Disclamer : Tout appartient à JKR sauf l'idée qui est de moi
Note : Pas vraiment de chanson cette fois (sauf un extrait vers le milieu). Pour ce chapitre je conseillerais d'écouter l'album d'Agnes Obel Philharmonics qui est un mélange de piano et voix (rien d'autre). Musique calme mais assez rythmée sur certains morceaux. C'est avec lui que j'ai écrit ce chapitre et que j'écrirerais surement le prochain.
Note 2 : Les fautes restantes sont de ma responsabilité. Sous peu, lorsque j'aurais vraiment le temps, je vais corriger les fautes des chapitres précédents. (un jour peut-être et tout le monde s'en f...)
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Merci encore une fois pour les reviews, les alertes, les favoris et ceux qui me lisent sans se manifester.
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Bonne Lecture !
Chapitre 8 : Enfance Partie Un
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« Selon une légende Talmudique, lorsqu'un enfant naît,
il possède encore le savoir ultime de ses vies antérieures.
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C'est alors qu'un ange apparaît et lui enjoint de tenir ce savoir secret.
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L'ange pose son doigt sur la lèvre de l'enfant et à cet instant précis,
le bébé oublie tout pour entrer dans la vie.
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Du geste de l'ange, il reste une trace :
le petit creux qui dessine un fossé entre notre lèvre supérieure et la base de notre nez...
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Alors seulement,
il peut pousser son premier cri.
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Légende Talmudique – reprise dans « Le premier cri » de Gilles de Maistre (1)
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Les rayons éclairent doucement une petite île encore calme. Dans une chambre, une porte s'ouvre. Une grande silhouette rentre, tire une chaise et s'assoit tranquillement. Elle attend quelques instants puis se relève. Elle ouvre en grand les rideaux de tissu épais laissant les rayons passer. Ils tombent sur la forme endormit d'un enfant. Indisposé par la lumière, il se tourne et se retourne essayant de se soustraire à cette afflux de lumière. La jeune femme se dirige à nouveau vers sa chaise et se rassoit.
Elle attend encore puis, d'une voix calme et basse, elle commence une histoire :
« Il était un fois un jeune chaton noir aux yeux verts. Il vivait avec sa mère et ses trois jeunes sœurs. Tout se passait bien dans sa vie tranquille de chaton mais un jour, alors qu'il se réveillait doucement, il sentit un manque. Il ne restait qu'une douce effluve ancienne de sa mère et de ses sœurs qui avaient disparu.
Il resta plusieurs jours dans sa cachette, attendant le retour de sa mère. Il espérait encore mais en son cœur il savait qu'elles ne reviendraient plus. Au bout d'un moment la faim se fit plus présente. Il ne pouvait plus rester cloîtré. C'était la peur au ventre qu'il fit sa première sortie seul.
Une patte après l'autre.
Lentement.
La forêt était silencieuse, aucun oiseau ne perçait le dense feuillage. Il leva la tête et vit pour la première fois l'immensité bleu du ciel. Cette masse azure le fascina tout en le terrifiant. Il resta un moment ainsi, les pattes tremblantes, jusqu'à ce que son petit estomac se rappelle à lui.
A partir de ce moment le chaton parcourut les étendues herbeuses et terreuses de la forêt. Jour et nuit il cherchait de la nourriture. Étant né lors de la fin de la belle saison la nourriture se faisait rare. Il n'avait pas encore appris à chasser même si une partie de son instinct lui permit d'attraper quelques insectes. C'était une denrée très insatisfaisante et qui ne le nourrissait pas ou peu. Une seule fois il réussit à attraper une grosse proie. C'était un bébé sourie blessé et affamé. Il se jeta dessus et son estomac fut comblé plus que jamais il ne l'avait été depuis qu'il était seul.
La saison froide arriva et le chaton ne trouva plus d'insectes. La faim se fit plus pressante que jamais. Il ne pouvait plus rien faire il retourna donc dans son premier terrier. Il était faible et il se coucha aussitôt dans les résidus d'odeurs de sa mère devenus faibles voire inexistant. Ils le réconfortaient un peu.
Les journées passèrent, plus froides les unes que les autres. Le petit chat survivait comme il le pouvait. Il ne savait pas pourquoi il s'attachait autant à cette terre. A chaque instant où il commençait à abandonner une voix le retenait. Elle lui disait de s'accrocher, de vivre pour elle. Il ne la connaissait pas mais il lui fit confiance aveuglement. Toute la saison il s'accrocha à elle, tirant de lui une force inconnu. La volonté de survivre. Il était seul mais pas vraiment.
