Hello chers lecteurs !

Je m'excuse du retard de publication mais j'ai eu du mal à écrire cet épilogue (J'en ai fait au moins 8 versions différentes avant de finalement décider de vous présenter celle-ci). Et puis, je dois avouer que ce qui s'est passé dans les derniers jours/semaines n'a pas nécessairement été très propice à l'écriture. Mais je suis de retour avec cet épilogue, et même avec les idées de certains bonus ! Alors j'espère que ce dernier chapitre sera à la hauteur de vos espérances !

RàR :

lesacccrocsdelamerceri : Je suis contente si tu as ressenti l'angoisse du chapitre, j'ai réussi mon effet ! (Mais non il n'y a pas de rire sadique en accompagnement, promis!) Concernant les bonus, tu m'aides énormément ;) Tu es sûre qu'il n'y a pas un ou deux éléments qui t'intéresseraient ? Enfin, qui sait, peut-être que ce chapitre va te donner quelques idées, sait-on jamais ! ;)

Curley : Merci infiniment pour ta review, elle m'a énormément touchée ! Concernant la chronologie, je ne peux pas te dire grand chose car je me suis arrêté à la saison avec le Nogitsune, tout le reste, je l'ai inventé du coup... (Et pour Genim, j'ai pris le nom le plus usité mais après, je crois qu'à aucun moment dans la série il ne dévoile véritablement mais bon :P). Sinon j'ai noté tes idées de bonus et je pense pouvoir faire quelque chose pour son passé à Tokyo. Mais en ce qui concerne sa réconciliation avec son frère, ça risque d'être un peu difficile puisqu'elle meurt à la fin du chapitre 4... Quoique... (Non je plaisante, l'épilogue était déjà écrit - même si je l'ai encore quelque peu modifié - quand tu m'as laissé ta review donc même à genoux, tes supplications ne changeront rien (Mouahahaha... Mais non je plaisante, tu vas avoir une surprise). Mais je ne vais pas t'en dire plus pour l'instant, je te laisse "savourer" cet épilogue et 'espère qu'il sera à la hauteur de tes espérances !

Sur ce, bonne lecture à vous et on se retrouve en fin de chapitre pour un dernier brief !

A tout de suite !

Lyana.


Coming home

30 mai

Il poussa un long soupir en claquant la portière de sa Jeep : il était exténué. Dans sa poche, les clés du loft qu'il partageait avec Derek semblaient peser aussi lourd que son cœur gonflé de tristesse et de remords. Glissant ses doigts dans son pantalon, il s'en empara pour les introduire dans la serrure, avant de pousser la porte et de la refermer d'un coup de pied.

- Tu es déjà rentré ? Je croyais que tu finissais à dix-neuf heures…

Stiles lança un coup d'œil distrait à sa montre à la question de Derek avant d'hausser les épaules en allant le rejoindre sur le canapé. Devant le visage sombre de son Compagnon, le loup fronça les sourcils avant de refermer le roman qu'il était en train de lire, le déposant sur la table basse négligemment, puis tendit la main pour entrelacer ses doigts avec ceux de l'humain qui se laissa tomber comme une masse à ses côtés.

- Jonson m'a viré.

Derek écarquilla les yeux à ces mots : il ne savait pas ce qui le choquait le plus, le renvoi en lui-même, ou la façon dont Stiles le lui avait annoncé, avec le désintérêt le plus total. Troublé, il se redressa un peu plus avant d'enlacer les épaules de son Compagnon doucement, glissant ses doigts dans ses cheveux doucement. Cependant, pour la première fois, l'humain s'écarta, se détachant de lui pour aller se poster près de la fenêtre à l'autre bout du loft en croisant les bras. Fronçant un peu plus les sourcils, Derek se leva à son tour et s'approcha, cherchant à comprendre d'où venait le profond désespoir qu'il sentait émaner de la silhouette fine du dernier humain de la meute.

- Qu'est-ce qui se passe, Stiles ?

- Ça va faire trois ans, Derek.

