Sa robe lui arrive au niveau des genoux. Ses jambes tremblotent, mais sa démarche n'en reste pas moins élégante.

Telle une reine, elle s'installe sur une table devant eux. Ses cheveux longs et soyeux sont rassemblés en arrière, maintenus par une barrette, laissant entrevoir une petite parcelle de son dos.

Elle saisit délicatement une tasse, à laquelle elle ajoute deux cuillères à café de sucre. Elle goûte à peine à son breuvage, qu'elle s'empresse de la déposer sur la table, effectuant une légère grimace.

Un café ? Elle déteste la caféine. Elle trouve ça trop amère à son goût, mais apprécie son odeur. Autrefois, il s'amusait à échanger leur gobelet dès qu'elle avait la tête dans les nuages. Elle secouait toujours la tête, comme elle vient de le faire à l'instant et affichait un visage dégouté sur le contenu du récipient après avoir avalé ce liquide acerbe. À chaque fois, il avait droit à une nouvelle grimace. Il prenait un malin plaisir à l'imiter et recevait en échange des petits coups de pieds de la part de sa belle. Étant calme de nature, elle ne se fâchait pas plus de trente secondes. Malgré toutes ses tentatives, il n'avait pas réussi à lui faire apprécier ce délicieux nectar.

Il détourne son regard de la jeune femme et remarque l'absence de son épouse. Depuis combien de temps est-elle partie ? Il l'ignore. Il pousse un soupir de soulagement, lorsqu'il l'aperçoit entrer dans les toilettes des dames.

Il interpelle un serveur pendant ce temps.

- Vous m'avez appelé monsieur ?
- Oui. Pourriez-vous apporter votre meilleur thé à la jeune femme qui se trouve en face… ? Dit Naruto désignant la jeune femme du doigt.
- On lui a déjà servit un café.

Il a donc vu juste.

- Elle n'aime pas le café.
- Pourtant...
- Faites juste ce que je vous demande s'il vous plaît…
- Oui, monsieur.

Le serveur hésite quelques instants avant d'aller servir une tasse de thé à la jeune femme. Puis, devant l'air insistant de son client, il s'exécute.

Elle se retourne vers lui et le gratifie d'un sourire. Elle sort son porte-monnaie et en ressort quelques billets qu'elle tend au garçon. Ce dernier essaye de lui expliquer que l'Uzumaki a déjà payé sa commande, mais en vain. Elle s'entête à payer elle-même. Il finit par céder et accepte de prendre les billets. Il les remet à Naruto qui les lui offre en guise de pourboire. Il est vexé, il aurait souhaité lui offrir ce délicieux thé. Un sourire vient quand même illuminer son visage, en la voyant ingurgiter sa boisson.

- Naruto, je te parle, entend-il.

Le jeune homme sursaute. C'est sa femme qui vient de lui adresser la parole. Il ne l'a pas vu arriver.

- Quoi… dit-il ennuyé.
- As-tu au moins écouté ce que je viens de te dire.

- Je présume que la réponse est non, dit-elle froissée par son manque d'attention.
- Si tu veux, on reparlera plus tard.
- Et c'est quand plus tard ? Tu remets toujours tout au lendemain, pour au final ne pas en parler.
- Que veux-tu que j'y fasse ? Mon emploi du temps est trop chargé.
- Parce que le mien ne l'es pas, c'est ça !
- Faisons une chose. Tu n'as qu'à mettre par écrit ce que t'as à me dire et tu me l'envoies par mail. Je le lirais quand j'en aurais le temps. On fait comme ça, d'accord.
- Tu te fiches de moi là !
- Pas du tout. Je suis très sérieux, au contraire.
- Je ne trouve pas ça drôle du tout, Naruto !
- Si cette solution ne te convient pas tant mieux, car ça m'arrange. Ca me fera de la paperasse en moins, dit-il en se levant de sa chaise.
- Où vas-tu?
- Aux toilettes. Tu veux m'accompagner?

