Hey hey !
J'espère que vous allez bien ! Je me rends compte que je n'aurais peut-être pas le temps d'écrire et de publier dans les semaines à venir. Donc ne soyez pas surpris, mais je me rattraperai rapidement :)
- just some 12th reader: Je vois Matthos comme un type super maladroit haha, un peu enfermé dans son monde. Je pense que Stannis l'aura toujours un peu en travers de la gorge. Pour Ellaria Sand, j'ai eu du mal à trouver, j'avais pensé à Varys au début. Ramsay est malin, il aime jouer, même avec les autorités ^^ Je pense que Stannis va de plus en plus côtoyer Melisandre. Concernant Justin, j'hésite à faire une scène avec Selyse, je la vois bien le défendre en se ramenant hystérique chez Stannis haha ! Je suis contente que cela te plaise toujours ! (Je n'ai pas réussi à diminuer le nombre de pages hihi).
Bonne lecture !
- Tu devrais en parler à l'inspecteur Baratheon, lui conseilla Margaery, qui venait d'entendre la nouvelle mésaventure de son amie face à un Ramsay toujours aussi inquiétant.
- Je ne rentrerai pas dans son jeu, se rassura Sansa.
- Certes, mais lui, est-il prêt à arrêter son jeu ? La police le pense t-il impliqué dans l'affaire de ton frère ?
La Louve croisa les bras, son visage se fermant considérablement. Toutefois, elle tenta de masquer sa peine et planta un regard assombri dans celui de son amie. Ainsi, elle lui chuchota :
- Stannis Baratheon ne me la pas confirmé, mais il a été interrogé. Ils doivent avoir des doutes...
- Mesdemoiselles ! lança Oberyn en se retournant du tableau, si mon cours ne vous intéresse pas, tentez au moins de faire semblant, pour moi. Mais tout de même, je trouve cela dommage de ne pas s'intéresser à un cours si passionnant... Et si je n'arrive toujours pas à vous satisfaire, même en redoublant d'effort, alors n'hésitez pas à quitter la salle, termina t-il cynique.
Les filles au premier rang se mirent à glousser, comme elles le faisaient après chaque réplique croustillante du professeur. Il leur lança un sourire charmeur, avant de se retourner à nouveau et d'écrire au tableau la thématique du jour : la vengeance amène t-elle à la délivrance ? :
- Je parle bien sûr en connaissance de cause.
Il n'avait pas pu s'empêcher et avait éclaté de rire, alors que Shae, toujours aussi attentive durant son cours, avait pris la parole. La Rose et la Louve avaient alors profité de ce moment d'inattention, pour continuer leur discussion, discrètement :
- J'ai vu Petyr il y a quelques jours... Notre entrevue a été étrange.
- Vraiment ? Que s'est-il passé ?
- Je devais lui poser des questions sur l'enquête, commença Sansa, à voix basse. Au début, il a semblé intrigué et au fur et à mesure, c'est comme s'il avait deviné mes intentions.
- Comme s'il avait une longueur d'avance sur toi ?
- Oui, enfin, bizarrement, il répondait à mes questions sans réellement y répondre, et tout ce mystère a fini par m'effrayer. Je n'ai pas su comment réagir alors j'ai cessé de le questionner. J'ai senti que cela le satisfaisait, mais je commence à me poser des questions. S'il n'était pas mêlé, il s'en serait moqué et aurait répondu, n'ayant rien à cacher, non ? C'est comme s'il menait une barque, connaissant la direction depuis le début. Je n'arrive pas à le suivre. Je ne sais pas où il m'emmène avec ses devinettes.
- Peut-être devrais-tu te montrer distante avec lui, n'oublies pas qu'il a déjà été arrêté par la police concernant son passé louche...
- Petyr connaît ma famille, il ne se permettrait pas de reproduire ce qu'il a fait auparavant, avec moi.
- Comment peux-tu en être sûre ?
- Il a voulu m'embrasser, termina froidement la jeune femme, alors qu'Oberyn, passant dans les rangs, venait d'entendre la fin du récit.
- Quel petit chanceux ! lui lança t-il en adressant un clin d'œil à Shae. Bien, Mademoiselle Stark, je vois, à mon plus grand regret, que mon cours vous ennuie. Mais pouvez-vous quand même me dire ce que vous pensez de la théorie que je viens d'énoncer ?
Alors qu'il la fixait amusé, la rousse, ne connaissant pas la réponse, commença à rougir de honte, sous le regard insistant de l'homme. Ce dernier l'encouragea à oser prendre la parole, en levant des sourcils impatients :
- Je sais que la réponse se trouve au fond de vous Mademoiselle Stark, ayant fais vos preuves lors du précédent devoir, je ne doute pas de vos capacités.
Se voir ainsi soutenue devant la classe, qui s'était retournée pour l'observer la fit paniquer et elle sentie une goutte perler le long de sa nuque. Mais pourquoi ne passe t-il pas à autre chose ? Alors, timidement, elle affronta son regard, pour lui avouer confuse :
- Je ne sais pas Monsieur.
Il eut un mouvement de recul avant de paraître déçu. Shae avait une nouvelle fois levé la main, ce cours constituait celui dans lequel elle était la plus attentive et assidue. Cependant, Oberyn ne l'interrogea pas et continua son monologue, citant des phrases tirées d'un livre, ouvert dans sa main :
- « Le désir de vengeance peut mener à une perte totale de contrôle, mais l'on peut penser qu'en franchissant cette barrière, la sensation de délivrance est alors d'autant plus forte, car l'on a accompli ce que l'on souhaitait, tout en ayant réussi à se surpasser. La perte de contrôle est alors envisageable s'il n'y a pas d'autres choix. Toutefois, il faut rester prudent et savoir rester objectif, chose difficile dans certains cas ».
La fin du cours approchant, les deux amies, après s'être honteusement faites remarquées, décidèrent de rester muettes, tentant de rattraper les lacunes accumulées depuis leur conversation. Quand Monsieur Martell termina, il s'approcha de la Louve, qui rangeait sa trousse dans son sac :
- Sansa, permettez moi de vous présenter mes condoléances. Les nouvelles circulent rapidement à Port Réal. J'espère que ce cours vous fera réfléchir concernant une décision trop hâtive.
- Je ne comprends pas, lui dit-elle naïve.
- Personne n'est dupe et nous sommes tous humain, il est normal de ressentir un besoin de vengeance accru après un tel drame, mais si je peux vous conseiller, restez prudente et prenez garde à votre entourage. La capitale grouille de vipères qui n'hésitent pas à vous mordre le moment opportun.
Elle resta bouche bée alors qu'il quittait la salle, la démarche élégante. Margaery attrapa le bras de son amie comme pour s'assurer de la scène venant de se dérouler sous ses yeux. Elles se regardèrent, l'une appréciant l'attention portée, l'autre se méfiant :
- Tu n'es pas seule, beaucoup de personnes te soutiennent, mais cela rejoint ce que je te disais... Méfie toi de Baelish, il fait parti de ton entourage et n'a pas la meilleure des réputations. S'il a essayé de t'embrasser, peut-être avait-il une autre idée en tête.
- J'ai été idiote, et je n'ai même pas réussi à lui soutirer les informations dont j'avais besoin...
Alors qu'elles se dirigeaient vers le cours suivant, la Rose devança la Louve pour la stopper dans cet élan négatif. D'un geste de la main, elle lui saisit l'épaule pour la rassurer, la forçant à remettre en question ce qu'elle venait de dire :
- Rien n'est terminé, et tu n'es pas idiote. Tu es juste dépassée par les événements et tu as du mal à garder le contrôle. Sansa se mit à rire, repensant aux affirmations d'Oberyn. Tu auras l'occasion de le revoir, il ne t'as pas attaqué, tu n'as pas été en danger. Donc tu vas continuer tes séances photos et tu verras que l'occasion se présentera à nouveau, sauf que là, tu auras pris le recul nécessaire et tu sauras le piéger !
