d'Azkaban: Sirius Black. Ce sorcier avait tué plusieurs moldus en pleine rue et était agité d'un rire à gorge déployée lorsqu'il avait été arrêté. Il était présumé Mangemort. Des témoins l'avaient entendus répéter «Il est à Poudlard» avant qu'il ne s'enfuit. Personne ne savait comment il s'y était prit, mais l'école allait désormais être placée sous la surveillance des Détraqueurs.

Le 31 au soir, Cara s'empressa d'empaqueter ses affaires pour que tout soit prêt lorsque Lupin arriverait. Une fois prête, elle s'assit sur son lit en s'adossant contre son oreiller et patienta en se plongeant dans diverses pensées. Elle dû s'endormir car lorsqu'un bruit provenant de la vitre surgit, Cara sursauta, déboussolée. Elle alla ouvrir la fenêtre et Lupin descendit au sol.

- Bonjour Cara. Dit-il aimablement mais chaleureusement.

- Bonjour Lupin. Répondit-elle en dessinant un large sourire sur ses lèvres pleines.

- Je vois que tu es prête.

- Oui!

- Alors on y va.

Il lui présenta son coude, auquel elle s'accrocha fermement, et ils transplanèrent sur le Chemin de Traverse. Il lui prit sa valise pour la débarrasser, et la suivit chez Gringott's. Une fois l'argent dans les poches, elle alla s'acheter de nouvelles chemises car ces dernières ne fermaient plus à cause du volume crée par la poitrine de Cara. Ensuite elle alla renouveler son stock d'encre et de parchemin, puis enfin ils allèrent chez Fleury et Bott acheter les ouvrages nécessaires à l'étude de sa troisième année. En patientant dans la file d'attente, Remus se décida à lui révéler une bonne nouvelle.

- Au fait, j'ai une bonne nouvelle pour toi, commença-t-il en souriant.

Cara le regarda, se demandant ce que ça pouvait être.

- Cette année, Dumbledore m'a placé au poste de professeur des Défenses contre les forces du mal, annonça-t-il en attendant la réaction de la jeune fille.

Le visage de la fille mit une seconde avant de s'illuminer. Elle élargit son sourire et dû se retenir de lui sauter au cou. Sa joie ne la quitta pas du reste des courses ni même durant le trajet jusqu'à la gare. Lupin lui monta ses valises dans le train puis s'arrêta.

- Bon, eh bien je te souhaite un bon trajet. Dit-il poliment.

Cara se retourna vers lui, surprise.

- Oh mais ne soyez pas gêné, venez dans un compartiment avec moi, il n'en reste pas beaucoup des vides.

- Non, merci beaucoup Cara, mais je te laisse avec tes amis.

- Oh, vous savez, je ne fais jamais le trajet avec les mêmes personnes. Je vous assure, ça ne me dérange pas si on partage le même compartiment.

- Merci Cara, mais je vais m'installer dans un compartiment et je vais rattraper ma nuit, tu devrais faire pareil.

Il avait un sourire désolé sur les lèvres. Cara n'insista pas et le salua d'un signe de la main avant de reprendre sa recherche d'un compartiment libre. Elle avait parcourut la moitié du train sans trouver un seul compartiment libre, jusqu'à ce que Dubois lui fasse signe de venir. Il l'aida à mettre sa valise sur le porte-bagage puis lui laissa galamment la place à côté de la fenêtre. Elle s'installa et regarda les deux autres garçons assit dans le compartiment. Leurs visages lui disait quelque chose, mais elle n'aurait sut leur donner de noms.

- Cara, voici Cédric Diggory, attrapeur et capitaine de l'équipe de Poufsouffle, et Roger Davies, poursuiveur et capitaine de l'équipe de Serdaigle. Présenta Dubois en s'asseyant à côté d'elle.

Les deux garçons la saluèrent d'un hochement de tête et d'un sourire. Elle fit de même en les regardant tour à tour, mais en croisant le regard du garçon face à elle, elle s'attarda. Il avait des cheveux en bataille châtain, un visage ovale aux mâchoires prononcées, de petits yeux clairs, presque gris. Lui aussi la fixait avec un étrange demi-sourire aux lèvres, ne la lâchant pas des yeux avant que Dubois ne présente Cara, les sortant de leur lien visuel.

- Et voici Cara Dauclaire, espionne infiltrée auprès de l'équipe de Serpentard.

Elle rigola à cette dénomination. Les deux garçons aussi, surpris mais intéressés.

- Espionne infiltrée? Répéta Roger en regardant Cara avec intérêt.

- Oui, l'année dernière je lui ai demandé de me donner de précieuses informations sur les joueurs de Serpentard.

- Quel genre d'informations? Continua le Serdaigle.

- Leurs qualités techniques, leurs avantages physiques, leurs tactiques, leurs faiblesses, un peu tout ce qu'elle pouvait trouver à dire.

- Et elle t'a dit beaucoup de choses? Poursuivit Davies, dubitatif.

- Assez pour que je base ma stratégie sur ses dires et que l'on gagne, la défendit-il.

- Alors comme ça tu t'intéresse au Quidditch? Intervint le Poufsouffle d'une voix douce.

