Elle est à Konoha en ce moment-même ! Elle est enfin de retour ! Depuis quand exactement ? Il l'ignore. L'informer de sa venue ne lui a pas parue nécessaire. Peu lui importe, la réponse. Une nouvelle chance de tout recommencer s'offre à lui. Il doit tout faire pour la saisir.

Ses yeux se posent sur le cadran de sa montre : il est dix heures passés de quatorze minutes.

Son épouse s'affaire dans leur chambre. Il la rejoint pour passer le temps. Adossé contre la porte, il l'observe enfiler son tee-shirt. Elle semble ne pas avoir remarqué sa présence. Il l'interpelle. Leurs yeux s'entrecroisent pendant un laps de temps, mais elle ne se préoccupe pas de lui pour autant. Est-elle toujours fâchée ? Il ne saurait le dire. Cela fait sept ans qu'il partage sa misérable vie avec cette femme. Malgré toutes ces années de vie commune, il n'a jamais su déchiffrer ses émotions. La jeune femme a su garder un visage passible depuis leur union, ne reflétant ses sentiments que très rarement.

Elle fouille les tiroirs.

- Tu n'aurais pas vu les clés de ma voiture par hasard, lui demande Sakura rivant finalement ses yeux sur lui.

- Elles sont sur la commode, lui répond-il.

- Elles n'y sont pas !

- Dans le salon, pas dans la chambre. Elles sont justes à côté de la télécommande.

- Merci.

- A propos d'hier ... De quoi voulais-tu me parler ?

- On en discutera tout à l'heure : un de mes patients vient de faire une rechute. Il faut l'opérer d'urgence.

- Comment fait-on pour cette après-midi ? Est-ce que tu comptes être présente au rendez-vous ?

- Je ne sais pas. Il y des choses plus important que ça !

- Parce que pour toi être mère n'est pas important, s'emporte-t-il.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, soupire-t-elle.

- Seras-tu présente, oui ou non ? Je ne te demande rien de plus. Tout ce que je veux savoir, c'est si l'on doit t'attendre ou pas.

- J'y serais, mais sans doute en retard.

- Aucun problème... Nous t'attendrons.

- …

- …

- Pour hier...

- Oui.

- T'es tout pardonné. On commet tous des erreurs. J'espère seulement que cela ne se reproduira plus.

- Je te le promets.

- Je t'aime mon amour, lui dit sa femme l'embrassant tendrement.

- Je sais.

- Moi aussi, je t'aime.

- Quoi ?

- La bonne réponse n'est pas : je sais, mais moi aussi, je t'aime.

- …

- Allez dis-le. Ce n'est pas si compliqué à dire. Quand même !

Il la fixe sans pour autant la voir. Elle espère surement une réponse de sa part, mais il ne peut malheureusement la lui donner. Ce serait lui mentir que de lui avouer des sentiments qui ne sont les siens. Kami seul sait à quel point il hait que l'on se joue des sentiments d'autrui.

Aux yeux de tous, elle est son épouse, mais il ne la considère pas comme telle. Alors que tous les hommes s'empressent de finir leur besogne pour aller chercher du réconfort auprès de leur compagne, lui au contraire fuie la sienne. Il ne voit en elle qu'une simple amie, que les circonstances ont finit par séparer bien qu'il partage le même toit ainsi que le même nom.

Il en vient parfois même à envier ses amis. Contrairement à lui, ils sont épanouis dans leur vie de couple et ont même réussit à fonder leur propre famille.

Comment répondre à ses sentiments ? C'est tout bonnement impossible.

- Tu devrais y aller. Ton patient a besoin de toi, lui suggère-t-il simplement.

- Tu a raison. On se retrouve toute à l'heure, lance son amie visiblement déçue, prenant ses clés au passage.

Il la suit des yeux. La porte se referme derrière elle. L'appartement se retrouve tout d'un coup plongé dans le silence le pus total. Lui qui comptait sur la présence de son amie pour tuer le temps, est à présent seul.

Il arpente la maison à la recherche d'une occupation, mais en vain. Les programmes télévisés sont inintéressants et l'habitation est bien ordonnée pour son plus grand malheur.

Il s'affale à contrecœur, sur son canapé et contemple le plafond. L'ennuie le gagne rapidement et il finit par s'endormir.

Son téléphone sonne. Il se réveille brusquement et manque de se cogner la tête contre le tabouret. D'un mouvement lent, il quitte son lit douillé et récupère son appareil téléphonique déposé sur la commode.

Il est douze heures tapant. Le temps se joue de lui.

Il consulte sa boîte vocale et ne peut s'empêcher de pousser un juron : son chef d'équipe vient de lui envoyer une vidéo par mail qu'il doit visionner et lui faire un rapport détailler en fin de soirée, alors qu'il sait pertinemment qu'il est en plein congé. Satané Shikamaru ! Pourquoi a-t-il fallu que ce fainéant vienne gâcher sa journée ? N'aurait-il pas pu choisir un autre jour ?

Il maudit son chef de section durant une bonne dizaine de minutes avant de s'occuper de sa nouvelle tâche.

Par chance, la vidéo ne dure qu'une demi-heure. L'analyse ne durera pas plus de deux heures, si son estimation est bonne.

