Bonjour, bonjour !

Je ne pourrai pas poster la semaine prochaine, alors voici le nouveau chapitre, en avance :)

Merci aux review et vues !

Rosalie-Cullen03: Je t'avoue que l'affaire non résolue est une enquête lointaine, et je ne sais pas encore si j'expliquerai réellement. Je verrai au fil des chapitres :) Je suis curieuse de connaître ta théorie !

Irri: J'essaie de faire des chapitres longs et de développer un max. Contente qu'elle fasse partie de tes préférées ! Je trouve Sansa difficile à développer et je ne sais pas sur quel pied danser avec elle. Du moins dans cette fic ça va mieux, pas comme dans l'univers original de GoT où là, j'avais galéré (dans ma précédente fic). Ramsay va créer des problèmes, c'est sûr.

Stannis est toujours aussi coincé, mais moins austère haha ! Pour les clins d'œil, j'en ajoute toujours un peu ;)

Bonne lecture !


Sansa avait annoncé la nouvelle à son amie, qui avait hurlé de joie en apprenant que Baelish acceptait de la recevoir. Le jour venu, elle se questionna quant à la tenue qu'elle allait porter. Ne sachant dans quoi elle allait s'embarquer, son choix se porta sur une robe. Après tout, il faisait toujours aussi chaud à Port Réal :

- Que penses-tu de celle-ci ? Elle désigna la blanche dont le pourtour du cou était orné d'une fine dentelle.

- Non. Je vois plus quelque chose de pétant. Avec cette robe, tu ressemblerai à une none, toute sage et innocente ! Tu as dix huit ans, tu es majeur, éclates toi, portes de belles tenues de ton âge ! Terminé les petites dentelles et les froufrous !

Sansa éclata de rire et son visage s'illumina sous la blague de Margaery. Alors, elle partit à nouveau à la recherche de la robe idéale. D'un geste habile, elle ouvrit le large pan de rideau qui refermait son armoire. Après quelques secondes de réflexion, la Louve sortit une robe orangée, où venaient se mêler des teintes de blancs. La Rose resta bouche bée :

- Elle est sublime !

- Tu aimes ? Demanda une nouvelle fois Sansa, voulant être sûre de son choix.

- Mets là ! Je suis persuadée que tu vas être magnifique avec !

Cette dernière l'aida à boutonner les boutons situés dans le dos et lorsqu'elle se retourna dans le miroir, la réaction fut instantanée. Les cheveux cuivrés de Sansa reflétaient les aspects aux couleurs chaleureuses de la robe. Satisfaite et rayonnante, elle dansa un instant devant la glace :

- Tu la déjà rencontré ?

- Non jamais, je ne saurai même pas le reconnaître !

- En tout cas, belle comme tu es, il va se démener pour te trouver quelque chose, c'est évident !

En observant à nouveau son reflet, la rousse se demanda si sa tenue plairait à Joffrey. Quoi que Joffrey l'avait laissé tombé, alors ses doutes convergèrent vers Ramsay. Peut-être me trouverait-il belle, ou peut-être que je suis en train de me faire des films. C'est un homme, il ne pense qu'à s'amuser. Il exerçait une étrange attraction sur la Louve. D'un côté il la fascinait et de l'autre, la répugnait, son physique rêvé confronté à son caractère sournois. Soudainement, elle se mit à penser à cet inconnu qui allait l'aider à trouver un travail et elle l'imagina brun, comme son père, avec une carrure large. Étant jeune, sa mère ne fréquentait pas n'importe quelle personne et si elle avait jeté son dévolu sur Petyr Baelish, alors peut-être avait-il quelque chose d'admiratif. Perdue dans ses pensées, son portable sonna et elle ne s'en rendit compte qu'au dernier moment :

- Allô ?

Mais personne ne répondit, alors, Sansa demanda une seconde fois, avec plus de persévérance :

- Allô ? ?

Sans un mot, on raccrocha. Étrange. Elle pensa à de la publicité ou à une erreur de numéro. Margaery l'encouragea pour une énième fois et l'accompagna jusqu'en bas de leur résidence :

- Je croise les doigts ! Lui dit-elle en lui souriant.

Et c'est détendue qu'elle partit au rendez-vous fixé par Baelish.

