Bonjour, bonjour !

Ce chapitre aurait dû être publié hier car il a été terminé en fin de soirée, mais je souhaitais plus retrouver mon lit que continuer à martyriser mes yeux devant l'écran haha ! Donc je me rattrape et je le publie ce matin :)

Concernant les vues et review, un GRAND merci ! Woaw ça m'a fait super plaisir, je vais prendre le temps d'y répondre :)

- Rosalie-Cullen03: Je commence à avoir l'habitude de "choquer" mes lecteurs qui ne s'attendent pas à certaines morts. Bon des fois, c'es vrai que ça me fend le cœur de tuer tel ou tel personnage, mais je suis obligée de me tenir au "scénario" de base que je me suis construis. Ne me faites pas culpabiliser hein ! xD

- Rainkebell: Je vais tenir à peu près le même discours qu'à Rosalie-Cullen03, habituez vous il va y avoir d'autres morts ;) C'est vrai que Robb prend souvent cher, en même temps, sa mort dans GoT n'aide pas, avec toutes les erreurs qu'il a commises.. Concernant Sandor, je trouve que c'est un personnage attachant à écrire car c'est une grosse brute qui peu se montrer tendre tout de même :)

- Irri: Je crois que maintenant je suis obligée de le dire, mais je suis désolée pour Robb. Promis je ne m'acharnerai plus sur lui ^^ (il y a encore des possibilités !).

Haha j'ai de suite visualiser la scène de Jon quand il frappe Ramsay, c'était trop bien mouahah ! Remarque, "grâce" à la mort de son frère, Sansa est reliée à l'enquête maintenant (Bon, le "grâce" n'est pas super bien employé ici). Je ne sais pas jusqu'où je vais faire aller Baelish avec Sansa, je verrai bien au fil de l'inspiration ! Pour Sandor, je pense qu'il va finir par lui dire d'une façon ou d'une autre :) Ahaha c'est le passage qui m'a le plus amusé à écrire, je voyais tellement Cersei coincée à table pendant que Robert et Renly s'envoyaient des vannes et Stannis au milieu qui ne savait plus quoi faire x)

- Noxthelie: Pour "La Louve", "La Rose" etc, ce sont des clins d'œil à la série, car c'est vrai qu'ils n'ont pas de bannières de Maison dans le monde réel, mais ça aide aussi à éviter les répétitions ;) J'espère que tu finiras par t'y faire. Si j'ai un chat chez moi ! Un pot de colle prénommé Stanislas. "La route royale", on va dire que c'est le nom de la route, point haha, car non il n'y a pas de roi. J'aurais bien mis un président mais "président de Westeros" ça faisait vraiment bizarre à mes oreilles, alors que maire.. on va dire que ça passe mieux. Pour Joffrey et Ramsay, il fallait que je leur trouve une matière qui pourrait correspondre à leur cruauté (parce que option "j'écorche les gens et je tire sur tout ce qui bouge avec mon arbalète, ça n'est pas possible je pense à la fac.. x) Biologie c'est ce qui m'a semblé le plus rapproché ! Oberyn.. Oberyn, le genre de profs dont toutes les filles tombent amoureuses :) (Je pense qu'il se la raconte plus durant ses cours que faire cours en lui-même haha). Je n'aime pas Brienne mais la voir en prof de sport c'était trop tentant hihi. En fait, Sansa est un peu paumée, et est dans une phase où elle est assez influençable car elle ne sait pas trop où elle en est (ni où elle va d'ailleurs). Donc bien sûr comme Joffrey était son premier amour, elle a un peu de mal à l'oublier, quant à Ramsay, je pense que ce n'est pas de l'amour mais plutôt une sorte d'attraction. Elle ne peut pas tomber amoureuse de lui car son caractère l'effraie vraiment, malheureusement il n'est pas moche et il le sait. Et je pense qu'il a compris cette attirance malsaine et qu'il en profite, sachant qu'elle est vulnérable. Mais Sansa va rapidement ouvrir les yeux et se libérer de cela ! Alors pour ce qui est Stannis et l'affaire non résolue, je vais spoil un minimum mais il n'y a pas de lien avec les meurtres, cette affaire aura juste des répercussions au fil de l'histoire. Le coup du tunnel et de la bombe (tout ce qui touche à ce tunnel) en fait c'est juste un délire que je me suis fais. Si vous connaissez la série "Tunnel" alors vous aurez compris (Stephen Dillane joue dans la série et c'était trop alléchant de ne pas relier les deux personnages. Et aussi voir la "douane de la Garde de Nuit", ça m'a vraiment amusée x). Je ne connais pas Broadchurch mais c'est une affaire qui le hante ouep. Toute façon, je pense que ce Stannis a un sérieux problème avec les cheveux roux ? rouges ? cuivrés ?

Merci de m'avoir signalé les fautes, j'ai essayé de faire gaffe du coup :) C'est vrai que ça allait un peu vite mais en fait, au début je ne devais pas faire beaucoup de scènes avec Ramsay donc je devais aller tout de même vite pour poser les bases. Au final je pense qu'on le verra bien plus que ce que j'imaginais ;)

Sandor est trop adorable ! Melisandre est.. géniale haha j'adore l'écrire parce que je trouve ça vraiment drôle un "Stannis mal à l'aise" (même si il n'y a pas qu'elle qui le met mal à l'aise, comme ses frères aussi). En fait pour Balon et Melisandre, Stannis sait au fond de lui (de par son expérience etc) qu'ils se connaissaient mais le coup de la carte du club vient confirmer ce qu'il pensait.

- Meialy: Jon c'est un peu un bad boy en fait x) Tant mieux si tu aimes les enquêtes policières, j'espère que tu ne seras pas déçue alors :) Pour Roose, j'aurais pu dire boucher tient ça l'aurait fais aussi (en fait je viens juste d'y penser ^^). Pour Drogo il n'apparaît pas beaucoup, mais Sandor va devenir un peu plus important !

Voilà pour les réponses aux review ! Encore merci à vous :)

Bonne lecture !


Cette matinée n'était pas joyeuse, non en effet, un nouveau corps avait été découvert la veille. Stannis n'avait pas beaucoup dormi, passant sa longue nuit à chercher des liens , des informations sur la victime et le reste de l'enquête. Il avait trouvé que le club de baseball dans lequel avait été inscrit Robb Stark à son adolescence réunissait aussi Theon Greyjoy, le fils de Balon. Peut-être se connaissaient-ils. Néanmoins, il était de mauvaise humeur aujourd'hui et c'est en voyant le temps gris par la fenêtre qu'il soupira de lassitude. Son dos lui faisait mal, il avait trouvé un léger sommeil réparateur, assit dans son fauteuil, le visage écrasé sur le bureau. Davos, qui avait une famille présente, avait reçu l'autorisation de quitter le lieu deux heures plus tôt, laissant la corvée à son supérieur. Quand il l'avait trouvé ce matin, les yeux cernés sous l'épuisement, il lui avait tendu son café habituel, un sourire en coin. Cependant, alors qu'ils allaient discuter, Cressen les avaient appelé, leur demandant de descendre dans la salle d'autopsie. L'affaire reprenait et le Cerf se trouva soudainement animé d'une puissante énergie. Le vieil homme releva le drap qui recouvrait le corps, la mine affligée. Robb paraissait pourtant endormi, son visage étant intacte, le docteur l'observa :

- Pauvre petit, il était jeune et avait l'avenir devant lui. Avez-vous appris quelque chose Stannis ?