- Douterais-tu encore de moi mon amour, lui demande-t-il d'un ton sarcastique.
- Comment faire autrement ? Tu m'ignores en permanence.
- Je ne t'ignore pas au contraire. Si je fais tout cela, c'est pour ton bien. Je veux que tu ais un peu de temps pour toi. Je ne veux pas t'étouffer avec ma présence, ma chérie…
- Tu m'évites. Voilà ce que tu fais! Tu trouves toujours un prétexte pour ne pas sortir avec moi. Aujourd'hui, il a fallu que je te force la main, sinon tu ne m'aurais jamais amené ici. Tu passes tes nuits au bureau. Enfin c'est ce que tu prétends. Et tu veux que je te fasse confiance ? Comment ?
- En croyant en moi tout simplement, mais c'est trop te demander. Que veux-tu à la fin ?
- Que tout redevienne comme avant...

Il part sans se retourner.

Les toilettes sont inoccupées

L'homme en face de lui, lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Son visage est cerné par la fatigue. Il a les yeux rouges. Des larmes s'échappent de ses yeux. Il approche sa main de lui et se rend compte qu'il ne s'agit que de son propre reflet. Il ne se reconnaît plus. Il a l'impression d'avoir un étranger en face de lui.

Il assène un coup de poing au miroir. L'image ne disparaît pas.

Il veut que tout redevienne comme avant.

Avant quoi ?

Avant ce foutu mariage ou bien avant qu'il ne fasse cette maudite promesse. Beaucoup de personne auraient rompu leur engagement, mais pas lui. Naruto Uzumaki ne revient jamais sur une parole donnée. Naruto Uzumaki tient toujours ses promesses même si elles lui pourrissent la vie.

Lui aussi veut retrouver son bonheur d'antan.

Son reflet lui lance un regard plein de ressentiment. Il le hait ! Il hait aussi cet homme qui lui a fait promettre, sur son lit de mort, de prendre soin de sa fille et de ne pas la laisser sombrer. Il hait cette femme qui lui a demandé d'officialiser une relation inexistante avec sa fille. Et enfin, il hait ce prêtre devant qui il a juré d'aimer, d'honorer, de chérir cette femme jusqu'à ce que la mort les sépare.

Il les hait tous autant qu'il ne se hait lui-même.

Son poing s'abat une fois de plus contre son image.

Deux hommes entrent dans les toilettes. Ils rient. C'est de lui qu'ils se moquent. Son reflet les imite.

Il écrase à nouveau son poing contre lui. Il recommence, encore et encore jusqu'à ce qu'il finisse par se briser.

Les deux individus s'approchent de lui. Il les repousse et sort.

Elle n'est plus là. Sa place est occupée par quelqu'un d'autre. Il scrute la salle du regard : elle est introuvable. Il s'agit une fois de plus d'une illusion.

Sa compagne s'avance vers lui apeurée, lui saisissant la main.

- Oh mon Dieu ! Tu es blessé, s'écrie-t-elle. Comment est-ce arrivé ?

- Viens. Je vais m'occuper de ta blessure, dit-elle lui faisant signe de la suivre.
- Lâche-moi, dit-il froidement et en la repoussant violemment. Ne t'approche plus jamais de moi ! Je te hais !

Des visages sont retournés vers eux.

- Est-ce que tout va bien madame, s'inquiètent les personnes.
- Oui. Tout va bien. Mon mari est un peu sur les nerfs ces temps-ci, mais rien de grave. Ne vous inquiétez pas, les rassure-t-elle.
- Tenez. Voici ma carte. Vous pouvez venir me voir si vous sentez le besoin de parler, dit l'un d'entre eux peu convaincu.
- Merci, mais nous n'en avons pas besoin, lui répond-elle lui rendant sa carte.
- Prenez-là je vous en prie. On ne sait jamais.
- Oui.

Naruto suit sa conjointe, sans dire un mot. Elle récupère son sac à main et paie l'addition. Ils sortent du restaurant et rejoignent leur voiture.

Sakura prend sa trousse de secours et commence à nettoyer sa plaie. Elle enlève les morceaux de verre qui sont incrustés dans sa peau.

- Je suis sincèrement désolé, s'excuse-t-il.
- Comment est-ce arrivé ? Heureusement pour toi que la blessure n'est pas trop profonde, dit elle ignorant ses excuses.
- J'ai dis que j'étais désolé.
- Pourquoi ? Pour t'être conduit comme une brute épaisse? Ou bien pour avoir osé exprimer le fond de ta pensée ?!
- Les deux. Je ne pensais pas ce que je disais toute à l'heure. Je t'en prie, pardonne-moi. C'était un écart de conduite. Cela ne se reproduira plus, je te le promets.

