Titre : Disparaître pour ne jamais revenir

Résumé : Voldemort est mort, tué de ses mains. Où sont passés les grand sorciers de la lumière maintenant ? Etait ce un rêve ou la réalité ? Si cela était la réalité qui est cette étrange personne ? Les anciennes légendes sont-elles alors vrais ? Harry ne sait plus quoi faire, qui croire. Il ne trouve qu'une solution "disparaitre pour ne jamais revenir"...

Rating : M ou T je sais pas trop (pas forcément tout de suite mais ca viendra).

Très très petit passage avec un peu de tortures détaillées (je le trouve minime mais je préfère prévenir...)

Note 1 : j'ai remarqué que dans le prologue je dis que Harry à 15 ans et ensuite qu'il possède le médaillon depuis 16 ans. Harry a bien 15 ans car le prologue se passe début juillet, il va sur ces 16.

Note 2 : Je conseillerais d'écouter "U-turn (Lili)" dont j'ai mis un extrait car cette chanson va bien avec l'état d'esprit du chapitre. Ou encore "Passé" de FLOW. Ou Mano Solo en général.

Note 2bis : Je conseillerais aussi le film "Je vais bien ne t'en fais pas". Cela n'a rien à voir avec cette fic. Mais U-turn est la BO de ce magnifique film que je ne peux que recommander. Je ne pouvais citer la musique sans le film.

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Voilà donc le chapitre 1 en espérant ne pas avoir trop tardé, trop blablaté et ne pas avoir laissé trop de fautes.

Merci à mamanline, grispoils, Firenze1294, Constance et Blie. Vos reviews m'ont vraiment motivée encore plus. Pour l'instant il n'y a aucune réponse aux "zones d'ombres" du prologue. Je dirais même que j'en rajoute encore...

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blabla italique = POV Harry

Bonne lecture !

(espérons qu'elle le soit)


Sa vision se troublait, des taches apparaissaient et l'engourdissement béni venait enfin le cueillir avec la noirceur de l'inconscience. Il pouvait enfin « disparaître pour ne jamais revenir »...

Chapitre 1 : Lumières et Ténèbres : Shahlâ

Lili, you know there's still a place for people like us
Lili tu sais qu'il reste une place pour les gens comme nous
The same blood runs in every hand
Le même sang coule dans chaque main
You see its not the wings that makes the angel
Tu vois que ce ne sont pas les ailes qui font l'ange
Just have to move the bats out of your head
Tu dois seulement faire sortir les démons de ta tête

- U-Turn (Lili) AaRoN -

...

Le silence règne sur tout.

L'esprit.

La douleur.

Le Tout ?

Où suis je ?

Si c'est la mort, je ne l'aime pas...

J'ouvre les yeux. Tout est blanc. Lumineux. Presque joyeux.

Cela ne devrait pas être ainsi.

La mort n'est elle pas noire, sombre et triste ?

Tout est ordre et sérénité ici.

J'oublie tout, je ne connais plus la sensation de douleur et je me demanderais presque si je ne l'ai jamais vécu. J'aimerais avoir peur mais quelque chose ou quelqu'un bloque mes sentiments, ils n'existent plus. Tout est néant si il peut exister en pareilles terres...

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« Bienvenue en mon royaume jeune impudent ! » déclare joyeusement une voix .

Joyeusement ?

D'où vient cette voix ?

...

OoOoOoO

Une porte ouverte sans délicatesse. Des personnes se plaignant d'un voyage éreintant (selon elles).

Trois personnes.

La première enleva lourdement son manteau et le posa sur un perroquet*. La deuxième s'écroula sur un fauteuil en geignant qu'il avait faim – il ne savait faire que ça, se plaindre. La troisième se hâta vers la cuisine.

« Garçon nous sommes rentrés ! Nous avons faim ! Dépêches toi de descendre si tu ne veux pas de correction ! » hurla le premier individu.

