Une fois dans les souterrains, Chuck mit ses oreillettes et son dispositif vidéo en marche.

« Test. Sarah tu me reçois ? »

« Oui je te reçois Chuck, tout est en place » répondit-elle distraite.

« Ok, tu es mes yeux désormais, alors, par où dois-je me diriger maintenant ? » demanda-t-il très contrarié.

« Prends la première à droite dans cinq mètres, lui indiqua-t-elle. Ensuite, continue tout droit pendant une centaine de mètres, et tourne à gauche. Tu devrais tomber sur eux après ».

« Ok, bien reçu, le GPS les a repéré. » répondit Chuck.

Comme indiqué par Sarah, il ne tarda pas à tomber sur trois hommes tous plus grands que lui d'au moins une tête et armés jusqu'aux dents. Dès qu'ils le virent, ils sortirent leurs armes, prêts à faire feu.

« Oh, oh, on se calme les gars. Tout doux, je ne suis pas armé. Alors, il paraît que vous me cherchez ? »

« Qui êtes-vous ? » demanda l'un des gros bras.

« Chuck Bartowski, répondit-il. Vous travaillez pour Miller, non ? »

Les trois hommes se concertèrent du regard. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à se faire surprendre dans les égouts. « Des amateurs » pensa Chuck.

« Bon, on reste ici à papoter ou vous me conduisez à Miller que je sache pourquoi il me surveille d'aussi prêt depuis tout ce temps ? » demanda Chuck d'un ton enjoué.

« Doucement Chuck, les énerve pas » lui conseilla Sarah.

« Vous êtes au courant ? » demanda un autre des gros bras.

« Non mais vous me prenez pour qui ? demanda-t-il. Sérieux les gars, je ne sais pas d'où vous venez, mais si je peux vous donner un petit conseil, la prochaine fois que vous devez capturer quelqu'un, renseignez-vous sur lui, ça pourrait vous être utile vous savez ? ».

« La ferme Bartowski ! » dit une voix autoritaire, plus âgée.

« Miller je suppose ! Enchanté de vous rencontrer ! répondit Chuck. Alors, de quoi s'agit-il ? pourquoi avez-vous besoin de moi ? »

« Avance ! Tu sauras tout ce que tu as besoin de savoir une fois dans notre base » répondit Miller.

Puis il claqua des doigts, et aussitôt un des gros bras mit un sac sur la tête de Chuck. Ce dernier fût ensuite entrainé par Miler et ses hommes à travers le réseau souterrain des égouts de Burbank. Sarah suivit chaque agissement de Chuck, nerveuse.

Il marcha pendant plus d'une heure avant de sentir enfin l'odeur fraîche et délicieuse de l'air libre. Pas un bruit autour de lui. Pas de voiture, pas d'agitation urbaine. Ils avaient quitté Burbank. Mais pour aller où ? Chuck ne tarda pas à le découvrir, car Miller lui enlevait justement le sac de la tête.

« Où sommes-nous ? » demanda Chuck.

« Tu ne reconnais pas cet endroit Bartowski ? » répliqua Miller d'une mine enjouée.

« Si… Maintenant que vous le dites… se souvint Chuck. C'est ici que Ted Roark a séquestré mon père jusqu'à ce qu'il créé un nouvel intersecret, destiné à des dizaines d'hommes… C'est ici qu'il a forcé mon père à créer une armée pour lui… Mais c'est aussi ici qu'il a échoué, je me trompe ? » demanda Chuck acerbe.

« Très impressionnant Bartowski, avoua Miller, et comme vous êtes le digne fils de votre père, c'est maintenant à votre tour de nous aider à créer notre propre intersecret. Et ne vous en faites pas, contrairement à Roark, je n'échoue jamais ! ».

« Quand vous dites « nous », de qui parlez-vous au juste ? Parce que si vous comptez me forcer à construire un intersecret pour vous en m'impressionnant avec vos trois idiots, je crois que vous pouvez admettre votre défaite dès maintenant ! » rétorqua courageusement Chuck, bien décidé à ne pas se laisser intimider.