La jeune femme, le moral de nouveau remonté, lui lança un large sourire, reconnaissante de toute cette attention que Margaery lui portait. Depuis sa séparation avec Joffrey, elle avait toujours été présente, et depuis la disparition de Robb, elle s'était un peu plus rapprochée de son amie, l épaulant au quotidien, quitte à délaisser Tommen pour passer ses soirées avec elle. Cela lui semblait normal et cette entraide était bénéfique pour Sansa, qui voyait son poids, non plus sur ses épaules, mais désormais partagé. Juste avant de rentrer dans la salle, son portable sonna et elle reçu un message :
- C'est lui ! déclara t-elle à la brune après avoir rapidement saisi son téléphone. Il veut que l'on se voit.
- Accepte ! C'est une nouvelle occasion qui se présente. Tant qu'il ne se doute pas que tu poses des questions pour l'inspecteur Baratheon, il peut, à tout moment se faire avoir.
- Mais s'il découvre la vérité ?
- Non, il n'en saura rien car tu vas réussir à contourner cet obstacle. Si ça se trouve, ses réponses ne te satisferont pas et tant pis, mais au moins, tu auras fait ton travail, et la police prendra le relais et se débrouillera. Que dit-il exactement ?
- Il me propose de l'accompagner ce soir, à la soirée d'inauguration de son nouvel hôtel, « La Couronne ».
- Il ne manque pas d'ambition, c'est certain. Dis lui que tu es d'accord, je vais te dégoter une magnifique robe, tu seras sublime. Peut-être va t-il te présenter à ses connaissances ? Car il y a des invités dans ce genre d'événement non ? Grâce à lui, tu vas pouvoir te créer des contacts, tu n'imagines pas la chance que tu as !
- Vraiment ? questionna la Louve, qui souhaitait confirmation avant de répondre au message.
- Mon frère est dans le milieu de la mode, et il m'avait dis un jour qu'à Port Réal, tout est difficile lorsque l'on y est étranger. Lui, en venant de Hautjardin, a eu beaucoup de mal à se faire repérer... Mais il a su utiliser ses connaissances et cela a porté ses fruits.
Stannis ne travaillait pas ce jour et profitait du temps radieux pour s'occuper du jardin. Sa maison était bâtie sur une immense parcelle de terrain, occupée par quelques arbres. Shireen, quant à elle, chantonnait en se balançant depuis plusieurs minutes sur la vieille balançoire qui trônait au centre, devant l'habitation. Elle observait son père, aller et venir sur une pelouse coupée, poussant la lourde tondeuse. Elle resta ainsi silencieuse et rêveuse, sûrement s'imaginant dans son monde fictif. Le Cerf poussa un juron devant la machine qui venait de s'arrêter subitement. Il se baissa pour la bricoler, commençant à s'emporter face au moteur qu'il n'arrivait pas à relancer. Il ne portait pas son costume habituel et l'avait troqué pour un t-shirt large et un jogging. Il n'était pas aussi élégant qu'au quotidien, mais rester à la maison lui permettait de mettre de côté ses manies professionnelles, du moins, il essayait. La tension qui régnait fut interrompu par une voiture qui roula rapidement dans la rue, faisant crisser les pneus au moment où elle tournait, pour emprunter l'allée menant à l'entrée de la demeure. Qui est-ce ? se demanda Stannis en relevant la tête, toutefois, il ne lui fallut qu'un bref instant de réflexion puisqu'il reconnut le bolide de Renly, un 4x4 gris métallisé. Il tira une moue contrariée, son frère ne l'ayant pas averti de son arrivée :
- Mon frère ! lui lança t-il en sortant. Il étendit ses bras dans sa direction.
- Que me vaut cette visite ? questionna froidement l'inspecteur.
L'homme afficha un sourire arrogant en dévisagea son aîné, puis, il ouvrit l'arrière de sa voiture. Shireen, ne voyant que rarement son oncle, vint à sa rencontre le saluer :
- Bonjour mon oncle !
- Je suis venu pour l'anniversaire de ma nièce. Il passa une main dans ses cheveux. Comme tu as grandi. Cependant, il tenta de ne pas fixer les marques défigurant le côté de son visage.
- C'est touchant de voir que tu te préoccupes de ta famille... Ne put s'empêcher le Cerf, piqué de voir cette attention dont lui avait cruellement manqué dans sa jeunesse.
Il ne répondit pas et sortit du coffre une boîte en carton, percées de petits trous. Stannis se demanda soudainement ce qu'elle contenait et loucha sur ses mains. Renly ne prenait jamais la peine de fêter l'anniversaire de Shireen, cette surprise ne lui disait rien de bon. Mais en voyant que quelque chose bougeait à l'intérieur, il commença à comprendre, alors il ferma les yeux et pria pour que ce ne soit pas ce à quoi il s'attendait. :
- Sois rassuré mon frère, lui dit-il en voyant son regard perplexe. J'ai seulement fait un cadeau à ma nièce. Il s'agenouilla pour être à la hauteur de la fillette. Joyeux anniversaire, continua t-il en lui tendant la boîte relativement lourde.
- Qu'y a t-il à l'intérieur ?
- Tu n'as qu'à l'ouvrir !
Curieuse, elle arracha le scotch de ses ongles et sépara les pans qui refermaient le carton. Ses yeux s'écarquillèrent de joie en voyant le contenant et elle poussa un gémissement incontrôlé :
- Un chat ! Oncle Renly, tu m'as offert un chat ! Elle le saisit délicatement pour le mettre sur son épaule.
- C'est une blague, commença le père dépité. Tu sais que je n'aime pas ces animaux et que j'y suis allergique.
Plus jeune, il avait eu la malchance d'approcher un chat errant, qui, effrayé de se voir touché par un inconnu, lui avait sauté au visage, terrorisant l'enfant qu'il était.
- Mais non mon frère, tout cela reste coincé dans ta tête. Tu finiras par apprécier cette boule de poils. Regarde ta fille comme elle est heureuse. Réjouis toi pour elle au lieu de râler. Il lui donna un coup d'épaule en rigolant.
Le Cerf voyait rouge, alors que Shireen lui présentait fièrement le chaton. Il devait avoir cinq ou six mois et était blanc. Son poil était court et ses yeux bleus. Sur son museau se dessinait une tâche grise. Méfiant, il miaula timidement en observant les alentours :
- Pouvons nous le garder père ? demanda poliment l'enfant, espérant qu'il accepte.
- Bien sûr que oui, un cadeau ne se refuse pas ! beugla l'oncle en insistant.
- Nous allons le garder. Stannis soupira mais n'allait pas refuser l'animal qui illuminait le visage de sa fille.
- Comment vas-tu l'appeler ? interrogea Renly, qui ne cessait de savourer sa victoire. Voir l'état de rage de son frère l'amusait et jamais il ne s'en serait lassé.
- Flocon.
- Flocon ? répéta Stannis, qui, contrarié et perdu, attendait les bras croisés. C'est ridicule.
- Ce nom ne te plaît pas ? Le plus jeune se retourna prétentieux vers son frère. Moi j'aime bien Flocon, je suis d'accord avec ta fille.
Cette dernière se jeta sur son oncle pour le remercier, le chat toujours bloqué maladroitement sur l'épaule. Et elle quitta le jardin pour trouver la maison, impatiente de la faire visiter au nouvel occupant. Stannis fulminait. Jamais Renly ne s'était intéressé à son entourage et le voir se préoccuper de la sorte, dans l'unique but de l'agacer le mettait en rogne. Il ne supportait pas que l'on se joue de lui. Surtout le jeune Cerf, il s'était joué de lui durant leur jeunesse, le voir continuer adulte l'exaspérait. Mais il ne laissa pas sa colère prendre le dessus, après tout, Renly demeurait son frère et il n'allait pas le mettre à la porte, pour une histoire de chat. Il sentit son nez le gratter et commença à éternuer, à répétition. Maudite bête ! L'homme le dévisageait, rictus aux lèvres, puis s'exclama moqueur :
- C'est quoi cette tenue mon frère ?!
- Je n'allais pas tondre la pelouse en chemise... se justifia le Cerf irrité.
- Tu devrais, tu aurais une meilleure allure. Il fronça les sourcils. Et tu devrais aussi te raser ! Mais regarde toi, à te voir on pourrait croire que tu sors de prison. Il se mit à rire, se rendant compte du rapprochement entre la cellule et le métier de son frère.