Le loup-garou papillonna des paupières à ces mots, penchant sa tête sur le côté dans l'espoir de trouver une explication. N'en trouvant aucune, il jeta un coup d'œil discret à son portable avant de sentir une masse de plomb tomber au fond de son estomac. Le sang afflua à ses tempes alors qu'il s'empêchait de tituber en rangeant son téléphone, lançant un regard désolé à son petit-ami qui ne le vit pas. Les poings serrés, il se contentait de fixer la fenêtre avec rage, le cœur battant trop vite à sa poitrine, écho douloureux des mouvements irréguliers de ceux de Jackson et Boyd lors que la dernière bataille de Beacon Hills.

- Stiles…

- Dans deux jours, ça fera trois ans qu'ils sont morts. Trois ans que Peter est parti à New York, trois ans que mon père a sombré une nouvelle fois. Trois ans que la meute s'est séparée, trois ans que tu es l'unique repère que j'ai. Tout autant de temps que je me débats pour m'en sortir alors que je n'ai qu'une seule envie, les rejoindre.

Les mots crus de son amant creusèrent une nouvelle plaie dans le cœur déjà malmené de Derek, mais il ne lui en fit pas part, préférant garder le silence en déglutissant légèrement. Doucement, il glissa ses doigts dans ses cheveux sombres avant de tendre à nouveau la main vers l'humain qui commençait à gratter ses bras à travers ses manches. Quand l'odeur métallique du sang lui parvint aux narines, le loup s'approcha un peu plus pour se saisir de la main de l'hyperactif fermement, l'empêchant de rouvrir encore plus ses plaies.

- Stiles, tu te fais du mal…

- Mais tu ne comprends pas ! Bordel, Derek, j'ai tué ma sœur ! J'ai tué ma sœur alors qu'elle ne voulait que sauver ma peau ! Tu ne peux pas comprendre, toi, ça t'a fait plaisir de tuer ton taré d'oncle, c'est un truc qui se fait dans votre famille ! Mais pas dans la mienne ! Nous, on était encore normaux jusqu'à cet instant, on serait restés normaux si vous… si le surnaturel ne s'en était pas mêlé.

Perdu dans ses pensées et dans sa douleur, il ne vit pas l'éclair blessé qui traversa les yeux bleus de Derek, continuant sur sa lancée à la place. Nerveusement, il commença à gesticuler, donnant un coup de pied dans la table basse qui céda, déversant le contenu de la tasse de café froid sur le sol en béton. Du coin de l'œil, il vit le liquide sombre imprégner les papiers qui s'étaient éparpillés, remarquant à peine qu'il s'agissait de ceux que Derek avait rassemblés dans l'espoir d'enfin pouvoir se marier. Trop égaré dans les méandres de ses pensées et de sa culpabilité, il s'agrippa les cheveux en continuant.

- Vous êtes des loups ! C'est normal pour vous de tuer, c'est dans votre nature, mais moi, j'étais normal ! Je n'ai pas demandé à entrer dans toute cette merde, j'aurais voulu avoir une vie normale ! Mais au lieu de ça, j'ai détruit ma famille, j'ai perdu mon meilleur ami, je me suis éloigné de mes amis et j'ai tué ma sœur ! Vous ne m'avez apporté que du malheur avec vos histoires surnaturelles. Vous êtes tous des meurtriers ou des tarés psychopathes dans votre famille, Der', franchement, j'aurais préféré ne jamais vous connaître !

Ce ne fut qu'une fois que sa voix s'éteignit qu'il mesura la portée de ses paroles. Blêmissant à vue d'œil, il écarquilla les yeux en voyant la lueur peinée au fond des yeux de son fiancé, mettant ses mains sur sa bouche pour retenir son hoquet de stupeur : est-ce qu'il venait vraiment de dire ça ? D'après la tristesse visible dans le regard du loup, oui, il n'avait pas fait que le penser.

- Der', Derek, je suis désolé…

Mais le lycanthrope balaya sa main du revers de la sienne, s'éloignant suffisamment pour être hors de sa portée, les yeux baissés. Grâce au lien de Compagnon, l'humain n'eut aucun mal à sentir le désespoir de son petit-ami, sentant même ses yeux le piquer désagréablement alors qu'un reniflement échappait au plus âgé. Se sentant pire que tout, il se mordilla la lèvre inférieure avant de tendre à nouveau la main, mais Derek s'échappa à nouveau.