Cette personne ne pouvait être que Vernon Dursley. Sa famille était rentrée plus tôt de ses vacances, il y avait eu un malheureux malentendu avec leur réservation écourtant ainsi leur séjour. En effet, elle n'avait pas été prise en compte et ils se retrouvaient donc sans endroit où loger. Ils avaient fait un scandale puis s'étaient résolus à retourner chez eux après la nuit. Nuit que l'hôtel avait eu l'obligation de payer en leur donnant une des meilleures chambres. Les vacances loin du monstre tombaient à l'eau. Il attendit quelques secondes mais n'entendit aucun bruit. Cela n'était pas normale, depuis l'an dernier le garçon se dépêchait d'obéir car il avait enfin compris où se trouvait sa vrai place... comme esclave. Il interpella sa femme et lui ordonna donc d'aller voir si il était bien dans sa chambre. Ils seraient dans de beaux draps si cet égoïste en avait profité pour s'enfuir. Mais il aurait au moins montré à la face du monde sa réelle personnalité, celle d'un enfant pourri jusqu'à la moelle.

Pétunia, entendant cela, maudissait déjà son neveu pour ne pas s'être déplacé. Elle monta lentement à l'étage ainsi Harry se ferait punir comme il le méritait et de la seule manière qui lui était compréhensible. Cette manière était bien entendu par la force et l'humiliation. Si son mari avait besoin d'elle, elle venait de trouver une nouvelle idée. Pétunia se dit qu'elle devrait lui en faire part. Ils étaient bien trop gentils avec ce gosse.

Aucun bruit, aucune activité n'était perceptible. Elle commençait à se poser des questions. Était il là ? Allait il bien ? Elle gardait la face devant son mari et toute autre personne, mais dans le fond elle s'inquiétait. Elle ne se préoccupait pas de lui, surtout pas ! Son inquiétude se tournait vers sa famille qui subirait mille et un tourments si il arrivait quelque chose à son « neveu ». Elle ouvrit la porte de la chambre et ce qu'elle vit la stupéfia. Son neveu était étendu sur le sol, un couteau à ses cotés, et le sang formait une mare sombre et visqueuse autour de son corps inerte.

Sans vie.

OoOoOoO

« Tu ne peux me voir pour le moment, tu n'en es pas encore digne mais cela ne saurait tarder.

Ton pouvoir est insuffisant pour survivre longtemps ici, encore plus pour me rencontrer personnellement. Ma vison te détruirait inexorablement et je n'y pourrais rien. En attendant assis toi et écoute moi. Oui, c'est cela tu ne dois penser qu'à ma voix et aux sens des mots qui te sont déclamés. Ils seront importants même si tu ne comprends pas, écoute moi !

Maintenant que j'ai toute ton attention, laisse moi me présenter. Je suis le maître de ce royaume qui est celui de l'oubli. Mais, toi, tu ne devrais pas te trouver ici, tu n'es pas à ta place. Tu arrives trop tôt. Un jour viendra et tu prendras la position qui te revient dans ce royaume. Pour le moment je ne peux que te donner un conseil. Écoute ce que ton cœur te dictera , fais lui enfin confiance plus qu'aux apparences. Elles ne veulent rien dire et te tromperont une fois de plus. Cela ne doit plus arriver alors écoute le et aie confiance en lui et en toi !

Tu ne dois pas rester ici plus longtemps, tu n'es pas près à en subir les conséquences comme je te l'ai dit. Cependant avant de rejoindre ton monde, petit serpent, laisse moi te raconter l'histoire d'un jeune colibri ne voyant que les actions extérieures... »

Sa voix se fait apaisante, elle me rappelle quelque chose ou plutôt... quelqu'un ? Je ne me souviens de rien, je ne peux qu'écouter cette voix inconnue et pourtant rassurante.

