Le lendemain matin, bien déterminé à faire tomber la totalité de l'organisation de Shaw, Chuck se leva de bonne heure. Après une bonne douche et une bonne tasse de café, il avait maintenant les idées claires. Il partit de chez lui vers 7h00 du matin et arriva au Château 20 minutes plus tard. Il fut alors surpris de trouver Morgan en train de pianoter sur le clavier.

« Morgan ?! » l'interpella-t-il surpris.

« Ah salut Chuck, bien dormi ? » répondit-il le sourire aux lèvres tout en continuant de taper sur le clavier.

« Qu'est-ce-que tu fais ici ? Depuis quand es-tu devenu matinal ? » demanda Chuck d'un ton léger.

« Je suis toujours matinal quand nous avons une mission, Chuck, répondit Morgan. A propos, voici toutes les personnes avec qui Shaw a eu un contact de près ou de loin lorsqu'il était en prison. C'est sans doute grâce à un de ces gars-là qu'il a recruté des hommes de l'extérieur dans son organisation » expliqua-t-il fièrement.

« Mais comment as-tu su pour la mission ? Je ne t'en avais pas parlé hier soir il me semble » rétorqua Chuck soupçonneux.

« Chuck, tu es mon meilleur ami depuis 25 ans maintenant ! Tu penses sincèrement que j'ai besoin que tu me dises ce que tu penses pour le savoir ? Je lis en toi comme dans un livre ouvert on pote, tâche de le retenir » lui dit-il d'un air moqueur.

« Tu es génial Morgan, j'ai vraiment de la chance de t'avoir tu sais ? » répondit-il touché par l'initiative de son meilleur ami.

« Merci Chuck, mais tu me complimenteras plus tard parce qu'on a de la visite, dit-il en montrant à Chuck les caméras de surveillance à l'extérieur du Château. Ton prisonnier vient d'arriver, il a l'air dans un sale état » ajouta-t-il avec dégoût.

Chuck appuya sur le bouton qui déverrouille l'entrée du Château et accueilli Shaw et son escorte jusqu'à une cellule sécurisée, puis il s'entretint avec les deux agents de la CIA.

« Agent Bartowski, agents Duncan et MacCoy de la CIA. Nous avons été envoyés par le Général Beckman pour rapatrier Daniel Shaw dans votre base » annonça Duncan.

« Merci messieurs » répondit Chuck.

« Nous devons quand même vous avertir que Daniel Shaw est pris de démence. Il s'inflige des mutilations atroces avec tout objet qui serait à sa portée. De plus, il est souvent pris de convulsions » expliqua l'agent MacCoy.

« Est-il toujours lucide, ou est-il devenu complètement fou ? » demanda Chuck heureux que le virus qu'il a créé fonctionne.

« Il peut être lucide parfois, si vous vous montrez assez persuasif ».

« Très bien messieurs, puis-je vous demander de monter la garde devant la porte ? » demanda Chuck gentiment.

« A vos ordres agent Bartowski » répondit Duncan.

Chuck entra alors dans la cellule de Shaw, bien décidé à le faire parler. Lorsqu'il le vit, il eut presque pitié de lui. Il ressemblait maintenant à un animal apeuré qui aurait été traqué pendant des heures par un prédateur affamé. Il regarda Chuck tout tremblant, son corps se convulsant par moment.

« Alors Shaw, tu te souviens de moi ? » demanda Chuck d'un ton grave et froid.

« Je ne pourrais jamais oublier qui tu es, pas même dans ma tombe » répondit Shaw entre deux spasmes.

« Bien, répliqua simplement Chuck. Dans ce cas, tu sais de quoi je suis capable, donc tu vas me dire tout ce que je veux savoir ! ».

« Dans tes rêves Chuck ! Tu ne sauras jamais rien ! » tenta de l'intimider Shaw.

« Je crois que tu n'as pas très bien compris ce qui se joue ici Shaw, lança Chuck en agrippant les cheveux de Shaw fermement dans sa main droite. Je n'ai plus rien à perdre tu sais, ce qui fais que je suis prêt à faire tout ce qu'il faudra pour que tu parles… Je dis bien tout, même si je dois te torturer » prévint-il d'une voix haineuse dont il ignorait l'existence auparavant.

« Tu n'es rien Chuck, et tu ne me feras aucun mal parce que tu n'en es pas capable » le provoqua Shaw.

« Ah oui… » dit-il en frappant violemment la tête de Shaw contre le mur ce qui lui ouvrit l'arcade sourcilière.

