Voici le dernier chapitre de ce three-shot.
Comme d'hab', rien n'est à moi, si ce n'est Yuki et l'histoire.
Bonne lecture ^^
Rappel :
Non, rien ne pressait. Ils avaient le temps. Rien ne servait de se presser, au contraire, il fallait en profiter.
Plusieurs semaines passèrent ainsi dans la tranquillité, les villageois de Kaze no Kuni étant accueillants sans être envahissants, se fichant du statut ou de l'identité des clients de Yuki. Pour eux, tant que le village restait en paix et que personne ne se faisait tuer ou torturer, c'était le principal. La grande guerre des ninjas était le cadet de leurs soucis.
L'été était désormais bien présent, la chaleur était presque étouffante, il fallait donc s'hydrater régulièrement, et Yuki avait installé des brocs et des pichets d'eau dans toutes les salles, à la disposition de tous, afin que chacun puisse facilement se rafraîchir.
Grâce à sa formation ninja, elle pouvait porter de plus lourdes charges plus longtemps, et en profitait pour arroser le plus souvent possible son jardin, ses plantes et son petit potager. Itachi s'amusait d'ailleurs à lui répéter que Zetsu allait vraiment l'adorer.
Un jour que la chaleur était particulièrement accablante, en début d'après-midi, à l'heure où le soleil —et donc la chaleur— était à son zénith, le carillon d'entrée retentit. Les déserteurs de l'Akatsuki étaient tous dans leurs chambres respectives, les volets fermés et les fenêtres ouvertes, tentant de se rafraîchir au maximum.
Yuki, obligée de tenir son rôle d'hôtesse, était à l'accueil, un éventail agité dans la main, les pieds dans l'eau d'un broc, un pichet d'eau et un verre vide en face d'elle, ses lourds cheveux relevés en un chignon négligé afin d'avoir le moins de chaleur possible, et habillée d'un yukata d'été léger en coton blanc.
La jeune fille releva les yeux pour voir qui venait lui rendre visite à une heure aussi lourde. Voyant qu'il s'agissait de potentiels clients —puisqu'elle ne les connaissait pas—, elle se leva, glissa les pieds dans ses getas, contourna le comptoir, ses pieds faisant « floc floc » à cause de l'eau, et sourit d'un sourire fatigué par la chaleur à ses futurs clients, les détaillant par habitude.
Quatre ninjas du pays du Feu. Un homme adulte et trois adolescents semblant plus jeunes qu'elle, dont une jeune fille. Ses cheveux étaient d'un rose surprenant, et ses yeux d'un très beau vert émeraude. Pour un peu, Yuki en aurait été jalouse. L'un des deux jeunes hommes avait de courts mais épais cheveux blonds, des yeux bleus rieurs et... des moustaches sur les joues, et était habillé d'orange.
Pas très discret, comme tenue. Surtout pour un ninja. Pareil pour la fille, en rouge et avec ses cheveux roses, elle attirait l'attention. Les deux autres semblaient davantage avoir compris le sens du mot « discrétion » qui seyait aux ninjas.
« Bienvenue dans mon modeste établissement. Je suis Yuki. Souhaitez-vous une chambre ?
– Bonjour, Yuki-san. Je suis Yamato, et voici Naruto, Sakura et Sai. Nous avons l'intention de ne rester qu'une nuit. Est-il possible d'avoir deux chambres ?
– Bien sûr. »
Yuki retourna derrière le comptoir, retira ses chaussures, glissa à nouveau ses pieds dans l'eau, invita les ninjas à s'asseoir face à elle, sortit son registre et le parchemin d'informations des tarifs, qu'elle tendit à Yamato, ayant aisément deviné qu'il était le chef de groupe.
« Voici. Oh, et pendant que vous regardez, je vais vous chercher de l'eau, ainsi qu'un grand broc. Vous allez pouvoir vous tremper les pieds. Avec cette chaleur, ce ne sera pas du luxe. »
Elle revint quelques instants plus tard, portant le broc promis, rempli d'eau fraîche, et le déposa aux pieds des ninjas. Elle avait aussi calé un grand pichet d'eau sous un bras, ainsi que quatre verres vides sous l'autre bras.
Elle les servit, puis poussa les verres en direction de ses clients, qui la remercièrent, soulagés de pouvoir se rafraîchir quelque peu. Leurs pieds avaient facilement trouvé le chemin du broc.
« Avez-vous choisi ?
– Oui, ce sera une chambre pour trois et une chambre pour une personne, les deux chambres côte à côte. Vous reste-t-il de la place ?
– Oui, j'ai actuellement six clients dispersés dans trois chambres, et il y a vingt chambres.
– Très bien. Mais dites-moi, qui sont ces clients ?
– Je suis navrée, mais je suis soumise au secret professionnel. Nous sommes dans un village paisible, et la guerre ne nous intéresse pas. En ce qui me concerne, je ne vous vois que comme des clients. J'ai déjà logé d'autres ninjas avant vous, de même que des déserteurs, et, d'un côté comme de l'autre, aucune question n'a été posée.
– Comment cela ?
– Ici, à Kaze no Kuni, personne ne se mêle de la politique. Personne ne s'y intéresse. Il y a ici un pacte qui n'est ni officiel, ni écrit, ni même formulé clairement, mais la règle est simple : les étrangers s'occupent de leurs affaires, on ne s'en mêle pas, et la réciproque est de mise. Tout ce qu'on veut, c'est la paix.
– Je vois.
– Alors, l'identité de mes clients m'importe peu, de même que votre statut ou vos activités. Tous mes clients sont traités de la même manière.
– D'accord.
– D'accord ?! Mais, capitaine Yamato...
– Laisse tomber, Naruto. C'est à nous de nous adapter aux règles des villages dans lesquels nous allons.
– Beuh... »
Yuki vit avec étonnement et amusement le jeune blond se mettre à bouder. La fille aux cheveux roses donna un grand coup de poing sur la tête du blond, le traitant d'idiot fini, ce qui le fit râler. Pas très mature, comme attitude. Surtout pour des ninjas.