La saison chaude revint et tout recommença. La lutte pour la nourriture. Cependant il avait grandi, il avait également affiné sa technique de chasse. Petit à petit il reprit des forces et le jour où sa famille disparut arriva.
Un an qu'il était seul. Il avait survécu à son premier hiver.
Les hivers passèrent, quatre exactement. Le chat noir était toujours frêle, conséquence de son alimentation maigre, mais élancé et tout en grâce. C'était un jour de chasse comme les autres jusqu'à ce qu'une odeur agresse son museau. Une odeur de renard. La bête avançait vers lui, se dirigeait vers son terrier. Il était coincé et le savait.
Le chat ne se terra pas pour autant lorsque le canidé le débusqua. Il l'attaqua au niveau des yeux bien qu'il sache son geste futile et désespéré.
La nuit tombée, la lune découvrit le corps blessé d'un petit chat qu'elle veillait depuis sa naissance. Elle vit sa poitrine se soulever faiblement et le sang s'écouler lentement de multiples blessures. Elle ne supporta pas de voir son protégé périr ainsi alors elle décida de lui faire un cadeau.
Cette nuit là, la forêt put observer la descente d'un ange. Ce n'était pas vraiment un ange mais un homme, la conscience de l'astre lunaire. Une longue cascade de cheveux argentés ondulant lors de sa chute et salué par les étoiles elles mêmes. Il était devenu rare qu'il ou elle se montre. Depuis la Chute la conscience lunaire s'éteignait tout comme ses étoiles. Ainsi, en cette nuit, la forêt reçut une bénédiction éternelle en la personne de la Lune ou plutôt en sa conscience.
Sa descente parut interminable et lorsqu'il posa pied sur la Terre, pour la première fois depuis la Chute, un frisson la parcourut. Elle avait reconnu un frère, un amant en lui. Eux, à tout jamais séparés. Son pas était aérien et il se rapprocha doucement de la petite bête. Il s'agenouilla puis se pencha sur elle. Le chaton qui n'en était plus vraiment un crut rêver lorsqu'il aperçut une forme claire au dessus de lui. Il sentait son souffle faiblir et avait mal à chacune de ses respirations. Il entendit une voix indescriptible, une voix qui ne devrait plus exister sur cette terre maudite de par les âges. Cette voix lui parlait :
- Calme toi petit chaton. Je t'observe depuis que tu survis dans cette forêt. Je veille sur toi car ta mère l'a voulu et j'ai accepté. Je t'ai observé longuement, courageuse petite bête. Je sens que ton chemin ne fait que débuter sur cette immensité. Tu devras la parcourir et veiller à ton tour, je le sens. Pourtant, sous cette forme tu ne le pourras pas. Je vais te faire un cadeau, enfant de la nuit. Tu veilleras sur ceux dont le destin est marqué par la lune et en échange ta vie ne finira pas. Je sais, une vie éternelle et solitaire n'est pas le plus beau présent, c'est pourquoi moi, la conscience de la Lune, t'offre deux présents de plus. Tu seras dorénavant mon Vama* et de ce fait je t'offre une seconde forme afin de mener à bien ta mission... Dortsmaintenant, je veillerai sur toi jusqu'à la fin... et toi, tu veilleras sur les enfants marqués par la Lune.
Dans la forêt redevenue sombre, le petit chaton au pelage de ténèbres et aux yeux de jade n'était plus, à sa place reposait dorénavant une jeune panthère aux yeux vairons.
Une seconde légende dit que cette panthère a été fidèle à travers les âges à de nombreuses personnes, toutes marquées par la Lune. Les plus célèbres du coté sorciers furent un pharaon égyptien, Merlin et plus récemment Grindelwald. Du coté moldu, elle fit également son apparition avec Alexandre le Grand, Napoléon et bien d'autres. Elle fut aperçu avec certaines créatures magiques et plus particulièrement avec Vlad III dit L'empaleur ou encore Dracula et avec une reine elfique noire. Cependant une chose était commune à chacun, l'animal les abandonnait toujours quand leur fin était venue (pour les sorciers et les moldus) ou lorsqu'elle le voulait (pour les créatures magiques). Sa fidélité réelle n'allait à aucun d'eux, il n'était que liberté.
Il est dit qu'un jour il reconnaîtra son maître, l'enfant spirituel de la Lune, et qu'ils auront les mêmes yeux. Un argenté, un vert... »
La voix de la jeune femme s'arrête doucement comme à chaque fois qu'elle raconte cette légende ou une autre. Elle attend que le jeune enfant attentif fasse le premier geste. Cela ne tarde jamais et une fois de plus c'est vrai.
