Bonjour tout le monde !
Le rythme commence à s'installer, et progressivement, les élément prennent forme ! Mais je vous réserve pleins d'autres surprises :) Pour changer un peu, j'ai placé la storyline de Stannis en premier.
Merci à ceux qui me lisent !
Bonne lecture.
- Devines quoi, Matthos a vérifié les données de l'ordinateur de Balon Greyjoy et il se trouve qu'il était adhérent d'un club. Une sorte de lieu privé où se retrouve toute la jet-set de Westeros... Et encore mieux, il se trouve que Melisandre d'Asshaï y travaille ! Ils se connaissaient forcément.
- Je sais... Répondit sèchement Stannis, occupé à répondre à un mail.
- Il faut qu'on l'interroge à nouveau, elle ne nous a pas tout dit. Davos insistait.
- Je sais...
Face à l'attitude impassible de son supérieur, il agita sa main devant son regard lointain, afin de retenir son attention :
- Tu m'écoutes quand je te parle ?
- Oui oui, je t'ai écouté ! Le Cerf releva ses lunettes pour les mettre sur sa tête. Je passerai la voir au club demain.
Inconsciemment, il joua un instant avec son stylo, se remémorant la visite chez la femme. Il l'avait trouvé dangereuse au point de la placer parmi les suspects numéro un. Dans le tiroir de son bureau se trouvait la carte qu'il avait trouvé chez Balon. Alors, l'inspecteur l'attrapa pour l'observer minutieusement. Il commença par la photo, dont l'ombre d'une danseuse était représentée, puis ses yeux se dirigèrent vers l'adresse. Il la fixa un instant, l'inscrivant dans sa mémoire. Stannis avait toujours eut une efficacité remarquable à retenir les choses, surtout lorsque cela l'intéressait. C'était toujours pareil. Plus jeune, il avait été en colocation avec ses frères et c'était lui qui, souvent, retrouvait les objets égarés, comme les clefs de voiture. Seulement, comble des choses, l'anxiété qui le submergeait ces temps-ci lui laissait la désagréable impression de perdre ses moyens, et il se trouvait à la merci d'une concentration défectueuse :
- Elle n'appellera pas... Lâcha t-il en murmurant dans sa réflexion.
- Pardon ? Davos se retourna et failli renverser son café dans l'élan.
- Melisandre d'Asshaï, elle n'appellera pas la première. Elle veut que ce soit nous qui venions à elle.
- Tu sembles bien sûr de toi... Le second attrapa une chaise et s'assit attentif.
- Je connais ce genre de femme, sa fierté l'empêche de faire le premier pas. Si nous le faisons pour elle, alors elle parlera, mais pas avant.
- Justement ! Tant mieux ! C'est ce que tu vas faire en te rendant sur son lieu de travail.
- Oui.
Il ne continua pas sa phrase et s'arrêta net, se mordant la lèvre. Puis, Stannis soupira, analysant comment les choses pourraient se dérouler. L'homme détestait se trouver dans cette situation, situation qui le forçait à dévoiler sa nature :
- Peut-être que si tu lui parles d'autres choses que l'enquête, en retenant son attention sur un sujet banal, elle pourrait lâcher le morceau sans s'en rendre compte.
- Tu veux que je fasse la discussion avec cette femme ? Il fronça les sourcils, voir son collègue lui tendre la perche le déstabilisait.
- Pourquoi pas !
Et merde... Le Baratheon se leva d'un bond et, tout en grognant de mécontentement, face à la situation qui lui échappait, attrapa sa veste pour l'enfiler rapidement :
- Tu rentres ? Et pour le verre ce soir, n'oublies pas que tu me dois toujours une bière !
- Une autre fois, je n'ai pas la tête à ça pour l'instant.
…
Il arriva dans son quartier, suant après une altercation avec un automobiliste. Ce dernier lui avait reproché de ne pas avoir démarré assez vite à un feu. Après plusieurs coups de klaxon, la tension était montée d'un cran et l'inspecteur avait hurlé de rage sur le pauvre homme, qui se voyait freiné dans sa colère. Quel imbécile, si je pouvais conduire avec la voiture de service, au moins, à la vue du gyrophare, il ne se serait pas permis de me ridiculiser de la sorte. Stannis ralentit sa vitesse et releva la tête pour se recoiffer grâce à son reflet dans le rétroviseur. Toutefois, il passa simplement une main souple dans ses cheveux. Il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat et Selyse lui avait longtemps reproché de ne pas prendre assez soin de lui. Pour elle, un homme, un vrai se devait de prendre un minimum de temps dans la salle de bain. Mais le Cerf préférait se concentrer sur sa vie professionnelle.
Il arrivait devant sa maison, quand son attention se porta sur une forme attendant, assise, sur la marche devant la porte. Tout en plissant les yeux, il découvrit avec horreur sa fille de dix ans. Frénétiquement, il ouvrit la fenêtre pour l'interpeller :
- Shireen ? Que fais-tu ici ? Où est ta mère ?
Le temps de se garer, la fillette referma le livre qu'elle était en train de dévorer pour rejoindre la voiture :
- Bonjour père ! Elle m'a dis que tu allais bientôt rentrer, alors elle m'a déposé pour aller voir Justin.