« Il était une fois un oiseau faisant parti d'une couvée de 6 œufs ce qui pour cet espèce est assez rare. Il était le dernier né et le plus frêle. Ses frères et sœurs trouvaient toujours un moyens de lui voler sa maigre portion de nourriture. Il ne pouvait pas grandir correctement et il était encore plus chétif qu'il ne l'aurait dû. Il supportait cela sans rien dire croyant que c'était normal étant le dernier. Il ne connaissait que cette vie, ses parents ne faisaient rien. Il ne savait pas qu'un enfant ne doit pas subir cela alors il acceptait, subissait et se taisait. Mais au fil des jours, un sentiment apparu en son cœur alors qu'il grandissait. Ce sentiment était la rancune, la haine. Il voulait juste être tranquille mais il ne pouvait l'être ainsi avait-il fini par comprendre. Si sa vie devait être dirigée par le blâme de sa famille il n'en voulait plus ! Sur un coup de tête il prit donc une décision, il allait partir très loin, plus loin que quiconque et il ne reviendrait jamais. Il attendit le soir, quand la nuit est profonde, pour mettre à exécution son idée. Il ne voulait point être interrompu dans l'exécution de sa sinistre œuvre. Il s'élança donc et vola quelque minutes. Ses ailes devinrent de plus en plus lourdes, elles ne le supportaient plus. Ses frères ne pouvaient voler sur une longue distance alors, comment aurait-il pu faire mieux ?

Il n'avait pas réfléchi, sa haine et son orgueil l'aveuglaient. Son vol devenait chaotique et il finit par s'écraser au sol.

Il se souvint alors de l'avertissement de ses parents, le sol était dangereux pour eux. Le danger rodait partout et encore plus au sol pour lui, jeune colibri qu'il était.

Il était trop tard.

Il entendit un bruit sourd derrière lui et...

Un chat trainait dans les environs et en avait fait sa proie.

Les jours suivant la petite famille de colibri chanta sa peine. Peine de la perte d'un des leurs et la forêt ne pouvait qu'écouter et essayer de comprendre le funeste destin de ces volatiles qu'elle abritait en son sein. »

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« Ne fait pas comme ce colibri jeune enfant abandonné de tous. Ne gâche pas tout sur un instant de folie et des envies funèbres. Une fois sa décision prise, ce petit colibri était perdu. Son destin était inéluctable contrairement au tien. Des personnes tiennent à toi, ne les laisse pas. Prend la chance qu'elles te donnent à travers mon aide. Ton temps n'est pas venu. Maintenant retourne où est ta place. Rappelle toi de ce conte de l'oubli car au final tous t'oublieront et ton geste n'aura servi a rien.

Nous nous reverrons plus vite que tu ne le penses, petit serpent. до свидания (prononcer : da svidaniya)** » ajouta-t-il dans un dernier souffle

OoOoOoO

Une lumière blanche et anthracite entourait le corps de Harry. Elle crépitait, tourbillonnait et l'enveloppait. L'air était saturé de puissance brute et le soleil était bien pâle face à cet afflux de lumière pure. Pétunia était subjuguée et n'avait que faire de son mari qui lui demandait ce que faisait le garçon. Elle savait qu'il était dangereux de fixer le phénomène mais elle ne pouvait en détacher son regard. Il l'hypnotisait et l'attirait mais elle ne pouvait bouger. Heureusement car cela aurait signé sa perte. Elle ne pouvait résister à cette puissance élémentaire sauvage.

La lumière allait de plus en plus vite et semblait absorber le sang sur le sol.

La brume blanche devint rouge.

La brume blanche devenu rouge devint bordeaux.

La brume blanche devenu rouge, puis devenu bordeaux devint noire.

Rien ne semblait pouvoir l'arrêter. Une minuscule tempête se déroulait sous les yeux de Pétunia et elle restait immobile en la contemplant béatement. Ce spectacle dura une quinzaine de minutes qui passèrent au ralenti.