- Tu ne dis rien.
- Que veux-tu que je te réponde. Il n'y a rien à dire.

- Je ne te reconnais plus. J'ai l'impression d'avoir un étranger en face de moi.
- J'avoue que moi non plus.
- Comment en sommes-nous arrivés là ?
- Je l'ignore.
- Un conseiller matrimonial s'impose.
- Je n'en vois pas l'intérêt. Il s'agissait juste d'un simple dérapage de ma part.
- On a besoin d'aide Naruto !
- Je t'ai dit que non ! Maintenant le sujet est clos !

Il règle ses rétroviseurs. Il l'aperçoit sur le trottoir. Les rayons de soleil éclairent son doux visage de porcelaine. Elle est rayonnante comme toujours. Nul ne peut égaler sa beauté.

Un taxi s'arrête devant elle. Elle pénètre dans la voiture qui redémarre.

Rêve ou réalité ? Il veut en avoir le cœur net.

Il met le contact. Sa femme la stoppe.

- Il serait préférable que ce soit moi qui conduise : tu es blessé…
- Je vais bien.
- Sois raisonnable, Naruto.
- J'ai dit que ça allait. Je n'ai pas besoin que tu me maternes, s'énerve-t-il.
- C'est bon. Pas la peine de t'énerver.

Naruto poursuit le véhicule en mettant une certaine distance entre eux.

Un feu rouge. Il est obligé de s'arrêter. Il ne veut pas se risquer une amande à nouveau. Le temps qu'il vire au vert, son poursuivit est déjà loin. Il arpente les rues pour l'apercevoir se garer devant un hôtel.

L'Uzumaki stationne sa voiture derrière le taxi sous le regard plein d'incompréhension de son épouse. Il quitte la voiture. Il court rattraper le taximan avant qu'il ne se mette en route.

Il enlève son pendentif.

- Bonsoir. Excusez-moi. Auriez-vous vu cette demoiselle, lui montrant la photo sur son pendentif.
- Non. Désolé.
- Pourtant, je l'ai vu entrée dans votre voiture toute à l'heure.
- Vous vous êtes surement trompé. Je n'ai eu aucune cliente aujourd'hui. Que des hommes.
- En êtes-vous certain?
- Puisque je vous le dis.
- Merci. Et désolé pour le dérangement.
- Il n'y a pas de quoi. Passez une bonne soirée.
- Merci.
- J'espère que vous retrouverez vite votre petite amie.

Naruto retourne dans sa Toyota, abattu. Il demande à Sakura de reprendre le volant, ce qu'elle fait.

Le trajet se déroule en silence.

Les Uzumaki pénètrent dans leur appartement. L'épouse s'enferme directement dans sa chambre, tandis que l'époux se dirige dans la cuisine.

Il retire une bouteille de saké dans le placard. Il ne prend pas la peine de se procurer un verre. Il boit directement dans la bouteille.

Il se fige.

Elle est là. Elle se tient debout devant lui. Ses yeux sont embués de larmes qui enlaidissent son beau visage.

Il fait un mouvement vers elle. Elle recule. Elle fixe la bouteille d'un air désapprobateur.

- Laisse-moi prendre encore une gorgée, lui supplie-t-il. Une seule.

Elle secoue la tête. Il dépose la liqueur.

- Pourquoi es-tu partie, lui demande-t-il.

- Répond-moi…
- Tu m'as abandonnée.
- Non ! Ma place n'est plus à tes côtés. Je n'ai plus aucun droit sur toi.
- C'est faux ! J'ai besoin de toi.

- Je t'aime, lui crie-t-il.
- Tu as abusé du saké. Tu ne sais plus ce que tu dis.
- Je t'aime, lui répète-t-il.
- Tu devrais aller te reposer. Ta femme t'attend dans votre chambre.
- Non ! C'est toi que je veux. Reste avec moi. Ne me laisses pas, lui supplie-t-il.

Il s'avance vers elle. Ses mains se posent sur ses joues. Elle s'évapore. Il se retrouve de nouveau seul. Encore une illusion. Une fois de plus.