Elle tourna son regard vers lui et croisa de nouveaux ses iris claires curieuses.

- Euh... m'intéresser est une expression un peu large. S'amusa-t-elle en abaissant ses yeux, évitant soigneusement le regard hypnotique du Poufsouffle.

- Oh, tu t'y es assez intéressée pour passer des heures à m'écouter t'en parler. La contredit Dubois, inconscient du jeu de regard entamé par les deux jeunes gens.

Diggory fit tomber le médaillon qu'il faisait tourner entre ses doigts, se pencha pour le ramasser puis se redressa de nouveau en faisant face à la brune.

Les courants d'airs provoqués par le garçon amenèrent à elle une effluve orientale et sucrée qui embrouillait l'esprit de Cara pour y occuper toute la place. Elle huma à pleines narines cette odeur si attirante et ne remarqua même pas que Cédric s'était de nouveau adressé à elle. Ce n'est que lorsqu'il lui sourit de toutes ses dents, moqueur, qu'elle en prit conscience.

- Euh... pardon?

- Tu n'as pas l'air très réveillée, fit-il remarquer en gardant son sourire moqueur.

- Pas vraiment, avoua-t-elle. En réalité, je pensais profiter du trajet en train pour rattraper ma nuit.

- Eh bien, dors.

Elle secoua négativement la tête et replongea ses yeux dans les iris claires du garçon.

- Je suis sûre que vous avez des choses passionnantes à me dire sur le Quidditch.

- Dubois oui! S'exclama Roger, retenant un fou rire. Il ne peut pas passer un quart d'heure sans t'en parler!

Ils rigolèrent.

- C'est faux! En cours j'en parle pas! Protesta le Gryffondor.

- Si jamais tu en parlais en cours, tu te prendrai une retenue chaque fois que tu prononcerai le mot 'Quidditch'. Éluda Davies, désormais rouge.

- Ce qui fait que tu passerais plus de temps en retenue qu'en cours. Conclut Diggory en jetant un regard amusé à Dubois.

- Eh bien moi au moins je prends mon rôle au sérieux! Se défendit Olivier.

- Tout comme nous! Sauf qu'on a d'autres intérêts que ce sport. Rétorqua Davies, devenant insistant.

- Je crois tout simplement qu'il aime ce qu'il fait, et je trouve ça très admirable de sa part de s'investir autant dans quelque chose qui est extrascolaire. Intervint Cara pour soutenir son ami.

Les trois garçons tournèrent la tête vers elle, interloqués ou ravis de son ton ferme et sincère. Dubois esquissa un sourire, heureux qu'elle le soutienne. Roger paraissait un peu gêné d'être remit à sa place par une troisième année. Quant à Cédric, il portait un demi-sourire aux lèvres et la regardait d'une façon que Cara n'arrivait pas à saisir. L'intérêt? Le ravissement? La fierté? Elle ne savait pas trop, mais elle se sentit légèrement rougir lorsqu'elle distingua ce regard profond fixé sur son visage. Le thème du Quidditch ne fut plus abordé de tout le trajet et les discutions furent plus basses, plus intimes. Cédric ne cessant de regarder Cara, Roger se tourna vers Dubois pour entamer une discution. Elle eut beau prétendre être plongée dans la contemplation du paysage, elle voyait très bien le reflet de Cédric dans la vitre qui persistait à la fixer avec cet étrange regard. Après plus de cinq minutes à regarder sans le voir le paysage défiler, elle se tourna finalement vers le Poufsouffle et le dévisagea, accentuant le sourire du garçon.

- Tu m'intrigues. Lâcha finalement le garçon après une minute interminable d'un regard silencieux.

- Pourquoi donc?

Elle avait adopté le même ton mielleux, le même regard perçant et parla aussi bas que lui, se penchant instinctivement pour décourager toute intervention dans leur conversation. Il fit de même, et leurs mains, relâchées devant leurs genoux, se frôlèrent, comme pour témoigner de leur proximité. Cara frissonna lors de ce contact.

- Je me demande comment une fille telle que toi peut être à Serpentard.

Elle rit silencieusement, étirant un peu plus ses lèvres et baissa la tête, déçue d'une raison aussi commune.

- Qu'est-ce que tu en sais? Peut-être que le choixpeau avait toutes les raisons de me mettre dans cette maison. Le défia-t-elle en le fixant du regard.

- Laisse moi en douter.

- Oh! Tu peux en douter autant que tu le veux si tu n'as aucune preuves de tes suspicions.

- Alors laisse moi te prouver que ta place n'est pas à Serpentard. Dit-il encore plus bas, obligeant Cara à fixer les lèvres du garçon pour percevoir nettement ses paroles.

Elle le regarda, dubitative mais intriguée, et attendit qu'il sorte ses arguments.

- Si tu étais une vraie Serpentarde, tu ne te serais jamais assise dans un compartiment plein de capitaines de Quidditch, et encore moins à côté de Dubois.

Il n'avait pas tord.

- De plus, tu ne lui aurais, pour rien au monde, donné des informations sur ton équipe.

- Mais ça c'est la même chose pour les élèves de toutes les maisons. Sauf moi.

Il rigola.

