Disclamer : tout appartient à JKR
Note : 2 chansons au cours de ce chapitre : 1. Louretta d'agens Obel (instrumental). 2. Hallelujah de Jeff Buckley
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Merci une fois de plus pour les reviews, les alertes, les favoris et tous les autres
- Combien de temps, demande-t-il en étouffant un bâillement.
- Deux heures.
- Tant que ça ? Mais... on est en retard !
- Oui.
- Arrête d'être aussi calme Sin' ! On va se faire tuer par Eos et Esfir !
- Tu auras une bonne excuse lorsqu'elles verront ton cadeau.
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Chapitre 9 : Enfance Partie 2
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- Si elles le voient... on n'y sera jamais à temps... déclare, défaitiste et un peu triste, Ambroise.
- Ambroise, écoute moi bien. J'ai un moyen de nous faire arriver très vite mais ça devra rester entre nous. D'accord ?
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Au même moment des menaces de morts commencent a être prononcées.
- Si je l'attrape celui là... Tiens, le voilà.
La prêtresse aux cheveux de feu s'approche des deux personnes sortant tranquillement de la forêt. Elle regarde Ambroise, ses joues rosies par l'air et son air joyeux. Elle ne se laisse pas démonter par son semi-air de chien battu et lui indique froidement la porte du manoir. Tout aussi glaciale, elle ajoute :
- Va te changer ! Tu n'es ni présentable, ni digne de ton rang ici.
A quelques mètres à peine Esfir ordonne à sa 'servante' Sin' de se dépêcher et lui dit qu'elles s'expliqueront plus tard.
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Dans sa chambre, Ambroise observe longuement son cadeau et ne le trouve pas à la hauteur de celui de son ami. Il doit rester ainsi un moment jusqu'à ce qu'une voix familière, mais qu'il n'avait plus entendu depuis plusieurs années, retentisse :
- Il est splendide, il ne pourra que l'aimer.
- Shame !
- Oui c'est moi. Tu sais, tu n'es pas obligé de parler aussi fort. Tu as juste à penser et je t'entendrai.
- OH. Pourquoi tu n'es plus venu me voir Shame ?
- J'avais du travail petit Emerald. Du travail pour pouvoir enfin te rencontrer vraiment et t'aider.
- M'aider pour quoi ?
En même temps qu'il pense sa question un air interrogateur se peint sur son visage.
-Tu le sauras en temps voulu. Prépare toi à partir bientôt.
- Partir ?
Il n'a pas le temps d'entendre une réponse que sa porte s'ouvre.
Il réfléchit à la dernière phrase de Shame ainsi que celle de Dimitri. Tous deux disent qu'il va partir mais, partir où ? Pourquoi ?
Eos, dans une robe de soirée rouge sang au dos nu, ses longues boucles rousses tombant sur sa peau légèrement halée, le regarde et attend quelque chose. Après quelques secondes elle se dirige vers une armoire et en ressort une légère chemise verte tirant sur le noire. Elle lui tend. Sans prononcer une parole il prend le morceau de tissu, enlève la chemise noire qu'il avait choisi de porter et enfile la nouvelle. Ensuite, la prêtresse ne lui laisse pas le temps de se reposer. Elle ressort immédiatement et Ambroise sait qu'il a intérêt à la suivre sans un mot.
Ils traversent les couloirs devenus familier sans un bruit, sans une parole. Arrivée devant la porte décorée de la salle de réception, la jeune prêtresse se retourne et lance à celui qu'elle considère comme son fils un dernier regard de reproche puis ouvre la porte en grand.
La grande pièce est remplie et le bruits de conversations multiples l'envahissent. Pour l'occasion les murs habituellement blancs de la salle sont recouverts d'un fin tissu gris aux reflets rouges ; une grande table en ébène (1) est disposée au fond de la pièce sur la gauche et des plus petites, pour trois ou quatre personnes sont éparpillées un peu partout. Au centre, sur un tapis gris posé sur le sol blanc, se dresse fièrement un piano à queue noir. Personne ne joue pour le moment car la soirée ne fait que débuter.
Ce soir n'est pas seulement l'anniversaire d'Ambroise et Dimitri c'est aussi celui de l'accueil de la délégation Sylvestre. Pour l'occasion la plupart de la haute société de l'île est présente plus quelques sorciers et humains normaux.
Eos ne lâche pas son « fils », au contraire elle le traîne à sa suite. Ils se dirigent vers un groupe de personne et plus particulièrement un groupe.