Ses genoux s'écrasent violement sur le sol. Il laisse couler les larmes. Ses cris déchirent le firmament. Tout ne sera plus jamais comme avant. Il en a conscience. Si seulement, on lui redonnait une seconde chance... Si seulement…

Il se relève péniblement. Il reprend sa bouteille et la termine. Il en ressort une autre. Il titube jusque devant la chambre de sa conjointe. Il frappe à la porte. Elle ne répond pas. Elle dort surement. Il en trouve la porte et lui lance un « bonne nuit » auquel elle ne répond pas.

Des sanglots se font alors entendre. Elle pleure. Il s'approche tant bien que mal vers elle. Il dépose sa bouteille sur le sol. Il se penche sur elle et dépose un baiser sur son front. Il reste à ses côtés jusqu'à ce qu'elle s'endorme et quitte la chambre, n'oubliant pas de prendre son remède avec lui.

Il s'affale sur le canapé. Il jette un dernier coup d'œil à son pendentif avant de s'endormir à son tour.

* * * * * * *

Le taxi s'arrête devant un portail. Elle descend de la voiture. Elle paie son trajet. Elle appuie sur la sonnette et se présente. On lui ouvre l'entrée et elle rentre.

Un énorme chien à la fourrure blanche s'élance vers elle. Elle s'accroupit devant lui et lui caresse le pelage. Akamaru gémit de plaisir puis se blottit contre elle manquant de la bousculer.

Une fillette de cinq ans les rejoint. Elle est blonde aux yeux bleus. C'est le portrait craché de sa mère.

- Bonsoir tante Hina, dit-elle en sautant dans ses bras.
- Bonsoir ma chérie. Tu vas bien ?
- Oui. Maman t'attend. Elle est très inquiète.

La petite fille jette scrute les alentours.

- Tu cherches quelque chose Aiko, lui demande-t-elle.
- Setsu n'est pas avec toi.
- Non. Il est en colonie de vacance avec ses cousins.
- Où ça ?
- A Taki, au village de la cascade…
- Quand est-ce qu'il rentre ?
- Dans un mois.
- C'est beaucoup un mois. Il ne sera pas là pour mon anniversaire.

Hinata fouille dans son sac pour en ressortir un petit paquet.

- Setsu m'a dit de te le donner, lui dit-elle en la lui offrant.
- Je peux l'ouvrir ?
- Il veut que tu l'ouvres le jour de ton anniversaire. Tu pourras attendre jusque là ?
- Oui, répond elle en serrant son cadeau dans les bras.

- Hana aussi est partie avec Setsu ?
- Non. Elle est trop petite pour les suivre. Elle est chez mes parents.
- J'aurais personne avec qui jouer pendant les vacances alors, dit-elle tristement.
- Si tu veux, je pourrais convaincre ta mère de te laisser rejoindre Setsu et les autres.
- Elle ne voudra jamais. Elle dira que c'est trop loin.
- Tu lui as demandé ?
- Non.
- Si tu ne lui demande pas, tu ne connaitras jamais sa réponse.

Madame Inuzuka s'affaire dans la cuisine. La Hyuga avance à pas de loup vers son amie. Elle pose sa main sur son épaule. Elle sursaute.

- Tu m'as fait une de ses peurs.
- Désolé. Comment ça va ?
- Bien et toi ?
- Ca va.
- Tu en as mis du temps.
- Désolée. J'ai été retenue par mes parents. J'en ai profité pour leur confier la garde de Hana. Ensuite, j'ai voulu faire quelques courses pour ce soir, mais la pluie m'a surprise en chemin. J'ai du m'abriter dans le restaurant Ichiraku. Et devine qui j'ai rencontré.
- Qui ? Naruto, je présume !
- En personne. Il était avec Sakura.
- Ça t'a fait quoi de les revoir.
- Je ne sais pas. Je ne veux plus en reparler. C'est du passé maintenant.
- Oui, tu as raison. N'en parlons plus.

- Aides-moi à dresser la table. Les filles seront là dans moins d'une minute, dit-elle en lui tendant les couverts.
- Maman je peux aller rejoindre Setsu en colonie de vacance à Taki.
- C'est trop loin ma chérie. Tu iras quand tu seras plus grande.
- Qu'est-ce que je t'avais dis. Elle ne voudra jamais.
- Laisses-là y aller. Sasuke est avec les petits. Il ne lui arrivera rien.
- Si tu disais ça pour me convaincre ma chérie, alors c'est raté. Ton mari n'a aucun tact avec les enfants. C'est un véritable glaçon.
- Tu n'exagères pas un peu Ino. Setsu et Hana l'adorent.
- C'est tout à fait normal. C'est leur père.
- Quoi de mieux qu'un parent pour s'occuper d'une ribambelle d'enfants. Réfléchis-y. Tu pourrais avoir du temps pour toi. Tu n'arrêtes pas de te plaindre que Kiba et toi n'avez plus du temps à vous consacrer. Ce serait l'occasion rêvé.
- Je vais y réfléchir.