« Quand il dit « nous », il parle essentiellement de moi » annonça quelqu'un qui était jusqu'ici caché dans l'ombre.

Chuck reconnut immédiatement cette voix mielleuse, qui vous inspire confiance au premier abord. Cette voix, c'était celle de l'homme qui voulait le tuer, cet homme qui voulait à tout prix détruire la CIA et tuer Sarah avant de se retrouver en prison.

« Shaw… »

« Salut Chuck, content de te revoir ».

« Qu'est-ce-que tu veux Shaw ? » demanda Chuck sur un air de défi.

« Tu vas construire un intersecret pour moi » répondit calmement Shaw.

« Et qu'est-ce-qui te fais croire que je vais t'aider ? Je ne l'ai jamais fait, pourquoi commencerais-je maintenant ? »

« Eh bien… Disons qu'il y a actuellement assez de flingues braqués sur toi pour te faire exploser la cervelle en petits morceaux. Et puis… J'ai entendu dire que ta charmante épouse a perdu la mémoire et qu'elle t'a abandonné à ton triste sort. Comme c'est dommage, vous formiez un si joli couple ! dit-il avec un sourire qui traduisait toute l'ironie de ses paroles. Maintenant que l'équipe Bartowski n'est plus qu'un vieux souvenir, tu es tout seul Chuck. Tu vois, c'est pour tout cela que tu vas m'aider. Tu n'as en fait pas le choix car personne ne sait que tu es ici. Mais tu peux toujours refuser si tu veux, et dans ce cas, j'ordonne à tous mes hommes de vider leur chargeur sur ton misérable corps de fillette. Alors Chuck, tu préfères vivre ou mourir ce soir ? »

« Tu veux remettre ça, hein Shaw ? Ça ne t'a donc pas suffit que je t'humilie deux fois ! Il faut encore que tu essaies de me battre ? répliqua Chuck le sourire aux lèvres. Très bien, après tout ça va être amusant ! »

« Ne fais pas trop le malin Chuck, si tu tentes quoi que ce soit contre moi, je te descends moi-même, et je traque chacun des membres de ta petite famille de looser » prévint Shaw qui avait perdu son sourire narquois.

« Joue pas avec le feu Chuck, ce mec est complètement malade ! » intervint Sarah.

« Allez avances ! » ordonna Shaw en saisissant fermement Chuck par le bras et en l'entrainant à 'intérieur d'une vieille cabane en bois.

A l'intérieur, Chuck découvrit de puissants ordinateurs de programmation, des serveurs gigantesques, ainsi qu'une paire de lunettes et le fameux cypher tant convoité par la CIA. Ce cypher qui devait faire de Sarah l'intersecret 4.0. Shaw le força à s'asseoir devant les ordinateurs, l'attacha aux pieds à l'aide de chaînes et lui donna ses dernières recommandations :

« Si tu fais tout ce que je te demande sans faire de vague, tu auras la vie sauve Bartowski. En revanche, si tu tentes quoi que ce soit pour me doubler, tu subiras la pire torture que tu n'as jamais connue. C'est clair ? »

« Limpide » répondit Chuck quelque peu intimidé par le charisme de Shaw.

« Très bien, alors au travail ! je reviendrais tout à l'heure pour voir comment tu avances. Ah... Et j'oubliais… Je te laisse jusqu'à ce soir minuit pour programmer mon intersecret. Si tu échoues, je traquerais Sarah et je la tuerais sous tes yeux ».

« Message reçu ».

Après ça, Shaw sortit de la pièce, ferma la porte et ordonna à deux gros bras de Miller de monter la garde devant la porte. Chuck se mit alors au travail. Il commençait à peine la programmation de l'intersecret lorsque Sarah lui demanda :

« Comment tu te sens Chuck ? »

« Très bien, à part que je n'ai que jusqu'à minuit pour mettre mon plan à exécution » chuchota-t-il.