Ignorant la dispute qui se profilait, Yuki leur proposa d'aller se laver dans l'onsen, non mixte, précisa-t-elle, ce qui fit à nouveau râler Naruto, pendant qu'elle laverait leurs affaires. Bien sûr, elle ne toucherait ni à leurs armes, ni à leurs parchemins. Yamato accepta avec un sourire poli qui ne parut pas du tout naturel à la jeune hôtesse.
Elle les guida jusqu'aux vestiaires, leur indiqua les bacs où laisser les affaires qu'ils voulaient qu'elle lave, et leur montra les étagères où elle déposerait les kimonos de rechange.
Pendant que ses clients se décrassaient avec plaisir de leur voyage, Yuki se chargea de leur préparer les chambres commandées. Étant loin d'être une idiote, elle les installa à l'opposé de ses autres clients, sachant par expérience que des ninjas croisant des déserteurs ne faisaient pas bon ménage. Surtout que, à leurs bandeaux frontaux, elle avait reconnu le même signe que sur celui d'Itachi. Il valait donc mieux éviter une confrontation pour le moment.
Malheureusement, le village était si petit qu'il n'y avait qu'un restaurant, qui faisait également office de bar, en plus de son établissement. Il n'y avait aussi qu'une seule épicerie. Cela voulait dire que la confrontation se ferait inévitablement, tôt ou tard.
L'idéal serait que cela se fasse le plus tard possible.
Tout en secouant les draps de la chambre des hommes —celle de Sakura ayant été rapidement expédiée—, Yuki se demandait comment faire pour éviter que ses nouveaux clients mangent dans la même salle que les déserteurs. Elle n'avait qu'une seule salle à manger, spacieuse, mais une seule tout de même, et un seul salon de thé.
Ce fut en amenant les kimonos aux vestiaires qu'elle eut une idée. Temporairement satisfaite, elle accéléra, pressée de mettre son plan en application —en espérant qu'il fonctionnerait. Elle déposa les tenues de rechange dans les bacs prévus à cet effet, et récupéra dans un panier les affaires sales qu'on lui avait laissées.
Elle croisa Sakura en lui amenant sa tenue de rechange —elle venait de déposer les tenues des hommes. La jeune fille, étant en serviette, rougit, gênée. Yuki sourit et la salua, avant de simplement continuer ses activités, ignorant la gêne de la rose, ce qui soulagea cette dernière, qui put ainsi se changer tranquillement.
« Excusez-moi, Yuki-san...
– Oui, Sakura-san ?
– Où sont nos chambres ?
– J'en venais, justement. Elles sont prêtes. Voulez-vous que je vous les montre tout de suite, ou préférez-vous attendre vos compagnons ?
– Hum... Je vais peut-être les attendre.
– Je peux attendre avec vous, si vous le souhaitez.
– Vraiment ?
– Il faudra juste me dire si vous dînez ici ou au restaurant et, si vous dînez ici, ce que vous souhaitez avoir au menu.
– Je pense qu'on verra ça avec le capit... avec Yamato, mais il est presque sûr que l'on va dîner ici. Après tout, nous ne sommes là que pour une nuit.
– Très bien. »
Elles sortirent ensemble après que Sakura se fut changée, et attendirent les hommes. Tout en patientant, Sakura voulut en savoir un peu plus sur une chose qui l'avait interpellée plus tôt.
« Excusez-moi, Yuki-san, mais...
– Oui ? Qu'y a-t-il ?
– Eh bien, tout à l'heure, vous avez échangé avec le cap... avec Yamato, et il y a un truc qui me chiffonne...
– De quoi s'agit-il ?
– Voilà : vous avez dit avoir déjà logé des déserteurs.
– Effectivement.
– Comment étaient-ils ?
– Les déserteurs ? Polis et respectueux.
– Non, non, je veux dire... physiquement ?
– Je ne peux pas vous répondre, Sakura-san. En plus, je suis quasiment sûre qu'ils ont utilisé de faux noms. Je ne crois pas pouvoir vous aider.
– Mais... C'est la guerre, enfin ! Et votre devoir patriotique, vous en faites quoi ?
– Je l'emmerde.
– Que... s'étouffa Sakura.
– C'est à cause de ninjas que ma famille est morte, explicita calmement Yuki. Cependant, j'estime remplir mon devoir en ne vous mettant pas de bâton dans les roues.
– Mais vous ne vous opposez pas aux déserteurs non plus, contra la ninja.
– Je vous l'ai dit. Je suis neutre.
– Et, vos clients actuels, en-dehors de nous, ceux qui sont déjà là... Est-ce que...
– Si vous les croisez et qu'ils sont des personnes que vous cherchez, tant mieux pour vous. Sinon, ça ne m'intéresse pas. »
Les trois autres ninjas arrivèrent à ce moment-là, coupant court à la discussion. Tous portaient des kimonos de coton léger blanc.
Naruto, voyant sa grande amie, se fendit d'un grand sourire joyeux et quelque peu bêta, ce qui amusa Yuki, constatant les sentiments visibles qu'il portait à la jeune fille aux cheveux roses. Seulement, ces sentiments ne semblaient pas réciproques.
Choisissant de ne pas s'en mêler —cela ne la regardait pas, après tout—, Yuki s'inclina devant ses clients et leur proposa de les guider jusqu'à leurs chambres. Yamato accepta avec le même sourire impersonnel.
Arrivés à destination, Yuki leur montra toutes les commodités [1] des chambres, puis, portant toujours le linge dans son panier, leur indiqua qu'elle allait faire la lessive avant de préparer le dîner.
« À ce propos, dînez-vous ici ce soir, ou allez-vous au restaurant ?
– Hum... Combien y a-t-il de restaurants ici, mademoiselle ?
– Un seul, répondit Yuki avec une mine blasée.
– Quel est votre avis, les jeunes ?
– Peu m'importe, répondit Sai avec un sourire glaçant.
– On est bien ici, non ? interrogea Sakura.
– Moi, tant qu'on peut avoir des ramens, je m'en fiche ! s'exclama joyeusement Naruto.
– Bon, alors nous restons ici.
– Très bien, reprit Yuki. Des ramens pour tout le monde, ou avez-vous d'autres préférences ?
