Titre : Disparaître pour ne jamais revenir
Résumé : Voldemort est mort, tué de ses mains. Où sont passés les grand sorciers de la lumière maintenant ? Etait ce un rêve ou la réalité ? Si cela était la réalité qui est cette étrange personne ? Les anciennes légendes sont-elles alors vrais ? Harry ne sait plus quoi faire, qui croire. Il ne trouve qu'une solution "disparaitre pour ne jamais revenir"... (le résumé changera au prochain chapitre normalement, ce lui-ci est le dernier de transition)
Rating : M ou T je sais pas trop (pas forcément tout de suite mais ca viendra).
Pas de blabla aujourd'hui, mon chapitre est en retard ! (il est 1 heure). Je viens de le finir alors je ne sais pas trop pour la qualité...
NOTE A LIRE A LA FIN DU CHAPITRE. Petite question.
Bonne lecture !
Chapitre 2 : Renaissance ?
My reflection wraps and pulls me under
Mon reflet m'enlace et m'attire sous
Healing waters to be bathed in Breña
Des eaux bienfaisantes pour être baigné dans Breña
Guide me safely in worlds I've never been
Guide-moi sans accident dans des mondes où je ne suis jamais allé
To heal me, heal me
Guéris-moi guéris-moi
- Breña - Perfect Circle -
Vous ! Sortez tout de suite d'ici et lâchez ce monstre !
Pétunia cracha ce dernier mot et, essoufflée, s'effondra contre la porte. L'individu n'avait pas bougé, il tenait Harry contre lui, mouillant de ce fait ses vêtements. Il n'y faisait pas attention. Elle était tout entière concentrée sur le jeune homme aux cheveux en bataille évanoui contre lui. Cependant, aux dernière paroles de la femme il se retourna enfin. Il déposa doucement Harry, sur le sol contre la baignoire et le recouvrit d'une serviette blanche et moelleuse. Il se redressa en effleurant la chevelure trempée du jeune et releva la tête. Son regard de pure haine fit reculer de peur la tante du garçon. Tout cela avait été fait avec la lenteur la plus effrayante.
- Un monstre ? Interrogea-t-il la voix dangereusement basse et grave. Qui est le monstre, ici ? Lui ou... Vous ? Tout ce qui vous fait peur est monstrueux, insignifiantes et viles créatures ? L'amour vous fait peur n'est-ce pas ? Alors lui aussi rentre dans cette catégorie, celle des monstres ! Vous devriez l'éradiquer car c'est ce que vous faites toujours ? Vous exterminez tout danger existant et pouvant détruire votre misérable petite vie tranquille...
Au fur et à mesure de son discours il avançait lentement et elle, elle reculait. Sa voix montait, de plus en plus menaçante tout en restant relativement calme. Relativement car une personne avertie et le connaissant aurait vu tout les signes d'une colère retenue et de justesse. Colère qui pouvait être dévastatrice.
- Tout vous fait peur, non ? Je vous fais peur ?
Il l'avait acculé à un mur du couloir et commençait, du bout de l'ongle, à retracer lentement la courbe de son cou. Il débuta en effleurant le bas de son cou et en remontant ensuite le long de sa peau. Il s'attarda à retracer la jugulaire de la femme. Ces gestes auraient pu être séducteurs, des gestes d'un amant ; ils étaient au contraire ceux d'un prédateur jouant avec sa proie déjà perdue. Une proie inconsciente de sa perte. Devant la terreur de la femme un sourire reptilien se dessina sur ses traits. Il resta ainsi, quelques secondes immobile lui murmurant à l'oreille. Alors qu'elle palissait plus qu'il ne l'était possible il fit soudainement volte-face. A grandes enjambées il retourna dans la petite salle de bain mais à l'entrée il ralentit comme si il avait peur d'effrayer un jeune animal craintif.
Pétunia, elle, n'avait pas bougée une fois de plus. Elle était terrifiée par la promesse de mort dans le regard vert d'eau de l'inconnu plus que par ses paroles. Paroles remplies de promesses plus horribles les unes que les autres. Ses jambes ne la tinrent plus et elle s'effondra dans le couloir, happée par les ténèbres.