- Quoi ? Ta mère t'as déposé devant la maison alors que tu ne peux même pas rentrer ? Je savais qu'il fallait lui faire un double des clefs, elle est assez mature pour ne pas faire n'importe quoi avec ! Pour aller voir qui ? Depuis combien de temps es-tu là ? Il commença à s'emporter en se dirigeant vers la porte.
- Depuis une heure environ. Pour aller voir Justin Massey, tu sais, son nouveau copain.
En entendant cela, le Cerf fit tomber les clefs et se contrôla pour ne pas exploser. Son ex-épouse venait de laisser leur fille de dix ans, seule dans la rue, en espérant qu'il rentre assez tôt pour la récupérer, dans l'unique but de retrouver son amant :
- Tout va bien ? Tu fais une drôle de tête.
- Entre, il faut que l'on parle... Il lui ouvrit la porte et la laissa passer.
Le temps de défaire ses chaussures et de suspendre son vêtement, Shireen, qui venait de monter dans sa chambre, se présenta à son parent, la mine désolée. Il était vingt et une heure :
- Père, j'ai faim !
- Oui, je vais te préparer à manger.
- Tu ne manges pas toi ? Questionna t-elle innocemment.
- Je n'ai pas faim.
Une boule avait pris place dans son ventre et sa gorge était serrée. Il attrapa maladroitement le paquet de pâtes :
- Shireen, rends moi service et fais bouillir de l'eau. Je reviens, je vais téléphoner à ta mère.
Il partit à l'étage et s'enferma dans sa chambre. Son portable fut le premier touché par sa nervosité puisqu'il appuya bestialement sur l'écran pour composer le numéro. Elle a intérêt de décrocher, sinon je prends la voiture et je débarque à son appartement ! Selyse n'habitait plus Dragonstone et s'était rapprochée de sa famille dans le Bief. L'inspecteur en était persuadé, elle lui reprocherait son excessivité. Mais il était comme cela, surtout lorsqu'il s'agissait de sa progéniture. Ils avaient eu du mal à concevoir un enfant et après plusieurs fausses-couches, Shireen avait été une petite miraculée :
- Stannis ? Demanda la femme au bout du fil.
- Peux-tu m'expliquer pourquoi notre fille s'est trouvée sur le trottoir à vingt heure ce soir ?
- Comme la nounou ne répondait pas et que je devais impérativement la faire garder, je n'ai pas eu d'autres choix.
- On a toujours le choix ! Permets toi de faire à nouveau une chose similaire et je te retires la garde ! Tu as laissé une enfant seule dehors sans surveillance, ta propre fille !
- Mais je ne pouvais pas la faire garder. Tu es rentré rapidement, elle n'est pas restée seule longtemps. Et puis, ton quartier est tranquille, qui ferait du mal à une enfant ?
Il se gratta la nuque en soupirant devant son ignorance. Les enquêtes passées lui avaient appris des choses que beaucoup refusaient d'admettre ou de croire. Et ce n'était pas beau à voir :
- A ce sujet, j'en connais des choses et je sais que les enfants sont des cibles faciles. Ne refais plus jamais cela Selyse, surtout pour sortir en ville. Tu ne peux pas faire passer tes envies avant ta fille !
L'ex-épouse éclata de rire et mit le Cerf mal à l'aise. Sa bouche se tordit alors qu'il avait la sensation d'assister à leurs disputes à répétition, avant que le divorce ne soit prononcé :
- Tu n'es pas bien placé pour affirmer une telle chose ! Tu as toujours fais passer ton travail avant ta famille... Mais les enquêtes avant tout, n'est-ce pas ce que tu me disais ?
- Bonne soirée Selyse. Et il raccrocha froidement avant d'entrer dans son jeu.
Quand il retrouva Shireen, cette dernière avait mis la table et attendait que son père continue la cuisine. Ce qu'il fit rapidement, l'esprit embué par la conversation téléphonique :
- Comment s'appelle t-il ?
- Qui ? Elle plongea son regard sur les pâtes, plongées dans l'eau frémissante.
- Tu sais, celui que ta mère voit...
- Ah ! C'est Justin !
- Justin comment ? Son regard devint soudainement sombre.
- Justin Massey, mais tu le connais, c'est le serveur du restaurant où vous m'emmenez chaque année pour mon anniversaire !
Stannis fixa sa fille l'air niais, réalisant ce qu'elle venait de dire. Il eut du mal à déglutir en imaginant l'homme aux boucles dorées, ayant la moitié de son âge.
- Le petit jeune aux yeux bleus ?
- Oui.
Oh je vois... Il devait avoir vingt cinq ans à tout casser et l'inspecteur baissa la tête en guise de défaite :
- Est-il gentil avec toi ?
- Oui très ! Il m'a offert des livres pour compléter ma collection.
Une fois terminées, il servit les pâtes, qu'il assaisonna d'un filet d'huile d'olive, de sel et de basilique puis donna l'assiette à l'enfant. Impatiente et affamée, cette dernière se jeta dessus, avant qu'une grimace n'envahisse son visage :
- Elles sont trop cuites...