Le choc à la tête amplifia l'effet du virus que Chuck avait téléchargé dans la tête de Shaw ? Celui-ci sombra dans une démence telle qu'il devint incontrôlable. « Parfait, pensa Chuck satisfait. Maintenant qu'il est plongé dans un état second, je vais pouvoir lui soutirer toutes les informations que je veux ».

« Alors Shaw, toujours pas envie de parler ? » demanda-t-il avec une assurance inhabituelle.

« Je vous dirais tout ce que vous voulez savoir, mais pitié ne me faites pas de mal » l'implora Shaw en tremblant.

« Waouh, pensa Chuck, il a carrément oublié qui je suis ? Décidément, je suis le meilleur en informatique » pensa-t-il amusé par la domination qu'il exerçait sur Daniel Shaw.

« Je sais que tu as monté une nouvelle organisation visant à détruire la CIA, depuis ta cellule. Je veux savoir qu'elle est le nom de cette organisation ainsi que ceux des personnes que tu as engagé » ordonna Chuck fermement.

« Je… » balbutia Shaw visiblement terrorisé.

« Maintenant ! cria Chuck en frappant du poing sur la table. Je veux des noms Shaw ! ».

« D'accord, d'accord, pitié ne me faites pas de mal. Lorsque la CIA m'a à nouveau enfermé dans une cellule sous haute surveillance, je me suis dit qu'à défaut de ma battre sur le terrain, je pourrais peut-être diriger les opérations depuis ma cellule. Mais pour cela, il fallait que je contacte des hommes de l'extérieur » expliqua Shaw.

« Comment as-tu fait ? » demanda Chuck.

« J'ai engagé mon compagnon de cellule ainsi que d'autres prisonniers logés dans le même secteur que moi. Ils ont créé une diversion pour moi pendant que je trafiquais le système de sécurité. J'ai ainsi pu voler le téléphone portable d'un des gardes. Cet imbécile ne s'en est même pas aperçu. J'ai ensuite envoyé des messages codés à d'anciens membres de l'Alliance qui ne s'étaient pas fait capturés. Je leur ai ensuite ordonné de recruter un maximum de personnes dans leur entourage et d'attendre mes instructions » raconta Shaw paniqué.

« Des noms Shaw, maintenant ! »

« Eh bien , il y a Roy Mac Arthur, Khôl Dickson, Robin Ventura et Joshua Ross » répondit Shaw.

« Et qui sont-ils ? » demanda Chuck.

« Après la chute de l'Alliance, ils sont devenus de vrais mercenaires assoiffés de sang. Roy est un passionné d'armes de guerre, Khôl est spécialisé dans les explosifs et les armes chimiques, Robin maîtrise mieux que personne les arts martiaux et les combats à l'arme blanche, et Joshua est spécialisé dans les nouvelles technologies ».

« Où sont-ils actuellement ? » demanda Chuck soudain nerveux.

« Je l'ignore… »

« Tu mens ! » lança Chuck en perdant patience.

« Ok, ok. Ils occupent actuellement un appartement qui est en vente. Il appartenait à une famille du nom de Woodcomb, avoua Shaw sans que ce nom ne lui évoque rien.

« Bien, répondit Chuck, j'en ai fini avec toi ».

« Attendez, l'interpella Shaw, qu'est-ce-que vous allez faire de moi maintenant ? » demanda-t-il alors qu'il se grattait le bras jusqu'à ce qu'il saigne.

« Je vais te laisser croupir en prison, tu le mérites ».

« Non ! Nooon ! » cria Shaw en se jetant sur Chuck.

C'est alors que les agents MacCoy et Duncan intervinrent. Ils entrèrent en brandissant leurs armes, menaçant Shaw de lui tirer dessus s'il ne lâchait pas Chuck immédiatement. Mais au lieu de se calmer, Shaw devint encore plus violent. Il se mit à frapper Chuck, le mordre… C'est alors que Duncan et MacCoy tirèrent en même temps sur Shaw. Une balle l'atteignit en pleine tête, tandis que l'autre le toucha dans la poitrine. Shaw mourra sur le coup. Choqué, Chuck se releva soulagé que cette ordure soit hors d'état de nuire pour toujours. Il remercia les deux agents de la CIA, qui reprirent le chemin de leur base, leur mission étant maintenant terminée. Chuck, quant à lui, rejoignit Morgan.

« Je dois parler à Beckman de toute urgence, annonça Chuck. Tu peux chercher des informations sur ces quatre hommes ? » demanda-t-il à Morgan en lui tendant le papier sur lequel il avait marqué les noms des complices de Shaw.

