Chapitre 4 : Première Victoire


- Et maintenant, veuillez accueillir les élèves de la dernière épreuve, le relais en quatre fois cent mètres !

Devant la piscine olympique se tenaient 8 équipes de quatre nageurs, tous dans les starting blocs. C'était la dernière épreuve, celle qui déterminerait les qualifications pour les finales nationales, alors, tous voulaient gagner. Pour cela, il fallait être le premier, car les places étaient chères et peu nombreuses. Parmi les concurrents, le lycée des Olympiens avait envoyé le plus prometteur : Castiel Bloom. Il était stressé, il tenait le premier relais, afin de prendre le plus d'avance possible sur les autres, plutôt que d'avoir à rattraper les possibles retards. Un coup d'œil dans le public lui apprit qu'il avait de nombreux supporters : les autres membres de son équipe, bien sûr, mais également sa famille, sa sœur jumelle et, le plus important, Melody Argens, sa petite amie. Puisant la force nécessaire dans ses yeux métalliques, dont l'éclat en mettait mal à l'aise plus d'un, il monta sur le plongeoir près à démarrer.

Lorsque le signal retentit, il plongea et se fondit dans l'eau. Ses mouvements étaient vifs et puissants, calculés, faits pour avancer le plus loin et le plus vite possible. Il glissait dans l'eau, comme si celle-ci ne lui opposait aucune résistance. Une première culbute, et il enchaîna la deuxième longueur, si possible encore plus vite que la première. Ses mains utilisaient au maximum leur surface pour prendre appuie sur l'eau, comme si elle était solide.

Depuis les gradins, Melody et Aëlys le regardaient avec fascination tandis qu'il fendait les eaux. A leur grande joie, il mit presque une longueur d'avance, soit cinquante mètres aux autres nageurs. Les autres membres du relais étaient bons, mais pas autant, cela dit. Et ils commencèrent à perdre peu à peu leur avance. Lorsque le dernier relais arriva, ils n'avaient plus que dix mètres d'avance. Et ce qui devait arriver arriva, le dernier nageur rata sa culbute, et se retrouva aux coudes à coudes avec le nageur de la ligne juste à côté de lui. Tous se rongeaient les sangs, et Aëlys remarqua que son jumeau n'était pas bien : les poings serrés, la mâchoire contractée, il regardait avec inquiétude l'écran de rediffusion. Lorsqu'ils touchèrent le bord du bassin, ils semblèrent le faire en même temps. La tension dans l'assemblée atteint son paroxysme. Castiel rejoint ses proches pour patienter avec eux.

- Du calme Castiel, ça va le faire.

Reconnaissant sa voix, il prit la main de la rousse à ses côtés. Lorsque le présentateur réapparut, il la serra, angoissé.

- Après de nombreux visionnages de la vidéo, et une bonne dose d'indécision, les jurys sont finalement parvenus à une décision. Les qualifiés pour les nationales sont…

La salle était suspendue à ses lèvres, attendant avec impatience le nom des gagnants. Plus un bruit ne résonnait, et on ne distinguait que les respirations angoissés des concurrents et de leurs proches. Tous voulaient cette victoire, le seul ticket pour les nationales.

- LE LYCEE DES OLYMPIENS !

Castiel explosa de joie. Il prit Melody dans ses bras et la fit tournoyer, avant de l'embrasser passionnément.


Le retour au lycée se fit dans la liesse, et tous vinrent féliciter l'équipe de natation. C'était la première fois qu'ils allaient aussi loin et tous espéraient gagner cette année.

La pause déjeuner se déroulait normalement. Aëlys, Castiel et Melody discutaient, comme à leur habitude, sur tous les sujets possible. Mais Melody amena un topic bien plus sérieux.

- Je vais le dénoncer.

Les jumeaux la regardèrent avec des yeux ronds, ne voyant pas vraiment où elle voulait en venir. Avec un soupir, elle releva légèrement le bas de sa chemise, dévoilant une partie de son dos. Castiel et Aëlys sifflèrent de stupéfaction lorsqu'ils aperçurent sa teinte violacée. Mal à l'aise, elle laissa le pan de tissu retomber.

