Hey les gens, si ça en intéresse, il y a une A/N en bas


Chapitre 5 : Première fois


10h, dimanche

Melody se réveille, entourée d'un cocon confortable. L'espace d'un instant, elle ne sait pas où elle est. Puis, elle remarque les bras autour d'elle, la chambre cosy mais à la déco rock. Les souvenirs lui reviennent. Elle a porté plainte contre son père. Elle a décidé d'aller vivre quelques temps chez les Bloom. Un mouvement près d'elle, et elle reporte son attention sur le visage angélique posé près de son oreiller. Deux yeux bruns chaleureux se posent sur elle.

- Bien dormi Mel' ?

- Bien mieux que d'habitude.

Le sourire aux lèvres, elle pose les siennes sur celles de son petit ami. Un baiser tendre et amoureux, plein de tendresse. Un câlin tout mignon, tout innocent. Ils se levèrent et descendirent dans la cuisine, où étaient déjà installés les autres membres de la famille Bloom. Coral et Darren Bloom étaient deux personnes absolument chaleureuses, qui accueillaient Melody avec joie à chaque fois qu'elle venait. Ils n'avaient d'ailleurs pas hésité lorsque Castiel leur avait demandé s'ils pouvaient l'héberger à plus ou moins long terme.

Les jumeaux étaient le portrait craché de leur mère. D'elle, ils tenaient leur chevelure châtain et raide, et les traits de leurs visages étaient les mêmes, des traits reconnaissables facilement. Le truc dont ils n'avaient pas hérité, c'était ses yeux. Les siens étaient d'un noir profond, presque insondable, qui la rendaient assez intimidante au premier abord. Le genre de personne avait un regard de loup qui avait le pouvoir de vous faire taire en quelques secondes. Une fois passée la façade effrayante, on découvrait que Mme Bloom était une crème. Toujours là à vous demander si tout allait bien, à s'inquiéter pour vous-même si vous n'étiez pas de sa famille. Elle adorait rendre service aux gens.

A côté, leur père semblait complètement sorti d'une autre planète. Des cheveux courts, noirs et bouclés, qui contrastaient terriblement avec la raideur de ceux de sa femme et de ses enfants. Darren, c'était celui qui avait transmis sa passion de la musique à ses enfants. Depuis leur enfance, les jumeaux avaient bercé dans un univers mélodique à base de berceuses jouées au piano, de comptines chantées d'une voix d'ange et, surtout, d'une complicité à toute épreuve.

Très tôt, sous la houlette de leur père, ils avaient commencé à jouer ensemble. C'était modeste au départ, de simple mélodies fredonnées du bout des lèvres. Arrivés au collège, ils avaient débuté les compositions. Leur complicité avait encore augmenté lorsque, en cours de musique, ils avaient dû faire une improvisation. C'était l'un des premiers jours de cours où tous avaient pu emmener l'un de leurs instruments pour montrer aux autres ce qu'ils pouvaient faire. Et là, le prof de musique, un certain Solace, avait eu la magnifique idée de les faire improviser. Et, comme par hasard, il avait fallu que ça tombe sur Aëlys et Castiel. Ils s'étaient installés, lui à la batterie, elle à la basse, indécis et gênés de se retrouver ainsi, alors qu'ils n'avaient jamais joué devant les gens.

Puis, leurs regards s'étaient croisés, et l'extraordinaire fusion qui existait entre eux avait opérée. Sans se concerter ni réfléchir plus longtemps, ils s'étaient lancés corps et âme dans la musique, et avaient décidé à partir de ce moment-là qu'ils allaient créer un groupe, même s'il leur manquait une voix.

Remuant la tête pour libérer sa tête de ces souvenirs, Castiel se tourna vers Aëlys, et lu dans ses yeux qu'au même instant, elle avait repensé au même souvenir. La voix de Coral interrompit ce regard plein de complicité.

- Melody, ma chérie, tu veux quoi ?

- N'importe, Coral, je ne voudrais pas déranger.


- Alors, on bosse quoi comme morceau aujourd'hui ?

Les trois musiciens se regardèrent. La fin d'année approchait, et ils devaient jouer. Mais pour leur dernier concert, ils voulaient faire quelque chose de spécial. Vraiment surprendre par un arrangement encore plus insolite que d'habitude.

- Je sais !

Les regards se tournèrent vers Aëlys. Elle n'avait pas l'habitude de crier et comme ça, et Castiel et Melody en furent surpris.

