Chapitre : Premiers pas vers la guérison
Mai
La fin de l'année approchait. A la grande joie du trio, les profs Jackson et Grace s'étaient éclairés, et Percy était devenu plus ouvert aux autres. A présent, on apercevait beaucoup plus souvent son sourire malicieux, et ses blagues et anecdotes grecques faisaient exploser ses élèves de rire.
Au sein de lycée, de nombreuses rumeurs circulaient sur la relation qu'entretenaient les deux professeurs. Pour certain, il était quasiment sûr qu'ils étaient en couple. Pour d'autre, il ne s'agissait que d'une magnifique bromance. Seuls Castiel, Aëlys et Melody connaissaient le fin mot de l'histoire, et ils se gardaient bien d'affirmer ou d'infirmer ces mêmes rumeurs. D'ailleurs, ils prenaient plaisir à les colporter aux deux intéressés, qui riaient toujours en entendant les choses les plus farfelues.
Les relations entre eux étaient devenues plus intenses. L'état dans lequel ils avaient vu Percy et Jason avait brisé la glace entre eux, et il n'était pas rare de les voir tous les cinq ensembles, autour d'un café au bar du coin. Et tous apprenaient de cette nouvelle amitié.
Percy apprenait progressivement à s'ouvrir, et la façade qu'il avait en cours redevenait progressivement son visage de tous les jours. Son ancienne joie de vivre et son sarcasme reprenaient également. Il recommençait à faire confiance aux autres, à ceux qui n'étaient pas Jason. Et, chose importante, il avait décidé de devenir pompier volontaire. Il s'était rendu compte que, ce qu'il aimait le plus, c'était aider les autres. Et quoi de mieux qu'un pompier pour sauver les gens ? En particulier, il faisait partie de la brigade de sauvetage en mer. Malgré sa dernière et désastreuse expérience avec les bateaux, il en était toujours fasciné et c'était sans hésitation qu'il était remonté sur un navire de fortune pour aller sauver les gens.
Jason aussi s'ouvrait plus, mais à Percy. Il ne gardait plus tout le temps son masque sûr de lui et que tout allait bien, mais il se reposait plus sur son petit copain. Car oui, c'était officiel. Du moins, pour eux. Alors il n'hésitait plus à lui faire comprendre son mécontentement lorsqu'il pensait que son attitude était irraisonnable. Il n'avait plus peur de le briser, car tous deux avaient compris que tant que l'autre serait présent à leurs côtés, ils réussiraient à surmonter toutes les épreuves qu'ils devraient affronter.
Jason s'agitait fiévreusement, s'assurant que tout était prêt. Il refit une dernière fois le tour de l'appartement. Cuisine, check, salon, check, salle à manger, check. Il ne lui manquait plus qu'une chose. Avec appréhension, il sortit ouvrit une boîte, admirant une dernière fois ce qui se trouvait à l'intérieur, avant de la ranger sur le buffet.
- Jaz', je suis rentré !
Souriant, il se dirigea vers la porte d'entrée avant d'embrasser passionnément l'homme de sa vie.
- Wow ! Que me vaut un tel accueil ?
- Pas grand-chose, si ce n'est que je ne t'ai pas vu de la journée, puisque monsieur à préférer aller passer la journée avec un homme plus jeune que moi.
Avec un clin, Jason invita Percy à prendre place sur la table de la salle à manger. A sa grande surprise, il avait sorti le grand jeu, un peu kitch, certes, mais romantique indéniablement. Dans une ambiance feutrée, il s'assit et admira les verres en cristal sur la table, la bouteille de blanc. Ils ne buvaient pas beaucoup, et réservait l'alcool aux grandes occasions. Intrigué, Percy demanda ce que mijotait Jason alors qu'il revenait avec une sole sauce meunière, accompagné de riz blanc.
- Tu sors l'artillerie lourde dit donc !
- J'avais juste envie de rendre ce soir un peu spécial.
Ils passèrent une soirée magique. Ils savourèrent la quiétude d'un repas romantique. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pris le temps de se poser comme ça. Naturellement, la conversation dériva sur leurs projets d'avenir. Jason envisageait de devenir prof à plein temps. Jusqu'à présent, cela n'avait été qu'une solution temporaire, mais il s'était rendu compte à quel point ce métier lui plaisait. Percy le regarda parler avec animation, totalement absorbé dans ce qu'il racontait, alors qu'il détaillait une fois de plus – il ne comptait plus le nombre de fois où il l'avait fait – les traits de celui qui partageait sa vie.
- Et toi Perce ? Je me doute bien que tu ne vas pas rester avec des adolescents insolents toute ta vie.