OoOoOoO
Harry sentait l'air frais sur sa peau nue. L'air était glacé comparé à la chaleur de l'eau dans laquelle il gisait auparavant. Liquide accueillant remplacé par l'air agresseur. Il était enroulé dans un tissu doux et chaud. Ce ne pouvait être une serviette. Il les avait toujours connues sèches et rugueuses absorbant avec peine l'eau de sa dense tignasse. Il gardait les yeux fermés, ses sens étaient toujours affutés mais moins douloureux. Il sentait l'eau couler le long de sa peau, courant le long des cicatrices en les retraçant. Il devina qu'il était adossé à la baignoire car des effluves de vapeurs chaudes caressaient par intermittence sa nuque découverte.
Il était donc disposé face à la porte du couloir. Vulnérable.
Il était trop tard, il entendait déjà une calme respiration. La respiration d'une personne en observant une autre. C'était sûrement son oncle , Harry l'avait plusieurs fois surpris, au détour d'une pièce, son regard lubrique le détaillant. Depuis ce jour-là il l'évitait le plus possible mais maintenant il était trop tard. Avec un peu de chance, il serait violent au point de l'achever. Il n'avait aucun doute sur les intentions de son oncle et elles n'étaient pas pures.
Ses « amis » le croyaient innocent de toute ses choses comme ils nommaient tout ce qui est relatif au sexe, aux relations et autres actions se référant aux sujets charnelles. Ils étaient trop prudes pour appeler par leur nom les choses. Certes, il pouvait être soit disant pur mais il n'était pas idiot et avait arrêté de se voiler la face depuis un moment. Depuis qu'il s'était rendu compte de l'attirance qu'il exerçait sur lui lorsqu'il l'apercevait. Il n'avait plus de doute.
Harry avait toujours en quelque sorte senti quand quelqu'un lui voulait du mal. Il avait développé un sixième sens après les nombreuses embuscades de Voldy comme il aimait le surnommer maintenant. Même ce plaisir là - les surnoms les faisant tous pâlir - avait disparu en cendres et ce n'était pas un euphémisme. Voldemort n'était plus que cendres d'après le ministère...
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Mais que faisait son oncle ? Il n'était pas du genre à rester au pas d'une porte et à attendre. Harry décida d'ouvrir les yeux peut être était il seul et que ce regard pesant sur lui n'était qu'imagination. Peut être n'était il qu'une conséquence de ce rêve ? Ou encore, imagination comme cette voix ? Il l'entendait encore lui dire :
« Une nouvelle vie t'attend. Ne fais pas confiances aux apparences comme tu l'as fais avec Lui. Il t'attend quelque part, ne désespère pas. Il ne te hait pas autant que tu le penses. »
Imagination car Il ne pouvait que lui en vouloir et Il ne pouvait pas l'attendre, lui, le traître. Traitre ! Mot à jamais gravé en lui, sur lui. Il ne pourrait jamais oublier.
Imagination car aucune vie ne pouvait l'attendre, n'est ce pas ? Il était le Survivant, celui qui aurait dû mourir en sauvant le monde sorcier de la destruction fatale orchestrée par le diabolique Lord Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom-Même-Après-Son-Décès-Tant-Souhaité. Il n'était qu'une marionnette ayant fait son temps donc aucune vie ne pouvait l'attendre.
Quel être pathétique était-il devenu ?
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Il releva doucement la tête en resserrant inconsciemment la serviette autour de lui. Il voyait flou pourtant depuis le début de l'été il ne portait plus de lunettes. Petit à petit sa vision redevint normale, un médicomage avait soigné ses yeux en fin d'année. Dans l'encadrement de la porte se tenait une personne, un homme. Il l'avait déjà vu mais sa léthargie l'empêchait de rassembler tout les morceaux de sa mémoire. Il avait déjà observé sa peau pâle, ses cheveux d'ébènes. Il avait déjà vu cette silhouette pleine d'assurance, toute en muscles fins. Il avait déjà sondé ces yeux vert-d'eau. Il en était sûr maintenant, il n'était pas un rêve. D'une voix mal assurés, presque craintive de se tromper il chuchota, demanda presque :
- Julian ?