Elle reprit soudainement ses esprits et comme si rien ne s'était passé elle appela Vernon car le garçon était étendu au sol se vidant lentement de son sang. Elle ne se rappelait de rien. Le mare sanglante avait disparu du sol, il ne restait qu'un fin écoulement de sang au niveau des bras de Harry. Il donnait l'impression de s'être coupé les veines seulement quelques instant auparavant au lieu de plusieurs heures. Il était vivant car la magie ou une autre personne l'avait voulu.

Qui pouvait le savoir ?

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Vernon atteignait enfin l'étage alors qu'elle finissait de bander les poignets de Harry. Elle était arrivée juste à temps, quelques minutes de plus et ils auraient eu d'énormes problèmes. Ce gamin était sous leur responsabilité jusqu'à sa majorité. Voilà ce qu'elle pensait alors qu'elle avait vu le corps sans vie de son neveu juste avant, elle réfléchissait aux conséquences sur sa famille.

Elle avait oublié, tout oublié. La tempête, la magie, le corps mort. Elle se rappelait être entrée et avoir vu Harry étendu puis elle était partie chercher des bandes immédiatement. Maintenant Vernon était là mais il ne servait à rien. Elle prit son neveu dans ses bras, il ne pouvait rester dans cette antre humide et pestilentielle. Ses plaies pourraient s'infecter et il n'aurait plus manqué que cela. Elle se dirigea donc jusqu'à la chambre de son fils ignorant son mari qui essayait d'attirer son attention. Après avoir installé confortablement le jeune homme elle sortit tranquillement et se dirigea de nouveau vers sa cuisine. Aussitôt arrivée son mari attaqua :

« - Ce morveux a essayé de se tuer sous mon propre toit ? Si il veut mourir, bien, mais qu'il aille crever sous un pont sans témoins ! Cela nous ferait des VRAIS vacances !

- Tu sais qu'il est sous notre responsabilité, il doit rester en vie et ainsi nous ne reverrons plus jamais ses gens près de notre petit Dudley... rétorqua-t-elle relativement calme alors qu'intérieurement elle était sur le point d'exploser.

- En parlant de Dudley, tant que tu y es ! Tu as donné a ce morveux puant Sa chambre, tu l'a mis dans Son lit ! Tu as intérêt à ce qu'il dégage de cette chambre avant ce soir ou alors il t'en coutera soit en sûre ! Après tout, ajouta-t-il la voix venimeuse, c'est de Ta faute si il est là ! C'est de la faute à Ta maudite sœur !

Pétunia ne pouvait rien rajouter, elle ne pouvait plus qu'obéir. Elle se dirigea donc une nouvelle fois vers l'étage mais cette fois c'est devant la porte de son fils qu'elle se stoppa. Elle entra doucement et la vision de son neveu lui serra le cœur plus que cela n'aurait dû. Il était assis dans le lit entre les draps de coton et il pleurait. Il pleurait silencieusement en contemplant ses bras bandés. Il était pâle, comme un fantôme ou pire. Une tristesse innommable semblait l'étreindre et ne voulait plus le lâcher. En entendant Pétunia, il releva la tête. Ses yeux étaient ternes, aucune lueur ne transperçait. Ils étaient éteint. Doucement elle avança et lui dit qu'elle devait le changer de piè ne laissa transparaître aucune réaction. Il la regarda s'approcher et la sentit le soulever. Léger, tellement léger... comment avaient-ils pu en arriver là ? Doucement elle le ramena dans ce qui devait être sa chambre. Elle avait juste réussi à changer les draps et faire rentrer un peu plus de lumière. La puanteur, elle n'avait rien pu faire contre car elle était incrustée dans cette pièce invivable. Elle le posa sur le lit et sortit immédiatement. Sa gentillesse avait des limites.

Harry n'avait pas de réactions. Il était prostré en position fœtale sur son lit et il attendait la fin. Le sommeil venait, des voix lointaines se hurlaient dessus ou plutôt une seule voix criait. Il entendait des mots par intermittence mais n'y faisait pas attention.