Elle traversa les rues d'une démarche lente, occupée à inspecter autour d'elle les nouveautés qui lui étaient inconnues de la capitale. Le lieu de la rencontre se situait dans un palace luxueux qui servait d'hôtel aux plus fortunés de Westeros. La jeune femme s'était questionné quant à la raison de cet endroit mais Petyr était dorénavant une sorte de recruteur et elle ne préféra pas commencer à poser des questions inutiles. La Louve sortit ses écouteurs et se plongea dans son univers musical. Elle continua à marcher tout en rêvassant, quand on la bouscula d'un coup d'épaule. Son sac tomba au sol et elle se retourna furieuse :

- Vous ne pouvez pas faire attention ! !

Pourtant c'était elle qui se trouvait en tort, mais sa fierté, qu'elle tenait de son père ne lui avait pas laissé le choix. De plus, si elle voulait apprendre à se débrouiller, il fallait commencer par se défendre et oser prendre les devants : Cet homme était alors le premier obstacle franchit.

La foule grouillait en ce jour ensoleillé et elle peina à se trouver une place dans le bus qui la menait au centre de Port Réal. Sansa posa sa tête sur la vitre. J'espère qu'il aura quelque chose à me proposer... S'il pouvait m'aider à mieux connaître la ville, ce serait encore mieux ! Peut-être que j'aurai dû acheter quelque chose pour le remercier de me recevoir, des chocolats ? Non voyons, c'est une idée stupide, c'est simplement un arrangement, rien d'autre.

Quand le véhicule la déposa devant l'hôtel, elle eut le souffle coupé tant la devanture était belle. Mon Dieu... En levant les yeux, la rousse constata la hauteur vertigineuse du bâtiment et elle ressentit une sensation étrange, se sentant minuscule au milieu de ce monde immense. Toutefois, elle prit une grande inspiration et s'encouragea mentalement, puis, d'une démarche assurée, avança vers les grandes portes vitrées. Deux hommes portant des oreillettes gardaient l'entrée :

- Bienvenue à L'Oiseau Moqueur Madame, pouvez-vous nous montrer votre réservation.

Elle se figea littéralement et eut du mal à déglutir, sentant un malaise naître au plus profond de son être. Les deux hommes en costume allaient poser problème :

- Une réservation ? Je n'en ai pas... Bégaya t-elle.

- Alors vous ne pouvez pas entrer.

Malheur, la Louve se retrouvait comme une idiote en plein centre de Port Réal, dans un des quartiers les plus précieux, sur un trottoir infesté de richissimes individus portant des vêtements aux marques les plus coûteuses :

- Je viens voir Monsieur Baelish... Insista t-elle suppliante, puis-je entrer ?

- Avez-vous l'invitation ?

- Non...

- Alors vous ne pouvez pas entrer. Répéta l'un des deux hommes d'un ton neutre.

Elle eut l'impression que le monde s'écroulait sur elle et se sentait affreusement seule. Les portiers ne la laisseraient pas entrer. Soudain, une voix sereine retentit dans son dos :

- Sansa Stark ?

- Oui...

L'homme afficha un sourire taquin et ses yeux se mirent à briller subitement, puis il reprit calmement :

- Jorah, Daario, voyons Messieurs, laissez cette jeune femme entrer, nous avions rendez-vous.

- Bien Monsieur Baelish.

Ce dernier toujours aussi amusé par les événements, invita d'un geste la Louve, à prendre place dans le hall du palace. Intimidée, elle le remercia d'un rictus serré. Le petit homme claqua des doigts et l'on vint servir de l'eau :

- Bien, je vous rencontre enfin Sansa !

- Merci de me recevoir Monsieur Baelish.

- Appelez moi Petyr... Alors, comment trouvez vous mon hôtel ?

La rousse ouvrit une grande bouche de stupéfaction et cligna un instant des yeux, comme pour se rendre compte de la réalité. Au dessus d'elle était accroché au plafond un lustre étincelant, et le mobilier paraissait si délicat, qu'elle ne préféra pas y toucher, de peur d'abîmer :

- Une magnifique pièce d'une grande valeur... Continua t-il en observant les alentours.

- Je ne savais pas que vous possédiez cet endroit...

- Presque tous les hôtels de la ville m'appartiennent. Son visage afficha une fierté incommensurable et il planta son regard dans celui de son interlocutrice. Mais nous reparlerons de cela une autre fois... Vous disiez vouloir trouver un travail ? Est-ce votre mère qui vous a conseillé de m'appeler ?

- Oui.

Il baissa la tête et un sourire satisfait prit place sur sa figure, puis il se redressa dans son fauteuil et croisa les jambes :

- Sacrée Cat, une ravissante femme qui sait où sont ses priorités. Figurez vous que je suis à la recherche d'un modèle.