- Pourquoi pas faire quelque chose d'original ? Composer notre propre morceau. Les gens ne nous attendent pas sur ce terrain. Et puis, on marquerait le coup comme ça, ils se souviendraient de nous d'une manière encore plus spéciale.

Les regards qu'ils échangèrent valurent plus que tous les mots de mondes. Et ils commencèrent à bosser sur un arrangement. Exceptionnellement, Melody avait accepté de sortir son synthé, et leur arrangement en fut tout de suite plus original, car elle n'en avait jamais joué pour un de leur concert. C'était décidé : le dernier concert des Cassidy serait un chef-d'œuvre.


A la fin de leur répétition, alors qu'Aëlys allait s'isoler dans sa chambre pour lire les livres français d'un certain Pierre Bottero, les tourtereaux se dirigèrent vers la chambre de Castiel. Ils s'installèrent sur le lit de ce dernier, dans les bras l'un de l'autre, les yeux aciers de la jeune plongés dans ceux chocolat de son copain. Sans que rien ne soit prémédité. Ils s'embrassèrent doucement, presque religieusement, redécouvrant les lèvres de l'autre. Peu à peu, le baiser se fit plus profond, plus passionné. Lorsqu'ils se détachèrent l'un de l'autre, haletant, Melody pouvait sentir quelque chose de nouveau dans le creux de son ventre. Elle sentit quelque chose contre sa cuisse et rougit furieusement. S'en apercevant, Castiel la tourna vers lui avant de l'embrasser une nouvelle fois. Les mains du jeune homme s'égarèrent dans la crinière rousse, tandis que les siennes trouvaient le chemin de ses abdominaux, sous le T-shirt avec écrit « je peux pas, j'ai poney ». Elle sentit contre ses lèvres un gémissement, et elle sourit. Elle adorait le faire tourner en bourrique.

- Tu veux jouer à ça…

Sa voix était encore plus rauque de d'habitude. Sans qu'elle ne s'en rende compte, il avait passé un doigt léger le long de ses hanches, provoquant un frisson tout le long de son corps. Elle enleva le T-shirt de son copain d'un geste vif tandis que lui déboutonna sans cérémonie son chemisier qui glissa au sol sans plus d'égards, rapidement suivie par son soutien-gorge. Elle rougit de nouveau, et se détourna. C'était la première fois qu'ils allaient aussi loin, et elle ne se sentait pas si à l'aise que ça. Mais ses doutes furent rapidement effacés lorsque sa bouche quitta ses lèvres pour descendre plus bas. Quelques instants après, lui n'était plus qu'en caleçon, même si elle avait encore son jean. Elle tendit une main hésitante vers la bosse désormais bien discernable et sourit en récoltant un grondement bas.

- Mel'…

Il reprit la direction des opérations et fit tomber le jean de la jeune fille. Ses doigts couraient le long de ses cuisses, remontant le long de ses hanches, descendaient en suivant une ligne imaginaire jusqu'en dessous le nombril. Tous deux découvraient le corps de l'autre, d'une manière dont il n'avait pu que rêver jusqu'à présent. Quelques instants plus tard, ils étaient nus, et se rendait fou mutuellement. Croisant le regard de Castiel, elle ne vit plus que la lueur d'un homme attiré par une femme, profondément amoureux. Lorsqu'ils s'apprêtèrent à passer à l'étape suivante. Melody paniqua. Même si elle savait que cela allait arriver depuis le début de leur petit jeu, cela ne l'empêchait pas d'être anxieuse.

- Cast', je… c'est… ma première fois.

- T'inquièt Mel', moi aussi.

Ils s'abandonnèrent l'un à l'autre.


Dans la chambre d'à côté, une jeune fille interrompt sa lecture suite à un long gémissement. Pendant quelques instants, elle essaya désespérément de fermer ses oreilles afin de se reconcentrer sur le chef-d'œuvre qu'elle tenait entre ses mains. Lorsqu'un bruit sourd résonna contre son mur, elle posa son livre de dépit sur son lit. Résistant fortement à le balancer de frustration – ce livre était juste trop bien, trop magnifique, trop sacré, trop… bref, trop tout pour qu'elle l'abime dans des situations aussi débiles – elle essaya de chasser les images bizarres qui s'étaient mises à défiler devant ses yeux. Penser que son frère était là, juste à côté, en train de… Non, il valait mieux ne pas y penser, elle allait avoir la nausée.