« … MERDE... NON... IL N'A QU'A CR... SEUL... IL N'... ON FILS...JE... RIEN ENTE... »

Les voix étaient lointaines, il faisait trop chaud. Un brasier l'engloutit...

OoOoOoO

10 jours après sa tentative

Voilà dix jours qu'il était cloitré dans cet espace miteux avec pour seule compagnie sa tante lui apportant son repas deux fois par jours et changeant parfois les bandes entourant ses poignets. Repas qui étaient souvent composés d'un minuscule morceau de viande, de quelques légumes, de pain rassi et d'un verre d'eau. Il n'avait pas le droit à plus, ordre de son oncle. Il n'en pouvait plus une fois de plus de cet enfermement forcé. Doucement il décida de se lever. Aussi lentement qu'il avait réussi à se redresser Harry ressentit tout de même un léger vertige. Il n'avait pas mangé depuis 5 jours et commençait à vraiment en ressentir les effets. Mais à quoi lui servait-il de manger ? Ce n'était plus une envie pour lui, juste une nécessité pour survivre. Il ne voulait plus vivre donc il n'avait plus besoin de manger. Logique. L'existence pouvait être si logique parfois...

Harry attendit que son vertige passe et se leva. Il voulait sentir l'air frais sur son visage.

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Le froid.

La pluie. Non. La bruine.

Le vent dans les arbres.

Le sifflement indigné d'un serpent.

Le hululement d'une chouette.

Un parc.

Comment était il arrivé ici ? Harry se rappelait s'être levé et vouloir sortir. Maintenant il sentait l'air et entendait les doux bruits nocturnes. Il ne se souvenait pas être sorti et avoir marché jusque là. Et que faisaient ces bandes au sol ? Il ne se souvenait pas les avoir ôtées et pourtant elle jonchaient le sol en un amas blanchâtre et jaunâtre. Il regarda ses poignets, son oeuvre manquée. Les plaies étaient fines et profondes. Elles ne donnaient aucun signe de cicatrisation. Avec le peu de lumière, il remarqua que les entailles étaient encore plus rouges et gonflées que la veille et que maintenant un liquide suintait des plaies. Sa tante n'avait jamais pris la peine de désinfecter les plaies après le premier jour et le résultat était sous ses yeux.

Peut-être n'avait-il pas tout manqué ?

...

OoOoOoO

20 jours après sa tentative

« Il a encore un peu de fièvre mais il va se remettre ! Ce n'est pas une PETITE infection qui va le tuer ! Demain, il recommence ses corvées. Il croyait vraiment qu'il allait y échapper cette année par prétexte qu'il a souffert ? Que son soit disant parrain est mort ? Parce qu'il est un sauveur de je ne sais quoi et que je m'en FOUT ? »

Pétunia l'écoutait, depuis une semaine son mari était ainsi car son fils était en colonie afin qu'il n'attrape la maladie de son cousin. Cousin qui ne se remettait que péniblement. Il souffrait, depuis maintenant un peu plus d'une semaine de fièvre en intermittence avec des sueurs froides et des hallucinations en plus d'une infection. Pétunia monta doucement à l'étage, elle ne comptait pas le nombre de fois qu'elle l'avait fait depuis le début de ce cauchemar. Il n'avait pas arrangé son état avec son excursion dix jours auparavant alors qu'il pleuvait. Le temps était vraiment exécrable pour ce milieu juillet. Elle entrouvrit la porte de la chambre miteuse, une fois de plus. Elle sentait maintenant la sueur, et la maladie. Doucement elle lui déclara qu'elle allait lui préparer un bain. Il hocha mécaniquement la tête, il n'avait que faire d'un bain. Il entendait l'eau couler et les pas de sa tante sur le plancher. Elle était anormalement gentille, il y avait anguille sous roche. Mais si cette anguille pouvait l'achever il ne refuserait pas. Au contraire, il l'accepterait avec une joie immense.

