Bonjour !

J'ai terminé mon chapitre en avance (gros coup d'inspiration :) donc je le poste ce soir !

J'espère qu'il vous plaira !

Je remercie toutes les vues et reviews laissées, ça me fait super plaisir de vous lire :)

- just some 12th reader: Je suis contente que ça te plaise, surtout si à la base, ce n'est pas le genre d'histoires que tu apprécies ! J'espère que la suite te laissera sur la même impression :)

- Rosalie-Cullen03: Patience pour Robb, tu ne vas pas tarder à le savoir haha !

- Irri: Haha J'essaie de m'appliquer pour Stannis (Je ne dis pas que je ne m'applique pas pour les autres personnages, mais ils me tiennent moins à cœur). C'est vrai que ce métier lui correspond bien (Après tout, dans GoT, il avait déjà commencé à mener l'enquête en cherchant si les enfants "Baratheon" étaient de Robert ou non ;) Ton jeu de mot... Il m'a fait éclater de rire. Hahahaha ! Sansa et Baelish, c'est toute une histoire x) Stannis et Melisandre, c'est... toute une histoire aussi, mais sans te spoil, ça ne va pas s'améliorer ! Pour Shireen, oui elle a le visage marqué par la léprose.

- Rainkebell: J'essaie de lui faire une vie d'étudiante normale tout en étant tout de même mouvementée haha ! Quand j'ai vu pour la faute, je suis presque devenue rouge de honte ! En plus j'ai vu sur ton profil que tu étais en Lettres modernes. Toutes mes excuses, je vais essayer de ne plus la faire (et de faire moins de fautes en général ;) Faudrait qu'on fasse un concours de nos Ramsay, à celui qui est le plus effrayant haha ! Je n'aime pas vraiment Selyse aussi (ça se voit non ? Ah !). Mais j'aime bien tourmenter mes personnages mouhaha x)

Bonne lecture !


- Est-ce ton petit ami ? Demanda t-il en la raccompagnant.

Le grand les toisait d'un regard suspicieux, puis fit mine de ne pas remarquer, au moment où elle franchit la porte pour le retrouver :

- Sandor ? Non voyons ! Simplement un ami. Il m'avait proposé de venir me chercher. La moto me rappelle les balades avec mon frère Jon, je n'ai pas pu refuser !

- Évidemment ! Il ricana par politesse devant le sourire chaleureux qu'elle lui lançait. A la prochaine Sansa. Et il ferma la porte derrière elle.

Le Limier lui tendit un casque jaune orné de symboles représentants des chiens aux babines retroussées. En voyant l'objet d'une profonde virilité, la jeune femme sembla gênée :

- Je ne vais pas mettre ça ! Imagine si l'on croise des personnes que je connais...

- Y'avait que ça, alors mets le. Personne te reconnaîtra avec toute façon...

Elle acquiesça et eut du mal à serrer la lanière. L'homme descendit de sa bécane, ajusta la béquille et vint à son secours :

- Attends je vais t'aider ! Bizarrement, malgré ses mains immenses et caleuses, il réussit parfaitement le geste habile. Tu sais, j'aime pas ce type. Continua t-il en vérifiant s'il avait bien attaché la sangle.

- Qui ? Petyr ? Demanda la Louve interloquée.

- En plus tu l'appelles par son prénom ? On est mal barré ! Il est louche, j'aime pas sa tête, c'est tout.

La rousse haussa les épaules. Cela ne servait à rien de rentrer dans son jeu, Sandor était bien trop protecteur pour apprécier quiconque s'approchait d'elle. Elle monta derrière lui et s'accrocha fermement à son blouson en cuir pour ne pas perdre l'équilibre. Il fit gronder le moteur alors que les regards des passants se tournaient dans leur direction, puis fonça à vive allure sur le boulevard. Le vent faisait voler ses cheveux et elle appréciait cette vitesse qui lui avait tant manqué. Certes, la Louve était réservée, mais elle aimait parfois franchir les limites imposées et se lancer des défis.

Quand ils arrivèrent devant chez elle, à peine avait-elle enlevé son casque qu'il tendait son visage vers elle pour lui faire la bise. Étonnée, elle fronça les sourcils :

- Tu repars déjà ?

- Tu veux que je monte ?

- Je pensais qu'on aurait passé le reste de la journée ensemble. Je ne veux pas que tu sois simplement mon chauffard. Il la dévisagea, attendant impatient la suite du récit. Je veux dire, on est ami, et les amis passent des journées ensemble, à discuter et refaire le monde. En plus, j'ai acheté des nouveaux biscuits, tu m'en diras des nouvelles !

Il eut envie d'éclater de rire mais se retint devant l'innocence de Sansa. Alors, elle l'attrapa par la main et monta les escaliers quatre à quatre. L'appartement n'était pas fermé à clef, cela voulait dire que Margaery était présente. La rousse ouvrit doucement, flattée de présenter son protecteur à sa meilleure amie. Cette dernière était en train de regarder la télévision, un thé à la main. Quand la Rose vit Sandor, un sourire sincère prit place sur son visage et elle se leva pour le saluer :

- Le sauveur de la Louve ! Je suis contente de te croiser à nouveau. Il se crispa gêné par tant de compliments, puis se posa sur le canapé, le regard fuyant.

- Il m'a proposé de jouer les taxis pour mes séances photos... La rousse releva le menton fièrement. Heureusement qu'il est là, après tout ce qu'il se passe dehors...

- En parlant de cela, tu as eu des nouvelles de ta mère ? La coupa son amie.

- Non, Robb est toujours introuvable. Elle a téléphoné aux commissariats les plus proches, dont celui de Port Réal. Mais l'inspecteur qui l'a reçu n'avait aucune information à lui donner.

Margaery comprit l'appréhension de Sansa et posa sa tête contre son épaule, alors qu'elle reposait sa tasse, désormais vide. Sandor lui, n'avait ni bougé, ni parlé, se contentant d'écouter, une expression glaciale sur le visage :

- J'espère pour lui qu'il était pas dans le Culpicier. Lança t-il soudainement en brisant le silence qui avait commencé à s'installer. Ça craint là-bas, mon frère y traînait souvent... C'est le quartier chaud de la capitale, il y a des règlements de comptes et des bastons meurtrières. Les flics y patrouillent souvent.

- Je ne connais pas cet endroit. La rousse se mit à réfléchir, se remémorant les lieux qu'elle avait visité.

- C'est là qu'il y a les bars tendances, mais faut faire gaffe c'est tout. Mais moi je te protégerai Petit Oiseau.

