Troisième année: La soif de sang


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" - Papa, toujours papa. Es-tu capable de faire quelque chose sans lui Malefoy?"

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Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer et s'éloigna en souriant.

La semaine des examens arriva bien trop vite au goût de Cara, elle avait révisé autant qu'elle avait pu, mais elle ne trouvait pas ça suffisant. Le lundi matin débutait avec l'examen de Métamorphose. Ils n'auraient pas pu trouver pire matière pour commencer une semaine d'examens. Cara était devant l'entrée de la salle une demi-heure avant le début des examens. Lorsque la salle fut ouverte, elle attendit qu'une personne ou deux entrent avant de s'engouffrer à l'intérieur. Elle prit une place vers le milieu de la salle, le plus à l'extrémité possible, puis commença à sortir ses affaires. Une fois que l'heure du début d'examen sonna, les professeurs chargés de la surveillance refermèrent et distribuèrent les feuilles. La première étape consistait en une série de questions à choix multiples. De banales questions de cours. Cara remplit la fiche en une vingtaine de minutes, puis alla la rendre au bureau surélevé du professeur. Ce dernier amena Cara dans la pièce voisine et lui demanda de transformer une théière en tortue. 'Turturfors', ou, changement d'un objet en tortue. Sa torture n'était pas couleur écaille, mais blanche et bleue, comme la théière. Il y eu la pause déjeuner où Cara s'exerçait tout en picorant de temps à autres un peu de ce qu'il y avait dans son assiette. L'après-midi était consacré aux sortilèges. Le professeur leur demanda de produire le sortilège d'Allégresse. Elle s'exécuta.

De retour dans le dortoir, Cara ne vit pas grand monde réviser, ils préféraient rire entre eux en discutant de sujets d'actualités comme l'évasion des Mangemorts. Ils en avaient l'air plutôt ravis. Sa curiosité l'emporta et elle se laissa distraire par les conversations de Pansy Parkinson, Blaise Zabini, Drago Malefoy, et Théodore Nott.

- Bellatrix se cache, mais ni ma mère, ni mon père, n'ont voulu me dire où, commença la tête blonde arrogante.

- En même temps, c'est très risqué pour elle de sortir pour le moment. Le Lord n'ait pas encore revenu bien qu'il soit apparemment en bon chemin, et si jamais il perdait d'aussi bons serviteurs que Bellatrix, ça serait mauvais pour lui, répliqua Pansy.

- Tu penses vraiment qu'il va revenir? Demanda Blaise en baissant d'un ton et se penchant en avant pour se faire plus discret.

- Mon père dit que c'est probable. Il y a deux ans il était dans l'école, vous vous rappelez? Potter l'a affronté, mais pas tué. Et l'année dernière, c'était le souvenir de Jedusor qui était sur le point de revenir, donc le Lord dans sa version plus jeune. Mon père se prépare à son retour, il sait que c'est imminent, répondit Théodore en se penchant lui aussi en avant.

- S'il était vraiment là, il pourrait en avertir ses fidèles pour commencer à monter un plan afin de revenir au pouvoir, car ce n'est pas le Ministre qui ira se mettre dans ses pattes, ce vieux taré est si stupide qu'il croit même que Black est un partisan. Quelle stupidité, dit Malefoy de sa voix arrogante et traînante.

- Son frère l'était, lâcha Pansy, visiblement perturbée par le commentaire de Drago.

- Son frère était un traître, tout comme lui d'ailleurs. Regulus a trahi le Maître alors qu'il lui faisait confiance. La moitié des Black ne sont pas dignes de confiance. Enfin, le Lord s'est occupé du cas Regulus, et je parie que celui de Sirius ne va pas tarder, avec le nombre de Détraqueurs et d'Aurors qu'il a aux trousses, il passera un sale quart d'heure quand ils le retrouveront, rétorqua Malefoy d'un ton assez agressif.