Il fait défiler les images en boucles. A chaque nouvelle lecture, il reste sceptique. Il est conscient que sa capacité d'analyse est loin d'égaler celle de son supérieur, mais là il sèche complètement. Soit Shikamaru lui a envoyé la mauvaise bande, soit c'est lui-même qui est à la traîne. La première possibilité est quasiment improbable : son chef est quelqu'un de très minutieux, n'aimant pas accomplir son travail à moitié malgré sa légendaire paresse.

Après relecture de leur rapport, ce dernier leur répète souvent qu'il ne faut négliger aucun détail aussi futile soit-il.

Sauf que là, il n'y a rien d'intéressant. La scène se déroule dans le couloir d'un hôtel, si on peut nommer cela ainsi puisqu'il ne se passe rien du tout qui puisse l'aiguiller. Un couple rentre dans leur chambre pour ne plus en ressortir. Pendant les neuf minutes qui suivent, le corridor est désert. Un serveur leur rapporte à manger et part sans demander son reste.

Quelques minutes plus tard, soit cinq minutes toute au plus, un autre couple fait son entrée sur la scène. La paire est un peu inhabituelle. L'homme donne l'impression d'avoir trois fois l'âge de son amante. La première fois qu'ils les a vus sur l'image, il a pensé qu'il s'agit d'un père et sa fille. Il ne s'est pas imaginé un seul instant que ces deux là puissent partager une autre relation. Il se doute bien que le Nara n'enquête pas sur eux : la jeune femme est majeure. Aucun risque de détournement de mineur. S'il ne se trompe pas, elle a vingt ou vingt et un an tout au plus. Brune aux yeux bleus, la jeune femme est bien faite : le fantasme de tout homme. Son compagnon est âgé de la cinquantaine. Chauve, yeux marron et enrobé, un tatouage en forme d'étoile au bas du cou, il se demande ce que peut penser cette jeune femme pour le fréquenter. Les femmes resteront à jamais un mystère pour lui.

Il détaille le bonhomme. Son visage ne lui est pas étranger. Il fouille la base de donner de la police, à la recherche d'une quelconque information pouvant l'éclairer mais ne trouve rien : son casier est vierge.

Il a beau fouiller dans sa mémoire, il ne trouve aucune trace de cet homme. Il ne fait pas parti de son entourage. Pourquoi lui semble-t-il donc si familier ?

Il appelle Shikamaru. Celui-ci ne répond qu'au bout de cinquième appel. Il ne s'en étonne guère.

- Galère ! Qu'est-ce-que tu me veux, entend-il au bout du fil.

- Je vais bien. Merci de t'en soucier.

- …

- C'est quoi cette vidéo que tu m'as foutue ?

- Galère ! Tu veux parler de ça ! Elle n'a aucun rapport avec l'enquête en cours, dit-il mine de rien.

- Tu n'aurais pas pu me le dire plus tôt ! Tu viens de me faire perdre un temps précieux.

- Poisson d'avril, prononce son capitaine entre deux bâillements.

- Tu te fiches de moi ! Nous ne sommes pas en avril, je te signal !

- Pourtant, j'aurais cru que c'était le cas : la femme Galère m'a préparé du poisson pour le déjeuner.

- Très drôle. Je me tords de rire, dit-il sarcastiquement.

- Ne t'énerves pas pour si peu. C'était juste une blague.

- De mauvais goût, complète Naruto.

- Je croyais que tu t'en serais rendu compte par toi-même.

- Je ne pouvais pas me douter que le plus talentueux des inspecteurs pouvait commettre une erreur, dit-il ironiquement.

- Je ne me souviens pas avoir dit que je m'étais trompé de bande. J'ai juste dit qu'elle n'ait d'aucune utilité pour l'affaire.

- A quoi va-t-elle te servir ?

- A égayer ta vie.

- Tu as décidé de gâcher ma journée ou quoi ?

- …

- Elle est rentrée.

- Qui ?

- Hinata.

- …

- Tu étais au courant n'est-ce-pas ?

- …

- Tu ne dis rien. J'ai donc vu juste. Où était-elle durant toutes ces années ?

-…

- Depuis quand est-elle ici ?

- Pourquoi ne lui poserais-tu pas la question directement ?

- Je ne saurais quoi lui dire.

- T'excuser serait la moindre des choses, mais cela n'effacera en aucun cas tout le mal que tu lui as fait endurer.

- J'en suis conscient, cependant mon cœur me dit qu'elle m'a pardonné sinon elle ne m'aurait jamais proposé son aide.

- Pardonner et oublier sont deux notions différentes, lui dit son ami.

- Je sais, lui dit-il avant de raccrocher.

Il range ses affaires.

Sa montre indique seize heures. Son impatience a eu raison de lui. Il quitte le domicile conjugal, faisant abstraction des gargouillis de son estomac.

Elle s'étonne de voir son cousin si détendu dans cet embouteillage. En tant normal, il serait parmi les premiers à actionner son klaxon. Elle se penche vers lui et pose le dos de sa main sur son front. Il hausse les sourcils interrogateurs.

-Qu'est-ce-qui te prend, lui demande-t-il.

- Je m'assure que tu vas bien. C'est si rare de te voir si décontracté quand tu es dans les bouchons.

- Je profite du paysage.

- …

- Qu'as-tu prévu pour tes vacances ?

- …

- Ne me dis pas que tu avais déjà envisagé de tomber enceinte durant tes jours de repos, ironise Neji.

- Quel mal y'a-t-il à cela ? Je ne fais que rendre l'appareil aux Uzumaki. Tu me connais, je n'aime pas avoir des dettes envers les gens.