- Il était étudiant en Science-Politique, j'imagine qu'il souhaitait ensuite faire carrière et obtenir un poste dans le Nord. Il était originaire de Winterfell. Sa sœur est Sansa Stark, la jeune femme que nous avons interrogé hier. Davos le regarda surprit par une telle coïncidence. Mais cela ne change rien, il est mort, c'est ainsi. Cressen qu'avez-vous alors trouvé ?

Le ton sec qu'il employa arracha au médecin un rictus crispé, obligé de se presser face à l'inspecteur qui ne souhaitait pas perdre de temps. Il revint un papier dans les mains représentant un dessin du corps :

- Je l'ai représenté dessus afin que vous puissiez mieux repérer les entailles, car elles sont profondes mais difficilement visibles sur la victime. Cressen montra fièrement les marques au feutre noir, au niveau du ventre. Vous voyez, celle-ci est le premier coup porté compte tenu de l'angle. Il s'agit de la plaie la moins profonde. En général, cela s'explique par le manque d'assurance de l'assaillant, qui doute une dernière fois avant de passer à l'acte. Ces deux autres entailles par contre sont d'avantages creusées, nous pouvons distinguer l'agressivité qui a dû s'emparer du tueur après sa première attaque. Voir sa victime plongée dans cette impuissance macabre a dû lui insuffler une supériorité telle, qu'il s'est acharné dans ses derniers coups...

- Quel malade a bien pu faire cela. Davos se parla à lui même, remarquant que Robb avait le même âge que son fils Matthos.

- Montrez-nous les entailles réelles sur le corps docteur, ordonna le Cerf. Je veux vérifier quelque-chose.

- Bien Stannis.

Il inspecta minutieusement les parcelles de peau. Le visage fermé et les sourcils froncés, le Baratheon toucha du bout du gant qu'il avait enfilé le contour de la plaie. Le sang avait séché et il remarqua la netteté des dégâts de la lame :

- Il a donc été poignardé, mais pourquoi les coups ont-ils étaient porté à cet endroit précis du corps. Je veux dire, en général, l'attaque vise la poitrine, dans les cas où elle se veut mortelle. Est-il mort sur le coup ?

- Malheureusement non. Cressen baissa la tête, horrifié devant la cruauté de l'assaillant.

- Bien alors il doit s'agir d'une vengeance. En se vengeant, le tueur a certainement voulu le faire souffrir afin de lui faire ressentir ce qu'il a dû subir.

- Le principe d'une vengeance, le coupa Davos, toujours plongé dans ses réflexions.

- C'est exacte, une vengeance si obsédante qu'elle s'est soldée par la mort. La plupart du temps, nous avons régulièrement affaire aux règlements de comptes, surtout dans le Culpucier. Mais la mort n'est pas toujours une option et l'on retrouve le pauvre homme baignant dans son propre sang au détour d'une ruelle. Quelques semaines à l'hôpital et le voilà remit sur pied ! Le suspect que nous cherchons est habité par une violence, qui je pense le rend instable. Merci Cressen.

Il quitta la salle d'autopsie et monta rapidement les escaliers pour retrouver son bureau. Là il attrapa d'un geste précis son gobelet encore chaud et termina son café d'une traite. Davos attendait les ordres. Alors, le Cerf s'adressa à son coéquipier, le visage tendu :

- Je veux que l'on vérifie les établissements psychiatriques, voyez si un patient est sortit récemment ou s'est échappé.

- Et pour la voiture ?

- Quelle voiture ? Stannis le dévisagea perplexe.

- Nous avons trouvé la voiture de Robb Stark, non loin de la scène de crime.

Quand il arriva sur les lieux, l'inspecteur était nerveux, marchant d'un pas rapide vers le véhicule encerclé de la banderole scientifique. Il était temps qu'il me dise que la voiture avait été retrouvée ! Il ne supportait pas d'être mis à l'écart, encore moins lorsqu'il s'agissait de son travail. Davos suivait, distant, portant une mallette contenant les outils dont ils avaient besoin pour fouiller, à la recherche de preuves :

- Passe moi les gants, ordonna le supérieur en tendant sa main, la paume vers le ciel. Nous allons voir si Robb Stark avait quelque chose à se reprocher.

Il ouvrit avec précaution la portière en éclairant d'une petite lampe torche les recoins. Tout semblait propre, à part quelques emballages de bonbons et une canette vide de Braavos-Cola qui s'éparpillaient sur la banquette arrière. Le Cerf ouvrit la boîte à gant. Elle était vide. Étrange pour un jeune de son âge. La plupart du temps, ils retrouvaient la carte grise, de l'argent en espèce, des lettres encore scellées ou même les clefs du logement. Robb Stark ne devait pas avoir de problèmes majeurs. Stannis quitta l'avant du véhicule pour vérifier le coffre. A part une grande poche, il n'y avait rien. Davos soupira, voyant leurs recherches stériles :

- Attends ! lança l'inspecteur en tâtonnant la protection couvrant la surface horizontale. On dirait qu'il y a une partie inférieure... Il tenta de soulever la coque rigide qui surplombait l'habitacle.

Davos se rua sur lui pour l'aider, le visage rayonnant de voir qu'ils n'avaient pas fais ce chemin inutilement. La protection était bloquée contre les parois de la voiture et c'est à quatre mains, et la respiration coupée pour plus de force, qu'ils réussirent à l'enlever. Le moins gradé passa sa main sur son front luisant :

- Regarde ! le Cerf lui montra un objet cylindrique dans le fond. Qu'est-ce ? Il y porta la lumière de sa lampe torche et découvrit qu'il s'agissait d'une batte. Il l'attrapa du bout des doigts. Robb Stark faisait du baseball n'est-ce pas ? Mais à ce que je sache, c'est un sport qui n'est pas connu pour faire couler le sang.

Le second vit avec stupeur la preuve recouverte de tâches rouges. Il amena une bâche dans laquelle ils l'enveloppèrent, quand Stannis reprit :

- Il faut l'amener au labo, nous saurons à qui ces marques appartiennent. Il semblerait que le Stark avait quelque chose à se reprocher finalement.

Il ne fallut pas beaucoup de temps aux ordinateurs pour effectuer l'analyse et trouver à qui appartenait les traces rougeâtres présentes sur la batte de baseball. Stannis se rapprocha de Matthos, qui tournait l'écran dans la direction de son supérieur :

- Ramsay Bolton ? prononça t-il distinctement.

- Il est connu des services de police pour avoir conduis en état d'ivresse à plusieurs reprises.

- Un petit délinquant qui joue aux caïds. Le Cerf fixa son portrait, dont le regard bleuté ne lui inspirait rien de bon. Trouvez-le, il semblerait qu'il ait une histoire à nous raconter... Davos, je veux aussi que tu contactes la famille de Robb Stark dans les plus brefs délais. La triste nouvelle sera difficile à entendre. Je m'occupe de sa sœur. Ce n'est pas comme si elle m'était inconnue maintenant.

Stannis jeta un regard sur Davos, ce dernier quittant la salle accompagné de quelques hommes. Il espérait qu'il ne soit pas difficile à convaincre de se présenter au poste. Ramsay Bolton habitait, d'après les informations fournies par ses précédentes arrestations, à Fort-Terreur, dans le Nord. Toutefois, il devait avoir une habitation sur place car il était à l'université Lannister à Port Réal. Si mes souvenirs sont exactes, il s'agit du Ramsay qui avait étudié avec Joffrey la veille.

- Cherchez dans les environs de la faculté ! cria t-il alors que son ami s'apprêtait à emprunter la sortie.

