Chapitre 4

Prises de risque

Plusieurs semaines plus tard

Ben retint sa respiration en entrant dans la maison. La vision de la famille Solo entrain de décorer un sapin de Noël planté en plein milieu du salon dans de grands éclats de rire le déprima. il détestait Noël. C'était une fête commerciale, stupide et… et puis c'est tout! Il détestait Noël. Depuis les vacances, il sentait monter sa crispation au fur et à mesure que l'euphorie générale de la fameuse ambiance de Noël. Le début des vacances avaient sonné le début de son calvaire. Il monta quatre à quatre l'escalier jusqu'à sa chambre et s'enferma à double tour.

Plus tard dans la soirée, sa mère vint toquer doucement à sa porte.

« -Ben. Ben? S'il te plaît, tu veux bien descendre.

-Je n'ai pas faim.

-Mais c'est le réveillon de Noël, mon chéri. J'espérais que cette année…

-Quoi?

Ben ouvrit grand la porte, surprenant sa mère.

-Tu croyais que maintenant, on allait former une vraie petite famille et réveillonner dans la joie et l'allégresse tous ensemble, la railla t-il d'un ton amer.

-Ben, tu exagères. Fais un effort.

-Je fais un effort. Je reste dans ma chambre pour ne pas gâcher votre petite fête. Maintenant, laisse-moi tranquille.

Et il claqua la porte au nez de sa mère.

-Tu ne devais pas le laisser te parler sur ce ton, Leïa. Si c'était mon fils… commença Han d'un ton péremptoire au bas des escaliers.

-Han, tu ne sais pas alors tais-toi s'il te plaît.

Le ton dur de sa femme lui cloua le bec. Elle passa devant lui sans un regard et marcha jusqu'au salon. Han sentait bien qu'il avait fait une gaffe et la suivit, contrit.

-Désolé…

-Non, c'est moi qui suis désolée, soupira t-elle. Le dernier Noël avant que son père s'en aille pour de bon… Mon Dieu! commença t-elle sans préambule.

Elle s'assit sur le canapé, lasse. Rey resta près du sapin, ne sachant comment réagir. Elle se sentait de trop mais elle avait bien envie d'entendre cette histoire. Le premier mari de Leïa, le père de Ben, elle avait bien compris que c'était un sale type mis elle n'avait jamais su ce qu'il avait fait vraiment.

-Il est rentré saoul, comme d'habitude et de méchante humeur. Il stagnait dans son boulot inintéressant, notre petite famille n'était pas des plus parfaites… Dans ces moments-là Ben était son souffre-douleur préféré. Il était si cruel et malsain. Faire du mal à son propre enfant, pur et innocent! s'indigna t-elle, comme si c'était hier.

Rey eut du mal à s'imaginer Ben pur et innocent!

- Ce soir-là il est arrivé avec des « amis ».

Elle mit tout le dégoût qu'elle pouvait dans ces mots.

-Des ivrognes rencontrés dans le bar qu'il fréquentait de plus en plus assidûment pour fuir notre foyer. Ils ont ruiné le repas, le sapin… Ben était en larmes et son désespoir a été au summum quand son père lui a expliqué que le père Noël n'existait pas. Bon Dieu! Il n'avait que 3 ans! Il lui a dit qu'il n'était qu'un bébé stupide à croire ces histoires idiotes de père Noël. Et sur ce, il a pris tous ses cadeaux et s'est amusé comme un fou avec ses amis à les mettre en pièces. Plus le petit hurlait, plus ces salauds riaient.

-Quels bâtards!

-Rey! s'indigna son père.

Leia eut un rire sans joie.

-Laisse. Elle n'a pas tout à fait tort. A vrai dire, je n'aurai pas dit mieux moi-même. J'ai essayé de les mettre dehors, mais il m'a repoussé violemment, j'ai même senti quelques mains baladeuses.

Elle frissonna à ces douloureux souvenirs. Han serra les poings, la mâchoire crispée.

-Mais quand… quand cet immonde brute a posé les mains…

-Je crois qu'ils en ont assez entendu.

-Ben!

Leia se releva précipitamment, comme prise en faute.

-Je sors.

-A cette heure?

-Ouais, j'ai besoin de prendre l'air.

Il attrapa son blouson et il partit sans qu'elle ne puisse le retenir.

-ça va, ma princesse? s'inquiéta Han.

-Oui. j'ai quitté ce salaud peu après, ça a été la goutte d'eau. J'ai compris que je ne pouvais pas le « sauver ». Mais depuis ce jour, Ben hait Noël et refuse de le fêter.

-Je suis désolée, je ne savais pas. Vous avez vraiment morflé.

-Lui surtout. Et c'est de ma faute. Comment j'ai pu être assez aveugle et stupide pour me faire avoir par ce type?!

-Il a joué au prince charmant et une fois qu'il t'as eu dans ses filets, il t'a montré son vrai visage.

-J'aurai du le sentir. Et mieux protéger mon fils.

-Tu es une excellente mère, tenta de la rassurer son mari.

Han l'embrassa doucement.

-Allez! Allons déguster cette succulente dinde, veux-tu?

-Tu viens, Rey?

-Oui, papa. »

La jeune fille avait été plus bouleversée qu'elle ne l'aurait cru par le récit de Leïa. Han avait raison, Ben avait morflé. Ce qui expliquait, en partie, son sale caractère.

