"Voilà, j'ai rattrapé mon retard! Au fait, avez-vous remarqué? J'ai passé la fic de M en T. En l'achevant, je me suis rendu compte qu'elle ne méritait pas vraiment le rated M, à part pour le premier chapitre plus violent
Chapitre 9
« Donc, si je vous suis bien : Il a subit un choc qui lui provoque des crises d'angoisses plutôt effrayantes ?
-J'ai assisté à l'une d'elle lorsqu'il a commencé à parler de ce qu'il avait vécu. Cela c'est passé ici, dans ce cabinet. Si, comme il l'affirme, ce genre de chose reproduise à chaque fois qu'il pense être de retour sur le champ de bataille… Ne serais-ce que par un coup de fusil tiré par un chasseur dans les bois, un orage ou un simple bruit effrayant… Je ne pense pas qu'il puisse à nouveau être réellement être utile à la guerre. »
Blutch regarda les affiches médicales épinglées au mur d'un air pensif. « J'avais préparé une justification, si je ne le retrouvait pas. Mais Alexander se douteras bien que je mens, et s'il fini quand même par mettre la main sur Chesterfield…
-Je sais, je sais. » Le docteur balaya la fin de l'explication d'un revers de la main. « C'est le peloton d'exécution qui l'attends. Mais je ne connais pas vraiment la politique de l'armée en ce qui concerne les blessures psychologiques. »
Blutch souffla un « Moi non plus » emplis de tristesse. « Mais je doute qu'ils en prennent compte, sinon ils auraient déjà viré ce malade de Stark.
-Je peux toujours vous préparer un rapport médical, mais il vous faudra jouer finement, car cela révéleras d'office où se trouve Cornélius. S'ils veulent venir le chercher quand même, ils sauront où le cueillir. »
Dans un soupir, le jeune homme promis d'en faire une affaire personnelle.
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L'ex-sergent de l'armée de l'union retournait des galettes de maïs dans la poêle. Sa mère le regardait faire, plutôt ravie de découvrir une recette qu'elle ne lui avait jamais apprise.
« D'ou tu sors ça, mon fils?
-Oh, tu sais, j'ai pas mal voyagé, à l'armée... jusqu'au Mexique, même! » Il réprima une grimace en songeant à la première fois ou il avait déserté à son corps défendant. Elle prit cela pour de la nostalgie et lui tapota le dos.
« Cornélius, tu n'as pas de regrets à avoir. Tu as bien servit ton pays, place aux autres maintenant! »
Elle se détourna pour aller tenir le bar et servir les clients. L'un d'eux, sentant l'odeur des galettes, réserva une table pour le soir.
Continuant distraitement à confectionner ses tacos, Cornélius écoutait les conversations qui se tissaient aux tables proches de la cuisine. Quatre hommes menaient une partie de carte à faible enjeux mais à grands renforts d'exclamations, et un couple s'était attablé pour pouvoir nourrir leur petit dernier. L'homme se plaignait de n'avoir pu trouver de place aux écuries de l'hôtel. Il détestait l'idée de laisser la mule qui tirait leur chariot attachée toute la nuit à un piquet près d'un abreuvoir.
« C'est quand même pas une vie pour cette pauv' bête » disait-il à sa femme qui se contentait de hocher la tête machinalement. « Vu les services qu'il nous rend, on lui doit bien un bon repos! »
Jetant un coup d'œil par le vasistas de la cuisine, il regarda le petit pré en friche derrière le saloon. Il venait d'avoir une idée.
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Blutch s'apprêtait à dormir à la belle étoile et dégustait de délicieux tacos en se demandant quand même, vu les aptitudes culinaires du sergent, s'il n'avait pas tout intérêt à déserter tout de suite pour ne plus jamais retrouver l'infâme ragoût que l'on servait aux troupiers. Il grimaça. « Surtout s'ils continuent à nous servir du cheval. »
Il avait rendez-vous le lendemain matin, le toubib' lui avait promis d'achever la rédaction du dossier médical de Chesterfield cette nuit. Avec ça, il était à peu près sûr de revenir dans les temps, en espérant arriver au camp après une charge importante, pour éviter au moins ça.
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En effet, l'état-major avait programmé l'attaque pour le surlendemain, au matin, ce qui laissait le temps à un corps expéditionnaire de se positionner discrètement sur les flancs du col. Il fallait également organiser l'approvisionnement : la ligne ferroviaire nouvellement rétablie tournait à plein régime, et les soldats n'avaient pas le temps de se reposer avant la bataille décisive.
Munitions, chevaux, vivres, poudre à canon et même de nouveaux uniformes et de la bleusaille arrivaient par centaine au front et étaient redirigé dans un joyeux remue-ménage. On vit même arriver du courrier, ce qui ne manqua pas de réjouir les hommes, toujours avides de nouvelles de leurs familles.
« Pas de nouvelles de Blutch, général ? » Demanda Horace pendant qu'Alexander triait son propre courrier.
« Aucune. Mais il faut lui laisser un peu de temps, vu l'avance qu'avait pris le sergent…
-Est-ce moi ou bien êtes-vous plus enclin à faire confiance au petit caporal depuis qu'il vous a offert la victoire de votre vie, mon général ? » Ironisa Stilman.
Le général balaya la remarque cynique d'un geste de la main. « Disons que pour l'instant, j'ai d'autres chats à fouetter. »
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Comme chaque matin depuis presque une semaine, Chesterfield allait faire changer ses pansements par Énid. La différence aujourd'hui, c'est qu'un autre patient attendait sagement le docteur Johnson.
« Vous n'étiez pas obliger de m'attendre ici, Blutch.
-Ce n'est pas vous que j'attends, grand dadais, c'est le toubib'. Il doit me confier votre dossier médical.
-Mon… quoi ?
-C'est pour Alexander. Je vais vous faire ré… » Et il se tût, croisant le regard de l'épouse du docteur qui écoutait leur conversation. « Sinon, c'est bizarre que vous n'ayez pas encore eu votre lettre de réformation. Enfin, avec les lignes ferroviaires coupées, le courrier passe mal, il faut dire. »
Le rouquin compris le message et embraya sur le sujet. « Le général m'avait prévenu que ça risquait de prendre du temps, ça ne m'inquiète pas plus que ça. »
L'attention de l'infirmière était de nouveau focalisée sur ses bandages. Elle serra un peu fort, ce qui le fit grimacer. La porte d'entrée claqua, et le docteur déposa son cabas sur une chaise dans la salle d'attente.
« Ah, messieurs. Énid, ma chère, comment se porte la plaie de Cornélius ?
-Beaucoup mieux, je pense qu'il n'aura plus besoin de pansement la semaine prochaine.
-C'est donc en bonne voie de cicatrisation, parfait ! Maintenant, tous les deux, suivez-moi dans mon bureau. » Il se tourna à nouveau vers sa femme. « J'aurais besoin d'une bonne tasse de café après, si ça ne t'ennuies pas… » Elle tourna les talons pour se diriger vers la cuisine.
Et voilà pour le chapitre 9! J'ai posté le 10 aujourd'hui sur le forum.