Cara se détacha de leur conversation et monta dans le dortoir. Elle ne saisissait pas encore très bien les termes qu'ils employaient, n'étant pas familière avec la magie noire, mais elle savait que ce n'était pas bon du tout pour le reste des sorciers. Ce qu'Hermione lui avait raconté au sujet de Lord Voldemort avait suffit à le détester, alors que ses camarades parlent ainsi de son retour lui faisait peur. Elle se plongea dans ses révisions, et en tomba de sommeil une heure après. Le lendemain elle eu Soin aux Créatures Magiques. Ayant été absente un long moment, même avec l'aide d'Hermione et d'Hagrid, elle était un peu désemparée durant l'examen. Elle angoissa avant, pendant, et après avoir passé l'examen, étant persuadée d'avoir tout foiré. L'après-midi fut l'épreuve des potions. Elle prépara avec succès le philtre de Confusion imposé comme test. Le professeur Rogue vérifia sa préparation, et Cara était sûre de l'avoir vu faire un minuscule hochement de tête approbateur. Le soir, elle ne cessait de bâiller durant son examen d'Astronomie. Regarder les étoiles la rendait somnolente. Elle essaya tant bien que mal de se concentrer, et termina son examen assez en avance pour pouvoir vérifier ses réponses à deux reprises. Le lendemain se fut au tour de l'Histoire de la Magie et de la Botanique. Le premier examen plût énormément à Cara, celle-ci rédigea pas moins de trois pages sur l'événement à commenter. Quant au second, il était assez difficile, mais Cara avait étonnement été intéressée par cette plante là dans le cours, alors elle répondit avec effervescence aux propriétés du Dictame. Le jeudi, dernier jour d'examen, commença avec une épreuve épuisante: Défense Contre les Forces du Mal. Le professeur Lupin lui avait crée un parcours d'obstacles qui ressemblait la totalité des forces maléfiques étudiées au cours de l'année. Strangulots, Chaporouges, Pitiponks, et enfin, épouvantard. Cara s'était bien préparée à ce dernier, et lorsque son double maléfique apparut, elle lança sans hésité le sort qui percuta l'épouvantard en pleine poitrine et ramollit la baguette de son adversaire qui la regarda, impuissante. Lorsqu'elle sortit, Lupin lui souriait.

- Bravo Cara, je suis content que tu es su surmonter ta peur aussi facilement. C'est très noble de ta part que d'avoir peur de blesser des gens à cause de tes pouvoirs, mais ne t'en fais pas, je ne pense pas que tu le ferais, tu es bien trop altruiste pour ça.

Elle le remercia d'un sourire éclatant puis se détourna pour rejoindre la Grande Salle. Cédric était présent. Il la rejoignit dès qu'il la vit.

- Salut Cara, commença-t-il d'une voix suave, je ne t'ai pas trop dérangé cette semaine, je sais que les examens peuvent être lourds à porter, alors j'ai préféré éviter de t'ajouter ma présence, se justifia-t-il en esquissant un faible sourire en coin.

Il avait un air de chiot prit sur le fait d'une bêtise. Elle ne put s'empêcher de sourire.

- Ne t'en fais pas, je n'ai pas été très attentionnée non plus, j'étais trop prise par les examens. Tu es pardonné, répondit-elle en caressant machinalement son bras.

La commissure de ses lèvres s'étira en un plus large sourire et ses yeux brillèrent de malice. Ils discutèrent beaucoup durant le repas, trop absorbé par leur conversation pour se rendre compte du regard acier qui les transperçait. Ils s'attaquèrent au sujet de l'évasion des prisonniers d'Azkaban, et Cara se demanda si elle devait lui parler de ce qu'elle avait entendu la veille. Après quelques répliques hésitantes, elle décida que ça valait le coup, elle devait en parler à quelqu'un.

- Cédric, je peux te parler d'un truc...important? Demanda-t-elle soudainement, appuyant son dernier mot d'un regard lourd de questions.

- Euh...oui, bien sûr.

Il avait l'air de comprendre l'atmosphère sérieuse dans laquelle Cara venait de les plonger avec ce regard.

- L'autre soir dans la salle commune, je n'ai pas put m'empêcher d'écouter la conversation de certains camarades. Et, ils ont parlé de choses qui m'ont effrayé.

Elle marqua une pause qui intrigua Cédric. Elle regarda par réflexe autour d'elle, et se rapprocha du Poufsouffle pour être sûre qu'aucune oreille indiscrète ne vienne se mêler à leur discussion.

- Ils parlaient de Lord Voldemort, lâcha-t-elle dans un murmure qui glaça le sang du garçon.

- Ne dis pas son nom Cara, la prévint-il d'un ton sec. Qui étaient ces camarades?

- Je ne le dirais pas. Je ne veux pas les mettre dans une situation risquée.

- S'ils sont partisans eux, ou leurs parents, de Tu-Sais-Qui, il ne faut pas que tu les approches, ils sont dangereux.

- Oui, je sais, mais laisses-moi t'expliquer.

Il se tût et l'écouta attentivement.