- Adrien, Hélène, les salue-t-elle.
Adrien et sa femme s'occupent de l'île et des besoins matériels de ses habitants. Certaines personnes les croient de la même famille avec leur peau noire, leurs yeux marrons et leur taille moyenne quasiment identique. La seul chose différant chez eux est leurs cheveux. Adrien les porte longs et attachés en catogan alors que sa femme préfère les avoir courts.
Eos discute un moment avec eux avant de traîner Ambr' devant d'autres personnes. Ce manège dure au moins une heure. Les présentations se ressemblent et sont interminables. Ambroise ne peut pas s'éloigner sans être rappelé à l'ordre. Il prend dons son mal en patience. La dernière famille à saluer arrive. C'est une famille moldue ayant connaissance du « monde magique » depuis plusieurs générations et fournissant certains matériaux.
- Alex, Narcisse, Carole, Théo et Damien. Vos parents ne sont pas là ?
- Bonjour prêtresse, répond la seule fille du groupe, Carole. Nos parents s'excusent mais ils avaient à faire. Certains préjugés courent encore dans notre village et nous sommes accusés de pactiser avec le diable ou ses serviteurs selon certaines rumeurs. Si quelqu'un les voit sortir ce soir – un soir de pleine lune – nous ne serons plus tranquille.
- Je comprends parfaitement. Si vous avez besoin d'un refuge vous savez que l'île est prête à vous ouvrir ses portes.
Elle se tourne vers Ambroise et lui dit :
- Et si tu montrais tes talents à nos invités ? N'aie aucune crainte, tu es le meilleure de l'île.
Le jeune homme n'essaie pas de résister sachant pertinemment qu'il ne gagnera pas. C'est d'un pas d'enterrement qu'il se dirige vers le grand piano noir situé au centre de la pièce. Il tire un tabouret noir et s'assoit dessus. D'une main légère il caresse la surface du piano puis se met à jouer* des notes rapides. Petit à petit des notes un peu plus lentes et aiguës sortent de l'instrument en rythme. La salle se tait et écoute, plus un souffle ne se fait entendre face à ces notes envoûtantes et répétées. Ces notes graves surmontées de celles plus aiguës. La musique prend fin rapidement, trop rapidement. L'arrêt est presque brutal. A un moment les notes percent le silence puis, à l'instant suivant le silence règne de nouveau dans la pièce.
Ce silence reste un moment et lorsque les conversations vont reprendre Ambroise reprend un autre air de piano. Un air lent et triste. Tout le monde est captivé dès la première note et lorsque la voix chargée d'émotions du jeune garçon s'élève tout mouvement s'arrête :
« I heard there was a secret chord – J'ai entendu qu'il y avait un accord secret
That David played and it pleased the Lord – Que David jouait et cela plaisait au Seigneur
But on you don't really care for music, do you ? – Mais la musique te laisse tout à fait indifférent, n'est ce pas ?
Well it goes like this the fourth, the fifth – Ca fait un peu comme cela, la quarte, la quinte
The minor fall and the major lift -L'accord mineur tombe et l'accord majeur s'élève
The baffled king composed hallelujah... - Le roi déchu compose Hallelujah** »
Hallelujah – Jeff Buckley
La salle ne peut qu'écouter, consternée, l'émotion dans le chant de l'enfant. Une émotion qu'il ne devrait pouvoir faire ressentir. Dans un coin de la salle une personne se rappelle un moment dans cette même salle, devant ce même piano.
Flash-Back
« Well your faith was strong but you needed proof - Ta foi était forte mais tu avais besoin de preuves
You saw her bathing on the roof - Tu l'as vu se baignant sur la terrasse
Her beauty and the moonlight overthrew you - Sa beauté et le clair de lune t'ont renversé
She tied you to her kitchen chair - Elle t'a attaché sur sa chaise de cuisine
She broke your throne and she cut your hair - Elle a cassé ton trône et coupé tes cheveux
And from your lips she drew the Hallelujah - Et de tes lèvres elle a tiré Hallelujah »
Un adolescent aux cheveux noirs en bataille est seul dans la pièce et chante cette mélodie. Avec sa voix elle paraît triste, elle est indescriptible et chargée d'une mélancolie et d'une force sans fond. Il s'arrête et sans se retourner prend la parole :
- Cette mélodie résumerait presque ma vie. L'accord secret. La musique ou encore la vie indifférente pour chacun. Le roi déchu. Même le trône brisé peut me convenir. J'ai vécu tellement longtemps dans une illusion perpétuelle, l'illusion du bien et de la paix. Les prières ne servent à rien, tout est froid et brisé. Tu me comprends Julian, je le sais. Quelque chose t'a détruit et tu aimerais l'oublier. Rien ne s'oublie ou alors difficilement. Cependant, je ne crois pas en l'oublie. Je ne crois plus en rien...