– Quelque chose de nourrissant et énergétique, fit Sakura.
– Hum... Du riz gluant avec des boulettes de viande, un accompagnement de sauce soja, et une entrée de soupe miso et une salade de chou blanc, qu'en dites-vous, Sakura-san ?
– Très bien, sourit la rose.
– Trois bols de ramen pour moi, voire plus ! » s'exclama Naruto, toujours enthousiaste.
Il se fit à nouveau fracasser le crâne par sa camarade, qui l'engueula en lui hurlant dessus, tentant de lui inculquer quelques notions de politesse et de bonnes manières. En vain. Yuki se demanda un instant si le blond n'avait pas quelques tendances masochistes, à se faire frapper ainsi par sa camarade et en continuant malgré tout à l'aimer, avant de se dire qu'après tout, cela ne la regardait pas.
« Je vais suivre Naruto sur les ramens, même si je mange moins. Un bol me suffira, précisa Sai, toujours avec son sourire dérangeant.
– Très bien. Et vous, Yamato-san ?
– Hum... Comme Sakura, ce sera bien.
– C'est noté ! Le dîner sera servi entre dix-neuf et vingt heures. »
Les ninjas la remercièrent, et Yuki prit congé.
Pendant que les nouveaux arrivants visitaient le petit village, Yuki était allée vers les chambres de ses autres pensionnaires. Le panier de linge toujours dans les bras, elle le déposa à terre avant de toquer à la porte de la première chambre.
On lui ouvrit presqu'aussitôt.
« Oui ?
– Bonjour, Sasori-san. Je suis désolée de vous déranger, mais est-ce que vos compagnons au complet pourraient venir, s'il-vous-plaît ? J'ai quelque chose à vous dire.
– Bien sûr.
– Merci. »
En peu de temps, tous furent réunis dans la chambre des deux artistes.
« Que se passe-t-il, Yuki-san ? demanda Kakuzu.
– De nouveau clients sont arrivés aujourd'hui. Ce sont des ninjas. Ils sont quatre, et ils dînent ici ce soir.
– Je vois. D'où viennent-ils ?
– Je suis navrée, mais je suis neutre. Je le leur ai dit tout à l'heure en refusant de leur donner des informations sur vous et mes anciens locataires, la réciproque est donc valable aussi. Mais, contrairement à vous, ils ne connaissent pas votre statut.
– Je vois. Merci, apprécia Kakuzu.
– Où souhaitez-vous dîner ce soir ?
– Que voulez-vous dire ? s'étonna-t-il.
– Vous pouvez ne rien changer à vos plans et dîner dans la salle à manger, au risque d'être repérés, tout comme vous pouvez choisir d'être servis dans vos chambres. Sinon, vous pouvez choisir d'aller au restaurant. C'est vous qui voyez.
– Quand servez-vous le dîner aux ninjas ?
– Entre dix-neuf et vingt heures.
– Combien de temps restent-ils ici ?
– Une nuit. Ils ont dit qu'ils repartiraient tôt demain matin.
– Je vois.
– Kakuzu-san ?
– Oui ?
– Vous pouvez me donner votre décision plus tard. Je vais faire la lessive avant de m'occuper du dîner, alors il y a le temps. Mes nouveaux clients sont allés se promener pour visiter le village, alors vous pouvez venir me voir plus tard dans l'après-midi.
– Très bien. On fait comme ça. »
Yuki s'inclina devant les déserteurs, avant de ramasser son panier de linge sale, et de partir.
Dès que la jeune fille ne fut plus à portée d'oreille, les déserteurs commencèrent à discuter, chacun ayant un avis différent.
Deidara voulait ne rien changer à leurs plans, de même que Hidan et Kisame, qui étaient enthousiastes à l'idée d'une bonne baston. Sasori, lui, s'en fichait complètement. En tant que pantin de bois, il n'avait pas besoin de manger.
Kakuzu estimait que moins ils se feraient repérer, mieux ce serait vis-à-vis de l'organisation. La discrétion étant leur maître-mot, ils ne se faisaient voir que quand cela avait été préalablement décidé.
Finalement, ils se tournèrent vers Itachi, qui n'avait pas décroché un mot. Les regardant d'un air clairement ennuyé, il poussa un profond soupir, avant de parler d'une voix monotone.
« Dis-moi, Kisame, tu n'as rien remarqué ?
– Comment ça ?
– Dans le panier de linge sale de Yuki.
– Tiens, ce n'est plus « Yuki-san », maintenant ? [2]
– Ta gueule, Hidan. Alors, Kisame ?
– Hum... À part une veste orange et noire... Du plus mauvais goût, d'ailleurs...
– À ton avis, quel est le seul ninja à notre connaissance qui s'habille en orange ?
– Eh bien... Heu... Attends... Orange... et noir... Mais... À l'époque, c'était pas orange et bleu ?
– Ah, tu as compris ?
– Je crois, oui...
– Dites, je me sens légèrement exclu, là ! s'agaça Hidan.
– C'est normal, mon pote, t'y étais pas !
– Kisame, au lieu de faire ton gamin, si tu t'expliquais, lâcha Kakuzu.
– Oui, chef ! En fait, ce sont les vêtements de l'hôte de Kyûbi !
– QUOI ?! s'exclamèrent les quatre autres —Itachi ne criant pas, bien sûr.
– Hey ! Doucement ! Je suis peut-être un homme-requin, mais mes oreilles sont fragiles !
– D'autant qu'on se doit de rester discrets, » souligna Itachi.
Le silence se fit. Tous réfléchissaient à la meilleure tactique. Itachi fut, assez étrangement, le premier à reprendre la parole.
« Si on dîne dans la salle à manger, ils nous repéreront. Si on va au restaurant, il y a un risque qu'ils nous voient quand on rentrera, car ils seront sur leurs gardes. Si on veut capturer Kyûbi, le mieux, c'est d'attendre la nuit, que tout le monde dorme profondément. »
Tous acceptèrent cette alternative.
Ainsi fut fait. L'excuse donnée aux ninjas de Konoha fut que les autres clients étaient quelque peu assommés par la chaleur et avaient préféré rester au frais dans leurs chambres respectives.
