CHAPITRE 8

Confrontation

« Leïa! S'il te plaît, ne me laisse pas seul avec eux!

-Han! Arrête de faire l'enfant, soupira Leïa. Parfois, je me dis que tu es vraiment le plus immature des trois.

Han fit une moue boudeuse.

-Et bien merci.

-S'il te plaît, il faut vraiment que j'y aille. Cette consultation est très importante. Et tu t'en sortiras très bien. Ben ne sortira probablement pas de sa chambre de toute façon, je ne sais pas ce qu'il a en ce moment.

-Un chagrin d'amour.

-Quoi?

-Rey m'en a parlé. Il s'est pris un râteau. Avec le gamin zarbi, là.

-Poe?

-Ouais, je crois que c'est son nom. Tu savais que ton fils était gay?

-ça te pose un problème? le questionna t-elle soudain agressive.

-Non, non…

-Bon, je dois y aller. Ne…ne parle surtout pas à Ben de cette histoire avec Poe, ok?

-T'es sûr? On pourrait avoir une conversation d'homme à homme? J'ai un peu d'expérience, cabotina t-il d'une voix charmeuse.

Leia pressentit la catastrophe.

-J'ai dit « surtout pas ». Han! Promets-le moi!

-Ouais, je te le promets. Encore merci de la confiance.

Leia soupira, exaspérée mais elle n'avait pas le temps, elle était déjà en retard. Elle plaque un baiser sur les lèvres de son mari et attrapa ses clefs de voiture.

-A ce soir. J'essaye de ne pas rentrer trop tard. Essaye…. essaye de garder cette maison debout, ok?

-Ouais… "


Ben s'était réfugié dans les études. Il connaissait depuis longtemps ce programme organisé chaque été pour les meilleurs étudiants du pays à la NASA. Des stagiaires triés sur le volet. Bien sûr, le prix de ces deux-mois d'excellence coûtait une fortune, inaccessible au Solo-Organa et Ben n'y avait toujours rêvé que de loin. Mais il avait appris que cinq bourses étaient distribuées aux meilleurs dossiers présentés avant la fin mai. Ben s'y était lancé à corps perdu. Il présenterait le projet le plus innovant, le plus étonnant, le plus malin. Et au moins, pendant qu'il travaillait d'arrache-pied pendant des heures, même jusqu'à très tard dans la nuit, il ne pensait plus à Poe. Enfin presque plus.

Il entendit vaguement toquer à la porte mais n'y porta pas attention. Il entendit des chuchotements. puis la voix de Rey s'éleva:

« -Ben! C'est pour toi!

Le jeune homme fronça les sourcils. Il n'attendait personne. Il n'avait qu'une seule amie Phasma et elle savait qu'elle ne devait pas le déranger pour le moment.

-Ben! cria t-elle de nouveau d'un ton plus pressant.

-Oui, j'arrive!

Il se leva bon gré mal gré et descendit l'escalier d'un pas lourd. Au pied, Rey se décala et Ben se figea. l'homme qui se tenait sur le perron faisait un peu penser à Han. La posture nonchalante, le petit sourire charmeur, l'oeil qui frisait. Ben sentit tous les poils de son corps se hérissaient et murmura d'une voix blanche:

-Papa?

Rey ouvrit grand la bouche. L'homme s'avança sûr de lui comme s'il était chez lui.

-Salut, fiston! J'étais dans le coin. je me suis dit que j'allais passer dire « bonjour ».

Son père ne passait jamais juste pour dire bonjour. Il avait toujours une idée, et souvent tordue, derrière la tête.

-Qu'est-ce que tu veux?

-Hey! Pourquoi t'es si agressif avec ton paternel?

-Je sais pas, parce que vous êtes une brute alcoolique et égoïste? rétorqua Rey.

-Hey! T'es qui, toi? c'est qui cette nana? Ta copine?

Il la jucha d'un regard lubrique. Rey se sentit sale.

-Non. C'est la fille de Han. Le nouveau mari de maman.

-Ah oui? Et t'as quel âge, poupée?

-Tu sais ce qu'elle te dit, la poupée?

-Ah ah ah! Au moins toi, tu as du caractère, pas comme certains… Et il coula un regard méprisant vers son fils.

Rey avait envie de lui balancer son poing dans la figure et tant pis pour l'enseignement d'oncle Luke! Ben resta calme.

-Je le répète que veux-tu?

-Je t'ai dit, je passais juste…

-Arrête ton baratin.