- Certains de ses fidèles pensent qu'il va revenir, et que c'est pour bientôt. Ils se préparent. Et de ce que j'ai entendu, ils veulent que leur Lord prenne le pouvoir. Alors je suppose que c'est le pouvoir du Ministère, car celui de Poudlard est intouchable avec Dumbledore.

Cédric déglutit difficilement.

- Je ne crois pas au retour de Tu-Sais-Qui. Se ne sont que des espoirs illusoires de partisans désespérés qui bercent leurs enfants d'histoires sombres et dangereuses pour eux. Tu ne devrais pas considérer leurs discussions comme vraisemblables.

- C'est aussi ce que je me suis dit, jusqu'à ce qu'ils abordent le sujet de Sirius Black, le contredit-elle. Sirius Black ne serait pas un partisan, bien au contraire. Et son frère aurait trahi le Lord. D'après ce qu'ils ont dit, Fudge se trompe lourdement au sujet de Black. Et je suis certaine qu'il n'a donc rien à avoir avec l'évasion des autres prisonniers, les vrais partisans de Tu-Sais-Qui.

- Cara, ne commence pas à t'immiscer dans des histoires de Mangemorts. Éloignes-toi de tout ça, ça vaut mieux.

- Je ne m'immisce pas, je me pose des questions. Si les Mangemorts se préparent, ne devrait-on pas faire pareil? Si Tu-Sais-Qui est sur le point de revenir pour prendre le pouvoir, ne devrait-on pas s'armer contre lui?

- Il ne reviendra pas! Rugit-il entre ses dents serrées pour éviter d'attirer l'attention des élèves alentour. Potter l'a tué il y des années de ça, et personne ne revient d'entre les morts.

- Pourtant l'année dernière et l'année d'avant, on sait tous les deux qu'il était ici. Faible, mais vivant.

- Et Potter l'a achevé une fois de plus dans la Chambre des Secrets, alors il n'y a aucune raisons pour qu'il surgisse une nouvelle fois.

Cédric avait vraiment l'air convaincu que Lord Voldemort était vaincu pour de bon, mais Cara avait cette étrange sensation de danger en elle qui lui hurlait que ce n'était pas finit, que le Seigneur des Ténèbres n'était pas mort. Elle le toisa en silence, scrutant les iris claires du Poufsouffle désormais remonté contre elle. Elle s'en voulait, elle s'en voulait de l'avoir contrarié ainsi. Elle soupira.

- Cédric je suis désolée de t'avoir énervé comme ça, je ne voulais pas te mettre dans cet état, je voulais juste faire part de mes soupçons, s'excusa-t-elle en affaissant les épaules.

- Non, excuses-moi, je me suis un peu emporté. C'est juste que, mon père a vu l'horreur que ce sorcier a provoqué, et ça l'a profondément accablé. Alors imaginer qu'il puisse un jour revenir, forçant mon père à revivre une nouvelle fois la terreur dans laquelle il était plongé auparavant, ça me rend fou de rage.

Il semblait réellement inquiet, immergé dans des pensées profondes et intimes dont il venait de partager une infime partie avec Cara. Elle le couva des yeux, et dans une ultime tentative de se faire pardonner, posa sa main sur celle de Cédric pour la serrer un peu plus qu'amicalement. Le garçon passa un bras autour des épaules de Cara et la tira vers lui en lui lançant une mauvaise imitation de ses sourires charmeurs. Elle savait qu'elle avait fait surgir une douleur brûlant en lui depuis trop de temps et qui menaçait d'exploser. Elle savait ce que ça signifiait. Elle l'avait fait douter. Et cette brûlure allait le dévorer jusqu'à ce que ses soupçons soient entièrement dissipés. Elle le regretta.

Après avoir reprit une conversation normale, quoiqu'un peu fade, Cara s'éloigna pour rejoindre le septième étage où se déroulait l'épreuve de Divination. Elle se trouva chanceuse d'être au début de l'alphabet, souhaitant intérieurement bon courage à Weasley ou Zabini qui se trouvaient relégués aux dernières heures prévues pour l'examen. Elle patienta une bonne heure avant d'être appelée. Elle n'avait jamais apprécié la Divination, et malgré tous ses efforts et toute l'imagination dont elle était capable, elle ne réussit pas à sortir un mensonge convenable sur ce qu'elle voyait dans la satanée Sphère. Elle redescendit furieuse, qu'une telle matière soit enseignée à Poudlard. Elle croisa Malefoy sur le chemin du retour. Elle aurait pensé qu'il se serait abstenu de tout commentaire, mais il se fit un plaisir de lui rappeler que le pauvre Hippogriffe se ferait décapiter le soir-même. C'en fut trop. Elle se retourna brusquement vers lui et le poussa jusqu'au mur pour se jeter sur lui, planta ses yeux dans ceux du blond.