- Esfir ?
- Oui ?
- Pourquoi tu me racontes toujours cette histoire quand je dors ? J'ai l'impression que tu ne veux pas que j'entende le début. C'est vraiment ça ?
- Ce n'est qu'une coïncidence Ambroise. Pourquoi ferais-je ça ?
L'enfant semble se renfermer mais au bout d'un moment, la jeune Sylvestre voit bien que quelque chose le tracasse à la manière qu'il a d'éviter son regard acier.
- Tu veux me demander autre chose ? interroge-t-elle doucement tout en gardant une once d'autorité naturelle.
- Et bien... commence-t-il peu rassuré, à chaque fois que tu me racontes une histoire j'ai l'impression qu'elles sont réelles, qu'ils existent vraiment mais... ça ne peut pas être vrai ? N'est ce pas Esfir ? La magie ça n'existe pas ? La magie ce n'est qu'un conte ?
A cette dernière question elle se tend et retient son regard choqué. Il ne connaît pas la magie ?
- Esfir ?
- Tu... tu demanderas à Julian. Il t'expliquera.
Il n'a pas le temps de poser une autre question qu'une tornade s'engouffre dans sa chambre et saute sur son lit en l'écrasant au passage et sans douceur.
- Bonjour Ambr', dit la personne. Allez, lève toi ! Il fait beau, faut se dépêcher si on veut pouvoir sortir. Allez Ambr' bouge !
- Stop D'mitri ! Arrête de parler et enlève toi de mon lit si tu veux que je me lève.
Dimitri se lève et ce n'est qu'à ce moment qu'il aperçoit une longue tresse blanche, une peau d'ivoire, des yeux gris métalliques.
- Excusez moi, votre Majesté. Je ne voulais pas vous déranger. Je reviendrai plus tard.
Il commence à partir lorsqu'une douce voix l'interrompt :
- Ne te dérange pas pour moi. Reste.
- Mais, Majesté je...
- Il n'y a pas de Majesté ici. Je m'en allais alors tu peux rester. Je suis sûre que ta compagnie conviendra mieux que la mienne à notre jeune 'ami' ici présent.
Elle ne le laisse pas rétorquer une fois de plus et sort, un sourire énigmatique sur le visage. Une fois la porte franchie ce sourire s'efface et laisse la place à un masque. La souveraine marche rapidement dans le dédale de couloirs jusqu'à arriver devant la porte sculptée de la salle de réception. Elle l'ouvre sans attendre et pénètre dans la demeure des prêtres. Elle s'avance directement vers Demeter, le seul présent à ce moment.
- Demeter, je veux une explication et tout de suite !
Son 'aura royale' tournoie autour d'elle et, à ce moment là, il est facile de comprendre pourquoi elle est crainte.
- Bien sur Majesté mais pourriez vous seulement me dire sur quoi je dois m'expliquer.
- Vous pourriez, par exemple, me dire pourquoi Ambroise ne connait pas l'existence de la Magie. Pourquoi il pense que ce n'est qu'un conte ?
- Nous n'avons pas jugé utile de l'informer
- Vous n'avez pas jugé utile de l'informer ? C'est bien ce que vous me dîtes prêtre de Nyoka ? Vous n'avez pas jugé utile de lui dire qu'il était un sorcier, même de lui parler tout simplement de la Magie ? Qui êtes vous donc pour prendre cette décision ?
- C'est ce que je vous dis Reine des Sylvestres et qui je suis, vous l'avez également dit. Je suis un des deux prêtres de Nyoka.
- Trois... Il y a trois prêtres.
- Le troisième ,n'est qu'une légende. Aucun texte n'y fait référence.
- Tu ne mérites pas ton rang, Demeter. Elle crache presque son nom. Ne te rappelles tu pas que l'ancien savoir ne doit jamais être écrit mais conservé par les détenteurs et certains êtres magiques. Ne l'oublie pas.
Elle fait une pause et observe celui qui lui fait fasse. Il ne faut pas qu'elle oublie son but premier, savoir pourquoi Ambroise ou plutôt Harry Potter ne semble rien savoir de la Magie.
- Bien, reprend elle froidement, et pourquoi ne l'avez vous pas jugé... utile ?
- Nous...
- Vous ?
- Je pense qu'il faut le laisser découvrir son pouvoir et que...
- Stop ! Vous voulez le laisser découvrir son pouvoir, et les conséquences. Si sa puissance brisait le sceau de sa mémoire ou ses souvenirs eux même ? Je ne vous comprends pas Demeter, que manigancez vous ?