Le jeune homme devant Harry se redressa et sourit. Il souriait doucement d'un sourire qu'il fallait deviner et qui cachait de la joie. Rassuré qu'il ne soit pas son oncle Harry s'endormit se sentant en sécurité avec cet « étranger ». C'est à ce moment que Julian franchit l'entrée de la pièce et repoussa la porte derrière lui. Il ne voulait pas être dérangé. Après avoir fait en sorte que personne ne vienne l'importuner il s'agenouilla devant Harry et un doux sifflement s'éleva dans toute la maison. Ce sifflement était apaisant, mélodieux et semblait raconter une histoire. Une histoire oubliée par les traîtres. C'est ce qu'elle est, l'histoire du Tout. Tout à jamais disparu pour les hommes.
« Rien ne disparaît jamais »
Julian releva la tête et sourit une fois de plus. Il observait l'inscription flottant dans les airs. Pouvait il croire ce qu'elle disait ? Pourquoi ne le ferait il pas, Shahlâ est le roi de l'Oubli il est le mieux placé pour le savoir. La mélodie augmenta encore, prenant de l'intensité. L'homme reporta son attention sur Harry alors que la phrase disparaissait. Doucement, afin de ne pas le réveiller, il le sécha et fit apparaître des vêtements propres. Pour Harry mais aussi pour lui. Pour ne pas le brusquer il ne devait pas utiliser de magie. Le jeune était trop instable après son séjour dans les « ténèbres ». Délicatement, il attrapa les vêtements. De simples habits en fin tissu noir et argent. En l'habillant, Julian ne put ignorer les dégâts causés par la guerre. Son dos était constellé de marques. Des plus fines aux plus grandes, elles formaient une horrible fresque dont le centre était un mot. Un unique mot disposé au centre de son dos en lettres capitales :
TRAITRE
Ce mot était ponctué de trois points d'exclamation. D'autres inscriptions s'y mêlaient mais aucune ne se détachait autant à part peut-être une reproduction grossière d'un éclair symbolisant la cicatrice du jeune. Il ne pouvait ignorer qu'il n'était plus face à enfant mais à un homme ayant subi la guerre.
La guerre. Les sorciers ne semblaient exister que pour elle. Ils sortaient d'un conflit et réussissaient à en créer un nouveau quelques années après. C'est à croire qu'il ne pouvaient vivre sans, qu'elle leur manquait toujours. Leurs confrères « moldus » n'avaient rien à envier à la gente sorcière. En moins d'un demi-siècle ils avaient presque réussi à détruire la Terre. Tant de morts inutiles le laissait perplexe, il ne les comprenait pas. Il était surtout révolté par ses hommes capables de torturer un enfant – c'est ce que Harry aurait dû être d'après Julian – pour conquérir plus de pouvoir. Qu'ils se détruisent, mais les enfants devraient être hors de ça. Ces immondes conflits sans intérêts. Conflits sans fins.
Il se dépêcha de le vêtir. Il pouvait enfin partir de ce trou à rat et il ne le laisserait pas cette fois là. Il ne le pouvait pas.
Aussitôt qu'il fut prêt, Julian prit Harry dans ses bras et commença à traverser la maison. Ignorant la femme sur le palier, il se dirigea vers la porte. Là encore il ignora les cachalots. Il avait quelques peu menti à Pétunia, ils ne prenaient pas leur pied ou alors ils étaient encore plus... étranges qu'il ne le pensait. Shahlâ avait expressément pris la lourde tache de les occuper afin qu'il ne soit dérangé. Personne ne touchait à son jeune serpent sans en subir les conséquences. Ils avaient donc l'immense honneur de faire un voyage onirique comme certains les appelaient. De jolis mots pour traduire le cauchemar qu'ils devaient vivre.
Sans une pensée de plus qu'un petit sourire sadique il referma la porte du 4 Privet Drive.
Il était vraiment de bonne humeur pour montrer ainsi sa joie à tout bout de champ.
OoOoOoO
Un vent frais. Le bruit des oiseaux. Ce sifflement omniprésent. Une voix féminine. Elle raconte une histoire. Malgré les méandres du sommeil il essaie de la suivre.
« Tout est vert. Tout nait. »
C'est agréable, il a chaud. Il se sent bien et n'a plus mal.