« Quel plan ? s'inquiéta Sarah. Chuck, écoutes, ne joue pas au héros s'il-te-plaît, tu vas te faire tuer ! » tenta-t-elle de le raisonner.

« Tu veux devenir l'intersecret 4.0 oui ou non ? répliqua Chuck agacé. Si tu y tiens tant que ça, tu vas faire exactement ce que je te dis d'accord ? »

« Très bien, répondit Sarah après une courte réflexion, que veux-tu que je fasse ? »

« Ce soir, à minuit, je donnerais les lunettes à Shaw. A ce moment-là, demande un soutien aérien et demande qu'un hélicoptère m'attende aux coordonnées que je suis en train de t'envoyer. Si tu fais tout ça, tout se passera bien pour moi, je te le promets. Maintenant je dois te laisser, il faut que je me mette au travail, je n'ai que très peu de temps devant moi. »

« Sois prudent Chuck, j'ai besoin que tu reviennes au Château en un seul morceau. A ton retour, il faudra qu'on parle de quelque chose. » lui dit Sarah, en espérant que ses paroles l'apaiseraient.

« Comptes sur moi » répondit Chuck coupant la liaison avec Sarah.

Cette dernière phrase le décontenança légèrement, mais il n'eut pas le temps de s'y attarder plus longtemps. En effet, la tâche qui l'attendait était colossale, voire même de l'ordre de l'impossible à exécuter en si peu de temps. Heureusement que Charles Bartowski était bel et bien le digne fils de son père. Il avait hérité des talents de programmateur de ce dernier, et son expérience comme intersecret original faisait de lui le meilleur atout que Shaw pouvait espérer pour programmer son nouvel intersecret. Après avoir vérifié qu'aucun garde ne pouvait le voir, ni qu'aucune caméra ne le filmait, Chuck prit dans son sac un ancien cypher provenant de la version 2.0 de l'intersecret. Il avait pris la liberté de le récupérer dans les archives du Château avant son départ, ainsi qu'une paire de lunettes destinées à stocker le programme intersecret de Sarah. Ensuite, il connecta le nouveau cypher à l'ancien et y transféra les données. Une fois cette opération terminée, il rangea le cypher initialement prévu pour Shaw dans son sac, et le remplaça par celui qu'il avait apporté de Burbank. Une fois cette opération terminée, Chuck entama la programmation de l'intersecret. Il constata que de nouvelles fonctions avaient encore été ajoutées par rapport à la version 3.0. il découvrit alors quelque chose qu'il n'aurait jamais pu imaginer : la personne qui téléchargera cet intersecret sera invincible car toutes les techniques de combat et de self-défense y avaient été intégrées. De plus, il remarqua que le futur intersecret sera un expert dans le maniement d'armes en tout genre, même les plus exotiques et rares, et il pourra également piloter des avions, des bateaux, des hélicoptères, et tous les véhicules militaires. L'intersecret 4.0 sera beaucoup plus qu'un intersecret ordinaire : il sera à la fois machine de guerre et objet de dissuasion pour les pays ennemis. Il sera plus puissant que n'importe quelle arme jamais créée. « C'est vraiment terrifiant » pensa Chuck. Il ne savait d'ailleurs pas ce qui le terrifiait le plus : qu'il soit le créateur de ce monstre ou que ce soir Sarah que la CIA ait choisi pour télécharger cet intersecret. Il réalisait en fait que si Sarah le téléchargeait, la CIA l'utiliserait et la manipulerait comme un vulgaire jouet. Elle n'aurait plus de vie, plus de sentiments, juste de l'espionnage encore et encore. « Elle ne mérite pas ça, songea-t-il, mais comment lui faire renoncer à ce projet ? Dois-je lui raconter ce que je viens de découvrir ? Et si ça ne faisait que l'inciter encore plus à le télécharger ? ». Chuck se torturait l'esprit à trouver des réponses en vain. Il essaya de mener de front sa mission sous-marin et sa véritable mission, mais il n'y parvint pas. Pour l'heure, il devait se concentrer sur la programmation de l'intersecret.