Aiko la remercie pour son intervention. Elle monte dans sa chambre et les laisse entre adultes.

Ino finit de mettre les couverts lorsque la porte sonne.

Elle fait entrer les invitées. Temari et Tenten lui sautent au cou en guise de salutation. Elles les aident à se débarrasser de leur paquetage.

- Vous êtes enfin là les filles. On attendait plus que vous. On va pouvoir passer à table, dit la maitresse de maison en les embrassant. La journée n'a pas été éprouvante.
- Oh non ! J'ai dormi comme un loir toute l'après-midi. Merci la pluie. Sinon de quoi étiez-vous entrain de parler avant qu'on arrive.
- Figure-toi ma chère Tenten que j'ai proposé à notre amie ici présente d'envoyer ma filleule rejoindre nos fils à Taki, mais elle refuse. Pourtant elle n'arrête pas de se plaindre au téléphone à chaque fois qu'elle m'appelle que Kiba et elle ne passe pas beaucoup de temps en amoureux.
- Je n'ai pas dit non. J'ai dis que j'allais y réfléchir.
- Ne cogite pas longtemps alors, car moi j'envoie les miens après-demain. Ça me fera des vacances. Aiko pourra partir avec eux.
- A t'entendre parler Temari, on dirait que tu veux te débarrasser d'eux. Tu fais tant confiance à Sasuke.
- Bien sur. Je compte sur son caractère glacial pour bien les dompter. Peut-être qu'à leur retour, ils seront moins fainéants, car je doute que Sasuke les laissera faire la sieste toute la journée. Un Shikamaru ça va, mais trois non merci. Sans ma petite Emi pour m'aider, il y a longtemps que je serais entrée à l'asile.
- Ne dis pas de bêtise. Yûki et Kaoru ne sont pas aussi fainéant que ça, renchérit Hinata
- Ce n'est pas toi qui es obligée de les supporter tous les jours.
- Pourquoi tu ne laisse pas ta fille y aller. Le village de Taki est connu pour avoir de belles cascades. Elle pourra bien s'amuser, dit Tenten. C'est quoi le problème ?
- Le problème c'est Sasuke.
- Je ne vois pas en quoi il poserait un problème. L'année dernière, mes fils sont partis en colonie de vacance avec lui et ils en sont revenus indemnes. Cette année, ces eux qui m'ont supplié pour les laisser y aller alors que la fois d'avant, je les avais un peu forcé.
- Surement parce que Sasuke leur fait penser à Neji. Ils sont habitués à côtoyer des glaçons.
- C'est drôle que tu dises ça maintenant, Ino. Tu ne le trouvais pas si froid quand vous sortiez ensemble. Tu t'extasiais carrément devant lui. Sasuke-kun par ci, Sasuke-kun par là, se moque Hinata.
- Ca remonte au lycée, tout ça. A l'époque, je n'étais qu'une adolescente sans cervelle.
- En parlant de garçons. J'ai rencontré les Uzumaki tout à l'heure. J'ai leur ai proposé mon aide en tant que mère porteuse.

Les filles cessent toute activité et la fixent interloquées. Un silence de mort règne dans la salle à manger.