Margaery ouvrit de grands yeux ronds, et, persuadée que sa colocataire lui avait caché quelque chose, se leva et les fixa un regard amusé :

- Il semblerait que je ne sois pas au courant...

- Au courant de quoi? Questionna l'intéressée, toujours plongée dans ses recherches.

La brune lui lança un clin d'œil et mima un appareil photo avec ses mains, faisant semblant de prendre un cliché du couple :

- Vous êtes mignons tous les deux !

- Quoi ? ? Sandor, à vif et touché en plein cœur, rugit de stupéfaction en se levant du canapé. Je suis pas avec elle !

Pourtant, la jeune femme se trompait. Il n'y avait que des sous-entendus, mais jamais de premier pas. Aussi, Sansa avait bien trop la tête dans les étoiles pour se rendre vraiment compte de ce qui l'entourait. Cela pouvait être dangereux et l'on pouvait profiter d'elle. La Stark tentait de prendre cette assurance qui lui permettrait d'égaler son amie, seulement sur certains points, elle n'était pas prête. Et devant la Louve qui n'avait pas eu le temps de réagir, l'homme quitta l'appartement en claquant la porte, enragé de s'être fais démasquer :

- Je passe te prendre pour ton prochain rendez-vous avec le photographe ! Hurla t-il en descendant l'escalier.

Quand il la déposa devant L'Oiseau Moqueur, la jeune femme, déçue par son comportement, ne lui prêta aucune attention. Elle retira le casque, secoua la tête et le posa sur l'assise en cuir. Sandor lui, observait la scène, toujours grincheux. Mais elle ne reviendrai pas vers lui avant une excuse, ce qu'il se refuser de lui donner. Il était un homme fier et virile. Un homme qui ne montrait jamais ses émotions, quitte à perdre ce qui lui est cher. Partir sans raison comme cela alors que je lui ai ouvert ma porte... S'emporter pour rien ! Elle passa furieuse devant les deux vigiles qui lui présentèrent un signe de tête, mais la Louve les ignora et ouvrit elle même la porte d'un mouvement puissant. J'en ai marre de tous ces cons ! Les mecs sont tous des cons ! Baelish avança vers elle le sourire aux lèvres :

- Voilà la plus belle ! La bise qu'elle lui rendit fut beaucoup moins chaleureuse qu'à l'habitude et il le remarqua. Quelque chose ne va pas ?

- Je me suis disputé avec un ami, ce n'est rien.

- Un ami ? Tu veux parler de ce grand costaud en moto... Ils entrèrent dans la suite dans laquelle ils prenaient les photos habituelles.

Elle médita sur lui l'air suspect. Il avait deviné. Encore une fois, Petyr réussissait à la surprendre. Sansa se demanda comment il pouvait être si malin et connaître tant de choses. Elle se sentit soudainement mal à l'aise en s'imaginant inférieure. Elle, se sentait incapable de rivaliser et d'avoir les mêmes compétences. Il lui tendit une tenue spéciale pour ce jour. Aujourd'hui, le thème de la photographie était « Chic en robe de soirée », mais elle n'avait jamais vu de vêtement si précieux. L'homme lui présenta ensuite les talons assortis. C'est les yeux écarquillaient qu'elle commença à défaire ses ballerines, alors que Baelish lui laissait la pièce et attendait dans le couloir. Même Mère n'a jamais porté de si jolies robes ! Plus jeune, la Louve avait développé la fâcheuse habitude de fouiller dans l'armoire de sa mère et d'en dégoter ses affaires les plus fragiles, qu'elle s'empressait ensuite de porter. Elle essaya d'ajuster correctement la robe et s'observa dans le miroir. Le petit homme fit son entrée et vint se tenir derrière elle, regardant lui aussi, les yeux admiratifs, le reflet de sa nouvelle protégée :

- Tu es sublime.

Ces mots la touchèrent profondément. On lui avait déjà dis, à plusieurs reprises qu'elle était belle, mais ce mot davantage fort et marqué n'avait jamais été employé. La jeune femme se mordit la lèvre sous la flatterie, elle paraissait faire cinq ou six ans de plus avec cette tenue. D'un geste précis, il se permit de défaire correctement la bretelle, trop serrée à son goût :

- Et là tu es encore plus désirable. Ton motard devrait être jaloux, de te voir habillée ainsi devant d'autres hommes que lui. Son sourire la fit revenir à elle, et elle cessa de rêvasser.

- Nous ne sommes pas ensemble ! Pourquoi tout le monde s'entête à penser cela !

- Alors c'est encore mieux, ne pense plus à lui et prends la pose... Il plaça l'appareil photo devant ses yeux.

La séance ne se passa pas comme les autres fois et pendant que la rousse faisait son mieux pour ne pas être déstabilisée face à tout cela, le souvenir de son frère lui revint. Elle avait peur qu'un malheur lui soit arrivé par sa faute. En voulant la protéger, il s'était attaqué, non pas à plus fort que lui, mais à plus dangereux. Ramsay était terrifiant et les horreurs qui avaient dû lui parvenir à l'esprit après la violente dispute la fit fondre en larmes. S'il s'en était pris à Robb, elle ne pourrait se le pardonner :

- Que se passe t-il ma belle ? Petyr posa l'objectif et se rua vers elle pour la prendre doucement dans ses bras. C'est à cause de lui ? Du motard ?

- Non... Sansa eut du mal à déglutir tant sa gorge était serrée.

- Ne pleure pas, sèche ces larmes qui inondent ce visage angélique...

Il l'invita à s'asseoir sur la canapé et sortit un mouchoir. Toutefois, il ne lui tendit pas et épongea lui-même les gouttes. Une fois cela fait, il le rangea dans sa poche et lui leva le menton du bout des doigts :

- C'est mon frère, commença t-elle, il a disparu et je m'inquiète.

- Ce qui est tout à fait normal ! Mais ne t'en fais pas, tu le retrouveras j'en suis sûr. Il s'arrêta un instant et sembla réfléchir.

Mais la Stark ne cessait de pleurer et une nouvelle fois, elle éclata en sanglot. Elle imaginait le pire, voyant son frère à l'hôpital, rué de coups, ou pire, baignant dans une mare de sang. Devant cette scène, l'homme avança dangereusement sa main vers la sienne, afin de la serrer et la soutenir :

- Ne pleure pas ma belle, je suis là. Je serai toujours là pour te réconforter.