Si Naruto et Sakura ne se méfièrent pas, il n'en alla pas de même pour le capitaine Yamato et Sai. Les deux ex-membres de la Racine restaient prudents en toutes circonstances. Surtout quand ils n'avaient pas tous les éléments et que la situation était floue, ce qui était présentement le cas.
Le lendemain, Yuki se réveilla tôt, comme à son habitude, bien qu'elle n'aurait pas craché sur une ou deux heures de sommeil supplémentaires. Soupirant à cause de la chaleur, elle se prépara le plus vite possible, humidifiant ses cheveux, n'ayant pas le temps de les laver. Elle ne se faisait ses shampoings que le soir de toute manière, car, ayant de longs cheveux, ça prenait du temps.
Temps qu'elle n'avait pas le matin.
Habillée d'un yukata similaire à celui de la veille, elle ramena ses cheveux humides en un chignon lâche dont quelques mèches s'échappaient. Elle descendit à la cuisine afin de préparer le petit-déjeuner, et prendre le sien, accessoirement.
Arrivée à destination, elle bailla, une main sur la bouche, l'autre grattant son cuir chevelu, encore un peu accablée par la chaleur. Elle se frappa les joues, déterminée à faire son travail. Plus vite ce serait fait, plus vite elle aurait sa pause.
Lorsque tout fut prêt et son ventre rempli, elle se releva en s'étirant, faisant ainsi craquer ses articulations, avant d'aller chercher ses locataires. Elle était d'ailleurs surprise, car les ninjas arrivés la veille lui avait spécifié que, bien que partant tôt, ils tenaient quand même à profiter d'un petit-déjeuner consistant pour la route. Or, ils n'étaient pas encore descendus.
Enfin, pour Naruto-san et Sakura-san, ça ne l'aurait pas étonnée qu'ils soient encore en train de dormir, surtout par cette chaleur. Mais les deux autres ? Ils lui avaient pourtant donné l'impression d'être bien plus rigoureux.
Quant aux déserteurs, ils lui avaient dit qu'ils mangeraient quand les ninjas seraient partis, ce qu'elle pouvait aisément comprendre.
Devant la porte des trois hommes, Yuki n'hésita pas et frappa trois coups forts et clairs.
Pas de réponse.
Elle réitéra ses coups, se disant qu'ils étaient finalement moins rigoureux que leur apparence le laissait supposer.
Pas de réponse, une fois de plus.
Peut-être étaient-ils allés dans la chambre de Sakura-san afin d'élaborer une stratégie quelconque ?
Elle alla alors à la porte de la jeune fille et toqua.
Pas de réponse non plus.
Vaguement inquiète que ses clients soient partis sans payer —ils n'allaient pas s'en sortir comme ça, non mais oh !—, Yuki se décida à aller ouvrir la porte des hommes, car après tout, c'était là qu'était le chef du groupe.
Elle fronça les sourcils à la vue offerte. Tout était sens dessus dessous, la table était renversée, les futons éventrés, des plumes étaient d'ailleurs étendues autour de ces derniers, et du sang tâchait le sol, le mur et le plafond, çà et là.
« Mais qu'est-ce qu'il s'est passé, ici ? »
Question purement rhétorique, vu qu'il n'y avait personne pour lui répondre. Elle avança, un peu hébétée, et ramassa un kunai fiché dans le mur. Bonjour les réparations et le ménage ! s'exaspéra-t-elle, surtout que le sang, ça part mal.
Poussant un soupir agacé, elle se dirigea vers la chambre de la seule autre fille des environs et fit coulisser la porte. Même spectacle, mais en plus petit, car la chambre était plus petite.
« Super, » maugréa Yuki.
Elle se décida alors à aller voir s'il était arrivé la même chose aux déserteurs. Non, parce que les coïncidences, ça ne fonctionnait pas. Pas dans un pays en guerre. Et surtout pas pour une ancienne ninja, même si elle n'était pas la plus douée. Elle avait quand même une cervelle.
Dans les chambres des déserteurs, c'était... eh bien... déserté.
Il n'y avait nulle trace de lutte, de sang, ou d'un quelconque combat. En revanche, leurs affaires avaient disparu. Toutes, car Yuki, sans aucun remord, se mit à fouiller les placards, à la recherche d'une preuve de leur départ.
Le vide lui donna la réponse. Seules les affaires qu'elle avait laissées à disposition étaient encore là, tout le reste avait disparu.
Sonnée, elle descendit vers le comptoir d'accueil, se demandant si elle n'était pas encore en train de dormir, quand elle le vit.
L'argent.
Là, sur le comptoir.
Avec un parchemin roulé.
Roulé, mais pas scellé.
Avec circonspection, elle s'avança jusqu'au comptoir et prit l'argent, qu'elle compta. Tout y était, il ne manquait rien. C'était la somme du séjour des déserteurs. Elle regarda à nouveau le comptoir et ne trouva pas l'argent que lui devaient les ninjas de la veille.
Elle rangea l'argent qu'elle avait en main dans le coffret prévu à cet effet, qu'elle scella d'un sceau de protection, puis rangea ledit coffret dans son tiroir à double-fond.
Elle n'était peut-être plus une ninja, mais elle avait toujours des connaissances, après tout.
Relevant les yeux, son regard tomba sur le parchemin. Elle le prit avec méfiance, le souvenir de l'examen dans la Forêt de la Mort en tête. Passant le pouce sur la tranche, elle s'humecta les lèvres.
Et attendit.
Et attendit encore.
Seulement, comme rien ne se passait, elle se demanda si c'était vraiment une bonne idée.
Si elle ouvrait ce parchemin, que découvrirait-elle ? Des explosifs qui lui péteraient à la figure, la tuant sur le coup ? Des menaces de mort ? Bon, peut-être pas, elle n'avait pas d'ennemi, après tout. Un sceau de détection qui se poserait sur elle ? Une lettre ? Un parchemin de téléportation ? Ou peut-être que ce parchemin contenait un objet, voire une personne, peut-être même un corps... C'était la guerre, non ?