Ses pensées furent soudainement envahies par l'annonce qu'il allait faire à Sansa. L'homme avait déjà par le passé dévoilé aux familles de victimes, la mort de leurs proches et il savait que cela n'était pas un moment facile. Pour la famille comme pour lui-même. Voir les larmes inonder les yeux accompagnés des cris de souffrance lui tordaient le ventre mais il était obligé. Il faisait son travail. Seulement ce qui le freinait un peu plus dans sa démarche était le fait qu'il connaissait la Louve, et depuis peu. Sous ses yeux perçants, il fit défiler les profils classés dans la base de données. Elle apparut. Sa gorge se noua subitement au moment où il chercha son numéro pour le composer avec appréhension. Car il était souvent envahit par cette sensation ces temps-ci et cela le mettait fortement mal à l'aise. Ne plus contrôler la situation, ou pire, ne plus se contrôler lui-même. Il entendit la sonnerie retentir alors qu'il plaquait le portable à son oreille. Sansa décrocha et l'inspecteur eut du mal à trouver les mots justes, lui habitué à se montrer froid et directe :

- Sansa Stark ? Bonjour, je suis l'inspecteur Stannis Baratheon, nous nous sommes rencontrés lorsque vous êtes venue au commissariat il y a peu. Je vous appelle car nous avons retrouvé votre frère Robb Stark...

L'appel ne dura que quelques minutes et il avait ressenti le trouble mêlé à la peine au bout du fil. La jeune femme avait balbutié des bribes de mots puis s'était tue, laissant le Cerf continuer son récit. Il ne lui avait pas donné de détails, lui avouant simplement la triste vérité, pour la convoquer dans les plus brefs délais afin de l'interroger. Elle devait l'aider à résoudre ce mystère, d'autant plus qu'il ne semblait pas si innocent dans l'histoire. Quand il avait raccroché, son regard s'était soudainement assombri. Entendre les pleurs de Sansa lui avait retourné l'estomac, ainsi, Stannis se recroquevilla un peu plus sur sa personne durant le reste de la journée, une pile de paperasse à consulter posée à l'angle de son bureau.


Sansa n'avait pas cours ce matin et avait passé la matinée à lire un livre recommandé par l'un de ses professeurs. La sonnerie de son portable l'avait déconcentré et c'est en voyant le numéro apparaître sur l'écran qu'elle s'était demandé qui l'appelait dès le matin et c'est septique qu'elle avait décroché. Son visage avait reflété une certaine curiosité en entendant la voix masculine se présenter. Mais quand il avait continué son récit, sa figure avait rapidement tourné au profond chagrin. Ses yeux s'inondèrent en une seconde de larmes, alors que sa bouche se crispait pour ne pas éclater en sanglots. Son interlocuteur avait hésité en lui dévoilant les circonstances du drame, puis, ne pouvant supporter la douleur, Sansa ne s'était plus retenue. L'inspecteur avait été gêné et lui avait présenté ses excuses pour ensuite se taire un court laps de temps, temps qui demeura une éternité pour la rousse. Son ventre se tordait de douleur alors que sa poitrine se serrait en revoyant son frère l'attendre devant la fac. Ce dernier instant en sa compagnie, elle pouvait le ressentir comme s'ils étaient encore ensemble. L'homme avait repris le dialogue, mesurant ses propos et parlant calmement :

- Vous devriez retournez d'ici peu à Winterfell auprès de votre famille, lui avait-il conseillé.

Elle n'avait pas répondu. Ses mains s'étaient mises à trembler sous l'effroyable tension qui s'était emparée de son être. Son frère était mort. Robb est mort, pensait-elle en s'étouffant presque sous cette respiration qui devenait difficile. Son corps semblait paralysé et sa chambre, dans laquelle elle s'était trouvé avant l'appel, ne cessait de l'emprisonner de ses murs. Sansa eut le vertige et se leva brusquement de son lit. Durant une bonne minute, elle resta silencieuse, entendant la respiration de Stannis. Le téléphone cogna à de nombreuses reprises contre son oreille, ses mains toujours agitées :

- J'aimerais que nous discutions de cela, pouvez-vous venir au poste dès que vous vous en sentirez prête ? demanda l'homme en brisant le calme pesant.

Encore une fois, elle n'avait pas répondu et avait soupiré sous la nervosité. Puis la jeune femme avait porté une main à son front. Elle avait tenté de réfléchir, de trouver une réponse, mais rien ne pouvait sortir de sa bouche. Alors, elle avait bégayé lourdement qu'elle était d'accord, puis avait raccroché.

Reprenant doucement ses esprit, la Louve attendit un instant, tenant fermement le portable dans sa main. Elle fixa le mur lui faisant face, les yeux embués de tristesse. Son visage était effacé, ne laissant que ce regard rougit et ces joues rosées de s'être essuyé les larmes qui avaient roulé. Son cœur cognait si fort dans sa poitrine, qu'elle avait cette désagréable sensation de les ressentir dans tout son corps. Elle ressentit l'étreinte de Robb quand il l'avait raccompagné chez elle, puis ce sourire qu'il lui avait lancé au coin de la rue, avant de disparaître jusqu'au parking où était garée sa voiture. Sa gorge se noua et elle toussota. Robb est mort. La vision d'un corps froid lui vint en mémoire et elle tituba, se rattrapant au coin de son lit. Les palpitations de son cœur accélèrent. Robb est mort, se répéta t-elle, comme pour se convaincre, n'arrivant pas à réaliser :

- Robb est mort ! ! hurla t-elle désespérée en lançant son téléphone au sol.

Son cri continua sous les sanglots qui reprirent, quand Margaery, alarmée, fit irruption dans la pièce. Voyant son amie dans cet état de crise, elle se rua sur elle pour venir l'épauler puis l'asseoir :

- Il est mort... murmura t-elle frénétiquement, alors que son corps tressaillait de spasmes irréguliers. Robb est mort.

La Rose ne prononça aucun mot, ses yeux, sous sa sensibilité s'inondaient eux aussi. Alors, elle entoura Sansa de ses bras, posant son front contre sa joue, et elles restèrent ainsi un moment. Quand elle sentit son amie se calmer, reprendre une respiration normale, elle observa son regard, discernant son état. Voir sa figure si angélique, défigurée sous le chagrin lui donna la nausée. Margaery attrapa une boîte de mouchoirs qu'elle lui tendit :

- Ne vas pas en cours cet après midi, reste te reposer.

- Je suis obligée d'y aller, Monsieur Martell donne les notes d'exposé...

- Je me charge de lui, et je lui demanderai ta note, ne t'en fais pas. Appelle tes parents et repose toi.

Elle la quitta alors que la rousse se recroquevillait en position fœtale sur son lit. Mais quand elle fermait les yeux, son frère apparaissait. Alors, c'est dans un dernier gémissement de douleur qu'elle essuya les larmes restantes avant de s'endormir sous le poids de toute cette tension accumulée.

Elle se réveilla en sursaut, retrouvant le monde réel et ses déboires, après des cauchemars incessants. Sansa frissonna, en remontant la couverture jusqu'à son cou. Elle ne comprenait toujours pas ce qui était arrivé, elle ne pouvait pas ou ne voulait pas. Car admettre la mort de son frère la rongeait de l'intérieur. La jeune femme avait été la dernière personne à le voir en vie et une puissante culpabilité hantait son esprit. J'aurais dû lui demander de monter, j'aurais dû rester un moment de plus avec lui. Puis, elle se remémora la violente altercation avec Ramsay, les larmes montèrent à nouveau et elle pleura en silence. Ce que nous avons fait est mal, je n'aurais jamais dû lui demander de m'aider et il serait resté à Winterfell, loin de cette dangereuse capitale. La jeune femme plongea sa tête dans son oreiller, l'estomac toujours noué. Son téléphone toujours au sol, dont l'écran s'était fissuré durant la chute se mit à sonner. Ainsi, la rousse releva lentement la tête interpellée. Quand elle reconnu la sonnerie de l'appel, troublé dans ses pensées, elle bondit maladroitement pour décrocher : la famille Stark appelait. Alors, Sansa ferma les paupières, essayant de faire abstraction de ce qui l'entourait, puis porta le portable à son oreille. Elle n'eut pas besoin de parler, Cat se démenant pour rassurer sa fille et se réconforter elle aussi en tant que mère. Mais la rousse pouvait maintenant sentir une colère naître en elle, laissant de côté les pleurs précédents. Son visage devint alors rude au moment où elle décida de raccourcir la conversation, pressée de trouver le coupable et venger son frère :

- Je vous aime, termina t-elle en raccrochant.

