Quintessence

Thème 05 : Etoiles

Label SPPS


Personnages : Cana & Grey

Occasion : Grey/Cana Week 2014

Note : Comment ça je devais publier fin-juin ? J'ai dit ça moi ? Vraiment ? ... Début août c'est déjà bien moi je dis. Le prochain et dernier chapitre est déjà terminé également, je le publierais la semaine prochaine. J'espère que vous apprécierez ce chapitre, le 6ème sera décisif ! Bonne lecture.


Depuis quelques temps, Cana avait changé. Enfin, changer était un bien grand mot. À présent âgée de 15 ans, l'adolescente commençait à s'affirmer que ce soit à travers sa magie que dans son attitude. Elle n'hésitait plus à lancer des attaques contre des voleurs contrairement à quelques mois plus tôt où elle avait peur de les blesser. Ce sont des voleurs, ils le méritent. Ni à répondre verbalement, sans être gênée, quand des personnes la charriaient ou l'accostaient. … Pas toujours quand elle se faisait accostée mais c'était déjà un bon début. Grey s'occupait généralement de ces cas-là avant même qu'elle ne puisse réagir.

Le matin même, la brune avait crié son mécontentement à la propriétaire de l'orphelinat pour la première fois. Cana n'en pouvait plus de ne pouvoir aller à la guilde que de 13h à 18h, elle n'était plus une enfant maintenant ; elle avait 15 ans. Cela l'empêchait de faire des missions plus intéressantes ou plus éloignées que Magnolia même, et elle perdait son temps à faire des corvées ou aller à des classes enseignées par un vieux chauve bégayant. Et inintéressante à souhait. La mage avait alors fait part de son opinion et était partie en sautant par la fenêtre de sa chambre dès 8h du matin.

Pourquoi devrait-elle encore suivre des horaires de mioches alors que Grey, qui avait un an de moins qu'elle, vivait seul sans aucun problème ? C'était tout simplement injuste.

La brune ne comptait pas non plus rentrer au dortoir le soir même pour appuyer ses propos. La dame de l'institution ne serait pas contente, mais peu importait. Elle obtiendrait son droit journalier.

Le reste de la journée s'était déroulé normalement, si ce n'est que la mission du jour s'était passée à cinquante kilomètres de Magnolia ! Une grande première pour Cana. Macao avait été étonné de la voir de si bon matin mais n'avait rien dit sur l'instant. Elle l'avait toutefois entendue murmurer plus-tard quelque chose sur l'adolescence. Grey n'était malheureusement pas là, parti pour une mission la veille, il ne devait rentrer que dans l'après-midi. Mais la brune ne voulait rater une occasion comme celle-ci pour rien au monde ! Dommage pour Grey, mais ils auraient d'autres occasions une fois qu'elle aurait convaincu la propriétaire. À la place, Macao avait accepté de l'accompagner pour sa première mission d'exploration de Fiore.

Celle-ci consistait à retrouver un objet perdu dans une forêt habitée par des monstres. La cliente ne possédait pas de magie pour pouvoir se défendre et avait peur d'y aller par elle-même. En soit la mission n'était pas particulièrement excitante, retrouver un bibelot dans les bosquets l'était rarement, mais l'optique de visiter la région la rendait bien plus intéressante !

Cana et Macao remplirent la mission aux alentours de 16h –vraiment, une montre à gousset tombée dans un buisson épineux quoi de mieux ?- et le prochain train pour rentrer arrivait une heure plus-tard. L'adulte lui fit alors découvrir les environs jusqu'au départ. Ils arrivèrent à Magnolia à 19h et, après avoir remercié une énième fois Macao pour la journée qu'ils avaient passée, Cana courut rejoindre Grey. Il devait sûrement l'attendre dans le coin d'herbe près de l'orphelinat.

Au-dessus d'elle les étoiles éclairaient déjà le ciel d'hiver. Cana resserra son écharpe orange autour de son cou tout en continuant sa course dans les rues de Magnolia. Elle salua d'un signe de main quelques connaissances mais ne s'arrêta pas. La brune espérait que Grey serait bel et bien là, ils avaient l'habitude, quand le mage partait plusieurs jours, de s'y retrouver à la fin de la journée mais cette fois 18h était passé depuis longtemps. Elle tourna une dernière fois à droite et arriva dans la ruelle qui menait au mini-parc. Elle sillonna avec grâce entre les cartons et fut soulagée en arrivant de voir Grey allongé dans l'herbe dans sa tenue préféré : un caleçon. Avec un sourire amusé elle s'approcha et lui tendit son écharpe en guise de bonjour. Il valait mieux qu'il n'attrape pas froid.