- En as-tu fini avec ma tenue vestimentaire ? Stannis rangea ses mains dans ses poches.
- Je crois oui, même si il y a encore beaucoup de choses à améliorer sur ton apparence...
- Je te remercie Renly.
Ce dernier joua avec les clefs de sa voiture sous le regard dur de son aîné, qui ne souhaitait qu'une chose : son départ. Il blagua quelques minutes pour détendre l'atmosphère, en vain, puis sortit de sa sacoche en cuir, un paquet de cigarettes. Le regard du Cerf dévia sur le briquet qu'il s'apprêtait à allumer :
- Non, lui interdit-il, pas devant Shireen.
- Elle n'est pas là, se défendit le frère.
- Pas chez moi. Range ça.
- A vos ordres.
Il souffla et fut contraint d'obéir. Le jeune Cerf rangea le paquet puis décida de quitter les lieux, estimant qu'il était temps. Chercher Stannis était une chose, mais le pousser à bout en était une autre. Alors, l'homme se mordit la lèvre, satisfait de sa venue et vint lui faire la bise :
- Je suis content de t'avoir vu mon frère. Ma bonne action faite, je rentre à Accalmie ce soir.
- De même Renly, répondit-il d'un ton glacial, sans relever le reste de la phrase.
Ainsi, il se décolla de son aîné, un sourire mielleux sur le visage avant de retrouver la voiture et de klaxonner en accélérant, en quittant le quartier.
Quand il retrouva la maison, il vit sa fille sur la pointe des pieds, attrapant un bol en hauteur. Puis elle ouvrit le réfrigérateur pour attraper la barquette de jambon. Là, Shireen le coupa en petits morceaux et le déposa dans le récipient, pour l'animal. A côté avait déjà été versé du lait dans une petite écuelle :
- Ne lui donne pas ça, nous irons plutôt lui acheter des croquettes.
- Mais s'il a faim ?
Le Cerf fixa le chaton, qui soutenait son regard. Ses yeux bleus le faisaient ressembler à une peluche et il dû admettre qu'il n'était pas si repoussant, malgré ce poil qu'il ne pouvait pas approcher. Du moins, l'homme comprit l'engouement que lui portait sa fille. Flocon vint se frotter contre ses jambes et il eut un mouvement de recul, sentant les éternuements violents revenir :
- Le lait lui suffira pour tenir jusqu'à demain. Il changea de pièce rapidement, évitant tout contact avec le chat. Mais je te préviens, il restera dehors.
- Mais s'il a froid ? demanda à nouveau Shireen, avec pitié.
- Il n'aura pas froid ! Et s'il pleut, il ira dans le garage, cela te convient-il ? Mais il ne restera pas dans la maison. C'est lui ou moi, mais nous ne pouvons pas cohabiter sous le même toit, termina t-il en se mouchant.
- Crois-tu qu'il peut avoir peur seul dans le garage ? taquina la fillette, d'un air innocent.
- Shireen arrête ce jeu s'il te plaît. Contente toi de cela car si ça ne tenait qu'à moi, il n'y aurait pas de chat dans cette maison.
Elle se précipita dans sa chambre pour y trouver l'armoire. Là, elle attrapa une large couverture en laine qu'elle installa dans la boîte en carton, prenant soin de border les contours avec le tissu. Puis, à côté, elle déposa la gamelle remplie :
- Tu seras bien ici Flocon, dit-elle au chaton en lui embrassant le front.
Elle le mit dans la couche improvisée, sous le regard attentif de son père, qui, l'épaule contre l'encadrement de la porte du garage, toisait sa fille. Renly avait parfaitement réussi son coup, le cadeau était bel et bien empoisonné. Mais si cela permettait à la fillette d'oublier le divorce de ses parents, mêlé aux moqueries des enfants au collège, alors le Cerf ne pouvait pas lui refuser.
Sansa venait de terminer une dissertation maison à rendre. En élève modèle, elle avait commencé en avance. Le brouillon avait été terminé depuis quelques jours, fait à l'aide de livres empruntés à la bibliothèque. Il s'agissait du cours de mythes et littérature des civilisations anciennes. Le sujet imposé traitait de la relation des Enfants de la Nuits et des Marcheurs Blancs, d'après les sources des plus grands maestres d'autrefois, siégeant à la Citadelle. Les étudiants avaient eu le choix entre deux sujets, le second concernant les légendes des dragons du côté d'Essos. Margaery elle, avait opté pour l'autre, mais Sansa l'avait tout de même aidé dans le choix de sa problématique. Elle prit la peine de relire deux fois sa copie, vérifiant les fautes et l'analyse. Puis elle la rangea dans une pochette, la Rose entra rayonnante. Dans ses mains se trouvait une robe bustier noire, la jeune femme ne l'avait jamais vu sur son amie auparavant, et elle comprit qu'elle l'avait acheté :
- Regarde ce que j'ai trouvé en me promenant avec Tommen en centre ville. Elle lui tendit la tenue. Elle est sublime et j'ai de suite pensé à toi, alors je te l'ai prise.
- Oh, lâcha la Louve gênée par le présent, je ne peux pas accepter ton cadeau.
- Bien sûr que si tu vas l'accepter. Il faut que tu sois parfaite pour ce soir ! Tu as un objectif à atteindre et tu dois mettre toutes tes chances de ton côté.
- Franchement, tu crois vraiment qu'une robe peut me permettre de connaître ce que je désire savoir ? Petyr ne se dévoilera pas si facilement.
La Rose soupira et força son amie à se lever, puis elle suspendit devant elle la robe et ferma un œil en reculant d'un pas, afin de constater si la taille convenait :
- C'est un tout. Avec un peu de chance il sera tellement hypnotisé qu'il ne fera pas attention. Tu verras bien et surtout, c'est une inauguration, tout le monde sera bien habillé.
- Tu as raison, admit Sansa en enlevant son t-shirt. Je vais l'essayer de suite !
Margaery trépignait d'impatience telle une enfant la veille de Noël. Un sourire niais s'était dessiné sur son visage et quand la rousse enfila la tenue, elle ouvrit une grande bouche d'admiration :
- Magnifique, lâcha t-elle. La taille est parfaite, la couleur aussi. Il faut que tu attache tes cheveux en chignon, cela te donnera un côté classe et glamour en même temps. En voyant sa mine interrogative, elle continua, fais moi confiance.
Durant une heure, elle la conseilla, son expérience rassurant la Louve, qui ne savait pas quelle attitude adopter auprès des invités. Ce monde inconnu était une étape de plus dans sa vie et elle ne pouvait pas y échapper :
- Sois naturelle, le reste se fera tout seul, lui dit-elle une dernière fois, alors que Sansa attrapait son sac à main pour se rendre à l'hôtel.
- Où se trouve t-il déjà ?
- Près du Donjon Rouge... Si je croise encore Joffrey... Ses nerfs commencèrent à prendre le dessus. Quel petit con, j'aurais dû lui en mettre une autre.
- Ne pense pas à lui ou tu vas être déstabilisée. Et puis je ne pense pas qu'il traîne dans ce genre d'endroit. Elle regarda sa montre. Il est dix neuf heure, tu devrais partir, ou tu vas être en retard. A quelle heure penses-tu rentrer ? Tommen et moi allons rejoindre ses amis ce soir, si la soirée se termine en même temps que la tienne, je pourrais te retrouver et nous repartirons ensemble ?
- Je te tiendrai au courant au fil de la soirée, je garderai mon téléphone sous le bras.
- Surtout sois prudente, avec l'autre malade qui te harcèle... Elle la serra dans ses bras et lui ouvrit la porte, la Louve quittant dans sa majestueuse robe, l'appartement.
…
- Entrez, ne soyez pas timides mes amis ! lança Baelish en interpellant les invités devant l'hôtel.
