Aujourd'hui, nous allons revoir Amelia et Marlene, dans un autre contexte. Des années plus tard, en 1996, Amelia se fait attaquer par plusieurs Mangemorts ( dont Travers et Dolohov) et sent que sa fin est toute proche. Au moment où elle constate que c'en est fini pour elle, le fantôme de Marlene apparaît devant elle...

Bonne lecture,

Mononoke


Amélia sentit sa tête lui tourner douloureusement. Non, ce n'était pas possible. Que faisaient-ils là?

Cinq Mangemorts cagoulés se tenaient devant elle, dans l'encadrement de la porte du living-room.

Sans réfléchir davantage, elle s'empara de sa baguette et le duel commença.

Je ne détaillerai pas les affres du combat, si ce n'est que des traits de différentes couleurs jaillissaient de leurs baguettes respectives, créant ainsi un arc-en-ciel- si l'on pouvait appeler ce spectacle un arc-en-ciel. Amelia ne réfléchissait plus, elle était toute entière dévouée à l'action. Il fallait agir, point! Pas question que ces sinistres individus restent plus longtemps. Pas question qu'ils s'en prennent à sa famille. A son frère. A sa belle-soeur. A sa nièce, Susan.

Non, de cela, il en était hors de question.

A présent, elle avait constitué un bouclier, à partir du charme du même nom. Ce dernier était transparent, sublime, puissant tout comme il était fragile. Un seul sortilège de magie noire, et il volerait en éclats, tel un vase de cristal!

Soudain, elle entendit l'un des Mangemorts rire, d'un rire sardonique. Furieuse, elle lança un "Stupefix" informulé en direction de celui-ci, sans s'apercevoir que son bouclier était heurté par un trait de couleur violette qui sortait de la baguette d'un de ses comparses, un triste sire lui aussi.

Furieux, le Mangemort qu'elle visait évita son sort, puis ôta sa cagoule. Elle le reconnut. Il s'agissait d'Antonin Dolohov. Tiens, l'un de ceux qui avaient provoqué son cauchemar il y a quelques années. En lui ravissant celle qui lui était si chère, justement.

Soudain, quelque chose s'immobilisa, dans sa vue. Elle sentit sa baguette durcir entre ses doigts, son corps se bloquer, se raidir presque. Il lui sembla, et sur ce point, nous n'allons point la contredire, que le seul organe qui fonctionnait encore dans son corps stupéfixé était la vue.

Elle put voir alors les quatre autres Mangemorts enlever, l'un après l'autre, leur cagoule, et elle les reconnut respectivement.

Travers, Macnair, Avery, Rowle. Des cas qu'elle avait jugés, examinant leur dossier de façon à ce qu'ils soient condamnés définitivement. Un aller simple pour Azkaban, avait-elle demandé. Ou mieux, le Baiser du Détraqueur.

Son désir n'avait été satisfait que pour Travers et Rowle. Quant aux autres, la justice les avait relâchés.

Bien sûr, toute sa haine était dirigée contre le premier. N'avait-il pas tué Marlene, au juste? La muse de son cœur, qui la faisait chavirer, bien qu'elle n'en eût pas dit un seul mot à quiconque!

Elle put voir les cinq hommes s'agenouiller devant elle. Hébétée, elle ne comprenait plus rien. Comment des criminels de leur envergure pouvaient-ils agir de la sorte? C'était à ne plus rien y comprendre. Ou alors, elle était en train de dépérir de folie, lentement, mais sûrement.

Soudain, elle entendit Travers, l'odieux Travers, qui n'avait certainement pour seule ligne droite que celle de nuire aux autres, lui dire, d'un ton affreusement mielleux, où perçait l'ironie:

"-Mademoiselle, veuillez-nous préparer un café, je vous prie."

Alors là, il en était hors de question! Ils venaient chez elle pour massacrer, pour tuer, et il fallait qu'ils soient accueillis comme des rois, en plus! Non, elle vivante, ce cataclysme n'aurait pas lieu!

Soudain, elle sentit quelqu'un parmi eux lever le sort de Stupéfixion.

Du peu de voix qui lui restait, elle se mit à crier, d'une voix furieuse:

"-Il en est hors de question. Ton café, tu peux aller le boire ailleurs. Moi, je n'en ai pas."

Elle mentait, bien sûr. Mais il était hors de question qu'elle joue les servantes. Pour cet ignoble cafard, en plus. Pour ces assassins patentés.

"Salope, pouffiasse, entendit-elle. Qu'importe. Elle s'en fichait.