- Il m'a confondue avec un paillasson. Je vais le dénoncer. Il est allé trop loin.

Sans même se concerter, les jumeaux lui prirent la main, le regard plein de sollicitude. Ils savaient à quel point cela avait été difficile pour elle d'en venir à cette décision. De sa voix douce et posée, Aëlys lui demanda pourquoi maintenant.

- J'ai discuté avec monsieur Jackson récemment. Et je me suis rendue compte que le silence n'était pas la meilleure des choses. Et… j'ai vraiment eu peur hier. J'ai pensé à vous, à toi Castiel, et à ce que tu m'avais dit. J'ai réalisé qu'en refusant de parler, ce n'était pas seulement moi que cela affectait, mais aussi ceux qui se soucient de moi…

- On sera avec toi. Si t'as besoin d'un endroit où dormir, n'hésite pas. Notre maison te sera toujours ouverte.

Un cri retentit dans le self, et l'attention de tous se reporta sur l'entrée du self. Un homme, grand, la peau pâle et les yeux bridés, s'y tenait, le regard fou, un couteau à la main, menaçant quiconque s'approchait de lui. Sans que personne ne puisse s'y opposer, il se dirigea vers leur table et, d'un geste vif, avait saisi Melody par la nuque, plaquant sa lame contre sa gorge.

- Personne ne bouge, ou la gamine y passe !

Une silhouette blonde bougea dans le champ de vision du ravisseur. Il pivota aussitôt pour faire face à ce qu'il supposait être un professeur. Puis il le reconnut. Jason Grace. Celui qui avait foutu en l'air la plus magnifique opération de kidnapping de sa vie, dans le golfe de Guinée. Avec jubilation, il lâcha la gamine et pointa sa lame vers lui. C'est alors qu'il l'aperçut. Une silhouette brune, figée, dans un coin de la salle. Son jouet, celui avec qui il s'était amusé. Mais avant qu'il ait pu faire un pas en sa direction, l'ancien Major de l'US Air Force s'était interposé.

- Qu'est-ce que tu fous là.

Sa voix, froide et sans âme, figea les élèves. Ce n'était plus le professeur jovial et chaleureux qui leur apprenait avec une passion qui n'était plus à prouver l'histoire des romains et leur mode de vie. Ce n'était plus une personne avenante, avec qui il était facile de discuter de tout et de rien, ni celle qui était toujours volontaire pour aider les autres. C'était une personne totalement différente, qu'ils n'avaient jamais vu. Un officier de l'armée, un homme habitué à commander et ayant combattu de nombreuses fois. Un homme habitué au danger, avec plus de sang sur les mains qu'ils ne pouvaient l'imaginer, capable de tuer.

- Qu'est-ce que je fous là ? C'est une drôle de façon d'accueillir ses anciens amis. Voyons, Perseus, tu ne viens pas dire bonjour ?

L'homme ne répondit pas. Il sentait les souvenirs revenir, la douleur qu'apportait la prononciation de son nom complet, qui était devenu synonyme de souffrance pour lui. L'étranger avança vers lui, toujours bloqué par le blond.

- Je ne te laisserai pas blesser quelqu'un d'autre, pirate.

- Oh, mais que pourrais-tu faire ? Je suis armé, tu ne l'es pas.

Pour ponctuer son affirmation, il lança on bras d'un geste vif et une ligne rouge apparut sur l'avant-bras de Jason, suivant les lignes de son tatouage déjà tracé : SPQR, avec un aigle, représentant la branche de l'US Air Force, et 5 barres, le nombre d'années qu'il avait passé dans l'armée. Il grimaça, mais ne pipa mot. Au lieu de cela, il se jeta sur l'agresseur et, d'un coup de coude, réussi à faire voler l'arme au loin. Le pirate n'abandonna pas pour autant, et lorsque son poing entra en contact avec la mâchoire de son adversaire, celui-ci recula de plusieurs bons mètres. Mais Jason n'allait pas abandonner maintenant. Il ne pouvait pas. Cet homme pouvait blesser n'importe qui, tuer, pour le seul plaisir du sang. Il était fou, et personne n'était en mesure de lui tenir tête, à part lui et Percy. Sans compter le fait que c'était un peu à cause d'eux que cet homme s'était montré, cherchant vengeance plus que tout. Vengeance pour la destruction de son navire, ou tout simplement le plaisir malsain de venir terminer ce qu'il avait été obligé d'interrompre. Il était de son devoir de l'empêcher de nuire.