- En quoi leur ais-tu redevable ? Ces gens là ont fait de ta vie un enfer ! Aurais-tu la mémoire courte ?

- Tu ne peux pas comprendre, grand-frère.

- Eclaire-moi dans ce cas !

- Même si j'y passais toute la journée, je ne pourrais te l'expliquer.

- Me prendrais-tu pour un sot Hinata ! Qu'est-ce-que je ne peux pas comprendre ! Que ma petite sœur a l'intention de ruiner son propre mariage ! Je croyais que tu étais heureuse avec ton mari !

- C'est toujours le cas !

- Alors pourquoi ?

- Je te le répète, tu ne peux pas comprendre.

- Bon sang Hinata ! Tu n'aurais pas pu trouver meilleur occupation ! Cuisiner pour les autres n'est pas un fardeau pour toi, tu y prends même du plaisir. Choji ne verra aucun un inconvénient à t'engager dans son restaurant, en plus ta cuisine est excellente…

- Je croyais que tu trouvais ma cuisine infecte, dit-elle histoire de détendre l'atmosphère. Tu te rappelle …

- N'essaye pas de changer de sujet, tonne son cousin.

- Tu as toujours préféré la cuisine de mère à la mienne, continue t'elle mine de rien. Lorsque c'était …

- Qu'est-ce que cela rapporteras de faire une telle chose ?

- La satisfaction d'avoir pu aidé des amis chers à mon cœur.

- Des amis ?

- Oui. Naruto m'a toujours soutenue dans les moments difficiles, alors que ma propre famille me tournait le dos. C'est aussi grâce à lui que nos relations se sont améliorées. En épousant Sakura, il a fait de moi la femme forte que je suis aujourd'hui. Je ne suis plus la petite fille naïve que j'étais auparavant. Pour cela, je les en remercie.

- En acceptant de devenir leur poule pondeuse.

- Oui.

- Quitte à mettre en péril ton couple.

- Sasuke me fait confiance.

- Jusqu'à présent, tu n'as jamais ignoré mes conseils. J'ose espérer que ce sera toujours le cas.

- Grand-frère je te l'ai déjà dit…

- Laisse-moi parler Hina.

- …

- Mets-toi pour une fois à la place de ton époux : penses-tu qu'il serait content d'apprendre que sa femme ait décidé de porter le rejeton de son ex-fiancé, qui puisait son premier amour, et de vivre chez lui jusqu'au terme de sa grossesse. Vous dîtes vous-même qu'on ne peut oublier son premier amour, surtout s'il était sincère.

- Les sentiments et les souvenirs que nous avons partagés Uzumaki-san et moi, sont à présent morts et enterrer. Cet homme ne représente plus rien pour moi.

- Il en faut peu pour raviver nos souvenirs et nos sentiments.

- Cela n'arrivera jamais.

- Je veux bien te croire. Ce serait stupide de réduire à néant sept années de mariage en moins de neuf mois.

- Sasuke me fait confiance.

- Je présume que tu ne lui en as pas parlé.

- Je comptais le faire ce soir.

- Je me disais…

- Oui.

- En fait non. Ce n'est pas une bonne idée.

- Dit quand même. Cela ne te ressemble pas de chercher tes mots.

- Naruto est contre l'idée de l'adoption et souhaiterait un enfant de son sang. C'est bien cela ?

-Oui, mais je ne vois pas ou tu veux en venir.

- Ne serait-ce pas plus simple, si Naruto apprenait l'existence de …

- Jamais ! Tu entends! Jamais ! Tant que je serais de ce monde Uzumaki ne connaitra jamais son fils !

- Pourquoi pas ? Si cela peut t'éviter de prendre des risques inutiles. De plus, Setsu est son fils, non ! Quel mal y'a-t-il à ce qu'il soit mis au courant ?

- Je ne veux pas qu'il me l'enlève : mes enfants sont toute ma vie. Si je venais à les perdre, j'en mourrais.

- Les yeux bleus ne sont pas très fréquents chez les Hyûga et les Uchiwa. Tôt ou tard, ton fils connaitra la vérité. Attends-toi à ce qu'il te pose des questions.

- Son père est mort dans un accident de voiture.

- Ta réponse est toute aussi radicale que cruelle.

- Setsu est le fils de Sasuke Uchiwa. Setsu Uchiwa est son nom !

- C'est bon à savoir. Tu me pardonneras, mais si je fais cela c'est uniquement pour ton bien.

- Que vas-tu faire ?

- Tu verras par toi, même.

- Quand cesseras-tu de vouloir me protéger ? Je suis adulte Neji.

- La réponse est évidente. Je te protégerais jusqu'à mon dernier souffle. C'est à cela que sert les grand-frère.

- Je te déteste.

- Tu m'envoie ravi. Cela prouve que je mène à bien ma mission. Maintenant descend et allons rejoindre les Uzumaki. Ce serait très impoli de notre part que de les faire patienter une seconde de plus quoique…

Les clients entrent et ressortent de la salle, et aucune trace d'elle à l'horizon. Il s'inquiète : s'il y'a bien une chose qu'elle déteste c'est faire attendre les choses.

Il entreprend de la contacter sur cellulaire mais il se rend vite compte qu'elle n'a aucun moyen de la joindre.