Soupirant, elle se dit qu'il n'y avait plus qu'une seule chose à faire. Elle se leva de la position très étrange, contorsionnée et pelotonnée contre le coin de sa chambre, sur une tonne de coussins, et alluma son ordinateur. Elle dut attendre qu'il charge, ce qui fut un supplice avec les bruitages sortants de la chambre voisine, tapant du pied impatiemment. Quand celui-ci daigna enfin d'ouvrir Spotify, elle lança à fond le dernier groupe dont elle était tombé amoureuse – Against The Current – et tenta, sans réussir tout à fait, à passer outre ce qui se passait dans la pièce à côté.


Lorsqu'ils franchirent la grille du lycée, Castiel ne put s'empêcher de repenser aux évènements du vendredi. Il se demandait comment allait Jason, car il avait l'air vraiment effondré. Toutes ses idées lui trottèrent dans la tête pendant la matinée, et il eut beaucoup de mal à se concentrer, surtout pendant le cours de maths, où ils abordaient la notion de produits scalaires et le théorème d'Al Kashi.

- Soit un triangle ABC. On nomme [AB] "c", [AC], "b" et [BC] "a". Alors, on peut dire que a² = b² + c² - 2*b*c*cos BAC.

Il ne cherchait plus à comprendre, il avait l'impression d'entendre du chinois. Il avait encore la tête dans les nuages de sa soirée de la veille, de leur première fois. Vraiment, ce n'était pas son jour pour la concentration. Jetant un coup d'œil sur Melody, il pouvait dire qu'elle ne s'en sortait pas mieux que lui. Quant à Aëlys, elle était dans ses pensées, comme d'habitude.

Ils se séparèrent en dernière heure de matinée, option oblige. Les deux jumeaux se dirigèrent donc vers la salle de latin, et ils eurent la surprise de voir que les élèves de grec étaient là aussi. Lorsque Grace arriva, il sut tout de suite que quelque chose n'allait. Son sourire avait disparu, remplacé par deux traits qui barraient son front. Il ne fit aucune blague, ni aucune allusion à ce qui s'était passé. Ses yeux clairs étaient devenus sombres et rougis, et deux énormes cernes s'étalaient désormais sous ses yeux, signe qu'il ne devait pas dormir beaucoup en ce moment. Voyant là un signe de faiblesse, Ethan, un des élèves les plus chahuteurs, et qui manquait sérieusement de jugeote à son opinion, chercha un peu le prof de latin. Mal lui en pris. Le regard de Jason, bien que fatigué, n'avait pas perdu de son autorité. Après un regard glacial, sa voix annonça, d'une chaleur avoisinant le zéro absolu, qu'il était attendu mercredi après à la même heure, au même endroit. Castiel échangea un regard avec sa sœur et Melody, et ils décidèrent de rester ensemble à la fin du cours.

Ainsi, lorsque la sonnerie retentit, ils se dirigèrent vers le prof qui leva un visage fatigué vers eux.

- Que puis-je pour vous ?

- Monsieur, on voit que vous n'allez pas bien. Est-ce que cela a à voir avec ce qui s'est passé vendredi ?

Un soupir sonore leur répondit. Il se laissa tomber sur sa chaise et plongea sa tête dans ses mains.

- Disons que cela a déclenché quelque chose que j'aurai préféré ne jamais voir.

Comprenant qu'il avait besoin de s'épancher, ils ne dirent rien, se contentant de l'écouter.

- Comme vous le savez, Percy a quitté l'armé suite à une mission. Ils étaient en patrouille dans le golf de Guinée, pour l'OTAN. Malheureusement des pirates les ont trouvés. Aussitôt, Percy a envoyé le signal de détresse, auquel j'étais toujours relié. Sans attendre, j'ai prévenu mes supérieurs et, le lendemain, nous savions où ils étaient et nous étions prêts à reprendre le contrôle du navire. Mais ils sont quand même restés deux jours entiers sous la menace des pirates, désarmés et impuissants. Lorsque je suis descendu sur ce fichu bateau, c'était l'enfer. Les coups pleuvaient de partout, mais je n'en avais rien à faire. La seule chose que je pouvais voir, c'était lui, ligoté à cette chaise, se vidant de son sang par des blessures infectés. Il avait… été torturé.

Rien que dans la manière dont il racontait son histoire, Castiel pouvait dire que cela lui faisait encore mal, de repenser à l'état pitoyable dans lequel il avait retrouvé son meilleur ami. Apparemment, Jackson n'était pas le seul à avoir besoin d'aide. Jason aussi, même s'il le cachait, avait besoin de se reposer sur quelqu'un, capable de l'écouter sans le juger. Ce quelqu'un, ce furent ses trois élèves, par un concours de circonstances étranges. Ce genre de relation étaient inhabituelles, mais la faible différence d'âge, à peine 8 ans, y contribuait. Il continua d'une voix rauque.