Essuyant rapidement le filet de sang coulant entre ses lèvres, il repartit à l'assaut du pirate. Qui fut soudainement débordé par les coups. Il ne se battait que pour tuer et blesser. L'ancien soldat, lui, avait un but, un idéal. Protéger les innocents. Alors il n'allait pas le laisser gagner. Les uppercuts pleuvaient, alors que Jason lui assénait une béquille. Il tomba à genoux, et Jason l'immobilisa d'une clé au bras.

- Fais de beaux cauchemars.

Et, sans plus de cérémonie, l'assomma d'un coup propre sur la nuque. Il se releva, frottant d'un air absent la coupure courant sur son bras. Son attention se reporta sur la salle. Il vit l'air choqué de tous, Melody dans les bras de Castiel, Aëlys qui frottait son bras pour la rassurer. C'est alors que quelque chose le frappa.

- Jackson. Quelqu'un a vu Jackson ?

Lorsqu'il n'eut que des réponses négatives, il jura. Une autre facette de lui que personne n'avait deviné.

- Holy shit !

Il courut hors du lycée, ne sachant que trop bien quels types de souvenirs pouvait rapporter cet homme.

- Appelez la police, il devrait se réveiller dans une demi-heure. Il vaut mieux qu'il soit menotté à une chaise bien inconfortable à ce moment-là.


Percy ne savait plus où il était, ce qu'il faisait, ni même qui il était. Cet homme, il avait souhaité de plus jamais le revoir de sa vie. Et maintenant, il était là, menaçant son meilleur ami qui prenait les dangers à sa place. Il voulut crier, hurler de laisser Jason tranquille, que c'était lui qu'il voulait. Mais il ne le fit pas. Sa bouche était sèche, sa gorge nouée, son corps figé. Lorsqu'il en reprit le contrôle, ou du moins qu'il put bouger, il le fit, sans trop savoir où il allait, perdu dans la douleur des souvenirs qui remontaient. Ceux qui le hantaient depuis 14 mois à présent, qui lui pourrissaient l'existence.

Ses souvenirs et la réalité se mélangeaient, il perdait pied. Il ne faisait plus de différence entre l'illusion dans laquelle il était. Sans comprendre pourquoi ni comment, il s'assit sur le bord de sa baignoire – comment il en était arrivé là, il ne le savait pas – et se revit là-bas, impuissant, prenant pour les autres. Il revit le pirate, réentendit sa voix et son rire cruel, prenant plaisir à infliger la douleur. Sans le notifier, il fit glisser la lame de rasoir sur son poignet, suivant les lignes de son tatouage. SPQR. Un trident. Six lignes. Il observa, fasciné, les gouttes de sang tomber une à une sur le sol carrelé, blanc pur, contrastant avec le rouge sombre qui s'étalait, tandis qu'il se perdait totalement dans ses souvenirs.

Bang

Ne pas détourner les yeux. Il ne fallait pas qu'il détourne les yeux. Alors qu'un de ses camarades venait de se faire fusiller en essayant de passer par-dessus bord. Une camarade, en l'occurrence. Car même si l'armée était un domaine majoritairement masculin, il ne serait jamais venu à Percy l'idée de remettre Reyna Avila Ramírez-Arellano en question. L'un d'entre eux fut traîner au centre du pont de leur navire, prit en otage par des pirates bien trop organisés. Il savait pourquoi la chaise était faite. Après tout, à quoi pouvait servir la capture d'officiers de la navy américaine, si ce n'était pour leur soutirer des informations ? Les pirates étaient sans pitié, Percy le savait. C'est pourquoi il les provoqua.

- Arrêtez !

Le pirate se figea, un sourire moqueur sur le visage.

- Hey, il y a un schtroumpf qui croit pouvoir nous donner des ordres !