Sa compagne dépose violemment son verre sur la table. La jeune femme s'empare de son sac et s'apprête à partir mais se rassoit au dernier moment.

- Je vois que Madame s'est faite escorté par son fidèle garde du corps. Il ne manquerait plus de voir apparaître Kiba derrière eux, remarque t'elle ; à moins que ce ne soit cette fillette qui ne le remplace.

Il scrute la pièce et l'aperçoit enfin. Une petite fille blottie dans ses bras et son cousin à sa droite, elle semble le chercher. Ses yeux couleurs lavande, légèrement soulignés d'un khôl, arpentent la salle. Il agite ses mains pour attirer son attention. Son frère de cœur remarque son manège et lui lance un regard empli de mépris. Il cesse aussitôt sa manœuvre.

Neji saisie l'épaule de sa cousine et lui fait signe de partir. Il aurait du s'en douter : le jeune homme ne lui permettrait jamais de l'approcher. Quel genre de frère serait-il s'il ne peut protéger sa petite sœur du grand méchant loup ?

Il pousse un soupir. Elle a de la chance de l'avoir à ses côtés : sa dernière rencontre avec son meilleur ami et frère de cœur remonte à cinq mois. Sasuke a quitté Konoha dix années plus tôt pour retrouver son frère aîné, tous deux séparés à la mort de leur parent. Dans ses lettres, Itachi lui avait dit qu'il avait monté une entreprise à Kiri grâce à l'héritage laissé par leur parent et qu'il pourrait le rejoindre à tout moment. Le jeune Uchiwa qui espérait cette invitation depuis bien longtemps, ne s'était pas fait prié. Il s'est installé chez son frère et s'est marié par la suite avec une Hyuga trois années plus tard. Cette nouvelle l'avait quelque peu étonné : son ami éprouvait un total mépris pour la gente féminine qui ne s'intéressait qu'à son physique et non à sa personne. Sasuke enchainait les conquêtes d'un soir les une à la suite les autres. Ses plus longues relations furent avec Ino Inuzuka et Sakura. Trois mois avec la première et cinq mois avec la dernière. Il était surpris par cette nouvelle et à la fois heureux que son ami ait trouvé chaussure à son pied. Il n'a malheureusement pu assister à son mariage et n'a non plus eu la chance de rencontrer l'épouse et la mère des enfants de son ami. Cette dernière est toujours en constante déplacement. Lors de leur dernier appel téléphonique, l'Uchiwa lui a informé qu'il se rendait à Taki avec son fils aîné et que sa compagne quant à elle serait à Konoha avec leur cadette, pour rendre visite à sa famille. Avec un peu de chance, il pourrait la rencontré. Il lui avait aussitôt rétorqué qu'il n'avait aucune image d'elle, qu'il ne saurait la reconnaitre. Il n'avait qu'à être présent pour son mariage, lui avait répondu son ami. Il ne s'imaginait pas non plus faire irruption dans le clan Hyuga et demandait à toutes les femmes de cette famille qui parmi elle avait mis le grappin sur son meilleur ami. Si autrefois, il était le bienvenu dans cette grande famille, ce n'est plus le cas à présent. Sasuke avait fini par lui avouer que sa femme, étant très proche de Hinata, elle ne souhaitait pas le rencontrer. Cette dernière ne lui avait, comme la plupart des membres de sa famille, pardonné d'avoir brisé leur héritière. Il n'avait rien pu ajouter si ce n'est qu'il comprenait son épouse et qu'il ne pouvait lui en vouloir. Comment le pourrait-il d'ailleurs ? Il n'avait que ce qu'il mérite.

Il ne prête aucune attention à sa compagne. Il reporte son attention sur les Hyuaga. Ces derniers sont sur le point de franchir la porte. Il se lève brusquement et interpelle Hinata. A l'entente de sa voix, elle se retourne et l'aperçoit enfin. Cela n'enchante visiblement pas son cousin qui affiche un visage exaspéré.

- Je me demande comment peut-elle supporter cela. A sa place, j'aurai déjà piqué une crise.

- Pourquoi ne pas le lui expliquer directement, intervient Hinata.

- Hyuga-san, c'est vous ? Je ne vous ai pas vu arrivé, s'étonne Sakura.

- Je m'excuse pour ce léger retard. J'ai du me coltiner ces deux là.

- J'ai remarqué cela. Prenez donc une chaise.

- Merci.

- La petite ne vous dérange pas.

- Non. Enfin un petit peu tout de même.

- Je peux la prendre, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.

- Non, merci ça ira. Veuillez m'excusez. Je reviens dans un instant.

- Non, non. Prenez tout votre temps, répond sa femme dans un rictus qui en dit long.

Il n'a prononcé aucun mot durant l'échange. Vouvoyer Hinata et la traiter en parfaite étranger s'avère difficile.

Il la suit du regard. La fillette dans ses bras, elle discute avec un serveur. Ce dernier prend congé de la jeune femme et revient quelques secondes plus tard accompagné de la vielle Teuchi. Après quelques échanges avec la dame, Hinata lui confie la petite fille et les rejoint.

- Encore une fois, excusez-moi, dit-elle en se rasseyant.

- Ce n'est pas grave.

- Hyuga-san, merci d'être venu, parvient-il à articuler. J'ai cru que tu, enfin que vous aviez changé d'avis.

- Vous n'avez pas à me remercier Uzumaki-san. Je suis ravie de pouvoir vous venir en aide.