- Preuve supplémentaire que tu n'aurais jamais dû aller dans cette maison.

- Les Serpentards ne sont pas loyaux, ils sont malins et arrivistes. Répliqua la brune.

- Es-tu entrain de me dire, que d'informer tes adversaires des compétences de l'équipe de ta maison peut t'être bénéfique au final? Résuma-t-il avec amusement.

- Qui sait? Peut-être que le fait qu'ils perdent une fois de plus pourrait les pousser à accepter la candidature d'une fille qui a passé des heures entières à discuter avec les capitaines des autres équipes et plus particulièrement avec celui de Gryffondor.

Elle trouvait les arguments au fur et à mesure, s'étonnant elle-même de ses talents d'improvisation. Sa réplique fit rire Diggory.

- Je ne te savais pas si intéressée par le Quidditch.

- Ça peut venir, assura-t-elle. Finalement, peut-être que je vais très bien à Serpentard, non?

Cédric hocha négativement la tête.

- Tu es peut-être une bonne improvisatrice, mais tu caches mal tes sentiments. Lança-t-il, encore moqueur.

- Pourquoi tu dis ça? S'indigna-t-elle.

- Parce-que remettre subtilement Roger à sa place sans lancer une pique à Dubois n'est pas digne d'une Serpentarde.

Elle rigola, s'avouant vaincue.

- D'accord! Moi aussi je me demande parfois, même souvent, pourquoi je suis dans cette maison. Mais de toute façon je ne peux rien y changer alors autant s'y faire.

- Voilà pourquoi tu m'intrigues, expliqua-t-il. Quiconque aurait été envoyé à Serpentard en ayant tes qualités aurait définitivement craqué. Mais toi, tu restes... impassible. Je crois que tu regroupe les qualités des Serpentards mais que tu as laissé tous leurs défauts de côté. C'est ce qui te différencie tant d'eux et qui pourtant te permet de «survivre» comme on pourrait dire.

- Ça va, je ne subis pas non plus les épreuves d'Hercule! Relativisa Cara.

- Les épreuves de quoi?

Elle parut surprise mais se rappela que les sorciers ne connaissaient rien aux histoires des moldus.

- Oh, c'est une mythologie grecque qui parle des épreuves que doit passer un demi-Dieu pour monter sur l'Olympe, le royaume des Dieux Grecs.

- Qu'est-ce qu'un Dieu?

- Une divinité inventée par les moldus. Les Dieux sont... les créateurs. Ils ont crée la Terre, les mers et océans, le vent, les arts, la nourriture et les boissons. Tout. Avant, il y a des milliers d'années de là, les moldus avaient pour coutume de prier ces Dieux lorsqu'un malheur les frappait, leur demandant d'être indulgents. Ils leur offrait toutes sortes de choses, de la nourriture, de l'or, des vêtements, pour qu'ils soient satisfaits des offrandes et récompensent les moldus en leur offrant une longue vie heureuse.

- Ils croyaient que des personnes avaient crée la Terre?

- Ils en étaient même persuadés. Ils ont fait des édifices en leurs noms, en leur gloires. Ils ont écrits des récits et des Épopées pour relater les aventures de ces divinités imaginaires. Ils les idolâtraient, ne pouvaient se passer d'eux. Ils parlaient même en leurs noms.

- Je ne pensais pas les moldus aussi stupides. S'étonna Cédric en haussant les sourcils.

- Ils n'étaient pas stupides, ils étaient juste crédules parce-qu'ils manquaient de savoir, de connaissance. Ils expliquaient leurs malheurs avec les moyens qu'ils avaient. Ils ne connaissaient pas encore la science, ou très peu, et étaient loin de soupçonner l'existence véritable de la magie. Maintenant ça a changé.

- J'espère pour eux.

- Oh Cédric, ne sois pas si fermé d'esprit! J'ai bien dû m'y faire moi à l'existence de la magie! Mais avant, j'aurais été tout aussi crédule si l'on m'avait expliqué qu'un objet que j'avais vu voler sans qu'il n'en soit capable avait été emporté par les neutrons et protons qui auraient inexplicablement été déréglés et auraient provoqué des dysfonctionnements dans les matériaux composant l'objet!

- Je n'ai pas tout suivis, avoua péniblement le Poufsouffle.

- Les moldus sont probablement plus informés que les sorciers en ce qui concerne la Terre, ses composantes et son environnement. Il le faut bien pour comprendre les événements qui arrivent. Tout le monde ne peut pas se contenter d'enfourcher un balai et de voler au-dessus des nuages!

- Je tiens juste à te rappeler que des sorciers ont travaillé dur pour fabriquer les balais. Intervint Roger, qui semblait écouter depuis un moment déjà leur petite conversation.

Cara se rendit compte qu'elle s'était redressée et avait haussé le ton, attirant l'attention des deux autres garçons.

- Oui, je m'en doute. Mais il faut que vous compreniez que les moldus ne sont pas plus bêtes parce-qu'ils ne pratiquent pas la magie. Je trouve même qu'ils sont plus doués et plus malins que les sorciers pour être aussi débrouillards en étant dépourvus d'aide magique.

- Et c'est une Serpentarde qui dit ça! S'amusa Roger en souriant.

