Titre : Disparaitre pour ne jamais revenir

Disclaimer : Tout appartient à JKR sauf ce qui est de l'idée qui vient de mon cerveau pourri.

Note : Bonjour bonjour ! Me revoila et je m'excuse pour mon retard de presque trois semaines. Voila un nouveau chapitre plus long et avec des EXPLICATIONS et autres petites choses. Sur ce Bonne lecture et merci pour toutes les reviews.

Note 2 : Il n'y a qu'une chanson dans ce chapitre en gras pour les paroles originales et gras italiquepour la traduction. La chanson est liée à un nouveau personnage "Maria".

Les retours en arrière sont en italique et les extraits de livre entre « » et italique.


Chapitre 10 : Rencontre et Explications

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There's a couple way too far behind – Il y en a deux qui attendent loin derrière
Soon they will be out of sight – On ne pourra bientôt plus les distinguer
But then who cares – Mais qui s'en soucie
They're dying anyway – Ils vont mourir de toute façon
All of them are doomed this night – Tous sont condamnés cette nuit

13 Horses – Alexander Rybak

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« Les Chiens de l'Enfer arrivent, appelés par la clameur des tambours des guerres des Hommes. Le sang pulse fortement dans leurs êtres attendant le départ et la fin de Tout. Les Chiens de l'Enfer briseront leurs chaînes lorsque le Temps se révélera aux yeux de tous ; lorsque le Temps ne séjournera plus dans l'Ombre du temps lui-même ; lorsque le Temps arrivera à sa fin, alors les Chiens se lèveront et déferleront pour accomplir leur mission. Ils attendent patiemment depuis que la Nuit régnait en maître et que le Temps était encore jeune.

De nombreuses légendes parlent des Chiens mais aucune n'est vérité. La vérité de leur nature éclatera avec la fin.

Les révélations exploseront lorsque le Temps ne sera plus et les Chiens libérés.

Le Temps se révélera et Tout reviendra et, repartira... »

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Le son d'un livre brusquement refermé se fait entendre dans une petite clairière pas loin d'une ville cachée entre les bois sombres. Toutes les maisons au pied des arbres sont blanches, formant un contraste avec les troncs, et certaines sont perchées dans les arbres surplombant toute la vie environnante. La clairière est l'endroit le plus clair de cette partie de la forêt. Elle a un diamètre d'environs six ou dix mètres et est parsemée de petites fleurs jaunes pâles. A une de ses extrémités, là d'où vient le bruit, se tient assis un jeune garçon aux yeux d'émeraude. Il a des cheveux courts, en batailles, indisciplinés. Il est assez petit et doit avoir dix ans, au maximum onze. A ses pieds repose un grand livre à la couverture en cuir noir ouvragé. Dans ce cuir un titre est gravé « Vérités Oubliées écrit par le Concept de La Mort » et, en dessous de ce titre étrange une panthère étranglée par un serpent est dessinée.

La forêt est silencieuse autant qu'elle peut l'être c'est à dire que seul le doux chant des oiseaux et des insectes résonne dans l'immensité de la forêt boréale russe appelée également taïga. L'enfant est perdu dans ses pensées et, au bout d'un moment, il ferme les yeux et s'adosse contre un jeune mélèze n'atteignant par encore vingt mètres. Il se souvient de la soirée pendant laquelle ses 'croyances' envers une famille aimante se sont peu à peu écroulées et se souvient également de son arrivée dans la forêt quand il a appris sa vrai nature par la suite et surtout comment.

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- Shame ?

- Oui... petit Emerald.

Le garçon fait une pause, il ne sait plus quoi penser. La voix qu'il entend depuis tellement longtemps, la voix si douce, si gentille, si rassurante... cette voix maternelle appartient à la personne devant lui. Ambroise ne sait plus s'il doit se réjouir ou se lamenter car, cet individu n'est autre que la Déesse-serpent, Nyoka.

Les pensées se bousculent. Aucune parole cohérente ne lui vient. Il est juste là, planté devant cette femme majestueuse qui lui dit que le moment venu il comprendra.

Il n'a toujours pas compris et se demande quand sera le « moment venu ».

A peine quelques jours après la fête d'anniversaire Ambroise est sur le chemin de la Russie. Peu de gens connaissent le lieu exacte du village, il est un des secrets le mieux gardé. Lors de ce voyage le jeune garçon était accompagné, entre autre, d'Esfir – la souveraine – de Sin', sa suivante et de gardes proches de la reine. Durant tout le voyage les questions se sont bousculées. Pourquoi devait-il partir ? Pourquoi Eos n'a-t-elle rien fait pour le garder ? Pourquoi cette haine cachée au fond des yeux de Demeter ? Et pourquoi Dimitri l'a-t-il évité ? Tant de questions sans réponses...