Le silence revint brusquement et elle porta un regard discret à sa montre, quand elle se souvint qu'elle avait cours. Mais Margaery s'était portée volontaire pour voler à son secours et expliquer à l'enseignant son absence. Elle se dirigea péniblement vers la salle de bain, évitant son reflet dans le miroir. Voir sa mine décomposée lui laissait un goût amer dans la bouche. Quand Joffrey l'avait quitté, elle avait passé la journée à pleurer, enfermée dans sa chambre alors que ses frères insistaient pour qu'elle sorte avec eux se promener. Mais ce jour là, elle avait refusé et était restée seule, comme en ce jour. Lorsqu'elle s'était aussi rendue dans la salle de bain, l'image de son maquillage dégoulinant sur ses joues rougies l'avait effrayé. Elle s'était trouvée affreusement repoussante et ridicule, heureusement personne ne l'avait vu. Sansa avait du mal à se confronter à la réalité des choses, Ned lui reprochant souvent de vivre dans une bulle où se mêlent contes de fées et naïveté. Pourtant aujourd'hui, cette douceur avait disparu. Elle ouvrit le robinet pour s'asperger d'eau le visage dans l'espoir de redescendre un peu plus sur terre puis releva la tête, acceptant de défier son reflet. Bizarrement, elle ne fut pas surprise par ce qu'elle renvoyait et la tristesse qui émanait de son regard lui paraissait habituel. Quoi qu'elle était tellement déboussolée qu'elle se moquait de son apparence. Elle attrapa une pince pour attacher ses cheveux, s'essuya la figure et sortit de l'appartement. Le traumatisme qu'elle venait de subir lui laissait un air de dégoût au coin des lèvres et elle avançait sans avoir de destination précise. L'air frais qui souffla vint sécher ses dernières larmes et lui fit un bien fou, tandis que les moteurs des voitures lui permettaient de retrouver une réalité civilisée. Et l'estomac toujours serré, elle avançait. La rousse avançait déterminée, le menton relevé. Si l'on n'était au courant du drame, l'on aurait pensé qu'elle marchait vers un objectif précis tant elle semblait assurée, pourtant ce n'était pas le cas. Sansa avançait, se laissant guider par des jambes encore molles.

Le visage fermé, elle croisa Dany et son ami Drogo, qui se baladaient main dans la main. Quand cette dernière l'aperçue, elle l'interpella, la saluant et l'invitant à les rejoindre autour d'un café. Mais la Louve ne s'arrêta pas et continua sa route, piégée dans son mutisme. Ses jambes la menèrent à l'endroit où elle passait le plus clair de son temps : l'université. Arrivée sur les lieux, elle se réveilla soudainement, constatant sa gorge sèche. Toujours serrée, elle tâtonna son cou, ayant des difficultés à déglutir. Sansa prit place sur un banc et attendit. Au loin, des étudiants en groupe discutaient, une cigarette à la main et un café dans l'autre. Elle se demanda quel pouvait être leur sujet de discussion. La solitude vint s'emparer de son être et, seule dans ses réflexions, ses yeux s'humidifièrent à nouveau. Toutefois, elle retint ses larmes en se mordant douloureusement la lèvre :

- Salut ! Une main s'attarda sur son épaule et la Louve se retourna brutalement.

Sandor se tenait derrière elle, la figure toujours aussi affligée. Il portait un débardeur noir trempé de sueur et son sac de sport. Il revenait certainement du cours d'entraînement de Brienne de Tarth. Il lui avait dis qu'il pratiquait de la boxe quelque fois, pour se défouler après ses journées au garage. Il s'agissait davantage d'un divertissement que d'un sport pur et dur. Le Limier n'en avait pas besoin, au constat de son imposante carrure et de ses muscles épais. L'homme la rejoignit sur le banc, attendant une réaction de sa part. Sansa observait le sol, les pieds joints et les mains posées sur les genoux. Il resta stoïque et remarqua la morsure à sa lèvre inférieure. Ses sourcils se froncèrent et une goutte de sang perla, ainsi il l'essuya avec précision du bout des doigts :

- Ça va ? Il secoua doucement son bras. Gamine, t'es avec moi ?

La jeune femme finit enfin par tourner la tête vers son interlocuteur, le visage tendu et les yeux noyés sous le chagrin. Non, elle n'arrivait pas à consoler sa peine. Elle voulut lui répondre et balbutia quand les sanglots coincés dans sa gorge reprirent. La rousse éclata en pleurs, sa bouche se tordant alors qu'elle passait une main sur son visage dans l'espoir de se cacher :

- Mon frère est mort, articula t-elle le cœur lourd.

- Oh merde.

Cela avait été maladroit de sa part mais il avait été dans l'incapacité de répondre en voyant cette jeune femme qu'il appréciait tant chavirer dans la douleur de la perte. Ses mains tremblèrent à nouveau, alors qu'il restait immobile, souffrant de la voir afficher sa peine :

- Viens là. Sandor la plaqua contre lui et l'encercla de ses bras puissants. Pleure Petit Oiseau, pleure, murmura t-il en tentant de s'emparer de sa tristesse pour l'en délivrer.

L'avoir ainsi contre lui bouleversa sa nature bestiale et il la sentit si faible qu'une violente envie de la protéger un peu plus lui dévora les entrailles. Inconsciemment, tandis qu'elle fondait en larmes dans ses bras, il resserra son étreinte. Sentir la Louve dans le creux de son cou ne cessait de fissurer son cœur de pierre et il ne put s'empêcher de lui embrasser timidement le front, priant pour que cela l'aide à se sentir mieux :

- Pleure autant que tu veux, ça te fera du bien. Les gamines pleurent tout le temps, c'est normal. D'ailleurs si tu ne pleures pas après ce que t'as appris, c'est que quelque chose cloche chez toi. Mais tout va bien pour toi Petit Oiseau. Tout va bien et je suis là. Tout va bien et tu vas aller mieux, je te le promets. Il lui embrassa à nouveau le front alors qu'elle commençait à se calmer.

Au loin, il vit une forme apparaître et ne put détourner son attention. Puis, elle approcha et son regard s'assombrit au fur et à mesure que la silhouette avançait dans leur direction. Ses muscles se durcirent et ses poings se serrèrent à la vision de Ramsay, qu'il reconnut aussitôt. Sansa lui avait raconté par téléphone les problèmes qu'elle avait eu avec lui, et surtout, la peur qui lui insufflait. Il se sépara de la jeune femme avec précaution, pour se lever grognant, et avertissant celui qui venait à leur rencontre. Sansa tourna la tête intriguée et le vit. Ses yeux s'arrondirent sous la panique de l'homme qui avait été rué de coups par son défunt frère. Il affichait un sourire sadique, lui faisant un signe de la main :

- Tu veux que j'aille voir ce connard ?

- Non ! Reste avec moi...

