Bijour, bijour ! Nous revoilà aujourd'hui pour le quatrième chapitre.
Il y aura huit chapitres en tout, j'ai décidé d'accélérer le processus de postage histoire qu'on aille plus vite hein ? XD
ENJOY !
De retour dans sa loge, enlevant le maquillage de son corps, Dean réfléchissait aux évènements de la soirée. Sa rencontre avec Castiel était déroutante, le personnage lui-même le laissait perplexe. Cet ange aux yeux aussi bleus que le ciel le charmait autant qu'il le terrifiait. Dean ne savait pas pourquoi il se sentait aussi attiré par cet homme et cela l'effrayait plus que de raison.
Mais là n'était pas le problème. Ce qui gênait le danseur, c'était que son rêve ultime était de devenir acteur. Lucifer lui avait promis que le Duc lui permettrait d'avoir cette chance. Si Dean laissait une chance à Castiel, il pouvait dire adieu à ses rêves, et il trahirait son patron, ce qu'il se refusait à faire.
Soupirant en regardant son reflet, Dean caressa le miroir, comme si celui-ci pouvait lui répondre. S'habillant rapidement d'un collant pour maintenir ses jambes au chaud et d'une chemise afin de ne pas attraper froid, le blond se glissa hors de sa loge.
Traversant les coulisses désormais vides, les danseuses étant soit endormies soit dans les bras des hommes de la soirée, Dean se retrouva bien vite sur la scène du Moulin Rouge.
Esquissant quelques pas de danser, tournoyant sur une musique que lui seul pouvait entendre, le blond se sentait bien. La danse le libérait de ses problèmes et lui permettait de se clarifier l'esprit et de réfléchir.
Apercevant l'éléphant, Dean arrêta ses mouvements. Le souvenir du malentendu le fit sourire, et il décida de remonter dans la petite pièce pour se remémorer la scène.
Atteignant l'intimité de la chambre, Dean se dirigea vers le balcon, admirant Paris, éclairée à la lueur des quelques lampadaires et de la Tour Eiffel. Jetant un coup d'œil à l'immeuble en face, Dean apprécia l'architecture si parisienne du bâtiment. Une lumière s'alluma tout en haut de l'immeuble, attirant immédiatement le regard de Dean. Sur le balcon du petit appartement se trouvait un homme. Dean se figea quand il le reconnut, il s'agissait de Castiel. Le brun ne l'avait pas vu, il contemplait la pleine lune d'un air rêveur. Le blond se surprit à admirer la beauté du visage de l'écrivain sous la lumière de l'astre lunaire. Il avait un air angélique, quasi mystique, et Dean sourit d'un air attendri. Cet homme était si innocent et il ne s'en rendait même pas compte. Dean pouvait imaginer sans problème ses yeux bleus fixer la lune avec émerveillement.
Dean continua quelques instants son voyeurisme discret, il voulait graver cette image dans sa mémoire. Il vit Castiel pousser un long soupir avant de baisser lentement la tête. Dean ne put éviter ce qui se passa. Castiel le regarda droit dans les yeux et son visage s'illumina encore plus. Dean se dépêcha de se reculer dans l'ombre de la chambre mais il savait déjà que Castiel l'avait vu. Il suffisait d'avoir eu un aperçu de son visage pour comprendre qu'il savait que Dean l'avait regardé en douce.
Se ravançant doucement sur le devant du balcon Dean dirigea à nouveau son regard là où il avait aperçu l'écrivain, mais il n'y avait plus personne malheureusement.
Ne voulant pas redescendre tout de suite, il décida de monter sur la plateforme au-dessus de l'éléphant de métal. Montant par la petite échelle, le danseur se retrouva bientôt sur le point culminant de la structure. Le vent soufflait légèrement sur cette plateforme et Dean apprécia la brise fraîche qui le calma des émotions fortes de sa soirée.
Ouvrant ses yeux verts, il vit l'ensemble du Moulin Rouge, les petites lampes disposées partout l'éclairant d'un éclat mystique. Dean se sentait chez lui, cette ambiance légèrement surnaturelle lui rappelait que le monde dans lequel il vivait était magnifique mais tout aussi dangereux. Mais il aimait le danger. Fermant les yeux, il savoura le vent qui soufflait dans ses cheveux.
Perdu dans ses pensées, le danseur vint s'asseoir sur les coussins étalés au sol. S'étirant doucement, il leva les yeux au ciel pour observer les quelques étoiles encore visibles derrière la lueur éblouissante de la lune. Un bruit le fit détourner la tête de sa contemplation silencieuse.