Une masse passa alors les portes, habillée avec les tenues les plus raffinées et en vogue de la capitale. Les hommes portaient des costumes, les nœuds papillons ayant leur préférence en cette soirée spéciale. Les quelques femmes qui les accompagnaient portaient des robes de grands couturiers. Tous avaient l'air de se connaître et des groupes commencèrent à se former, pour discuter. Sansa arriva et vérifia en passant une main dans ses cheveux, si sa coiffure avait tenu. Elle devait faire bonne impression, elle était l'invité de Baelish, il fallait le représenter dignement. La rousse fit un pas en entrant et vit la foule converser autour des tables mises à disposition, sur lesquelles étaient présentés des amuses-bouches. Le petit homme la remarqua aussitôt :
- Ma belle Sansa, te voici enfin ! Petyr arriva en lui souriant et lui prit la main, viens, ne sois pas effrayée, tous ici ont hâte de te rencontrer.
- Hâte de me rencontrer ? répéta t-elle intimidée, leur avez-vous parlé de moi ?
- Quelle question, bien sûr !
Il la dirigea jusqu'à un groupe, constitué principalement d'hommes d'âges mûrs. Ils ne les avaient pas vu arriver et continuaient de discuter, quand Baelish se racla la gorge, puis passa une main autour de la taille de sa protégée :
- Messieurs, je vous présente Sansa Stark.
- Bonsoir... osa t-elle prononcer le rouge aux joues.
Les hommes se retournèrent, chacun portant une coupe de champagne à la main, Baelish lui en servit alors une afin qu'elle les accompagne. Sansa fut soudainement tétanisée en reconnaissant son professeur, Oberyn Martell. Le voir habillé ainsi la laissa sans voix, et inconsciemment, elle recula d'un pas. :
- Sansa Stark ? Comme c'est marrant, nous nous voyons chaque semaine en cours, et nous nous retrouvons ici, lui dit-il enjôleur. Vous êtes ravissante. Petyr lui, jubilait de voir l'attention qu'on lui portait, au travers de la rousse.
- Stark ? N'était-ce pas le nom du jeune homme retrouvé mort récemment ? commença un homme aux cheveux blancs tirés en arrière. Durant une seconde, ses yeux perçants la déshabillèrent et elle eut l'impression qu'il sondait son esprit, au moindre regard.
- Si, répondit un autre homme, qui s'appuyait lourdement sur une canne.
- Voyons Messieurs, ne parlons pas de cette sombre histoire en présence de Mademoiselle. Toutefois, je ne pense pas qu'elle vous connaisse, pouvez-vous vous présenter ?
Le plus vieux hocha la tête et se rapprocha de la Louve, puis commença d'un ton calme mais ferme :
- Je suis Tywin Lannister, par ailleurs, sachez que je suis le fondateur de l'université dans laquelle vous étudiez.
- Doran Martell, spécialisé en médecine mentale.
- Doran est le plus grand psychiatre de Westeros, le reprit fièrement Oberyn, il est aussi mon frère.
- Enchantée... répondit poliment la jeune femme en baissant la tête.
- Ces hommes font parti des personnes les plus influentes de Westeros, lui chuchota le petit homme à l'oreille.
- Dites moi Littlefinger, pourquoi Robert Baratheon n'est-il pas présent ? questionna Tywin confus.
- Il n'a pas souhaité se joindre à notre petit rendez-vous... Tout comme Eddard Stark ou le génie de la mode, Renly Baratheon. Varys a préféré s'exiler sur Essos, quant au dernier, Stannis Baratheon, il est certes le numéro un en ce qui concerne le crime à Port Réal, mais l'avoir près de nous en ces temps sombres m'a semblé être délicat... répondit Baelish, le visage brutalement tendu. Pour Balon Greyjoy, nous savons tous la tragédie qui la frappé dernièrement...
- Vous avez eu raison pour l'inspecteur, coupa Tywin, on ne sait jamais qui on a réellement en face de nous avec ce genre d'homme.
Ces noms résonnèrent aux oreilles de la Louve, celui de son père particulièrement. Elle se demanda pourquoi il n'avait pas accepté de se joindre à Petyr, ou Littlefinger, elle ne savait plus comment le désigner :
- Roose n'est pas là aussi... continua Doran en observant péniblement autour de lui, ayant du mal à bouger avec ses jambes abîmées. La maladie le rongeait depuis de nombreuses années et il n'hésitait pas à s'asseoir en fauteuil roulant quand la douleur se faisait trop forte.
- Il va arriver. Le petit homme lui lança un signe de tête et but sa coupe de champagne.
Roose... Roose Bolton ?! Sansa eut un frisson en revoyant la scène passée dans le bureau de Stannis. S'il s'agissait bel et bien du même homme, elle se retrouverait en face de celui qui l'avait tant mise mal à l'aise, en criant au scandale. Se trouver à nouveau devant un Bolton la dérangeait fortement. Est-il au courant de ce que me fait subir Ramsay ? Mais elle n'eut pas le temps de se torturer davantage l'esprit, qu'il arriva en compagnie d'une femme :
- Le voilà ! Baelish se frotta les mains et vint à la rencontre de l'homme. Mon ami ! Ils échangèrent une franche poignée de main, puis il embrassa la femme sur le coin des lèvres. La Louve fut étonnée de voir un comportement si proche.
- Melisandre et moi-même nous sommes croisés en arrivant, je l'ai donc accompagné.
- Quel gentleman tu-es Roose, venez, ils désigna le groupe d'invités, nous vous attendions.
La jeune femme ne le quittait pas des yeux, tentant de se fondre dans la masse afin de se cacher. Alors qu'il avançait vers elle, ne l'ayant toujours pas remarqué, elle sentit sa poitrine se serrer. Mais quand il eut terminé de saluer les hommes, son visage se tourna instinctivement dans sa direction. Comme s'il avait été au courant de sa présence depuis le début, il lui fit un signe de tête et la dévisagea d'un regard glacial :
- Bien, il semblerait que nous sommes au complet.
- Non, pas tout à fait, déclara Oberyn peiné, mon épouse Ellaria n'a pas pu venir. Elle avait un dossier important à terminer...
- Quel genre de dossier ? demanda Roose perplexe, connaissant le métier de la femme.
- Diverses photos et de longs articles à écrire, mais elle n'a pas souhaité m'en dire plus.
- Je vois. Je déteste les journalistes qui se permettent de fourrer leur nez dans les affaires des autres.
L'ambiance devint soudainement électrique, alors que les deux hommes se lançaient des regards meurtriers. Petyr brisa le silence en déclarant d'une voix forte :
- Alors, comment trouvez-vous mon nouvel hôtel ?
- Votre penchant pour la luxure vous perdra Littlefinger, répondit Tywin austère, en louchant sur les murs représentants des peintures de femmes légèrement vêtues.
- Cela donne un certain style, pour ma part, j'adore ! reprit le professeur, le sourire aux lèvres.
Tywin, face à cette insolence à son égard, le foudroya du regard. Sansa, quant à elle, mal à l'aise devant le comportement de l'homme qu'elle retrouvait en cours de philosophie, ne put s'empêcher de détourner la tête pour observer ses pieds :
- Et vous Mademoiselle Stark, aimez-vous ? lui demanda t-il amusé.
Elle regarda Petyr, ses yeux le suppliant de lui venir en aide. Ce dernier se rapprocha d'elle alors que sa bouche se crispait :
- Réponds lui ma belle.
- Oui, j'aime bien, dit-elle sans réfléchir, n'osant pas froisser le petit homme concernant ses goûts pour la décoration.
- Je vous trouve bien agaçant ce soir Oberyn, continua le Lannister, décidé à avoir le dernier mot.
- Comme toujours ! Cependant, ce soir est un jour spécial...
- Oh vraiment ?
- Parfaitement, car je vais continuer à vous agacer durant le reste de la soirée.
Tywin grogna de rage et quitta le groupe pour trouver la table et se servir une nouvelle coupe. Sansa devina les tensions déjà existantes entre les deux hommes et le suivit du regard, quand il vint se poser sur la femme rouge. Elle discutait avec Roose, et leurs visages proches lui laissa un doute concernant une potentielle relation. Toutefois, elle haussa les épaules discrètement, tentant de se concentrer sur le petit homme. Il venait de les délaisser pour parler à un serveur, qu'il avait d'interpellé, furieux. Baelish n'aimait pas quand le travail était mal fait et il s'invertissait assez pour mériter un devoir parfaitement mené. La Louve profita de cette échappatoire pour rester seule avec lui, ainsi, elle le rejoignit dans les cuisines, dans lesquelles il venait d'entrer :
- Je vous remercie de m'avoir invité Petyr, lui dit-elle en s'appuyant contre le mur.