« C'est comme si c'était fait mon pote ! » répondit Morgan en tapant sur le clavier.

Clic.

« Général, pardon de vous déranger, mais je dois vous parler de plusieurs choses ».

« Que se passe-t-il, agent Bartowski ? » demanda-t-elle inquiète.

« Eh bien, tout d'abord, je dois vous dire que Shaw est mort » annonça-t-il le plus simplement possible.

« Comment est-ce possible ? » demanda le Général ahurie.

« Pendant l'interrogatoire, il a été sujet à une crise de démence et il m'a attaqué. Les agents chargés de son transferts ont été obligé de l'abattre pour me protéger » expliqua Chuck.

« Oh, je vois… » répondit le Général.

« J'ai cependant pu obtenir de lui quelques informations ».

« Quelles sont-elles, agent Bartowski ? » demanda le Général soudain intéressée.

« Il s'avère que Shaw a recruté des anciens agents de l'Alliance qui sont devenus des mercenaires. Morgan ? » demanda Chuck en se tournant vers son meilleur ami.

« Je vous envoie toutes les informations que j'ai pu trouver dans les différentes bases de données, Général » expliqua Morgan.

« Excellent travail Mr Grimes ».

« Merci Général » répondit-il en souriant.

« Ce n'est pas tout Général, annonça Chuck. Ils résident actuellement dans l'ancien appartement de ma sœur ».

« Y sont-ils en ce moment ? » demanda-t-elle.

« Nous l'ignorons, Général » répondit Chuck.

« Très bien, localisez-les, et prévenez-moi » ordonna-t-elle.

Clic.

« Morgan, à nous de jouer ».

« A vos ordres, chef ! » annonça Morgan d'un ton léger.

Tous deux se mirent alors à pianoter sur leurs claviers d'ordinateur.

Sarah était quant à elle sur les traces des plus dangereux criminels du monde. Les nouvelles fonctionnalités de l'intersecret 4.0 lui permirent d'être d'une efficacité impressionnante. En deux jours, elle avait déjà neutralisé un tueur à gage, surnommé l'éventreur invisible pour ce qu'il faisait à ses victimes : elles étaient toutes éviscérées dans une ruelle sombre et peu fréquentée. Cet homme frappait au hasard, ce qui aurait dû rendre la tâche plus difficile encore pour Sarah, mais la perspicacité de la jeune femme, couplée aux capacités de l'intersecret avait rendu les choses tellement simples finalement. Elle était maintenant sur la piste d'une bande de mercenaires sanguinaires suspectée d'avoir créé sa propre arme chimique. Alors que Sarah filait la voiture de l'un d'entre eux, qu'elle avait identifié comme étant le maillon faible de la bande, elle fut tout à coup prise de vertiges, ainsi que de maux de têtes atroces. « Ce doit être le nombre de flashs qui doit être trop important pour mon cerveau » se dit-elle pour se rassurer. Il est vrai qu'en deux jours, elle avait déjà flashé un nombre incalculable de fois, et si Chuck ne lui avait pas donné un des gouverneurs de son père, l'intersecret aurait déjà causé des lésions irréversibles sur son cerveau. Elle se ressaisit et décida de terminer sa filature malgré les maux de tête qui s'amplifièrent. Elle suivit l'homme, Richard Lewis, jusque dans un entrepôt abandonné en périphérie de New York. Elle prit quelques clichés de l'endroit, persuadée que c'était un repère de la bande de mercenaires, puis retroussa chemin, trop faible pour se mettre en danger. « Je déteste être aussi vulnérable ! » fulmina-t-elle. Elle monta dans sa voiture qu'elle avait garée cinq blocs plus loin, et démarra en trombe. Elle se dirigea vers son hôtel, furieuse d'interrompre sa mission. Lorsqu'elle arriva dans sa chambre, les maux de tête étaient tels qu'elle décida de s'allonger dans le noir, et d'essayer de dormir un peu. Lorsqu'elle fut confortablement installée dans son lit, elle fut néanmoins prise de nausées. Elle se leva précipitamment et arriva juste à temps aux toilettes. Elle commençait à sérieusement s'inquiéter car elle n'avait pas pour habitude d'avoir mal à la tête, et encore moins de vomir… « Serait-ce mon organisme qui commence à fatiguer de ma vie d'espionne ? » se demande Sarah. Non, elle était convaincue que quelque chose d'autre se passait et que cela avait un rapport avec l'intersecret. Ses nausées passées, elle retourna se coucher. « Ça ira mieux demain, après une bonne nuit de sommeil » se rassura-t-elle. Elle sombra peu de temps après dans un profond sommeil.