Sa voix était tendre et ses paroles lui rappelèrent celles de Sandor. Lui aussi se montrait attentionné. Elle vit sa main caresser la sienne et ses pleurs cessèrent soudainement. L'atmosphère devint étrange et elle ne sut s'il s'agissait de son chagrin ou de son geste. Ses doigts étaient chauds et doux. Petyr ne devait pas être un homme manuel, ses mains étaient bien trop soignées et lisses. La Louve n'osa supporter son regard et baissa la tête. Ses yeux affichaient bien trop de profondeur et ce qu'elle voyait s'y dessiner l'intimidait. Mais il était plus âgé qu'elle et avait compris que la guider était son rôle. La porte était verrouillée, personne ne les aurait surpris. Il aurait pu l'embrasser, il aurait pu faire ce qu'il voulait. Cependant il ne fit rien, rien d'une si grande ampleur. Non, car Baelish était patient, il appréciait cerner sa proie. Il appréciait la découvrir lentement et imaginer comment il pourrait tourner les choses en sa faveur. Sansa n'était pas comme ces filles qu'il côtoyait tous les soirs au Cabaret, elle était beaucoup plus fragile. Il ne fallait pas l'effrayer. Il profita d'une seconde, lorsqu'elle releva la tête curieuse, pour planter un regard puissant dans le sien. Ainsi, elle ne pouvait plus s'échapper, plus lui échapper. Elle était comme un oisillon tombé de son nid et cherchant un refuge parmi les prédateurs au sol. Mais la sensibilité qu'elle dégageait, mélangé à une force de caractère qu'elle pouvait déployer, dans certaines situations l'intriguait. Non, Sansa n'était pas comme les autres filles, il en était certain :

- Petyr... Murmura t-elle confuse.

Ce dernier ne répondit pas, et alors qu'elle était persuadée qu'il s'apprêtait à l'embrasser. Elle ferma les yeux, acceptant l'offre, après tout, il était un homme de confiance et charmant de surcroît. Mais il ne lui donna pas ce qu'elle espérait. L'homme se contenta, dans un élan de romantisme, de déposer un tendre baiser sur sa main, avant de se lever et de quitter la pièce. Encore une fois, il l'avait surprise. Cette action lui fit automatiquement penser au livre que sa mère lui lisait quand elle était enfant : Le prince charmant. La séance est déjà terminée ? Où va-t-il ?

Le petit homme réapparut quelques minutes plus tard, les yeux pétillants d'une étrange attirance. Ses cheveux parsemés de gris lui donnèrent une plaisante impression et il la raccompagna à l'extérieur de l'hôtel. Arrête de te faire des films, arrête d'être si sensible et émotive ! Tu n'as jamais été sous le charme de ce genre avant ! Tu ne t'es jamais retourné sur... des vieux ! Sa poitrine se serra à la fin de cette pensée et à l'idée qu'il ait pratiquement l'âge de ses parents, elle paniqua. Le Limier attendait comme promis devant les grandes portes vitrées. Son moteur était allumé, prêt à quitter ce quartier trop riche à son goût. A la vue de son rival, ses sourcils se froncèrent et son âme grogna de fureur. Il détestait son attitude arrogante et son sourire mielleux. Après tout, peut-être qu'il s'agissait de ce type d'hommes que les femmes appréciaient. Ceux qui faisaient naître un sentiment d'insécurité. Encore un qui tournait autour de sa Belle :

- A bientôt Sansa. Et appelle moi dès que tu auras des nouvelles de ton frère, mais pour l'instant, sèche tes larmes, tu es bien trop jolie pour leur laisser une place sur ton visage.

Il frôla sa joue du pouce et lui embrassa le coin des lèvres. C'était acquis pour Baelish, et cela avait fais son effet. Un peu trop même puisque la Louve sentit son cœur accélérer, alors que Sandor, en protecteur officiel, se présenta hargneux :

- T'es qui pour faire ça ? Cracha t-il sur le petit homme.

- Je vous demande pardon ?

- Tu t'es vu ? T'as l'âge de son père, t'es un vicelard ! J'aime pas les mecs comme toi alors tu touche pas la gamine.

- Qui êtes-vous pour me donner des ordres ? Il se tourna vers Sansa qui assistait impuissante à la scène. Il a du culot ton motard...

- Te fous pas de ma gueule okay !

Il attrapa l'homme par le col de la chemise alors que ses hurlements retentissaient dans le rue. Les passants s'arrêtèrent peu à peu, inquiets quant à la tournure des événements. Petyr se débattait, essayant de se dégager de la forte poigne, en vain devant la carrure de son adversaire. La rousse, qui revoyait les images de Robb et Ramsay s'emporta. Ayant peur qu'un tragédie n'éclate à nouveau, elle s'interposa, s'aidant de ses bras qu'elle positionna en guise de barrières :

- Assez vous deux !

Sa colère étonna le Limier qui eut un mouvement de recul. Il s'apprêta à le lâcher, quand une voix retentit derrière eux :

- Que se passe t-il ici ? Madame, tout va bien ?

Elle se retourna pour voir un homme, habillé soigneusement. Sa chemise était d'un blanc éclatant, alors que sa veste sombre encadrait parfaitement ses épaules. Ses yeux étaient clairs et lui inspirait un air dur, en apparence seulement, car le bouton défait de son col lui donnait une allure décontractée :

- C'est qui lui ? Rugit Sandor en dévisageant l'inconnu.

- A votre place, je me montrerais davantage courtois. Je suis Davos Mervault, inspecteur de police à Port Réal. Je répète ma question, tout va bien Madame ?

Le policier avait connu bien des femmes ayant été violentées, qui n'osaient parler devant leurs agresseurs, c'est pourquoi il avait insisté :

- Tout va bien, je vous remercie.

Ce ne fut pas suffisant pour l'homme, qui d'un signe de tête, leur fit comprendre que la scène n'allait pas s'arrêter là. Il ne supportait pas l'idée que l'on puisse se montrer comme cela en public. Peut-être l'un des deux hommes était-il ivre sur la voie publique ? Dans ce cas, il était en tort. Peut-être était-ce un règlement de compte ? Une jalousie malsaine ? Il voulait éclaircir cette querelle :

- Bien, je vous emmène tous les trois au poste, suivez moi.

...

Ils s'installèrent côte à côte sur des chaises faisant face à un bureau, dont l'occupant était absent. La pièce était froide et simple, seulement un cadre trônait sur la table et une photo de journal était accrochée au mur. Sandor commença à ricaner, pensant que tout ceci était une blague. Lui, habitué à effrayer plutôt qu'à plier avait du mal à se contenir devant ce trop plein d'autorité. Il gueula qu'on vienne au plus vite s'occuper d'eux, prétextant qu'il avait des voitures à réparer au garage et surtout, que sa moto se trouvait désormais sans surveillance dans la rue :

- Vous devrez la récupérer désormais à la fourrière Monsieur.