A son arrivée, il avait tout de suite été amené dans une spacieuse maison blanche extérieurement, décorée dans des tons verts et marrons à l'intérieure. Seule sa chambre restait dans les mêmes couleurs que la façade.

A ce moment il ne réalisait pas encore qu'il ne reverrait pas Dimitri, l'île ou encore Eos. Il ne réalisait pas non plus qu'il avait quitté définitivement le seul endroit qu'il avait considéré comme sa maison, son refuge. L'instant où il avait appris qu'il devait partir lui semblait si proche et si loin en même temps. Il ne savait vraiment plus que penser.

Le quatrième jour après son arrivée la porte en bois de sa chambre s'était ouverte violemment et avait rencontré le mur. Dans l'embrasure se tenait une jeune fille. Sa peau noire était une imitation presque parfaite de l'ébène. Son visage enfantin, à peine anguleux et en son centre ressortaient ses yeux avec leur étrange couleur un mélange des différentes teintes d'acajou tirant sur le noir près de la pupille. De longues mèches brunes encadraient son visage, le rendant encore plus jeune à cause des anglaises de sa chevelure.

Une poignée de seconde avaient passé pendant lesquelles plus rien n'avait bougé et ensuite, tout avait retrouvé sa mobilité. Les oiseaux et leurs chants ; la forêt et ses bruissements ; Ambroise sur son lit et la jeune fille sur le pas de la porte. Cette dernière avait avancé sans crainte, refermé la porte délicatement contrastant avec son entrée brutale et s'était posée devant Ambroise la regardant craintivement. C'est d'une voix impérieuse qu'elle s'était présentée :

- Moi, c'est Maria ! et toi ?

- ...

- Tes parents ne t'ont jamais appris la politesse ? Attaque-t-elle, insatisfaite du manque de réponse de son interlocuteur.

Ambroise n'avait toujours pas répondu et n'osait pas lui faire la réflexion qu'elle n'était pas très polie et qu'elle l'agressait alors qu'il ne la connaissait pas. La conversation – si conversation cela pouvait être nommé ainsi – est restée au même point.

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Ambroise car c'est lui dans cette clairière entend un bruissement derrière lui, le son de branches piétinées. Il se relève doucement, sans mouvements brusques et se dirige vers la source de bruit. Depuis son arrivée ici, il y a un ou deux mois, il a appris la méfiance et surtout à cause de cette jeune fille. Maria, il l'avait appris ensuite, avait très mal pris le fait d'être ignorée. En tant qu'enfant de lignée pure elle n'avait pas compris pourquoi ce 'gamin' ne se prosternait pas devant elle et encore moins pourquoi il l'avait purement et simplement ignoré.

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- Tu te crois supérieur à moi, petit cafard. Tu vas le regretter sois en sûr ! avait-elle craché quelques jours après la première rencontre.

Elle avait fait une petite pause pour mieux reprendre devant Ambroise abasourdi :

- Tu n'es rien ! Je te poursuivrais et ta vie sera un enfer. Sorcier !

Sur ce dernier mots elle était repartie sans un regard, ses longues anglaises brunes se balançant dans son dos. Ambroise n'avait pas parlé de cette altercation même si l'envie le démangeait de savoir pourquoi elle l'avait traité de sorcier.

A partir de ce moment les ennuis s'étaient succédés pour lui. Ainsi, en trois mois, son lit avait pris feu, la maison avait été saccagée, ses vêtements mis en lambeaux. Le pire avait été le repas officiel pendant lequel un cadavre de corbeau avait été déposé dans l'assiette d'un des diplomates. A chaque fois un élément faisait que lui, Ambroise était accusé. Il ne pouvait jamais se défendre car la jeune fille ne laissait aucun indice derrière elle et elle ne s'était pas arrêté après quelques incidents.

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Ambroise avance toujours vers la limite de la clairière où le bruit se fait de plus en plus précis. Plus il s'approche plus il se rend compte que ce n'est pas le son d'un animal et il se détend un peu. Les feuilles s'écartent et Ambr' se tranquillise complètement. Devant lui se tient une femme. Elle est grande, les cheveux raides et noires tombant dans son dos. Elle porte les habits des suivantes de la cour. Elle s'avance légèrement et les branches reprennent leur place dans un bruissement de feuilles. La jeune femme s'arrête au niveau d'un arbre, s'assoit et fait signe à Ambroise d'en faire de même, face à elle. Quelques minutes s'écoulent dans ce silence paisible, aucunement gênant pour les deux 'humains'.