- Serpentarde ou non, j'ai passé plus de 13 ans de ma vie avec des moldus dont 11 sans magie. Alors oui, je pense que les moldus sont très doués et malins, plus que ce que je le pensais d'ailleurs.

Les garçons ne répondirent pas, ne souhaitant pas affronter les tirades de la jeune fille. Le silence retomba quelque peu et Cara retourna à sa contemplation du paysage. Elle dût s'endormir durant le trajet, car l'arrêt brutal du train la fit sursauter. Elle regarda autour d'elle et vit que les trois garçons s'étaient tût en sentant la secousse de l'arrêt. Elle lança un regard interrogateur à Cédric mais il le lui rendit, tout aussi surprit. Machinalement, il tournèrent tous deux la tête vers la vitre pour essayer de distinguer quelque chose, mais le ciel était sombre et la vitre avait même commencé à geler, créant de la buée.

Soudain il y eut une autre secousse et le bruit d'une porte qui s'ouvrait. Cara eut alors le souvenir de l'évasion de Sirius Black. Elle retint son souffle et leva les yeux devant elle pour réfléchir à la probabilité que le prisonnier parvienne à monter dans le Poudlard Express. Elles étaient infimes. La porte du compartiment commença elle aussi à geler. À chaque expirations, de la vapeur s'échappait d'entre leurs lèvres. Cara frissonna, se demandant depuis quand il faisait si froid dans le train. Elle serra ses bras autour d'elle en gardant les yeux rivés sur la porte du compartiment, redoutant de voir la cause de cet arrêt inopiné. Puis, l'impression de froid s'accentua tandis qu'elle ne ressentait plus que le vide et le froid du chagrin profond qui l'envahissait peu à peu.

Une main squelettique avança vers la porte et en tira le verrou, actionnant la poignée. La porte coulissa sur le côté dans un bruit de roulement métallique sonore, et une grande silhouette sombre et vaporeuse s'avança vers le seuil. Une longue cape noire aux contours indéfinis habillait la silhouette dont le sommet était recouvert d'une large capuche sombre. Cara fut absorbée par les ténèbres qui habitaient sous la capuche.

Un visage dépourvu de globes oculaire ou de fentes nasales, mais avec une bouche circulaire plus semblable à celle d'une sangsue que d'un être humain. La silhouette parcourut la pièce d'un geste circulaire de la tête puis ressortit en refermant la porte d'un mouvement souple de ses doigts maigres en état de putréfaction. Une fois la cape vaporeuse entièrement disparue, les quatre jeunes gens se toisèrent en expirant fébrilement, secoués par ce court instant d'appréhension pantoise.

Cinq minutes après, un nouveau bruit de porte se fit entendre, et le train redémarra, rallumant les lumières que Cara n'avaient pas vu s'éteindre. Les joues rosies par la froideur provoquée par les silhouettes, Cara tremblait encore un peu et tentait de se réchauffer en frottant discrètement ses bras. Elle surprit Cédric à l'observer de nouveau alors qu'elle regardait à travers la vitre. Elle ne put retenir un léger sourire en coin.

Une fois arrivés à la gare, Dubois l'aida à descendre sa valise puis ils sortirent tous les quatre sur le quai avant de rejoindre leurs groupes d'amis. Cara entama le chemin sombre et terreux puis grimpa dans une diligence vide. Quelques instants après, elle fut rejointe par d'autres élèves. Trop préoccupée par ses réflexions au sujet de Cédric, elle ne s'était pas rendue compte que c'était Malefoy et ses sbires qui étaient montés.

- Alors Dauclaire, on passe d'un capitaine à trois? Susurra une voix narquoise à son oreille.

Elle se retourna en sursautant, parcourut de frissons dus au souffle chaud du garçon contre sa nuque. Le blond arborait un sourire satisfait en la détaillant du regard. Elle le dévisagea plusieurs instants avant de se souvenir de sa phrase. Au début, elle ne voyait absolument pas quelle était la moquerie dans sa réplique, puis elle se souvint des insinuations de l'année précédente. Ses sourcils se froncèrent et sa mâchoire se serra.

- Malheureusement pour toi, il n'y aura pas le quatrième, rétorqua-t-elle en le fusillant du regard.

- Peu m'importe, ce n'est pas moi le capitaine. C'est plutôt Marcus qui devrait être triste.

- Je doute que ça l'atteigne beaucoup.

Malefoy étira petit à petit ses lèvres en un sourire amusé. Il s'éloigna un peu d'elle en continuant de la regarder, laissant un silence pesant s'installer. Cara détourna la tête pour éviter d'avoir le visage du blond dans son champ de vision. Puis elle sentit un contact tiède sur le haut de sa pommette et se tourna brusquement vers le garçon pour le toiser sévèrement. Il venait de caresser son visage.

- Comment s'est passé ton été? Demanda-t-il d'un ton dégagé avant de reprendre son habituel ton goguenard. Tes moldus se sont acharnés sur toi, non?

La moutarde commençait à lui monter au nez, elle se sentit se redresser tel un serpent prêt à frapper, mais l'air satisfait de Malefoy la retint. Les lèvres pincées, la gorge tendue, elle fixait le garçon en espérant le faire fondre sur place pour éviter d'avoir à garder son sang-froid une fois de plus. Elle inspira profondément par les narines, se délectant des odeurs forestières qui lui étaient si chères, puis répliqua d'un ton calme.