Il sourit. Décidément, il le connaissait trop bien. Il lui confia son désir de se rapprocher de la mer. Alors, au lieu de rester pompier volontaire, il songeait sérieusement à suivre une formation de maître-nageur.
- Comme ça, je pourrais t'apprendre à nager.
Embarrassé, Jason détourna le regard. Il n'avait jamais appris, et il avait toujours une peur bleue de l'océan. Il ne supportait pas d'imaginer une vague d'eau le recouvrant, menaçant de le noyer. Sachant très bien ce qu'il ressentait, Percy n'insista pas et fit dériver la conversation sur les événements de la journée. Il avait accompagné l'équipe de natation pour aller participer aux nationales, la raison pour laquelle Jason l'avait taquiné en mentionnant Castiel, l'homme qui était plus jeune que lui.
- Alors, comment elles se sont passées ? s'enquit-il.
- Pas très bien à vrai dire. En fait, au début tout se déroulait parfaitement. La team était soudée, en bonne forme, et a passé le premier tour facilement, tout comme le deuxième. Mais arrivés en demi-finale, ça a commencé à se gâter. Tout le public n'en avait que pour Castiel, et les autres membres ont du se sentir un peu vexé par le fait qu'il récoltait toute l'attention. L'un d'entre eux lui a même dit qu'il ne cherchait que ça, la célébrité.
- Dur…
- En plus, je crois que je l'ai entendu se disputer avec Melody. Tu sais comment ils sont ces deux-là : violents, dans l'amour comme dans la haine, et ils peuvent passer facilement d'une émotion à l'autre. Surtout que, quand Castiel se sent coupable d'avoir dit un truc qu'il ne fallait pas, c'est-à-dire quasiment tout le temps, il se renferme sur lui-même. Du coup, avec une équipe divisée et des nageurs perturbés, ils n'ont même pas atteint la finale.
Le repas touchait à sa fin. Alors que Percy s'apprêtait à débarrasser, Jason se leva. Le brun épia chacun des gestes du blond et, d'un coup, la lumière se fit dans son esprit. Les petits gestes tendres, le repas digne d'un restaurant trois étoiles, la bouteille de blanc encore sur la table. Aussi, lorsque Jason se retourna vers lui, une boîte de velours bleu nuit à la main. Il sut à quoi s'attendre, sans être surpris par la voix calme et sûre d'elle.
- Je sais que ça va peut-être paraître un peu brutal et inattendu... Mais, continua-t-il en empêchant Percy de parler, ne va pas me faire croire que tu n'y avais pas pensé aussi.
Le sourire sur le visage de l'intéressé, un sourire coupable et taquin, ne fit que lui donner raison. Aussi, Jason ouvrit l'écrin, dévoilant une bague en or blanc. Il la prit et la fit tourner entre ses doigts, verrouillant son regard dans le vert océan.
- Ca fait combien de temps qu'on se supporte l'un l'autre?
- Supporter, sérieusement? Tu me blesses Jason, je pensais que je valais plus que ça à tes yeux.
- Idiot ! répondit-il, levant les yeux au ciel face à la malice du brun. Tu vois pas que j'essaie de faire un truc romantique?
- Jaz', l'un comme l'autre, ça n'a jamais était notre fort les "trucs romantiques" comme tu dis.
- Effectivement. Donc je ne vais pas te faire un discours mielleux et stéréotypé tiré d'une de ces comédies romantiques dégoulinantes de mièvrerie, et encore moins me mettre à genoux pour toi.
- Dans un autre contexte, je dirais pas non…
- Perce!
- Quoi?
Son regard innocent ne le trompa pas, et il reprit d'une voix faussement exaspérée.
- Après tout ce qu'on a vécu ensemble, je pense qu'on est tous les deux d'accords pour dire qu'on est plus que deux colocataires, frères d'armes ou meilleurs amis. Et je t'avoue que quelque chose de plus officiel me tenterait bien. Tu sais à quel point je tiens à toi, et que je suis prêt à tout. Alors je te le demande. Pas parce que ça fait un bon moment qu'on se soutient mutuellement, même si ça y joue un rôle, ni parce que j'ai l'impression que tu n'attends que ça, ce n'est pas que par rapport à toi, mais bien parce que je t'aime, et depuis longtemps déjà, avant que toutes ces conneries arrivent, même si je ne le réalisais pas. Perseus Jackson, veux-tu m'épouser?