- Je ne voulais pas dire ça, Der', mes mots ont dépassé ma pensée, je me suis laissé emporter.

Mais ses excuses ne parvinrent pas jusqu'au loup qui se recula jusqu'à mettre le canapé entre eux. Déglutissant nerveusement, Stiles s'immobilisa et lui lança un regard suppliant, priant intérieurement pour ne pas avoir tout détruit. Seulement le loup ne le vit pas. Comme un automate, il recula encore de quelques pas avant de tourner les talons pour traverser le loft, attrapant au passage ses clés de voiture et sa veste en cuir qui trainaient sur une des chaises dans le hall.

- Derek !

Quand la voix désolée et suppliante lui parvint, l'aîné s'immobilisa, ses narines frémissantes, mais il ne resta pas immobile très longtemps. Déglutissant nerveusement, il reprit sa route, ouvrant la porte d'un geste sec avant de s'arrêter sur le palier pour lancer un regard à l'humain hyperactif par-dessus son épaule.

- J'ai besoin de prendre l'air, Stiles… ne m'attends pas.

Et quand il referma la porte, il entendit l'humain jurer avant de se laisser tomber à genoux. Le cœur douloureux, il continua sa route, déverrouillant sa voiture avec un peu trop de force, ses griffes égratignant légèrement sa carrosserie. Tandis qu'il mettait le moteur, il entendit les battements effrénés du cœur de Stiles, ainsi que ses sanglots, mais ils ne furent pas suffisants pour occulter sa propre peine et la douleur poignante qui lui traversait le cœur. Alors, pour la première fois depuis qu'il connaissait son humain, il se fit passer en premier, et s'éloigna pour lécher ses propres plaies.

x.X.x

1er juin

Il faisait gris. Le ciel de Beacon Hills était chargé de nuages. En levant les yeux vers les cumulus qui s'agglutinaient au-dessus du cimetière où il se trouvait, Stiles se surprit à espérer qu'un groupe de sorcières s'en échappe et vienne le tuer pour abréger ses souffrances. Quoique que tout bien réfléchi, n'importe quelle créature surnaturelle ferait l'affaire : il en avait assez de lutter en vain contre des choses qu'il ne pouvait pas maîtriser. Tout ce qui lui était arrivé de bien dans sa vie, il avait fini par le détruire : il avait tué sa sœur, avait rendu son père malheureux, avait perdu son meilleur ami qui lui avait reproché la mort des loups de la meute… la dernière en datant étant qu'il avait blessé et repoussé Derek, l'homme qu'il souhaitait épouser et avec lequel il voulait faire sa vie. En baissant la tête, il émit un petit rire sans joie avant de reporter son attention sur la tombe devant lui, ainsi que les noms qui y avaient été gravés. Les effleurant du bout des doigts, il finit par baisser la tête pour cacher ses larmes.

- Pourquoi t'as eu confiance en moi ? Je ne fais que détruire ceux que j'aime, les blesser…

Durant quelques instants, il lutta contre ses larmes, se mordant la lèvre pour les retenir, avant d'abandonner et de baisser les armes. En quelques secondes, ses genoux lâchèrent pour s'enfoncer dans les graviers et la terre boueuse bordant la tombe, tandis que ses doigts se glissaient dans ses cheveux pour les agripper, comme s'il souhaitait se les arracher. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ses larmes débordèrent et vinrent rouler sur ses joues, y laissant des sillons brûlants et presque douloureux.

- Depuis que tu es partie, tout va de mal en pis. Papa s'est remis à boire, et moi… Bah moi j'déconne. J'ai lâché tout c'que je faisais avant, et ce n'est pas suffisant. J'me suis fait virer il y a deux jours, parce que j'ai osé défendre une collègue qui se faisait harceler par un gros nul de client, et en plus, j'ai blessé Derek ! Il n'est pas revenu depuis d'ailleurs, je pense qu'il ne reviendra pas, j'ai dû le pousser à bout.