- Mon été a été tout aussi doux et plaisant que le tiens Malefoy.

Elle afficha un sourire de défi en plongeant son regard perçant dans les yeux aciers du garçon.

- Alors il n'y a pas de doutes que tu accepteras avec plaisir que je sois tout aussi doux et plaisant avec toi que l'ont été tes moldus, n'est-ce pas? Répliqua-t-il en penchant son visage vers elle.

Le visage de Malefoy suintait la fierté. Cara se figea et ne répondit pas, préférant tourner la tête vers la forêt sombre et calme. Elle entendit les trois Serpentards ricaner bruyamment. Le reste du trajet se passa sans autres altercations et elle se dépêcha de rejoindre sa table pour être débarrassée de ces trois singes épouvantables. Le dîner de rentrée se déroula de façon habituelle même si Dumbledore parut plus froid et tendu lors de son discours. Il avertit les élèves en leur précisant gravement de rester éloignés des Détraqueurs qui arpentaient cette année les murs de l'école. Cara devina que les Détraqueurs étaient ces silhouettes vaporeuses qui lui avaient inspirées tant d'appréhension dans le train. Le reste du repas fut tout de même très animé, et ils montèrent vite se coucher. Cara déballa une fois de plus ses affaires pour les organiser de façon fonctionnelle. Elle alla se débarbouiller à la salle de bain, se rinçant le visage, se brossant les dents, se passant de la crème hydratante puis se brossant délicatement les cheveux. Fraîchement nettoyée, elle retourna à son lit où elle entreprit de se déshabiller, retirant chaque vêtements avec une élégance nouvelle. Ensuite elle enfila adroitement son pyjama et se glissa sous ses couvertures lourdes et rassurantes. Elle se pelotonna contre son oreiller, encadrant son corps recroquevillé des superpositions de couches de tissus et ferma les yeux pour tomber dans l'inertie à demi-consciente du sommeil.

Les premières semaines furent platoniques et habituellement désordonnées. Ensuite vinrent les premiers entraînements de Quidditch auxquels Cara se fit un plaisir d'assister, privilégiant celui de Poufsouffle aux autres. Elle dût aussi recommencer toute son analyse des Serpentards vu que l'équipe avait été reconstituée pour recommencer l'année. Elle passa donc la plupart de ses soirées sur le terrain de Quidditch à regarder les joueurs s'entraîner. Elle n'allait qu'à une seule séance des Serpentards pour éviter d'attirer des soupçons sur elle et ses prises de notes incessantes. Elle partait aussi dix minutes après les joueurs pour faire croire à un simple travail scolaire et non pas un intérêt prononcé pour leur entraînement.

Mais elle ne tarda à se faire coincer par Malefoy qui avait eu le déclic de ses propos de l'année précédente. Alors qu'elle remontait au château après leur entraînement, Drago avait surgit de nulle part et l'avait plaquée contre le mur extérieur de la bâtisse, s'approchant si près d'elle qu'elle avait put sentir son souffle chaud sur son visage. Il avait plongé ses yeux gris dans ceux verts de Cara en lui lançant des éclairs.

- Je sais ce que tu fais Dauclaire, avait-il lâché entre ses dents serrées.

- Quoi donc? L'avait-elle imprudemment défié.

Un sourire mauvais était apparut sur les lèvres du blond, et d'un geste brusque il avait arraché le sac de la jeune fille en s'éloignant de quelques pas pour mettre de la distance entre eux. Il avait rapidement attrapé le bloc de parchemins où Cara notait ce qu'elle relevait des entraînements des Serpentards et avait laissé tomber le sac à ses pieds. En voyant l'objet qu'il avait volé, Cara s'était lancée sur lui, s'embronchant les pieds dans son sac et s'écrasant à moitié sur le torse du garçon, et avait tenté de lui arracher des mains. Mais d'un coup de baguette, Malefoy avait mit feu aux précieux parchemins de la jeune fille. Cette dernière, toujours accrochée aux épaules du blond, ne put se contrôler cette fois-ci. La rage était montée en elle à une telle vitesse qu'elle n'avait pas put la contenir. Elle s'était mise à frapper le blond de toutes ses forces, les faisant basculer dans l'herbe humide.

À peine une minute après, deux prises solides s'étaient refermées autour de ses bras et les avaient bloqués dans son dos, l'empêchant d'attaquer et de se défendre. Elle avait regardé Malefoy avec une telle rage que peu lui avait importé de savoir qui la retenait. Le garçon, toujours allongé sur le dos, avait les cheveux en bataille, le visage rougit par les coups de la fille, et le regard amusé. Cara avait été fermement éloignée de Malefoy et de nouveau plaquée contre le mur. Son tortionnaire s'était retourné pour aboyer à Malefoy de dégager. Une fois le calme revenu, Cara s'était enfin occupée de savoir qui l'avait aussi aisément contrôlée. Levant les yeux vers la personne qui figurait devant elle, elle fut à la fois étonnée et honteuse. Un visage ovale aux mâchoires marquées, des cheveux châtains en bataille, des yeux clairs énigmatiques. Cédric Diggory tenait toujours fermement le bras de Cara pour l'empêcher de filer Drago Malefoy. Il la regardait d'une façon qu'elle ne savait déchiffrer. Ce n'est que lorsqu'il eut soupiré bruyamment, qu'elle comprit qu'il était en colère.

