Alicante-Idriss
Maryse regardait les hautes tours de verre d'Alicante. Elle avait dû retourner à Idriss sur ordre de l'Inquisitrice. Elle devait raccompagner Lydia et s'assurer que celle-ci allait bien. Cette dernière semblait encore en colère contre elle-même d'avoir laissé Hodge voler la coupe. Maryse n'avait pas essayé de la rassurer. Elle mourait d'envie de lui dire que si elle n'avait pas laissé Alec partir avec ce sorcier, ils n'en seraient pas là aujourd'hui. Certes, au fond, elle savait que Hodge aurait trouvé un autre moyen mais c'était plus facile d'accuser cette fille du malheur qui s'abattait sur sa famille, que soi-même. Elle avait accompagné Lydia jusqu'au manoir des Branwell et était partie aussi vite que possible, sans même un au revoir. Maryse n'avait pas envie de discuter, elle n'avait pas revu son fils depuis qu'il avait failli mourir en essayant de retrouver la coupe que cette Lydia s'était fait voler… décidément cette fille ratait tout ! Elle avait failli le perdre ce jour-là et c'était alors senti coupable de ce qu'elle lui avait dit « Tu es mort pour moi » ! Par l'Ange on ne dit pas ça à son fils, peu importe les erreurs qu'il commet, peu importe ses choix. Elle avait toujours été fière de lui, plus que d'Isabelle. Et voilà que ce sorcier apparaît et lui vole son fils. Il ne dormait quasiment plus à l'Institut , elle se forçait à ne pas penser à ce qu'ils faisaient quand ils étaient ensemble… que tous les deux… dans le même lit… A ce que ce sorcier pouvait bien faire subir à son petit garçon, son Alec. Elle le revoyait encore sortir de l'Institut en courant, un grand sourire aux lèvres pour lui dire que Jace et lui allaient être parabataï. Enfant déjà, il était un beau garçon avec ses cheveux bruns et ses yeux bleus. Il avait grandi trop vite, comme tous les chasseurs d'ombres, mais elle ne pensait vraiment pas qu'il prendrait cette voie là… Elle ne l'avait jamais vu sortir avec des filles mais elle pensait que c'était dû à son caractère réservé. De toute façon, elle aurait accepté que son fils soit avec un homme si cela le rendait heureux mais avec Magnus Bane… Elle n'arrivait pas à comprendre, pourquoi elle ne l'avait pas remarqué ? C'était sa faute ! Si seulement elle avait passé plus de temps avec ses enfants à l'Institut, si elle avait un peu plus surveillé leurs fréquentations… Comment avait-elle fait pour ne pas voir que ce Bane tournait autour de ses enfants ? De son fils ? Elle savait qu'Isabelle fréquentait Meliorn mais elle ne s'en inquiétait pas étant donné qu'Isabelle faisait cela par provocation, mais elle n'avait rien vu pour Alec, elle avait laissé le loup rentrer dans la bergerie comme on dit… Elle sentit des larmes dans ses yeux, des larmes de colère de ne pas avoir su protéger son fils de cette abomination. Si seulement Alec savait d'où ce sorcier, pour qui il avait tout sacrifié, tirait son pouvoir. Elle aurait voulu le lui dire mais elle se méfiait des réactions du sorcier : il pourrait se venger et hors de question de prendre un tel risque tant que Bane tenait Alec dans ses filets. Non, il fallait d'abord qu'elle éloigne son fils de lui… Le regard posé sur les tours d'Alicante, elle sourit. Elle avait une idée…
- Je vais bientôt récupérer mon fils Bane, tu n'es pas le seul à savoir jouer la comédie…
Institut - New York
Alec s'effondra sur son lit, épuisé, faut dire qu'il n'avait pas beaucoup dormi. Il sourit en repensant à la nuit qu'il avait passée avec Magnus. Les gémissements de son amant résonnaient encore à ses oreilles. Au moins sur ce point-là, Magnus ne se cachait pas, ne mentait pas. Quand il s'agissait de sexe ils se comprenaient, parce que pour le reste il fallait bien reconnaître que rien n'allait.
- Quand je pense qu'il n'arrêtait pas de me reprocher de cacher mes sentiments et de ne pas les assumer et lui ne veut rien me dire de sa vie, se murmura Alec à lui-même.
Il secoua la tête et poussa un soupir. Il regarda le soleil se lever à travers la fenêtre de sa chambre. Magnus allait le tuer quand il verrait qu'il est parti avant qu'il ne se réveille, sans même laisser un mot. Mais bon après tout, il avait été blessant avec lui, il n'était pas prêt d'oublier . Cependant, il lui avait tout de même pardonné. Mais un problème subsistait : Magnus refusait de lui parler de son passé .