« La nature enchante les sens du chant mélodieux des oiseaux. Chant des nouveaux nés gagnant en puissance, en rythme. »
Des bruits de pas, inintéressant. Juste retomber dans les méandres du sommeil avec cette douce voix le berçant.
« La nature se réveille, une renaissance s'opère.
Les arbres fleuris saluent le retour de leurs tendres amis volants. Ils acceptent gracieusement les caresses indolentes du soleil parcourant leurs ramures.
Les fleurs se déploient les unes après les autres apprenant le toucher délicat des insectes. La joie les accompagne ainsi que l'innocence.
C'est l'aube flamboyante de leurs existences et pourtant elle ne dure pas. Leurs vies doivent passer à autre chose. Elles doivent franchir un stade... »
La voix s'éteint calmement. Il y a le bruissement d'un livre que l'on referme. Dehors, un rire retentit. Un rire rempli d'innocence tel que seul un enfant peut posséder. Une porte s'ouvre et une voix féminine, la même ayant lu l'histoire, dit calmement vers cette même porte :
- Il est réveillé.
- Bien. Maintenant sort douce Esfir.
- Il sera fait selon vos souhaits.
Sur ces mots elle partit hors de la chambre et n'entendit donc pas la dernière phrase de l'homme.
- Je t'ai déjà dit que ces mondanités n'avaient pas lieu d'être entre nous, Esfir...
Harry allongé dans le lit ne bougeait pas. Il ne voulait pas attirer l'attention de l'homme. Il ne l'avait pas reconnu. Ces doutes et appréhensions commencèrent à s'apaiser lorsqu'il entendit le bruit d'une chaise puis celui de papier délicatement froissé. Le son de ces pages et le bruit des oiseaux avaient un effet de somnifère sur lui. Il n'entendait pas, dissimulé derrière ces sons, un doux sifflement. Ce son était omniprésent depuis quelques jours. Pleins de promesses de futur et de joie, le jeune homme ne les comprenait pas. Il était trop tôt.
Il voulait dormir. Juste se reposer entre les draps noirs.
OoOoOoO
Il dormait enfin.
Julian se demandait combien de temps il allait encore résister au sommeil envoutant. Il lui avait fallu trois jours de voyage pour arriver sur l'île car il devait limiter ses déplacements magiques. Il devait préserver sa force pour le rituel. La début et la fin allaient bientôt se mélanger pour former un nouveau futur ou passé. Cela dépendait du point de vue. De grands changements s'annonçaient, du plus innocent au plus destructeur. Il était encore trop tôt pour que le garçon pose des questions. Il devait se reposer, pendant ce temps les adeptes du serpent préparaient le sacrifice.
Julian savait qu'il se donnait des excuses. Il savait qu'il redoutait ce moment pour lui. Harry n'aurait rien à faire à part vivre. Julian avait peur. Il n'avait plus ressentit cela depuis que son père lui avait appris son rôle de descendant. Il ne le décevrait pas. Tout allait bientôt recommencer. Une nouvelle ère.
Pour retarder l'échéance il gardait Harry en léthargie. Il n'avait cessé de chanter depuis son retour. Ce chant annonçait à tous qu'il était là et que rien n'était perdu. Il avait réussi la première partie de l'œuvre devant être menée à bien. Cet état il l'en sortirait cet après midi. Tous croyaient qu'il le réveillerait à la dernière minute mais il ne pouvait le laisser dans l'ignorance.
Demain tout sera fini. Le destin ne pourra plus être changée. Les sorciers vivront leur dernière chance de se racheter ou de se perdre. La dernière grâce du Serpent arrive.
Julian se relève, les prêtres ont besoin de lui. Tout doit être près pour le réveil du Serpent. Rien ne doit être laissé au hasard pour l'éveil de la Bête. Elle sommeillera encore quelques années mais cette soirée est décisive. Elle décidera de sa vie ou de sa mort. Il se devait d'être parfait.
Le soleil atteind son paroxysme. Son chant s'arrête, l'île se fige, stupéfaite. Il est trop tôt ! Ce mouvement dure une seconde à peine. Ils reprennent ensuite leurs mouvements. Ils font confiance à l'héritier, il est l'un des derniers détenteur du savoir.