- Rien. Laissons lui encore son innocence. Lorsqu'il sera près il vous rejoindra comme convenu. Vous pourrez finir son éducation et le préparer.
- Le préparer à quoi ?
- A survivre. La fausse prophétie existe encore. SI vous n'avez plus rien à me dire, Majesté, vous pouvez partir j'ai à faire.
- Je n'en resterai pas là croyez moi. Prévenez Eos que je retourne dans mon peuple et reviendrai pour la cérémonie annuelle.
Sur ces mots la reine fait volte face et disparaît. Demeter, de son coté, reprenait son travail semblant peu touché par les paroles de son interlocutrice.
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Foolish, feebleminded, wrong and senseless – Stupide, imbécile, mauvais et insensé
Right rod off long ago – Tige droite d'il y a bien longtemps
There's nothing more you need to know – Il n'y a rien de plus que vous devez savoir
There's nothing more you need to show – Il n'y a rien de plus que vous devez montrer
Let us disagree, because wrong was made for you to be – Soyons en désaccord, car le mal a été fait pour que vous soyez.
Avenue – Agnes Obel
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- D'mitri ! D'mitri ! Attends moi, tu cours trop vite.
- Tu sais que tu es une vrai limace parfois, Ambr' ? Demande l'autre garçon en riant et reprenant un peu son souffle.
- On va devoir bientôt rentrer, rajoute Ambroise un peu déçu.
- En fait non. J'ai réussi à faire qu'Eos accepte de nous laisser manger dehors.
- Même après le petit accident de la dernière fois ! S'exclame-t-il surpris.
- Si tu parles de la fois où j'ai dû interrompre une réunion assez importante car tu venais de te blesser très très légèrement avec une pierre, oui. Cependant elle ne veut plus que l'on recommence. Elle a dit, je cite « Essaie de le garder en vie jusqu'à ce que je sois prête, sinon, tant pis ».
Dimitri n'attend pas le jeune homme et repart en courant et en riant, ne faisant pas attention si il le suit. Il apprécie le climat doux de l'île. Ils peuvent presque vivre toute l'année dehors. Cela le change de l'air froid de la Russie, pays qu'il n'apprécie vraiment pas.
Les journées passent rapidement pour les deux enfants, trop vites. Elles sont remplies de jeux et d'innocence mais pas que cela. Sans vraiment s'en rendre compte les deux jeunes apprennent les légendes et l'Histoire du monde, ils commencent aussi à réfléchir par eux-mêmes. Ils ne se laissent plus dicter leur conduite sans chercher à comprendre ce qu'on leur demande.
Le 31 juillet arrive rapidement et, comme tous les ans, Ambroise à le droit au même réveil. Un réveil brutal, enfin c'est ce qu'il croyait jusqu'à ce qu'il sente une légère secousse au niveau de son épaule. Il ouvre à moitié les yeux et tombe sur la silhouette d'Eos. Il est surpris et un peu déçu que ce ne soit pas Dimitri. Il ne comprend pas pourquoi et oublie vite ce fait. Il se dirige assez rapidement vers la salle de bain comme sa mère de cœur lui a conseillé de faire. Il se douche et enfile, tout aussi vite, ses vêtements noirs. Ce sont ceux qui se salissent le moins vite et qui étaient les « plus classes » selon Sinistrah une des servantes d'Esfir même si elle trouvait se terme de servante inapproprié vu ses fonctions. Alors qu'il sort de la salle de bain il passe devant un miroir. Il s'arrête et observe une fois de plus cette fine cicatrice sur son front. Elle ressemble vaguement à un éclair (plus que vaguement...) et une fois de plus il se demande d'où elle peut bien venir. Peut-être de son oncle, il s'était bien amusé à graver un M sur son omoplate droite.
« Un M pour monstre. Tu te rappelleras toujours de ta condition ainsi et ce sera une mise en garde pour tous ceux voulant t'approcher... »**
Face à ce miroir il essaie également de retrouver des traits de sa mère – Julian l'avait décrite une ou deux fois. A chaque anniversaire – depuis deux ans maintenant – il se soumet à ce rituel. Il se demande si sa mère avait le même éclat dans ses yeux si semblables aux siens (parait-il), si ses cheveux avaient la même texture, si leurs mains se ressemblent, si... et encore d'autres détails qui pourraient être futiles pour d'autre. Il en a besoin pour ne pas oublier son passé même si il est jeune. Il ne peut pas oublier qu'avant tout il était Harry. Le nom Potter n'est rien pour lui. Il ne se rattache à personne qu'il connaisse.