- Un modèle ? Comment ça ? Demanda Sansa en buvant une gorgée d'eau.

- Pour un photographe.

- Je ne sais pas si cela est dans mes compétences, je n'ai jamais fait de photos auparavant... Moi qui pensais à quelque chose de plus simple comme serveuse !

Baelish ricana et secoua la tête. A cette vision, elle eut l'impression qu'il était tout aussi timide qu'elle et ses yeux bleus enjoués lui donnèrent une agréable sensation :

- Que vous ayez des compétences ou non dans la photographie, peut importe. Le salaire est correcte et les heures seront adaptées à votre emploi du temps. Il s'agit de photos qui paraîtront dans un célèbre magazine de mode... Cela vous tente ? Il caressa sa moustache du bout des doigts. Dépêchez vous de vous décider, il ne faudrait pas qu'une autre prenne votre place...

La Louve, qui se devait impérativement de trouver un travail si elle voulait continuer ses études, ne prit pas la peine de réfléchir. D'un mouvement de tête, elle acquiesça, pour le plus grand bonheur de son recruteur :

- J'accepte !

- Excellent ! Vous avez rendez-vous la semaine prochaine avec le photographe à cet endroit même...

- Mais qui est l'heureux élu ? Demanda t-elle désinvolte en rigolant.

- C'est moi.

Le trajet du retour fut beaucoup plus confus pour la jeune femme après avoir appris qu'elle travaillerai pour l'ami d'enfance de sa mère. Elle avait l'impression d'avoir été piégée, prise à son propre jeu, de s'être lancé à corps perdu dans cette aventure, sans avoir pris le temps de réfléchir. Toutefois, au fond de son âme résonnait une voix lui promettant que tout allait bien se dérouler et qu'elle devait faire confiance. J'ai encore plus de responsabilités désormais, ce n'est pas comme s'il ne connaissait pas ma famille...

Sansa attendit le bus et c'est anxieuse qu'elle regarda sa montre. Il n'était toujours pas arrivé. Elle se maudit alors de ne pas avoir encore son permis de conduire. Avant, c'était Robb ou Jon qui la conduisait, mais Catelyn préférait que ce soit avec le plus grand car elle n'était pas en confiance quand la rousse montait sur la moto. Dix minutes passèrent et elle attendait toujours, quand elle finit par se faire une raison : Il ne viendrait pas la chercher, elle avait dû se tromper dans les horaires. Mince, je vais devoir faire tout à pied...

C'est en traînant en regardant les vitrines des boutiques qu'elle continua sa route. Au moins, cela lui permettait de visiter Port Réal. Alors, elle prit son temps et remarqua un sac à main turquoise. Il faudra que j'y retourne avec Margaery ! Se dit-elle en passant l'avenue. A l'angle, la Louve fut intriguée par une forme au loin. Toutefois, fixer un garage de voitures n'était pas dans son habitude et elle haussa les épaules en ignorant l'individu :

- Sandor !

Sansa se retourna brutalement, se souvenant du nom de son sauveur. Une nouvelle fois, l'homme fut appelé et il rentra dans le local. Je ne l'ai jamais remercié, il a filé avant que j'en ai eu le temps. Sans son intervention, Ramsay ne m'aurait jamais lâché... Alors elle se dirigea doucement vers le lieu. La jeune femme était de nature réservée, mais son éducation l'obligeait à se démener lorsque l'occasion se présentait. Elle était polie et courtoise, peut-être même trop aux yeux de certains, qui l'avaient laissé tomber au lycée. Délicatement, la Stark frappa à la porte ouverte et s'engagea. L'odeur de l'essence lui monta au nez et elle grimaça, quant à la décoration, il s'agissait de voitures entassées, mêlées à des outils, caisses, bidons et autres choses servant pour un mécanicien :

- C'est pourquoi ? Sandor gronda de sa voix rauque, mais à la vue de la Louve, il pencha la tête sur le côté. C'est toi gamine, qu'est ce que tu veux?

- Je suis passée devant le garage par hasard... Je voulais vous remercier pour l'autre jour...

- Tu m'as déjà remercié. Et il fila comme la première fois.

Le voilà qui s'échappe à nouveau ! Elle le rattrapa en courant, face aux longues enjambées qu'il avait faites :

- Attendez !

- Quoi ? Voir son visage défiguré en se retournant l'impressionna et elle recula d'un pas.