- Il allait mal, trop mal pour reprendre du service. Il était traumatisé, et faisait des flash-back et des crises de paniques régulièrement. Alors je suis resté avec lui. Durant huit mois, je suis resté à ses côtés. Je l'ai vu sombrer de plus en plus profond dans la dépression. Récemment, ça allait mieux, il souriait, il plaisantait. Et c'est là que ce pirate est arrivé. Ce pirate, c'était celui qui avait joué avec lui, qui l'avait détruit physiquement et mentalement. Il n'a plus jamais été le même. Lorsque j'ai finalement assommé ce connard, j'ai couru chez nous, et je l'ai trouvé baignant dans son sang. J'ai cru le revoir, ce jour-là. Il avait un sourire rêveur, comme s'il attendait la mort avec joie.

- Et comment va-t-il ?

- Je ne sais pas. Il ne s'est pas encore réveillé. L'hôpital a dit qu'ils me préviendraient lorsqu'il reviendrait à lui et…

Une sonnerie interrompit sa phrase. Il sortit son téléphone, ses yeux s'agrandissant lorsqu'il vit qui l'appelait. Il répondit immédiatement.

- Jason Grace j'écoute.

Castiel vit les yeux de son professeur reprendre de la couleur, alors qu'un air soulagé se peignait lentement sur son visage. Lorsqu'il raccrocha, il avait retrouvé un sourire. Fatigué, certes, et un peu désabusé même, mais c'était tout de même une lueur de joie.

- Veuillez m'excusez, mais il vient de se réveiller alors…

- Allez-y m'sieur, de toute façon c'est la pause déjeuner.

- Et merci de m'avoir écouté, ça toujours du bien de parler.

Il allait sortir de la salle quand la voix rêveuse d'Aëlys l'arrêta.

- Monsieur, Percy est plus que votre meilleur ami, n'est-ce pas.

Il l'étudia du regard, ne sachant pas quoi lui répondre. Finalement, il hocha la tête.

- Alors dites-le lui. Il se pourrait que vous soyez l'ancre qui lui manque.


- Pourquoi tu lui as dit ça ?

- Mel', ça crève les yeux qu'il y a plus que de l'amitié entre eux, et ça se voit qu'ils ont besoin l'un de l'autre. S'ils ne se le disent pas rapidement, ça pourrait les détruire.


Percy était allongé dans sa chambre blanche aseptisée. Il n'aimait pas les hôpitaux. Ils sentaient la vieillesse et la mort. Avec intérêt, il regarda les bandages sur ses poignets. Il savait qu'il était allé loin, trop loin. Mais le revoir avait été dur, surtout lorsque Jason s'était interposé. Il s'était juré que plus personne ne prendrait les coups à sa place. Et là, c'était son meilleur ami qui avait fait les frais de son incapacité à protéger ceux qui lui sont proches. Mais il devait arrêter de se voiler la face. Ce qu'il ressentait était plus que de l'amitié. Comment expliquer le fait que seule sa présence l'empêchait de cauchemarder, ou que l'un de ses plaisir du matin était de détailler son visage de dieu romain, de ses sourcils clairs jusqu'à son nez fin, sa mâchoire affirmée, ses lèvres pleines, et la petite cicatrice qu'il s'était faite en essayant de manger une agrafeuse. Comment expliquer le fait qu'à chaque fois qu'il le voyait, son cœur s'allégeait ? Il soupira. C'était bien sa veine, il était amoureux de son meilleur ami, qui était plus que probablement cent pour cent hétéro.

Une tête blonde par la porte le sortit de sa réflexion. Un sourire apparut sur son visage.

- Jaz'…

Sans dire un mot, il s'approcha. Percy le vit avancer avec circonspection, s'assoir sur le bord du lit. Puis, sans aucun avertissement, posa ses lèvres sur les siennes. Ce ne fut pas un baiser tendre. Au contraire, il était plein de fureur et de désespoir. Surpris, Percy ne put qu'y répondre, passant sa lèvre sur la lèvre inférieure, une demande d'approfondissement. Lorsqu'ils se séparèrent, à bout de souffle, il se dit que, finalement, Jason n'était peut-être pas si hétéro que ça.