- Si c'est une blague que tu nous fais, alors elle est de très mauvais goût, dit Temari brisant ainsi le silence.
- Je suis très sérieuse les filles. On a rendez-vous demain.
- Désolée, mais je ne peux pas te croire. S'indigne Ino
- Pourtant c'est la vérité.
- C'est impossible. C'est de la pure folie ! Tu as pensé aux conséquences. Renchérit Tenten
- Je ne vois pas quel mal y a-t-il à ça. Je vais juste porter leur enfant pendant neuf mois c'est tout. Je croyais que je pourrais compter sur vous.
- Tu as toute notre soutien ma chérie, mais là c'est trop demandé. Tu aurais proposé ton aide à des étrangers, on t'aurait suivis mais à c'est deux là… Souffle Temari
- J'ai assisté plusieurs femmes durant leur grossesse. Parmi elles, beaucoup ont eu recours à des procréations médicalement assistés. Ces méthodes ne sont pas sûres à cent pour cent. Les risques de fausses couches et de naissances multiples sont assez élevés. Toi aussi, tu y auras droit. A moins que tu ne veuilles procréer naturellement. Explique Ino
- Ne dis pas de bêtises Ino. Tu sais très bien que je ne ferais jamais une chose pareille.
- Tu as encore du temps pour y réfléchir ? Demande Temari
- Je leur ai déjà dit oui. Vous savez très bien que je ne reviens jamais sur une parole donnée.
- Tu devrais penser à changer de devise. Ce que tu vas faire est très risqué. L'avertit Temari
- Vous ne me ferais pas changé d'avis.

- Je pourrais compter sur toi pour m'assister durant ma grossesse, comme tu l'as fait avant.
- Je ne sais pas. C'est beaucoup trop risqué, dit Ino
- J'ai confiance en toi.
- Sasuke est-il au courant ?
- Non.
- Sache ma chère que le consentement écrit de ton mari est obligatoire. Je doute que Sasuke te le donne. Intervient Tenten
- Pourquoi ne me le donnerait-t-il pas ? Sasuke me fait entièrement confiance.
- A supposer qu'il te le donne, pour quelle raison ferais-tu ça, demande Temari
- C'est personnelle.
- Ne me dis pas que tu as encore des sentiments pour Naruto.
- Désolé de te décevoir, mais je ne ressens plus rien pour lui. Naruto fait partit des vestiges de mon passé. Sasuke est mon présent.
- Tu admets enfin ton amour pour lui, dit Tenten
- Je n'admets rien du tout. Sasuke et moi sommes de simples amis. Il n'y a absolument rien entre nous.
- C'est ça ? Des amis qui auraient donné naissance à une charmante petite fille. Sourit mielleusement Ino
- On avait abusé du saké ce jour là. Tu le sais très bien.
- Tu aurais pu avorter, mais tu ne l'as pas fais, pourquoi ?
- Pour pouvoir le regretter ensuite, non merci. Mes enfants sont ma plus grande fierté.
- Serais-tu capable de leur donner cet enfant que tu auras porté durant neuf mois dans ton ventre, reprend Temari.
- Ce sera le leur, pas le mien.
- N'y a-t-il rien qu'on puisse faire ou dire pour te dissuader de commettre cette folie.
- Non. Ma décision est prise.

- Vous ne savez pas le meilleur !
- Et c'est quoi ? Dis-le nous. S'exclament Tenten
- Ils veulent que je vive avec eux tout le long de ma grossesse.
- Il ne pouvait pas y avoir pire.
- Sasuke ne sera jamais d'accord.
- Détrompes-toi. Itachi et ma mère nous ont proposé de faire une sorte de break d'un an. D'après eux, la distance nous aidera à nous rendre compte de nos sentiments. Ils s'entêtent à croire qu'il y a une histoire d'amour entre son frère et moi. Je suis libérée de tout contrat de mariage durant une année. Sasuke n'aura aucun droit sur moi, ni moi sur lui durant toute cette période.
- Et vous avez accepté ?
- Bien sûr. Une proposition pareille ne se refuse pas, d'autant plus qu'on a droit à une promotion et qu'ils se proposent de gérer toutes nos dépenses durant ce laps de temps. Comment refuser ?
- Que vas-tu faire de Hana, demande Tenten.
- Comment ça ? Elle sera avec moi.
- C'est hors de question. Hana vivra avec nous dans le manoir. Tu viendras la voir dès qu'il t'en prendra l'envie. Tu ne la récupéreras qu'à la fin de cette mascarade.
- C'est ma fille ! Je l'amène avec moi.
- Tenten a raison. Tu ne dois pas la mêler à ça. Elle est encore trop jeune. Tu pourras la voir tous les jours. Naruto ne va pas t'enfermer à double tour. S'acharne Ino
- D'accord.
- J'espère que tu recouvriras bientôt la raison. On ne veut plus te voir souffrir. Souffle Temari
- Je sais.

- Trêve de bavardage. Passons au dessert, dit Ino pour détendre l'atmosphère.