Flash Back
- Et ben… Alexander tu me surprends toujours autant… Qui t'a appris tout ça ?
Allongé sur Alec dans leur lit, légèrement essoufflé, autant l'un que l'autre d'ailleurs, Magnus affichait un grand sourire à son amant.
- J'ai appris tout seul comme un grand… puis tu sais ce qu'on dit : un jour l'élève dépasse le maître !
- Oh mais ne va pas trop vite mon chou, j'ai encore plein de choses à te faire découvrir...
Alec le renversa sous lui et lui ramena ses bras au-dessus de sa tête. Ce geste éveilla de très très bons souvenirs, ce qui eut pour effet de faire remonter le désir qu'ils avaient l'un pour l'autre. Cependant, Alec avait quelque chose à lui demander.
- Magnus ?
-Hum ? Lui répondit celui-ci occupé à lui déposer des baisers dans le cou.
- J'ai quelque chose à te demander…
- Tout ce que tu veux..
- Parle moi de toi !
Magnus qui était occupé à embrasser toutes les parcelles de peau de son amant qui lui étaient accessibles, s'arrêta brusquement et le fixa.
- Ok, alors je suis le plus grand sorcier de Brooklyn, j'ai un chat, il s'appelle…
- Non, je parle pas de ça !, le coupa Alec.
- Et de quoi tu parles alors Alec ?
Le néphilim remarqua instantanément le changement d'attitude du sorcier : il s'était tendu, cherchant à se dégager de l'étreinte de son amant.
- Tu le sais très bien…
- Non je ne sais pas… Peux-tu me lâcher j'ai l'impression de subir un interrogatoire !
- Utilise ta magie pour te dégager si c'est ça ton problème !
- Non, mon problème c'est que tu joues un peu trop au chasseur d'ombres avec moi en ce moment!
Alec le lâcha et s'allongea sur le dos.
- Voilà, tu es libre… heureux ?
- Alec…
- Bonne nuit Magnus je suis crevé..
- Bien… bonne nuit Alexander…
Présent
Alec se leva et sortit chercher sa sœur. Il la trouva dans le hall de l'institut. Elle regardait les écrans, attendant désespérément que celui-ci localise Jace. Isabelle tourna la tête vers son frère lorsqu'elle le vit s'avancer vers elle.
- Alors avec Magnus ? Lui demanda-t-elle avec un grand sourire.
- Quoi avec Magnus ?
- Aller, Alec je sais que t'as passé la nuit avec lui !
- Pourquoi ? C'est lui qui te l'a dit ?
- Non, mais tu as des paillettes dans les cheveux !
Elle lui fit un clin d'œil, tandis qu'il se passait la main dans les cheveux pour essayer d'enlever ces satanées paillettes.
- On a des nouvelles de Jace ?
- Non toujours pas… mais les frères silencieux ont été attaqués ce matin… frère Jeremiah est mort…
- QUOI ? Mais comment c'est possible ?
- Ils ont appelé l'enclave mais la force est arrivée trop tard… c'était un véritable bain de sang ! Et l'épée mortelle a disparu !
- Comment ils savent que c'était Valentin ?
- Qui veux-tu que ce soit d'autre ?
- Mais Valentin n'est pas assez fort pour tuer des frères silencieux Izzy !
- Non en effet… On pense qu'il a dû invoquer un démon supérieur…
- Le même qui nous a attaqué à Renwick l'autre jour ?
- Je sais pas… peut être…
Ils entendirent une voix familière les appeler.
- Alec, Isabelle !
- Papa ! S'exclamèrent-ils.
Robert Lightwood serra ses enfants dans ses bras.
- Je suis content de vous trouver là. J'ai quelque chose à vous demander… enfin surtout à toi Alec.
- Dis-moi…
- J'aurais besoin de l'aide de Magnus…
- Pour quoi faire ?
- J'aimerais qu'il examine les corps des frères silencieux… je veux savoir quel type de démon Valentin a invoquer pour commettre cette atrocité !
Alec ferma les yeux et se passa une main sur la nuque. Finalement, son plan d'ignorer le sorcier attendrait.
- Je vais lui demander mais je ne peux pas te garantir qu'il accepte !
- Pourquoi ? Il nous a déjà aidés, c'est lui qui a renforcé la sécurité de l'Institut…Dis-lui qu'on payera le prix qu'il faudra !
Robert amorça un mouvement pour partir mais il se retourna vers son fils et lui dit :
- Bien quand lui laissant mon fils, je considère avoir payé un prix suffisant !