- Pardonnez moi, je voulais simplement apprendre à vous connaître. Ce n'est pas tous les jours que l'on vous sauve des griffes de Ramsay Bolton...

- J'ai rien à dire. Il essuya ses mains couvertes d'huile avec une serviette sale. Je suis mécano ici, c'est tout ce que tu dois savoir Petit Oiseau.

Elle se mit à sourire en entendant le surnom. La rousse trouvait cette réaction adorable, voir un homme d'une allure si imposante prendre le temps de s'attarder sur une fille comme elle, elle n'avait pas l'habitude. Même si c'était elle qui avait provoqué la suite naturelle des choses :

- Comment vous appelez vous ?

- Sandor Clegane.

- Je suis Sansa Stark. Lança t-elle alors qu'il ne lui avait pas renvoyé la question.

- Okay.

Et il fila à nouveau. La Louve fut déçue de voir un tel comportement. L'homme semblait se moquer d'elle alors qu'il avait été le premier à franchir le pas. Ainsi, c'est tête baissée et regard attristé qu'elle se dirigea vers la sortie. Il se fout de moi... Tant pis. Trop bonne, trop conne. Mais Sandor, se rendant compte de la chance qui lui échappait, la rattrapa :

- Attends gamine, ne pars pas !

Elle se retourna aux anges et Sandor prononça les lèvres pincées :

- Si tu veux parler, on peut, mais pas ici, je bosse. Si t'as pas peur de ma gueule, je peux te proposer un ciné ou un verre.

Il n'avait jamais invité une femme à un rendez-vous et l'attente qu'elle lui fit subir avant de prendre sa décision le déstabilisa. Désorienté, il commença à perdre patience, se doutant qu'elle refuserait :

- Enfin c'est pas grave, oublies ce que je viens de dire.

- Je n'ai pas peur de vous Sandor et j'accepte volontiers ! Voyez cela comme le rendu de votre pièce.

Elle enleva le casque de moto et passa une main douce dans ses cheveux, afin de les remettre en place. Pour la première fois, la Louve avait accepté l'invitation d'un inconnu. Sandor roulait vite. Toutefois, la confiance qu'elle ressentait à son égard avait des saveurs épicées. Comme c'était excitant de désobéir à ses parents pour vivre pleinement sa vie comme elle le souhaitait. Si Robb avait été présent, il aurait crié au scandale. Si Margaery avait été présente, elle l'aurait encouragé. Sandor installa un anti-vol à sa bécane :

- T'as pas eu peur ?

- Non. Étrangement.

- Tant mieux.

Il n'était pas très bavard, elle l'avait remarqué. Il s'installa à une terrasse en centre ville et commanda lorsque le serveur se présenta :

- Une bière pour moi et... une grenadine pour le Petit Oiseau.

- Quoi ? Je ne veux pas une grenadine, je veux une bière aussi !

Sandor ricana lourdement s'accoudant à la table en métal. Sa large cicatrice était d'autant plus visible et elle se demanda la cause de la brûlure. Cela a dû être atroce...

- Tu bois pas d'alcool, les gamines n'y ont pas le droit.

- Je ne suis pas une gamine !

- Et t'es quoi alors ? Il se rapprocha d'elle et planta ses yeux sombres en les siens. T'es pas une femme en tout cas. Non. T'es un petit oiseau sortit trop tôt de sa cage. Fais gaffes qu'on ne te dévore pas.

Face à cette déclaration, elle se sentie soudainement faible et ne trouva les mots pour riposter. Alors, Sansa baissa le regard et attendit qu'il reprenne. Ce qu'il finit par faire une fois le silence devenu trop pesant :

- Mais moi je te défendrai si tu me le demandais.

La Stark eut un mouvement de recul. Pourquoi moi ? De qui voudrait-il me défendre ? De Ramsay ? L'air devint soudainement insuffisant dans sa poitrine et elle prit conscience de la malfaisance du Bolton. A Winterfell, il n'y avait pas à avoir une telle appréhension, d'autant plus que son père Ned, était réputé dans le Nord. Chaque habitant des terres enneigées la respectait. Mais pas son harceleur. Durant une bonne heure, ils discutèrent, sans qu'une complicité ne s'installe. Avec Sandor, les conversations étaient sérieuses et profondes :

- Comment vous êtes-vous fait cette marque ? Elle releva la mèche de cheveux afin de mieux distinguer. Il baissa furieusement la tête, honteux.

- C'est pas une belle histoire.

- Racontez la moi, j'aimerai l'entendre...