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Dans la chambre claire au lit sombre un jeune homme s'éveille. Il se sent apaisé. Il relève la tête, une grande femme l'observe. Elle doit mesurer presque un mètre quatre-vingt. Sa peau est d'ivoire et ses cheveux blancs forment une longue tresse dans son dos. Elle a un visage fin et des yeux aciers. Si Harry n'avait remarqué les oreilles fines et quelques peu effilées il aurait dit qu'il se trouvait devant une elfe. Mais ses oreilles ne sont pas pointus. Il se demandait qui elle était et comme si elle avait lu dans son esprit la femme prit la parole :
- Enchantée de vous rencontrer enfin réveillé jeune maître. Je m'appelle Esfir et je fais partie du noble et ancien peuple des Sylvestres. Je suis au service du Serpent mais présentement je suis au votre.
Sa voix était cristalline, pure. Elle était la même qui avait raconté l'étrange histoire. Il voulait lui demander ce qu'elle signifiait mais il essaya tout d'abord de décrypter ses premières paroles. Il ne savait pas qui était le Serpent, ni qui étaient les Sylvestres. Il allait lui poser la question lorsqu'elle reprit :
- Je sais que vous avez beaucoup de questions c'est pour cela que je vous ai préparé un bain et des vêtements propres. Je vous mènerai ensuite au détenteur du savoir. Il répondra à toutes vos questions jeune Maître.
Sans un mot de plus elle l'enjoignit à franchir la porte et à le suivre. Il était dans un corridor blanc avec de grandes fenêtres donnant sur des jardins et une forêt. La décoration était simple, sobre, quasi inexistante. Il était semble-t-il dans un petit manoir car il traversa plusieurs couloir et monta un étage pour enfin parvenir à la salle de bain. Il avait un très mauvais souvenir de son dernier séjour dans une pareille pièce. Elle était au début du couloir donc il ne put observer la décoration. Il ne savait pas pourquoi il était là et où était ce « là ». Il voulait des réponses, la mort pouvait bien l'attendre encore un peu. Elle n'était pas pressée car elle devait être sûre qu'il viendrait bientôt dans ses bras accueillants. Le sortant de ses pensées la Sylvestres lui expliqua comment se rendre aux jardins lorsqu'il serait prêt. Elle le laissa seul. Elle devait s'occuper des préparatifs.
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La pièce était spacieuse, blanche, sereine mais il ne pouvait s'empêcher de faire une comparaison avec une même pièce plus petite et sombre. La baignoire était remplie mais il la délaissa pour se diriger vers la douche. Tout cette eau lui montrait des scènes contemplées trop de fois.
Un baiser volé... Une gifle... Des sanglots dans le noir...
L'eau chaude ruisselle sur lui. Harry ferme les yeux.
Des cris... Le bruit d'os se fracturant, ses os... Une peau qui se déchire, sa peau.
Il se laisse glisser le long du mur. Il est prostré dans l'habitacle et l'eau coule toujours.
Un léger clapotis. Ploc ! Ploc ! Ploc ! Régulier clapotis. Ploc ! Ploc ! Ploc !
L'eau s'arrête.
Un regard. Haine. Incompréhension. Horreur. Peine. Des pas s'éloignant rapidement.
Harry est soulevé. Des bras l'enroulent dans une serviette et le sortent de la douche. Une voix lui demande si il peut se débrouiller. Il reconnaît Esfir. Il hoche la tête. Elle sort sans discuter. Son obéissance à quelque chose de faux. Comme si elle se forçait à avoir cette attitude.
Quinze minutes plus tard il sortait de la pièce. Il portait le même genre de vêtement que la dernière fois. Du tissu de couleurs noires et argents. Pour aller aux jardins il devait traverser le couloir de cet étage puis descendre les escaliers. Il arriverait normalement dans les jardins directement.