Et il a repris son chant, le couplet suivant, versant sa peine dans la musique.
« Baby I've been here before – Mon amour, je suis déjà venu ici
I know this room and I've walked this floor – Je connais cette pièce et j'ai marché sur ce sol
I used to live alone before I knew you – Je vivais seul avant de te rencontrer
I've seen your flag on the marble arch – J'ai vu ton drapeau sur ton arche de marbre
But love is not a victory march – Mais l'amour n'est pas une marche de victoire
It's a cold and it's a broken hallelujah – C'est un Hallelujah froid et brisée »
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Fin flash back
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Dans la salle le silence s'éternise seulement brisé par les notes qui ne s'arrêtent plus. Le dernier couplet arrive et sa voix diminue d'intensité tout en gardant sa force :
« Well, maybe there's a god above – Bien, il y a peut-être un dieu là haut
But all I've ever learned from love – Mais tout ce que j'ai appris de l'amour
Was how to shot somebody who outdrew you - Était comment tuer quelqu'un qui t'a surpassé
It's not a cry that your hear at night – Ce ne sont pas des pleurs que tu entends la nuit
It's not somebody who's seen the light – Ce n'est pas quelqu'un qui a vu la lumière
It's cold and it's broken hallelujah – C'est un hallelujah froid et brisé...
La musique se tait enfin et pour de bon. Ambroise est perplexe et regarde étrangement l'instrument comme s'il le voyait pour la première fois. Il ne sait pas pourquoi il a joué cette chanson qu'il est sûr de n'avoir jamais entendu et qui lui est pourtant familière, comme si elle se rattachait à une personne importante.
Une atmosphère pesante tombe sur la pièce jusqu'à ce qu'elle soit brisée par un cri de Dimitri :
- C'est l'heure des cadeaux !
Le jeune est excité et c'est d'un pas joyeux qu'il se dirige vers un coin maintenu dans l'ombre. A cet endroit se dresse une petite pile de présents. Les deux enfants, Ambroise et Dimitri, commencent à déchirer les paquets et mettent de coté les cadeaux afin de les examiner plus tard.
Le dernier paquet est ouvert alors Ambroise se lève et se dirige vers son ami qui se trouve à deux pas de lui. Arrivé devant lui, il tend un petit paquet enveloppé de tissu rouge. Dimitri le défait lentement et lorsqu'il voit le présent de son ami ses yeux s'écarquillent de surprise.
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Au même moment dans un couloir sombre trois personnes se font face. Deux sont des hommes, la troisième une femme très grande. Le premier homme à les cheveux ébènes et des yeux vert-d'eau, il semble écouter la femme face à lui.
- Il ne sait pas ce qu'est la magie même si il connait un peu son existence ! S'exclame-t-elle faisant à moitié sursauter ses deux interlocuteurs. Il n'a toujours pas d'éducation convenable, ils le laissent juste faire ce qu'il veut à part les deux premières heures de la journée où il doit lire. Il ne survivra pas longtemps ainsi. Mon peuple réclame son éducation plus tôt que prévu !
La deuxième personne est cachée par une cape sombre et seules quelques longues mèches auburn s'en échappent ainsi que l'éclat violet de son regard***
- La situation est délicate, personne ne se rappelle. Nous sommes presque les seuls et tu n'as pas toute ton autorité Sin'. Il faut que tu fasses attention à toi, ne compromets pas ta place. Pour ce qui est de ta demande je vais voir ce que je peux faire et le plus vite sera le mieux. Retourne à ta place, tout sera arrangé avant la fin de la nuit.