Le reste de diner s'est déroulé dans la joie et la bonne entente. Ino a été félicité pour ses talents culinaires. Ses amies ont même réussi à la convaincre d'envoyer sa fille à Taki.

Au moment de se quitter, elles avaient encore tenté de dissuader Hinata de sa décision. Mais la jeune femme était restée sur ses positions. Sa décision est prise et elle est irrévocable.

Ses amies furent déçues, mais avaient promis de la soutenir pendant toute sa grossesse.

Hinata rentra dans son manoir, en compagnie de Tenten, après avoir raccompagné Temari.

Tenten rejoint ses quartiers après avoir souhaitée une bonne soirée à sa belle-sœur.

Hinata gagne ensuite sa chambre. Sa mère et sa fille sont en train de dormir sur son lit. Elle s'allonge aux côtés de sa mère et la sert fort dans ses bras.

- Tu es rentrée.
- Est-ce qu'elle a été sage.
- Oui. Elle n'est pas ma petite-fille préférée pour rien.
- C'est la seule de tes petits-enfants à être une fille.
- N'empêche. C'est quand même elle ma préférée.
- Mère...
- Quelque chose te tracasse ?
- Non. Vous m'avez manqué.
- Tu devrais venir plus souvent à Konoha, pas uniquement pour les fêtes.

- Tu l'as vu n'est-ce pas ? C'est ce qui te met dans cet état.
- De qui tu parles ?
- Ne joue pas à l'ignorante. Je parle du fils de Minato. L'as-tu vu ?
- Oui. Comment le sais-tu ?
- Dois-je te rappelais que je suis ta mère…
- Il cherche une mère porteuse. Je me suis proposée…
- Tu es une adulte à présent. Tes décisions t'appartiennent. Je te conseillerais simplement de ne pas faire de bêtise qui pourrait nuire à ton mariage. Sache que je serais toujours avec toi, quoique tu fasses.
- Merci, mère.
- Dors maintenant…

* * *

Les rayons de soleil lui chatouillent le visage. Il fixe sa montre. Huit heures demi. Ses yeux sont rivés sur le plafond. Il fixe de nouveau sa montre. Neuf heures. Il abandonne alors son fauteuil.

Une forte odeur d'alcool empeste dans le salon. Il baisse la tête et se rappelle qu'il a renversé lui-même le contenu de sa bouteille sur le sol. Il part aux toilettes et revient avec une serpillère pour nettoyer ses dégâts.

Il jette un coup d'œil à leur chambre. Elle n'est pas encore réveillée.

Il s'enferme dans la salle de bain. Il en sort une demi-heure plus tard, après avoir pris une bonne douche froide.

Elle n'est toujours pas réveillée.

Il entre discrètement dans la chambre. Il ouvre le placard et en retire un pantalon orange et une chemise, tout en faisant attention à ne pas la déranger dans son sommeil. Il se change rapidement puis, se dirige dans la cuisine.

Il met la cafetière en route et prépare des crêpes pour le petit-déjeuner. Quand il a fini, il part la réveiller.

Aucun mot n'ait échangé durant le repas. Lorsque leurs yeux se croisent, ils les détournent rapidement.

- Tu m'en veux encore, lui demande-t-il

- Combien de fois devrais-je m'excuser, pour qu'enfin tu acceptes mes excuses.
- Tes excuses n'effaceront en rien ton comportement de la veille.

Il quitte la table et commence à la débarrasser. Sakura lui propose son aide, mais il refuse. Il met les couverts dans le lave-vaisselle. Elle se faufile derrière lui et l'enlace dans ses bras.

- Je t'aime, lui murmure-t-elle à l'oreille.
- Je sais.
- On a rendez-vous avec Hyuga-san toute à l'heure.
-vLequel ?
- Ne me dit pas que tu as déjà oublié. Hinata veut porter notre enfant. On a rendez-vous avec elle à « Ichiraku-Ramen », à dix-sept heures. Ne soit pas en retard, dit-elle

Elle lui donne un rapide baisé, puis s'éclipse.

- Hinata... Je n'ai pas rêvé. C'était donc bien toi hier…

Naruto se sentit pâlir, revoir Hinata l'avait bouleversé, il confondait réel et imaginaire. Comme un rêve, une prière, une demande, une requête… Un espoir de l'apercevoir quelques secondes, enfin.