- Quelque chose ne va pas, commence-t-elle brisant ainsi le silence. Ne me mens pas ! prévient-elle ensuite. Je le vois bien, quelque chose te tracasse.

- Sin'...

Le nom est prononcé tel une complainte, une lamentation. Il reprend ensuite :

- Tout va bien, aujourd'hui...

- Et les autres jours ? Demande-t-elle suspicieuse devant cette précision.

Ambroise ne répond pas et préfère baisser les yeux pour ensuite diriger son regard ailleurs que sur la jeune femme. Ce geste ne lui échappe évidemment pas mais elle décide pourtant de l'ignorer. Le silence reprend une nouvelle fois ses droits autant qu'il le peut dans cette nature. Cela commence à devenir une habitude pense Ambroise un peu amer. Il réfléchit et sais que Sin' attend toujours une réponse, si minime soit-elle. Il pose donc la question qui le démange le plus.

- C'est quoi un Sorcier ?

- Un sorcier ? S'exclame-t-elle ne pouvant cacher sa surprise.

- Oui...

- Pourquoi me demandes tu ça ? … Non, non, ne me réponds pas je vais t'expliquer comme je peux et je ne suis pas sûre que beaucoup de personnes approuveraient ma vision.

- Pourquoi ?

- Ceci n'est pas la première question. Pour répondre à ta première interrogation je dois te dire que la Magie existe partout. Nous en avons un peu parlé sur l'île, le jour de ton anniversaire si je me souviens bien. Pour certains la Magie est un objet, une force à utiliser, capturer, soumettre et pour d'autres c'est une force que chacun doit apprendre à maîtriser. D'autres encore pensent que la Magie est une entité, qu'elle est vivante et a créé tout ce qui existe à ce jour. Tout n'est qu'hypothèse mais nous croyions en la dernière. Pour en revenir aux sorciers, ils possèdent une forme de la Magie mais assez récente si je peux le dire ainsi. Tu sais que les Hommes, sorciers ou non, vivaient sur le territoire de Nyoka la Déesse-serpent avant la Chute ?

Elle fait une pause et attend un hochement de tête ou tout autre signe affirmatif pour continuer. Celui ci ne tarde pas, elle reprend donc :

- De toutes les créatures vivant sur ce domaine les sorciers étaient les dernières créatures magiques ayant « reçues » ce cadeau, bien après les elfes – de toutes espèces –, les dragons ou encore les fées.

- Mais pourquoi Elle a craché ce nom ? Murmure-t-il souhaitant presque qu'elle ne l'entende pas.

- Elle ?

- Maria... lâche-t-il dans un soupir.

- Maria ? S'exclame Sin' se relevant soudainement. Tout s'explique.

- Pourquoi m'a-t-elle traité de Sorcier ? Est ce si horrible ?

- NON ! Bien sûr que non ! Tu dois être fier, tu es béni par la Magie comme tous ses enfants.

- Mais alors pourquoi me déteste-t-elle ?

- C'est compliqué mais... tu dois le comprendre. C'est important Ambroise.

Il est rare que Sin' utilise son nom en entier et ce seul fait capte son attention. Tous deux se rassoient avant de continuer alors que le soleil poursuit sa course dans le ciel.

- Tout d'abord tu as dû te rendre compte que dans le... village, il n'y a que des Sylvestres ? Il y a une raison à cela, notre espèce est traquée depuis les chasses aux sorcières du Moyen Age et n'a plus cessé de l'être. Nous vivons donc reclus. Maria appartenait... non, appartient à la famille la plus noble qui a existé depuis notre création.

- Elle devrait être Reine alors ?

- C'est plus compliqué, encore une fois, soupire-t-elle. Pendant la première grande chasse aux sorcières nous vivions éparpillés sur le vieux continent et ses alentours. Nous n'étions pas préparés à cette excès de folie qui toucha toute la population et beaucoup des nôtres périrent noyés car ils exerçaient les métiers de guérisseur ou avaient aidé une personne avec un phénomène inexplicable. Les années s'écoulèrent ainsi et la folie redescendit un peu mais elle n'avait pas disparu. C'est pourquoi, un jour, en Allemagne, lorsqu'une rumeur se répandit personne ne la contesta.