« Alors comme ça tu as fait ta première vraie mission sans moi ? Je suis déçu, j'aurais cru que tu ferais ta… crise d'adolescence en ma présence, fit le mage de glace, moqueur, en mettant autour de son cou l'écharpe tendue. »

Cana le regarda, incrédule.

« Ma quoi ?

— Crise d'adolescence, d'après Wakaba. Pour ma part je m'attendais à ce que tu craques plus-tôt vu le nombre de fois où tu as râlé à cause de toutes ces contraintes que t'impose l'institut. Mais tu aurais pu attendre demain.

— Ne raconte pas n'importe quoi, la façon dont tu dis ça insinue que je suis une vieille qui radote. C'est faux ! Et puis ce n'est pas comme si j'avais prévu quoique ce soit quand je me suis levée ce matin.

— Tu l'avais prévu hier alors ? Ou avant-hier quand j'étais là, c'est encore mieux. Je suis d…

— Grey ! »

Le concerné éclata de rire. Vraiment, charrier Cana l'amusait toujours autant. Voir même plus qu'avant maintenant qu'elle avait un peu plus de répondant.

« Ne t'énerve pas je rigolais, ricana-t-il avant de reprendre un peu plus sérieusement. Que prévois-tu de faire maintenant ? L'institut ne va plus te lâcher quand tu y retourneras. »

Cana resta silencieuse quelques minutes pour réfléchir aux différentes possibilités. La solution lui sembla une évidence quand elle lui vint.

« C'est simple. Cette nuit je ne rentre pas et demain, dès l'ouverture des portes, j'irai chercher mes affaires et j'irai vivre ailleurs.

— Euh Cana, dit comme ça on dirait que c'est facile mais je ne suis pas sûr que ça se passe comme ça. La proprio' va te poursuivre pour te renfermer là-bas jusque ta majorité.

— Et bien je m'enfuirais, répondit-elle avec un haussement d'épaule. Dans tous les cas, je refuse d'y retourner. »

Grey la regarda ébahit. Peut-être que Wakaba avait raison. Allait-il subir une crise aussi quand il aura l'âge de son amie ? Il admirait son culot mais contrairement à lui, son nom était écrit dans les dossiers des civils pour être né et avoir vécu ici. Ses parents étant morts et venant d'une contrée lointaine, il n'avait pas ce problème. Pas de nom dans les registres égal à vie paisible. La Maître lui avait fourni une carte d'identité pour qu'il puisse circuler librement et se loger, mais il n'avait aucune obligation vis-à-vis des services de l'enfance du coin. Sans parent, mais avec un logement payé grâce à son travail à plein temps à la guilde ils ne pouvaient pas vraiment faire quoique ce soit. Il n'était pas le seul dans ce cas, Natsu et Erza avaient aussi cette « chance » (toute relative soit-elle). Cana, elle, aurait beaucoup plus de mal à s'extraire du système.

« Où ?

— Je ne sais pas encore mais s'il le faut j'irai vivre au fond de la forêt comme Natsu.

— Quoi ? Si c'est pour que tu deviennes comme ce sauvage hors-de-question ! »

La brune roula des yeux, elle était certaine qu'une cabane dans un désert serait mieux que l'orphelinat. Ce n'était pas une forêt qui allait changer quoi que ce soit. Elle bailla.

« Et ce soir ? Je ne suis pas certain que tu trouves un coin pour dormir à une heure pareille, il fait déjà complètement noir.

— Et si on dormait ici, sous les étoiles ?

— … En plein hiver ? réplica Grey dubitatif.

— J'ai tout prévu ! Il y a des brindilles prêtent à être utilisées pour faire un feu et j'ai un sac de couchage suffisamment grand pour nous deux dans mon sac.

— Tu es sûr que tu n'avais pas tout prévu ?

— Tais-toi ! »

Les deux adolescents éclatèrent de rire. Ce qui arriverait demain arrivera, mais ils profiteraient de l'instant présent avant tout. Une fois le feu allumé et qu'ils furent tous deux installés au chaud dans le sac de couchage, ils continuèrent de discuter en mangeant des sandwichs qu'avait ramenés Grey. Ils finirent par s'endormir tard dans la nuit, bercée par la lumière des étoiles et du feu qui crépitait ; inconscient de la colère qu'ils avaient provoquée.