Il était vingt-et-une heure maintenant, cela faisait plus de six heures qu'il était plongé dans la programmation. Soudain, il entendit des bruits de pas derrière la porte. Il la vit alors s'ouvrit et Shaw entra avec de la nourriture et de quoi boire.

« Tiens Chuck, de quoi te nourrir et te désaltérer. Je ne voudrais pas que mon programmateur préféré tombe dans les pommes ! » ricana-t-il.

« De l'ironie et du sarcasme, tu es en grande forme ! Mais dis-moi, c'est tout ce que tu as trouvé pour m'impressionner ? C'est décevant Shaw. » le provoqua Chuck.

« Cesse de faire le malin Bartowski, n'oublies pas que cette fois tu n'as pas l'avantage sur moi, et personne ne viendra te sauver si ça tourne mal. Vois-tu Chuck, j'ai gagné cette fois, et tu ne peux rien faire contre ça ! Tu ne peux rien faire pour m'arrêter ! Haha ».

« Tu as sans doute raison, répondit Chuck évasif. Je t'ai sous-estimé visiblement ».

« Eh oui, tout le monde me sous-estime toujours, mais au final, c'est Daniel Shaw qui remporte la victoire ! » se venta-t-il fièrement.

« Oui, sûrement. Maintenant excuse-moi mais j'ai un intersecret à terminer. » répliqua Chuck impassible aux railleries de Shaw.

« N'oublies pas Chuck, il te reste trois heures. Pas une minute de plus. » lui dit-il en s'éloignant.

Chuck entendit la porte se refermer derrière lui, puis le silence revint. Il continua la programmation de l'intersecret 4.0 durant encore plus de deux heures sans interruption. « T'y es presque ! » s'encouragea-t-il. A vingt-trois heures quarante-cinq, l'intégralité du programme était opérationnelle. Il fallut alors cinq minutes à Chuck pour transférer les données sur les lunettes dédiée à Sarah, puis cinq minutes de plus pour implanter un virus dans la version destinée à Shaw. Ce virus, il en avait rêvé toute sa vie. Ce fut sa plus belle réussite, la preuve que son talent était vraiment immense. Non seulement Shaw ne pourra pas flasher, mais en plus, il sombrera dans une démence telle qu'il finira par s'infliger des sévices mortelles. Ce virus, il l'avait conçu spécialement pour lui, au cas où il arriverait de nouveau à s'échapper de prison. « Cette fois, tu ne seras secouru par personne, pensa Chuck. Bientôt, Paris ne sera plus qu'un mauvais souvenir, une erreur de plus que j'aurais réparé ».

Le virus implanté, il téléchargea la version défectueuse de l'intersecret 4.0 sur les lunettes de Shaw. Lorsque minuit sonna, le téléchargement venait tout juste d'être effectué. « Pile à l'heure » pensa Chuck soulagé. Il mit alors un doigt sur son oreillette.

« Sarah, tiens-toi prête » chuchota-t-il.

« Bien reçu Chuck » répondit-elle aux aguets.

« Tu te souviens du plan ? »

« Affirmatif. Je suis prête Chuck, à toi de jouer maintenant ».

La porte s'ouvrit soudain et Shaw entra, le visage rayonnant.

« Alors Chuck, vais-je devenir l'homme le plus puissant du monde grâce à toi ce soir ? »

« Sans aucun doute d'après ce que j'ai vu » répondit Chuck.