« Oh et puis zut ! Je n'ai rien à craindre, non ? Je n'ai pas d'ennemi, je vis en paix, je ne dérange personne, et je respecte les lois. »
Forte de ces arguments, formulés à voix haute pour se rassurer, Yuki hocha la tête pour elle-même et déroula le parchemin.
Lorsqu'elle reprit connaissance, Yuki était quelque peu endolorie. Elle s'aperçut rapidement qu'elle était allongée sur un lit double, dans une chambre dénuée de toute décoration. En face du lit se trouvait une petite table de bois simple, avec une chaise faite du même matériau. Une torche était accrochée au mur juste au-dessus de la table. À gauche, un mur de pierre. Et à droite, une porte de bois.
Elle vit ses getas au sol, juste devant le lit. À part ça, elle n'avait été ni déshabillée, ni changée. Elle était toujours en yukata de coton blanc. Ses cheveux étaient encore plus en désordre, mais ça, ce n'était pas vraiment étonnant.
Il faisait étrangement frais, ce qui était appréciable, après des jours de canicule. Et il ne faisait pas froid non plus, ce qui était tout aussi bien.
Yuki attendit un peu avant de se lever, restant assise après avoir enfilé ses chaussures, car elle avait la tête qui tournait un peu, et elle ne voulait pas se casser la figure à cause d'un simple étourdissement.
Elle se leva au bout de quelques courtes minutes, une fois qu'elle fut sûre d'avoir émergé de son état de semi-sommeil. Elle se dirigea sans hésiter vers la porte, attrapa la poignée pour la tourner et ne rencontra aucune résistance.
Elle n'était donc pas prisonnière. C'était quand même rassurant.
En sortant, elle vit la même chose de chaque côté. Un long couloir semblant interminable, flanqué d'un nombre incalculable de portes identiques à celle qu'elle tenait. Elle se sentit défaillir. Mais où était-elle donc tombée ? Quel était ce lieu ? Heureusement qu'il y avait des torches accrochées aux murs, sinon, on n'y verrait rien. Il n'y avait aucune fenêtre, ce qui lui fit immédiatement penser à un sous-sol.
Bon, que ce soit à droite ou à gauche, le couloir était totalement identique. Comment savoir quelle était la direction à prendre ? Et puis, pour aller où ? Pour trouver quoi ? Et qui ?
Soupirant, la demoiselle se décida, plutôt que de foncer tête baissée, à appeler. Elle n'était pas prisonnière, n'est-ce pas ? Par conséquent, il n'y avait aucun risque à demander de l'aide.
Il se passa plusieurs minutes après son appel, du moins, ce qui lui sembla d'interminables minutes, sa perception du temps quelque peu altérée, avant qu'un bruit de pas se fasse entendre. Sauf que comme les murs étaient en pierre, les sons résonnaient, elle ne put donc pas définir d'où venaient les pas en question.
Elle sursauta en sentant une main se poser sur son épaule gauche, alors qu'elle regardait à droite à ce moment-là. Se retournant vivement, portant une main à son cœur, elle poussa un soupir de soulagement en reconnaissant l'homme qui lui faisait face.
« Vous m'avez fait peur !
– Hn. Navré, répondit le concerné sur un ton tout sauf désolé.
– Où est-ce qu'on est ?
– À la base principale de notre organisation. Nous sommes à Ame no Kuni.
– Aussi loin ? Comment suis-je arrivée ici ?
– De quoi vous souvenez-vous ?
– Hum... Je me souviens d'avoir préparé les petits-déjeuners et d'avoir pris le mien, puis je suis montée pour aller chercher les ninjas que je logeais pour la nuit... Sauf que leurs chambres étaient totalement retournées, avec du sang éparpillé un peu partout, les affaires détruites, et des kunais plantés à différents endroits. J'ai été voir dans vos chambres, en me disant que peut-être, vous vous étiez confrontés, mais si vos chambres étaient vides, elles étaient en parfait état...
– Et après ?
– Après ? Je suis redescendue. Je ne savais pas quoi penser. C'est toujours le cas, d'ailleurs... Enfin... J'ai marché par réflexe, et je suis arrivée à l'entrée, où j'ai vu une liasse de billets et un parchemin sur le comptoir. J'ai compté l'argent, et j'ai remarqué qu'il y avait le compte pour votre séjour, mais pas celui de mes autres clients. J'ai rangé les billets dans un coffret que j'ai rangé après l'avoir scellé.
– Scellé ?
– Oui, j'ai encore quelques compétences ninjas.
– Je vois.
– Et puis... Ensuite... Euh... Ensuite, j'ai pris le parchemin. J'ai vu qu'il n'était pas scellé, alors j'ai hésité à l'ouvrir. Mais je me suis finalement décidée, et je l'ai ouvert. Je crois que j'ai perdu connaissance, parce que quand je me suis réveillée, j'étais dans cette chambre, là, et je ne savais pas où j'étais. Je me suis levée quand j'ai été sûre que ma tête ne tournerait pas, que je n'aurais pas de vertiges, et j'ai ouvert la porte, ce qui m'a rassurée.
– Rassurée ?
– Oui, si j'avais été prisonnière, on n'aurait pas laissé la porte ouverte sans surveillance.
– Logique.
– Sauf qu'après, en voyant ce couloir, j'ai été complètement perdue. Je suppose qu'on est dans un sous-sol, vu qu'il n'y a pas de fenêtre ?
– En effet. Vous êtes observatrice.
– Merci. Enfin bref, qu'est-ce que je fais là ? C'était un parchemin de téléportation, n'est-ce pas ?
– Oui. On a décidé de vous emmener ici, c'est plus sûr.
– Pourquoi ?
– L'alerte a été donnée, et comme on vous a donné nos vrais noms, vous êtes en danger, car vous avez logé de dangereux criminels faisant partie du Bingo Book.
– Super... Non, vraiment, c'est génial, ironisa la jeune fille.
– Par conséquent, on vous a transportée ici pour votre protection, la coupa l'homme.
– Merci. Mais je suppose que je ne vais pas pouvoir rester éternellement ici, non ?