- Apprends à la fermer Malefoy, ça pourrait finir par se retourner contre toi, le prévint-elle d'une menace qu'elle-même ne connaissait pas.

- Tu me menaces Dauclaire? S'étonna-t-il en haussant un sourcil.

- Non, je te fais ton éducation vu que ton papa n'est pas foutu d'éduquer son fils correctement, cracha-t-elle, amère et à bout de nerfs.

Elle fut balancée en arrière et son dos rencontra brutalement la rambarde de l'escalier, la retenant de chuter du septième étage. La douleur de la griffure se réveilla instantanément, lui arrachant un cri de souffrance du fond de sa gorge. Elle agrippa les barreaux de la rambarde et se courba en deux pour essayer de maîtriser la douleur qui envahissait son dos. Malefoy tira ses cheveux en arrière pour pouvoir accrocher son regard de ses yeux glaciaux.

- Je ne te préviendrais qu'une seule fois Dauclaire, si j'entends une fois de plus une insulte envers ma famille sortir de ta bouche, je m'assurerais que tu ne puisses plus jamais t'en servir pour quoique se soit. C'est bien compris?

Sa voix était calme, mais l'ouragan qui faisait rage à l'intérieur de lui était nettement percevable. Cara eu presque envie de baisser les yeux tant le regard glacial du garçon l'effrayait. Sa poigne autour des mèches de cheveux de la fille était ferme et autoritaire, ne permettant aucun mouvement non autorisé. En cet instant précis, il lui faisait peur. Mais plutôt se jeter par dessus la rambarde que de l'avouer ou le montrer. Un nouveau tiraillement sur son cuir chevelu se fit sentir.

- C'est bien compris?! Articula-t-il rageusement entre ses dents serrées.

Elle lui lança des éclairs. Elle n'allait pas se laisser impressionner par ce garçon tout mince et aussi fier qu'un paon.

- On dirait que j'ai touché une corde sensible puisque tu t'en remets de suite à la violence et aux menaces, aurais-je raison? Le nargua-t-elle.

- Tu devrais appliquer ton propre conseil Dauclaire: 'Apprends à la fermer, ça pourrait finir par se retourner contre toi', répliqua-t-il en avançant encore un peu plus pour pénétrer davantage dans les pupilles de la fille, l'examinant sans gêne.

Elle sourit, réellement amusée.

- Reprendre les répliques de l'autre, typique du manque d'argument. Si tu n'as rien à redire, tu ferais mieux de me lâcher Malefoy, ça pourrait dégénérer, grinça-t-elle en ne lâchant pas ses yeux.

- Tu en meurs d'envie, n'est-ce pas Cara? S'amusa le garçon, souriant avec moquerie.

- De te botter le cul et de te clouer le bec? Plus que tu ne peux l'imaginer, Drago.

- Tu es bien téméraire pour une Serpentarde, tu es sûre que tu ne t'es pas trompée de maison?

- On dirait bien que toi non en tous cas!

Il fronça le nez à l'insulte à peine dissimulée, mais ne répondit rien. Il sourit d'amusement, puis se recula et lâcha Cara.

- On reprendra cette conversation plus tard, je dois assister à un spectacle, dit-il de son habituelle voix traînante. La décapitation d'un gros poulet qui nous servira de repas du soir, précisa-t-il en élargissant son sourire, laissant voir ses dents brillantes.

Cara se jeta sur lui et balança son poing à plusieurs reprises, motivée par les rires machiavéliques du blond arrogant. Ils étaient tombés à terre, Drago allongé sur le dos, et Cara à califourchon au-dessus de lui, une main plantée dans le col de la chemise du garçon et l'autre se levant et s'abattant sans fin sur le visage du blond. Un grognement bestial s'échappa de la gorge de la fille qui n'avait qu'une seule envie: faire gicler encore plus de sang de la bouche de Malefoy. Son bras lui faisait mal, tremblant lorsqu'elle l'élevait, et chauffant horriblement lorsqu'elle le relâchait sur le visage baigné de sang du garçon. Tout son corps tremblait de rage, de douleur due à la contraction prolongée de ses muscles tendus. Les rires de Malefoy n'étaient pas pour l'aider à se calmer, la rendant encore plus colérique qu'au commencement. Elle allait abattre une fois de plus son poing sur le visage déjà ensanglanté de son camarade, mais quatre mains la saisirent fermement pour la relever et l'éloigner du garçon. Elle se débattit quelques instants mais savait que c'était inutile, elle lui avait réglé son compte, pas la peine d'insister. Drago se redressa sur un coude et s'essuya la bouche du revers de la manche, ne lâchant plus son sourire moqueur si détestable. Il cracha le sang qui s'accumulait dans sa bouche endolorie puis se releva en titubant légèrement. Il vit les regards portés sur lui, peinés, mais surtout amusés. Personne n'avait levé le petit doigt pour venir l'aider. Et même si Dean et Seamus, les deux garçons qui avaient éloigné Cara de lui, avaient agis, ils s'étaient tout de même décidés bien tard, laissant à Cara le loisir de déverser toute sa haine sur le garçon.