Celui qui se présenta à eux prit place devant son ordinateur et commença à pianoter sur son clavier. Sansa était terrifiée, jamais elle n'avait mis les pieds dans un poste de police auparavant. Ils vont me mettre en garde à vue ? Oh non ! Petyr lui adressa un regard compréhensif et la rassura discrètement. Si l'inspecteur devinait ses réelles motivations, il se retrouverait soupçonné. Pourtant la Louve était majeure, mais l'écart d'âge les séparant serait mal vu et pourrait nuire à sa réputation, d'autant plus qu'il n'était pas blanc comme neige :

- Je suis l'inspecteur Stannis Baratheon et c'est moi qui vais entendre votre témoignage.

- Vous n'allez pas nous entendre un par un ? Pourtant c'est comme cela que vous procédez d'habitude... Baelish le défia du regard.

- Certes, mais pas aujourd'hui.

La réponse fut brève et froide, ainsi, le petit homme ne voulu pas continuer, risquant de s'attirer les foudres du Baratheon. Il ajusta ses lunettes sur son nez et grimaça en voyant l'ordinateur commettre de nouvelles erreurs. Comme il détestait l'informatique :

- Je vous écoute, commencez par vous présenter...

- Petyr Baelish, gérant de l'hôtel L'Oiseau Moqueur, dans le centre de Port Réal. Il se rapprocha du bureau et fixa Stannis comme s'il tentait de sonder son esprit. Nous sommes-nous déjà rencontré ? Votre visage m'est familier...

- Non, jamais. Petyr. Ce nom lui rappelait bien quelque chose et ce visage narquois aussi. Leurs yeux s'étaient croisés quand il était monté sur la scène ce soir là, au Cabaret.

Stannis afficha une figure impassible, masquant son ressenti et ne voulant pas trahir sa couverture. Il s'était rendu dans ce lieu malfamé, cet « abattoir » comme il l'avait qualifié, dans l'unique but d'interroger une suspecte. Mais il avait été incapable d'exécuter correctement son travail et cela, personne ne le savait. Même Davos n'avait pas été mis au courant et il lui avait menti en lui racontant qu'elle n'avait rien avoué d'intéressant pour l'enquête. Le Cerf se sentait honteux d'avoir succombé.

L'entrevue dura un peu plus d'une heure et l'homme avait pris soin d'écouter d'une oreille attentive les témoignages, sans porter de faux jugements. En s'en tenant aux à priori, Sandor constituait le coupable, jaloux du prétendant de sa petite amie. Du moins en apparence, car il n'y avait aucune liaison entre les deux et Baelish ne lui inspirait nullement confiance. Il pouvait être lui aussi le fauteur de troubles :

- Monsieur Baelish, il semble que vous êtes connu des services de police, votre profil est enregistré dans nos données...

- C'était autrefois inspecteur, tout le monde possède un passé douteux, n'est-ce pas ? Il fixa la marque de son alliance, présente avant.

- Trafic de drogue et prostitution, cela fait beaucoup pour un « passé douteux », malheureusement pour vous, vous ne pouvez pas l'effacer si facilement. Il passa sa main sous le bureau, masquant la trace observée.

Toutefois, ce conflit était minime et il ne plaça personne en garde à vue. Il se força, pour son honneur et sa dignité, à serrer la main de celui qui n'avait fais que déverser sa rage sur l'autorité qui le dominait. Et à celui qui n'avait pas lâché son regard, le défiant avec insistance et sournoiserie. Il restait la fille Stark, fidèle à sa politesse et sa discrétion. Elle avait répondu correctement aux questions, étant un peu nerveuse au début, mais sincère. L'inspecteur avait de suite remarqué, au premier regard, ses cheveux. Décidément, elles ont toutes la même couleur ! C'est une mode ?! Il pensa à ceux de Melisandre, qui, lorsqu'il avait retiré la pince les maintenant, avait aperçu ses reflets cuivrés, mélange de rouge et de roux foncé. Quant à sa dernière allusion, il la dédia à la femme trônant sur son mur. Sa chevelure était identique à celle de Sansa. Il se demanda si cela était naturel ou si elle se faisait une teinture. Mais après tout, il s'en moquait, il avait haussé les épaules en lui serrant la main. Le regard dur qui l'habitait avait fais frissonner la Louve, étant désormais inscrite dans les fichiers de la police. C'est la boule au ventre qu'elle quitta alors le poste, pour retrouver son appartement.


Il quitta le bureau plus tôt, l'enquête n'aboutissant pas, il restait au point mort dans ses recherches. Stannis avait donc du temps devant lui et décida de profiter avant qu'un rebondissement ne le retienne. L'anniversaire de Shireen approchait et il n'avait toujours pas acheté de cadeaux. Toutefois, il se justifia mentalement en se réconfortant dans le fait qu'il avait la tête ailleurs en ce moment. Le meurtre de Balon restait un mystère, il avait été incapable de mener correctement un interrogatoire et Selyse, était revenue à la charge en le harcelant de messages. Elle ne lui faisait pas confiance et lui demandait sans cesse ce qu'il était en train de faire, lorsque la petite était avec lui. Il se mit à ricaner sous la lamentable pression qu'elle exerçait sur lui : Après tout, c'était son rôle de poser des questions, surtout depuis qu'il avait appris qu'elle fréquentait quelqu'un :

- Fais gaffe sur la route, j'ai entendu à la radio qu'il y avait eu un accident dans le tunnel de Dragonstone... L'avertit Davos en revenant du distributeur, une barre chocolatée à la main.

- Ce tunnel est une plaie ! Il s'y passe toujours un drame.

Il le salua d'un geste dans les airs en quittant le pièce, après s'être dépêché d'enfiler sa veste. Car Stannis ne supportait pas d'être encombré, que ce soit en portant à ses mains ou sur son corps. Le vêtement était de trop à l'intérieur et la chaleur des journées n'arrangeait pas les choses. En se dirigeant vers le supermarché le plus proche, tout collant qu'il était, il se prit à rêver d'une bonne douche une fois arrivé chez lui. Shireen était chez sa mère ce soir là et il pourrait se permettre de regarder le match de football, une bière à la main. Il se coucherai tard et profiterai d'une soirée seul, en tête à tête avec lui-même, affalé dans le canapé. Toutefois, quand sa fille était présente, il tentait de lui montrer une image plus raisonnable d'un chef de famille et passait plus de temps à lire ou s'occuper des tâches ménagères. Qu'il détestait cela. Il avait déjà pensé engager une professionnelle pour faire le ménage chez lui, mais Selyse avait refusé catégoriquement. Depuis, il n'y avait plus pensé. Tant pis, s'était-il dis, ça m'occupera.