- Je ne vois pas le rapport avec Maria...

- Attend, il arrive. Cette rumeur disait qu'un enfant était né dans une famille noble et que cette petite fille avait la couleur de l'ébène alors que ces parents avaient une peau de porcelaine. Évidement les hommes d'Église de la région expliquèrent ce fait par la noirceur de l'âme du bébé qui ne pouvait venir que de la mère ayant porté la petite fille pendant presque dix mois*. Ils organisèrent immédiatement l'arrestation et le procès de la mère mais le temps que cela se fasse la petite avait grandi, plus vite que la normale. Elle avait maintenant l'apparence d'une petite fille de quatre ans et l'Église trouva une preuve de plus du pacte avec le diable orchestré par sa mère. Jeune noble ne pouvant avoir d'enfant pactise avec le diable... il ne pouvait y avoir meilleur procès pour un jeune prêtre voulant montrer son dévouement en Dieu**. La mère fut brûlée vive devant sa fille après avoir été torturée de longues heures, encore sous les yeux de sa fille.

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It hurts to breathe and – Alors que chaque respiration est une souffrance

Still thay do their best – Ils continuent à faire de leur mieux

They want to live – Ils veulent vivre

No matter for how long – Peu importe le temps qui leur reste

Their thoughts have disaparreared, - Toutes leurs pensées ont disparu

'Cause now they're pretty scared ! – Car maintenant ils ont vraiment peur !

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- Cette enfant... c'était... Maria ? Demande Ambr' incertain.

- Oui c'était elle.

- Mais comment peut-elle être en vie si elle est née pendant le XVI ème siècle ? Et comment peut elle avoir cette apparence ?

- Nous vivons longtemps mais cela n'explique pas tout, explique la jeune femme en chassant un moucheron un peu trop insistant. En fait sa mère avait été torturée et tuée devant ses yeux puis son père envoyé dans une mission sordide dont il ne revint pas mystérieusement, alors qu'elle n'avait même pas quatre ans. Maria était donc la dernière de sa lignée encore vivante mais pas en âge de diriger. Elle fut confiée à une vieille femme qui s'occupa d'elle la traitant tout les jours de monstruosité, d'erreur de la nature. La suite est floue mais il y a quelque temps une pièce dans un vieux château Sylvestre a été découverte. Sur sa porte quelques phrases s'étalaient en une fine calligraphie d'enfant « Ici repose une enfant en ayant déjà trop vu, respectez un repos éternel pour elle et passez votre chemin. ». C'était des propos assez étranges sur une porte et les humains ayant fait la découverte franchirent la porte. Personne ne sait ce qu'ils y ont découvert mais leur corps torturés ont été trouvé trois jours plus tard. En même temps une jeune enfant disant s'appeler Maria s'est présentée au village et elle a été accueillie comme il se doit pour une enfant de la première famille royale, les Dés Slivestri.

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There is only death behind them – Il n'y a que la mort derrière eux

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Sin' fait une fois de plus une pause et observe le soleil disparaissant à l'horizon. Elle se tourne ensuite vers le jeune garçon qu'elle se trouve presque à considérer comme son fils. Elle ne sait pas d'où lui vient ce sentiment mais elle se rappelle de ce qu'il était devenu dans un futur qui ne doit pas exister. Elle se souvient et ne peut empêcher ses sentiments. Bientôt lui aussi saura que cette vie est une sorte de mensonge, qu'il a déjà vécu une enfance n'en étant pas une. Cependant, il n'est pas encore temps de se morfondre alors elle reprend pour la dernière fois ce long récit de la vie de Maria Dés Slivestri dernière enfant de la lignée royale du peuple Sylvestre.

- Maria considère les sorciers responsables en quelque sorte de son malheur car toute cette horreur à été nommée « Chasse aux sorcières ». Elle sait que tout n'est pas de leur faute mais il faut toujours un coupable et, même si elle affirme le contraire, nous savons tous qu'elle n'est pas sortie indemne de cette histoire. Ne la juge pas trop vite Ambroise, elle ne te déteste pas forcément autant qu'elle le laisse croire.

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It seems been the best – Il semble être le dernier

[…]

But now he wants to rest – Mais maintenant il veut se reposer

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Quelques jours ont passé depuis les explications de Sin' dans la clairière et Ambr' ne sait pas trop quoi faire, qui croire... Présentement il se trouve devant le petit miroir de sa salle de bain et observe le M gravé dans sa peau tout en se remémorant les paroles exactes de Sin' :

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« Elle fut confiée à une vielle femme qui s'occupa d'elle, la traitant tout les jours de monstruosité, d'erreur de la nature »

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Monstruosité.