- Ne me remercie pas Sansa, c'est moi, qui te remercie d'être venue. Cela n'a pas dû être facile de prendre l'initiative de te joindre à un groupe d'inconnus...
- Je n'ai eu aucun problème, mentit-elle, voulant se donner plus d'assurance.
Voyant une telle confiance, il leva un sourcil étonné, alors qu'un sourire carnassier prenait place sur son visage. Il s'approcha d'elle, le regard subitement intense :
- J'aime te voir ainsi, commença t-il en caressant ses cheveux. Je suis content que mon hôtel te plaise.
- Même si il n'est pas votre seul établissement, lança la rousse taquine, en entrant doucement dans son jeu.
Au plus profond d'elle dansait une irréversible méfiance à l'égard de l'homme, depuis leur dernier entretien. Toutefois, elle mit de côté sa gène et se jeta à l'eau. Elle devait obtenir des informations pour l'enquête. Elle devait obtenir des informations pour Robb :
- Si tu savais le genre de lieux que je possède, tu t'enfuirais rapidement, ses doigts caressèrent ses joues, et elle essaya de soutenir son regard.
- Si vous saviez l'intensité de ma curiosité vous concernant, Petyr. Je brûle d'envie de vous connaître. Elle se mordit la lèvre par réflexe, stupéfaite par ce qu'elle venait de dire.
- Vraiment ?
- Vraiment.
- La tentation de me dévoiler est forte, tu es près de moi, dans cette pièce isolée du monde. Alors que ses doigts se dirigeaient vers ses lèvres, il l'embrassa lentement, sans permission.
La Stark ferma les yeux, tentant de se concentrer sur l'action, après tout, elle jouait double jeu, il ne devait pas se douter de ses faiblesses, ni de sa couverture. Elle lui rendit son baiser plus passionnément, puis se détacha de son être, pour reprendre :
- Après ce rapprochement, me voilà embarrassée de ne rien connaître de vous, alors que vous connaissez ma vie dans les moindres détails... Pourquoi Tywin Lannister vous appelle t-il « Littlefinger » ? Il se mit à ricaner.
- Oh, tu ne souhaite pas réellement le savoir.
- Si, vraiment.
- Non, pas cela, ce sont des histoires d'adultes et ce n'est pas passionnant pour une jeune femme de ton âge.
Encore une fois, il venait de détourner sa réponse. Ce n'était pas la première fois, il agissait toujours de la sorte. Éviter les questions trop personnelles, il en était le maître et maîtrisait cet art à la perfection. Et alors que le sentiment d'échec prenait doucement place dans l'esprit de la Louve, il lui murmura à l'oreille, lui frôlant par la même occasion de ses lèvres :
- L'ambition est une chose essentielle si tu souhaites survivre dans ce dangereux monde, qu'est Port Réal. Si tu sais écouter et observer, alors tu maîtriseras l'échiquier sur le bout des doigts. Viens avec moi, allons retrouver les invités, ils doivent se demander où nous sommes passés. Il ne faudrait pas faire courir les rumeurs. Il éclata de rire, et lui prit la main, ne lui laissant pas d'autre choix que de le suivre.
Ils retrouvèrent les personnes les plus puissantes de Westeros, Oberyn louchant perpétuellement sur le corsage de la jeune femme. Être entourée de tous ces hommes la mettait fortement mal à l'aise et elle ne se sentait pas en sécurité. L'atmosphère était pesante et alors qu'elle tentait de se faire minuscule, elle avait la désagréable sensation d'être épiée. La Louve était la plus jeune, tous devaient avoir au minimum la quarantaine, elle ne se sentit pas à sa place. Roose discutait avec Doran et Melisandre. Cette dernière ne manquait pas de se faire remarquer en laissant balader ses mains sur leurs épaules. Le Bolton leva alors brutalement la tête et toisa ardemment la Stark, comme s'il venait d'entendre son prénom énoncé. La rousse fit mine de ne rien remarquer, alors qu'elle sentait ses yeux durs posés sur elle. Que me veut-il ? Me regarde t-il de la sorte à cause de Ramsay ? Son regard était aussi glacial et intimidant que celui de Tywin Lannister, il la dévisageait comme il l'avait fais une première fois dans le bureau de Stannis Baratheon. Un frisson lui parcouru le dos, quand il se décida à faire un pas dans sa direction, s'apprêtant à la trouver d'une démarche lente et assurée. Mais Melisandre le retint et lui attrapa le bras. Elle lui chuchota quelque chose à l'oreille, lui arrachant un rare sourire détaché, que la jeune femme n'avait encore jamais vu. Il ne doit pas sourire souvent. Que lui a t-elle dit ? finit-elle par se demander, les voyant saluer Baelish pour quitter l'établissement. Heureusement pour elle, elle put reprendre son souffle sans craindre l'approche de celui qui l'effrayait. Peut-être qu'en sa personne, elle retrouvait Ramsay, ce qui pouvait justifier cet affolement quand elle le voyait. Petyr arriva à sa hauteur, lui proposant une seconde coupe de champagne,qu'elle refusa d'un sourire réservé :
- Il se fait tard, tu devrais rentrer.
- Déjà ? demanda t-elle déçue de constater qu'elle n'avait pas mené à bien sa mission.
- Tu es une grande fille, et je ne suis pas ton père, tu peux faire ce que tu veux, mais sache que je dois partir. Je ne m'absente pas longtemps, je dois régler une affaire dans le Culpucier.
- Vous ne souhaitez toujours pas m'en dire davantage ? Un rictus s'empara de ses lèvres et il baissa sa garde.
- Je dois me rendre au Cabaret ma belle. Tu devrais rentrer, j'insiste, où tu risques de te faire dévorer par celui qui est déjà à moitié ivre et que tu appelles « professeur ».
Fortement gênée par cette conclusion, elle hocha la tête le regard fuyant, et partit avec lui. La nuit était tombée depuis un moment et le vent frais fit frémir son être. Elle sortit de son sac à main une petite veste qu'elle avait plié en quatre afin de la ranger à l'intérieur. Durant quelques minutes, il empruntèrent le même chemin, Petyr prenant soin de saisir la main de sa protégée. Il aimait la savoir près de lui, et surtout, il aimait la savoir en sa possession. Car pour Baelish, celui qui, depuis toujours avait fréquenté les femmes et travaillait dans le monde de la nuit, ne voyait pas les choses telles qu'elles étaient. Sansa était pour lui comme l'une de ses filles, se trouvant plus prestigieuse et méritante que la plupart d'entre elles. Ainsi, il voulait se conforter dans l'idée que rien ne pourrait lui arriver si elle était avec lui, et par la suite, elle finirait par le reconnaître à sa juste valeur. Il avait ce besoin malsain d'être considéré comme intouchable et de faire profiter de ce statut, ceux dont il pouvait profiter. Sansa était pour lui une proie facile :
- C'est ici que nos chemins se séparent, affirma t-il en déposant un baiser sur ses mains, qu'il avait jointes. Passe une bonne nuit ma belle, nous nous reverrons bientôt.