...

Le magasin était bondée, tous se pressaient de faire leurs courses après la débauche, et l'homme eut du mal à trouver une place :

- Vous partez ? Interrogea t-il une vieille femme qui chargeait son coffre.

- Oui inspecteur, je vous libère pour que vous vous gariez !

- Merci Madame.

En le dépassant, elle lui lança une nouvelle fois un grand sourie chaleureux. Beaucoup le connaissait, lui, le policier qui avait reçu les plaintes, les témoignages ou disparitions des habitants de Port Réal et de ses environs. Il était connu comme le loup blanc et c'est dans ces situations qu'il en souffrait. A chaque pas, on le saluait. A chaque pas, il s'efforçait de paraître aimable par politesse. Après quelques détours dans le magasin, la température des rayons lui fit un bien fou et il resta immobile près des surgelés, le regard vide :

- Mon frère adoré ! Viens par là que je te prenne dans mes bras ! Entendit-il dans son dos.

En reconnaissant la voix, il se figea alors qu'un malaise le prenait : Robert. Il était l'aîné de la famille et Stannis avait du mal à supporter son comportement grossier. Il avait été élu maire de Port Réal, même si des rumeurs de corruptions circulaient de temps à autre, et était marié à l'une des plus belles femmes du pays, Cersei Lannister. L'homme n'avait rien de semblable au Cerf. Sa barbe noire était mal taillée et ses cheveux longs aux magnifiques boucles d'autrefois, avaient fini par laisser des frisottis hirsutes. Mais Robert se moquait de son apparence et préférait profiter des plaisirs de la vie, passant son temps à boire, manger et côtoyer des filles. De Baelish ? Se questionna l'inspecteur en se remémorant les activités louches de son frère. Lorsqu'il le serra dans ses bras, sa carrure imposante et son ventre épais manquèrent de briser en deux le Baratheon, qui était doté d'une musculature beaucoup plus sèche et fine :

- Comment va-tu mon frère ? Tu ne donnes plus de nouvelles en ce moment. Il lui tapota l'épaule brusquement.

Stannis ferma les yeux et ignora le geste. Il détestait cette attitude lourde et grotesque, surtout en public. Mais Robert était comme cela, il aimait se montrer et être sans cesse dans l'excès :

- Je vais bien.

- Alors souris un peu ! Il éclata d'un rire grossier en se tenant le ventre. Et comment va ma nièce, une enfant toujours aussi sage et brillante ?

- Toujours.

Il n'avait pas envie de faire la conversation avec celui qui ne prenait jamais de ses nouvelles. C'est pour cela que le Cerf avait pris la décision de ne plus en donner aussi. Et pourtant, il l'admirait, ce frère qui prenait sa défense quand ils étaient plus jeunes. Cependant, plus les années avaient passé et plus un fossé s'était creusé entre eux, l'aîné trouvant du réconfort en sollicitant le petit dernier Renly. Leur caractère était davantage similaire et les centres d'intérêts ne manquaient pas. Stannis s'était alors retrouvé seul, coincé entre deux frères qui ne cessaient de l'ignorer et le mettre à l'écart :

- Tu fais tes courses ? J'ai laissé Cersei avec le caddie, c'est une tâche de femmes, je me contente de suivre derrière. Il jeta un œil dans le panier vide de l'inspecteur.

- Que veux tu que je fasse d'autre ? Idiot. Bien sûr que je fais mes courses ! Je dois trouver un cadeau pour ma fille, c'est bientôt son anniversaire.

Mais Robert ne répondit pas et loucha sur une bouteille de vin qu'il venait de prendre, quelques minutes plus tôt. Stannis était las de voir un tel comportement. A quoi bon venir me parler si ce n'est pour entretenir les faux semblants. Un ange passa et le silence devint pesant, mais le maire reprit, l'esprit déjà loin :

- On fait un repas de famille ce soir, tu veux venir ?

- C'est agréable de voir que je ne suis prévenu qu'au dernier moment. Et si l'on ne s'était pas croisé, tu ne m'aurais pas invité n'est-ce pas ?

- Arrête de râler Stannis ! Renly sera là, ça fait longtemps que vous ne vous êtes pas vus. Et prépare toi car il ramène son nouveau mec, Loras. Ne fais pas la gueule durant tout le repas.

- Encore un nouveau ? Merci de me prévenir.

Il se mit à rire une nouvelle fois, plus bruyamment.

- Je suis content de t'avoir croisé mon frère, à ce soir !

Il regarda l'homme attraper un paquet de chips avant de quitter le rayon. Stannis baissa la tête, comme il s'en voulait d'avoir accepté, il pouvait dire au-revoir à sa soirée en solo. Il imagina Renly, cela devait faire au moins deux ans qu'il ne l'avait pas vu et il se demanda s'il avait changé. Sûrement. Il avait dû adopter le nouveau style vestimentaire à la mode de la capitale. Encore une fois, il allait devoir se forcer à sourire et apprécier les blagues salaces de ses frères. L'homme soupira. Il n'y avait pas que les deux Baratheon, non, il y avait aussi Cersei. Sa beauté froide le mettait mal à l'aise et jamais elle ne lui avait adressé un sourire amical. Quoi qu'il ne voulait pas se faire aimer de l'épouse de son frère, mais par respect et sympathie familiale, il attendait le minimum, qu'il n'avait jamais obtenu. Cersei Lannister ne donnait ces privilèges qu'à son frère jumeau, Jaime. Une rumeur avait circulé quelque temps auparavant, une rumeur affolante, qui disait ses enfants issus de l'union fraternelle. En apprenant cela, le Cerf avait ris. Cela était plausible compte tenu de la couleur dorée des cheveux de Joffrey, Myrcella et Tommen. Son travail d'enquêteur l'avait poussé à mener la réflexion durant de longs mois, sans pour autant justifier ses soupçons. Quelle honte si cela s'avérait juste.

Il arriva devant le rayon des jouets pour enfants et hésita en voyant les poupées trôner dans leurs boîtes roses bonbons. Non, Shireen n'aime pas ce genre de choses. Alors il trouva le rayon des livres et inspecta minutieusement les ouvrages, rangés dans l'ordre. Elle lui avait dis qu'elle faisait la collection des manuels d'Histoire de Westeros. Un sourire prit place sur son visage. « Une Danse avec les Dragons », elle ne doit pas l'avoir celui-là. Son visage afficha soudainement un regard mauvais, alors que les traits de son visage devenaient rigides. Et Justin ne lui a certainement pas offert non plus. Il resta froid et perturbé jusqu'en caisse, où l'image du jeune blond ne le quittait pas. Il le voyait quand ils se rendaient au restaurant, son plateau à ses mains frêles, maladroit qu'il était. Selyse ne lui avait jamais prêté attention. Enfin Stannis n'avait jamais réellement observé les deux. La caissière fut la première touchée par son sale caractère puisqu'il lui tendit violemment la monnaie et quitta le lieu sans un remerciement.