« Parfait. Les lunettes Chuck s'il-te-plaît. »

Il lui tendit les lunettes. Il voulait sourire, exploser de joie, crier victoire, mais il sut se contenir. Jusqu'ici, son plan fonctionnait à merveille. Shaw mit les lunettes sur son nez et le programme se téléchargea automatiquement dans son cerveau. Lorsque Shaw enleva les lunettes, c'est un homme plein d'espoir se sentant tout-puissant qui se tenait face à Chuck.

« Merveilleux. J'avoue que je pensais que tu allais échouer Chuck, mais je t'ai également sous-estimé. Tu m'impressionneras toujours. Mais maintenant que je n'ai plus besoin de tes services, je vais devoir me débarrasser de toi ! »

« Je croyais que tu devais me laisser la vie sauve ! » répliqua Chuck anxieux.

« Ne jamais faire confiance à son pire ennemi Chuck ! Tu n'es vraiment qu'un imbécile ! En fait, ça a toujours été ton principal défaut : tu continues toujours à croire que les gens comme moi ont encore un peu de bonté. Mais dis-moi Chuck, tu pensais vraiment que j'aillais t'épargner ? Non, bien sûr que non, je vais enfin pouvoir assouvir mon désir de vengeance ! »

« Non, en fait je m'était préparé à cette éventualité. C'est vrai, tu as menti à Sarah à Paris alors pourquoi ferais-tu preuve de sincérité avec moi alors que je t'ai jeté deux fois en prison ? Mais comme tu l'as si bien dis tout à l'heure, mon équipe n'étant plus, je n'ai plus vraiment grand-chose à perdre. Cependant, puis-je te demander un service avant que tu me tues ? Sans vouloir abuser hein ! »

« Qu'est-ce-que tu veux encore ? »bougonna Shaw.

« Je voudrais juste que tu me montres de quoi tu es capable désormais. C'est vrai, je n'avais jamais programmé d'intersecret auparavant, alors, aurais-tu l'amabilité de montrer à tous les témoins ici présents le résultat de mon chef-d'œuvre le plus abouti ? »

« C'est ton droit, je le respecte Chuck. Détachez-le, et toi viens te battre, lui ordonna-t-il. Je meurs d'envie de prendre ma revanche ! ».

« Oh non, je ne pensais pas à me battre contre toi Shaw, je préfère encore finir le corps criblé de balles. Tu es bien trop fort pour moi maintenant. Et puis c'est moins douloureux et plus rapide une balle en pleine tête ou en plein cœur. Non, moi je pensais à quelque chose de nouveau, de spécial, quelque chose que seul l'intersecret est capable de faire. »

« Hum… Intéressant. Tu penses à quoi exactement ? » demanda Shaw curieux et quelque peu admiratif du sang froid dont faisait preuve Chuck depuis qu'il l'avait capturé.

« Eh bien, il y a un hélicoptère dehors non ? Que penserais-tu de nous faire une petite démonstration de voltige aérienne, par exemple ? »

« Si ça t'amuse, rigola Shaw, allons-y ! »

Deux gros bras de Miller escortèrent Chuck à l'extérieur du bâtiment où un hélicoptère attendait effectivement bien sagement que Shaw fasse son petit numéro.

« Je peux te poser une dernière question avant que tu nous offres un numéro à couper le souffle, Shaw ? »

« Vas-y je t'en prie ! »

« Miller, c'était quoi son rôle dans tout ça ? »

« Oh lui, eh bien il a pas mal de contacts partout dans le monde, notamment à la CIA et au gouvernement. En fait, c'était l'ancien bras droit de Decker. Mais après sa mort, Miller cherchait à se venger de vous, alors je l'ai contacté et je lui ai proposé de lui offrir une place dans ma nouvelle organisation s'il me faisait sortit de prison. Et c'est ce qu'il a fait, annonça-t-il solennellement. Il est maintenant un des directeurs de l'organisation ».

« Ah… Parce que tu t'offres même le luxe d'avoir plusieurs directeurs ! Très impressionnant Shaw, maintenant on peut dire que tu es au sommet de la réussite ! » le complimenta Chuck.