Le sourire aux lèvres, il se dirigea à pas de chat vers lui, posant la lame de sa dague contre sa gorge, rendant difficile de prononcer le moindre mot.

- D'après ton uniforme, tu es plutôt un haut gradé. Alors, à qui ai-je l'honneur, qui est ce jouet qui croit pouvoir m'arrêter ?

- Capitaine de Navire Jackson. ( il souffla intérieurement) Ils ne savent rien, laissez-les tranquille.

- Et alors, qu'est-ce qui nous empêche de nous amuser un peu avec eux ?

Percy serra les deux. Des années de cela, il s'était juré que plus personne ne serait blessé à cause de lui. Ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait renoncer à son serment.

- Amusez-vous avec moi. Ils ne savent rien, vous perdez votre temps. Autant essayer de me faire parler non ? Surtout que, de source sûre, je sais que l'US Air Force et les Marines doivent être à notre recherche.

- Qui me dit que tu ne parleras pas plus, justement ?

- Ils ne valent rien.

- Vraiment ?

- Capitaine !

Sans quitter du regard le pirate, Percy le vit planter la fameuse dague dans le pied de l'un de ses hommes, le clouant au pont du navire. Malgré le hurlement de douleur, il ne cilla pas même si, Intérieurement, il bouillait de rage. Les autres membres de l'équipage jouèrent le jeu de leur supérieur.

- Capitaine ! Comment vous pouvez le laisser faire ça ?

- La ferme bâtard.

Avec intérêt leur ravisseur les regarda démolir la confiance entre eux. Enfin, il le croyait, car Percy et son équipage avaient prévu ce genre de situation.

- Effectivement, cela devrait être plus… intéressant…

Percy fut traîne sur le centre du pont, sur la chaise où il fut solidement attaché.

- Si nous commencions à présent ? Je te donne une chance : où se situe la base secrète navale ?

Provocateur, et veillant à garder l'attention des pirates sur lui, il se contenta de cracher par terre.

- Si tu veux la jouer ainsi…

D'une main assurée, il trancha la chemise du capitaine qui ne put s'empêcher de frissonner en sentant le froid de la lame sur sa peau. Il s'en maudit aussitôt.

- Peut-être as-tu changé d'avis ?

Un regard chargé de défi lui répondit.

- Dommage… ou plutôt, tant mieux pour nous.

Sans attendre, il appuya la lame sur le torse du prisonnier, laissant une longue marque rouge. Percy serra les dents alors que le sang commençait à perler. Il ne lui ferait pas le plaisir de crier.

- Têtu, très amusant. Je vais prendre encore plus de plaisir à te faire hurler.

Il se servit alors de son torse comme d'une feuille de brouillon, laissant des estafilades sans gravité, des marques plus profondes à certains endroits. Lors de la cinquième entaille, Percy laissa échapper un grognement qui fit sourire son ravisseur. A la dixième, qu'il décida d'infliger sur le bras, le long des poignets, le pirate remua le couteau dans plaie, littéralement. Il hurla. La douleur était trop forte, son sang ruisselait sur son torse, teintant son pantalon d'uniforme d'un rouge sombre. Le pirate, qui prenait un plaisir malsain à le découper en rondelles, s'interrompit et lui reposa sa question. Il ne reçut qu'un hochement de tête obstiné. Alors il continua. Et les cris de Percy retentirent sur la mer déserte.

Ses camarades de flotte le regardaient, inquiets mais aussi profondément impressionnés. Nul doute que n'importe lequel d'entre eux aurait abandonné, mais lui tenait. Ils le virent se tordre de douleur face aux blessures de plus en plus nombreuses. Finalement, le pirate s'arrêta, conscient de ne pas pouvoir aller beaucoup plus loin dans la torture sans le tuer, et perdre l'occasion d'obtenir sa précieuse information. Il les fit redescendre dans la soute, tandis qu'il appliquait un bandage à la propreté douteuse sur les blessures les plus graves.

- Nous continuerons demain, mon jouet préféré. Je n'ai pas encore dessiné sur tes jambes. Ce serait dommage, non ?