Au moment où il accepta de la regarder à nouveau, elle put voir en le scrutant une mine affligée, où venait se mêler peur et tristesse. La Louve ressentit alors une certaine compassion pour son interlocuteur, qui peinait à commencer son discours :

- C'est mon frère. Il a incendié la maison quand j'étais gosse. Mes parents sont morts. J'ai traîné dans des maisons d'accueils toute mon enfance. Maintenant Gregor est en taule. C'est de ces fous qu'il faut que je te protège... Crois moi il y en a beaucoup à Port Réal.

Touchée par une telle annonce, elle lui lança un timide sourire et put sentir son âme se soulager d'un poids qui l'avait rongé durant plusieurs années. Son téléphone se mit à sonner et elle se rendit une nouvelle fois compte qu'il s'agissait de ce fameux inconnu. Encore ce numéro ! Après avoir jeté un regard inquiet à l'homme lui faisant face, elle décrocha :

- Oui ?

Aucune réponse. Sandor observa la scène et comprit qu'un problème survenait. Il pencha la tête sur le côté, comme à son habitude et patienta. Sansa affichait un regard fuyant, tandis qu'une goutte de sueur perlait le long de son dos. Elle réitéra la question. Cette fois ci, elle entendit une respiration au bout du fil :

- Qui êtes vous ? Elle s'emporta et terrifiée, fut incapable de se contrôler.

Le harceleur se décida à prendre la parole. Et de sa voix lugubre, les mots qu'il prononça lui parèrent un cauchemar :

- C'est moi jolie Sansa Stark. Ramsay... et je te vois. Il raccrocha.

Tremblotante, la jeune femme rangea d'un geste brusque son téléphone dans son sac à main, comme pour éloigner le mal qu'elle venait de côtoyer.

Comment a t-il eu mon numéro ? Joffrey ? Mais quel idiot... Il me suit, il m'espionne ! Je ne suis pas en sécurité... Qu'est-ce qu'il veut réellement ? Il est beau certes, mais si effrayant. Il faut que j'en parle à Robb, Margaery m'a dit qu'il était dangereux. Il ne doit pas m'approcher. Et Sandor, que ferait-il ?

Ce dernier ne manquait pas une miette de la scène et sa figure devint haineuse. Il avait deviné. Le Limier allait protéger la Louve à coups de crocs, cela était certain. Personne ne toucherait le Petit Oiseau du monde cruel qu'était Westeros.

- Il m'appelle sans arrêt ! Robb, Ramsay me fait peur !

Sansa était enfermée dans sa chambre, au téléphone avec son frère. Les cris de colère de ce dernier ne réussirent à la calmer, lui qui constatait amèrement que l'on souhaitait s'en prendre à sa sœur. Il en avait été persuadé, l'avait pressenti : Elle était bien trop belle pour un nid de vipères comme Port Réal. Et les vautours y étaient nombreux comme père l'avait dis.

La jeune femme plaqua un peu plus son portable à son oreille et entendit les discussions emportées entre Eddard et Catelyn :

- Je t'avais dis qu'il n'était pas bon pour elle de partir seule à la capitale !

- Ton expérience n'était pas forcément une chose à lui raconter Ned, tu as réussi à l'effrayer !

La Louve attrapa un mouchoir et essuya ses yeux tristes. Puis le serra fortement et le rangea en boule dans sa poche. En relevant la tête, elle put voir son reflet dans le miroir lui faisant face. Quelle tête... On dirait que je sors tout droit d'un film d'horreur... Le maquillage avait coulé, lui laissant une mine aux aspects noir ébène :

- S'il te plaît, demande leur d'arrêter de se disputer ! Supplia t-elle à son frère au bout du fil.

Ce dernier partit se réfugier à l'extérieur, dans le jardin. Le calme revint enfin et elle se sentit apaisé de quelque peu. Robb remarqua le sapin près de lui, et frappa du pied le tronc sous la colère, pour ensuite prendre une grande inspiration comme si de rien n'était. Sa sœur fut surprise par un changement si brutal de comportement :

- Lundi, je t'attendrai devant ta fac...

- Que vas-tu faire ? Questionna la rousse inquiète quant à la tournure des événements.

- Je vais lui casser la gueule. Il ne te posera plus de problèmes, sois en sûre.


- C'est toi qui conduis. Stannis lança les clefs à Davos qui, malgré ses doigts en moins, réussit à attraper du premier coup.

Plus jeune, il avait été victime d'un accident en tondant la pelouse et c'est en tentant maladroitement de réparer la machine qu'il s'était vu les premières phalanges de la main gauche, coupées.