Paniquée à l'idée de revivre une scène similaire, elle attrapa le bras de l'homme comme pour se protéger. Sous ce geste, Sandor la regarda déstabilisé puis se laissa faire, porté par l'élan de tendresse. Le Bolton continuait de les fixer de ses yeux clairs, son sourire laissant place à une arrogance qui faisait sortir le Limier de ses gonds. Toutefois, son visage perfide ne semblait pas si lisse qu'habituellement puisqu'il était imprégné de marques violacées soulignant sa nuque et une partie de sa joue. Ramsay s'était-il battu à nouveau ? Que lui est-il arrivé ? Robb ne l'a pourtant pas si amoché que cela... Mais la rousse n'eut pas le temps de décrypter à nouveau sa figure détestable puisqu'une voiture de police se présenta à sa hauteur. Elle reconnut Davos Mervault, celui qui les avait mené, avec Baelish, au poste de police. L'entrevue fut mouvementée car Ramsay refusait de les accompagner, mais quand l'inspecteur commença à prendre les choses en mains, attrapant une paires de menottes, l'homme devint soudainement plus conciliant. Alors, aidé de deux autres policiers, ils embarquèrent le Bolton dans la voiture. Cette dernière prit le chemin du retour en passant devant la Louve et son protecteur. La jeune femme eut l'impression que le temps se figeait. Leurs regards se croisèrent et le clin d'œil qu'il lui adressa au travers de la vitre la fit frissonner de peur :

- Il arrête jamais cet idiot ? demanda Sandor en rapprochant la Stark de son corps, dans l'optique de l'éloigner de celui qui la toisait. J'espère qu'ils vont le garder un bon bout de temps en cellule, bon débarras !

- C'est un malade. Les avertissements de Robb n'ont pas d'effets.

- Qu'il s'approche de toi et je lui refais le portait, tu verras qu'il sourira moins ce coup-ci...

Margaery arriva, félicitant son amie qui avait obtenu un dix sept sur vingt. Elle portait de lourds livres pour un devoir à rendre en littérature. Le Limier l'aida en la débarrassant du poids et les raccompagnèrent jusqu'à leur appartement. Avec tout ce qu'il se tramait à Port Réal, il valait mieux être prudent.


Stannis termina son dernier dossier en soupirant de lassitude. Il était seize heure et il venait seulement de boucler cette paperasse qui l'avait occupé durant toute la journée. Il décida de se dégourdir les jambes et marcha jusqu'aux distributeurs. Là, il croisa Matthos, occupé à frapper contre la machine qui refusait de faire tomber le paquet de madeleines qu'il avait choisi. Le Cerf se planta derrière lui et l'observa en ricanant : il était comme son père, la patience était leur point fort mais elle avait ses limites. Plusieurs fois, ce fut Davos qui avait mené les interrogatoires face à l'impatience de son coéquipier, qui finissait toujours par s'emporter, au plus bonheur de l'interrogé. Toutefois, il décida de venir à sa rescousse :

- Besoin d'aide ? le questionna t-il en pointant du doigt le distributeur taquin.

- A chaque fois ça tombe sur moi ! Je veux bien oui... Stannis arriva et frappa de son poing le côté, près de la fente des pièces de monnaie. Allé !

Le paquet tomba comme par enchantement et Matthos poussa un cri de joie en applaudissant son supérieur, qui lui, n'appréciait pas le compliment. Puis, une fois son précieux bien saisit, il se redressa fièrement en sortant son petit porte monnaie en cuir :

- Pour vous remercier, je vous offre quelque chose, choisissez !

- Un café ça ira. Il lui fit un léger mouvement de tête en guise de politesse, le jeune retrouvant son bureau pour pianoter sur ses ordinateurs.

Davos arriva, précédé de Ramsay Bolton qui suivait tel un chien suit son maître. Quand Stannis le vit, il le reconnu aussitôt, il s'agissait bien de l'ami de son neveu, Joffrey. Ses doutes étaient confirmés. Le suspect se rendit compte de son regard rivé sur sa personne et le toisa avec insolence :

- Entrez là dedans, nous allons venir vous interroger. Davos le poussa dans le dos, à franchir le seuil de la salle d'interrogatoire.

Puis, ce dernier vint trouver son semblable qui dégustait son café préoccupé. L'homme se racla la gorge et pointa du doigt la pièce dans laquelle était enfermé Ramsay :

- Tu veux l'interroger ou je m'en charge ?

- Nous allons le faire tous les deux, je sens qu'il ne va pas être docile... Il posa son gobelet vide et s'essuya les lèvres d'un revers de main. Mais faisons le patienter, je n'ai pas apprécié sa manière de me regarder. Encore dix minutes à nous attendre et peut-être que son arrogance se sera dissipée.

Quand ils se décidèrent à entrer dans la pièce, le Cerf claqua la porte après l'arrivée de son collègue puis s'assit à ses côtés, sans lâcher le suspect des yeux. Ramsay leur souriait, impatient de jouer à ce nouveau jeu. Ainsi, de ses grands yeux ronds sous l'attente et la surprise, il commença, amusé :

- Je me demandais quand vous alliez venir, il me tardait de vous voir Messieurs !

Les deux inspecteurs se regardèrent, comprenant la situation qui allait s'installer au fur et à mesure de l'interrogatoire. A deux, nous sommes plus forts, ce crétin va finir par baisser sa garde. Il n'eurent pas la réaction souhaitée par le Bolton et ce dernier afficha une moue boudeuse :

- Alors, commençons nous ? supplia t-il, qui va me poser les questions ? Vous ? Il pointa du doigt Davos, qui le toisait ardemment. Non... Pas vous, vous n'êtes pas le grand patron. C'est vous qui allez m'interroger ! Il éclata de rire en dévisageant Stannis puis se pencha vers lui en chuchotant. C'est génial, j'espérais secrètement que ce soit vous !

- Assez bavardé. Le Cerf posa sur la table le dossier des deux enquêtes en cours. Connaissez-vous Balon Greyjoy ?

- Puis-je voir ce qu'i l'intérieur ? Y a t-il des photos ? Des photos de victimes ? Des personnes mortes ? Ses yeux s'illuminèrent sous sa folie. Il se frotta les mains en s'esclaffant.

- Répondez. Le ton sec de Stannis le fit sortir de sa bulle.

- Greyjoy ? reprit-il en réfléchissant. Je connaissais Theon Greyjoy. Un type qui travaillait à la station essence du coin. Ah ! Il avait l'air si paumé que je le surnommais « Schlingue »...

Mais la plaisanterie ne fit pas rire les deux hommes qui continuèrent à le fixer avec mépris :

- Contentez-vous de répondre aux questions Monsieur Bolton, ordonna Davos. Il ouvrit le dossier sous les yeux émerveillés du suspect, qui découvrait enfin le contenu. Connaissez-vous un certain Robb Stark ?

Ramsay releva subitement la tête et quitta les photos macabres. Son visage refléta une satisfaction personnelle incontrôlable et il fut très intéressé par le Loup énoncé. Il s'humidifia les lèvres et se balança sur sa chaise en croisant les bras :

- Bien sûr que je connais Robb Stark. C'est cette enflure qui m'a fait ça ! Il montra écœuré son visage tuméfié.

- Vous a t-il frappé avec cet objet ? Stannis lui montra la photo représentant la batte de baseball ensanglantée.

- Ça, c'était après.

- Après ?

- Après une première fois, devant le gymnase.

Le Cerf eut un mouvement de recul, il n'avait pas connaissance d'une première altercation entre les deux hommes :

- Racontez-nous ce qu'il s'est passé.

- Non, refusa le Bolton dont le sourire perfide venait de reprendre place sur sa figure.