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Dimitri n'en croit pas ses yeux, sur un velours noir repose un pendentif. Il prend délicatement la fine chaîne en argent et le place sous ses yeux pour mieux l'observer. Le médaillon représente une panthère noire tenant entre ses pattes un petit chaton, noir lui aussi. La panthère se tient dans une position défensive et protège de ses pattes le chaton. Le corps de la panthère présente des reflets rouges – la couleur du grenat – et le bout de ses pattes est composé de reflets bleus topazes. Ses yeux sont vairons ; le premier est argenté alors que le second est composé d'ambre. Dimitri observe ensuite le petit chaton. Son pelage présente de nombreux reflets bleus ainsi que dorés. La bête a les yeux dorés comme de l'ambre. Il est lové contre l'animal plus imposant et semble essayer de se fondre en lui.
Après un moment il réussit à détacher son regard de l'objet et à le poser sur Ambroise qui attend anxieusement une réaction de sa part. Le garçon aux yeux verts finit par demander :
- Il... il te plaît ?
- Bien sûr ! Il me plaît. Tu peux me l'attacher.
Ambroise se met à sourire devant cette demande, un sourire franc et joyeux. Il attache délicatement le fermoir du pendentif autour du cou de Dima. Au même moment un légers souffle frais passe dans toute la pièce et entoure les garçons.
Après que le souffle se soit arrêté la voix de Sin' se fait entendre dans toute la salle :
- Tes charmes fonctionnent Ambr' et ils sont puissants.
- Charmes ? Puissants ? demande Dimitri complètement perdu.
C'est Sin' qui lui répond :
- Le pendentif qu'il t'a offert il l'a fabriqué lui même en transformant et modelant du grenat rouge, de l'ambre et de la topaze. Il a aussi mit des petits sorts de protection ainsi certains maléfices ne te toucheront pas ou seront diminués.
- Des sorts ? continue-t-il à interroger, curieux.
- Oui, en fait un sort est...
- Tu ferais mieux de te taire Sin', l'interrompt une voix froide.
- Je ne vois pas pourquoi je devrais me taire, je ne fais que répondre à la question très justifiée d'un enfant ayant soif de connaissance.
- N'outrepasse pas tes droits. Tu n'es qu'une invité, je devrais même dire la servante d'une invité...
- Vous ne savez pas qui je suis Demeter et vous êtes très loin de le savoir, son ton se fait mordant sur la fin.
- Je sais très bien qui tu es Sinistrah la troisième du nom, tu...
- Attendez ! Le coupe-t-elle. Vous vous trompez, je ne suis pas la troisième je suis la première. Les générations ne sont que des couvertures parfois...
- Père ? Interroge Dimitri, s'immisçant dans la dispute naissante.
- Je ne t'ai pas parlé. Sors d'ici ! Sortez tous ! Ordonne le prêtre de Nyoka.
Alors que tous commencent à obéir un souffle bouillant traverse la salle et une présence apparaît devant la porte. La silhouette avance et se précise au fur et à mesure. C'est un femme très grande, sa peau est pâle et ses habits sont une sorte de cuir au reflets verts. Lorsqu'elle s'approche il est visible de tous que, sur ses bras, ce ne sont pas des vêtements mais des écailles qui les recouvrent. La salle entière commence à comprendre qui elle est et tous s'agenouillent. Elle marche d'un pas majestueux et lent vers le lieu de la dispute et s'arrête devant les protagonistes. C'est d'une voix chargée de colère et de pouvoir qu'elle déclare :
- J'ai appris par un de mes plus fidèle serviteur que mon enfant ne connait pas sa condition et ses pouvoirs. Pour ses pouvoirs il fera des ravages s'il n'est pas pris en charge rapidement c'est pourquoi il va quitter cette île. Ma décision est irrévocable il ira faire son apprentissage chez les Sylvestres puis chez mon frère, le roi de l'Oubli. Le moment venu il retournera parmi les siens.
Les paroles de la déesse s'entendent à travers toute la pièce et personne ne peut les ignorer ou désobéir à ses ordres. Le silence reprend ses droits sur la pièce une fois de plus lorsqu'une voix étonnée se fait entendre , interrogatrice :
- Shame ?
- Oui... petit Emerald
(1) Attention remarque inutile ! Table venant de l'entreprise « Tablesolid » ! (le cours de SES déteint sur mon écriture...)
* Louretta de Agnes Obel
** Hallelujah = louez Dieu en Hébreu
*** une personne déjà connue ( en regardant dans le « conte » du prologue c'est simple de trouver son identité...)
Voilà, fin de ce chapitre assez court (il ne me plait pas du tout...)
Prochain chapitre... je ne sais pas quand mais pas avant le 24 mars. au minimum.
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Ata-Chan : Merci pour ta review
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Tsuh...