Doucement, tendrement, leurs lèvres se rencontrèrent. D'abord timidement, comme un premier baiser, puis de manière plus assurée, cherchant le contact au maximum. Un baiser sous forme de joie, de promesse d'un futur à deux. Une promesse d'être là l'un pour l'autre, aussi longtemps qu'ils le supporteraient. Promesse désormais matérialisée par deux anneaux en or blanc, avec en leur centre une vague chatoyante, variant du vert océan au bleu électrique, sur l'annulaire gauche de leurs mains, qui voyagèrent dans leur dos respectif. Des mains légères, mais tout de même téméraires, surtout dans le cas de l'ancien Capitaine de Navire. Elles se firent audacieuses, titillant les zones qu'il savait sensibles et sourit malicieusement en sentant le frisson parcourir le dos de Jason. Ce dernier, sachant parfaitement le caractère taquin de son fiancé, s'éloigna brièvement et plongea ses yeux couleurs du ciel dans ceux océans de Percy.
- Je ne te savais pas si habile de tes mains Jackson.
Mais sa tentative de déstabilisation se solda par un échec, et se retourna même contre lui.
- Enfin, Grace, ne fais pas ton innocent comme ça. A ton avis, que crois-tu qu'il se passe sur un navire, pendant trois mois, en mer, avec seulement des mecs au physique sculpté par les parcours du combattant ?
Percy posa ses mains sur les joues rougissantes de Jason. Son air facétieux toujours sur le visage, il entreprit de le pousser dans ses derniers retranchements. Sans savoir trop comment ni pourquoi, ils se retrouvèrent tous deux dans la chambre qu'ils partageaient. Plongés dans le feu de l'action, ils n'accordèrent aucune importance à la pièce. Alors que Percy s'employait à lui faire perdre la tête, Jason arqua inconsciemment le dos lorsque les mains du brun se décidèrent à dessiner les contours de ses abdos. Des ongles frôlèrent ses pectoraux, les boutons de chairs sensibles, alors qu'il farfouillait dans les cheveux noirs corbeaux et indisciplinés de son vis-à-vis. Puis, considérant que ce n'était pas assez simple, Percy fit glisser le T-shirt de Jason par-dessus ses épaules, ce dernier se gardant bien de protester. Il n'arrivait juste plus à penser, perdu dans les sensations que les doigts de son petit-ami déclenchaient. Il ne put s'empêcher de laisser s'échapper un grognement rauque lorsqu'il constata que Percy était aussi touché que lui parce le déroulé des événements, et à quel point il était injuste que seul lui se retrouve torse nu. Il décida alors que, lui aussi, il avait le droit de profiter de la vue.
A son tour, il faufila ses mains le long du ventre place du plus petit. Qui ne tarda pas d'ailleurs à ralentir les caresses qui rendaient fou le blond, alors que le sourire taquin changeait de visage. Sans tergiverser plus longtemps, il fit remonter le tissu de son pull, enflammant au passage la peau de Percy. Lorsqu'il atterrit par terre, le brun se figea totalement, avant de détourner le regard, gêné.
Sentant son malaise, la chaleur du moment évaporée, Jason lui lança un regard inquiet. Tout son corps était tendu, mais pas de la bonne manière, pas de celle dont il devrait être après ce qu'ils venaient de faire.
- Percy ?
- Jason, je…
Il commença à ramasser son haut et à le remettre, mais la main de Jason attrapa son poignet avec force.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je me rhabille. Tu ne le vois pas ?
- Et en quel honneur ?
- Je…
- Tu es vraiment en train de me dire que tu vas me laisser en plan maintenant ?
Il ne croisa même pas son regard. Soupirant, le blond prit son visage au creux de ses mains. Le vert fuyait le bleu électrique.
- Perce, dis-moi ce qui ne va pas.
- … je …
- Percy, si vraiment tu ne veux pas, je ne te forcerai pas. Mais au moins, j'ai besoin de savoir pourquoi ?
- Pourquoi ? C'est vraiment ce que tu demandes ?
Percy plongea alors son regard dans celui de Jason.
- Alors que mon corps est mutilé, et que n'importe quel autre peut te combler autant que moi ?
- Percy…, soupira-t-il en scrutant attentivement les prunelles de celui qui lui faisait face.
Derrière la façade joueuse, il vit les doutes qui l'habitaient, la peur panique de se retrouver seul et la terreur d'être repoussé à cause de ce qu'il avait subi. Avec douceur, il posa ses lèvres sur les siennes. Un baiser tout doux, plein d'amour et de tendresse. Il reprit également le pull noir et le rejeta par terre négligemment.
- Ne redis jamais…
Ses doigts firent les contours de son visage, le rassurant, lui rappelant qu'entre tous, c'était avec lui qu'il avait décidé de se marier.
- …Au grand jamais…
Sans tenir compte de ses protestations, il le souleva avant de le déposer sur le lit.