- Non ?

- Je vous raconterai à une seule condition : je change les règles de ce jeu minable. Une question, une réponse, mais cela fonctionne dans les deux sens.

- Vous foutez-vous de nous ? Stannis s'emporta face à l'insolence du jeune homme qui se permettait de discuter l'autorité des deux policiers. Davos lui, restait de marbre.

- Mon jeu serai bien plus drôle...

- Pourquoi vous a t-il frappé ? questionna brutalement le Baratheon, sentant qu'il perdait le contrôle.

- Êtes-vous toujours aussi rigide et austère inspecteur ? Décoincez-vous, nous sommes entre amis !

Le salaud ! L'homme venait de perdre la partie et Ramsay avait gagné. Il avait l'avantage et continuer à l'interroger ne servait à rien tant qu'il ne rentrait pas dans son jeu. Le Cerf s'était montré distrait durant un court instant et c'est durant ce cour instant que le Bolton s'était engouffré dans la faille ouverte, jouant comme il le voulait avec ses dires. Il adressa un regard enragé à Davos, lui faisant comprendre qu'il lui passait le relais et quitta la salle :

- Vous aurais-je vexé ? J'en suis navré inspecteur, revenez ! Nous nous amusions bien !

Stannis vint se planter derrière la vitre, continuant à observer la scène, de l'extérieur. Son coéquipier devait assurer et ne pas lâcher prise, ni se montrer faible. Ce dernier se racla la gorge discrètement et commença d'une voix posée :

- Bien Monsieur Bolton, reprenons. Expliquez moi ce qu'il s'est passé entre Robb Stark et vous ?

- Oh, vous, vous n'êtes pas le même genre de joueur... Il scruta son regard mais parut déçu de ne constater aucun filon à exploiter.

- Pourtant j'adore jouer, sachez le, mais je ne suis pas d'humeur aujourd'hui. Peut-être une autre fois, si vous venez à nous rendre une nouvelle fois visite.

- J'en serai honoré ! Mais, je me pose une question... Il s'affala dans la chaise en soupirant. Le grand patron va t-il revenir ? Je commençais à apprécier sa compagnie.

- Il reviendra si vous répondez à ma question.

- Oui, bien sûr, murmura Ramsay à lui-même. Robb Stark m'a frappé avec cette batte de baseball alors que je venais discuter avec lui sur un parking, près de sa voiture.

- Pourquoi vouloir discuter avec lui alors que vous vous étiez déjà battu ?

- Pourquoi pas.

- Il a donc sorti son arme sans raison, pour vous rouer, encore une fois, de coups ?

- Exactement.

- Je vois... Davos fit un signe au miroir lui faisant face, faisant passer un message à son supérieur, qui ne manquait pas une miette de l'interrogatoire. Je me demande quelle était la raison de votre altercation ?

- Il y a tellement de raisons qui peuvent amener à la violence... Le visage de l'homme se crispa alors qu'il commençait lui aussi à perdre le contrôle de la situation.

Le suspect savait manier les mots et la persuasion à merveille. Un manipulateur, voilà ce qu'il était. Puis, Mervault se leva et saisit le dossier pour s'apprêter à quitter la salle, sous le regard peiné de Ramsay, qui voyait déjà leur partie de jeu, terminée :

- Vous me quittez aussi ! Ne partez pas inspecteur. Ce dernier se retourna.

- Donc, vous assurez qu'une bagarre a éclaté entre vous deux, puis vous l'avez suivi dans l'espoir d'avoir une discussion avec lui concernant votre première entrevue. Robb Stark en vous voyant, s'est de suite armé, pour vous attaquer sans raison, alors que vous veniez en paix ?

- Quelle déduction inspecteur...

- J'y pense, vous arrive t-il d'avoir des couteaux sur vous ? De beaux engins comme des poignards, pas des couteaux de cuisine...

Cette énumération donna un franc sourire au Bolton, qui brillait d'une satisfaction malsaine :

- J'aime tellement quand vous me parlez comme cela inspecteur. Bien sûr que j'en ai ! Mon père et moi chassons régulièrement, il nous faut une arme affûtée pour terminer les bêtes.

Il retrouva Stannis, ce dernier lui sautant presque à la gorge sous la colère qui l'avait envahi durant le questionnement :

- Tu as réussi à lui faire cracher ce qu'il nous fallait ! Cet homme suit la perfidie par tous les pores de sa peau... Il a voulu se venger de Stark, armé d'un couteau, en le suivant jusqu'au parking, et l'homme s'est défendu avec sa batte de baseball, attrapée en vitesse dans le coffre de sa voiture. Mais Bolton a eu le dernier mot et la tué en lui lacérant le corps. Il se tourna vers la miroir, voyant Ramsay fixer son reflet avec audace. Regarde le, continua Stannis, il nous cache quelque chose.

Au même moment, le docteur Cressen entra dans la petite pièce, suivit d'un policier. Fier de sa trouvaille, il annonça aux inspecteurs, la mine rayonnante :

- Ce brave petit a minutieusement mené ses recherches ! Il posa une main sur l'épaule du jeune, à peine sortit de l'école de police. Ce Ramsay Bolton a eu de graves problèmes dans l'enfance. Des problèmes avec sa mère surtout, il a d'ailleurs été ensuite élevé par son père...

- Abrégez Cressen, le coupa le Cerf.

- Il a séjourné plus jeune durant quelques mois seulement, mais est-ce suffisant ? Il se perdait dans son monologue, puis reprit ses esprits. Ramsay Bolton a séjourné dans un établissement spécialisé.

- Un hôpital psychiatrique ? précisa Davos.

- Exactement. Comme l'avait pensé Stannis, cet homme possède un profil similaire à celui que nous recherchons : instabilité, cruauté, violence...

...

- Récapitulons, nous avons deux morts : Balon Greyjoy, dont nous savons qu'il fréquentait les mauvaises personnes et les mauvais lieux. Il trempait dans des affaires de drogue, un règlement de compte n'est donc pas à exclure. Tu as interrogé Melisandre d'Asshaï, sa probable maîtresse, qui ne t'as donné aucune information précise, n'est-ce pas ? Puis nous avons Robb Stark, assassiné de sang froid, alors qu'il avait eu précédemment deux violentes altercations avec Ramsay Bolton. La question est, pourquoi ?

- Pourquoi ? continua Stannis, mais surtout, quel est le lien entre ces deux affaires, si ces deux affaires ont bel et bien un lien ? Il se massa les tempes et commença à réfléchir. Les meurtres sont fréquents à Port Réal mais pas dans un si court laps de temps... Mais je suis incapable de déterminer ce foutu lien ! Theon Greyjoy pourrait être une connexion, puisqu'il était le fils de Balon et connaissait Robb Stark, tout comme le Bolton. Mais cela est trop mince, il nous manque des informations, des vides à combler... Peut-être le témoignage de Sansa Stark apportera t-il plus de précisions.

Le téléphone de Davos se mit à sonner et il stoppa l'inspecteur dans ses pensées en lui mimant de se taire. Lorsqu'il décrocha et que son interlocuteur commença, son visage se détendit soudainement. Un sourire enjoué prit place sur son visage alors qu'il se pavanait, les yeux roulants. Le Cerf le dévisageait, ne comprenant pas cet état soudain :

- Bien Madame, il est justement à côté de moi, je lui transmets votre message.

A peine avait-il raccroché que Stannis le fixait impatient :

- Qui étais-ce ?

- Tu ne devineras jamais !

- Alors dis moi ! lança l'homme nerveusement.

- C'était Melisandre d'Asshaï, elle dit avoir des informations à nous dévoiler concernant Balon Greyjoy.