- Je te jure, Jackson. Tu me refais un coup pareil, je te démonte. Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as fait ? Non seulement tu te détruis, mais, en plus, pour quelqu'un qui dit ne pas vouloir que les autres souffrent à sa place, tu as été un putain d'égoïste ! Bordel Perce, est-ce que tu as au moins songé à moi dans l'histoire ? Est-ce que réalises que, quand je t'ai trouvé, je me suis cru retourné là-bas ? Et ne me ressors pas le « Jaz', j'y peux rien, je ne les contrôle pas ». Et bah moi, je te dis que ça suffit. De toute évidence, t'as besoin d'un bon coup de pied au cul Jackson. Parce que moi aussi, j'en ai des souvenirs horribles. Moi aussi je lutte contre eux. Mais j'ai toujours été là pour toi, prêt à te rattraper au moindre faux-pas. Et toi, dès la première difficulté, j'ai l'impression que tu t'effondres. J'en ai assez, Percy, tu n'es pas le seul à avoir besoin d'aide et je…

Il ne lui laissa pas le temps de finir. Durant tout son discours, des yeux s'étaient agrandis puis teintés de rage. Mais, au fur et à mesure, la culpabilité avait pris la place, au fil des accusations trop réelles qui se frayaient un chemin jusqu'à son cerveau. Il se rendit compte, qu'effectivement, il n'était pas le seul à avoir besoin d'une ancre, et il s'en voulut d'avoir provoqué ça chez son ami. Surtout que, à en croire ses yeux rougis et les valises mauves qui s'étendaient sous ses paupières, il s'était fait du mouron, et pas qu'un peu. En plus, cette ancre, s'il en croyait la première chose qu'il avait faite, il se pourrait bien que ce soit lui.

Décidant que vérifier ses suppositions valait mieux que de continuer à se faire incendier, la main qui n'avait pas de perfusion agrippa fermement le cou du blond pour l'attirer dans un autre baiser passionné. Les joues rouges, Jason se détourna alors que Percy répondait, joueur.

- Tu… ?

- Jackson, tu me fais perdre la tête.

- Je sais Grace, sinon, pourquoi tu m'aurais supporté tout ce temps ?

La joie fit place au sérieux. Ils n'avaient jamais vraiment parlé de ce qui c'était passé et Percy se dit qu'il était peut-être temps.

- Perce, quand je t'ai trouvé, j'ai cru que j'étais de retour là-bas.

- Je sais, moi aussi. Tout se mélangeait dans ma tête. Le passé, le présent. Le futur n'existait plus. Mais tu as été blessé à cause de moi et …

- Je ne veux plus jamais t'entendre dire des sottises pareilles ! A ton, avis qui est ce courageux capitaine de navire qui a subit la torture pour que ses camarades s'en sortent ? Je te le demande.

Et il se mit à citer toutes les fois où il avait fait passer la vie des autres avant la sienne. Toutes ces fois où il s'était sacrifié.

- Je peux bien, pour une fois, faire quelque chose pour toi non ? Je ne supporte plus de te voir comme ça Perce, c'est dur, trop dur, de te voir craquer de cette manière.

Pour la première fois, Jason Grace se laissa aller, il s'effondra dans les bras de son meilleur ami. Ou petit ami ? Il ne savait plus. Il n'en avait rien à faire. Seuls comptaient les bras qui l'entouraient, échange des rôles, où Percy soutenait Jason. Sans trop savoir comment ni pourquoi, il se calma et le bleu du ciel s'enfonça dans le vert de l'océan.

Entre eux circula un message bien plus puissant que tous les mots. Jason l'avait compris depuis longtemps, mais Percy était trop mal pour le voir. Mais cette fois, c'est celui-ci qui le dit.

- Ensemble. On traversera ça ensemble Jaz'. Je te le promets.

- Moi aussi Perce, je serais toujours là pour toi.

Tous deux comprenaient à présent qu'ils avaient besoin d'une ancre dans la réalité, dans la vie. Ils venaient juste de réaliser que la leur avait été à leur côté depuis leur enfance, et qu'ils n'arrivaient à la saisir que maintenant. Sans se concerter, ils se penchèrent l'un vers l'autre pour échanger un autre baiser torride, sous forme de promesse.


Bon alors, juste quelques petites explications. Je suis désolée de ne pas avoir posté ces dernière semaines, aucune excuses, surtout que les chapitres sont déjà écrits et que je n'ai plus qu'à les poster. Les deux derniers sont clairs et nets dans ma tête même si je dois encore les rédiger, mais on approche de la fin.

Et un énorme merci à antho7 pour avoir suivie mon histoire, et à PentaCorp et Sklardicocholat pour avoir prit le temps de me donner leur avis, ça fait toujours plaisir.

Tchuss et à la prochaine :D