– Pourquoi pas ? Vous pourriez vous rendre utile. Il n'y a pas de raison que vous restiez inactive non plus, vous ne vous ennuierez pas. Entre les plantes et les techniques médicales quand l'un de nous est blessé, le ravitaillement, la cuisine et le ménage... Il y a de quoi faire.
– C'est pas faux. Et puis, je ne sais pas faire grand-chose d'autre...
– C'est déjà beaucoup. Et puis, vous n'êtes pas obligée.
– Vraiment ?
– Vraiment. On vous loge de bon cœur. On en a parlé avec les autres membres, surtout avec notre chef, et vous avez été acceptée à l'unanimité.
– Je vois... Je suppose qu'il y a quand même des conditions à respecter ?
– Oui, c'est vrai. Je vais vous emmener voir le chef, il vous expliquera tout ça.
– Je vous suis, Itachi. »
Arrivés devant deux immenses portes fermées, Yuki se rendit compte qu'elle n'avait absolument rien retenu du chemin. Se traitant mentalement d'idiote, elle suivit Itachi dans la salle, qui se révéla immense.
Toute faite de pierre, deux mains géantes trônaient au centre, paumes et doigts dirigés vers le plafond qui semblait bien loin. Un groupe d'une dizaine de personnes était là, juste devant les colonnes de doigts de pierre. Elle reconnut cinq d'entre eux, ceux qu'elle avait logé.
Elle déglutit face aux regards insistants posés sur sa petite personne. Elle n'était pas du genre timide, mais là, il fallait avouer que c'était gênant. Surtout le type aux yeux violets en forme de tourbillon. Elle n'avait jamais vu des yeux pareils. Il avait des cheveux d'un très beau roux, et des... pointes ? bouts de fer ? plantés un peu partout sur son visage, même sur ses oreilles et son nez, ainsi que ses mains, et elle devina que c'était probablement pareil sur le reste de son corps.
Elle crut reconnaître l'un pour être Zetsu-san, dont lui avait parlé Itachi. Il correspondait à la description, en tout cas. Les cheveux verts, les yeux jaunes, la moitié du visage blanche, l'autre noire, et entouré d'une sorte de racine noueuse en forme de corolle ouverte. Et bien sûr, le même manteau que les autres. Noir aux nuages rouges bordés de blanc.
Elle remarqua une jolie femme aux cheveux bleus attachés en chignon, avec une fleur blanche plantée au-dessus de l'oreille, dans les cheveux. Ses yeux étaient d'un orange surprenant.
Un autre... homme ? Difficile à dire... Il avait un masque orange en spirale, dont le point de convergence était le trou fait pour son œil droit, qu'elle ne voyait même pas. Il avait des cheveux noirs semblant courts qui dépassaient, mais avec l'espèce de tissu noir entourant sa tête, il était difficile de savoir si c'était sa vraie longueur de cheveux, ou seulement quelques mèches qui dépassaient.
Elle adressa un sourire timide à ceux qu'elle connaissait déjà et qu'elle considérait comme étant des amis. Sourire qui lui fut rendu, plus chaleureux que jamais.
« Pain, voici Yuki, dont nous t'avons parlé, entama alors Itachi.
– Hum... fit le roux aux yeux violets, que Yuki devina être le chef. Est-elle sûre ?
– Comment ça ? » demanda Yuki, qui n'appréciait pas qu'on parle d'elle comme si elle n'était pas là.
Pain tourna alors ses yeux vers elle et la jaugea du regard. Ne sachant ce que cela signifiait, Yuki soutint son regard avec, toutefois, une simple lueur interrogatrice dans les yeux. Ce que le chef vit dût lui plaire, puisqu'il lui s'adressa alors directement à elle.
« Qui nous dit que tu ne nous trahiras pas, jeune fille ?
– Je ne l'ai pas fait jusqu'à maintenant, alors que les occasions n'ont pas manqué, loin de là. Tout ce que je veux, c'est vivre en paix, tranquille, alors je n'allais pas me mettre qui que ce soit à dos. Ça aurait été vraiment idiot.
– Tu n'as pas sonné l'alerte, la nuit dernière. Pourquoi ?
– Heu... À vrai-dire...
– Oui ?
– Eh bien... C'est-à-dire que... Quand je dors... Je dors profondément... Je n'ai rien entendu... Je ne me suis rendue compte du bazar que lorsque je suis allée dans les chambres... C'est-à-dire ce matin... »
Il y eut un court silence, avant que quatre éclats de rire se fassent entendre. Yuki vit qu'il s'agissait, sans trop de surprises, de Hidan, Deidara, Kisame et du type au masque orange tourbillonnant.
« Trop forte, Yuki-chan ! Tu t'es pas réveillée ?! ricana Hidan, franchement amusé.
– Eh non, Hidan-san. J'ai le sommeil lourd.
– C'est le moins qu'on puisse dire ! s'esclaffa Kisame.
– Elle n'a même pas entendu mes explosions, se moqua Deidara.
– Et si on en revenait au sujet principal ? coupa Pain.
– Tobi est un bon garçon !
– Euh... Pourquoi il dit ça ?
– Cherche pas, Yuki-chan, Tobi est comme ça, c'est tout ! Faut pas chercher à comprendre !
– D'accord... Si vous le dites, Hidan-san...
– Tu peux me tutoyer, tu sais !
– Oui, oui, ça viendra. Il faut juste que je m'habitue à l'idée. Sinon, excusez-moi, Pain-san, vous vouliez revenir au sujet principal ?
– En effet.
– Je n'ai pas sonné l'alerte, puisque je n'ai rien entendu. Enfin, même si j'avais remarqué ce qu'il s'est passé, je n'aurais pas sonné l'alerte. Bien sûr, j'aurais cherché à comprendre ce qu'il se passait, mais je n'aurais pas crié à l'aide. Je vous aime bien, moi. Il n'y a pas de raison que je vous trahisse. En plus, vous offrez de me protéger, sans même me demander une quelconque contrepartie. Ce serait malvenu de ma part que de vouloir vous trahir, non mais franchement ! Et puis, j'ai déjà été victime de trahison, lorsque ma famille est morte, je ne peux pas faire une chose qui a coûté la vie de mes proches !
– Je te crois.
– Vraiment ?