- Cela ne sera malheureusement pas possible, intervient Sakura.

- Comment cela, s'exclame t'il.

- Tu veux bien me laisser parler Naruto.

-…

- Je sais à quel point cela a du être douloureux pour vous, mais ayant eu une fausse couche auparavant, vous ne pourrez pas être mère porteuse…

- Pourquoi ne pas l'avoir dit plutôt, au lieu de nous faire faire tout ce trajet pour rien ! S'emporte Neji

- Personne ne t'a obligé à m'accompagner grand-frère, lui fait remarquer sa cousine.

- Es-tu certaine de ce que tu avances, demande Naruto.

- Oui. On ne devient pas mère porteuse du jour au lendemain. Il y'a certaines exigences à remplir et l'une d'entre elles est d'avoir mené au moins une grossesse à terme sans aucune difficulté.

- On y va Hinata. Tu as entendu tout comme moi ce qu'elle vient de dire. Tu ne peux pas les aidé, heureusement ! Dit-il l'air arrogant

- Supposons que j'ai eu deux enfants après cette fausse couche…

- Dans ce cas là, cela pourra être possible.

- Le problème est donc réglé alors.

- Vous avez des enfants, demande Naruto.

- C'est ce qu'elle vient de dire. Elle a deux enfants, lui répond Neji.

- Il nous faudra aussi le consentement de votre mari, écrit et signé…

- Je comprends, mais il y'a un hic : mon mari et moi ne vivons pas ensemble…

- Je reviens, Réplique Naruto, quittant brusquement sa chaise.

Tel un robot, il avance vers le comptoir. Il s'assoit sur un tabouret et se met à marteler la table. Un serveur se présente à lui, exaspéré. Il commande un verre de sake que ce dernier s'empresse de lui servir.

Il l'observe discuter avec son épouse.

Des enfants, un mari a-t-elle dit ? Et puis quoi encore ? Un palais royal. Elle ment ! Il en ait convaincu. Ne lui a-t-elle pas dit que son bonheur se trouve à ses côtés ? Comment dans ce cas là peut-elle avoir des enfants surtout avec un autre ?

Des enfants, ils en avaient toujours rêvé. Après cet événement tragique, elle avait perdu tout espoir de donner un jour la vie.

Après avoir enchaîné les verres, les un à la suite des autres, il rejoint ses convives. Il se rassoit aux côtés de sa femme. Cette dernière l'observe inquiète. Elle le somme de la suivre. Il l'ignore. Exaspérée, Sakura lui tire le bras et le force à l'accompagner à la sortie. Son épouse s'assure que personne ne les observe et le fixe sévèrement.

- Tu n'as pas pu t'empêcher n'est-ce-pas ? Comment peux-tu te souler à un moment pareil, tonne-t-elle.

- Tu es très perspicace. Cela ne m'étonne pas venant de toi.

- Arrête ton sarcasme Naruto ! Cela ne m'amuse pas.

- Excuse-moi Sakura. Je ne savais pas que tu le prendrais aussi mal. Je t'inviterais la prochaine fois. Promis.

- Tu n'es pas sérieux.

- Ce soir nous fêterons ensemble cette nouvelle autour d'un bon sake. Pourquoi devrais-je être le seul à fêter le fait que nous allons être parent.

- Tu aurais pu choisir un autre moment.

- J'ai dit que je m'excusais. Allons maintenant retrouver les Hyuga. Ils doivent se poser des questions.

- Il en ait hors question ! Dans ton état, il est préférable que tu m'attendes dans la voiture. Qui sait les énormités qui pourront sortir de ta bouche ? J'irai leur parler seule.

- Laisse-moi, t'accompagner. Je serais muet comme une tombe.

- J'ai dit non !

- Je ne suis pas ton chien Sakura Uzumaki, mais ton mari. Je te prierais de baisser d'un ton lorsque tu t'adresses à moi.

Il la plante sur la pelouse et regagne sa place. Il est rejoint par sa femme quelques secondes plus tard. Cette dernière ne manque pas de lui lancer un regard furieux avant de se rassoir.

- Veuillez nous excuser pour ce léger contre temps, dit Sakura.

- Ce n'est rien, répond Hinata.

- Pouvons-nous continuer notre discussion ?

- Bien sûr.

- Comme je vous l'expliquais tout à l'heure, il y'a certaines conditions que vous devriez remplir. Vous devrez passer quelques tests psychologiques et des examens médicaux. Cela ne posera aucun problème. Par contre, il vous faudra impérativement fournir le consentement écrit et signé de votre mari.

- Si elle en a un évidemment, ajoute Naruto

- Qu'insinuez-vous Uzumaki-san, demande Hinata.

- Ignorez-le Hyuaga-san. Il n'a plus toute sa tête.

- Oui.

- Quand pourrions-nous commencer à faire les démarches ?

- Le plus tôt sera le mieux. Je repars dans moins d'un an. Dans onze mois et demi pour être exacte.

- Demain, alors.

- D'accord.

- Pourriez-vous joindre votre mari d'ici-là ?

- Elle n'est pas mariée !

- Bon sang Naruto, c'est quoi ton problème, à la fin, s'emporte Sakura.

- C'est simple. Cette femme n'est pas mariée. Elle ne porte pas d'alliance. Tu peux vérifier par toi-même.