- Je suis désolée, s'était-elle alors excusée.

- Désolée de quoi? D'avoir perdu ton sang-froid face à Malefoy? C'est tout à fait compréhensible, je suis juste déçu que tu t'y sois aussi mal prise pour évacuer ta colère.

Elle était restée sans voix en entendant cela. Il l'avait alors raccompagnée jusqu'aux cachots, la priant de rester éloignée de Drago Malefoy pour la soirée, puis s'était éloigné.

Après ça, elle dû reprendre toutes ses notes et les protéger par divers sortilèges car ce ne fût pas la dernière fois que Malefoy lui tomba dessus. Elle devait partir avant la fin de l'entraînement pour éviter qu'il ne l'attrape chaque fois.

Cette année, Cara fut heureuse d'apprendre qu'Hagrid, le garde-chasse, enseignait les soins aux créatures magiques. Elle entendit Malefoy railler, assit un peu plus loin à la table des Serpentards.

- Déjà que ce gros balourd m'insupportait en étant loin de moi, mais que là il enseigne! Quand mon père l'apprendra, je peux vous dire que ce bon à rien regrettera vite d'avoir mit ses énormes pieds à Poudlard.

Cara n'écouta pas plus le flot d'insultes déversé par le blond narquois, préférant chercher Diggory des yeux. Ce dernier avait le visage tourné vers un autre garçon de sa maison, un sourire rayonnant aux lèvres. Inconsciemment, Cara laissa un sourire se dessiner sur ses propres lèvres, appréciant le bonheur du garçon. Elle l'observa de longues minutes, puis se leva et alla en cours de défense contre les forces du mal.

Lupin était un professeur très compétent qui enseignait des choses très utiles. Elle se faisait un plaisir de rejoindre son cours, lui adressant toujours un large sourire en guise de salut. Ils entrèrent dans la salle de cours et s'installèrent une file indienne devant un grand placard, comme depuis le début de l'année. Lupin avait eu l'avantageuse idée de les préparer au cas où un Détraqueur les attaquerait. Il avait donc acquis un épouvantard. L'épouvantard en lui-même n'avait pas de forme spéciale, mais devant un élève, il prenait la forme de sa plus grande peur. Pour les repousser, les élèves doivent déclencher des rires.

Cara n'était pas encore passée, elle ne savait donc pas encore quelle forme prendrait l'épouvantard. En y réfléchissant, elle n'avait aucune idée de ce que ça pourrait être. Elle avait vu l'épouvantard se transformer en Détraqueur devant Potter, elle s'était dit que peut-être ça serait aussi le cas pour elle, mais elle n'avait pas vraiment ressentit de peur face à lui, juste de l'appréhension. Peut-être que ça prendrai la forme de Jon, ou de Robert. Elle avait vu que la peur de Ron Weasley était les araignées, a y réfléchir, Cara se rendit compte que, chassant les araignées depuis petite, elle n'en avait pas plus peur que ça. Ensuite elle se rappela avoir vu la peur d'une fille de Gryffondor, qui était les serpents. Cara remarqua qu'elle n'en était pas non plus effrayée, les trouvant plutôt intéressants. Après avoir vu la peur de tous les Gryffondor, Cara n'eut plus d'autre choix que de se poster devant l'épouvantard en attendant qu'il lui montre sa plus grande peur.

Elle avança devant l'épouvantard qui s'était précédemment fait transformer en un clown pour combattre le serpent, et le clown se dissipa pour que la forme indistincte de l'épouvantard se mette à tourner dans un brouillard opaque, cherchant la peur de Cara. Après quelques longues minutes à tourbillonner, qu'une suite de murmures étonnés se soient levés, et que Lupin ait commencé à s'avancer pour vérifier que l'épouvantard fonctionnait correctement, le brouillard opaque ralentit et dessina une silhouette devant la jeune fille.

Une exclamation de surprise monta dans la file derrière Cara. Devant elle, se tenait une fille fine au teint médium, aux longs cheveux châtains foncés ondulant en de larges vagues volumineuses avec de grands yeux en amande d'une couleur verte kaki mêlée d'un léger bleu. Ses lèvres roses pleines et visiblement douces s'étiraient en un demi sourire narquois, son regard perçant observait Cara d'un air vicieux, attendant impatiemment quelque chose. La jeune fille était vêtue tout de noir, lui donnant un air maléfique, presque mortel.

Cara déglutit, ne comprenant pas cet épouvantard. Face à elle, se dressait son double maléfique. Son double plongea sa main dans sa poche et en sortit une baguette, la pointant non pas sur Cara, mais sur le professeur Lupin. De nouvelles exclamations s'élevèrent, et Lupin leva sa baguette vers l'épouvantard qui l'ignorait royalement, gardant ses yeux vils rivés sur Cara.