Pitoyablement, il essuya ses yeux du revers de son bras, tirant sur sa manche pour bien cacher les marques qui parsemaient sa peau, plus ou moins guérie. Tentant de garder un souffle plus ou moins calme, il releva la tête pour lancer une œillade circulaire aux tombes qui l'entouraient. Au loin, il aperçut Erica, debout devant la tombe de Boyd, ainsi que Scott et Lydia devant celle de Jackson. Il aurait aimé les rejoindre, mais après la bataille, les loups lui avaient clairement fait comprendre qu'il n'avait pas sa place avec eux, devant ces pierres grises, parce que c'était à cause de lui, de sa rancune, qu'ils étaient morts. En trois ans, ça n'avait pas changé, ça avait même empiré, mais il s'y était fait. Du moins en apparence, parce que ça le blessait toujours autant à l'intérieur.

- Il n'y a qu'Allison qui me parle encore. Sûrement parce qu'elle sait que ce n'est pas vraiment notre faute, que nous avons tous notre part de responsabilité dans ce qui s'est passé, quoiqu'ils en disent… Même si c'est vrai que la mienne est plus grande que la lueur.

Alors que ces quelques mots franchissaient la barrière de ses lèvres, il vit, au loin, les loups et la banshee se tourner vers lui, lui lançant un regard si froid qu'il se sentit malgré la distance et il s'obligea à baisser les yeux. Tremblant légèrement, il n'eut aucun mal à ressentir leur animosité et leur rancœur, ce qui l'amena à se recroqueviller un peu plus en gémissant, ses doigts se serrant sur les manches de son pull douloureusement. Il savait qu'ils avaient toutes les raisons du monde de lui en vouloir, mais ça faisait mal, affreusement mal. Nerveusement, il renifla avant de se mettre à trembler, fermant les yeux un peu plus fort en entendant des bruits de pas s'approcher : ils avaient enfin décidé de venger leurs compagnons morts, ils venaient s'en prendre à lui.

- Tu ne devrais pas baisser les yeux, Genim, tu n'es pas plus fautif qu'eux. En fait, tu es même le moins fautif de tous puisque tu n'es qu'humain.

L'hyperactif mit quelques instants avant de réaliser qu'il n'avait pas rêvé. Cette voix grave, légèrement rauque, il ne l'avait pas attendue depuis trois longues années, pourtant, il n'eut aucun mal à la reconnaître. Ce fut d'ailleurs ça qui lui fit le plus mal, en trois ans, il continuait de l'entendre, malgré le temps écoulé. Cependant, c'était la première fois qu'elle le réconfortait. D'ordinaire, elle l'enfonçait, le culpabilisait et le rabaissait, lui rappelant la réalité des faits… c'était plus facile que de l'entendre lui dire que ce n'était pas sa faute.

- L'être humain est imparfait, Gen'. Parfois, il a peur, il lutte, il aime ou rejette, il a des rancœurs… C'est cet ensemble d'émotions et de défauts, qui en fait un être à part entière. Eux aussi, avant d'être transformés, étaient humains, sauf qu'ils l'ont oublié. Le surnaturel ne rend pas meilleur, il rend juste puissant, et chacun gère cette nouveauté à sa manière, Genim.

Le jeune homme hoqueta un peu plus, rentrant la tête dans ses épaules alors qu'un grondement de tonnerre troublait l'atmosphère lourde. Quelques secondes plus tard, les premières gouttes de pluie s'abattirent sur le cimetière, trempant ses vêtements en quelques secondes. Il ne tarda pas à avoir froid, mais il ne bougea pas, comme s'il avait peur de faire disparaître la voix en se levant : il ne voulait pas la perdre une nouvelle fois, pas à alors qu'elle le consolait enfin.

- L'unique raison pour laquelle ils te rejettent, c'est parce qu'eux n'ont pas été à la hauteur. Ce n'était pas à toi de sauver tout le monde, ça, c'était notre rôle, à Mihaël, à moi, voire même à Chris et John… à la rigueur à la meute, mais certainement pas le tien. Alors tu vas me faire le plaisir de te reprendre, d'aller chercher ton petit-ami, et surtout, d'arrêter de me tourner le dos, j'ai l'impression que tu me prends pour une apparition et ce n'est pas très agréable quand on sort de l'enfer !