Tout à coup, elle vit Dolohov pointer sa baguette sur elle, et elle n'eut plus aucun doute en voyant la lumière verte qui la frappait, quelques secondes plus tard, une lumière auréolée de mort.


De l'autre côté du miroir...

Tout à coup, elle sentit une lumière blanche l'aveugler. Enfin, pas tant que cela, puisqu'elle parvenait à voir.

Elle distingua une immense porte devant elle. Celle-ci était finement ciselée, taillée dans les métaux les plus fins. Une véritable œuvre d'art, pensa-t-elle. Elle ne savait que dire, tant l'ouverture lui semblait grandiose. Imposante et majestueuse à la fois.

Soudain, elle vit un ange s'approcher d'elle et lui dire:

"-Mademoiselle Bones, je vous souhaite la bienvenue au Paradis, ou si vous voulez, au Royaume des Ames Éternelles."

Amelia se sentit alors défaillir. Non, ce n'était pas possible. Elle ne pouvait y croire. Qu'avait-elle fait, au juste, pour mériter tout cela?

L'ange ajouta, d'une voix douce:

"-Je connais quelqu'un qui sera ravi de vous voir.

Il s'écarta, et Amelia put voir une jeune femme à la chevelure couleur de feu, vêtue d'une robe turquoise cousue dans les meilleurs tissus qui puissent être imaginés.

Cette femme, le lecteur ( et la lectrice, bien sûr) la connaissent déjà!

Amélia sentit alors son cœur battre plus que jamais, alors qu'elle la reconnaissait. Non, c'était trop beau pour être vrai. Elle devait se faire des illusions.

La jeune femme s'approcha et lui dit, de sa voix de sirène, si chère à Amelia, si regrettée:

"-Dis, Mélia, comment vas-tu?"

Et Amelia de répondre:

"-Bof, ils m'ont pas mal amochée, comme tu peux voir."

Elle sait que son langage est vulgaire, mais elle n'en a cure. Elle n'est qu'une pauvre mortelle, de toute façon. Marlene est tellement divine, dans sa nouvelle tenue. Elle ne se sent pas à sa place, ici. Elle a envie de rentrer.

Amelia la regarde d'un air d'infinie pitié, puis lance de sa voix, si claire et si pure, comme une eau de roche:

"-Ne leur en veux pas, chère Amélia, ce ne sont que des hommes. Ceux-là, - à ce moment, Amelia crut distinguer une légère nuance de mépris- n'iront jamais ici. Parce qu'ils n'auront pas d'âme éternelle. Nous, nous en avons une. Eux, ils l'ont perdue depuis longtemps déjà.

"-Alors, même un Baiser du Détraqueur ne leur ferait rien?, interrogea Amelia, surprise.

"-Un peu froid, je crois, mais rien d'autre. Leur vie n'est qu'une suite de déboires où leur âme se perd, de jour en jour. En tout cas, je leur ai pardonné depuis longtemps.

Amelia est estomaquée. Comment Marlene peut-elle faire preuve d'autant de générosité, de magnanimité envers ces...?

Soudain, elle croise le regard de son aimée, ou derrière la bonté et la malice, se cache une douce ironie qui ne demande qu'à jaillir, à s'exprimer librement.

"-Parce que grâce à eux, j'ai compris que tu me rejoindrais. C'est grâce à eux que nous sommes là."

Avec la vivacité d'un elfe, elle prend la main de son aînée, qui sent son cœur battre plus que jamais. Elle est heureuse. Plus rien ne les séparera. Elles sont ensemble pour l'éternité.

Amelia entend sa cadette lui dire:

"-Un bal est organisé spécialement pour ta venue. Tu viendras, dis, Mélia?

Bien qu'elle ait détesté ce genre de manifestations sur Terre, Amelia regarde son aimée d'un air intense, et sent ses mains prendre le dessus. Elle saisit aussitôt le visage de Marlene et l'embrasse avec passion. Elle n'a qu'une envie, que ce sublime baiser dure pour l'éternité.

Tout à coup, elle sent les lèvres de son amie se détacher des siennes, et elle entend Marlene lui dire, sur le ton de la plaisanterie:

"-Mon Prince Charmant, voudriez vous m'accorder cette danse?"

Et Amelia de répondre, d'un ton légèrement sarcastique, qui lui est devenu si coutumier, en lui tendant le bras:

"-Certainement, Mademoiselle."


Alors, qu'en avez-vous pensé?

Je serai contente d'en discuter avec vous :).

A bientôt.