-Ok, je suis un peu à sec en ce moment…

-Nous y voilà!

-Juste 1000-1500 euros!

-Rien que ça! Tu crois que ça pousse dans notre jardin?

-Arrête! je sais que le Solo, là, il est connu.

-ça ne veut pas dire qu'il est riche! Et de toute façon, pourquoi il te filerait du fric?

-Pour pas que j'approche sa femme de trop près.

Le père de Ben eut une soudaine lueur cruelle dans les yeux et Rey comprit à quel point cet homme était toxique.

-Elle se fait plus jeune la Leïa mais elle est encore consommable et je suis sûre que deux ou trois tours à ma façon et elle me retombe dans les bras!

-Dans tes rêves!

-Ecoute maintenant, le parasite!

Il devint plus menaçant, montrant son vrai visage. Il s'approcha dangereusement de Ben qui perdit toute assurance. Les traumatismes de son enfance le rendaient complètement vulnérable face à ce paternel indigne alors même qu'il était lui-même presque un homme maintenant. Il était paralysé, incapable de réagir. Son père à quelques centimètres de son visage murmura, l'haleine chargée d'alcool.

-Tu vas me refiler ce fric, tu te débrouilles. Je sais bien que t'es un bon à rien, un pauvre nerd mais justement, tu dois connaître quelques combines pour faire du fric facile. Alors tu viens et tu m'aides, le menaça t-il en lui attrapant le bras.

-Tu me fais mal.

-Oh pauvre chochotte! T'as toujours été une chochotte!.. Même cette gamine elle a plus de c*uilles que toi! Je comprends mieux pourquoi c'est pas ta petite copine, t'es de la jaquette c'est ça? Une flotte?

Des larmes brûlantes embuèrent les yeux de Ben.

-C'est ça! s'écria son père, triomphant d'un air pervers. Et bien! Je me demande si je suis vraiment ton père! heureusement que je me suis cassé! J'aurai pas supporté la honte. N'empêche que ce fameux Noël, t'as dû kiffé en fait? ta mère a gâché la fête, hein!

Et il partit dans un rire gras. Pâle comme un mort, suant à grosses gouttes, Ben tremblait sur ses jambes.

-Bon, tu me suis et tu fais ce petit boulot pour moi…

-Il ne va nulle part. Je vous conseille de le lâcher et maintenant.

le père de Ben cligna des yeux et se tourna vers l'homme qui s'interposait.

-T'es Han, c'est ça? Et bien, cher monsieur Solo, c'est une discussion entre moi et MON fils alors…

-Non.

-Quoi, non?

-ce n'est pas VOTRE fils, vous avez perdu le droit d'être son père depuis bien longtemps. Alors vous lâcher MON fils et tout de suite ou c'est moi qui vous met dehors et croyez-moi vous ne souhaitez pas être vu jeté de cette maison par la peau des fesses.

-Votre…? Ah ah ah! JE suis son père, vous n'êtes rien et…

-Et vous êtes chez moi, vous menacez MA famille alors dégagez maintenant!

Han s'avança, son regard brûlait d'une flamme que Rey ne lui avait jamais vu. Le père de Ben perdit toute sa superbe, il montrait qui il était vraiment, un minable, un raté qui terrorisait les plus faibles mais se ratatinait comme une lavette dès qu'il avait à faire avec plus fort que lui. Han s'avança encore et encore, le forçant à reculer et quand il fut dehors, il lui claqua la porte au nez.

-ça va mon garçon?

-Vous… vous avez dit que j'étais votre fils? souffla Ben les yeux ronds.

-Ouais, heu… Enfin, je sais qu'on est pas une famille parfaite mais ce sale type…

-Merci.

Et Ben se jeta dans les bras de Han qui resta décontenancé un moment avant de serrer le garçon dans ses bras.

-Tu n'es pas un bon à rien, un faible, Ben, murmura t-il à son oreille. Tu es parfois imbuvable, insupportable, une vraie tête de mule mais tu es intelligent, malin et sensible. je suis fier d'être ton beau-père. Et…

Han parut soudain gêné. Il lâcha Ben et lui ébouriffa les cheveux avant de se tourner vers Rey.

-ça va, toi?

-Ouais et comment! Mon père est un héros!

-Ah ouais? s'enorgueillît Han. Et si le héros vous inviter manger une glace?

-Il est plus de 6 heures! rétorqua Ben. On doit manger dans à peine une heure. maman…

-Mais ta mère n'est pas là , répondit Han avec un clin d'oeil.