– Oui.
– Merci. Mais, même si Itachi m'a dit que je ne suis pas obligée de faire quoi que ce soit, je sais que je ne peux pas rester sans rien faire. Je sais cuisiner, faire le ménage, coudre, repriser des vêtements... J'ai quelques notions de soins, comme désinfecter une plaie et faire un bandage, je peux aussi reconnaître quelques plantes médicinales, même si je n'en connais pas beaucoup... Et dans mon jardin, j'avais un potager où je cultivais des plantes et des légumes. Et comme j'ai une formation de ninja, étant de niveau chuunin, je peux malaxer mon chakra pour porter des charges plus lourdes, ou même pour avoir de l'endurance. Ce n'est pas par obligation, mais parce que je veux vous remercier d'accepter de me recueillir et de me protéger que je ne veux pas ne rien faire. Bien sûr, je ne suis pas aussi forte que vous, et je ne le serai probablement jamais, mais je veux quand même être utile, même juste un peu...
– En ce qui me concerne, je n'ai aucune objection à t'accepter ici.
– Merci beaucoup. »
C'est ainsi que Yuki fut acceptée au sein de l'Akatsuki. Elle refusa de porter leur manteau car il n'était pas pratique pour les tâches ménagères, et surtout, il était inutile, puisqu'elle n'allait pas à l'extérieur. Elle ne le portait qu'en hiver, à cause du froid. Résultat, elle s'était mise à adorer l'hiver. C'était la saison de sa rencontre avec Itachi, et c'était la saison où elle pouvait porter le même manteau que ses amis et son fiancé.
Car oui, ils s'étaient fiancés. Ça s'était fait très simplement, sans effusion, à l'image du ténébreux jeune homme. Et puis, Yuki aussi préférait que ça soit simple. Au moins, c'était sincère et vrai, il n'y avait aucune hypocrisie dans cette union.
Elle avait appris ce qui était arrivé, cette fameuse nuit où tout avait changé, où Itachi avait dû massacrer son clan pour protéger son frère et son village.
Elle apprit ce qu'était l'hôte d'un démon à queue. Apparemment, le blondinet en était un. L'hôte du démon renard à neuf queues. Ce qui expliquait les moustaches sur ses joues. Ensuite, on lui expliqua l'objectif, du moins, dans les grandes lignes, que visait l'organisation. Rassembler l'énergie des neuf démons à queue, de manière à imposer la paix dans le monde.
Cela lui semblait utopique, mais elle n'en dit rien. Elle fit part de ce qu'elle en pensait, bien sûr, mais elle ne remit jamais en cause la noblesse de leur objectif. Après tout, elle aussi, elle voulait la paix. Et puis, du fait de ses études de ninja, elle savait que les personnes capables de changements notables étaient ceux capables de faire des sacrifices.
Le souci, c'est que les ninjas de Konoha avaient réussi à leur échapper. Du coup, pas de démon renard. Pas de Kyûbi.
Secrètement, Yuki en était soulagée. Elle l'avait trouvé sympathique, ce garçon, ce grand enfant, à peine adulte, qui riait fort et qui avait un sourire éclatant, en plus de ses cheveux blonds qui faisaient penser à un mini-soleil, et ses yeux bleu ciel. Un garçon lumineux, en somme. Pas son genre, bien sûr, mais elle le verrait bien comme un petit frère. Pas un grand frère, le sien était mort et irremplaçable. Mais un petit frère, oui, pourquoi pas...
Tobi avait facilement trouvé cette place. Malgré sa puissance, Yuki l'appréciait, et cela semblait réciproque. Même si Itachi lui avait dit de se méfier de Tobi car il semblait qu'il cachait quelque chose, Yuki ne pouvait s'empêcher de lui témoigner une affection toute maternelle. Et Tobi le lui rendait bien.
Elle le disputait souvent, ainsi que Hidan. En fait d'un petit frère, elle avait l'impression d'en avoir deux. Deux grands gamins. Mais bon, elle leur pardonnait tout.
Kisame, lui, aurait voulu qu'elle l'appelle « grand frère », mais comme elle le traitait comme tel plutôt que de l'appeler de cette manière, il s'en contentait.
Konan était comme la grande sœur qu'elle n'avait jamais eue. Konan était d'ailleurs ravie de cette présence féminine, et profitait de son statut d'aînée pour lui donner des conseils en tout genre.
Comme prédit par Itachi, Zetsu vouait une grande admiration à Yuki. Ils avaient en commun l'amour de la nature et des plantes, et Yuki apprit de nombreuses choses à ses côtés, tant en plantes médicinales, qu'en poisons naturels... Après tout, elle était dans une organisation criminelle, il fallait bien qu'elle sache aussi ce qui touchait aux poisons...
Pour Pain, Yuki se contentait de rester à l'écart, le respectant et le craignant à la fois, bien qu'elle n'aurait su expliquer en quoi elle le craignait... Il l'impressionnait, plutôt, il dégageait un fort charisme, une personnalité puissante... De quoi impressionner, en effet.
Deidara et Sasori, eux, s'amusaient à échanger avec elle des idées sur l'art, à argumenter sur la meilleure forme de l'art qui soit, chacun des hommes défendant avec opiniâtreté son propre point de vue, Yuki tentant à chaque fois de calmer les choses, sans grand succès.
Kakuzu, étant du genre casanier, était seul la plupart du temps. Toutefois, lorsqu'ils se retrouvaient dans la même pièce, lui et Yuki pouvaient avoir des conversations passionnantes sur toutes sortes de sujets. Yuki regrettait d'avoir fini ses études trop tôt, et en profitait pour se cultiver auprès de Kakuzu, qui acceptait de partager ses connaissance avec quelqu'un capable de soutenir une vraie conversation. « Pas comme mon abruti de coéquipier. Mais qui m'a fichu un idiot pareil ? » qu'il disait à chaque fois, ce qui faisait bien rire Yuki.
Il se passa plusieurs années, les villages ninjas avaient totalement oublié l'existence d'une certaine Yuki Mitsuki, ce qui arrangeait bien la concernée.