La soirée fut étrange, l'absence de Ben et le fantôme de ce Noël désastreux flottant au-dessus d'eux. mais Leïa se promit qu'un jour, elle aurait son Noël parfait avec toute sa famille réunie auprès d'elle.

Rentrée de janvier

Ben leva une nouvelle fois la tête d'agacement. Il essayait de travailler mais les éclats de voix et les rires qui venaient de la chambre d'à côté le déconcentraient. Rey recevait sa bande d'amis et ce n'était apparemment pas pour étudier. ça riait, criait, cognait…

Ben souffla une fois encore quand un grand coup dans le mur ébranla son bureau.

« Cette fois-ci , ça suffit.

Il se leva et sortit de sa chambre pour descendre l'escalier. Il entra dans la cuisine d'un air distrait. Il avait une petite faim de toute façon et il était venu piocher dans le frigo. Il trouva Poe installé seul à la table, un paquet de biscuit apéritif dans une main, des baguettes chinoises dans l'autre. Ben restent moment à le regarder ahuri sans que cela ne perturbe un seul moment son camarade qui continuait à manger tranquillement. Il réussit à sortir de sa stupeur et osa LA question:

« -Mais tu fais quoi?

-Ben, je mange des cheetos, répondit Poe sur le ton de l'évidence.

-Avec des baguettes? insista Ben.

-ça évite d'avoir plein de poudre de fromage sur les doigts. Tu veux essayer?

Et il lui tendit un biscuit coincé entre les deux minces tiges de bois.

-Heu… Non, merci. Je n'aime pas tous ces trucs chimiques de toute façon, répliqua le jeune homme, un peu gêné de l'image de Poe lui donnant la bectée. C'était presque sexuel.

-Crounch. Mouais, mais ché bon. Crounch.

-Si tu le dis…

Un vacarme assourdissant emplit la maison, comme si elle avait été envahie par une horde d'éléphants. Rey, Finn et Hux débarquèrent à leur tour dans la cuisine.

-Ouh! On interromps pas un moment romantique au moins? minauda Rey.

-ça va pas, non! répliqua de suite Ben, sur la défensive. Je suis descendu manger un truc, impossible de travailler avec votre bordel, et il était là.

-Ne te sens pas obligé de te justifier, petit frère.

-Je ne me justifie pas, grinça Ben entre ses dents. Et je ne suis pas ton petit frère. Et même techniquement je suis né huit semaines avant toi.

Rey ricana. Elle aimait titiller Ben juste là où il fallait et elle venait de réaliser que Poe était une de ses nouvelles faiblesses. Intéressant. Mais pour le moment, elle se désintéressa de Ben et se tourna vers son ami.

-Alors, tu pars toujours en Russie avec tes parents aux vacances de printemps?

-Ouais, avec un peu de chance je trouverai ma boîte de sardines là-bas, répondit-il les yeux brillants.

Ben aurait dit qu'il parlait du Saint Graal.

-Non mais aller en Russie juste pour une boîte de sardines, faut vraiment être dérangé, marmonna Ben.

Finn lui lança un regard mauvais. Finn n'aimait pas Ben qui le lui rendait bien.

—Mais qui va garder Jean-Pierre? l'interrogea Rey.

-Jean-Pierre...

Ben leva les yeux au ciel. Décidément, il ne s'y faisait pas.

-En fait, je comptais un peu sur vous, avoua Poe en regardant alternativement ses trois amis.

-N'y pense pas, mec, répondit vivement Finn, avec mon chien, c'est impossible. Il le boufferait ton Jean-Pierre.

Poe prit une mine sincèrement horrifié.

-J'aurai bien voulu te rendre service, commença à son tour Hux gêné, mais ma mère déteste les chats…

-Nous, on peut te le garder si tu veux, proposa Ben.

Rey lui fit les yeux ronds.

-Je croyais que t'étais allergique aux ch…

Ben lui donna un grand coup de coude dans les côtes.

-Aïe!

-Au ficus! Oui, mais ça n'a rien à voir avec les chats, Rey.

-Au ficus? T'as trouvé que ça, lui glissa t-elle à l'oreille.

-La ferme, lui répondit-il en desserrant à peine les lèvres.

-Vraiment? Vous feriez ça? Vous êtes trop chics! Je vous l'emmène demain pour une petite visite, qu'il s'acclimate un peu. Jean-Pierre est un chat très sensible, un changement d'environnement trop brutal risque de le perturber.

-Non mais ce n'est qu'un chat… murmura Ben, irrité.

-C'est toi qui l'a voulu, assume, répliqua Rey sur le même ton.

La bande fit le plein de provisions et décidèrent de se replier. Les trois garçons disparurent pour remonter dans la chambre de Rey, celle-ci resta un peu en retrait. Dès qu'ils furent hors de portée de voix, elle se tourna vers son demi-frère.

-A quoi tu joues?

-Je ne vois pas ce que tu veux dire…

-T'es bien allergique! Tu détestes les chats en plus! Tu as traité celui des voisins de sale bête stupide et inutile et tu l'as arrosé intentionnellement avec le tuyau d'arrosage.

-C'est pas pareil. C'est pour rendre service à un ami.

-Poe est MON ami. Et tu vas risquer la mort juste pour faire plaisir à MON ami?

-Ouais… » concéda t-il du bout des lèvres en quittant la cuisine de l'air le plus désinvolte possible.

Rey lui lança un regard éloquent. Oui, décidément, ça devenait très intéressant.

À suivre…