Ambroise sait que beaucoup le trouvent trop mature pour ses neuf ans mais il n'en à que faire. Parfois il a l'impression qu'il en sait plus qu'il ne le devrait. Comme la fois, il y a environs deux mois, où Esfir lui avait parlé de la Magie. Il avait fait semblant de ne pas connaître son existence, de se révolter contre ce fait mais, en son cœur, il sait qu'elle existe. Sinon comment expliquer ces sensations de chaleurs lorsqu'il a froid la nuit, la nourriture apparaissant devant lui. Ces faits étaient rares et ils sont devenus inexistant depuis quelque temps mais il ne peut les ignorer.
Un léger coup contre la porte le ramène à la réalité. Ambr' se rappelle qu'il doit se dépêcher de manger, il se détache donc, avec un peu de regret, de son reflet qui semble parfois se moquer de lui. Un dernier coup d'œil à ce M grossier avant qu'il ne disparaisse de lui-même. Il n'est visible que lorsque Ambroise est seul, personne d'autre ne peut le voir.
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Il est environs dix heure lorsqu'il entre dans les cuisines et se prépare rapidement un petit déjeuner tout en évitant les cuisiniers. Il n'était pas censé se servir tout seul, il ne devait pas s'abaisser à cela selon le personnel. Certains font à chaque fois semblant de ne pas le voir se servir sachant qu'il apprécie le fait de se débrouiller par lui même.
Une demi-heure après, il ressort repu et près à vraiment commencer sa journée. Dimitri n'est toujours pas là alors qu'il lui avait promis de passer leur journée ensembles. Après tout ce n'est pas tous les jours qu'ils peuvent se voir dorénavant. Dimitri devait, sur les ordres de son père, suivre une éducation auprès de sa mère en Russie, pays qu'il haït plus que tout. Personne n'avait compris et approuvé ce choix semblant injustifié mais personne, une fois de plus, ne pouvait aller à l'encontre de la décision d'un père pour son enfant et encore moins lorsqu'il est un prêtre de Nyoka.
Ainsi, les deux jeunes ne sont ensembles que depuis une semaine, le temps des vacances et pour permettre aux deux de fêter leur anniversaire. Ils ne se sont pas quittés depuis le début et maintenant, le jour enfin arrivé, son ami n'était nul part.
Ambroise décide de l'attendre à leur endroit habituel près du parterre de padenie, ces fleurs noires au cœur rouge avec un seul pétale blanc. Il ne sait pas vraiment pourquoi ces fleurs en particulier, il les apprécie c'est tout alors que Dimitri ne peut pas les voir. Un point différent entre les deux jeunes, un fait assez rares.
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Treize heure approche et Dimitri n'est toujours pas là, Ambroise commence à s'impatienter. Trois heures à l'attendre. Il entend enfin une voix familière derrière lui qui s'excuse de son retard.
- Je finissais ta surprise Ambr' ! Tu m'en veux pas ?
Ambr' lui fait un unique sourire comme réponse et se lève prêt à partir. Dimitri lui prend la main et l'entraîne vers la forêt.
- Dima, Dima ! On a pas le droit d'aller dans la forêt tu le sais mieux que moi.
- Aujourd'hui est un autre jour...
Devant la lueur d'incompréhension devant son essai d'humour un peu voire beaucoup raté, Dimitri reprend :
- J'ai l'autorisation d'Eos pour aujourd'hui. Ma surprise se trouve dans une clairière pas loin mais pour que ce soit vraiment une vrai de chez vrai surprise je dois te bander les yeux.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée D'mitri. Tu connais ma maladresse.
- T'inquiètes pas Ambr', je vais te guider. Tu me fais confiance, n'est ce pas ?
- Euh... ou... Oui je te fais confiance.
Sur ces mots, faits plus pour se rassurer lui même, Ambroise prend le morceau de tissu noir que lui tend son ami. Il le noue sur ses yeux et s'accroche immédiatement au bras de Dimitri. Il n'aime vraiment pas le noir et l'impression d'être sans défense mais il ne le dit pas. Il entend le léger rire de Dimitri face à son geste. Celui ci commence à marcher doucement tout en guidant l'enfant momentanément aveugle. Ils marchent durant un quart d'heure au minimum puis ils s'arrêtent soudainement. Ambroise ne peut pas dire où ils sont. Ils auraient aussi bien pu se trouver à la lisière de la forêt qu'en son cœur, il n'aurait pas vu le différence. Il sent Dimitri lui enlever son bandeau.