- J'ai l'esprit ailleurs en ce moment... Laisse si ce n'est pas bon. Prends toi un dessert et monte dans ta chambre.
Ce qu'elle fit sans hésiter. L'homme n'avait jamais été un bon cuisinier et se contentait de sandwichs habituels. Il poussa un juron avant de frapper la table du poing puis débarrassa.
…
Le lendemain, après une nuit troublée de rêves plus ou moins étranges, Stannis se leva avec difficulté. Il bailla en enfilant un t-shirt, alors qu'en bas, il pouvait entendre sa fille regarder les dessins animés. Il descendit avec une lenteur extrême les escaliers :
- Tu as déjeuné ? Demanda t-il encore endormi.
- Je viens de terminer.
- Très bien alors dépêche toi de te préparer, c'est moi qui t'amène à l'école aujourd'hui.
Il massa ses tempes un instant et regarda sa montre. Il devait faire vite, la petite ne devait pas être en retard au collège en ce début de semaine. Après avoir fait chauffer le café, il le but d'une traite et reposa d'un geste lourd la tasse. Il monta les escaliers en courant et partit se préparer.
L'inspecteur enfila une chemise claire et réajusta sa cravate devant le miroir. Toutefois, il avait pris soin de choisir ses affaires car ce soir, il irait au Cabaret, rendre visite à la suspecte numéro un. Manquerait plus qu'on ne me laisse pas entrer... Se dit-il en se coiffant d'une main mouillée de quelques gouttes.
Il pila devant le grand portail du collège et fit un léger signe de tête à Shireen. Cette dernière lui lança une grimace amusée en attrapant son sac. Un rictus s'empara de ses lèvres alors que ses yeux brillaient. Après quelques pas vers l'entrée, le père remarqua un garçon l'approcher. Il s'agissait de Robin, le fils de Lysa Arryn. En voyant le regard fuyant de la fillette, Stannis comprit que leur amitié n'était pas réciproque. Un sourire prit place sur son visage. Le Cerf n'aimait pas dévoiler ses sentiments mais avoir sa fille près de lui, lui permettait d'éprouver sans crainte, ni jugement. Il démarra la voiture et gagna Port Réal, où sa journée de travail allait débuter.
…
Quand il entra, il vit Davos courir à sa rencontre. Un sourire figé avait pris place sur son visage et le supérieur put sentir planer au dessus de son interlocuteur, une mauvaise nouvelle :
- Stannis ! Ah, te voilà ! Ta femme vient de nous harceler au téléphone pour te parler...
- Qu'est-ce que vous lui avez dis ?
- Que tu n'étais pas encore arrivé. Répondit l'homme d'un mouvement de tête. Il y a un problème avec Selyse ?
Elle est complètement irresponsable. Siffla le Cerf en attrapant le croissant que Matthos venait de s'acheter. Et figures toi, en plus, qu'elle s'envoie un jeune de vingt ans !
- Quoi ?!
Les deux hommes continuèrent leur chemin en discutant, jusqu'aux bureaux. Stannis voulu consulter ses mails. L'ordinateur ne voulant pas s'allumer, il s'énerva en frappant la machine. Allé bordel ! Allume toi ! Il croqua d'une épaisse bouchée la viennoiserie :
- Attends, je vais t'aider ! Davos appuya sur plusieurs boutons, quand un voyant s'alluma.
L'informatique n'avait jamais été le point fort de Stannis et il détestait ces outils qu'il ne maîtrisait pas. Tout comme son portable, il avait passé plus d'un mois à réussir à décrocher un appel entrant. Le Baratheon regarda méfiant son ami, qui venait de réparer les dégâts subis. L'ordinateur s'alluma :
- C'est réglé ! Ce n'était pas si compliqué... Au fait, tu ne m'as pas raconté la fin de ton histoire.
- Justin Massey, tu te souviens de ce gosse qui n'était pas capable d'apporter correctement un plat, au restaurant du Bief ?
- Celui qui avait renversé le cocktail que tu avais commandé ? Bien sûr que je me souviens, une vraie tête d'abruti !
- Eh bien c'est lui. Le ton que venait de prendre l'inspecteur fit brusquement lever la tête de son collègue.
- Non... C'est une blague ?
- Non, c'est la vérité. Shireen m'a tout raconté. Il est, apparemment très gentil...
Stannis n'avait pas apprécié cette découverte. D'une part, il se voyait rayé définitivement de la liste sentimentale de son épouse, ayant l'impression d'être oublié. Et d'un autre côté, l'homme avait peur d'être remplacé. Non pas en tant qu'amant, cela, il savait que depuis longtemps tout était terminé. Non, ce que le Cerf redoutait le plus était d'être remplacé en tant que père. Les liens fragiles qu'il avait tissé avec sa fille étaient présents mais pas suffisamment forts et l'appréhension de voir Justin prendre sa place le terrifiait.
Davos ressentit le chagrin et il encouragea son ami d'une main sur l'épaule, avant de quitter son bureau :
- Shireen est une enfant intelligente et mature pour son âge. Fais lui confiance, elle saura faire la part des choses. J'oubliais ! Le docteur Cressen a trouvé d'autres indices sur le corps de Balon Greyjoy !