- Hyuga-san…

Elle plonge sa main sous sa tunique et s'empare de son alliance suspendue à sa chaine. L'emblème du clan Uchiwa y est représenté. Son mari a l'impression de trahir son meilleur ami et ne tient pas à ce que ce dernier soit au courant pour leur mariage. Elle lui a expliqué qu'il n'en ait rien puisque c'est Naruto lui-même qui a mit un terme à leur relation. Malgré ses explications, il est resté sur ses positions.

Elle remet son alliance à sa place.

- Je suis mariée, leur dit-elle.

- Montrez-nous votre alliance alors, lui demande Naruto.

- Je n'en ai pas.

- Un certificat de mariage…

- Non, plus.

- Vous n'avez pas fait un mariage civil, s'enquit Sakura.

- Non.

- Des témoins, reprend Naruto.

- Mon cousin, ici présent.

- Un témoin extérieur, je veux dire. Qui ne soit ni de votre famille, ni un ami.

- Non.

- Le prêtre qui vous a marié ?

- Il est mort l'an dernier.

- Pas mal ! Pas d'alliance, ni de certificat de mariage, ni même de témoin. Avez-vous des photos de votre mariage ?

- Non.

- Naruto ! Cesse de la harceler, lui dit Sakura. Hyuga-san, pourquoi nous avoir dit que vous étiez mariée ?

- Je suis mariée. Je fêterais mes sept années de mariage le vingt-sept décembre, répond-elle simplement.

- Vous mentez !

- Non. C'est la stricte vérité.

- Il y a sept ans, le vingt décembre pour être exacte, votre fiancé vous a abandonné devant l'autel, lui rappelle Sakura. Comment est-ce-possible que vous en épousiez un autre une semaine plus tard ?

- J'ai eu le coup de foudre après avoir quitté Konoha, ironise-t-elle. Je me suis mariée sans plus attendre.

- En seulement sept jours ?

- Oui. Quel mal y'a-t-il à cela ? Nous sommes tombés fou amoureux l'un de l'autre.

- Je peine à vous croire, dit Sakura.

-…

- Vous vous êtes moqué de nous depuis le début, n'est-ce-pas ! Pourquoi nous avoir menti ?

- Qu'espérais-tu de sa part ? C'est une Hyuga, après tout, lui dit Naruto.

- Je ne vous ai pas menti. Je vous le jure !

- Avez-vous des enfants, lui demande Sakura.

- Oui.

- Sont-ils de vous, la questionne Naruto.

- Je ne comprends pas.

- Je vais vous reposer la question. Avez-vous mis, oui ou non ces enfants au monde ?

- Ces enfants sont de moi !

- Je ne vous crois pas, dit Naruto.

- La petite fille qui vous avez aperçu toute à l'heure dans mes bras est ma cadette. Je suis sa mère !

- Si cela vous plait tant de mentir.

- Voulez-vous qu'on fasse un test ADN pour confirmer qu'elle est bien de mon sang ?

- Ce ne sera pas nécessaire, lui dit Naruto. Vous pouvez facilement falsifier les tests. Avec l'argent, on peut tout acheter. Vous n'êtes pas une Hyuga pour rien. Votre clan est réputé pour avoir les meilleurs atouts dans ce pays. Aussi froid que calculateur. Le mensonge est un art chez vous.

- Pourquoi ne voulez-vous pas me croire ?

- Pour une simple raison. Une femme telle que vous ne peut être mère ! Tout le monde ici, n'est pas sans ignorer les raisons de votre fausse couche. Vous saviez pourtant que vous ne supporter pas l'alcool, et cela ne vous a pas empêché d'en abuser alors que vous saviez pertinemment que vous étiez enceinte.

- Je l'ignorais !

- La bonne excuse ! Je ne saurais comptez le nombre de fois que l'on m'a sortis cette excuse. Vous n'étiez pas au courant, dîtes-vous ? Comment une femme peut-elle ignorer son état à cinq semaines de grossesse. Qui nous dit que vous n'alliez pas reproduire la même erreur avec notre enfant ?

- C'était un accident !

- Non ! Ce n'en était pas un. Vous avez volontairement tué cet enfant.

Elle a mal. Ses yeux sont embrouillés par les larmes. Elle fixe l'homme devant elle. Elle peine à croire qu'il s'agisse du même homme qui l'a réconforté à la perte de leur enfant. Elle a eu du mal à accepter cette fatalité. Mais grâce à son soutien, elle a pu faire son deuil et aller de l'avant. En y repensant, Naruto avait paru soulagé en apprenant sa fausse couche. Il lui avait dit qu'ils n'étaient pas encore prêts à être parent. Si elle se souvient bien, c'était Naruto lui-même qui l'avait incité à boire ce soir-là. Il lui a fait ingurgiter sake après sake jusqu'à ce qu'elle tombe ivre morte. Serait-il possible que l'homme le plus imprévisible qu'elle n'ait jamais connu, fusse au courant de sa grossesse à cette époque ?

Elle sèche ses larmes et fait face à son adversaire. Son regard est plus déterminé que d'habitude. Jamais auparavant elle n'a ressenti une telle haine envers quelqu'un. Cet homme s'est joué d'elle durant des années, lui pardonner est impossible.