- Comme je t'ai dit, on reprendra cette discussion plus tard Cara, je dois aller voir un poulet se faire décapiter, lâcha-t-il avec un sourire narquois.

Elle ne réagit pas, l'incendiant du regard. Le garçon se détourna et descendit élégamment les marches. Cara inspira profondément, ferma les yeux, expira et les rouvrit. Seamus la tourna légèrement vers lui pour la dévisager.

- Tu as vraiment envie de mourir ou quoi? S'empressa-t-il de lancer, arborant une expression mi-inquiète mi-amusée. D'abord tu prends un coup de griffe à sa place, et là tu le dévisage et insultes ses parents? Il y a vraiment un truc qui cloche chez toi Dauclaire.

- Suicidaire n'est la caractéristique d'aucunes maisons, c'est peut-être pour ça que tout le monde se demande pourquoi je suis à Serpentard, s'amusa-t-elle.

- Par définition exagérée, suicidaire est la caractéristique de Gryffondor, corrigea Dean.

Ils rigolèrent, rejoints par quelques Gryffondor qui avaient assistés à la scène. Elle les quitta et descendit se promener dans le parc. L'envie irrépressible de rejoindre Hagrid lui tenaillait le ventre, mais malgré le soutien évident dont elle voulait faire preuve, elle ne pouvait pas assister à cette scène. Et vu qu'elle connaissait son incapacité à changer la destinée de Buck, elle préférait s'abstenir d'y aller, même si la douleur fulgurante dans sa poitrine l'en suppliait. Elle se laissa tomber sur une pente douce du parc, remonta ses genoux contre sa poitrine et posa son menton sur ses genoux. Elle regarda le soleil descendre peu à peu en teintant le ciel d'une couleur ambrée en amenant avec lui la chaleur qu'il proférait. Cara savoura l'air frais qui venait balayer son visage, apaisant son pouls colérique. La température chuta doucement, et Cara rentra dès lors que les frissons se firent plus fréquents. Elle alla dîner, remarquant l'absence du professeur Lupin à table. Peu importe, ce n'était pas la première fois qu'il s'absentait, il devait avoir des choses importantes à faire. Assez importantes pour que Rogue le remplace durant un cours de défense contre les forces du mal et les fasse étudier la lycanthropie. Elle termina son repas et rejoignit son dortoir au lit douillé et aux murs de roche. L'air était glacial chez les Serpentards, Cara aimait bien plus la chaleur réconfortante des étages. Ce soir-là elle ne dormit pas beaucoup, réfléchissant beaucoup trop pour y arriver.