Cette dernière ne savait pas quoi imaginer pour faire rire les gens, elle resta bloquée, la baguette pointée vers l'épouvantard en attendant qu'une idée lui vienne. Son esprit restait bloqué par la panique à la recherche d'une explication de cet épouvantard, l'empêchant d'imaginer quelque chose de drôle lui arrivant pour s'en débarrasser. Elle sentait son souffle se raccourcir, l'empêchant d'avoir les idées claires, et sa gorge se nouer dans l'appréhension de ne pas agir assez vite. L'épouvantard lâcha un rire moqueur et triomphant avant de se tourner vers Lupin. Dans sa panique, Cara visa à son tour Lupin et lui lança un sort de protection avant que lui-même ait put réagir. Un second sort passa juste à côté du professeur qui avait bondi après celui de Cara, et l'épouvantard se tourna vers la jeune fille, furieux. Cara le regarda droit dans les yeux, et cita la formule.

- Riddikulus, lança-t-elle d'une voix claire et ferme.

La baguette entre les doigts du double maléfique se transforma en un sans gênes qui se déroula tout seul en sifflant son stupide bruit festif. Les rires éclatèrent derrière elle. Elle s'écarta et alla voir Lupin.

- Monsieur, je..., commença-t-elle en évitant de le regarder dans les yeux.

- Ne t'en fais pas, je comprends que tu ais été perturbée par la forme qu'a prit l'épouvantard. Avoir peur de soi-même c'est plutôt dérangeant, la coupa-t-il en posant une main amicale sur l'épaule de la jeune fille.

- Je ne crois pas que se soit la peur de moi-même. L'épouvantard ne voulait pas me blesser, il s'est tourné vers vous. Je...

Mais elle laissa sa phrase en suspens, fixant toujours le sol d'un œil absent. Elle n'avait pas peur d'elle-même, c'était autre chose qui la dérangeait chez cet épouvantard, c'était son attitude. Lupin s'était détourné pour la laisser dans ses songes, et regardait comment s'en sortait un garçon de Serpentard.

À la fin du cours, elle était toujours aussi secouée par cette peur. Elle alla en cour d'Histoire de la Magie sans grand enthousiasme. Elle se força à écouter le professeur Binns pendant qu'il lisait passivement ses feuilles de cour. Enfin arrivée au repas de midi, elle s'assit sur le banc et regarda les plats apparaître devant elle. Elle les regarda sans envie et repoussa son assiette. Elle resta ainsi assise, les yeux dans le vide, à réfléchir.

Puis un mouvement un peu trop proche d'elle la sortit de son hébétude. Elle jeta un œil en biais pour voir de quoi il s'agissait, et tressaillit en voyant une paire de yeux aciers à quelques centimètres d'elle. Elle soupira malgré elle et s'écarta légèrement pour pouvoir le fixer dans les yeux sans que leurs visages ne soient trop proches.

- Qu'est-ce que tu veux Malefoy? Cracha-t-elle en gardant ses yeux froids fixés sur lui.

Un sourire se dessina sur les lèvres du blond.

- Tu m'étonnes Dauclaire, commença-t-il. J'aurai parié tout mon argent que l'épouvantard prendrai la forme de tes moldus si j'avais pu, poursuivit-il d'un ton toujours aussi calme. Mais c'est encore pire que ça, tu as peur de tes propres pouvoirs magiques! S'exclama-t-il, retenant un énorme fou rire.

- Si c'était ça, pourquoi est-ce que transformer ma baguette magique en un sans gênes moldu m'aurait mise aussi en colère d'après toi? Rétorqua-t-elle sèchement, serrant sa mâchoire si fort qu'elle lui faisait mal.

- Aucune idée! T'es un genre de sorcière bien unique toi, lui susurra-t-il à l'oreille, provoquant des frissons sur la joue gauche de la fille.

Elle se leva, enjamba le banc et partit de la Grande Salle. Elle sortit du château et descendit jusque dans la forêt interdite comme demandé par Hagrid, rejoignit le point de rendez-vous où il y avait déjà Harry, Ron et Hermione, puis attendit. Une quinzaine de minutes plus tard, le point de rendez-vous était remplit d'élèves. Hagrid éclaircit sa gorge et commença à présenter son cours.

- Bonjour à tous, je suis désolé de vous avoir faire venir jusqu'ici, mais ce que je vais vous montrer ne dois pas être exposé à trop de mondes, ils n'aiment pas la population humaine.

Des chuchotements inquiets commencèrent à parcourir l'assemblée et Hagrid perdit un peu de son enthousiasme. Après quelques secondes de bavardages, il se racla de nouveau la gorge et se détourna. Il avança vers le fond de l'enclos et attrapa une corde qui était attachée à un arbre. Il tira doucement sur la corde, attirant l'attention des élèves qui virent une bête sortir de derrière les arbres. Cara ouvrit la bouche, trouvant cet animal absolument magnifique.

- Voici un Hippogriffe, dit-il simplement en arrêtant l'animal à environ dix mètres des élèves pantois. Et lui, il s'appelle Buck. Dans mon cours vous allez apprendre à connaître ces animaux, à les apprécier et à vous en occuper.