Cette simple phrase acheva de troubler Stiles. Serrant un peu plus ses mains sur ses épaules, s'enfonçant ses ongles dans son pull, si fort qu'il le sentit sur sa peau, il hoqueta en baissant la tête pour cacher son trouble. Dans sa tête, Sian l'appelait toujours Stiles, jamais Genim. Mais surtout, dans sa tête, elle n'était pas sarcastique. Alors il prit son courage à deux mains : s'il rêvait, il était temps de faire face à sa culpabilité. Lentement, tremblant, il se redressa avant de tourner la tête. La première chose qu'il vit fut une paire de baskets délavées, puis il vit deux béquilles enfoncées dans les graviers. Déglutissant nerveusement, il fronça les sourcils en relevant lentement la tête, jusqu'à ce que ses yeux rencontrent deux orbes whiskies, rieurs et plus tendres que dans son souvenir.

- Salut, Gen'.

Stupéfait, il ne cacha pas son tremblement, balbutiant quelques paroles incompréhensibles avant de voir son champ de vision se tâcher de noir. Et quelques secondes plus tard, il s'effondra sur la pierre tombale devant laquelle il se recueillait.

x.X.x

Sa tête était lourde, mais pour la première fois depuis trois ans, il avait l'impression de flotter sur un duvet doux. En sentant le bout de ses doigts picoter, comme s'ils étaient stimulés par des piqûres d'aiguilles, il comprit qu'il était en train de revenir à lui, et il désespéra en réalisant que sa quiétude était terminée. Cherchant à se raccrocher comme il pouvait au calme sombre qui l'entourait, il ne se rendit pas immédiatement compte des voix basses et précipitées qui chuchotaient autour de lui.

- Je vous avais bien dit que c'était une mauvaise idée, il n'était pas capable de faire face à un tel choc !

Malgré son mal de tête, il reconnut la voix grave, inquiète et surtout bougonne de Derek. Aussitôt, son cœur bondit dans sa poitrine : il était revenu ! Son loup ne lui en voulait plus et était de retour à ses côtés !

- Tu as le beau rôle, c'est toi qui l'as abandonné depuis trois jours ! Dans son état, c'était bien la dernière chose à faire…

La seconde voix, plus rapide et basse, ne réveilla aucun souvenir chez lui, aussi ne s'y attarda-t-il pas, trépignant d'impatience à l'idée de pouvoir retrouver son Compagnon et s'excuser platement des propos enflammés qu'il avait tenus trois jours plus tôt.

- Oh, fermez-la tous les deux ! Si vous croyez que c'est le moment de vous quereller ! Et puis, ça fait trois ans que vous ne vous êtes pas vus, vous êtes vraiment obligés de faire vos têtes de lard ?

Ce fut le « Oui ! » prononcé d'une seule et même voix irritée qui acheva de réveiller Stiles, lui arrachant un léger sourire alors qu'il commençait à papillonner des yeux. Presque aussitôt, le silence tomba, avant d'être à nouveau troublé par une cavalcade qui amena un léger rire à la personne assise à ses côtés. Cependant, avant qu'il n'ait pu ouvrir entièrement les yeux, la voix la plus proche s'éleva derechef.

- Papa, tu veux bien garder un œil sur eux ? Je ne sais pas, qu'ils aillent aider Miha avec les cartons, je n'en ai aucune idée mais pitié, sinon je vais les tuer !