Le temps de rentrer à Dragonstone et de subir les aléas de la circulation, il eut à peine le temps de se doucher. La température réussit à calmer ses muscles tendus sous le poids de la fatigue et il y resta un moment. Ses insomnies refaisaient surface et lorsque rarement, il pouvait fermer l'œil, ses nuits étaient agitées par d'affreux cauchemars qui le réveillaient en sueur. Ses rêves étaient souvent habités par des affaires de meurtres et sa famille était la cible idéale. Davos lui avait déjà reproché qu'il prenait les enquêtes trop à cœur et que cela déteignait dans sa vie privée. Mais il ne pouvait pas faire autrement, il n'y arrivait pas, son devoir avant tout. Le Cerf était difficilement déconcentré et détourné de ses objectifs, mais quand cela arrivait, cela ne présageait rien de bon. Il coupa l'eau et enfila une serviette autour de sa taille. La buée ayant envahie la salle de bain, il passa sa main sur le miroir pour voir son reflet. D'ordinaire, beaucoup se seraient contemplés durant des heures, détaillant leurs muscles minutieusement, mais pas Stannis. Il se coiffa rapidement, s'aspergea d'un parfum que sa fille lui avait offert pour la fête des pères et partit dans la chambre choisir ses vêtements. La pièce était petite et mal éclairée, chose qu'il avait longuement apprécié lorsqu'il passait encore ses nuits avec sa femme. Il ne l'avait jamais trouvé belle, plus jeune elle avait eu un certain charme qui s'était rapidement estompé au fil du temps, lui laissant des joues creuses et une mine fatiguée. D'ailleurs, c'est en attrapant une chemise noire qu'il se demanda pourquoi il l'avait épousé, après tout, l'inspecteur ne l'avait jamais aimé. Son attention se porta soudainement sur sa tenue. Le Cerf ne voulait pas se rendre à ce dîner, il ne porterait donc pas de vêtements de qualités. Contrairement à ses chemises blanches habituelles, il décida de porter uniquement du sombre. Peut-être que cela l'aiderait à passer inaperçu et à passer entre les mailles des discussions de ses frères.

Il était dix neuf heure et il termina juste à temps pour reprendre la route et arriver chez Robert à une horaire correcte. Avant de démarrer la voiture, l'homme soupira, que cette soirée allait être longue.

...

Il sonna à la porte, une légère appréhension lui nouant l'estomac. Pourvu que cette soirée ne s'éternise pas. Il entendit les jeunes courir dans les escaliers et se diriger vers l'entrée :

- Ne courez pas dans l'escalier en marbre, ça glisse ! Hurla Cersei à l'étage.

On lui ouvrit avec une amabilité qu'il n'avait pas l'habitude de voir chez les Baratheon-Lannister. Myrcella, avec ses grands yeux en amandes le fixa, heureuse de revoir son parent après tant d'absence :

- Oncle Stannis ! Elle se jeta sur lui et il eut du mal à contenir son malaise. Un gémissement étouffé sortit de sa bouche alors qu'il prenait le temps de l'observer.

- Tu as grandi.

Elle l'invita à entrer alors que Tommen, plus discret, attendait aussi dans le hall. Quand il vit l'homme, son visage s'illumina et il vint à sa rencontre :

- Bonsoir mon oncle, je ne savais pas que tu étais convié !

- Une surprise de votre père... Son regard se posa sur les deux.

Il défit sa veste qu'il posa sur le dossier d'un fauteuil, tandis que Cersei descendait pour voir l'heureux invité. Quand elle l'aperçu, ses yeux tristes et ses cheveux davantage grisonnants, la firent reculer d'un pas, mais ses enfants finirent par avoir le dernier mot :

- Tu ne viens pas dire bonjour ? Questionna Tommen intrigué.

- Bien sûr que si, quel plaisir de te voir Stannis. Son sourire en coin ne fit pas l'effet escompté et l'homme comprit que sa présence la gênait.

Cela avait toujours été comme ça. Il savait qu'elle ne l'appréciait pas, elle savait qu'il était distant avec elle. Toutefois, pour Robert, ils essayaient de paraître en bons termes :

- Tu n'as pas changé, tenta le Cerf de se montrer courtois. Le temps n'a pas d'emprise sur la Lionne que tu es.

Il se surprit devant un tel compliment. Même sa femme n'en avait jamais eu d'aussi flatteur :

- Toi si, tu as vieilli.

Il lui lança un regard foudroyant, s'en voulant de s'être montré si poli. Robert arriva et salua une nouvelle fois Stannis, qui n'en finissait de regretter :

- Mon inspecteur préféré ! Lança une voix dans son dos. Quelle surprise, n'ayant plus de nouvelles, je ne te pensais plus de ce monde.

- Bonsoir Renly. Toujours aussi drôle. Imbécile.

Ce dernier vint à sa hauteur et se mit sur la pointe des pieds pour lui embrasser la joue. Le cadet était le plus petit des frères Baratheon et longtemps il en avait été complexé. La bise exagérée qu'il donna à l'homme lui laissa échapper un soupir de mécontentement et Renly apprécia de voir dans les yeux de son frère, danser une sombre colère. Il le dévisagea ensuite d'un regard provoquant et montra d'un doigt accusateur le haut de son crâne :

- Tiens, il semblerait que tu ais moins de cheveux qu'auparavant ! Et il explosa de rire alors que Loras faisait son apparition.

Mais il était le seul à rire de sa plaisanterie. Le sang de Stannis ne fit qu'un tour, alors que le plus jeune attrapait son ami par la taille pour l'amener jusqu'à lui :

- Je ne t'ai pas présenté mon fiancé !

- Fiançé ?! Il eut la nausée et se reprit maladroitement. Ton fiancé, oui, Robert m'a parlé de lui. Content de vous connaître.

Il lui tendit une main puissante, lorsqu'ils échangèrent la poigne, le Cerf ne put s'empêcher d'écraser les doigts de l'amant de son frère. C'est toi qui pervertis Renly et l'encourage à salir notre nom. Loras esquissa un sourire, qui laissait plus entrevoir une rivalité à l'inverse d'une amitié naissante. Ils passèrent à table. Joffrey n'était toujours pas arrivé :

- Où est Blondinet ? Beugla Robert en se servant les pommes de terre en premier. Toujours dans sa chambre à mater des revues ?