Il voit qu'il se trouve effectivement dans une clairière, vide. Il s'apprête à parler lorsque Dimitri lui envoie un regard lui disant de se taire et de s'écouter. C'est un regard disant également, ne me désobéit pas. Ambroise se tait donc et attend. Au bout de quelques minutes lui paraissant interminables il entend un bruit venant du centre des bois. Il se tourne vers la source du son et attend. Il reconnaît le bruit des sabots d'un cheval, il lance un regard d'incompréhension à Dimitri qui sourit et lui fait un signe de tête en direction des fourrés.
Sortant de ces mêmes fourrés, Ambroise voit un cheval avançant vers lui tranquillement. Il mesure environs un mètre soixante, sa robe est un mélange harmonieux de poils marrons et roux tendant fortement sur le rouge. Dimitri prend la parole alors que les deux autres s'observent :
- C'est un cheval de la race barbe, sa robe est baie cerise comme tu as pu le voir et il est un peu plus grand que la moyenne de la race. Les robes baies sont les plus courantes chez les chevaux*** d'après ce que j'ai entendu dire. Pour revenir à cette race elle est réputée pour son endurance, sa robustesse, ses qualités sportives mais également pour son intelligence. Ils assimilent très bien et ont une très bonne compréhension. Après tu t'en rendras compte par toi même, ce cheval là n'est pas comme les autres de son espèce et c'est pourquoi il s'est retrouvé ici. Son clan l'a rejeté.
- Un... un... un cheval ?
- Oui, tu n'aimes pas mon cadeau ? sa voix est un peu déçue.
- Si, si Dimitri mais...
- Mais ?
- Je n'ai pas encore de cadeau pour toi..
- Ce n'est pas grave Ambr' et puis, comment tu feras lorsque tu partiras ?
- Partir ? Mais, partir où ?
- Partir en balade bien sûr. Tu croyais quoi ?
- Rien, rien. Il s'appelle comment ? Demande-t-il en changeant habilement de sujet.
- En fait, une des particularités de ce cheval est qu'il choisit son nom et le fait savoir à son maître lorsqu'il le juge digne de le savoir. Les noms ont un fort pouvoir sur certaines espèces.
- Oh... alors je dois attendre.
- Oui, comme pour le monter. De toute façon tu es trop petit. Tu vas pouvoir apprendre à le connaître entre temps.
Le jeune enfant aux yeux verts se désintéresse de Dimitri pour se tourner vers l'animal qui le regarde tranquillement. Il s'avance vers le jeune homme, le son de ses sabots assourdit par l'herbe grasse de la clairière. Le cheval bai (cerise) s'arrête à quelque pas et semble attendre un mouvement venant de l'enfant.
Ils s'observent un moment en silence, scrutant l'autre, essayant de le comprendre. A la fin Ambroise semble avoir deviné ce que le cheval attend de lui. Doucement, sans briser le contact visuel, Ambr' s'incline, avec respect. Il attend quelques secondes avant de se redresser. Ce qu'il aperçoit à ce moment là dans le regard de l'équidé le surprend. Il voit une sorte de lueur de... fierté ou d'approbation. Une minute passe encore avec seulement le souffle du vent dans les arbres puis l'animal s'incline à son tour. Juste après ce geste l'animal part au galop et disparaît dans les mêmes fourrés qu'auparavant.
Ambroise se tourne vers Dimitri qui observe pensivement la scène. Ambr' semble lui demander ce qui vient de se passer.
- Je pense qu'il vient de t'accepter comme maître potentiel. C'est un cheval sauvage, il viendra te voir lorsqu'il sera prêt.
- Oh...
Il semblerait qu'à cet instant Ambroise n'est pas capable de sortir un autre mot et encore moins une phrase complète. Il vient de se rendre compte du cadeau de son ami. Un sourire béat apparaît sur ses lèvres avant qu'il ne se jette sur Dimitri, les faisant tomber en même temps, et le remercie encore et encore.
Après cela ils rentrent tranquillement au manoir et passent la journée à parler, courir, se cacher lorsque Eos avait commencé à les chercher. Après quinze minutes de 'cache-cache' ils se décident à aller dans leurs chambres afin de se préparer pour la soirée.