- Je t'écoute. Il plongea son regard glacial dans le sien, espérant que cette mystérieuse affaire avance.
- Il n'est pas tombé par accident. Donc nous pouvons ignorer cette hypothèse. Il reste l'assassinat ou le suicide... Mais j'y mettrais le reste de mes doigts à couper qu'il n'a pas souhaité sa mort.
Très drôle Davos... Se moqua le Cerf mentalement. Bien sûr que cela était un meurtre. Le Greyjoy trempait dans des affaires de drogues et fréquentait des lieux malfamés. Il était normal et logique que la nature de sa mort soit louche :
- Il a aussi trouvé une forte dose d'alcool, et il met en avant le fait que Monsieur a certainement dû faire la fête avant de succomber.
- Faire la fête. Où ? Le Cabaret ? L'inspecteur sentit son cœur s'emballer subitement. Il se racla la gorge et tenta de retrouver son sang froid.
- Je ne sais pas, qu'en penses tu ?
- Je n'ai pas l'esprit clair en ce moment, j'ai du mal à réfléchir et mes idées ne sont pas censées. Avoua l'homme en se concentrant sur l'écran de son ordinateur.
- C'est cette affaire, elle te ronge, comme toutes les autres. Il montra d'un signe de main, la photo de l'affaire non résolue. Comme cette femme... C'est du passé maintenant, tu devrais décrocher son portait de ton mur et penser à l'avenir.
- Non.
Le ton sec qu'il prit déconcerta Davos, qui s'avouant vaincu, baissa la tête. Stannis était têtu et il n'arriverait jamais à le faire changer d'avis. Il s'apprêta à quitter la pièce quand il reprit d'un ton neutre :
- Je pense que ça va te faire un bien fou de sortir ce soir dans ce club. Et n'oublies pas, Melisandre d'Asshaï doit parler !
Il le dévisagea impuissant, sentant ses jambes trembler suite à l'évocation du nom de la femme. Mais pour qui se prend t-il à me donner des ordres ?! Il soupira longuement, son regard se perdant sur le petit cadre noir dans lequel trônait la photo de Shireen, plus jeune.
...
Il arrêta le moteur devant l'établissement, avant de vérifier sur la carte s'il ne s'était pas trompé d'adresse. Non, il en était persuadé et l'avait mémorisé sans difficulté, seulement, Stannis préférait être sûr. Il s'agissait d'une sale manie qu'il avait développé au sein de la police et il s'entêtait à vérifier tout ce qu'il pouvait. Le lieu était reculé du centre et se trouvait près du quartier du Culpucier. Quartier à éviter de Port Réal. Le Cerf réajusta ses manches et sa cravate avant de prendre une grande inspiration. Il devait être impeccable ce soir, il représentait la loi et l'autorité. Toutefois, il était incapable de distinguer comment la situation allait se dérouler. Peut-être ne la verrait-il pas. Peut-être y aurait-il trop de monde. Peut-être venait-il pour rien. Arrête avec tes questions, tu ne viens pas pour rien. Au pire des cas, tu repars aussi vite que ton arrivée. Ni vu, ni connu. D'une démarche pressée, il avança jusqu'à la grande porte matelassée. Le videur le toisa de ses lunettes sombres. Alors, voyant le grand hésitant, il lui montra son insigne. D'un haussement d'épaule, il lui ouvrit la porte pour la refermer derrière lui. La musique tapait fortement à ses oreilles et il assista dès l'entrée, aux danseurs qui se dandinaient sur la piste. Son visage se ferma et une mine boudeuse y prit place. L'air contrarié, il s'assit à une table et s'affala dans le petit fauteuil en cuir rouge. L'ambiance était pesante alors qu'elle n'était pas encore présente. Il desserra sa cravate ressentant une vague de chaleur l'envahir. La scène lui faisant face était vide, seul un micro semblait attendre au centre. Quand la serveuse s'approcha de lui, il eut un sursaut en constatant le peu de tissu qui recouvrait son corps. Mais c'est quoi cet endroit ?:
- Je vais prendre un verre de whisky...
- Bien Monsieur.
Autour de lui se trouvaient des hommes de tout âge. Beaucoup lui ressemblaient, à la différence qu'ils étaient venus en groupe et non en solitaire. C'est sur cette vision qu'il se demanda si Davos aurait accepté de l'accompagner ou s'il avait fais exprès de l'envoyer lui, à l'abattoir. On lui apporta enfin son verre quand on monta sur la scène. Le petit homme ne lui inspira pas confiance, au premier abord. Mais il essaya de rester concentré. Il portait une moustache discrète et ses tempes étaient grisonnantes. Après un sourire mesquin, il annonça fièrement en se redressant :
- Bonsoir Messieurs ! Je suis ravi de constater que vous êtes nombreux ce soir !
- Grouille toi Petyr, on veut le show ! Hurla un des habitués, dans le fond de la salle.
- Je sais que vous êtes impatients de la voir, mais sachez que plus l'on attend, mieux c'est !