Là, devant lui, se tenait Castiel. Ses cheveux étaient encore plus ébouriffés mais ses yeux brillaient toujours de cette lueur joyeuse et innocente. Dean haussa un sourcil, se redressant afin de s'asseoir.
« Bonsoir, commença le brun avec sa voix grave et peu assurée. Je voulais venir m'excuser.
- T'excuser ? demanda Dean avec humour. De quoi ? »
Castiel rougit légèrement, ce que Dean trouva absolument adorable.
« De tout, je suis vraiment désolé si je n'étais pas la personne que vous attendiez.
- Je ne me suis pas plaint, coupa Dean avec un sourire ravageur en direction du brun. »
Dean ne savait même pas qu'il était possible de rougir autant mais il trouvait ce trait de caractère craquant.
« Je m'excuse de vous avoir entraîné dans ce mensonge éhonté de ma part.
- Vous parlez de la pièce ?
- Oui, je suis désolé de vous avoir forcé la main, s'excusa une fois de plus Castiel.
- Vous ne m'avez forcé à rien du tout, je dirais même que vous nous avez sauvés d'un misérable mensonge. »
Le sourire de Castiel fit fondre Dean sur place. Comment cet écrivain aussi innocent pouvait-il posséder un regard aussi indécent et un sourire aussi ravageur ?
Dean ne savait pas comment réagir face au brun. Il n'était pas habitué à ressentir de telles émotions face à un homme. Ne préférant pas s'attarder, Dean se leva.
« Très bien, vous m'en voyez désolé mais je dois vous quitter, je dois y aller.
- Mais… commença Castiel. »
Dean ne lui laissa pas l'occasion de dire un autre mot, il se dirigea d'un pas ferme vers l'échelle.
« Dean ! fit la voix de Castiel. »
Le danseur s'arrêta devant l'échelle, se demandant s'il devait se retourner ou juste continuer son chemin. L'envie fut la plus forte et il se retourna, observant le visage fermé de Castiel.
« Est-ce que vous le pensiez vraiment ?
- Quoi donc mon cher Castiel ? interrogea Dean.
- Que… que vous m'aimiez ? »
L'espoir dans la voix de Castiel brisa le cœur de Dean mais il devait penser à son avenir.
« Non, répondit-il d'une voix ferme. »
Dean n'avait jamais vu une telle tristesse sur le visage d'un homme et il se détesta d'avoir été la raison d'une telle émotion. Le visage de Castiel n'était pas fait pour la douleur mais pour la joie et le bonheur.
« C'est juste que… commença le brun. Ça avait l'air si réel. »
Le dernier mot avait été prononcé avec tant de déception que Dean eut un instant de doute. Avait-il bien fait de mentir à cet homme qui ne voulait rien d'autre que l'aimer ?
Castiel, inconscient des délibérations intérieures de Dean, ne savait pas quoi faire et se tenait là, devant le danseur, aussi droit qu'un poteau. Voyant son malaise, Dean consentit enfin à répondre.
« Je ne suis qu'un vulgaire gigolo, soupira le blond. Je suis payé pour donner aux gens ce qu'ils souhaitent voir. »
Dean lui-même était surpris que sa propre voix ne l'ait pas trahie. Mais le pire était surement Castiel dont l'amertume de la réponse prit le blond de court.
« Bien sûr, sortit le brun avec tristesse. Un homme tel que vous ne pourrait jamais tomber amoureux de quelqu'un… Quelqu'un comme moi. »
Dean se sentait si mal pour l'écrivain qu'il voulut se justifier. Il ne pouvait décemment pas laisser Castiel avec une si mauvaise impression de lui.
« Ce n'est pas ça, murmura Dean, évitant de regarder les yeux trop bleus de Castiel. Je ne peux pas aimer. Cela m'est interdit. »
Et ne cherchant pas à voir la réaction de l'autre homme, il se retourna et se prépara à descendre l'échelle. Son bras fut soudain pris dans un étau. Dean se fit tirer en arrière avec force et il se retourna pour savoir ce qu'il se passait.