Ambroise rentre rapidement et tombe, hélas, sur Sinistrah (encore elle). Elle lui montre immédiatement la salle de bain avec une moue dégoûtée lui indiquant à quel point ses vêtements étaient propres. Alors qu'il se relaxe sous l'eau chaude, presque bouillante, il entend la porte de la salle s'ouvrir puis se refermer. Lorsqu'il sort il voit que ses vêtements sales ne sont plus là mais remplacés par d'autres propres. Il enfile rapidement les habits sauf la chemise qu'il laisse de coté. A chaque fois qu'il voit cette marque sur son omoplate il ne peut s'empêcher de la contempler et de se demander pourquoi il avait dû subir cela. Qu'avait il de si différent ?
Ses réflexions, les secondes de la journée, lui rappellent qu'il n'a toujours pas de cadeau à la hauteur de celui de Dimitri. Il ressort donc de la pièce pour voir Sinistrah lui indiquer une chaise. Il s'installe et elle finit de le coiffer pour que tout soit parfait pour la soirée qui risque d'être riche en surprise. Ses cheveux toujours indomptables lui rappellent une autre scène, assez lointaine dans un futur qui n'existera pas. Elle est une des seules Sylvestres à déjà se souvenir. En fait elle n'a jamais oublié car son devoir est de guider la Reine et pour cela elle se déguise en servante. Le meilleur moyen de tromper l'ennemi, se montrer insignifiant, se faire oublier. Une voix la ramène à la réalité :
- Pourquoi tu souris Sin' ?
- Je repensais à une scène quasiment identique.
- C'est rare de te voir sourire, tu sais Sin'.
- Pourquoi dis tu ça petit homme ? Je suis toujours souriante.
- Oui, mais tous tes sourires sont faux. Celui là il est vrai, tu ne te forces pas à faire croire que tu es heureuse. Pourtant tout le monde croit à ta joie mais pas moi.
- Et pourquoi tu n'y crois pas ?
- Parce que moi aussi je fais ça parfois. Pour ne pas inquiéter Eos, Dimitri, Esfir et parfois Julian, je me force à être toujours joyeux, je leur fais croire que j'ai oublié tout mon passé. Je fais comme si rien ne s'était jamais passé et que je ne garde aucune marque de mon séjour chez celui qui se dit mon Oncle. Je ne sais pas pourquoi je te le dis Sin' mais je te fais confiance... un peu.
- Je suis honorée d'avoir ta confiance, petit homme. Moi aussi je te fais confiance alors ce que je vais te dire devra rester juste entre nous.
- Tout comme ce que je te dis Sin'.
- Oui, dit la jeune femme en riant légèrement. Je souris vraiment car je repensais à un jeune homme, plus vieux, qui avait les mêmes cheveux que toi. Avec Elvi' nous l'avions préparé pour une cérémonie. Je voyais sa tête lorsqu'il s'est rendu compte que l'on avait osé le maquiller.
Elle rit doucement tout en le peignant et démêlant sa tignasse.
- Maquiller ?
- Je te montrerai un jour.
- Dis Sin' ?
- Oui ? Quelque chose te tracasse ? Si tu veux parler d'avant je serais toujours là.
- Je sais mais je ne suis pas encore prêt à en parler à quelqu'un d'autre. En fait... il est embarrassé en commençant sa phrase, je n'ai pas de cadeau pour D'mitri.
- Tu veux que je t'aide ?
- J'aimerais bien. Je ne trouve rien à la hauteur de son cadeau.
- Si tu me dis ce que c'est, si tu le veux, je pourrai peut être t'aider. Il nous reste une heure avant le début du repas et deux avant que nos présences soient vraiment requises.
- Requises ?
- Nécessaire.
- D'accord. Pour le cadeau, je vais te le montrer.
Il se lève précipitamment et prend la main de la jeune femme. Il la tire dehors et va à l'orée de la forêt ignorant son regard perplexe. Ils attendent en silence pendant cinq minutes lorsqu'un cheval apparaît. Les yeux de la Sylvestre s'écarquillent en voyant la robe rousse au reflets rougeâtre de l'animal et en le reconnaissant. Elle laisse un seul mot s'échapper de ses lèvres :
- Magnifique... (Impossible pense-t-elle au même moment)
- Tu comprends pourquoi je trouve pas de cadeaux pour lui. Rien n'égale le sien.
- Je vais t'aider.
Cette fois c'est la jeune femme qui l'entraîne jusqu'aux sommets de l'île en traversant les champs et un petit bois. Ils arrivent à une grotte lorsqu'elle accepte enfin de le lâcher. Elle commence à lui parler en lui indiquant une petite place près de l'entrée de la cavité.
