Voilà le tout dernier chapitre... Merci de m'avoir lu durant ses 12 chapitres!


Chapitre 12

Quelques mois avaient passés et le Alamo ne désemplissait pas. Les voyageurs étaient très heureux de pouvoir louer des box à chevaux confortables pour s'offrir une pause sur la route, qui était bien plus fréquentée depuis que les nordistes l'avaient placé sous leur contrôle d'un bout à l'autre, et que les rebelles avaient été chassés bien loin.

Blutch passa la tête à la fenêtre et constata que son saloon était presque complet ce midi-là… Mais il avait tellement hâte d'aller embêter Chesterfield !

Il galopa en avant pour rattraper la troupe et la dépassa. Il chevaucha tout près d'Horace, qui tourna la tête vers lui.

« Major… si je vous promets de rejoindre le campement avant la nuit tombée, puis-je faire une halte dans ce village ? J'y possède un bar et j'aimerais constater s'il est bien tenu par les gérants. »

Le haut gradé haussa les épaules, montrant qu'il n'y voyait pas d'inconvénient. Alexander se tourna vers le caporal et lui donna son autorisation.

« Permission de l'accompagner, mon général ? » Demanda Stephen Stilman. « Je meurt de soif.

-Allez-y. Caporal, veillez tout de même à ce qu'il ne boive pas trop de pétillant, on se souvient des dégâts de l'autre fois… » Le capitaine grimaça. « Oh, un seul verre me suffira. »

Les deux soldats se détachèrent de la troupe pour revenir sur leurs pas. Ils attachèrent la bride de leurs chevaux devant le Alamo et entrèrent dans le saloon, ou ils s'attablèrent directement au bar.

« Bonjour, madame Chesterfield. Un verre de lait frais pour moi et une limonade pour le capitaine, s'il vous plait.

-Avec une paille. Attendez… Chesterfield ? »

La vieille dame qui servait au comptoir se tourna vers lui. « Nous n'avons malheureusement plus de paille, capitaine.

-Ce n'est pas grave, mais… » Mais il fut coupé par le cri de surprise de la serveuse.

« Oooooh, mais c'est Blutch, comme si je m'y attendais ! » s'exclama-t-elle en détaillant le caporal. « Vous êtes de passage ?

-Malheureusement oui, nous devons repartir assez rapidement.

-Le général Grant a demandé des renforts. Il parait qu'il a su coincer Lee du côté de la gare d'Appomattox…

-Coincer Lee ? Cela ne durera plus très longtemps, alors… » Elle soupira. « Tant mieux. Ah, mais attendez, je vais appeler Cornélius… CORNÉLIUS ! »

Le grand rouquin émergea de la cuisine, un couteau affûté à la main.

« Oui M'an ?

-Regarde qui vient nous rendre visite ! »

Stilman regarda le couteau, puis l'ancien sergent, et enfin Blutch. Cette situation l'inquiétait, connaissant les deux asticots… Qui tombèrent dans les bras l'un de l'autre, à son plus grand étonnement. Au même instant, un verre de soda apparu devant lui sans qu'il s'en aperçoive.

.

Un peu plus tard dans l'après-midi, Stilman détachait son cheval et s'apprêtait à rejoindre la troupe. Il préférait néanmoins attendre Blutch, qui restait désespérément accroché au comptoir (il n'avait pourtant bu que du lait…)

« Je n'ai pas vraiment envie d'y retourner… » Se plaignait-il.

« Le contraire aurait été étonnant.

-Oh, ça va vous, ça fait des mois que vous êtes loin de tout ça ! Mais je n'ai pu dresser aucun cheval comme Arabesque, je suis bien obligé de charger… » Il avait passé une petite heure à galoper avec sa jument, et il maudissait le sort de devoir s'en séparer à nouveau.

« De toute manière, rassurez-vous, si Stilman dit vrais, c'est bientôt fini. Et en plus, vous retrouverez votre bar géré d'une main de maitre…

-Oui, sympa l'idée des box, d'ailleurs…

-Merci. »

Le caporal acheva son verre et le reposa sur la table, mais ne le relâcha pas. Il était soulagé au moins d'une chose : s'ils avaient parlé de la guerre toute l'après midi, Chesterfield n'avait pas semblé paniqué en l'évoquant. Était-il enfin apaisé ?

« Je crois que le capitaine m'attends.

-Et il à bien raison, vous êtes à deux doigts de déserter. » Plaisanta l'ancien sergent. Son caporal lui lança un regard noir, puis soupira.

« Bon, eh bien, à dans quelques jours, Cornélius. » Et il tourna les talons et se dirigea vers les portes à double-battants.

« Attends un peu ! »

Cette fois-ci, il l'entendit et il se retourna.

« Fais attention. » Un sourire éclaira le visage de Blutch.

« Évidemment ! Ce n'est pas après avoir survécu quatre ans de cette fichue guerre que les Reb's m'auront ! » Lui faisant signe de la main, il passa la porte qui se referma en oscillant derrière lui. Par la fenêtre, Chesterfield le vit enfourcher sa monture et partir à la suite de Stilman en direction du sud.


Alors, qu'en avez-vous penser? La fin est certes un peu (trop) ouverte, mais ça vous laisse de quoi... imaginer!