Stannis le dévisagea, n'appréciant pas la blague, ni l'atmosphère lourde qui s'installait. Il avait l'impression de se trouver au cirque, où chacun attendait la venue du lion au centre de la piste. Enfin, il s'agissait plus d'une lionne ce soir là. Le petit homme avait continué son discours, la mine rayonnante :
- Veuillez accueillir Melisandre, qui cette fois-ci, ne va pas se contenter de danser ! Pour votre plus grand bonheur, elle va chanter ce soir au Cabaret ! Bonne soirée Messieurs.
Le rideau se leva sur une femme aux cheveux rouges, attachés en arrière. D'un sourire puissant, elle arracha à la salle des cris de joie. Face à cela, le Cerf baissa le regard, il était bel et bien au cirque. Ou au zoo, il hésitait, ne sachant s'il se retrouvait mêlé aux visiteurs ou aux animaux. Cependant, il releva le menton, s'apprêtant à défier la suspecte. Cette dernière portait une longue robe rouge, échancrée à la cuisse. La vision de sa peau lui donna le vertige et il commença à se maudire intérieurement. J'aurais dû refuser, Davos aurait dû venir à ma place. Lui qui était de nature réservée et chaste, il se demanda un instant ce qui l'avait poussé à accepter : L'enquête. Évidemment, il était capable de tout pour les affaires qu'il se devait impérativement de résoudre. Cela allait bien plus loin que la simple volonté de terminer un dossier ou de boucler un travail terminé. Non, cela touchait davantage le point de vue personnel et Stannis avait laissé, au fil du temps, une place immense pour la police, en son cœur. La femme avança d'une démarche sensuelle jusqu'à son micro. Elle prit une inspiration et s'apprêta à prendre la parole, quand elle vit le Cerf, la fixant. Ainsi, elle fut coupée dans son élan et leurs regards se croisèrent. Elle savait qu'il aurait fini par venir un jour ou l'autre. La curiosité est un vilain défaut, mais elle avait tout fais pour que cela se produise. Victorieuse, elle lui lança un sourire spécial. Un sourire juste pour lui. Un sourire qui le paralysa et l'enfonça un peu plus dans le malaise. C'est alors qu'elle commença lentement sa chanson, la bande musicale suivant derrière. En reconnaissant l'air, les invités commencèrent à taper dans leurs mains en l'accompagnant :
- « When you came in, the air went out... and every shadow filled up with doubt... »
D'un pas léger et féminin, elle quitta la scène pour se diriger vers une table. A cette vision, l'inspecteur pria pour qu'il ne s'agisse pas de la sienne. Elle devina cette pensée et se mordit la lèvre, avant de continuer :
- «... I don't know who you think you are, but before the night is through... »
Melisandre dénuda ses épaules sous les clameurs qui continuaient à fuser. Puis c'est là qu'elle commença sa danse. Le Baratheon fut surpris, se rendant compte que la vue n'était pas si déplaisante pour sa personnalité. Il la déshabillait du regard, comme beaucoup et eut l'impression de se découvrir, de découvrir une partie de lui encore inconnue. Ses mouvements de hanches lui firent tourner la tête alors qu'il semblait happé. Machinalement, il amena le verre à sa bouche. Elle continuait de chanter :
- «... I wanna do bad things with you... »
Le regard perçant qu'elle lui lança au même moment le fit chavirer et il recracha péniblement l'alcool qu'il venait d'ingurgiter. Elle soutenait son regard avec une telle insolence, qu'il se sentit rougir. Je veux quitter cet endroit. Je suis en Enfers. Et le Diable se tenait bien devant lui, jouant avec ses émotions telle une marionnette. Soudain, il perdit son souffle, Melisandre approchait.
Elle arriva à sa hauteur et le contourna, passant une main brûlante dans ses cheveux. Il restait stoïque, tentant de chasser de son esprit ce qu'elle lui insufflait. Stannis ferma les yeux, il ne devait pas se laisser faire, il devait se ressaisir et l'interroger. Là était son principal but, rien d'autre :
- Comme je suis heureuse de vous voir ici inspecteur... Vous avez tenu quelques jours, je vous félicite. Elle se pencha devant lui pour lui embrasser la mâchoire timidement. Êtes-vous ici pour l'enquête ou de votre propre chef ?
- Pour l'enquête. Il n'avait pas hésité, mais le son de sa voix l'avait trahi.
La femme rouge afficha un sourire satisfait et passa un doigt sur ses lèvres. Elles étaient fines et il ferma les yeux, appréciant le geste :
- Avez-vous aimé ma danse ?
- … Oui.
- Et avez-vous aimé ma chanson ?
Il resta muet, totalement figé devant sa beauté. Melisandre tenta de le faire réagir en l'entraînant un peu plus avec elle. Elle attrapa ses mains qu'elle posa sur ses hanches, puis lui murmura à l'oreille, ces paroles évocatrices :
- « I wanna do bad things with you... »
- … Oui. Finit par lâcher l'inspecteur, dont le corps ne cessait de le ronger de l'intérieur, laissant à son âme une plaie béante s'ouvrir peu à peu.