Ben sourit.

-Ok… papa. »


Leia rentra à plus de 23h. Elle était épuisée. Elle eut l'agréable surprise de trouver une cuisine propre, la vaisselle faite. Le salon et toute la maison semblait parfaitement un ordre. Et surtout à lap lace des cris, des rires qui venaient du salon. Elle s'approcha et les vit sur le canapé. Rey, Ben et Han, partageant un saladier de pop-corn devant une comédie potache, riant tous les trois aux éclats.

-Et bien, on s'amuse bien quand je ne suis pas là!

Son mari se tourna vers elle.

-Princesse! Viens t'asseoir avec nous! On regarde « La Folle Histoire de l'Espace » de Mel Brooks.

-C'est chrô drôle, rajouta Rey en enfournant une poignée de pop-corn dans sa bouche.

-T'as vraiment aucune distinction, ma pauvre, lui lança Ben, pète-sec.

Leia soupira. C'était trop beau pour être vrai!

-Je n'ai pas vos origines princières, prince Organa, pouffa Rey d'un ton obséquieux en lui jetant un grain de maïs à la tête.

-Prince Organa? J'aime bien. Maintenant, adresse-toi à moi en m'appelant « Votre Majesté ».

-Tu vas voir ce que je fais aux familles royales, moi! Je suis une anarchiste!

Et Rey se jeta sur lui pour un combat de chatouilles.

-Mais je n'arrive plus à suivre le film! Calmez-vous, les sales gosses! lança Han, faussement sévère.

Rey et Ben échangèrent un regard entendu et se jetèrent sur lui.

-Hey! Deux contre un, c'est pas du jeu!

-T'es un héros ou pas?

-Le héros va s'occuper de vous, petits avortons!

Leia les regardait, effarée. Ben, échevelé, réussit à s'extraire de la mêlée et vint embrasser sa mère.

-Tu as passé une bonne journée, maman?

-Heu… ou… oui, et toi, mon chéri?

-Génial! Mon projet avance bien!

Elle ne l'avait jamais vu aussi enthousiaste et souriant.

-Il me reste à le peaufiner encore. Mais papa a promis de m'aider.

-Ton… ton père? bégaya Leïa, perdue.

-Ouais, enfin, je ferai ce que je peux. Dans ce domaine, c'est toi le petit génie! rétorqua Han en fixant toujours l'écran.

Et Leïa comprit que Ben parlait de Han. Ben avait appelé Han « papa ». L'émotion lui fit monter les larmes aux yeux. Mais qu'est-ce qui s'était passé en à peine 12h?!

-Tu viens voir la fin du film avec nous?

-Oui, avec plaisir, mon grand. »

Et elle se cala entre les deux hommes de sa vie.


« Ton ex mari est passé.

Leia se figea. Après le film, tous les quatre avaient partagé une glace, les trois petits malins lui cachèrent bien qu'ils en avaient déjà dégusté deux quelques heures avant, et ils étaient montés dans leurs chambres.

-Que voulait-il?

-Taper du fric.

-ça ne m'étonne pas, souffla Leïa d'un ton sec et légèrement méprisant.

-Je l'ai mis dehors et lui ait fait comprendre qu'il n'était pas le bienvenu. Il s'en ait pris à Ben. Il lui a dit des choses… Qu'est-ce qu'il lui a fait Leïa?

-Je ne veux pas…

-Leïa!

-Ce fameux soir de Noël, il l'a « offert » à un de ses copains ivrognes. Pour « rigoler », lâcha t-elle du dégoût plein la voix.

Han eut envie de vomir.

-La sale ordure, j'aurai dû lui casser la figure, gronda t-il en serrant le poing.

-Il l'a « juste » un peu tripoté, j'ai réussi à le lui arracher des bras et je suis partie comme ça, sans rien. Ni manteau, ni papiers, ni argent. Je voulais juste amener mon fils loin d'eux, loin de lui. Je me suis réfugiée chez une voisine et deux jours plus tard on prenait le bus pour mettre le plus de distance entre lui et nous.

Elle éclata soudain en sanglots. Han se leva prestement et la prit dans ses bras.

-Je suis là, princesse. Tu n'as plus à supporter ça toute seule. laisse-toi aller!

-Oui, rit-elle à travers ses larmes. 14 ans que j'essaye en vain de recoller les morceaux et toi, tu y arrives en 12h! Rey a raison, tu es un héros!

-Non, juste un pauvre type fou amoureux et qui adore ce gosse. »

À suivre…