Monstre.

Deux termes si proches qu'Ambr' ne réussit pas à se sortir ce parallèle de la tête. Il ne pense plus qu'à ça et se promet à chaque instant d'essayer de l'aider, d'être gentil mais à chaque fois il se rappelle ses propres réactions et recule. Cette inscription sur la porte parle aussi d'elle même :

« Ici repose une enfant en ayant déjà trop vu, respectez un repos éternel pour elle et passez votre chemin. »

Elle n'acceptera aucune aide, aucune gratitude pouvant lui apparaître comme de la pitié. Elle est trop fière pour ça, il le sens. Elle est fière d'être la dernière de sa lignée même si ce fardeau lui pèse.

Nous sommes pareils pense parfois le jeune garçon pour détourner immédiatement ses pensées de Cette pensée. Non ils ne sont pas pareils. Lui est un sorcier et elle, une Sylvestre. Il y a une différence même si il ne sait pas laquelle.

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Soon they will be gone forever – Bientôt ils auront disparu à jamais

One thing still remains – Une chose reste encore

And that's the hope, that never dies – Et c'est l'espoir, qui ne meurt jamais

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La porte de sa salle de bain s'ouvre brusquement, Ambroise attrape vivement un débardeur noir et l'enfile afin de cacher sa gravure. Il sait ce geste inutile car elle disparaît d'elle même cependant, il ne peut s'en empêcher. C'est plus fort que lui.

Il se retourne après s'être assuré qu'il est correctement couvert et aperçoit une chevelure blanche tressées qu'il reconnaît immédiatement. Le temps de réfléchir une seconde et il est déjà dans les bras de celle qu'il considère maintenant comme une mère adoptive ou presque. S'il devait choisir il se tournerait vers Sin' mais présentement il se trouve dans les bras d'Esfir, la reine actuelle des Sylvestres. Elle le conduit sur son lit, dépose Ambroise et s'assit ensuite à coté de lui. Comme à chaque fois qu'ils se voient les premières minutes ne sont que silence où chacun s'imprègne de la sérénité que l'autre envoie.

Ambroise n'avait pas tout de suite accepté la reine la rendant responsable de son départ de l'île. Il savait son attitude puéril car il était là lorsque la décision avait été énoncée et ce n'était pas par la reine Sylvestre. Ce climat de froid entre eux deux – de sa part surtout – avait été brisé le jour où elle était venu le voir avec son cheval. Revoir le présent de Dimitri ou Dima comme il préfère l'appeler lui avait un peu réchauffer le cœur et l'avait réconforté. Il s'était senti un peu moins seul même si l'animal ne lui avait pas encore dévoilé son nom. Peu à peu il s'était ouvert envers la reine et lorsqu'il avait commencé ces cours il avait pris qu'elle se chargerai de la pratique. Ce moment n'était pas encore venu mais il pressentait que, bientôt, il ne ferait pas que rester assis à écouter des cours soporifiques.

Le moment de silence est brisé par Ambroise alors qu'il pose la seconde question qui le démange depuis son arrivée en ces lieux.

- Esfir, vous êtes quoi, réellement ?

- Que veux tu dire Ambr' ?

- Vous, les... euh... Sylvestres. Vous êtes quoi réellement ? Il reprend encore plus gêné d'avoir osé poser cette question. Des créatures magiques ou des...

Comprenant sa question la souveraine l'interrompt et commence une explication sur la race des Sylvestres.

- Les Sylvestres ont un autre nom, les sorciers les appellent, nous appellent des Elfes de l'air. Cette appellation est injurieuse et tu comprendras un peu plus tard pourquoi. Nous sommes apparentés aux Elfes du fait que nous sommes un peuple forestier et les plus grosses ressemblances s'arrêtent ici. Sur le plan physique, comme tu as pu le remarquer, nous ressemblons à des humains à part le fait que nous sommes en moyenne beaucoup plus grand et que nos oreilles sont effilées – moins que les elfes de pure souche.

- Je le sais déjà Esfir...

- Arrête de m'interrompre et tu auras tes réponses. J'arrivais au plus important. Les Sylvestres ne vivent pas uniquement grâce aux systèmes internes – que tu verras dans tes cours la semaine prochaine – ils ont une autre source d'énergie. Comme les fées, les êtres de la forêt, les dragons nous possédons une source magique cependant...