- Tu la crois suspecte ? Demanda Mervault en ouvrant la portière.

- On verra après l'avoir interrogé...

L'inspecteur s'affala dans le siège et massa d'une main fébrile son visage. Depuis quelques mois, les insomnies se faisaient récurrentes, d'autant plus que sa fille, Shireen avait des problèmes au collège. Elle était une élève brillante, qui avait déjà sauté deux classes. Seulement, aux yeux de ses camarades, être douée et défigurée par la léprose n'étaient pas acceptés. L'homme avait reçu plusieurs appels de la directrice, Madame Olenna Tyrell, souhaitant envoyer la petite ailleurs, dans une école davantage adaptée à sa condition. Mais le Cerf était têtu et sa fille resterait dans l'établissement public.

Stannis bailla en ouvrant une large bouche et alluma la radio :

- Tu ne dors toujours pas ? Le questionna son ami inquiet.

- Très peu.

- Tu devrais peut-être consulter...

- Ça va pas ?! Jamais je n'irai voir un spécialiste, je vais bien ! Il frappa l'épaule du conducteur pour le faire réagir. Si je n'allais pas bien, je ne serai pas ici.

Davos fut soulagé de voir le Cerf porter un tel discours. Combien de fois il l'avait vu au plus bas, rentrer chez lui les soirs en quittant le poste de police.

- Tu devrais venir manger chez nous un de ces jours, Marya serait ravie de te voir.

- Pourquoi pas, mais pour l'heure, concentrons nous sur l'enquête...

Il se demanda alors qui était cette femme à qui ils rendaient visite. La plupart d'elles, dans ce genre d'affaires, constituaient des épouses ou petites amies. A ce que l'on savait, Melisandre n'avait aucun lien connu avec Balon. J'espère qu'elle ne va pas nous donner du fil à retordre celle là ! La dernière suspecte que Stannis avait dû interroger avait refusé de les accompagner et les avaient mis à la porte. C'est une fois menottée qu'elle avait acquiescé, après moult cris et insultes, de délier sa langue. Le téléphone de l'homme sonna et il grommela en essayant de le saisir dans la poche de sa veste. Car l'inspecteur portait des vêtements sobres, sa chemise était blanche et cintrée, et sa cravate grise, tout comme son costume, qu'il préférait taillé sur mesure et non trop large. Bordel !

Quand il réussit à le prendre en main, malgré la ceinture de sécurité qui l'étouffait, il vit le numéro. Son visage se ferma et il tira une moue boudeuse :

- C'est Selyse... Dit-il à Davos, qui était concentré sur la route. Il soupira, ne souhaitant converser avec la mère de sa fille et finit par décrocher.

- Bonjour. Lâcha t-il amèrement.

- J'ai bien cru que tu ne décrocherais pas...

Et la politesse, tu connais ? Un bonjour ne va pas te tuer... Nerveusement, ne supportant pas la voix au bout du fil, ses dents commencèrent à grincer alors qu'il faisait mine d'écouter. Après quelques minutes d'attention, il lui lança brutalement :

- Viens en au fait, que veux tu ?

- Peux-tu garder Shireen demain dans la soirée ?

- Pourquoi ? Ce n'est pas ma semaine...

- Je sors demain soir. Avoua t-elle.

- Tu sors ? Avec qui ?

Il se rendit compte que lui aussi avait un tempérament possessif et même s'il n'aimait plus sa femme et se fichait éperdument de sa vie sentimentale, il voulait être au courant. De par son métier, il était amené à tout contrôler et c'est en cela qu'il prenait plaisir à exercer ce poste. Malgré cela, ce trait de caractère avait déteint dans ses relations privées :

- J'ai rencontré quelqu'un...

Stannis cessa de respirer durant une seconde, et ce fut assez de temps pour que son épouse se rende compte de la gêne qu'elle avait crée :

- Cela fait plus d'un an que nous sommes divorcés, tu n'as pas rencontré quelqu'un toi ?

- Non.

- Tu devrais ! Continua t-elle en défendant son argument.

- Non. Menteur !

Un silence débuta et l'homme sous la nervosité qui s'emparait de son être, serra fortement sa mâchoire. Elle a refait sa vie, pourquoi te mettre dans un tel état ? Il la détesta un peu plus et voulu en finir rapidement, ainsi, il lui répondit sèchement avant de raccrocher :

- Tu n'as qu'à demander à la nounou de la garder !