- Il tient de son père, renchérit Renly. Les deux hommes se fixèrent une seconde puis éclatèrent de rire en même temps.

Stannis croisa le regard harassé de Cersei, qui tentait de se montrer absente, malgré les propos que l'on tenait sur son fils. Lorsqu'il se montra enfin, le Lion raccompagnait un ami, un livre de biologie à la main :

- Qui c'est ? Demanda Robert en coupant sa viande. Viens par ici saluer ton oncle et nous raconter tes exploits à l'université ! Il adressa un clin d'œil à Renly, suivit d'un coup de coude complice.

- C'était Ramsay, nous avons des cours ensemble et nous travaillions sur un devoir à rendre.

Le repas continua, comptant une chaise de plus, occupée. Joffrey avait énormément changé et le Cerf fut même étonné de voir qu'il commençait à avoir de la barbe. Le temps passe si vite :

- Comme il est beau mon neveu ! Il doit faire craquer les filles ! Renly passa une main dans ses cheveux et les ébouriffa.

- Regardez moi cette tête blonde ! S'il est de moi, qu'on me le prouve sur le champ, je baisse mon froc de suite s'il le faut ! Et il se mit à rire aux éclats en se servant un énième verre de vin. Stannis, tu t'es préparé pour assister à un enterrement ? Cette tenue est triste ! Trop de noir, un peu de gaieté mon frère !

L'ambiance était pesante et Stannis s'enfonçait un peu plus dans sa chaise, à chaque blague vulgaire de ses frères. Ils n'arrêtaient pas et il se demanda s'ils ne faisaient pas un concours. Le concours du plus con, il n'y a pas de doute ! Renly s'essuya la bouche d'une serviette et questionna son aîné, un sourire espiègle aux lèvres :

- Dis moi mon très cher frère, es-tu toujours seul ?

Il ne comprit pas de suite et hésita avant de répondre, méfiant à l'idée de se voir tendre un piège :

- Passes-tu tes nuits seul ? Continua l'homme en insistant sur la phrase.

- Tu l'as déjà vu bien entouré ? Hurla le maire en sauçant son plat, alors qu'il était le premier à avoir terminé.

- Non c'est sûr, d'où ma question ! Il se tourna vers Loras. Quand on était jeune, Robert et moi pensions qu'il finirait vieux garçon... ou avec un homme. Il n'avait jamais parlé à une fille de sa vie ! Heureusement que la petite Shireen est née...

Le Cerf tenta de rester calme et détendit sa mâchoire, serrée depuis le début du repas. Toutefois, sous l'humiliation que lui faisait subir ses frères, mêlée à l'atmosphère pesante, de voir lui faisant face Cersei, avec une envie folle de le jeter dehors, ses dents commencèrent à grincer. Il n'avait jamais su pourquoi la Lannister le méprisait tant. Alors, il avait développé ce tic qu'il avait depuis l'adolescence. Souvent contrarié, il avait repoussé ses pulsions en serrant sa mâchoire et ses poings. Robert lui disait de faire du sport, pour atténuer sa nervosité, mais il n'y avait rien à faire. Même petit, Stannis était têtu et en faisait déjà qu'à sa tête. Il s'apprêta à répondre quand Renly le coupa :

- Enfin, pour revenir à la naissance de ma nièce, tu as eu du mal mon frère ! Un coup de chance. Ce n'est pas bien compliqué pourtant. Pas très vigoureux n'est-ce pas !

Il lui donna une tape sur l'épaule alors qu'il fulminait. Robert n'en pouvait plus de rire et il faillit s'étouffer en avalant une bouchée de pain :

- Blondinet, passe moi l'eau !

- Ne m'appelle pas « Blondinet » ! Se rebella Joffrey.

- Je t'appelle comme je veux ! Alors passe moi l'eau et si tu n'es pas content, tu n'as qu'à monter dans ta chambre !

Le père gronda de sa voix grave, faisant trembler son fils, qui, trouillard, toujours fourré dans les jupes de sa mère, fila dans sa chambre bouder :

- Bravo Robert. Cersei quitta la table aussi.

Stannis observait en silence les convives. Attendant que l'électricité entourant le dîner, ne retombe. Myrcella discutait avec Tommen, ce dernier lui montrant un tour de magie. Les deux derniers aux cheveux dorés ne ressemblaient pas à leur grand frère. Ils avaient des traits beaucoup plus sages et leurs regards semblaient apaisés, à l'inverse de celui de Joffrey :

- Ton neveu a encore brisé des cœurs récemment. Commença Robert en s'adressant à l'inspecteur. Il avait rencontré une rouquine, très mignonne, qui vivait dans le Nord. Stark elle s'appelait, Sansa Stark je crois. C'est bien dommage, il va finir par se forger la même réputation que moi.

Le Cerf n'écouta pas la suite du récit, trop occupé à se souvenir de ce nom qui lui était familier. Je l'ai interrogé il y a peu ! Le monde est petit... Il s'excusa, prétextant chercher la salle de bain afin de se passer de l'eau sur le visage et quitta le repas. L'homme monta rapidement les escaliers pour rejoindre la chambre de son neveu. Il était trop curieux pour laisser passer une occasion pareille. Il frappa à la porte :

- Entrez !

- Je ne te dérange pas ? Demanda t-il à Joffrey, qui jouait aux jeux vidéos.

- Non mon oncle, qu'y a t-il ?

Il s'approcha et vint s'asseoir sur le lit à côté du jeune homme. Ils n'avaient jamais eu des liens étroits et il espérait que cette approche ne fasse pas fuir le blond. Après une grande inspiration, il se lança :

- Tu as fréquenté une fille récemment ? Naturellement il mena les questions dont il voulait les réponses précises.

- Laquelle ? Joffrey captivé de voir qu'on lui prêtait attention, posa la manette.

- Je ne sais pas, tu en as eu beaucoup ?

- Il y a eu Roxanne, Lyanna, Sansa...

En entendant la première, il eut un frisson : Roxanne était le nom donné à l'inconnue de l'affaire non résolue. Stannis, en ayant marre de la nommer sous forme de chiffre, avait pris la décision de lui donner un nom. Ainsi, « Roxanne » était celle qui, malgré sa disparition il y a quinze ans de cela, avait pris une place importante dans sa vie, jusqu'à son bureau, dans lequel il refusait d'enlever sa photo :

- Sansa ? Sansa comment ?

- Stark. Joffrey parut suspicieux.

- Et comment était-elle ? Je veux dire, est-elle sérieuse ?