Stiles sourit un peu plus quand les protestations s'élevèrent, avant d'enfin réussir à ouvrir les yeux. La lumière lui brûla les iris et il gémit en tournant sa tête pour l'enfouir dans le coussin sur lequel il reposait, d'un mouvement si brusque qu'il lui donna le vertige. Grimaçant légèrement, il prit cette fois un peu plus de temps pour réitérer l'opération. Il eut besoin de quelques secondes pour adapter sa vision à la lumière du salon dans lequel il se trouvait, mais une fois que ce fut fait, il n'eut aucun mal à reconnaître le visage penché au-dessus du sien. La peau était plus bronzée, plus éclatante que la dernière fois qu'il l'avait vue, et ses cheveux avaient perdu leur teinte grisonnante, redevenant du même châtain doré qu'à sa naissance, mais ses yeux whisky, eux, n'avaient pas changés, gardant l'éclat vivant et malicieux qu'il leur avait toujours connu.

- Sissi…

Les lèvres de la jeune femme s'étirèrent en un sourire tendre à l'entente de son surnom, miroir du visage de son cadet, alors qu'il tentait lentement de se redresser. Les mouvements encore légèrement lents, la chasseuse l'aida à s'asseoir, avant de prendre place à côté de lui s'appuyant sur ses béquilles qui trainaient encore à côté d'elle.

- Comment te sens-tu, petit frère ?

- Sissi… Comment… comment tu…

Un petit sourire mélancolique étira les lèvres de la Gardienne alors qu'elle levait sa main droite pour la glisser dans les cheveux sombres de son frère, les ébouriffant légèrement la tignasse avant de les brosser vers l'arrière, comme quand il était petit.

- Comment je peux être en vie ?

Refermant la bouche dans l'espoir de faire taire ses balbutiements, l'hyperactif se contenta d'acquiescer lentement en se mordant la langue, dardant sur sa sœur aînée un regard inquisiteur et complètement perdu. Sentant son trouble, la Gardienne passa sa main dans sa nuque avant de pousser un long soupir en lançant un regard par-dessus son épaule en direction de la cuisine. Puis elle reporta son attention sur son frère, lui adressant un petit sourire étrangement mal-à-l'aise.

- C'est une longue histoire, mais pour faire simple, je m'étais trompée il y a trois ans, à propos de la morsure et du Lien de Compagnon.

Le brun resta silencieux à ces mots, dévisageant le visage de sa sœur avec attention. Si ses cernes avaient disparus, son visage, lui, restait marqué, comme si elle avait vieilli en avance. Bien sûr, ce n'était rien de dramatique, mais en la regardant, il se fit la réflexion qu'elle faisait son âge, alors que trois ans plus tôt, elle ressemblait plus à une femme de vingt ans qu'à une autre de trente ans. Doucement, il leva une main tremblante pour effleurer les cheveux colorés de la plus âgée, les laissant glisser entre ses doigts doucement, appréciant leur douceur dont il n'avait pas profitée depuis de longues années.

- Je t'ai vue mourir… J'ai vu la vie quitter ton corps, j'ai vu tes yeux s'éteindre… J'ai vu Peter hurler pour te ramener en vain, j'ai vu… j'ai vu…

Elle l'enlaça quand il commença à hoqueter et perdre ses mots, glissant sa main dans ses cheveux noirs doucement, comme quand il était enfant et qu'elle devait le consoler. Reniflant grossièrement, il posa son front sur son épaule pour cacher ses larmes, laissant ses yeux bruns errer sur ses jambes distraitement. Il lui fallut une paire de minutes pour se calmer, avant de finalement soupirer et se redresser, les battements de son cœur plus réguliers.

- Tout ce que tu as vu ce jour-là était réel, Gen'. Je… Ce jour-là, la Liche m'a tuée. Et si je n'avais pas eu du sang de Malakit dans mes veines, je n'aurais pas survécu, et ce malgré la morsure de Peter.

- Alors pourquoi t'es morte ?

Sian ouvrit la bouche mais n'arriva pas à répondre, ses yeux fuyant ostensiblement ceux de son frère pour aller s'échouer sur les béquilles qu'elle avait déposées à-même le sol. Remarquant son malaise, l'hyperactif tenta de croiser son regard, mais une autre voix s'éleva avant qu'il n'ait réussi. Se redressant aussitôt, il reconnut Mihaël, adossé au mur portant du salon, qui les couvait du regard.