Elle le regarda s'éloigner, la démarche fière et le dos droit. Il s'évapora peu à peu dans la nuit, alors qu'elle attrapait son téléphone pour appeler Margaery. Peut-être allaient-elles pouvoir rentrer ensemble. Cependant, la Rose ne décrochait pas et la jeune femme ne prit pas le temps de laisser un message. Les rues étaient sombres et jamais elle n'était rentrée seule le soir. Alors qu'elle reprenait son chemin, elle tenta de se rassurer, s'entêtant lourdement sur des menaces fictives et imaginaires. Même si elle essayait depuis ces derniers temps de faire preuve de courage, elle demeurait de nature peureuse et était alerte, dès qu'un buisson bougeait sous les bourrasques de vent, dans la pénombre. La Louve longea avec hâte les rues, se pressant d'arriver à son appartement. La ville était calme et aucune voiture ne passait. Elle pensa soudainement à son frère et se remémora l'idée qu'un meurtrier courait en liberté dans Port Réal. Se sentant affreusement seule et facilement repérable, ses jambes devinrent molles sous la tension et elle se dépêcha un peu plus en accélérant le rythme de sa marche. Mais alors que le temps filait lentement, elle passa devant une ruelle sombre. L'inquiétude de ne pas voir l'allée la plongea dans des pensées grotesques. Et si quelqu'un attendait ? Elle se mit à courir en passant devant, quand une forme se jeta sur elle avec violence. Sansa n'eut pas le temps de comprendre, qu'elle se retrouva encerclée par des bras puissants, une main sur la bouche l'empêchant de crier. Ses yeux affolés ne savaient pas où se poser alors qu'elle se débattait, en vain, face à une personne dont la carrure l'emprisonnait sous sa force :
- Chut, prononça t-il doucement, arrête de gigoter.
Elle tenta de capter le son de la voix, mais son esprit tétanisé ne lui permettait pas de réagir correctement. Elle continuait à se débattre, criant alors que ses appels se perdaient sous la main appuyée contre ses lèvres :
- Arrête de gigoter, reprit-il en sentant le parfum de ses cheveux.
La jeune femme sentit son cœur exploser dans sa poitrine tant la situation était dangereuse, elle se trouvait accaparée par un inconnu en pleine nuit, et aucun secours ne pouvait lui venir en aide. En pleine crise de panique, elle ne put se contrôler et commença à pleurer, quand une personne passa devant la ruelle. Ainsi, elle eut espoir de se faire entendre en hurlant un peu plus fort, son cri résonnant davantage que lors de ses précédentes tentatives. Son agresseur grogna de fureur en constatant qu'elle était impossible à maîtriser, et alors qu'un son rauque sortait de sa bouche, l'inconnu s'arrêta devant l'allée :
- Il y a quelqu'un ? interrogea t-il à l'aveuglette, se doutant de quelque chose d'étrange.
Doran Martell ! pensa la Louve qui venait de reconnaître la voix de l'homme. Il traîna ses jambes jusqu'au son qui l'avait interpellé et s'engouffra dans la ruelle :
- Merde, lâcha l'agresseur qui libéra sur le coup la rousse, et s'enfuit en détalant, craignant de se faire démasquer.
- Il y a quelqu'un ? répéta une nouvelle fois Doran, qui s'apprêtait à rebrousser chemin, quand il entendit les pleurs incontrôlées de la Stark, sous ses spasmes irréguliers.
Il avança vers elle et vit sa silhouette se dessiner dans la pénombre. Alors, le Dornien comprit aussitôt qu'une agression venait d'avoir lieu et il se jeta sur elle, prévenant :
- Vous allez bien Madame ? Il reconnut Sansa et son visage se pétrifia. C'est vous ! Ma pauvre enfant, venez avec moi. Il l'emmena sous la lumière des lampadaires, sur le trottoir en face. Vous a t-on fait du mal ? Voulez-vous que j'appelle quelqu'un ?
- Robb... pensa t-elle en reniflant, Robb a toujours été présent pour moi. Non, il ne m'a rien fait, avoua t-elle tremblante.
- Voulez-vous que je contacte la police ?
Elle pensa aussitôt à Stannis et à l'enquête en cours. Sa réflexion la mena en quelques secondes à Ramsay, et toujours sous le choc, elle le crut coupable de l'agression. Toutefois, l'inspecteur ne serait pas en mesure de la conforter face à une telle horreur :
- Sandor, termina t-elle en gémissant, il faut appeler Sandor.
…
Le bruit puissant du moteur réveilla le quartier, il arriva et se gara sur le trottoir. D'un geste rapide, il enleva son casque et sauta de sa bécane pour voler au secours de Sansa. Cette dernière était assise sur un banc, en face de la ruelle sombre dont son regard ne réussissait à se détacher. Doran était toujours près d'elle, veillant à ce que ses larmes cessent. Sandor ne le remarqua même pas tant il était absorbé par la peine de son amie. Il se rua sur elle et s'agenouilla à sa hauteur :
- Ça va gamine ? Il s'est passé quoi ? rugit-il en attrapant sa main.
- On m'a attaqué.
- Quoi ? ? Le déchaînement de sa colère le rendit encore plus agressif qu'à l'habitude, et il attrapa son épaule par protection. Qui c'était ?
- Je ne sais pas, je n'ai pas vu son visage, lui répondit-elle doucement, en séchant ses yeux mouillés.
Le Limier se releva hors de lui, encore fois, on s'en était pris à son Petit Oiseau. Il grogna furieux en marchant de long en large, tentant de calmer ses nerfs à vifs. Doran, le voyant si contrarié, prit la parole :
- Je lui ai proposé d'appeler la police, mais c'est vous qu'elle a préféré voir.
L'homme se figea et se retourna vivement sur le Dornien, qui aperçut dans son regard noir, une irritabilité meurtrière. Il déglutit péniblement, regrettant d'avoir parlé :
- Vous êtes qui vous ?!
- Doran Martell, j'étais à la soirée d'inauguration de La Couronne, avec votre amie. C'est sur le chemin du retour que j'ai été alerté par des cris étouffés...
- C'est quoi La Couronne ? Il fixa ses jambes déformées, camouflées derrière sa canne. Et vous repartiez à pied dans cet état ? Vous alliez où ?
- Il s'agit du nouvel établissement de Petyr Baelish, je rentrais à mon hôtel, j'allais appeler un taxi...
- Quoi ? Encore cette enflure ?! le coupa Sandor, davantage enragé par les dires de l'homme. Il se retourna vers la Louve, recroquevillée sur le banc. Tu continues de le voir ?!
Elle ne répondit pas et baissa la tête, confuse. La jeune femme n'arrivait plus à penser correctement et ses idées étaient noircies par l'agression qu'elle avait subi :
- On s'en tape que tu le vois ou pas, avoua le Limier, le principal c'est que tu ailles bien. Faut que tu en parle aux flics, tu peux pas laisser ça sans les informer. Faut qu'ils retrouvent ce connard et le foutent en taule.
- Vous avez tout à fait raison Monsieur, il doit y avoir une enquête...
- On va avoir besoin de vous, le boiteux, continua t-il. Vous pouvez nous retrouver demain matin au commissariat de Port Réal ? J'accompagnerai la gamine, et vous leur direz ce que vous avez vu.
Il acquiesça, trouvant cela évident qu'il apporte son aide, après avoir été témoin de la scène. Sandor le remercia en lui serrant la main, la jeune femme en étant incapable, commençait à peine à se remettre de ses émotions. Il l'a fit monter sur sa moto et la raccompagna à son appartement. Une fois sur place, ils retrouvèrent Margaery, inquiète qu'elle n'ait pas répondu à ses appels. L'homme lui raconta les faits, laissant la Rose désemparée par la dangerosité des rues de la capitale, puis, alors qu'elle menait la rousse jusqu'à sa chambre, il prit la décision de rester. Il dormirai sur le canapé, mais il était hors de question qu'il laisse le Petit Oiseau seule et sans défense.
…
Son sommeil avait été chamboulé par des cauchemars, se retrouvant dans cette même allée sombre. Sansa se leva, la mine éreintée. Son amie l'entendit et vint frapper doucement à sa porte, puis entra. Les draps étaient trempés sous l'agitation de ses rêves et elle vint l'aider à reprendre ses esprits en la conduisant jusqu'à la cuisine. Sandor n'avait pas dormi de la nuit et était debout, attendant le lever du jour depuis un bon moment. Sa rage ne s'était pas estompée et il lança un mince sourire à la jeune femme, en voyant ses yeux rougis :
- As-tu réussi à dormir un peu ? demanda la Rose en lui préparant un thé.
- Pas très bien.
Elle lui tendit la tasse bouillonnante puis sortit des biscuits qu'elle lui proposa délicatement :
- Il faut que tu prennes des forces, Sandor t'amènera au poste de police en suivant... Si tu savais comme je m'en veux de ne pas avoir répondu pour être venue au devant de toi. Si nous étions rentrées ensemble, rien de tout cela ne serait arrivé.