Pourquoi était-il toujours vivant ?

Il se rappelait encore de la douce morsure de la lame sur sa peau. Il la sentait toujours s'enfonçant en lui et le délivrant en déchirant sa chair et libérant le doux fluide amer lui permettant d'exister encore. Il revoyait les quelques secondes où il avait observé sa vie couler réellement entre ses doigts et emporter ses forces.

Où était l'oubli désiré ?

L'oubli ?

Bien sur ! Tout était de sa faute, il ne savait plus pourquoi mais tout était lié. L'oubli, ce Julian, la légende de Nyoka et d'autres choses. Il ne se souvenait plus mais pourquoi s'en faisait-il ? Sa vie arriverait bientôt à son terme et la délivrance avec. Sa première tentative n'avait pas fonctionné mais il aurait d'autres occasions. Pour l'instant il voulait juste dormir, plonger dans Ses ténèbres réconfortantes. Il lui manquait tellement, la vie n'avait aucun goût, aucune saveur dorénavant. Cet état s'éternisait, il avait pourtant promis de ne jamais le quitter...

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Sa tante était là et lui parlait. Il n'avait pas compris mais hocha la tête trop perdu dans ses pensées. Elle poussa un léger soupir et le pris de nouveau dans ses bras. Il ne pesait toujours rien et elle l'emmena sans difficultés jusqu'à la salle de bain où elle avait fait en sorte de ne rien laisser de tranchant. Il fallait mieux être prudente s'était elle dit devant son comportement amorphe. Elle l'aida ensuite à se déshabiller, il n'avait aucune réaction comme toujours. Il semblait loin. Elle l'aida ensuite à s'allonger dans l'eau. Cela avait pris plus d'une vingtaine de minutes. Elle le surveillait afin qu'il n'essaie pas de faire quelque chose de stupide une fois de plus.

La sonnette retentit.

Elle attendit en se disant que pour une fois son mari ouvrirait.

Le sonnette retentit.

Elle pouvait rêver évidemment. Elle devait y aller, elle jeta donc un dernier regard à Harry en espérant que rien ne lui arriverait.

La sonnette retentit une fois de plus.

Elle se dépêcha d'ouvrir en comptant faire partir le plus vite possible la personne osant la déranger. Un jeune homme se trouvait devant elle mais il ne ressemblait pas à un stupide démarcheur costumé comme elle le pensait. Il n'avait pas la stature de ses enquiquineurs de seconde classe. Les premiers étant les sorciers. Sans qu'elle ne l'ai invité il entra en disant juste :

« - Il a besoin de mon aide ! »

OoOoOoO

L'eau est chaude, elle m'attire. Mes paupières sont trop lourdes et je ne sais plus quoi faire.

Je veux vivre ?

Je veux mourir?

Je ne sais plus.

J'oublie.

L'oubli est bon, il est léger et sans dangers.

L'eau m'appelle.

Je ne peux plus me soutenir.

Se laisser aller quelques secondes dans ce bienfaisant liquide ne pourra me faire que du bien.

Je me laisse aller.

L'eau m'entoure.

Me submerge.

M'apaise.

Je me laisse aller dans son étreinte.

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J'ouvre les yeux. J'étouffe ! Tout est noir, oppressant. Je ne suis plus dans l'eau. Ce monde m'effraie. Il exacerbe mes émotions les plus profondes. La peur, la honte, la haine, l'absence, le vide, et tant d'autres que je ne peux nommer. Je ne sais pas d'où elles viennent mais elles m'étouffent et ne me laissent aucun répit. De tout cotés l'obscurité règne, maîtresse incontestée des lieux. La voix retentit de nouveau mais toute joie l'a désertée cette fois ci.