- … de conneries pareilles.
A genoux au-dessus de lui, Jason le dominait de toute sa hauteur.
- Jaz' je…
- Chhhhhhhhhhhh, laisse-moi faire. Laisse-moi te montrer à quel point tu es beau, et pourquoi je ne me passerais jamais de toi. Au fait, t'as réfléchi au fait que c'est toi que j'ai demandé en mariage ou tu fais toujours ta Cervelle d'Algue ? Heureusement que tu as arrêté de fréquenter les requins et les dauphins, les conséquences auraient été bien pires, dit-il, joueur, avec un clin d'œil.
- Jason tu…
La fin de sa phrase se perdit dans un gémissement sourd. Le blond en avait assez de l'entendre se plaindre, alors il décida de le faire taire. Tout en s'emparant de ses lèvres, Jason avait entrepris de redessiner les contours de son corps. Par touches légères, il caressa ses hanches, envoyant des frissons dans tout son être, particulièrement lorsque ses doigts atteignirent un point bien précis dans le bas de son dos, provoquant des étincelles dans le creux de ses reins. Il ne put rien faire sinon planter ses ongles dans l'épaule de Jason. Si celui-ci ressentit de la douleur, il n'en laissa rien paraître et continua à lui faire perdre la notion de réel.
Lorsqu'il le sentit en confiance, sa bouche quitta ses lèvres et descendit plus bas. La réaction ne se fit pas attendre et Percy tenta aussitôt de protester, mais Jason ne lui en laissa pas l'occasion.
- Avant que tu ne me sortes une phrase du genre « Jaz' je-ne-sais-quel-pronom », ou sa variation avec Jason, je t'ai déjà demandé de te taire. Si tu ne le fais, je me verrais obligé de te bâillonner, monsieur je-ronchonne-pour-un-rien.
L'air extrêmement sérieux sur son visage ne renseigna en rien Percy la possibilité qu'il plaisante. Toutefois, il ne réfléchit pas plus longtemps car, rapidement, une sensation de brûlure l'envahit. Mais pas de celles désagréables, plutôt de celles qui embrasent le corps et l'esprit. En effet, Jason venait d'embrasser et de tracer le contour d'une de ses cicatrices. Il en fit une autre, avant que Percy ne comprenne, dans un éclat de lucidité, qu'il allait toutes les faire.
Jason sourit, parfaitement conscient de ce qu'il provoquait chez son petit-ami, désormais fiancé. Toutefois, il n'avait pas prévu une chose : Percy aussi avait envie de le pousser à bout. Concentré sur ce qu'il faisait, Jason ne vit pas la main se déplacer jusqu'à lui, et il hoqueta lorsque l'or froid entra en contact avec sa peau brûlante. Sa respiration se raccourcit alors que ce point glacé descendait de plus en plus bas.
Avant qu'il le réalise, Percy avait inversé les rôles. Ses doutes et angoisses envolées, il était redevenu taquin et malicieux.
- A moi de jouer Grace, et tu n'as pas intérêt à moufter un mot non plus.
- Sinon tu fais quoi Jackson ?
Leurs voix étaient joueuse, même provocatrice, mais surtout grondantes de désir.
- J'arrête tout, et je te laisse avec le barreau.
Dans l'obscurité de la chambre, un rayon de lune s'est faufilé jusqu'au lit, baignant dans sa pâle lueur argentée un couple endormis. Ils sont enlacés, comme si rien d'autre ne les raccrochait à la vie. A moitié recouvert par les draps blancs, l'un d'eux a ses bras refermés dans une étreinte protectrice, tandis que l'autre a sa main posée à plat sur son ventre. Tout en eux respire harmonie, calme et paix, comme si rien ne pourrait jamais les déranger. Une parenthèse hors du temps, un instant de répit dans la violence du monde qui les entoure, un moment de bonheur simple, que personne ne devrait oser briser. D'ailleurs, la Lune ne s'y trompe pas, et rappelle son éclat à l'extérieur de la chambre, restituant la pièce à la Nuit. Son frère le Soleil ne se gênera pas pour les embêter le lendemain matin à travers les rideaux entrouverts, alors elle les laisse savourer leur nuit d'amour dans la tranquillité.
AN : Hey, désolée pour le retard de publication. L'avant-dernier chapitre, sans compter l'épilogue, est de sorti. Par contre, je n'ai aucune idée de la publication de celui-ci. En fait, l'idée majeur de ma fiction vient dans le chapitre d'après, mais je ne sais pas du tout comment l'écrire. Ironique non? En tout cas, j'espère que ça vous aura plu. Et n'hésitez pas à me laisser votre avis, ça fait toujours plaisir :)