- Nous organisions tous les mois environ une fête chez l'un de nos amis, commence-t-elle. Je n'ai jamais supporté l'alcool. Je n'en prenais donc que très rarement. Pourtant ce jour là, j'ai bu plus que d'habitude. Un ami m'avait affirmé que cela me ferait du bien. Je l'ai écouté. J'ai entamé les verres les uns à la suite des autres, sans m'arrêter, mais en aucun moment je ne me suis douté que je portais un petit être en moi. Pas une seule fois. Mes règles ont toujours été irrégulières, même après la naissance de mes anges. J'avais trois à cinq semaines de retard. Il m'arrivait parfois de ne pas les avoir pendant deux mois entiers. Comment aurais-je pu savoir que j'étais enceinte ?

- Hyuaga-san, pourquoi faîtes-vous cela, lui demande Sakura.

- J'ai perdu un enfant. Je n'ai jamais su si c'était une fille ou un garçon. J'ai quand même eu droit à une seconde chance. J'ai mis au monde deux magnifiques enfants et j'ai pu gouter à la joie d'être mère. Est-ce mal de vouloir faire partager aux autres notre bonheur ?

- Non.

- …

- Je vous croie, lui dit Sakura. Mais pourquoi avoir dit que vous êtes mariée ? Nous ne sommes pas là pour vous juger ?

- Je ne vous ai pas menti. Je suis belle et bien mariée.

- Admettons que ce que vous dîtes est-vrai. Etes-vous heureuse dans votre ménage, lui demande Naruto.

- Je trouve votre question très déplacé Uzumaki-san.

- Veuillez l'excuser Hyuga-san. Mon époux est un peu tendu ces derniers temps.

- Vous n'avez pas répondu à ma question.

- Elle n'a pas à y répondre, s'exclame Sakura..

-Bien sûr que si. Hyuga-san va devoir passer un test psychologique. Ce serait bien qu'on l'y prépare.

- Etes-vous psychologue ?

- Non. Par contre, je suis policier et détecter les mensonges est une chose à laquelle j'excelle.

- J'en doute.

- Je n'ai toujours pas de réponse.

- Si cela peut vous fera taire, alors oui je suis heureuse. Satisfait ?

- Non. Vous nous aviez dit que vous ne vivez pas avec votre mari et vous comprendrez que je ne puisse concevoir l'idée que vous soyez heureuse alors que votre mari et vous êtes séparés.

- C'est votre problème, non le mien.

- Comment s'appelle-t-il ?

- En quoi cela vous concerne t'il ?

- Ne me dîtes-pas que vous avez honte de votre propre époux ? Cela ne vous ressemble guerre. Vous aviez toujours pour habitude de placer votre famille sur un piédestal, si je me souviens bien. A moins que votre soi-disant mari ne fut qu'une aventure d'un soir.

- Comment osez-vous, s'écrie-t-elle, lui assenant une gifle, s'ensuivit d'un coup de poing de la part de son cousin.

- Monsieur, je vous prierez de bien vouloir partir et j'espère ne pas vous revoir de si tôt. Vous n'êtes point dans un ring. Allez régler vos comptes dehors, intervient un serveur.

Tandis que les Uzumaki et son cousin quittent le restaurant, Hinata monte à l'étage.

Sa fille est réveillée et se débat dans les bras de la vieille Teuchi. Adossée contre la porte, elle observe la scène amusée. Elle l'a prévenue que Hana n'accepte personne en dehors des membres de la famille et que si elle vient à se réveiller elle devait la prévenir. La vieille dame a préféré ignorer ses recommandations.

Sa petite fille cesse de se démener et son adversaire croît avoir gagné la partie. Malheureusement pour elle, il ne s'agit que d'une ruse puisque sa fille profite de son inattention pour s'attaquer à ses cheveux.

Elle est obligée d'intervenir vu qu'aucun des deux ne veut lâcher prise.

- Je vois que vous vous amusez très bien sans moi, dit-elle.

A l'entente de sa voie, le combat s'arrête. Hana se sépare de la vielle dame et vient se recroqueviller dans ses bras.

- Votre fille est sacrément forte. Elle doit tenir de vous.

- Oh non ! Vous avez tord. C'est la digne fille de son père.

- Je ne pourrai donner mon jugement qu'après avoir rencontré son père. Je maintiens mes dires pour l'instant.

- Je vous le présenterai un de ses jours et vous pourrez constater par vous-même alors.

- …

- Je vous remercie d'avoir gardé la petite et m'excuse aussi pour le désagrément qu'elle vous a causé.

- Ce n'est rien de bien méchant. Elle est encore trop jeune pour comprendre ce genre de chose. Puis-je me permettre de vous donner un conseil.

- Bien sûr.

- Vous devriez la mettre en contact avec des personnes en dehors de la famille.

- J'ai déjà tenté l'aventure mais mademoiselle est très tenace. Elle a fait fuir toutes ses nourrices et j'ai du faire appelle à mon ancienne gouvernante.

- Ne baisser pas les bras. Si vous voulez, je peux la garder de temps en temps.

- Cela ne me pose aucun problème par contre sa grand-mère risque d'être jalouse.

- Tant pis pour elle. Elle devra se faire une raison.

- Ma chérie, ça te plairait de venir jouer avec Teuchi-san demain.

Sa fille secoue la tête et se resserre encore plus dans ses bras.

- La partie est loin d'être gagnée, dit Madame Teuchi.

- Je vois cela, mais je me doute que vous allez la laisser l'emporter.

- Oh que non !

- Teuchi-san, je vais devoir y aller. Mon cousin m'attend et il n'est pas ce que l'on peut caractériser de patient.