Il s'en alla, ne laissant pas le temps à son fils de lui répondre. Isabelle, une main sur le bras de son frère, essaya de le réconforter :
- Ils vont s'y faire, ne t'inquiète pas…
- Ouais bon, je vais voir Magnus, voir s'il peut nous aider…
- Pourquoi tu ne l'appelles pas ? Tu sais c'est à ça que servent les téléphones portables et on n'a pas vraiment le temps pour vos galipettes !
- Izzy, contrairement à toi, je ne pense pas qu'à ça ! Je te retrouve tout à l'heure !
- Oh prends ton temps grand frère, ne t'en fait pas pour moi !
Elle lui sourit et lui envoya un baiser de la main tandis qu'il levait les yeux au ciel, tout en se dirigeant vers l'ascenseur.
Appartement de Magnus
Alec, la main sur la poignée de la porte, hésitait à entrer. Frapper d'abord ou entrer directement ? Le sorcier était-il réveillé ou ne s'était-il pas encore aperçu que son amant avait pris la poudre d'escampette dès qu'il avait pu ? Avant qu'il n'est pu prendre une décision, la porte s'ouvrit.
- Tu comptes rester éternellement devant cette porte Alexander ?
Alec soupira et entra à contre cœur. Il ne se sentait vraiment pas d'humeur à affronter l'humeur changeante du sorcier. Celui-ci, un verre d'alcool dans la main ( « sérieux à cette heure ci»? pensa Alec), était assis sur son fauteuil, les jambes croisées, son chat sur ses genoux. Il plissa ses yeux et ne lâcha pas Alec du regard, qui se tortillait mal à l'aise devant lui.
- Alec mon chéri, tu étais beaucoup moins timide hier soir ! Dois-je mettre ta nervosité sur le compte de ton départ précipité de ce matin ?
- Écoute, je suis désolé, je devais…
Le rire du sorcier le coupa dans sa phrase.
- Je peux savoir ce qui te fait rire ?
- Toi !
- Moi ? C'est nouveau ça ! Décidément je te fais tous les effets du monde !
- Tu n'as même pas idée !
- Ouais et donc je te fais rire parce que quoi ?
- Parce que tu joues le rebelle en partant discrètement ce matin mais tu n'assumes pas une fois face à moi ! Tu n'as quand même pas peur de moi Alec ?, lui demanda-t-il, un sourire moqueur sur son visage.
Alec chassa sa question d'un geste.
- Je ne suis pas là pour ça ! J'ai un message de mon père pour toi !
Magnus regarda ses ongles vernis d'un air indifférent.
- Et que me veut ce cher Robert ?
- Valentin a attaqué, par l'intermédiaire d'un démon, la cité silencieuse. Les frères silencieux sont morts et il aimerait que tu examines les corps !
Il avait parlé d'un ton plus agressif qu'il ne l'aurait voulu et le regretta aussitôt. Le sorcier leva les yeux vers lui et haussa les sourcils.
- Il voudrait ? Et bien dis à ton père que dans la vie on n'a pas toujours ce que l'on veut…
- Donc tu ne vas pas nous aider ?
- Que propose ton père en échange de mes services ?
Alec sourit en repensant aux paroles de son père.
- Ben il considère que je suis un prix suffisant pour s'offrir tes services, comme tu dis !
Magnus posa son verre sur la table basse, enleva le chat de ses genoux et se leva. Il s'avança vers Alec et le rapprocha de lui en l'attrapant par la taille.
- Tes parent t'offrent en offrande si j'ai bien compris ?
Alec remarqua cette lueur dans le regard de son amant. Isabelle avait raison finalement. Il rapprocha ses lèvres du sorcier, ses yeux fixés sur les siens.
- Et tu acceptes ce prix ?
- Moi bien-sûr que oui, toutes les occasions sont bonnes pour être avec toi! Mais je suis étonné que toi tu acceptes...
- Oh tu sais, j'aime bien le fait de joindre l'utile à l'agréable…
Magnus poussa le chasseur d'ombres contre le mur. Il l'embrassa d'un baiser qui annonçait bien ce qui allait suivre. En un claquant de doigt du sorcier, la tenue de combat du jeune homme disparu.
- Tu es pressé Sorcier ?
- Tu es mon offrande, je fais ce que je veux ! Et depuis le temps que je rêvais de te faire l'amour contre ce mur…. Lui murmura Magnus à l'oreille.
Riant, Alec rapprocha le sorcier un peu plus de lui.
- Dans ce cas je suis tout à toi...
Merci encore et encore pour vos review :) et un grand merci à ceux qui me suivent :) Bisous :D