- Laisse la déjeuner, gronda Sandor en voyant que la discussion la replongeait dans les souvenirs.
Durant toute la matinée, elle n'avait émis aucun mot, se contentant de faire ce qu'on lui conseillait. Elle se prépara rapidement et partit avec l'homme. Ce dernier vérifia si elle avait bien serré le casque puis démarra, faisant attention à ne pas la bousculer avec la vitesse :
- Tiens toi bien, lui dit-il en accélérant par nécessité.
Sansa ne répondit pas et se plaqua un peu plus contre lui, sentant l'odeur du cuir qu'il portait. Il s'habillait toujours de la sorte, son fidèle blouson, son jean troué et ses rangers militaires. La jeune femme observa autour d'elle, le visage tourné vers la rue. La ville était déjà bondée, animée par les passants, alors qu'il n'était même pas midi. La vitesse et le bruit de la bécane lui donnèrent le tournis, et elle ferma les yeux, cherchant un apaisement impossible. Une fois arrivés sur place, Sandor tenta de se garer correctement. Pourtant, à son habitude, il se moquait éperdument de sa conduite. Mais la Louve n'était pas bien et il tentait de se montrer bienveillant. Il vit au loin Doran arriver de sa démarche oscillante, et il ne put s'empêcher de se moquer intérieurement, de constater qu'une telle allure avait fais fuir l'agresseur :
- C'est sympa d'avoir tenu parole, lui lança t-il quand il arriva à sa hauteur.
- Cela est tout à fait normal Monsieur, il l'invita à entrer en premier dans le bâtiment, la Louve au milieu, Doran refermant la marche.
A peine étaient-ils entrés qu'il virent Stannis. Ce dernier releva la tête en entendant la porte s'ouvrir et il fronça les sourcils, voyant les visages familiers. Il vint à leur rencontre, se doutant de quelque chose :
- Que se passe t-il ? questionna le Cerf, devant l'état de la Louve.
- Elle a été agressée, lui répondit Sandor, en s'affirmant responsable de la jeune femme.
- Agressée ? Il jeta un regard méfiant à Doran. Veuillez me suivre dans mon bureau, nous y serons mieux pour en discuter. Vous allez me raconter ce qu'il s'est passé.
Sansa pleurait à chaudes larmes, se rémorant douloureusement les événements de la veille. Le visage du Limier était tiré, embarrassé de voir la jeune femme dans cet état de peur continue. Il passa une main dans son dos pour la calmer, alors que Doran racontait à son tour les faits. Le Cerf écoutait attentivement, ses traits restant impassibles :
- Les agressions ne sont pas rares à Port Réal, toutefois, elles sont généralement plus fréquentes dans les quartiers difficiles comme le Culpucier... L'hôtel que vous mentionnez se trouve près du Donjon Rouge, lieu sous haute surveillance. Son regard se détacha du Dornien pour se poser sur la rousse. Celui qui vous a attaqué Mademoiselle, est un fou. Jamais je n'ai rencontré de cas similaire, et s'il ne voulait pas attirer l'attention sur sa personne, alors je ne sais pas ce qu'il cherchait.
- C'est évident non ? gronda Sandor sur la défensive.
- Il n'y a aucune trace d'agression, nous ne pouvons pas l'affirmer Monsieur Clegane. Malheureusement, avec le peu d'informations que vous me donnez, je ne peux pas faire grand chose pour vous aider...
- Hein ?! Le Limier se leva d'un bond, faisant grincer sa chaise qui reculait.
- Laissez-moi terminer je vous prie, continua l'inspecteur qui ne souhaitait pas un rapport de force. Je ne vais pas ouvrir une enquête à proprement parlé car nous n'avons aucune piste, de plus, comme je vous l'ai dis, il n'y a pas eu agression réelle. Mais je peux tout de même faire des recherches pour lever le voile et peut-être retrouver l'agresseur. Stannis se tourna à nouveau vers Doran, qui le toisait incertain. Vous m'avez dis Monsieur Martell, que Sansa Stark et vous-même, reveniez d'une soirée arrosée, une inauguration, n'est-ce pas ?
- C'est exacte, il hocha la tête.
- Nous allons laisser Mademoiselle reprendre ses esprits. Pouvez-vous me dire qui étaient présents à cette soirée, et surtout, qui a pu être susceptible de s'en prendre à la jeune femme ici présente. Cependant, il faut rester cohérent et ne citer que ceux dont le comportement laissait à désirer, je cible surtout des personnes alcoolisées ou sous substances illicites...
Il bredouilla quelques mots, sa gorge se serrant en pensant à son frère. Stannis le dévisagea, sentant qu'il allait lui cacher la vérité :
- Monsieur Martell, je connais ce genre de lieux et les personnes qui les fréquentent. Je sais aussi ce qu'il s'y passe, alors dites moi simplement la vérité, je ne serai pas étonné.
- Bien... commença Doran en se mordant l'intérieur de la bouche sous la déclaration qu'il s'apprêtait à faire. Il y avait Petyr Baelish, il était tout aussi prétentieux qu'à son habitude, et est resté un long moment en compagnie de Sansa Stark. Puis il s'est absenté. Ensuite, il y avait Tywin Lannister, Roose Bolton. La Louve frissonna et afficha un regard fuyant. Roose et moi discutions, quand Melisandre d'Asshaï nous a rejoins. Le visage du Cerf se ferma et il parut davantage attentif.
- Continuez...
- Elle et Roose ont quitté l'hôtel peu avant minuit. La mâchoire de Stannis se serra fortement. Et en dernier, il y avait mon frère, Oberyn.
- Que s'est-il passé avec lui ? interrogea l'homme, suite à la faible intonation du Dornien, en terminant son récit.
- Oberyn reste ce qu'il est, vous savez, mais il ne ferait jamais de mal à une femme. Il a juste bu une coupe en trop, cela arrive à tout le monde.
- Je vois. Il ne lui fallut pas plus de renseignements pour comprendre. Je vais interpeller ces personnes et les confronter à Mademoiselle Stark, ainsi, elle pourra peut-être essayer d'identifier un coupable potentiel. Après cela, nous commencerons des recherches plus approfondies. Mais avant tout, il nous faut une piste. Il regarda Sansa, et lui demanda calmement. Avez-vous une idée, une information à me donner ?
- Ramsay, lâcha t-elle. Il m'a appelé dernièrement et m'a menacé.
- Nous le savons, nous l'avons mis sur écoute.
- Et vous n'avez rien fait ?! hurla Sandor en frappant du poing le bureau. Vous êtes complètement irresponsables, ce type effraie la gamine, vous le savez et vous n'agissez pas !
- Nous attendions une nouvelle approche, lui avoua l'inspecteur, piqué par son comportement. Maintenant, nous allons pouvoir agir. Il soutint son regard noir en accentuant la fin de la phrase. Nous allons interpeller Ramsay Bolton, et le confondre avec les autres suspects.
…
Quand elle revint quelques jours plus tard, au poste de police, l'atmosphère était pesante et le poids de la peur s'attardait à nouveau sur ses épaules. Elle avançait lentement, trouvant le bureau de Stannis, qui était occupé à pianoter sur son ordinateur. Lorsqu'elle entra, il enleva ses lunettes de vues et se leva pour lui serrer la main :
- Bonjour Mademoiselle Stark, comment vous sentez-vous ?
- Mieux.
- Bien, suivez moi, nous allons pouvoir commencer. Il l'invita à le rejoindre dans une petite salle.
La pièce était minuscule, et était encombrée d'ordinateurs et appareils électroniques. En face d'elle se trouvait une immense vitre, assombrie de l'autre côté :
- Sont-ils derrière ? demanda t-elle en reprenant sa respiration, qui devenait difficile.
- Oui. Mais avant de vous expliquer le déroulement, j'aimerais vous poser une question. Vous étiez à l'inauguration de Petyr Baelish, que faisiez vous là-bas ? Étiez-vous avec lui parce que je vous ai demandé des informations le concernant ?
- Oui...