Stannis avait été vexé par l'annonce de son ex femme et c'est la mine durcie qu'il arriva devant la porte de Melisandre. Davos sonna une fois. Puis deux. Personne. Toutefois, il ne fut pas surpris de voir de la lumière par la fenêtre. Il avait déjà eu affaire à ce genre de cas et la persévérance était son dernier recours. Alors le Cerf déclara d'une voix forte :

- Madame je suis l'inspecteur Stannis Baratheon, veuillez nous ouvrir je vous prie !

- J'arrive Messieurs !

Il entendit la démarche pressée des talons claquer au sol et l'on ouvrit enfin la porte. La femme qui se tenait devant eux avait de longs cheveux couleur feu lui descendant jusqu'au bas du dos, et portait une robe rouge. Son attitude espiègle le transperça et intensément, elle le fixa sans lâcher ses yeux verts sombres. Le temps s'arrêta. Elle paraissait comblée. Il paraissait déstabilisé. Ressaisis toi ! Mais son regard l'avait trompé. En un sourire charmeur, elle l'invita à entrer :

- Entrez inspecteur, mettez vous à l'aise.

Le Cerf fit un pas hésitant puis releva la tête, affrontant la beauté qu'elle dégageait. Ses yeux se permirent l'agréable vision de son corps habillé du drapé sang. Stannis avança dans le salon, l'air niais. Davos quant à lui, n'eut droit à aucune remarque, ni invitation officielle, et il franchit le seuil, douteux. L'appartement était situé au deuxième étage d'une résidence calme. Il était grand et chaleureux, dont les couleurs vives des murs permettaient une bonne humeur constante. Melisandre leur proposa de s'asseoir puis partit à la cuisine préparer du thé. Le moins distrait laissa son supérieur inspecter minutieusement les pièces et suivit la femme :

- Nous aimerions vous poser des questions Madame.

- Bien sûr, inspecteur ? Elle s'arrêta ne connaissant pas son nom.

- Pardonnez moi, je ne me suis pas présenté, je suis l'inspecteur Davos Mervault. Il bomba le torse, se donnant de l'assurance.

Le sourire dévastateur qu'elle lui lança en retenant son nom le fit basculer dans un monde qu'il ne connaissait pas et s'était promis de ne jamais connaître : La tentation. Ainsi, pour éviter toutes confusions, l'homme acquiesça d'un mouvement de tête et la quitta rapidement pour retrouver son semblable. Il avait réussi à fuir. Stannis attendait dans le salon et remarqua les nombreuses photos qui trônaient dans des cadres accrochés aux murs. Toutes représentaient la femme. Il n'y avait qu'elle. Il y a beaucoup de photos de toi, beaucoup trop... Il s'approcha de la bibliothèque et saisit le premier livre qui retint son attention « Le culte de R'hllor ». Le Cerf haussa les épaules en le reposant, il ne savait pas sur quoi cela portait :

- Installez vous, j'arrive dans deux minutes ! Lança t-elle en passant sa tête par l'entrebâillement de la porte de la cuisine.

Les deux policiers prirent alors place et un silence gênant s'empara du lieu. Aucun d'eux n'osa prendre la parole, sachant pertinemment qu'ils pensaient la même chose : Jamais ils n'avaient fait la rencontre d'une telle femme, et leur nature d'hommes ne les laissaient pas indifférents. Cette dernière arriva et déposa le plateau sur la table puis versa le thé fumant dans des tasses :

- Tenez inspecteur. Elle tendit le bien à Stannis qui l'accepta d'un signe de tête. Alors, que souhaitez vous me demander ? Ce n'est pas tous les jours que je reçois la visite de deux représentants de l'autorité...

Elle termina sa phrase en murmurant et le Cerf se mordit la lèvre, confus. L'hypnose continuait son effet. Faites que je ne me brûle pas les ailes. Il devina qu'elle tentait de faire passer un message. Mais il fut incapable de prendre la parole tant il était absorbé par sa présence. Il eut l'impression de chavirer. Heureusement, Davos commença déterminé, à sortir victorieux de cette rivalité entre sexes opposés :

- Un corps a été retrouvé précédemment et nous avons des raisons de croire que vous connaissiez cet homme.

- Quelle horreur ! Qui était-il ? D'effroi, elle porta ses mains à sa bouche.

- Balon Greyjoy.