- Elle t'intéresse ? Ironisa le neveu en reprenant sa partie de jeux vidéos.

- Non ! Je suis simplement curieux.

- Elle est dans la même fac que moi, sauf qu'elle est en Lettres et elle partage un appartement avec la sœur de Loras...

- Quoi ? L'inspecteur ouvrit de grands yeux ronds. Effectivement, le monde est vraiment petit, même trop, ça en est étrange...

Et pourtant, le Cerf n'était pas de nature superstitieuse, seulement, ses années passées dans une police où des enquêtes plus noires les unes que les autres avaient croisé son chemin, l'avait obligé à se montrer méfiant :

- Elle s'appelle Margaery. Ramsay avait des vues sur elle au début, mais il a préféré jeter son dévolu sur la belle rousse...

- Pourquoi ? Son intonation était stricte.

Stannis portait un visage atteint et son regard était déterminé, à en connaître davantage. Non pas qu'il s'intéressait réellement à la Louve, mais l'avoir convoqué dans son bureau le jour même lui paraissait être une étrange coïncidence :

- Qui est ce Ramsay ? Continua t-il sans détacher son regard.

- C'est à mon oncle ou au flic que je raconte ma vie ?! Et il mit son casque sur ses oreilles, se coupant du monde extérieur avec sa musique.

Une fois le repas familial terminé, Stannis avait remercié son frère par politesse puis s'était penché vers Cersei pour lui faire la bise. Cette dernière l'avait toisé d'un regard vengeur avant de répondre à sa courtoisie. C'est quoi son problème ?! Sur le moment, il eut envie de la questionner afin de résoudre cette énigme et de faire fondre la glace. Mais il ne fit rien. Il n'avait pas eu le courage, pas devant Robert. Alors, le Cerf lui avait fais un signe de tête lui assurant qu'ils discuteraient prochainement de leur problème commun. Peut-être n'avait-elle pas apprécié qu'il se mêle de Jaime quand il avait eu des soupçons sur ses grossesses ? Peut-être ne l'aimait-elle pas tout court ? Peut-être dégageait-il quelque chose qu'elle n'appréciait pas chez lui ? Il n'en savait strictement rien. Toutefois, la Lionne était l'épouse de son frère et les liens du mariage l'obligeaient à se montrer conciliant. Une fois dans sa voiture, Myrcella se présenta et toqua à la vitre. Il fut étonné et la baissa, quand la jeune lui déclara :

- Je suis contente que tu sois venu oncle Stannis ! On ne te voit pas souvent, j'espère que tu nous rendra visite bientôt.

Il ne répondit pas et ricana en lui faisant un signe d'au-revoir. Myrcella était celle avec qui il s'entendait le mieux. Du moins, c'est elle qui venait à lui, l'homme étant de nature trop réservée pour prendre une telle initiative. Pourtant il s'agissait de sa nièce, mais quelque chose le bloquait intérieurement. Il ne se sentait pas à l'aise. Renly klaxonna durant une bonne dizaine de minutes, la main agitant les airs par la fenêtre. Il faut toujours qu'il se fasse remarquer... C'est ainsi que se termina le repas chez les Baratheon-Lannister. Une réunion toujours emplie d'amour et de gaieté...

Il était épuisé après cette journée éreintante, ainsi, il roula lentement, à son rythme. Durant le trajet, il ne put s'empêcher de penser au déroulement de l'après midi. Mais ses interrogations furent soudainement stoppées quand son téléphone sonna. Il était vingt trois heure, et la nuit avait pris place sur Westeros :

- Il y a un problème, commença Davos au bout du fil.

- Je t'écoute.

- Nous avons trouvé un corps...

- Encore ? Y-a-t-il un lien avec Balon Greyjoy ?

- Aucune idée, Cressen vient juste de commencer les analyses. Où es-tu ?

- Je rentre à Dragonstone. Stannis sentit ce qu'allait répondre son interlocuteur et il tapota nerveusement le sol de son pied.

- Je pense que tu devrais venir...

- C'est si urgent ? Merde, je ne pourrais jamais être tranquille ce soir !

- Je ne peux pas t'en dire plus, il faut que tu vois cela de tes propres yeux.

Il avait accéléré juste avant de franchir le tunnel et avait braqué son volant pour faire demi tour. Ses pneus crissèrent sur le béton, laissant une large trace noire. L'inspecteur roula à une vitesse folle. Tant pis s'il perdait des points, tant pis s'il se faisait flasher et tant pis s'il se faisait arrêter, il fallait qu'il soit sur les lieux au plus vite. Quand il arriva, une pluie battante avait commencé à s'abattre depuis quelques minutes et il releva le mince col de sa veste. Déjà trempé alors qu'il venait de sortir de son véhicule, il croisa les bras et grimaça sous les épaisses gouttes :

- Alors ? Il arriva à la hauteur de Davos.

Ce dernier lui fit un signe de tête en lui montrant la bâche recouvrant le corps. D'après son expérience, en visualisant la scène, il en déduisit de par la taille du plastique qu'il s'agissait d'une personne à la carrure développée, un homme sûrement. Les femmes ne remplissaient généralement pas l'intégralité de la bâche :

- Avons-nous un nom ?

Le second sortit une pochette plastifiée dans laquelle figurait la pièce d'identité de la victime. Stannis prit soin d'enfiler une paire de gants puis attrapa délicatement l'emballage. Malgré la pluie qui n'avait cessé, il réussit à lire au travers le nom :

- Robb Stark. Stark ?!

Il se figea, ayant l'impression que cette famille le suivait. La journée n'était pas terminée qu'il en croisait un nouveau. Mais cette fois-ci, mort. Le docteur Cressen arriva essoufflé, ayant couru depuis le camion transportant son équipement :

- D'après mes premières recherches, les profondes entailles se trouvent au niveau de l'abdomen. A première vue, il s'agirait d'un meurtre, je dirais qu'il a été poignardé. Cependant, je vérifierai tout cela au labo dès que nous rentrerons.

Stannis soupira. Il n'était pas prêt de rentrer chez lui et allait certainement passer la nuit au bureau. Les gouttes dégoulinèrent le long de sa nuque, aplatissant ses cheveux mouillés. Il grelotta. Et si ce meurtre avait un lien avec celui de Balon ? Peut-être que oui, peut-être que non... Attendons les résultats définitifs du légiste. Le Cerf allait devoir convoquer à nouveau Sansa Stark, en espérant que cette fois-ci, elle ait davantage d'informations à lui donner que lors de leur premier entretien.


RIP Robb. Bon, là vous l'aurez compris, Sansa va commencer à être mêlée à l'enquête et côtoyer Stannis :)

A bientôt !