Stannis soupira et croisa les bras, affichant une moue tordue sous la culpabilité. Puis, il reprit ses esprits et continua sagement :
- Je vois, vous me voyez désolé de vous avoir demandé cela, c'était idiot de ma part, je n'avais pas à vous mêler à cette enquête.
- Au contraire, le coupa la rousse timidement, je veux aider, je veux aider à retrouver l'assassin de mon frère.
- Je comprends...
- Il ne m'a rien dis d'important... La seule chose étrange, est qu'il vous a mentionné, vous, ainsi que vos frères, et mon père.
- Comment cela ? Le Cerf la dévisagea, attendant la réponse avec intérêt.
- Petyr a dit que vos frères, ainsi que mon père n'avaient pas accepté de se joindre à la soirée. Quant à vous, il n'a pas souhaité vous le demander, jugeant que vous mêler à son entourage n'était pas une bonne idée.
L'homme soupira longuement, sans répondre. Il avait écouté avec attention ce que venait de lui déclarer la jeune femme, et c'est sans ménagement qu'il tournait les hypothèses dans son esprit. Il porta une main à sa bouche, en méditant, alors que ses doigts se posaient sur un bouton de l'ordinateur :
- Je vous remercie pour ces informations Mademoiselle Stark. Nous allons revenir à ce qui vous concerne. Il pointa d'un doigt ce qui leur faisait face. Derrière cette vitre se trouve les hommes suspectés de vous avoir agressé. Il ne nous verrons pas, mais nous si, je vais allumer la lumière et vous les observerez avec attention. Essayez de vous remémorer des détails de la scène, même si cela va vous demander des efforts. Tentez de voir si quelque chose pourrait correspondre à l'un de ces hommes.
Il appuya sur le bouton et la Louve sursauta en les voyant apparaître devant elle. Son regard se posa sur Ramsay, dont les yeux perfides ne cessaient de la dévisager à travers le miroir. Pourtant il ne la voyait pas, mais la sensation d'être scrutée était présente. A côté de lui se trouvait Joffrey, mais elle ne fut pas étonnée de le voir :
- Oncle Stannis ! Laisse moi sortir, ce n'est pas drôle.
- J'ai appris par une source confidentielle que vous avez été approchée par mon neveu, et que votre discussion n'a pas été des plus agréables, expliqua le Cerf.
Oberyn était aussi présent, ses yeux reflétant une incompréhension totale, lui qui se voyait être le professeur et non l'agresseur présumé. Stannis avait voulu rassembler l'entourage de la jeune femme, et cela commençait avec l'université. Drogo avait lui aussi été convoqué, malgré ses rares conversations avec Daenerys, elle le croisait parfois. Baelish affichait son sourire narquois, observant avec mépris la vitre, quant à Tywin Lannister, sa fierté sans nom empestait la salle et il attendait, le menton relevé.
- Où se trouve Roose Bolton ? demanda Sansa inquiète, vous ne l'avez pas convoqué ?
- Je sais qu'il n'a pas pu vous attaquer.
- Comment pouvez-vous en être sûr ?
- Je le sais.
Il s'était rendu chez Melisandre la veille et cette dernière lui avait assuré, entre deux sourires charmeurs, qu'elle avait quitté l'hôtel avec Roose. L'homme se trouvait donc lavé de tout soupçons : il ne pouvait pas se trouver à deux endroits en même temps. Cela était devenu fréquent, dès qu'elle terminait son spectacle au Cabaret, il retrouvait la femme rouge vers deux heures du matin. Malgré le fait qu'elle demeurait suspecte dans l'affaire de Balon Greyjoy, il avait baissé sa garde pour lui faire aveuglément confiance et lui raconter ses déboires. Mais Melisandre était toujours de bons conseils :
- C'est Ramsay, termina la jeune femme d'un ton sec. Elle n'avait pas pris la peine d'examiner plus longtemps, son cœur tétanisé sous la rancœur, parlant sans jugement. C'est Ramsay, j'en suis certaine.
- Alors nous allons le placer en garde à vue, et l'interroger dans les prochains jours.
…
Deux jours avaient passé. Il était quatre heure du matin et Stannis somnolait. L'homme rêvait de l'enquête, et alors qu'il touchait du doigt la vérité, trouvant le coupable de toute cette mascarade morbide, il se sentait mal. Sa poitrine se serrait alors que les larmes montaient sans qu'il ne puisse les contrôler. Dans sa main se trouvait la photo de Roxanne, Davos lui faisant face riait aux éclats, le pointant d'un doigt accusateur. La sensation qu'il ressentait le rongeait intérieurement et comme s'il avait été trahi, son corps se déchira avec une douleur telle, que cela le réveilla en sursaut. Melisandre était à côté et dormait profondément. Elle avait quitté le Culpucier plus tôt qu'à l'ordinaire, pour rentrer à son appartement à minuit, à peine. Le Cerf passa une main dans ses cheveux et se tourna sur le côté, essayant de se rendormir. Mais alors qu'il venait de fermer les yeux, son téléphone sonna. L'inspecteur s'emporta lentement, maudissant celui qui l'empêchait de retrouver son sommeil agité. Robert ? se dit-il en voyant le nom apparaître sur l'écran. Que me veut-il à une heure pareille ?:
- Allô ? chuchota t-il en se levant discrètement pour changer de pièce.
- Stannis, c'est moi. Il fut étonné de l'entendre l'appeler ainsi et comprit au son de sa voix qu'il y avait un problème.
- Que se passe t-il mon frère ?
- C'est Joffrey, continua t-il alarmé, il vient d'être conduis d'urgence à l'hôpital. Il a été retrouvé inconscient.
- Quoi ? J'arrive, je t'y retrouve au plus vite.
Il se rhabilla en vitesse et quitta l'appartement en fermant lentement la porte. Une fois dans sa voiture, il reprit le rythme et c'est en dépassant les gêneurs sur la route qu'il arriva rapidement à l'hôpital de Port Réal. Il s'agissait du centre médical le plus grand de Westeros et les patients les plus souffrants venaient s'y faire soigner :
- Je viens voir Joffrey Baratheon, dit-il froidement à la secrétaire à l'entrée. Il lui présenta son insigne, sachant que le geste aurait plus d'impact.
- Il est en réanimation Monsieur, au cinquième étage.
Il ne prit pas la peine de la remercier et couru dans le couloir pour trouver l'ascenseur. Stannis s'inquiétait pour son neveu, avec ce qu'il se passait dans les environs, chaque mauvaise nouvelle lui paraissait être une continuité de l'enquête. Pourtant il n'était pas proche de lui, mais en repensant à la gravité des dires de Robert, pour son frère, il se devait d'être présent.
En sortant de l'ascenseur, il trouva rapidement la chambre et surprit Cersei, quittant la pièce en pleurs. Merde, pensa t-il en s'arrêtant pour la suivre du regard. Le Cerf passa la porte pour trouver le jeune homme installé dans un lit, encerclé de tuyaux le reliant à diverses machines. Robert était assis à son chevet. Quand il le vit, il se leva et le serra dans ses bras :
- J'ai fais aussi vite que j'ai pu... lui murmura t-il en lui tapant le dos pour le soutenir.
- Il est trop tard mon frère.
Stannis jeta un œil sur Joffrey. Il l'avait pourtant vu quelques jours plus tôt, durant la confrontation, mais le trouvait cependant changé. Sa gorge semblait irritée sous des marques violacées, alors que son visage était serré sous une douleur qui ne paraissait pas apparente. Robert lui tendit l'analyse médicale faite une fois son hospitalisation, une heure auparavant. L'inspecteur, étant habitué à ce genre d'informations, déchiffra rapidement les abréviations scientifiques, quand une attira son attention. Il releva la tête abasourdi :
- « L'Étrangleur ? »
- Oui, c'est bien cela Stannis, s'emporta t-il d'une voix puissante. Mon fils à été empoisonné, et tu vas retrouver qui est le coupable de cet acte, avant que je ne le retrouve moi-même...
L'homme se retrouvait avec trois corps et trois enquêtes ouvertes. Il n'y avait jamais eu autant de victimes à la capitale que ces derniers temps, et la famille du Cerf venait d'être visée.
Vous avez l'impression que tout part dans tous les sens ? C'est normal x)
A bientôt !