N'obtenant aucune réponse, il plongea deux doigts dans l'une des coupures les plus profondes. Un hurlement de douleur lui répondit. Il sourit, alors que Percy s'évanouissait de douleur.

Il ne faisait plus la différence entre le passé et le présent. La lame qui courait sur ses bras, la main qui la maniait, était-ce la sienne, où celle de ce pirate de malheur ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne savait qu'une seule chose, c'est qu'avec son sang s'écoulait sa vie, mais aussi sa douleur et sa peine.

Lorsqu'il se réveilla, il était brûlant. Son premier réflexe fut de regarder autour de lui, et le soulagement s'empara de lui lorsqu'il vit la totalité de son équipage. Du moins, ceux qui avaient survécu la veille. Mais ce fut de courte durée, la douleur s'imposant peu à peu. L'une de ses blessures s'était infectée. Il n'eut pas de répit.

De nouveau sur la chaise, devant ses hommes, il se retrouva en boxer, tandis que le pirate s'agenouillait entre ses jambes.

- Ça me ferait tellement plaisir que tu cris mon nom, honey.

Cette phrase obscène lui fit serrer les dents. Mais presque qu'immédiatement, ses lèvres s'ouvrir pour laisser sortir un gémissement de doulant. Le pirate joua, dessinant ses maudites lignes sur ses cuisses, sur ses mollets. Percy sentait chaque goutte de sang perler, chaque minuscule portion de métal s'enfoncer dans sa chair tendre. Il allait lâcher prise. Il sentait la vie l'abandonner petit à petit. Mais il ne sacrifierait pas la vie de millions de personne pour sa survie. Il ne dirait rien. La douleur était infernale, il devenait fou. Il se mit à supplier. Supplier qu'on arrête, supplier qu'on le laisse tranquille. Perseus Jackson, capitaine de navire, élément le plus prometteur de la navy, était sur le point de rompre devant la douleur.

Avec son sang, sa vie s'échappait. D'un côté, c'était peut-être mieux. Ainsi plus personne ne serait jamais blessé à cause de lui.

- Percy !

Une porte qui claque, une silhouette blonde dans son champ de vision. Est-ce la réalité ou une illusion ?

- Percy !

Il relève la tête, dans sa folie, il croit entendre la voix de Jason, son meilleur ami. Il entend des coups de feu. Fou de douleur, il réalise à peine qu'on le détache.

- Percy, accroche-toi, je t'en prie !

L'appel de l'inconscience résonne. Il s'y abandonne.

- Percy ! ne me laisse pas maintenant !

Oui, l'inconscience est une belle chose, décidément. Avec quelque chose d'encore plus calme derrière.

- PERCY !

Le noir le happe. Sans qu'il cherche à résister. Sans qu'il veuille y résister.


Un Jason complètement paniqué franchit la porte de la salle de bain. Au sol, un jeune aux cheveux noir corbeau, le sourire aux lèvres, l'air rêveur, couvert de sang et les poignets ouverts jusqu'aux veines.

- Percy, je t'en supplie ! Allô, le 911, ici Jason Grace, j'ai besoin d'une ambulance immédiatement, tentative de suicide. Je me fous complètement du fait que vous soyez débordés, ne m'obligez pas à faire intervenir l'armée. Bien sûr que si, je peux, si vous n'arrivez pas dans les dix minutes, c'est l'US Air Force qui vous rappellera.


Les sirènes d'un gyrophare, des élèves curieux qui s'agglutinent devant les fenêtres, encore choqué par les évènements du déjeuner. Trois d'entre eux, une rousse et deux jumeaux, reconnaissent l''homme blond qui y monte et échangent des regards inquiets. Ils savent que cela concerne Percy Jackson.

Dans l'ambulance, un ancien soldat se ronge les sangs, son humeur semblable à un ciel d'orage tourmenté dissuadant quiconque de l'approcher, encore moins de lui adresser la parole. D'ailleurs, il n'a plus parlé depuis qu'il a simplement décrit l'état de son ami. Sa voix tremble de rage et d'inquiétude.

- Ne me refais pas ça Perce. Accroche-toi. Je ne supporterai pas de te perdre une deuxième fois.