Elle ne répondit pas et continua son manège. Il pouvait sentir la chaleur de sa peau au travers du vêtement et sa tête tournoya à nouveau. Il était incapable de se sortir lui-même de ce piège charnel. Melisandre ressemblait à une lionne libérée de sa cage, dangereuse et insatiable. Alors qu'elle caressait ses épaules, descendant vers sa chemise, Stannis en avait oublié qu'ils étaient observés. Il n'y avait que la femme rouge, qui faisait de lui son jouet. Son regard le transperça et un frisson lui parcouru l'échine. Magnifique, sublime. Toutefois, alors que son être se révoltait, la vague de chaleur qu'il avait ressenti au début de la soirée s'intensifia et son regard changea brutalement. Il afficha des yeux noirs de désir, alors qu'il osait caresser ses cheveux. Melisandre lui laissa un sourire taquin tandis qu'il se permettait d'enlever la pince retenant son épaisse chevelure cuivrée. Cette tension qui avait commencé à naître entre eux quand il lui avait rendu visite s'installa. Et durant une seconde, il eut envie de la posséder. Un sourire carnassier prit place sur son visage. Il voulait la faire craquer sous ses ordres, lui soutirant des informations que ses propres oreilles refusaient d'écouter tant elles étaient légères. L'homme voulait contrôler la situation et la faire plier, tel il l'avait souhaité durant leur premier entretien. Elle l'avait provoqué, il réagissait. Le Cerf toucha du bout des doigts sa joue, comme il avait envie de l'embrasser. Il plaqua son visage dans sa nuque, sentant sa peau si enviée. Elle colla son front contre le sien, sentant sa respiration haletante. Puis se mit à sourire en discernant ses mains profondément agrippés à sa robe. Il ne la lâcherait pas. Il avait besoin d'elle, besoin de son corps :
- Inspecteur, vous semblez bien pressé.
Et elle effleura ses lèvres d'un baiser alors qu'il avait du mal à déglutir, puis se leva, le laissant planté dans le fauteuil. Frustré au plus haut point et le regard hébété, Stannis grogna, la voyant quitter la salle, sa robe soulignant ses formes. Merde ! Je suis con c'est pas possible ! Il en avait oublié les questions qu'il devait lui poser. Mais elle avait fait exprès, il en était persuadé, ainsi, elle le ralentissait un peu plus dans son enquête.
Sansa avait rendez-vous avec Baelish après les cours. Seulement elle n'avait pas prévu un exposé donné par Monsieur Martell, à rendre dans deux jours. Angoissée à l'idée de devoir reporter son premier jour de travail, elle composa le numéro fébrile, à la sortie du cours de philosophie. L'attente au bout du fil lui parue une éternité et elle chercha des phrases toutes faites, qu'elle pourrait répéter si la gêne se faisait trop ressentir. Il décrocha et sa voix calme la détendit :
- Sansa ! Comme c'est plaisant de vous entendre. Que se passe t-il ?
- Je ne pourrai pas venir aujourd'hui Monsieur Baelish, je suis réellement désolée, mais mon professeur ma donné un devoir à faire que je ne peux pas me permettre de négliger...
Il y eut un silence et elle se crispa en se mordant la lèvre. Ça y est, j'ai perdu mon job étudiant ! Mais l'homme réussit une nouvelle fois à la surprendre :
- Il n'y a pas problème Sansa, vous n'avez qu'à venir un peu plus tard, il n'y a aucun inconvénient à cela ! Ce qui est bien avec la photographie, c'est qu'il n'y a pas d'heure. Toutes les photos sont belles et les vôtres le seront également.
- Très bien... Merci... Lui répondit-elle le rouge aux joues.
- Ah ! Et j'insiste, appelez moi Petyr.
- Petyr.
Elle se rendit immédiatement après à la bibliothèque universitaire, dans l'espoir d'avancer dans son travail. Ses recherches portaient sur une réflexion de Tywin Lannister concernant les Pluies de Castamere. La Louve entra en silence dans le lieu et se dirigea vers les grandes étagères. Elles étaient si immenses qu'en levant la tête pour voir leurs sommets, elle en eut le tournis :
- Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda Margaery qui venait d'arriver discrètement.
- Je cherche un livre pour mon exposé de philo... Elle lui intima de chuchoter et de ne pas faire de bruit.
- Okay ! Je voulais juste te dire que ce soir je sors en ville avec Tommen Baratheon.
- Un rencard ? Demanda Sansa étonnée. Mais il est plus jeune que toi !
- De pas beaucoup et ça ne se voit pas, il est assez mûre pour son âge. Ne m'attends pas pour dîner !
Elle quitta la pièce en sautillant de joie, laissant à la jeune femme un sourire angélique sur le visage. La fille Stark souhaitait aussi rencontrer le prince charmant. Enfin, il était apparu durant les vacances d'été, pour s'évaporer et se transformer en monstre. Elle se perdit dans ses pensées, imaginant l'homme de ses rêves. Sansa le voulait grand. Pour qu'il puisse me protéger. Beau. Pour qu'il puisse me faire rêver. Gentil. Pour être en confiance. Et attentionné. Pour que l'on puisse tout partager. Un étrange sentiment lui traversa l'esprit et elle secoua la tête pour se réveiller. Même pas en rêve, l'homme parfait n'existe pas ! Après avoir arpenté plusieurs étagères, elle trouva le bien si convoité. Elle le tira délicatement, essayant de ne pas faire tomber les autres ouvrages puis prit place en bout de table, juste à côté. Alors qu'elle l'ouvrait et qu'elle dévorait déjà les pages, affichant représentations murales et descriptions, elle se sentit observée. Lentement, elle se retourna. Mais personne n'était présent. Elle se massa les poignets confuse et tenta de reprendre sa lecture. Ainsi, elle se sentit apaisée durant quelques minutes, le temps de prendre des notes. Puis cette même sensation vint l'envahir à nouveau. Un frisson la parcouru. Sansa se retourna, toujours rien. Mais lorsqu'elle voulu se replonger dans son livre, une forme se tenait devant elle, l'attendant :
- Ramsay ! Elle émit un gémissement incontrôlé et certains étudiants, concentrés sur leur récit levèrent la tête vers elle. Tu m'as fais peur ! Que veux-tu ?