Les murs du couloirs étaient de la couleur des ardoises avec des reliures vertes courant le long du mur. Au centre du couloir trônait un seul et unique tableau. Il était grand, il couvrait toute la hauteur du pan de mur. Une scène était représentée, elle était dans une forêt. Une clairière entourée d'arbre la surplombant. L'atmosphère était rendue lourde, à peine quelques rayons de soleil perçaient les denses ramures. Au centre de la clairière une femme était debout. Elle était grande. A coté d'elle un homme se trouvait là. Le mouvement de sa chevelure donnait un effet de mouvement. Il semblait courir vers la femme et la peur se lisait sur ses traits androgynes. La femme lui tournait le dos regardant l'horizon, sereine. Les couleurs des deux personnages étaient plus fades que celles de la flore et de la faune aux alentours. Ils semblaient pris dans la pierre, taillés en elle. Ils étaient peut-être des statues mais certains détails étaient trop réels. Qui pourrait rendre ainsi dans la pierre le mouvement des cheveux et cette peur naturelle ? Qui pourrait le faire sans dénaturer leur être entier ? Qui ? Harry trouvait se tableau effrayant par les sentiments qu'il lui faisait ressentir. Pourquoi était-il triste ? Pourquoi ce second homme à l'orée de la clairière lui rappelait quelque chose. Il avait l'impression d'avoir déjà vu cette scène. Pourtant cela était impossible. Il semblait il y avoir quelque chose d'écrit près de « Hyacinthe ».
Hyacinthe ?
- Magnifique œuvre n'est ce pas ? Splendide dans sa détresse et, dérangeante, retentit une voix derrière lui.
Harry se retourna et se retrouva en face de Julian. Il n'était pas vraiment surpris de le voir. Il savait cette rencontre inéluctable. Julian reprit :
- Elle me vient de mon père et d'après lui elle représente la Chute après la révolte contre la déesse-serpent. Une vieille légende raconte qu'elle attend quelque part sa délivrance pour achever son œuvre. Beaucoup ont cherché mais aucuns ne l'ont trouvé. Je sais ce que tu vas dire, quelqu'un t'attend. Ne t'inquiète pas je vais te conduire aux jardins et je pourrais te donner des explications.
Harry le suivit, un peu déstabilisé. Il venait de comprendre que le "détenteur du savoir" était celui qu'il connaissait sous le nom de Julian. Les jardins étaient fleuris . Chaque partie avait une dominance de fleurs. Celles qui le fascinèrent le plus furent des plantes venant du centre de l'île. Elles étaient noires avec un cœur rouge et un pétale blanc en leur centre. Lorsque qu'il s'en étonna Julian lui expliqua qu'elles appartenaient à l'espèce des padenie ce qui signifiait la Chute en russe. Ces fleurs étaient symboliques pour les dévots. Elles représentaient la fin du Tout.
La fin d'une ère de paix.
Ils errèrent le long des sentiers quelques minutes. Harry suivait Julian silencieusement attendant les explications, il savait qu'elles viendraient bientôt. Au bout d'un moment il se dirigea vers un banc sculpté dans un arbres et fit signe à Harry de s'asseoir à ses cotés. De la même voix un peu absente – comme si il contemplait une ancienne scène – que la première nuit où il l'avait vu il commença son explication.
- Nous sommes sur l'île mère du culte de Nyoka, la déesse-serpent fille d'Ouroboros. Peu nombreux sont ceux se souvenant d'elle et encore moins croyant en se renaissance. Tu dois te demander ce que tu as à voir avec cet histoire sur une divinité inconnue. Je suis désolé de te l'apprendre, certains voulaient te laisser dans l'ignorance mais je ne le peux, une prophétie parle de toi. Avant de réagir laisse moi t'expliquer. Elle dit ceci :
« Lorsque la désolation viendra plus forte encore un enfant naîtra,
Une fausse prophétie le détruira,
Il sera sacrifié pour l'autel du pouvoir et de l'orgueil
.
Sa vie il ne dirigera pas et pour une cause qu'il croira juste se battra,
La victoire il apportera et la vérité apparaitra,
Les manipulations seront à la lumière grâce au deuil
.
Enfant de lumières et de ténèbres,
Abandonné de tous, il recommencera à être
Et viendront des envies funèbres
.
Mon messagers viendra quand il ne sera plus rien pour ceux qu'il aimait.
Trop tard, des destructions en masse apparaîtront,
Et les premières guerres des mémoires disparaîtront.
Il ne restera que l'image d'un enfant bafoué à jamais
.
Mon règne ne pourra redevenir
Mais il connaîtra l'histoire de la magie et de son peuple.
Il ne croira plus en l'Homme simple
.
Cette enfant sera perdu et disparaîtra pour ne jamais revenir.