Les lèvres de Castiel s'écrasèrent sur les siennes. Dean ferma automatiquement les yeux, savourant le goût de la bouche du brun contre la sienne. Castiel se rapprocha du danseur, passant ses deux mains autour de son cou. Le danseur vint poser ses mains sur les hanches du brun, savourant les muscles fins qu'il sentait sous ses paumes. Le baiser était étourdissant, la langue de Castiel venait jouer avec la sienne, laissant Dean complètement soumis face à l'écrivain. Le blond remonta ensuite ses mains pour venir faire ce qu'il avait envie depuis des lustres. Fourrageant dans les cheveux bruns, Dean découvrit avec plaisir qu'ils étaient aussi doux qu'il se l'était imaginé.
Castiel se colla encore plus contre le danseur, faisant entrer en contact leurs deux corps. Dean gémit doucement quand le brun vint lui mordiller la lèvre. Dieu qu'il savait bien embrasser.
Se détachant avec difficulté de Castiel, le danseur le contempla avec des yeux rieurs.
« Oh mon Dieu, toi, tu vas me ruiner mon business. »
Castiel lui sourit d'une manière si innocente que Dean se demanda si c'était la même personne qui l'avait embrassé quelques secondes auparavant.
Crowley buvait tranquillement son thé, assis en face de Lucifer qui fouillait dans ses tiroirs pour retrouver des papiers.
« Nous sommes donc d'accord ? redemanda une énième fois le Duc en sirotant son breuvage. »
Lucifer leva les yeux de son bureau pour regarder le Duc.
« Le Moulin Rouge m'appartient, j'en ferai un théâtre. Vous aurez des actions bien entendu, mais je veux avoir l'Onyx pour moi. Seulement moi, je ne veux pas que qui que ce soit d'autre puisse l'avoir ! »
Lucifer replongea dans ses papiers. Dieu lui jouait un mauvais tour, comment accepter un marché aussi peu avantageux pour lui et encore moins pour Dean ? Mais il avait tellement besoin d'argent pour le théâtre qu'il ne pouvait qu'accepter. Il espérait juste que son petit bijou lui pardonnerait son affront.
« J'accepte, soupira Lucifer, honteux. »
Le sourire vicieux du Duc Crowley lui confirma ses premiers soupçons. Il allait le regretter.
Le lendemain, Dean se leva tôt, Lucifer lui avait dit qu'il avait une grande nouvelle pour lui. Qu'elle ne fut pas sa surprise quand il découvrit Balthazar et sa bande au milieu de la scène et Castiel dans un coin sombre qui écrivait sur du papier.
Toutes ses amies les danseuses étaient déjà en train de s'échauffer, étirant leurs jambes sur les longues barres de danse. Se dirigeant vers un espace libre sur les barres, Dean commença à faire des pliés, s'étirant avec lenteur.
Quelques minutes plus tard, un bruit se fit entendre et Lucifer apparut en haut de la scène, sur la petite plateforme habituellement réservée à Dean lors de ses descentes.
« Bienvenue, mes chéries ! Aujourd'hui est un grand jour ! »
Dean observa le directeur qui souriait béatement. Continuant de s'étirer, il posa sa jambe sur la barre et vint pencher le haut de son corps dessus, appréciant de sentir ses muscles se détendre. Il sentit un regard sur lui et tourna la tête pour découvrir le Duc qui lorgnait ses fesses sans aucune retenue.
Dean choisit de ne rien faire et de continuer à s'échauffer, après tout Lucifer avait été assez clair hier matin sur ce qu'il devait faire pour qu'ils aient des fonds.
« Aujourd'hui est le jour de l'ouverture de notre nouveau théâtre ! s'exclama avec emphase le directeur. »
La salle entière applaudit, Dean le premier, souriant en direction du Duc qui lui fit un signe de la main.
« Maintenant, continua Lucifer. Il est temps de se remettre au travail mes chéries ! »
Dean et les danseuses quittèrent leurs barres de danse afin de monter sur l'estrade. Commençant à bouger de manière sensuelle sur la musique que Lucifer venait de mettre, toute la troupe de Balthazar se figea. Ils regardaient Dean et les danseuses se mouvoir avec des yeux ébahis. C'était un magnifique spectacle que de voir les corps souples se tendre dans tous les sens, recréant une atmosphère aussi mystique qu'érotique.
Dean savait que deux paires d'yeux ne le quittaient jamais et le dévoraient sur place. Crowley et Castiel, pourtant l'un à côté de l'autre, semblaient être dans un monde à part, composé uniquement du danseur blond.
Le soir même, Dean se retira dans sa loge, épuisé. Retirant ses talons, il observa ses chaussures avec amour. Dieu qu'il aimait danser avec, c'était douloureux mais la liberté qu'il en retirait valait bien ce petit sacrifice.