- Oui. Au revoir.

- Encore une fois merci.

Elle rejoint son cousin, sa fille marchant à côté d'elle. Les Uzumaki ne sont pas partis et semble l'attendre. Elle hésite à aller vers eux. Se faire insulter une nouvelle fois par son ex-fiancé ne l'enchante guère.

Elle les ignore. Elle s'excuse auprès de son cousin. Une fillette est agrippée à elle. S'il en croit ses dires, il s'agit de sa cadette. Il lui fait un petit signe de la main et aussitôt elle se cache derrière sa mère. Elle jette de temps en temps des petits coups d'œil en sa direction. Elle a les yeux et le teint de claire de sa mère. Elle est coiffée d'un chapeau fleuri en organdi qui ne laisse entrevoir ses cheveux. Sa mère la prend dans ses bras et l'installe dans leur voiture. Elle lui ôte sa coiffe. Il se met sur la pointe des pieds. Il peut distinguer clairement ses cheveux noirs hérissés avec une légère teinte de bleu qui s'écartent sur les deux côtés de son visage encadrant à peu près ses joues. Son cousin est installé au volant de sa voiture et n'attend plus qu'elle.

- Hyuga-san, l'interpelle-t-il. Je tenais à m'excuser pour toute à l'heure.

- Je n'ai que faire de vos excuses, lui lance-t-elle sèchement.

- C'est votre fille, demande-t-il innocemment.

- Oui.

- Elle est très jolie. Comment s'appelle-t-elle ?

- Hana.

- Hana, répète-t-il songeur.

- Y'a-t'il un problème Uzumaki-san.

- Non, c'est rien. Un de mes amis Sasuke Uchiwa a une petite fille du même nom.

- Simple coïncidence !

- Pas vraiment. Il m'a dit s'être marié à un membre de votre clan. J'ai cru que…

- C'était sa fille… ?!

- Oui…

- Hana est un prénom assez courant dans notre clan. Vous faîtes erreur.

- Pourtant ils ont les mêmes cheveux.

- C'est ridicule ! Il y a plein d'enfants blonds aux yeux bleus dans ce monde, pourtant il ne m'est jamais venu à l'esprit que ces enfants sont tous de vous.

- Vous avez raison. C'est stupide de penser cela.

- …

- Je vous en prie, ne prenez pas en comptes ce qui vient de se passer. Comme Sakura vous l'a expliqué, je suis très tendu ces temps-ci.

- Je comprends, mais cela n'est pas une raison pour déverser votre colère sur les autres. Vous auriez très bien pu demander à votre épouse de vous faire un compte rendu.

- Vous avez raison. Nous aideriez-vous tout de même… ?

- Oui.

- Il n'en ait pas question, intervient son cousin. Si c'est pour que vous puissiez l'insulter comme toute à l'heure, je m'y refuse.

- Cette décision ne te concerne en aucun cas, grand-frère.

- J'ai entendu dire que ma cousine devrait s'installer chez vous tout le long de sa grossesse. C'est bien cela ?

- Oui, répond Sakura.

- Vous vous doutez bien qu'après ce qui vient de se produire, il est tout à fait incongru qu'elle vienne vivre avec vous.

- Je me suis excusé.

- Vous excuser n'effacera en rien vos actes, réplique Neji.

- Que veux-tu que je fasse d'autre ? Que je me mette à genoux ?

- Ce serait un bon début, mais j'ai autre chose en tête.

- …

- Kô.

- Tu n'es pas sérieux grand-frère.

- Est-ce que j'ai l'air de plaisanté ? Kô t'accompagnera. C'est ça ou rien !

- Non ! Kô a sa propre famille.

- Jusqu'à preuve du contraire, il reste ton garde du corps.

- Vous ne croyez tout de même pas que nous allons brutaliser votre précieuse cousine, s'exclame Sakura.

- Vous non, mais votre mari par contre…

- Je refuse, s'écrie Hinata. Je ne suis plus une gamine. Quand vas-tu donc comprendre que je dois m'envoler de mes propres ailes. Je sais prendre soin de moi, grand-frère. Vous m'étouffez tous à trop vouloir me protéger. Je ne suis pas en sucre.

- Je ne te demande pas ton avis.

- As-tu au moins écouté ce que je viens de dire ?

- Tu n'as pas d'autre de faire ce que je dis sinon…

- Neji, tu ne vas tout de même pas oser…

- Oser quoi, demande Naruto.

- C'est à toi de voir Hinata.

- Uzumaki-san, j'espère que cela ne vous dérangera pas…

- Kô viendra s'assurer chaque jour que tout ce passe au mieux pour elle. Il ne vous dérangera aucunement.

- Si cela peut te rassurer, dit Naruto.

- Merci de vous montrer aussi compréhensif, lui dit Neji. Il faut qu'on y aille, maintenant. J'ai un important travail à faire. Je vais d'abord te déposer au manoir.

- Ce n'est pas nécessaire, lui lance-t-elle sèchement. Je prendrais un taxi. Tu n'as qu'à ramener Hana.

- Hinata ...

- Tu n'as pas entendu ce que j'ai dis. Je ne rentre pas avec toi !

Il observe les deux cousins éberlués. Hinata n'a jamais ressenti autant d'animosité envers son frère cœur, même lorsque ce dernier le dénigrait auparavant.

Que voulais bien dire Neji pour que cette dernière le prenne aussi mal ?