La figure de l'inspecteur s'illumina en apprenant que l'enquête continuait de plus belle :

- Alors allons chez elle l'interroger ! Il attrapa sa veste et commença à descendre les escaliers, menant au rez de chaussée. Tu viens ? demanda t-il inquiet de se voir partir seul.

- Moi non, mais toi si.

- Quoi ? ? Sa bouche s'ouvrit sous la stupéfaction.

- Elle veut te voir toi, et a insisté pour que ce soit toi, alors vas-y. De toute façon, je n'ai pas le temps, j'emmène Marya au restaurant ce soir.

Stannis commença à paniquer, se remémorant la soirée tendue qui s'était déroulée lorsqu'il s'était rendu au club. Non, pas seul avec elle, tout sauf ça. Il fixa avec amertume son collègue, qui le lâchait au dernier moment. Il savait qu'il avait été incapable de mener un interrogatoire correcte dans ce lieu public, imaginer un endroit plus intime le fit frissonner. Le Cerf n'y arriverai pas une seconde fois. Davos eut droit à un regard noir et égoïstement, il lui en voulu atrocement :

- Tu fais passer ta vie de famille avant ta vie professionnelle ? Tu ne peux pas me laisser y aller seul ! Retiens moi, merde !

- Calme toi, ne fais pas ton timide et tout va bien se passer. Tu n'as qu'à simplement écouter ce qu'elle va te dire ! Il éclata de rire, laissant son supérieur paralysé par la mission qui lui avait été octroyée.

« Ne fais pas ton timide », ça veut dire quoi ça ? Il inspira longuement une fois installé dans sa voiture. Cette fin de journée allait être un fardeau qu'il aurait préféré partager avec son ami. Au moins, avec l'appui de Davos, il savait qu'elle se limitait aux douces paroles. Avec l'appui de Davos, il gardait la situation en main, et s'il dérapait, il était présent pour réparer les dégâts. Durant le trajet, Stannis coupa la radio, souhaitant se concentrer sur ce qu'il allait lui dire. Il s'imagina frapper à sa porte, et à la pensée de son corps apparaissant dans le cadre de la porte, ses idées s'entrechoquèrent. Il se souvenait de sa voix sensuelle quand elle avait chanté au club. Il se souvenait du regard qu'elle lui avait lancé. Il se souvenait des caresses qu'elle avait laissé le long de sa chemise. Mais surtout, il se souvenait de ses lèvres effleurées. Elles étaient brûlantes et avaient réussi à incendier son corps qui n'avait cessé de le harceler une fois rentré chez lui. Les minutes passaient et il se rapprochait. Il avait l'air bête à tenter d'imaginer la scène, pour se préparer à affronter ce qu'il pensait indestructible. Sa cravate devint soudainement étouffante et il la desserra, puis se passa une main sur le visage, dans l'espoir de se réveiller. Interroger la suspecte, interroger la suspecte, se répéta t-il en boucle alors qu'il se garait devant chez elle. Avant d'ouvrir la portière, le Cerf ne put s'empêcher tout de même de se recoiffer maladroitement dans le rétroviseur puis réajusta sa veste de costume. Il tenta de se décontracter en faisant de grands gestes dans les airs puis prit la direction de l'appartement. Dans l'ascenseur, le calme fut lourd et il tapota du pied le sol en essayant de se remémorer un souvenir lointain : le jour de sa réussite en école de police. Un sourire niais prit possession de ses lèvres. Il arriva devant la porte et se gratta la nuque, la tension accumulée ne s'était pas estompée et chasser de ses esprits l'image de la femme rouge, pour la remplacer par une pensée d'autrefois, n'avait servi à rien. Il entendit ses talons claquer au sol, elle approchait. Quand elle ouvrit la porte, il tenta de se montrer froid et impassible :

- Madame, il la salua d'un signe de tête, puis-je entrer ?

- Inspecteur ! Je suis ravie de voir que vous êtes venu. Bien sûr que vous pouvez entrer !

Il ne se laissa pas tenter par la vision de sa robe rouge et ne perdit pas de temps, il avança d'un pas assuré. Toutefois, il se demanda tout de même si tous ses vêtements avaient cette couleur. Le Cerf avait remarqué son collier surmonté d'un rubis écarlate et, lui qui pourtant ne prêtait pas attention aux bijoux, l'avait trouvé particulièrement beau à son cou. Il fit un mouvement de tête, se ressaisissant :

- Vous avez dis à mon collègue que vous aviez des informations sur Balon Grejoy ?

- C'est exacte. Elle le dépassa en le frôlant et se dirigea dans le salon. Je connaissais Balon, il venait régulièrement au Cabaret.

- Pourquoi venait-il si souvent ?

Elle le toisa les yeux rieurs, comme si sa question avait été idiote :

- Il se servait de l'établissement comme repère pour refourguer sa came.

- Votre patron laissait faire ce genre de choses ? Il resta éberlué, la bouche ouverte.

- Ne prenez pas cet air étonné inspecteur, Port Réal est entre les mains de Robert Baratheon, mais il s'agit bien de Petyr Baelish, qui tire les ficelles dans l'ombre. La nuit, la ville lui appartient, sachez le. Elle servit deux verres de vin et lui proposa le sien.

- Non merci, je suis encore en poste, je ne peux pas me le permettre.

- Voyons inspecteur, vous pouvez tout vous permettre, cela restera entre nous... Insistante, elle posa le verre plein près de lui.

- Et était-ce la seule raison de sa présence au club ? Il connaissait pourtant la réponse.

- A votre avis... Le regard qu'elle lui lança le fit frissonner et il se pressa de répondre afin qu'elle n'ait pas le temps de l'ensorceler.

- Vous dansiez pour lui.

- Et plus encore. Il eut du mal à déglutir. Mais vers la fin, nous avons arrêté de nous voir.

- Pourtant vous l'avez eu au téléphone le jour de sa mort...

- Je lui expliquais que je ne souhaitais plus le voir, il était devenu incontrôlable et violent. Mais cela ne suffisait pas, il m'avait écrit une lettre...

- Une lettre ? Alors qu'elle cherchait le message dans une boîte sur la table, l'homme l'observait du coin de l'œil.

- Une lettre de menace, dans laquelle il m'obligeait à m'exécuter pour lui. Il m'effrayait, j'étais tétanisée et j'ai refusé. Mais il revenait chaque soir et Petyr en a eu assez, alors il l'a viré du Cabaret, lui et ses magouilles.

- Baelish a fait passer l'une de ses filles avant l'argent de la drogue ? C'est étonnant.

D'un geste délicat, Melisandre attrapa le mot qu'elle plia habilement, puis ouvrit le pan de sa veste et le glissa dans la poche intérieure. Sa main frôla son ventre pour remonter jusqu'à son torse, et l'homme eut l'impression qu'il s'agissait davantage d'une caresse que d'un simple contact. La sensation de sentir ses doigts si près de son corps le fit vaciller, lui qui commençait à perdre ses objectifs de vue. La chaleur étouffante qui prenait possession de son être le bouleversait tandis que son visage se durcissait soudainement suite à la réaction. La femme lui répondit d'un sourire mutin, qui ne cessa de le faire frémir. L'inspecteur ferma les yeux, sentant ses palpitations cardiaques accélérer. Et alors qu'il se sentait craquer sous sa beauté, elle s'éloigna en buvant son verre. Stannis poussa un profond soupir en reprenant ses esprits. Toutefois, il venait de mener non sans difficultés son interrogatoire :

- Pourquoi m'avoir parlé de ces choses seulement maintenant ?

- Car vous n'étiez pas prêt... Et moi non plus.