Elle ne cessa de repenser à son altercation avec Malefoy. Elle avait totalement perdu le contrôle, révélant un côté sombre dont elle n'avait même pas idée. D'où sortait-elle cette soif de sang qu'elle avait ressentie lorsqu'elle frappait le blond? Plus elle voyait le sang jaillir de la bouche du garçon, plus elle voulait en voir. Elle voulait faire sortir encore et toujours plus de son sang, le faire souffrir. Elle n'avait jamais été sujette aux pulsations violentes, et encore moins à la soif de sang, alors d'où venait ce soudain sadisme? Peut-être que Malefoy faisait ressortir ce côté là d'une façon très poussée. Mais Cara n'arrivait quand même pas à y croire, jamais, même lorsque Robert et Jon la poussaient au bout du rouleaux, jamais elle n'avait fait preuve de la moindre violence. Alors, y avoir eu recours avec un tel degré la perturbait. Et si Lupin se trompait? Et si l'épouvantard qui se transformait en un elle maléfique n'était pas dérisoire mais bien fondé? Et si elle était destinée à passer du mauvais côté de la magie? Elle soupira et se redressa. Elle alla rejoindre la petite fenêtre située face au lac, lui donnant presque la possibilité de toucher la surface de l'eau. Elle se recroquevilla sur le rebord de la fenêtre et plongea son regard dans les vaguelettes presque indistinctes de l'eau sombre. Toutes les filles dormaient à poings serrés, Millicent ronflant un peu bruyamment, Pansy s'agitant en marmonnant des propos incompréhensibles. Cara resta sur le rebord sans bouger, observant juste le mouvement d'aller-retour puissant de l'eau près de la fenêtre. Il devait être presque minuit. À force de regarder le remous de l'eau, elle manqua s'endormir, se réveillant en sursaut alors qu'elle penchait dangereusement vers le sol. Alors qu'elle levait la tête pour regarder le ciel avant de partir, elle vit une horde de Détraqueurs foncer vers le sol. Plissant davantage les yeux, Cara remarqua deux silhouettes qui se cambraient sur le sol aux passages des Détraqueurs. La pleine lune lui permettait de voir aisément de qui il s'agissait. La plus petite des deux silhouettes était Harry Potter. Son cœur se crispa dans sa cage thoracique en voyant cela. La seconde correspondait à Sirius Black. Elle le reconnut à son visage émacié et son air de vagabond fou à lier. Elle ne savait pas quoi faire, Harry risquait de mourir si elle ne faisait rien, mais le temps qu'elle arrive ils seraient certainement morts. Son hésitation était si faible qu'elle ne prit pas plus de cinq secondes à se décider. Elle enfila ses bottines en quelques secondes, attrapa sa baguette au vol et partit en courant hors du dortoir. Ce qu'elle aurait aimé avoir la cape de Potter sur les épaules en cet instant pour ne pas avoir à craindre de tomber sur un professeur ou un préfet. Mais cela ne l'arrêta pas, elle courrait à en perdre haleine, traversant les couloirs qu'elle connaissait par cœur, grimpant les escaliers deux par deux, sautant par-dessus le muret pour traverser la cour plus rapidement. Elle traversa le pont, dévala les escaliers et tourna directement à gauche pour se rendre au lac noir. Mais elle n'eut pas le temps de l'atteindre que tous les Détraqueurs s'envolaient prestement loin du lac, poursuivit par une lumière bleue éclatante.

Cela lui rappela immédiatement celle que Dumbledore avait déclenché lorsqu'Harry s'était fait attaqué lors du match de Quidditch. Elle s'arrêta, sentant le point de côté la ronger sans réussir à la tordre en deux. Elle entendit du bruit, un hurlement, canin. Des frissons remontèrent le long de son échine, glaçant son sang et dressant ses poils. Un loup? Sa respiration se coupa et sa gorge se serra. Elle fit quelques pas en arrière, s'éloignant de la forêt interdite. Puis elle entendit des éclats de voix. Elle se précipita vers la cabane d'Hagrid et s'y cacha. Hermione Granger aidait Ron Weasley à marcher. Il avait une vilaine blessure au mollet. Elle l'encourageait en supportant son poids sur ses épaules. Cara retint sa respiration pour mieux entendre ce qu'elle lui chuchotait.

- Aller Ron, il faut se dépêcher, on doit trouver le professeur Dumbledore, sinon Rogue va arrêter Sirius.

- Et Harry? S'enquit le rouquin mal en point.

- Je...je ne sais pas Ron. Mais il est avec Sirius, alors je suis sûre qu'il va bien, le rassura-t-elle.

- Ouais, un Sirius blessé par un Lupin qui a les crocs. Tu crois vraiment qu'il est en sécurité? Allons l'aider Hermione!