Sorciers ! Vous avez signez votre perte en défiant votre mère,
Et sa Terre... »
.
- Tu as le choix de ton futur. Tu peux ignorer cette prophétie et je te laisserais partir. Tu pourras en finir, faire ce que tu veux. Cependant ce que je t'offre c'est une nouvelle vie. Le recommencement sans cette prophétie des Hommes. Celle qui ne veux rien dire car seul un Dieu est maître des destins et ils n'usent plus de ce pouvoir. Je te laisse jusqu'à ce soir pour réfléchir tu peux aller où tu veux sauf dans la forêt. Le danger rôde.
OoOoOoO
Harry le regarda s'éloigner. Il ne s'attendait pas à cela. Il était maudit. Pourquoi s'acharnait-on sur lui ? Pourquoi les prophéties devaient-elles parler de lui ? Il n'était qu'un pauvre petit humain sans rien d'extraordinaire. Ou plutôt, il aurait voulu être cet humain passe partout, celui que personne ne remarque. Il devait faire un choix.
La Vie ou la Mort.
Une renaissance ou une Fin.
Que voulait-il ? Cette question tournait en boucle dans son esprit depuis la fin de la Guerre.
Il voyait cette fillette courir et rire joyeusement, innocente.
Il voyait cette mère gronder gentiment son fils.
Il voyait ces amants se quereller puis se réconcilier.
La joie, la paix.
Elles étaient partout sur cette île.
Alors avait-il le droit de se lamenter et de refuser cette offre ?
Avait-il le droit de refuser de vivre une enfance qui ne serait pas entachée par la haine ?
Avait-il le droit ?
Lui, le Monstre ?
OoOoOoO
Julian approchait de la grande salle. La salle du culte. Les prêtres l'attendaient pour le préparer. Égoïstement, il espérait presque que Harry refuserait. Il souhaitait presque qu'il était trop avancé sur le chemin de la perdition. Il n'avait pas le droit de le penser, il devait faire son devoir. Il poussa la porte de bois sculpté et entourée de serpents et se retrouva face aux deux grands prêtres. Ils étaient deux en hommage à la déesse qui fut accompagnée par Eden et Hyacinthe de nombreuses années. Il s'avança lentement et prit la parole après s'être incliné.
- Il fera son choix ce soir, grands prêtres. Il devrait accepter c'est pourquoi je vous demande d'effectuer la première partie du rituel qui doit être faite avant le coucher du soleil.
- Es-tu sur de ton choix Julian, détenteur du savoir éternel ? Tout autre que toi peut avoir avoir ce rôle.
- Vous savez que c'est impossible, répondit-il doucement. Faite le ! C'était sa volonté !
- Alors approche Julian et reçoit la purification d'Ouroboros, la force de Nyoka et l'Oubli de la douleur offert par Shahlâ ton protecteur. L'acceptes-tu ?
- Je l'accepte Eos !*
- Alors viens Julian et reçoit la connaissance de Shahlâ, le pardon de Nyoka et l'éternité d'Ouroboros ton père et le père de tous ici bas. L'acceptes-tu ?
- Je l'accepte Déméter !**
- Maintenant relève toi et va te préparer. Nous finirons lorsque le soleil ne sera plus.
OoOoOoO
POV JULIAN
Il y a un groupe de harpies dans mon appartement. Je sais que c'est faux. Je ne suis pas objectif. C'est ce rituel qui me fait peur.
Courage !
Elles ne sont pas dangereuses elles doivent juste faire en sorte que je sois présentable pour le rituel.
J'entre dans ma chambre. Il y a cinq Sylvestres semblant impatientes. A leur tête évidemment il y a Esfir. Qui d'autre ? Elle a beau avoir perdu son mordant pour une cause inconnue elle reste elle même. C'est ce qui fait qu'elle est encore suivie aujourd'hui par ceux de son peuple. Elles ne me laissent pas le choix, une d'elles désigne la salle de bain attenante et une autre me tend des vêtements.
Blancs. Ils sont blancs. Ils sont censés faire ressortir ma chevelure et représenter la pureté retrouvé à la fin de l'incantation. Si elles le disent alors... elles ont raison.
J'abandonne.