« Merci. Bon, on se le fait ce numéro de voltige ? » s'impatienta-t-il.

« Vas-y, mes yeux sont grands ouverts ! » l'encouragea Chuck dont le cœur battait maintenant la chamade.

« A tout de suite Chuck ! » le nargua Shaw.

Il monta ensuite à bord de l'appareil, démarra et se concentra afin de faire venir un flash. Mais au lieu de voir des images lui indiquant comment piloter un hélicoptère, il vi simplement une lumière aveuglante. Il retenta l'expérience une deuxième fois, puis une troisième, sans plus de succès. Toutefois, la troisième tentative fut celle de trop. En effet, ce dernier flash activa le virus, qui lui envoya des dizaines de flash simultanément. Shaw eut alors très vite d'énormes maux de tête. Il hurlait de douleur, descendit de l'hélicoptère la tête entre ses main, et s'agenouilla sur le sol, abattu par la violence de la douleur.

« Chuck, qu'est-ce-que c'est que ce bordel ?! arrête ces flashs tout de suite ! » cria-t-il.

« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles Shaw, que se passe-t-il ? »

« Fais pas l'innocent, qu'est-ce-que tu as fait à l'intersecret ? »

« Eh bien Shaw, il ne faut jamais faire confiance à ses ennemis, c'est toi-même qui me l'a dit ! J'ai effectivement implanté un virus dans l'intersecret. Les flashs vont se succéder encore et encore, sans jamais s'arrêter. Tu vas très vite souffrir d'une migraine atroce. Ça va devenir insupportable, tu vas peu à peu sombrer dans une démence digne des pires psychopathes. Ensuite, pour soulager la douleur, et aussi parce que tu seras fou, tu vas perdre le contrôle de toi-même et t'infliger les pires sévices, jusqu'à ce que finalement, tu te suicides. Tu vois, Shaw, tu fais toujours la même erreur : tu me sous-estimes trop. »

« Tuez-le ! » ordonna Shaw avec rage.

« Une minute ! les interrompit Chuck, à votre place, je n'appuierais pas sur la gâchette ! »

« Et pourquoi ne le feraient-ils pas ? » demanda Shaw, provocateur malgré son infériorité évidente.

« Parce que s'ils le font, ils se feront descendre dans la seconde ! » répliqua Chuck plus sérieux et convainquant que jamais.

« A oui ? Et par qui hein ? Tu es tout seul Bartowski, personne ne sait que tu es ici ! »

« Tu en es sûr Shaw ? Lève un peu la tête pour voir ! » lança Chuck le doigt pointé vers le ciel étoilé.

Shaw leva la tête et c'est alors qu'il vit tout un escadron aérien de la CIA survoler son repère. Le pauvre était tellement préoccupé par ses maux de tête qu'il n'avait même pas entendu arriver la cavalerie ! Il vit également arriver des dizaines de voitures blindées dans une desquelles se trouvait le Général Beckman, accompagnée par Sarah. Toutes les deux sortirent fièrement et se présentèrent devant un Daniel Shaw si faible qu'il fallut l'aider à se relever.

« Menottez-les tous » ordonna Beckman à ses hommes.

Shaw et ses sbires furent neutralisés en quelques secondes et furent embarqués dans des blindés différents, afin d'être transporter dans des bases secrètes de la CIA ultra sécurisées.

Pendant ce temps, Sarah rejoignit Chuck en courant :

« Chuck ! Tu n'as rien ? » demanda-t-elle inquiète.

« Non, je vais très bien, dit-il le sourire aux lèvres. C'était plutôt amusant comme mission en fait ! »

« Amusant hein ? » répliqua-t-elle soupçonneuse.

« Oui, pour une fois, tout s'est déroulé comme prévu ! Au fait, merci, tu as fait un excellent travail ! » la complimenta-t-il.