- Quand ils ont détruit la Liche, ils ont fait disparaître toutes les particules maléfiques qui l'avaient créée. Et comme ce qui maintenait Sian en vie était les gênes du goravass, elles ont également été annihilées. C'est la raison pour laquelle vous l'avez tous vu mourir.

- Mais comment peux-tu être en vie ? Je veux dire, tu es morte parce que ce qui te retenait en vie était ce qui restait de Malakit et que ça a été détruit, alors comment Peter a-t-il pu te sauver ?

Elle sourit légèrement à ces mots, tournant la tête vers l'homme qui s'était approché à son tour. Doucement, elle tendit la main, l'invitant à la rejoindre, encore incapable de bouger sans ses béquilles. Loin de se faire prier, le loup s'approcha et vint s'asseoir derrière elle, enroulant ses bras autour de sa taille avec possessivité avant d'esquisser un petit sourire quand elle esquissa un léger sourire amusé.

- Peter m'a mordue pendant que je me régénérais grâce au sang maudit. La régénération avait déjà commencé quand la Liche a été tuée, ce qui fait qu'elle a détruit ce qui me rendait vivante sur le moment, mais pas ce qui me soignait. Je pensais que mon sang infecté par divers poisons tuerait Peter, mais il s'est avéré que le sang de lycanthrope, qui était le seul que je ne possédais pas réellement, doublé au Rituel des Compagnons, était bien plus puissant qu'escompté. Alors, ça a pris du temps, beaucoup de temps, mais j'ai commencé à guérir après que Mihaël m'ait ramenée à New York.

- Pourquoi ne pas me l'avoir dit ? Pourquoi m'avoir fait croire à ta mort ?

Stiles n'avait même plus la force de s'énerver, de crier ou de repousser sa sœur contre laquelle il était toujours blotti. Seulement cette fois, ce ne fut pas Mihaël, ni même Sian qui répondit à sa question mais Peter. Entendre la voix chaude de l'homme le surprit suffisamment pour qu'il garde le silence, lançant un regard à son père qui les observait en silence, la mâchoire serrée : cette fois, c'était lui qui était furieux de leur silence.

- Nous ne voulions pas vous donner de faux espoirs. Son état était très critique, assez semblable au mien après l'incendie du Manoir. Pendant plus d'un an, j'ai craint tous les jours de la voir mourir définitivement ses pouvoirs, combinés à la mutation des gênes lycanthropes, rendaient sa guérison lente et laborieuse, d'autant plus que ses organes internes avaient été touchés par les différents venins et les attaques de la Liche. Quand enfin son état s'est stabilisé et qu'elle s'est réveillée, elle était… elle avait perdu tout usage de sa magie.

Sian grimaça à se souvenir avant de passer ses mains sur ses yeux pour se les frotter légèrement, comme pour chasser une image qui s'était imposée malgré elle à son esprit. Remarquant son geste, Stiles fronça les sourcils, avant d'échanger un regard avec son père dont le visage s'était radouci : ils n'avaient pas souhaité s'enfuir une nouvelle fois en les laissant derrière. Reportant son attention sur son aînée, il attendit patiemment que Peter continue son récit, prenant les doigts de la jeune femme dans les siens.

- Il a fallu un an pour qu'elle retrouve la vue, et suffisamment de force pour réussir à se mouvoir sans l'aide d'un fauteuil. Cela ne fait que quelques mois qu'elle réussit à se passer de béquilles, même si parfois, ça reste difficile.

Un silence confortable avait pris place dans le salon des Stilinski, uniquement troublé par les grognements échangés par Derek et Peter qui venaient de se retrouver. Assis pour un câlin collectif, les Stilinski esquissèrent un léger sourire devant les retrouvailles des deux Hale, puis se décalèrent pour laisser un peu de place à Mihaël. Dès qu'il fut assis, Sian lui prit la main avec un sourire réconfortant, décroisant ses jambes pour les étendre sur ses genoux confortablement, appuyant un peu plus son dos contre le torse de son père, ce qui permit à Stiles de caller plus confortablement sa tête sur ses cuisses.

- Dis Sissi, vous êtes de retour pour de bon maintenant ?