L'une d'elle s'occupe de coiffer mes cheveux. Je ne suis vraiment pas présentable d'après elles. Une fois de plus. Pour ces harpies personne n'est convenable.
Elles me laissent enfin. La nuit tombe. Je dois donc retrouver le petit serpent de Shahlâ au plus vite.
Il n'est plus dans les jardins, ni dans le manoir. Il reste un endroit où j'irais me réfugier si je voulais réfléchir.
La Corniche.
En effet il est là.
Ce n'est pas une corniche mais plus une falaise. En son sommet trône un unique arbre. Un chêne millénaire, une légende dit qu'il serait apparu pour guider les renégat lorsque le renouveau viendrait. Il était là pour les ramener vers Nyoka, vers leur mère. Je ne sais pas si c'est vrai mais c'est un symbole de plus sur cette île maudite se cachant sous un masque joyeux et d'innocence. Il est sur le bord de la falaise, les jambes dans le vide il contemple l'horizon. Son regard est plongé dans la mer bleu et sur les vagues s'écrasant contre les récifs.
- Comment ?
OoOoOoO
- Comment ?
Sa question résonne dans le silence de la soirée. A elle seule elle est la réponse qu'il attendait. La réponse qu'il redoutait. Il se doit d'y répondre.
- Un rituel aura lieu ce soir. Je le mènerai avec Eos et Déméter, les deux grands prêtres. Ce rituel est composé de trois phases. La première a été effectuée avant le coucher du soleil. La deuxième est l'incantation et la troisième est quelque chose de précieux. Ce rituel n'effacera pas cette vie mais l'enfouira profondément jusqu'à ce que tu sois prêt à te rappeler. A ce moment tu seras entouré et aimé. Es-tu sûr de le vouloir ? Aucun retour ne sera possible.
- Oui je suis sûr, j'ai réfléchi et je vais suivre un conseil.
Le silence s'éternise mais Harry fini par reprendre :
- Quelle est cette chose précieuse pour la fin du rituel ?
Julian planta son regard dans celui du jeune avant de parler.
- Une vie.
- Une... vie ?
- Je suis le Sacrifice...
*nom de la déesse grecque de l'Aube
** nom de la déesse grecque des cultures. Ici c'est un homme.
Alors ?
Reviews ?
(toutes sortes acceptés que ce soit pour critiquer afin que je m'améliore, ou encore juste pour dire que vous lisez cette fic)
Réponse reviews chapitre 1 : Shahlâ
Ano Nym (ou Ata-Chan ?) : Merci ! :) Ca me fait plaisir que tu trouves cette fic différente. En espérant que cette suite t'ai plut.
Constance : Merci pour ta review. C'est grâce à toi si j'ai fini ce chapitre presque à l'heure car ayant eu de petit problêmes il y a deux semaines je n'avais pas vraiment commencé à écrire -_-. C'est vrai qu'il est pathétique mais ca s'arrange petit à petit. Bonne chance pour tes révisions ! (je connaîtrai l'année prochaine...). Ca me fait aussi plaisir que le style d'écriture te plaise.
Grispoil : Désolé je t'avais dit qu'il y avait des explications sur le médaillon dans ce chapitre et finalement c'est dans le prochain...
Enfin la question :
Noel et le jour de l'an approchent (15 jours) et je comptais faire un cadeau. Je voudrais donc savoir si vous préféreriez :
- 2 chapitres de Dpnjr entre le 23 décembre et le 1er janvier (1 semaine au lieu de 2 entre les chapitres)
- Un OS spécial
- Une nouvelle fic (idées acceptées)
Après je m'adapterais si je reçois des réponses.
Prochain chapitre vers le 23 donc (cadeau de Noël en plus ?). Je vous laisse mijoter avec cette fin qui ne devait pas du Touuuuut être celle là. Ce n'est pas de ma faute si ils n'en font qu'à leur tête.
Entre Harry suicidaire, Julian soudain peureux et Shahlâ... bah lui il fait pas grand chose pour le moment. (je vous laisse je vais me coucher et je commence à divaguer en plus, bonne journée/matinée/soirée/nuit)
En esperant ne pas avoir laissé trop de fautes.
Tsuh... la loque qui est tombée sur la tête (sens propre et figuré)