Cara retint un cri d'horreur. La phrase de Ron venait de faire étinceler une réponse dans l'esprit de la fille. 'Un Lupin qui a les crocs'. La forme qu'avait prit l'épouvantard lorsqu'il s'était interposé entre ce dernier et Harry, ses absences inexpliquées, le cours de Rogue sur la lycanthropie. Elle leva la tête, comme pour vérifier que la pleine lune était toujours là. Le hurlement canin, c'était Lupin. Cet air exténué et sauvage qu'il avait, c'était dû à sa lycanthropie. Elle tomba à genoux, ne tenant plus. Elle porta sa main contre sa bouche pour éviter de gémir bruyamment, sentant son membre trembler d'effroi. Lupin était un loup-garou. Et visiblement, un loup-garou affamé. Elle sentit quelques larmes rouler sur ses joues. Durant trois ans, elle l'avait côtoyé, l'avait apprécié, et jamais elle n'avait eu le moindre soupçon. Mais elle comprenait bien qu'en parler ne devait pas être facile. Elle expira longuement, relativisant, et se redressa. Mais avant de pouvoir faire un quelconque mouvement, une autre voix l'arrêta. Celle du professeur Rogue. Elle entendit ses pas dans les graviers. Elle contourna la hutte d'Hagrid et passa à l'arrière, se cachant le mieux possible de son directeur de maison. Si jamais il la trouvait, elle allait en prendre pour longtemps. Elle s'accroupit contre la pierre froide de la maison du garde-chasse, entendant sa respiration saccadée aussi fort qu'une bourrasque de vent. Elle suivit l'écho des pas du professeur des potions jusqu'à ce qu'ils soient assez éloignés, puis se leva et marcha doucement jusqu'au château, prenant garde de ne croiser personne sur son chemin. La pleine lune lui permettait de mieux voir les couloirs, mais cela voulait dire que les professeurs aussi avaient une meilleure visibilité et donc de meilleures chances de l'attraper. Alors qu'elle rejoignait la cour d'entrée, elle vit un mouvement dans le ciel. Elle n'eut pas besoin de plisser les yeux, le plumage nacré de la bête reflétait la lumière éclatante de la lune. Le silhouette frêle et longue assise sur la bête ne laissait pas de doutes. Des cheveux sombres et malpropres, des vêtements amples et usés, un corps maigre et pâle. Sirius Black. Il s'envolait sur le dos de Buck. Cet hippogriffe n'était-il donc pas mort? Cara était partagée entre l'ahurissement et la joie. Elle regarda la bête voler vers le Sud, heureuse qu'elle ait échappé à sa sentence.

La dernière semaine de cours passa à une allure incroyable. Avec la chaleur du mois de Juin, la fin des examens, et l'annonce de la fuite de Buck et Black, l'école était hors d'elle. De plus, dès le lendemain matin, le professeur Rogue se fit un plaisir de lâcher la nouvelle de Lupin étant un loup-garou à l'intégralité de sa maison. Tous les Serpentard s'écrièrent que c'était inadmissible. Cara fusilla son professeur du regard et s'empressa de quitter la salle dès que le cours fut fini. Elle se précipita dans le bureau du professeur des Défenses contre les forces du Mal, et le trouva entrain de faire ses valises.

- Professeur?! S'exclama-t-elle après avoir poussé la porte de son bureau.

- Cara, je suis désolé, dit-il simplement.

- Mais, vous ne pouvez pas partir! J'étais tellement contente de vous avoir en tant que professeur, vous êtes le meilleur que l'on ait eu! Je vous en pris, restez.

- Même si je le voulais, ce qui n'est pas le cas, je ne pourrais pas.

- Comment ça vous ne le voulez pas? Le coupa-t-elle sèchement.

- Ce qui s'est passé hier soir, était à prévoir. Je suis dangereux, et être à proximité d'élèves les soirs de pleine lune était une très mauvaise idée. Je n'aurais jamais dû venir. Je suis heureux d'avoir pu t'enseigner quelque chose, et je te remercie pour ton soutien, mais demain, lorsque les parents sauront pour moi, ils ne seront pas tout à fait d'accord. Alors je préfère démissionner par moi-même plutôt que d'attendre d'être viré par la demande des parents d'élèves.

- Ils n'ont pas le droit! Vous êtes un professeur brillant, et un homme bien. Ce que vous êtes ne devrait pas être une excuse pour renvoyer un professeur de qualité. Non, Monsieur, restez s'il-vous-plaît.

- Ce que je suis est une excuse valable pour m'éloigner de jeunes sorciers.

Elle ne répondit pas, sentant les larmes chatouiller le bord de ses paupières et menaçant de s'échapper à tous moments. Elle aurait aimé apprendre davantage de lui, de sa bonté. Elle avait peur de ce qu'elle avait vécu la veille après son examen de Divination, et elle savait que Lupin pouvait l'aider, alors voir partir la lumière qui pourrait la guider la rendait malade. Elle aurait voulut lui en parler plus tard, en ayant des doutes fondés sur de réels faits. Mais le temps pressait, et elle préféra lui faire part de ses peurs dès maintenant, craignant de ne plus le voir par la suite.

- Monsieur, commença-t-elle.

- Appelles-moi Remus, je pense que nous nous connaissons depuis assez longtemps pour que tu sois autorisé à cela, la coupa-t-il avec un sourire amical.