Il ne répondit pas et vint s'installer à côté d'elle. La forte promiscuité avec son harceleur la tétanisait, mais elle tenta, tant bien que mal de garder son sang froid. Il passa une main glacée sur sa joue, puis contempla ce qu'elle avait écrit sur sa feuille :
- « Et qui êtes-vous, dit le fier seigneur. Pour que je doive m'incliner si bas ? Rien qu'un chat d'une autre fourrure... ». C'est très intéressant jolie Sansa, je suis sûr qu'Oberyn Martell sera fier de toi !
- A quoi joues-tu ? Elle s'obligea à soutenir son regard et il paru étonné.
- Jolie Sansa, tu m'émeus par ta force de caractère ! Il continua la chanson en caressant sa joue. « Et voilà ma vérité vraie. Fourré d'or ou fourré de rouge, un lion messire, a toujours des griffes. Et les miennes sont aussi longues et acérées. Qu'acérées et longues sont les vôtres ».
Il prit le papier dans sa main, qu'il froissa d'une poigne ferme, avant de le remettre en boule sur la table. Puis, il quitta la chaise en déclarant de sa voix assurée :
- « Ainsi parla, ainsi parla, le sire de Castamere. Mais les pluies pleurent en sa tanière, et plus personne ne l'entend. Oui, les pluies pleurent en sa tanière, et nulle âme ne l'entend... » A bientôt Sansa Stark. Il sifflota la mélodie et s'évapora.
Une fois hors de son champ de vision, elle quitta en pleurant la bibliothèque, relâchant ses nerfs après la frayeur qu'elle venait d'avoir. Il ne la lâcherait pas. Robb va m'aider, il me l'a promis. Sa montre affichait dix huit heure et il était temps pour elle de trouver Monsieur Baelish. Alors, la Louve ravala ses sanglots et sortit un mouchoir pour essuyer ses larmes. L'université se trouvant dans le centre de la capitale, le trajet en bus ne durait que quelques minutes. Elle s'était persuadée de le prendre, même si elle avait pu y aller à pied, mais Sansa ne voulait pas se trouver seule dans la rue. Il pouvait être partout, l'observant de sa cachette.
…
Quand elle se présenta à lui, les vigiles devant la porte la laissèrent entrer et Petyr ouvrit de grands bras pour l'accueillir. Elle s'approcha et il la serra contre lui. Après tout, il était un ami de la famille, un intime comme il se devait d'être appelé. Après la franche étreinte, la Louve qui avait trouvé ce rapprochement rapide, esquissa un sourire. Il l'admira d'un regard bleu gris qui commença à la mettre mal à l'aise. Petyr a des yeux si attendrissants. Cependant, l'homme détacha ses yeux pour l'inviter dans une luxueuse suite, où allait se dérouler la séance photo. Il lui proposa un verre :
- Non merci, je ne bois pas.
- Tu ne bois pas ? Elle fut surprise de constater qu'il la tutoyait.
- Rarement. Se rattrapa t-elle, mais je veux bien un verre d'eau par contre.
- Bien, cela est encore plus honorable quand on sait que les jeunes de ton âge passent leurs week-ends à s'enivrer !
Ils s'assirent sur un canapé et il lui montra un appareil photo. Ce dernier devait être le dernier cri, sortit récemment, compte tenu de la taille et de l'objectif. Baelish lui expliqua en détail comment allait se dérouler l'entrevue. La jeune femme avait juste à poser, de façon la plus naturelle possible :
- Tu n'as pas à avoir peur. Il s'agit de la première fois, tu te sentiras crispée, un peu bête sûrement, mais tu finiras par y prendre goût. Je suis persuadé que poser devant l'objectif te paraîtra plaisant à l'avenir.
- Nous verrons bien ! Elle se mit à rire en imaginant ce qu'il venait de dire. Le petit homme l'accompagna dans la plaisanterie.
Durant une heure, il prit des centaines de clichés de la rousse, savourant le rendu au travers de l'appareil photo. Sansa était belle et elle allait lui faire marquer des points, il le pariait. Une fois la séance terminée, ce fut la jeune femme qui regretta, ayant trouvé que le temps avait filé trop vite. Mais Baelish la rassura et lui posa une main sur l'épaule, en la raccompagnant à l'entrée :
- Je te l'avais dis ! Malheureusement, cette première fois ne pouvait pas se dérouler plus longtemps, je suis occupé ce soir. J'ai un rendez-vous important. J'espère te revoir prochainement, pour de superbes photos !