Melisandre stoppa soudainement son manège et se mit à réfléchir, pendant que le Cerf buvait son thé en silence. Elle tapota sa lèvre du doigt et jeta son dévolu sur l'inspecteur, qui ne s'attendait pas à la retrouver si vite. Leurs yeux se croisèrent. Il eut du mal à déglutir et s'étouffa avec le liquide chaud :

- Je ne le connais pas. Déclara t-elle innocemment en observant le vide.

- Impossible, nous savions que vous vous téléphoniez régulièrement. Votre dernier appel date du jour de sa mort... Stannis se redressa dans le canapé et toussa un instant, puis reprit. Connaissiez vous Balon Greyjoy, oui ou non ?

- C'est que Monsieur est insistant ! Vous avez du caractère, comme c'est plaisant... Termina t-elle lentement. Son nom m'évoque peut-être quelque chose oui, mais je ne saurai être plus précise.

Le visage provoquant qu'elle afficha, mélangé à ses douces paroles énervent le Baratheon qui se délivrait de sa paralysie. Il s'avança vers la suspecte et se posa sur le bord de l'assise. Puis il joignit ses mains qu'il plaça sur ses genoux, avant de se racler la gorge et de reprendre d'un ton soutenu. C'est elle qui plierait la première :

- Étiez-vous amants ? Un sourire carnassier prit place sur son visage. Je t'ai eu ! J'ai gagné...

Bien sûr qu'il connaissait la réponse, ses expériences passées lui avaient permis de déceler rapidement le vrai du faux, au premier coup d'œil :

- Tous les hommes sont des amants pour moi...

Stannis éclata de rire, il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui réponde. Elle a esquivé ma question... Il commença à se pavaner tel un coq. Pendant que Davos stupéfait devant une telle arrogance, bredouillait des mots :

- Vous êtes bien assurée Madame pour oser porter de tels propos... Siffla le Cerf en ébullition.

- N'êtes vous pas d'accord inspecteur ? Pourtant, je me souviens parfaitement de votre visage quand vous m'avez vu il y a de cela quelques minutes... Elle haussa les sourcils fièrement.

Il ne répondit pas et grogna de rage intérieurement. Encore une fois, elle venait de le couper dans son élan. Un élan masculin qui lui permettait de prendre les choses en mains. Qui était cette femme qui lui tenait tête. Il était policier, elle était suspecte et devait répondre aux questions posées. Davos quant à lui, mal à l'aise, restait discret, piégé entre les deux. Nerveusement, le Cerf se gratta le menton et en sentant sa barbe drue repousser, se calma un instant. L'échange avait été instantané et clair : Melisandre allait jouer avec ses nerfs :

- Saviez-vous qu'il avait des penchants douteux pour la drogue et l'alcool ?

- Comme nous tous inspecteur, la tentation est grande en ce monde...

Stannis la foudroya du regard. Elle ne voulait pas démordre. L'émotion qui le submergeait le rendait incontrôlable et il voulait à tout prix, remporter la partie de ce jeu perfide. L'atmosphère devint électrique. Mervault essaya de réparer les dégâts commis :

- Madame, nous souhaitons simplement avancer dans notre enquête, si ne serait-ce qu'une mince information, vous revenait à l'esprit, faites nous en part je vous prie.

- J'y veillerai inspecteur.

D'un geste délicat, elle prit la carte que lui tendait l'homme sur laquelle était inscrit leurs numéros. Stannis l'admira une dernière fois pour remarquer ses mains, fines et légères. Un frisson le parcouru. Il les imagina sur son être et se perdit dans ses pensées. L'homme ferma les yeux et serra le morceau de journal dans sa poche. Sur quelle affaire suis-je tombé... Son cœur s'emballa :

- Stannis, tu viens ?

La voix le fit sortir de sa bulle. Les minutes lui étaient parues une éternité durant lesquelles il avait été seul dans sa réflexion. Le Baratheon releva la tête et constata que son ami l'attendait face à la porte. Après une grande inspiration, le Cerf se leva et s'apprêta à franchir le seuil. La tension qui avait régné durant la discussion lui avait laissé la désagréable sensation de se sentir impuissant face à la personnalité féminine. Une main brûlante le retint par l'épaule :

- Je vous tiendrai au courant inspecteur. Toutefois, n'hésitez pas à passer me voir au Cabaret. J'y danse chaque soir ! Madame est joueuse, Madame est dangereuse...

Il fronça les sourcils en la dévisageant : Dans la poche du jean de Balon avait été retrouvée une carte d'adhérent à un night club, appelé Le Cabaret. Elle avait mentit. Elle le connaissait.