- Eh bien, Remus, je voulais vous parler de quelque chose.

Elle alla s'asseoir sur une des chaises face au bureau de son ancien professeur. Elle avala sa salive et regarda ses doigts entremêlés.

- Hier, après l'examen de Divination, j'ai eu une altercation avec Drago Malefoy, reprit-elle doucement.

- Ce n'est pas à moi que tu dois venir en parler, lança-t-il gentiment.

- Ce n'est pas un aveu que je fais, j'ai besoin de vous parler de quelque chose d'autre, qui a un rapport avec la forme qu'à prit mon épouvantard, répliqua-t-elle d'un trait en le regardant dans les yeux.

Il ne répliqua pas, fronça légèrement les sourcils et prit place face à Cara sur son fauteuil.

- Il a été odieux alors je l'ai frappé. Le problème, c'est que je ne pouvais pas m'arrêter. Dès l'instant où j'ai vu le sang sortir de sa bouche, une sensation étrange s'est emparée de moi. Je voulais faire sortir encore plus de sang de sa bouche, je voulais le faire souffrir, et la douleur dans mon bras m'était égale, je voulais juste continuer à le frapper, quitte à... quitte à le tuer. Professeur je ne dis pas ça parce-que mon épouvantard m'effraie, je vous raconte ça parce-que c'est ce que j'ai ressenti, et ça m'a fait peur. J'ai peur que vous ayez eu tord, peut-être que je suis capable de devenir ce double maléfique qui s'est matérialisé devant moi à la place de l'épouvantard.

Elle le dévisageait d'un air apeuré. Ses doigts serrés dans ses paumes de mains closes, la gorge nouée et le pouls battant aussi fort qu'un tambour, elle était vraiment effrayé par son acte. Lupin paraissait perplexe, mais inquiet. Il déglutit et se leva. Cara le regarda d'un œil étonné, mais il alla simplement fermer la porte en la protégeant d'un sort d'assourdissement.

- Cara il faut que je te dise quelque chose d'important, commença-t-il en revenant s'installer sur son fauteuil, appuyant ses coudes sur le bureau et plongeant ses yeux noisettes dans ceux de la fille, sérieux et grave.

Cara s'adossa au dossier du fauteuil, redoutant ce qu'il avait à lui annoncer.

- Je ne pensais pas devoir le faire, même si Dumbledore pensait que ça serait juste de t'en informer.

Le cœur de la fille commença à palpiter plus fort.

- Tu proviens de la famille Dauclaire, qui est une famille noble au sang-pur. Mais les Dauclaire n'étaient pas seulement connus pour la noblesse de leur sang ou la beauté de leurs membres, mais aussi pour leur penchant pour un certain côté de la magie.

La gorge de la fille se rétrécit d'un coup, refusant d'avaler les propos libérés par l'homme. Remus Lupin prit une inspiration, essayant de décider par quelle phrase il allait lui annoncer ce qui allait probablement la bouleverser.

- Tes parents, faisaient partis d'un cercle de sorciers à l'idéologie chaotique.

- Les Mangemorts, chuchota-t-elle pour elle-même.

Remus hocha la tête.

- Ils ont suivit le Seigneur des Ténèbres quelques temps avant de se raviser. Ils ont effacé toutes traces de ton existence, te cachant à tous, et t'ont laissé dans cet orphelinat moldu pour te mettre en sécurité. Ils ont été tués peu de temps après par leur Maître, pour l'avoir trahi.

- Qu'est-ce que ça a avoir avec cette soif de sang que j'ai ressenti hier?

- Tes parents étaient chargés de la torture des opposants ou des nés-moldus. Ils ont été affectés à cette tâche parce-qu'ils avaient tous deux ce que tu appelles 'la soif de sang'. Dès qu'ils commençaient à voir le sang de leurs victimes, ils ressentaient l'envie irrésistible d'aller toujours plus loin, même après les aveux des victimes.


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Bonsoir bonsoir, voilà le nouveau petit chapitre qui sera le plus important de cette troisième année. J'espère que vous avez aimé. Un peu folle sur les bords cette Cara quand même! Vous pensez quoi finalement de ce 'don' qu'elle a hérité de ses parents? Tiré par les cheveux? Prometteur?

Êtes-vous impatients de découvrir l'étendue de ses pouvoirs? Sinon, vous l'aimez bien mon Drago? :3. Bon, voilà. Merci pour la visite et tout et tout, et on se retrouve vite pour le prochain chapitre! ;) XO, C.