- Je serai là Petyr.
Enfin elle l'appelait par son nom, et alors qu'il la regardait s'éloigner, il se rendit compte qu'elle était encore plus jolie que Cat.
…
Le bus déposa Sansa devant l'université. Il était dix neuf heure et elle avait rendez-vous avec son frère Robb. Ce dernier était venu comme il l'avait promis. Elle se sentit soudainement mal en imaginant ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle avait manigancé une agression. Il l'a cherché ! Se rassura t-elle alors qu'elle prenait le chemin du gymnase, accompagnée du Loup. C'est à cette heure-ci que Ramsay sortait de son entraînement de tir à l'arc :
- Tu as peur ? Questionna l'homme sur la défensive.
- Un peu, je n'ai jamais fais cela auparavant.
- Ce n'est pas toi, mais moi. Tu n'as rien à te reprocher, saches le.
Un groupe sortit causant un fracas assourdissant. Robb se leva sur la pointe des pieds pour visionner correctement les hommes qui quittaient la salle :
- Il est avec eux ?
- Non.
Il soupira, son sang commençait à bouillonner en pensant à celui qui harcelait sa sœur. Cette dernière brisa le silence, enfonçant un peu plus le couteau dans la plaie :
- Il est revenu aujourd'hui, quand j'étais à la bibliothèque...
- Il t'as fais du mal ? Il agrippa la femme par le bras sous la panique.
- Non, il a simplement été bizarre. Il est arrivé de nulle part et s'est mit à se comporter de façon étrange et...
Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'elle se figea. Devant elle, Ramsay Bolton avançait, le regard rivé sur son téléphone, les écouteurs aux oreilles. Instinctivement, recherchant la protection familiale, Sansa attrapa la main de son frère, qu'elle serra fortement :
- C'est lui ?
Elle hocha la tête, voyant son frère partir à sa rencontre. La Louve fut tétanisée en apercevant son harceleur s'arrêter pour tendre l'oreille après avoir éteint sa musique. Elle ne voulait pas s'approcher, mais pouvait entendre la discussion sanglante entre les deux individus :
- C'est toi qui effraies ma sœur ?
- Ta sœur ? Ramsay le méprisa, jouant avec son intonation. Comment est-elle ? Je n'ai pas eu le plaisir de l'inscrire à mon tableau de chasse.
- Sansa. Robb était aggressif.
- Ah oui ! La jolie Sansa Stark. Une somptueuse créature ! Il continua vulgaire. Êtes-vous tous aussi beaux dans la famille ?
Face à tant d'insolence, le Loup perdit ses moyens et adressa un violent coup dans les côtes de son interlocuteur, qui ne put réagir :
- Ça, c'est pour t'être permis de la dégrader connard ! L'homme termina sa lancée avec un coup si violent, adressé au visage, que son rival tomba en arrière, un filet de sang coulant de son nez. Et ça c'est pour t'être permis de la harceler jours et nuits, de l'espionner et de l'effrayer ! Espèce de malade ! Approche toi une nouvelle fois d'elle, et ce sera ma meute qui s'en prendra à toi.
Il retrouva Sansa, apeurée mais fière, d'avoir assisté à la scène. Son frère venait de prendre sa défense. Robb lui embrassa le front et la raccompagna chez elle. Alors que Ramsay, fou de rage et assoiffé de vengeance, se relevait en essuyant d'un revers de manche la traînée de sang.
...
Le lendemain, la Louve se leva de bonne heure pour se préparer à aller en cours. Elle avait bien dormi cette nuit là, son sommeil ne se trouvant plus agité comme il l'était auparavant. Après son petit déjeuner, elle passa devant le miroir et s'observa un instant. Puis, elle attrapa la brosse et commença à démêler ses cheveux cuivrés. Des chuchotements se firent entendre et elle reconnu Margaery, apparemment en compagnie d'un jeune homme. Sansa se mit à sourire, elle ne les avait même pas entendu rentrer la veille. Tommen ouvrit la porte de la chambre, et, timide à l'idée de rencontrer la colocataire et ancienne petite amie de son frère, la salua gêné :
- Prends ton temps, tu peux rester boire un café ! Lui proposa la jeune femme courtoise.
- Non merci, je suis en retard en cours !
Et il quitta l'appartement, à moitié habillé et les cheveux en bataille. Alors que la rousse s'apprêtait à questionner son amie concernant le rencard, son téléphone se mit à sonner. Mère ? Étrange... Elle décrocha, appréhendant la conversation. Remplie d'interrogations, Cat bombarda sa fille, qui ne savait plus quoi répondre :
- Mais viens en au fait, que se passe t-il ?
- Ton frère Robb n'est pas rentré de Port Réal hier comme prévu, et il ne répond pas, son portable est éteint !
Sansa inquiète et incertaine, porta une main à sa bouche. Et si Ramsay s'était vengé ?
Voilà pour ce chapitre 4, j'espère qu'il vous a plu ! Maintenant que tout commence à prendre forme, je pense que cette fic sera constituée de dix chapitres environ :)
A bientôt !