La question posée d'une voix légèrement enfantine et ingénue surprit Sian et Mihaël qui échangèrent un regard étonné. Cessant leurs chamailleries, Peter et Derek tournèrent à leur tour la tête vers l'hyperactif de la bande, le fixant d'un air plus lupin qu'autre chose : un peu plus et il se serait attendu à voir les oreilles frémir et leur queue battre l'air. En croisant les yeux de son père, la Gardienne n'eut aucun mal à comprendre qu'il venait de penser exactement à la même chose qu'elle : ils se retrouvaient face au même garçon qui avait vu sa sœur partir alors qu'il était encore enfant, âgé d'une bonne dizaine d'années.

- Tu te souviens de ce que je t'ai dit il y a treize ans ? Quand je suis partie...

L'hyperactif fit la moue avant d'acquiescer vivement : ces mots, il se les était répétés pendant des années avant de tout faire pour les oublier et se convaincre qu'elle ne les avait pas pensés, qu'elle n'y avait jamais cru. Aussi ne fut-il pas surpris quand sa voix s'éleva, presque malgré lui, preuve ultime que malgré les années, il n'avait jamais réussi à l'occulter.

- Tu m'as dit que tu veillerais sur moi. Que même à l'autre bout du monde, même si tu ne pouvais pas bouger, même si j'ignorais que c'était toi, tu me protègerais.

La jeune femme acquiesça d'un petit raclement de gorge, lançant un regard à Peter et Mihaël qui se contentèrent de sourire en ricanant légèrement, se donnant des coups de coudes discrets qui n'échappèrent aucunement à l'œil acéré du shérif. Le père et le fils ne mirent pas longtemps à comprendre la raison pour laquelle la Gardienne avait rappelé cette vieille promesse. Les yeux pétillants, Stiles se redressa pour interroger Derek de ses yeux noisette pétillants.

- Der' ?

Le loup esquissa un petit sourire en venant rejoindre les Stilinski sur le canapé, s'asseyant au sol pour prendre appui sur les jambes de l'humain qui recommençait à trépigner joyeusement : il n'avait quand même pas traversé les Etats-Unis pour les voir repartir sitôt son Compagnon réveillé !

- Je crois que nous ne sommes pas prêts de nous débarrasser d'eux ! Non seulement Peter et Sian viennent d'acheter un penthouse près de chez nous, juste au-dessus de celui de Mihaël, mais en plus, mon cher Oncle a décidé…

L'ancien psychopathe coupa son neveu en pleine phrase, plaquant sa main sur sa bouche en grondant, ce qui acheva d'intriguer les deux Stilinski. Se sentant épié et les mots du cadet des Hale l'ayant trahi, il finit par soupirer en venant de blottir contre sa Compagne. Le visage enfoui dans son cou, il grommela quelques mots dans l'espoir fou que personne ne l'entende. Mais il comprit que c'était peine perdue quand John s'étouffa avec sa salive en les fixant avec effarement.

- Vous allez vous marier ? Là où j'ai épousé Claudia ?


Posté le 20 juillet 2016.

Et voilà pour ce dernier chapitre officiel de Fragile ! Alors qu'avez-vous pensé globalement de cette histoire ? Elle vous a plu ? Qu'est-ce-que vous avez préféré ? Ou le moins aimé ?

Reste encore à régler la question des bonus... On m'a déjà donné trois thèmes qui sont les suivants :

- Le passé de Sian à Tokyo

- Sa relation avec Peter

- Sa réconciliation avec son frère (Vous conviendrez comme moi que ce n'est pas forcément nécessaire après cet épilogue... Ou si ?

Donc je pars sur ces 2 (3?) thèmes de départ, mais suis ouverte à toutes autres suggestions ! N'hésitez pas à me lâcher une idée et je verrai ce que je peux faire, d'accord ?

Sur ce, je vous dis à bientôt, et vous adresse plein de bisous pour avoir lu cette fiction jusqu'au bout ! Vous reviews m'ont fait très plaisir et j'espère que le reste sera à la hauteur de vos attentes ! Alors encore MERCI pour votre assiduité et à bientôt ! 3

Lyana.