Une vague de peur traversa les élèves mais Hagrid n'en eut pas conscience et continua sa présentation.

- Aujourd'hui, vous devrez vous approcher d'un Hippogriffe. Mais il y a quelques règles à respecter. Les Hippogriffes sont des créatures très fières alors il faut faire preuve de beaucoup de respect pour pouvoir les approcher sans risques.

- Sans risques? Répéta soudainement Hermione, appréhendant les risques sous-entendus.

- Eh bien les hippogriffes peuvent s'énerver s'ils n'apprécient pas la façon dont un humain se comporte avec eux. C'est pour ça que je vais vous apprendre à les approcher en toute sécurité, expliqua-t-il, de nouveau enthousiaste. Donc, premièrement, vous devez laisser un espace d'un mètre minimum entre l'hippogriffe en vous. Ensuite, vous devez le regarder droit dans les yeux et vous incliner devant lui sans le lâcher des yeux. Il faut s'incliner bien bas pour lui montrer votre respect. S'il vous rend votre salut, vous pouvez l'approcher. Sinon, bah... j'aviserai sur le coup.

Sa dernière phrase ne donna pas vraiment confiance aux élèves.

- Y a-t-il un volontaire? Demanda-t-il en se tournant vers Buck pour lui lancer un bout de viande.

Les élèves se reculèrent soudain, marchant sur les pieds de Cara. Harry se retrouva un mètre devant les autres, désigné volontaire d'office.

- Ah Harry! J'étais sûr que tu serais pressé de rencontrer Buck! Se réjouit Hagrid en voyant Harry en avant. Aller, viens, approche-toi.

Harry avança d'un pas lent et mal assuré, redoutant de devoir faire face à une créature aussi impressionnante. L'Hippogriffe était en effet extrêmement impressionnant d'aussi près. Il avait le corps et les pattes arrières d'un cheval, les pattes avant, la tête et les ailes d'un aigle, un bec long et visiblement solide, et des serres avant d'une quinzaine de centimètres. Avec son magnifique pelage blanc argenté et ses petits yeux oranges, il était majestueux.

Harry s'arrêta à quelques pas de la créature, puis s'inclina en gardant la tête levée vers Buck, le regardant probablement dans les yeux. Après quelques instants, l'animal s'inclina à son tour. Harry se redressa et s'approcha doucement de la créature.

- Vas-y, l'encouragea Hagrid. Tu peux le caresser ne t'en fais pas.

Harry avait déjà posé sa main sur la tête de l'Hippogriffe, caressant ses plumes brillantes.

- Je suis sûr qu'il te laissera même monter sur lui! Continua alors Hagrid en attrapant Harry par la taille, qui protestait vainement, pour le poser sur le dos de l'animal. Évites de lui arracher les plumes, il déteste ça, précisa le grand homme en donnant une tape sur l'arrière-train de la créature.

La magnifique créature cabra, forçant Harry à se cramponner à son dos, et se mit à courir droit sur les élèves. Tous se mirent à courir pour dégager du passage, poussant de vives exclamations de peur en voyant cet imposant animal courir en leur direction. Cara fut emportée par la vague, sentant ses pieds se faire écraser de parts et d'autres, puis elle leva la tête et vit l'Hippogriffe s'élancer dans les airs, ouvrant complètement ses larges ailes.

Après cinq ou dix minutes, l'Hippogriffe réapparut dans l'enclos, atterrissant tout en douceur sur le sol. Hagrid fit descendre Harry et lui demanda ses impressions.

- C'était incroyable, mais je préfère les balais, lâcha-t-il, les cheveux en bataille et les joues roses.

- Très bien! Formez des groupes de trois! Vous passerez en deux vagues pour que chaque groupes ait un Hippogriffe! Demanda-t-il en désignant un coin de l'enclos où attendaient quelques autres créatures.

Cara se retrouva avec Pansy Parkinson et Astoria Greengrass. Elles s'avancèrent vers l'Hippogriffe au pelage gris-bleu. Astoria s'avança la première vers la créature, alors les deux autres reculèrent pour la laisser faire. Cara se désintéressa de la Serpentarde aux airs hautains pour regarder comment les autres s'en sortaient. Beaucoup hésitaient à se lancer, appréhendant la créature, tandis que d'autres étaient déjà pliés en deux pour s'incliner devant l'hippogriffe. Puis, elle vit Malefoy.

Ce dernier jura et s'avança d'un pas décidé vers l'animal sans s'incliner. Il tendit la main vers la créature, prêt à la caresser sans écouter les conseils d'Hagrid. Voyant l'Hippogriffe faire un pas en arrière en remontant violemment la tête, Cara sut qu'il allait s'énerver.

- Malefoy non! Cria-t-elle sévèrement en se détournant complètement d'Astoria et en avançant d'un pas pressé vers le blond.


Salut! I'm back! Vraiment, je suis désolée d'avoir mis AUTANT de temps à poster ce chapitre, mais je n'avais plus d'inspiration. En tous cas, j'espère que celui-là vous a plu. C'est qui votre personnage préféré pour le moment? D'ailleurs, qu'est-ce que vous en pensez d'eux tous? Merci si vous commentez, je vous revois bientôt avec la suite. XO, C.