Elle s'était mariée avec Itachi, dans un mariage simple en petit comité. Avec la guerre entre les villages ninjas, leur statut de déserteurs, ils n'étaient pas aussi tranquilles que Yuki aurait pu le souhaiter, mais elle était heureuse malgré tout.
Embrasser son amour tous les jours et passer ses nuits avec lui était suffisant pour elle. Bien sûr, il lui manquait quand il partait en mission, mais elle faisait de son mieux pour s'occuper, de manière à ne pas se morfondre, et aussi pour qu'il soit fier d'elle.
Cela faisait quatre mois qu'Itachi était en mission, et Yuki attendait son retour avec impatience. Elle avait une grande nouvelle à lui annoncer, et elle s'était montrée infernale avec Pain, lui faisant promettre de laisser tranquille son mari pour les semaines à venir. Elle avait aussi supplié les autres de ne rien dire à Itachi, elle tenait à lui annoncer en personne.
C'était le soir, et elle s'apprêtait à se coucher.
Soudain, deux bras l'entourèrent, la faisant crier de surprise. Elle se retourna, prête à incendier le suicidaire, quand elle fut happée par deux yeux d'un noir si profond qu'elle en oublia jusqu'à son prénom.
Un baiser lui fit fermer les yeux, et elle s'abandonna avec bonheur dans les bras de son mari.
« Vous m'avez manqué, monsieur Uchiwa.
– À moi aussi, madame Uchiwa.
– Tu sais que ce n'est pas bien de faire attendre si longtemps une dame ?
– Je sais. Ma mission a été plus longue que prévu.
– Très bien. Mais t'as intérêt à te faire pardonner.
– Si tu veux. Mais avant ça, Pain m'a dit que tu voulais me parler. Il a refusé de me dire de quoi il retournait, mais Hidan était plié de rire. Tu m'expliques ?
– Je vais tuer Hidan.
– Il est immortel, chérie.
– Je vais le tuer quand même, et le re-tuer, encore et encore.
– Pourquoi ça ? demanda Itachi, amusé.
– Il a dit que j'étais grosse.
– C'est vrai que tu es devenue un peu ronde, mais tu n'es pas grosse pour autant.
– C'est vrai ?
– Je ne mens jamais. Pas à toi, en tout cas.
– Mais je vais grossir... déprima la jeune femme.
– Et pourquoi ça ? demanda-t-il, surpris.
– Eh bien... Parce que...
– Tu n'as jamais pris de poids, toutes ces années, pourquoi en prendrais-tu maintenant ?
– Parce que... Tu... Je... Nous... C'est...
– Yuki, je ne comprends rien. Calme-toi. Assieds-toi, et explique-moi. »
Il fit asseoir sa femme sur le lit, la força à respirer profondément pendant deux longues minutes, avant de lui demander à nouveau de s'expliquer.
« J'ai déjà pris du poids, en fait, tu l'as remarqué. Et ça ne va pas s'arrêter. J'ai pris du ventre, plus précisément.
– Et pourquoi ça ne s'arrêterait pas ?
– Pas avant quelques mois. Après, je vais à nouveau tout perdre, mais je vais passer par cette période où je vais prendre du poids.
– Et pour quelle raison ?
– Tu ne devines pas ?
– Je veux que tu le dises de vive voix.
– Je... Je suis enceinte. On va être parents de deux bébés.
– Attends... Deux ?
– Oui... Deux. Mais je ne sais pas si ce sera deux garçons, deux filles, ou un garçon et une fille. On le saura à la naissance. »
Pour toute réaction, Itachi l'embrassa avec bonheur, ce qui fit sourire Yuki. Avec tous les tontons qu'allaient avoir ses enfants, la vie n'allait pas être triste, loin de là...
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[1] NDA : oui, je sais, mon jeu de mot est pourri, mais bon, on fait ce qu'on peut... pour celles —et ceux ?— qui ne le savent pas, « commodités » est le terme en langage soutenu qui signifie « les toilettes »...
[2] NDA : ne pas mettre de suffixe, au Japon, est un signe de familiarité, cela signifie donc ici qu'Itachi et Yuki ont dépassé le stade de simples connaissances.
Voilà. Il n'y aura pas de suite, je vous la laisse, à vous, lectrices et lecteurs. Je préfère ne rien gâcher à l'ambiance que j'ai instaurée. Je n'ai pas vraiment respecté tous les éléments du manga, mais après tous, une fiction, c'est fait pour ça : on s'approprie temporairement l'univers choisi pour en faire ce qu'on veut. J'espère vous avoir fait passer un bon moment.
J'ai aussi modifié la fin : on ne sait plus le ou les sexes des bébés. Je trouve ça plus vraisemblable, en considérant qu'il n'y a pas d'échographie dans l'univers de Naruto. Ou, s'il y en a, d'une, je ne le savais pas, et de deux, Yuki n'y a pas accès.
Je tiens à remercier, pour leurs reviews : Maxine3482, Little . Nox, Sciny-chan, nounoumanda, et minimilie.
Maxine3482 : Merci pour tes encouragements ! Je suis touchée de savoir que ça te plaît autant, mais je ne suis pas sûre d'avoir mis l'accent sur les sentiment d'Itachi... J'ai davantage eu l'impression de me centrer sur Yuki...
Little . Nox : Oui, appelle-moi Devil, c'est bien plus simple ! Et oui, je me prétends lutin de Cornouailles ! Parce que le sérieux tue, je préfère rigoler ! J'ai beaucoup aimé ton message, merci ! Pour l'humour... Une prochaine fois !
Sciny-chan : Moi aussi, j'aime bien me la péter ! Faut dire ce qui est ! Et puis, où est le mal ? Tes compliments me vont droit au cœur, merci, merci, merci, merci, merci ! Toi aussi, tu écris bien, même dans une simple review !
nounoumanda : Merci, mais pas une vraie fic, désolée... Je préfère comme ça ! Trop long, ça aurait pu devenir barbant, faut être réaliste... Être lyrique, c'est bien, mais faut pas en faire des caisses non plus ^^
minimilie : Merci pour cette sympathique review ! En espérant que ce dernier chapitre te plaira tout autant !
*câlin virtuel à toutes*
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