« Bienvenu en mon second royaume... jeune impudent ! »

Le dernier mot est craché, rempli de poison. L'air se fait encore plus lourd, plus oppressant. Je suis conscient de mon corps cette fois, trop pour ma santé. J'ai l'impression de revivre les tortures de la guerre, d'être écartelé, déchiqueté méthodiquement et lentement.

Il reprend :

« Je ne m'attendais pas à te revoir maintenant. Ne t'avais je pas dit que ton temps n'est pas venu ? Tu n'es pas près pour la version lumineuse de mon royaume et tu entres dans celle des ténèbres consciemment. Pauvre petit humain inconscient. Ton peuple est toujours aussi orgueilleux et tu le représentes à la perfection. Depuis longtemps j'aurais dû tous vous exterminer. Cependant je t'ai déjà sauvé une fois car cela était la volonté de ma bien aimée sœur. Je t'aiderai encore, mais tu ne reviendras pas tant que je ne demanderai pas à te voir.

...

Peu de gens ont survécu aussi longtemps tu m'étonnes beaucoup humain ! reprit-il. Tu dois étouffer maintenant ? L'air doit atteindre difficilement tes petits poumons nécessiteux. Tu dois sentir ta peau s'arracher lentement et croire que tes os se fendillent pour se fissurer ensuite tout aussi doucement. Quelle exquise torture cela doit être et tout cela dans une lenteur extrême et... savoureuse. Le pire n'est pas venu, bientôt tu revivras certaines parties de ta vie, les pires évidemment. En te connaissant, et ayant observé ta courte existence misérable je dirais que tu vas revivre cette charmante guerre et ses tortures. Pourquoi pas la mort des êtres qui te sont chers, leurs trahisons, leurs déceptions face à tes choix ? Oui tu vas le revoir, le ressentir et te haïr car tu ne pourras rien faire. Tu ne seras que spectateur de tes actions qui ont fait souffrir tout ceux que tu aimais et surtout Lui. Tu vas revivre tes moments de joies, tes espérances et tu les regarderas une seconde fois se désagréger inexorablement et Son incompréhension par dessus tout. Il te faisait confiance, il n'avait jamais fait confiance et il ne fera plus jamais confiance !

Tu commences à sentir les effets ? Bien mais je ne veux pas mourir pour t'avoir rendu fou finissons notre courtoise conversation à la lumière. »

Sa dernière phrase suintait l'ironie mais tout ce qu'il avait dit était vrai.

Putain ! qui était-il donc ?

Pourquoi devais-je revoir la tristesse dans Ses yeux, Sa déception. Je ne mérite pas de revivre encore cet épisode. J'ai assez payé, je ne le reverrais plus...

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Je n'étouffe plus ?

Je peux respirer et je ne revois plus ces horreurs une fois de plus ?

J'ouvre lentement les yeux.

Je suis de nouveau dans ce monde blanc, éblouissant. Je sais qu'il n'y a rien à voir alors je referme les yeux. Je sens toujours mon corps et je m'allonge.

Je suis fatigué, tellement fatigué.

Je ne veux plus vivre. Pourquoi personne ne peut donc le comprendre ?

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La voix recommence plus tranquillement cette fois. Elle me questionne, me demande si je veux savoir quelque chose. Je lui demande de me parler de lui, qui est-il, pourquoi ne puis-je le voir ?

« - Je savais que tu me poserais ces questions. Il est vrai que je ne me suis toujours pas présenté correctement alors que nous nous rencontrons pour la seconde fois. Je suis le roi du royaume de l'Oubli et le prince de la vengeance. En réalité ce n'est pas vraiment ma fonction mais tu ne les comprendrais pas alors tu ne sauras que cela ; je suis le fils d'Ouroboros et le frère de la Destruction. Je tiens mes titres de mon père. Tu ne peux me voir car comme je te l'ai déjà dit tu n'es pas encore assez puissant. Je vais te donner un nom mais sache qu'il n'est pas forcément le vrai, les noms ont un trop grand pouvoir sur nous. Tu ne saurais garder un tel secret si mignon sois tu... »

Un rire léger et chatoyant ponctuant sa dernière phrase. Il se calma et reprit solennellement :

- Appelle moi Shahlâ. ( le Shah est un peu plus accentué)

Je ne sais pas comment réagir mais ne veux pas paraître impolie.