- Je suis toujours prêt ! Elle ricana moqueuse. Y a t-il autre chose que vous souhaitez me dire concernant l'enquête ? Il voulut se débarrasser des dernières questions rapidement, pour pouvoir prendre la fuite, sentant qu'il perdait la partie.

- Qui concerne l'enquête ? Elle fit mine de réfléchir. Non, je ne crois pas...

Elle termina le fond de son verre d'une traite et prit appui contre la table de la salle à manger. D'un regard insolent, elle réussit à capter l'attention de l'homme. Ce dernier tentait péniblement d'observer autour de lui, mais il était piégé :

- Vous ne prenez pas de notes inspecteur ? l'interrogea t-elle innocente.

- Je n'ai pas besoin, tout reste gravé là, il montra de son index son crâne.

- Même ce qu'il s'est passé à cette soirée, au Cabaret ? Sa voix venait de changer radicalement et il pouvait comprendre ses réelles intentions, rien qu'au ton suave.

- Tout reste gravé.

Il détourna la tête et observa ses pieds, se trouvant ridicule à s'enflammer au moindre détail. Mais Stannis était comme cela, il n'était pas un homme habitué à aller vers les femmes, les jeux de séduction étaient alors pour lui un véritable défi, auquel il s'interdisait de succomber.

Suite à ses dires, il eut le sentiment de se retrouver au club, assit dans ce même fauteuil. L'atmosphère était moite, tout aussi lourde que celle qu'il vivait actuellement. Il pouvait entendre à nouveau les cris de joie des hommes en ébullition devant celle qui se donnait en spectacle. Puis il ressentit cette même vague de chaleur qui s'était emparée de son corps, ce désir qui l'avait rendu fou au point de vouloir la posséder sur le champs. Ses baisers s'étaient étendus sur sa mâchoire alors que ses mains étaient préoccupées dans sa nuque pour finir dans ses cheveux. Son regard se perdait dans le vide, Melisandre sachant dans quel monde son interlocuteur se trouvait, ne put s'empêcher de continuer, espiègle :

- Il y avait trop de monde ce soir là, trop de monde qui nous dévisageait avec cette envie qui nous dévorait, ai-je raison ?

L'inspecteur se mit à sourire sans s'en rendre compte, un rictus nerveux le laissant faible sous la puissante réplique qu'elle venait d'énoncer. Il savait que tout allait se passer de la sorte, il savait qu'il se retrouverait encerclé et incapable d'agir pour s'enfuir. Mais il était trop tard et ses jambes ne pouvaient répondre à une éventuelle sortie. Ses pupilles se dilatèrent, son regard devint embué par le désir qui le submergeait peu à peu, alors qu'elle lui souriait avec tant d'ardeur, qu'il se serait mis à rougir s'il n'avait pas passé le cap du jeu. Car il avait franchi cette dangereuse phase qui lui permettait de s'évaporer par enchantement pour lutter contre sa nature. Stannis ne pouvait plus reculer. La femme rouge balança sa tête en arrière, toujours contre la table et se mordit la lèvre. Était-ce une invitation ou un amusement toujours plus long ? Et alors que ses dents commençaient à grincer les unes contre les autres sous la tension qui régnait, elle lui lança d'une voix calme et contrôlée :

- Je veux coucher avec vous.

Sans blague ! Même un fou l'aurait deviné. Il avait osé affronter son regard de braise et cette proposition l'avait pétrifié, au point de détourner à nouveau la tête. Pourtant, il savait qu'elle finirait par lui dire et elle savait qu'il était prêt à l'entendre. Toutefois, il ne ferai pas le premier pas, le Cerf ne se le pardonnerait pas. La femme s'avoua vaincue et un ricanement sortit de ses lèvres. Alors, elle quitta la table pour s'approcher de sa proie. Les yeux ne mentent pas et c'est en lui relevant le menton qu'elle sut à nouveau qu'elle obtiendrai ce qu'elle désirait :

- Je sais que vous en avez envie et que vous y avez déjà pensé, lui murmura t-elle.

Elle passa une main tendre dans ses cheveux alors qu'il fermait les paupières, appréciant le geste. Puis elle caressa longuement sa nuque pour effleurer le col de sa chemise :

- Vous avez imaginé ce qu'il y a sous cette robe.

Melisandre fit descendre les bretelles de sa tenue, dévoilant ses épaules si désirées. Lorsqu'il s'était permis de toucher du bout des doigts sa peau au club, il l'avait trouvé brûlante au point d'en être dépendant tant son corps devenait froid. Ainsi, Stannis se demanda si ses épaules avaient le même effet sur sa personne et il eut envie de les couvrir de baisers :

- Vous avez imaginé comment ce serait et vous vous demandez si cela se passerait comme dans votre esprit, continua t-elle délicieuse.

La femme passa une main habile sur son bras qu'elle caressa longuement. Voir l'inspecteur dans tous ses états faisait naître en elle une flamme si ardente qu'elle s'armait de patience pour le faire plier à sa volonté. Car il avait perdu la partie et avait perdu le contrôle depuis bien longtemps. Sa main s'attarda sur la sienne, qu'elle encercla de ses doigts fins. Puis furtivement, elle trouva sa ceinture dont elle traça les contours, pour descendre le long de sa cuisse. A ce touché, le Cerf ne put retenir un gémissement pressé. Il était incapable de penser, incapable de se raisonner, n'écoutant que son corps et ses besoins. Si elle ne s'était pas montrée si patiente et joueuse, il l'aurait dévoré depuis longtemps. Melisandre profita de cet instant pour se plaquer contre lui, la sensation de leurs hanches si proches lui arracha de puissants râles. Elle se mit sur la pointe des pieds pour lui chuchoter à l'oreille, voulant en finir et franchir cette étape tant attendue :

- Alors Stannis, comment voulez-vous que cela se passe, que voulez-vous faire de moi ?

En entendant sa voix articuler son nom, son être fut foudroyé et il l'embrassa avec toute cette fougue qu'il avait su dompter. Ses mains s'attardèrent sur sa taille et c'est avec plaisir qu'il sentit enfin sa peau sous ses doigts en défaisant sa robe. Leur baiser était intense et sauvage, reflétant cette ambiance moite qui avait plané autour d'eux durant leurs rencontres. Chacun savait jusqu'où elles mèneraient, à la différence que l'une l'envisageait, l'autre la fuyait. L'inspecteur se démena avec ce rapport de force pour l'amener contre le mur et l'empêcher de bouger. Ainsi il avait l'avantage et agrippa ses poignets pour les mettre dessus de sa tête. Melisandre lui appartenait. Il voulut rompre l'étreinte pour admirer sa pureté une dernière fois, l'admirer alors qu'elle ne s'était pas encore offerte à lui. Mais il ne pouvait se résoudre à abandonner cet être si longuement désiré. Et alors qu'elle faisait tomber sa chemise au sol, elle se dégagea pour prendre sa main et l'entraîner dans sa chambre, avec cette malice qu'il appréciait tant.


J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre et notamment la réaction de Sansa (un peu Stannis aussi), donc en fait tout le chapitre xD J'espère tout de même qu'il vous a plu ! Stannis risque d'avoir des problèmes maintenant et Sansa le retrouvera pour la convocation dans le chapitre suivant :) En ce qui concerne théories, avis ou je ne sais quoi sur l'enquête, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez. J'ai déjà tout en tête, mais pourquoi pas je pourrai peut-être dévier sur quelques détails :) Pour les révélations (enquête, meurtrier, pourquoi ces morts et tout ça, tout ça) bien sûr, je ne dévoilerai rien avant les derniers chapitres ;)

A bientôt !