- Tu sais qu'en chacun de nous réside un pouvoir, en voyant la surprise dans le regard d'Ambroise elle reprend. Donc, je disais qu'en chacun de nous réside une force, un pouvoir différent pour chacun. Je sais que tu as découvert le tien car il est moins sauvage qu'il ne le devrait, même diminué. Ne me demande pas pourquoi il est diminué, je ne le sais pas. Avec ce pouvoir il est possible de modifier l'ordre établi mais jamais tu ne pourras créer quelque chose à partir de rien tout comme tu ne pourras rien détruire pour toujours. Un moldu a écrit un jour « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses existantes se combinent, puis se séparent à nouveau »(2) mais c'est la forme reprise par Antoine Lavoisier qu'ils ont tous retenus « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Tout ça pour te dire que tous ceux qui ont essayé de se soustraire à cette règle ne s'en sont jamais sortis.
- Quel est le rapport avec le cadeau ?
- En toi tu as la puissance nécessaire pour « créer » ton cadeau mais tu ne sais pas la canaliser. Je vais t'aider à le faire. Que dirais tu de lui offrir un pendentif que tu aurais fabriqué toi même et qui pourrait le protéger un minimum.
- C'est possible ?
- Oui, si je t'aide.
- Alors c'est d'accord.
La jeune femme sourit une fois de plus devant le bonheur enfantin d'Ambroise.
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Après une demi heure de recherches, trois pierres se trouvent devant eux.
Un grenat rouge, tendant vers le noir. Une pierre d'ambre. Une topaze.
Sin' prend la main d'Ambroise une fois de plus et le fait s'asseoir. Entre eux se trouvent les trois pierres. Elle ne lache pas ses mains.
- Ferme doucement les yeux et concentre toi sur ma voix. Voilà, comme ça. Fais le vide. Tu te trouves dans un endroit où tu te sens en sécurité. Tu vas te concentrer sur les sensations qui t'arrivent et chercher ta source de pouvoir. Maintenant que tu l'as concentre toi sur le résultat que tu veux avoir au final. Pense chaque détail et le résultat sera meilleur. Chaque petit détail compte. N'en oublie aucun, chaque petite aspirité des pierres compte.
Une douce chaleur commence à envahir la clairière. Sin' la redirige vers les trois pierres qui se font entourées par une minuscule tornade de pouvoir.
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Le pouvoir diminue, Ambroise ouvre les yeux et ne croit pas ce qu'il voit. Il tourne un regard interrogateur vers Sin' qui lui sourit.
- Combien de temps, demande-t-il en étouffant un bâillement.
- Deux heures.
- Tant que ça ? Mais... on est en retard !
- Oui.
- Arrête d'être aussi calme Sin' ! On va se faire tuer par Eos et Esfir !
- Tu auras une bonne excuse lorsqu'elles verront ton cadeau.
(1) : cette légende n'a pas grand chose à voir dans ce chapitre à part le fait qu'elle rappelle que le monde a eu une vie antérieure mais que la plupart ne s'en rappelle plus. Un peu comme si l'ange de la légende était passé... (mon interprétation évidemment)
*Vama = protégé
** Cette « gravure » a été faite lors de cette vie là (je sais pas si c'est clair donc j'essaie d'expliquer...) C'est un souvenir mais un pas un de ceux mis sous... sortilège (on peut appeler ça comme ça mais en fait c'est une forme d'Oubli contrôlé.)
*** si je me trompe n'hésitez pas à me le faire savoir
(2) C'est Anaxagore qui à écrit cela si ça interesse quelqu'un...
J'ai du mal à imaginer que c'est le 9ème chapitre que je poste pour cette fic... enfin bon je sais pas trop quoi penser de ce chapitre (qui se rallongent). Il ne me satisfait pas trop mais je ne pourrait pas faire mieux.
Aussi, si un gentil lecteur à une IDEE de NOM pour le cheval d'Ambr' je veux bien voir...
Prochain chapitre dans la nuit du 9 au 10 mars normalement : Enfance partie 2 : soirée anniversaire, découverte du cadeau d'Ambroise et une discussion qui fache dans le menu du prochain chapitre et d'autres choses surprises.
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Reponse aux reviews :
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Matsu : Merci pour ta review, j'ai corrigé le chapitre dès que je l'ai lue. C'est le problème des cours de russe, la traduction me vient naturellement et j'ai "zappé" le fait de la mettre. Merci encore.
Ata-Chan : Merci pour ta review. Le nouveau personnage n'arrivera pa tout de suite mais des allusions à lui sont faites (dans la conversation/dispute de Demeter et Esfir par exemple). Ca me fait toujours plaisir de lire tes reviews.
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Tsuh... Bonne nuit ou bonne journée...