« Elles sont magnifiques, fit une voix dans le dos de Dean. »
Le danseur sursauta et se retourna pour découvrir Castiel, sur le pas de sa porte. Le brun avait l'air préoccupé.
« Je ne vous dérange pas j'espère ? demanda-t-il avec espoir. »
Dean se pencha sur son fauteuil, tendant son pied encore chaussé en direction de Castiel.
« J'ai besoin d'aide pour enlever ce talon, sortit le danseur avec un clin d'œil évocateur en direction de l'écrivain. »
Castiel se dépêcha de rentrer dans la loge, refermant doucement la porte derrière lui, avant de s'agenouiller devant Dean, prenant le temps de caresser doucement la jambe que le danseur lui présentait.
« Vous m'avez manqué aujourd'hui, murmura l'écrivain en embrassant doucement la jambe de Dean. »
Dean se mit à rire.
« Voyons Monsieur Castiel, un peu de retenue, et si quelqu'un venait à rentrer ? »
Les yeux bleus de Castiel rencontrèrent ceux couleur émeraude de Dean. Ils s'observèrent quelques instants, chacun dévorant l'autre du regard. Finalement, Castiel rompit le contact visuel pour venir délacer le talon du danseur, le rouge aux joues.
« Vous êtes absolument magnifique, chuchota le brun en retirant la chaussure du pied de Dean et la déposant religieusement sur le sol. »
Dean ouvrit la bouche pour répondre quand tout à coup la porte s'ouvrit violemment. Les deux hommes tournèrent la tête pour découvrir Balthazar, le sourire aux lèvres et les bras croisés, les regardant avec humour.
« Mes garçons, ce n'est pas l'heure de forniquer, le Duc est là ! Vous pourrez vous déclarer votre amour plus tard ! »
Castiel rougit et se releva pour s'éloigner de Dean. Le danseur fit la grimace, pour une fois, il ne se sentait pas de faire le numéro de séduction au Duc. Crowley était épuisant, il voulait toujours plus, Dean ne savait pas pourquoi Lucifer ne le tenait pas un peu plus en laisse.
Mais il ne put réfléchir plus longtemps, puisque le Duc lui-même entra dans la loge. Castiel se figea aussitôt, son expression s'assombrissant à la vision de l'aristocrate.
Crowley arriva devant Dean, un panier dans les mains et un grand sourire aux lèvres.
« Mon petit bijou, sortit l'aristocrate joyeusement. Je nous ai prévu un magnifique pique-nique en tête-à-tête ce soir ! »
Heureusement que le Duc ne pouvait voir la tête de Castiel dans son dos, car la fureur que vit Dean en cet instant lui réchauffa le cœur. Le brun tenait vraiment à lui et même s'il ne le disait pas, son corps tout entier le criait à sa place.
Seulement, Dean ne pouvait se permettre de rembarrer le Duc sans une bonne excuse. Là encore, Castiel fut d'un secours inattendu, à croire qu'il avait un don pour se sortir des situations les plus extrêmes.
« Excusez-moi… Duc ? »
Castiel avait une voix si condescendante que Dean dut se retenir de glousser. Balthazar n'eut pas ce petit problème et éclata de rire franchement, faisant hausser un sourcil au Duc, curieux.
« Plait-il ? dit-il en se retournant en direction de Castiel.
- Je ne voudrais pas vous retirer votre soirée avec l'Onyx, mais nous devons encore retravailler quelques scènes et…
- Magnifique, tonna Crowley en fourrant son panier dans les mains du pauvre écrivain. »
Castiel pencha la tête sur le côté, complètement perdu.
« Eh bien ne restez pas planté là ! ordonna l'aristocrate d'une voix hautaine. Secouez-vous les plumes, vous répéterez devant moi ce n'est pas un problème. »
Dean retint un sourire face à l'air abattu sur le visage de Castiel. Le Duc était fin joueur, mais au moins Dean n'aurait pas à jouer à l'amoureux transi. Il n'était pas fait pour ce genre de rôle, il préférait les choses plus dangereuses, et exotiques. En cela, Castiel lui apportait tout ce dont la monotonie du Duc ne pouvait pas.
Ainsi passèrent les jours au Moulin Rouge.
Et voilà ! C'est tout pour aujourd'hui ! Je pense que je posterai désormais le mercredi et le dimanche, donc à bientôt !
With my sincerious love,
Uki