« Oh, de rien. Tu ne comptes pas me dire ce que tu as fait à l'intersecret pour que Shaw soit dans cet état je suppose ? »

« Non, mais tu te rendras compte très vite de quoi je suis capable ».

Une fois le périmètre sécurisé, le Général Beckman vint à leur rencontre :

« Excellent travail Chuck, je suis vraiment très impressionnée » dit-elle.

« Merci Général, mais je n'aurais pas pu y arriver sans l'aide de Sarah. Qu'en est-il de Shaw ? Que va-t-il devenir ? »

« Il va être placé dans une nouvelle base secrète de la CIA ultra sécurisée et très loin d'ici. Il ne reverra jamais la lumière du jour, soyez-en bien certain agent Bartowski » annonça-t-elle déterminée.

« Ca ne fait aucun doute Général, mais avant, serait-il possible de le transférer au Château ? J'aurais quelques questions à lui poser » avoua-t-il.

« Pour quelles raisons agent Bartowski ? »

« Eh bien, après avoir questionné Shaw, j'ai découvert qu'il a monté une nouvelle organisation depuis son ancienne cellule, et Miller était un de ses bras droits. J'ai également appris que ce dernier a des contacts à la CIA et au gouvernement, entre autres, et je voulais essayer d'en savoir plus sur toute cette histoire » expliqua Chuck tranquillement.

« Entendu agent Bartowski, on se retrouve à Burbank demain matin à neuf heures zéro zéro ».

Sur ce, le Général tourna les talons, monta en voiture et s'en alla, suivit du cortège de voitures blindées transportant Shaw et ses hommes. Puis Chuck se tourna vers Sarah, et lui demanda d'un ton léger :

« Un petit tout en hélicoptère, ça te tentes ? »

« Euh… Oui » répondit-elle agréablement surprise.

Ils montèrent tous les deux à bord de l'hélicoptère que Chuck avait commandé en plus du soutien aérien. Puis, il ordonna aux autres hélicoptères restés sur place de bombarder la cabane, afin de détruire toutes les données qu'il avait utilisées pour programmer l'intersecret.

« Il ne faut plus qu'il reste un débris ici, envoyez une équipe de nettoyage sur zone après destruction du site », ordonna-t-il.

« Bien reçu agent Bartowski », lui répondit le chef des opérations.

Puis Chuck fit signe au pilote de décoller, jeta un regard plein de satisfaction à Sarah puis regarda le magnifique feu d'artifice qui se déroulait derrière eux. Soulagé que cette mission soit terminée, Chuck se détendit. Il voulait simplement profiter de l'instant présent, bercé par le bruit des pâles de l'hélicoptère. Alors il ferma les yeux et il vit des images de son mariage avec Sarah, leurs projets de fonder une famille dans la petite maison aux volets rouges et à la palissade en bois dans laquelle ils avaient passé une soirée inoubliable. Il se mit soudain à penser à ce que Sarah avait écrit sur l'encadrement de la porte : « Sarah + Chuck ». Elle avait gravé cela lové dans ses bras en lui disant qu'un jour, cette maison leur appartiendrait. Il repensa ensuite à cette nuit où Sarah, manipulée par Quinn, l'avait menacé avec une arme, prête à le tuer. Mais en voyant sa propre gravure, elle s'était souvenue de cet instant magique. « Et si elle pouvait à nouveau se souvenir ?, songea-t-il, je pourrais peut-être essayer à nouveau ».

Il rouvrit alors les yeux et regarda Sarah avec douceur. « Je l'aime encore tellement », pensa-t-il. Sarah tourna soudain la tête vers lui, se sentant observée sans doute, et leurs regards se croisèrent. Ils restèrent quelques secondes ainsi, les yeux dans les yeux, puis Sarah détourna le regard, embarrassée par ce moment qu'elle jugeait trop intime. Cependant, elle ne pensa qu'à Chuck durant toute la fin du trajet, sans comprendre pourquoi elle n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à lui. Ou peut-être ne voulait-elle simplement pas comprendre…