- Enchanté Shahlâ, fils d'Ouroboros et frère de la Destruction !

- Maintenant que les présentations sont faites, reprit il, nous pouvons nous quitter apaisés.

- Je dois vraiment partir ? Ne pourrais je prendre cet place dont vous avez parlé plus tôt ?

Il est bizarre de parler dans le vide mais ce n'est plus si étrange. Une torpeur légère s'empare de moi et doucement j'entends un doux sifflement. Je ne le comprends pas et pourtant je suis certain qu'il le faudrait. Je rate quelque chose d'important. Je suis trop fatigué. Une lointaine voix me dit :

- Ouvres les yeux, jeune serpent. Une nouvelle vie t'attend. Ne fais pas confiances aux apparences comme tu l'as fais avec Lui. Il t'attend quelque part, ne désespère pas. Il ne te hait pas autant que tu le penses.

J'ouvre les yeux.

OoOoOoO

- Vous n'avez pas le droit d'entrer chez moi ! Je ne vous en ai pas donné l'Autorisation ! Sortez de chez moi ou...

- Ou quoi ? l'interrompit-il. Vous allez appeler la police ? Votre mari ou votre incapable de fils ? Pourquoi croyez vous qu'ils ne répondent pas ? Ils sont trop occupés à bander devant des films pornos en vous laissant tout faire ! Maintenant laissez moi passer, petite humaine insignifiante et stupide ! Vous ne pourrez que le détruire et vous n'avez toujours fait que ça, nous détruire avec votre haine ! Maintenant, hors de mon chemin créature. Il a besoin de mon aide !

Sa voix suintait de mépris et de colère contenue. Il n'attendit même pas la réaction de l'autre folle hystérique il se dirigea directement à l'étage. Il trouva la salle de bain. Une fine silhouette était penchée au dessus de la baignoire et tenait Harry dans ses bras. Elle se retourna et en souriant tendit son fardeau au nouvel arrivant. Alors qu'elle disparaissait, Harry ouvrit les yeux et entendit une voix qu'il connaissait dire doucement :

- Merci de l'avoir sauvé deux fois, Shahlâ...

Il connaissait cette voix. Non c'était impossible, il n'était qu'un rêve ? Il n'était que son imagination ? Cette personne ne pouvait être réelle ? Il sentait les limbes l'appeler une fois de plus mais il voulait en être sûr. Ce ne pouvait être un songe.

- Julian ?

La personne lui sourit et il entendit une fois de plus cette voix féminine, maternelle alors que deux bras se refermaient fermement autour de sa taille et le soulevaient complètement hors de l'eau.

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- Dors mon petit reptile. Un nouveau jour ce lèvera bientôt et la vengeance sèmera ses graines sur nos terres dévastées...


* un perroquet est un porte-manteau.

** au revoir en russe

Alors ? Votre opinion ?

J'avoue que je ne suis pas forcement très satisfaite de ce chapitre de transition.

Le chapitre suivant est commencé mais avec la fin du trimestre je suis submergée de travail et comme je n'écris vraiment qu'à partir de 23h-minuit ou dans le bus (rarement) je ne sais pas quand je posterais le suivant. Mais je vais essayer de le mettre entre le 2 et le 9 décembre.

Reviews ?

(non je ne quémande pas...)

Je réponds dès que je les reçois (selon ma disponibilité) alors si il y a des questions n'hésitez pas...

Pour les anonymes, si vous voulez des réponses laissez moi un moyen de contact ou je répondrai en début du chapitre suivant.

Merci à ceux ou celles ayant lu ce chapitre et encore plus à ceux qui prendront quelques minutes pour mettre une review.

Tsuh...