- Comme les sorciers aussi ? L'interrompt-il une fois de plus.

Elle acquiesce très vite et reprend son explication comme si elle n'avait jamais été interrompue.

- Cependant nous puisons une source d'énergie dans ce qui nous entoure. Les sylvestres ne sont que Concepts***. C'est la partie la plus compliquée de ton apprentissage sur notre espèce alors écoute bien Ambr'. Lorsque nous naissons, ce qui est devenu rare à cause des Chasses, nous sommes dépourvus d'énergie, nous ne pouvons survivre que quelques heures. Pour survivre il faut absolument un Sylvestre n'appartenant pas à la famille proche de l'enfant qui va le guider. Sans guide l'enfant se perd dans les deux Royaumes de l'Oubli – nous reparlerons de l'Oubli plus tard, ajoute Esfir un peu trop rapidement pour être paisible. Je ne te dirais pas non plus ce qui se passe à ce moment car chaque Sylvestre est unique. Cet état peu durer très longtemps et, pour le monde extérieure, les deux personnes semblent mortes c'est pour garder les corps que les membres de la famille restent. Après ce passage, chaque Sylvestre incarne en quelque sorte le concept lui ressemblant le plus. Il va également être façonné par lui. Ainsi depuis le début de notre histoire les Concepts les plus rares sont ceux de la Guerre – à cause de sa dangerosité –, la pureté, le plus puissant de tous et la Mort qui ne vit qu'une fois. Tu as des questions car ceci n'est qu'un résumé ?

- Et Maria ? Elle est quoi ?

- Maria Dés Slivestri ? Qui d'autre ? Elle, c'est un cas particulier. Elle est né, comme tu dois le savoir de Sin' – ne cherche pas comment je l'ai appris – vers le XVI ème siècle. Notre race commençait son déclin car les enfants étaient tués pendant la phase de transition avec leur 'accompagnateur'. Comme je le disais elle est un cas rare car son passage a été accompagné par sa mère et à sa sortie elle avait vieilli de deux ou trois ans. Elle n'a jamais dis à quel Concept elle appartenait et ne le dira sans doute pas avant d'y être obligée. Ce qui est sûr est qu'elle est puissante, la plus puissante de sa lignée mais pas plus que mes meilleurs gardes.

- Tu ne m'as pas dit pourquoi ils vous appellent des Elfes de l'Air ? Interroge Ambroise après avoir réfléchi aux nouvelles informations sur Maria.

- Ils nous appellent ainsi à cause de notre grâce, en premier lieu, dit elle alors qu'une impression de tristesse envahie son visage. Beaucoup des nôtres vivaient du spectacle mais cette appellation est surtout un rappel douloureux qu'ils ont éliminé tout les Sylvestres élémentaires. Une certaine part de notre population appartenait aux éléments et les plus courants étaient l'Air et le Feu, l'un ayant besoin de l'autre.

- Mais comment ont-ils fait pour tous les tuer ?

- Seulement trois grandes familles se partageaient les éléments sous leurs formes les plus puissantes. Ils les ont juste tous exterminé. Aujourd'hui encore nous cherchons des survivants vainement et pour nous rappeler nos pertes ils nous ont nommé ainsi, Elfes de l'Air.

- Je vais te laisser maintenant, reprend elle un peu plus tard.

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Le soir était sur la ville depuis maintenant trois quatre heures et Ambroise ne trouve pas la sommeil. Il se lève donc et prend le livre caché dans son armoire. Sa couverture en cuir noir est couverte par une panthère étranglée par un serpent. Il ouvre un passage au hasard et commence à le lire :

« … il est dit que le Concept de la Mort ne vit qu'une fois tous croient alors qu'il n'apparaît qu'une fois et disparaît ensuite. Ce que tous oublient est comment la Mort peut-elle mourir ? […] Tous oublient également que nous sommes un peuple de mémoire, nous avons été créés pour nous souvenir alors nous nous souviendrons toujours. Même si un futur disparaît pour devenir un nouveau passé, il y en aura toujours pour se souvenir car quelqu'un doit se rappeler des erreurs passées – ou futures. C'est ainsi que l'Oubli a voulu la mémoire et que nous avons été créés nous les êtres de la forêt et de l'Air... »

Cette appellation surprend Ambroise car il voit que le livre n'est pas jeune. Il prend un autre passage au hasard.

« … Un jour nous nous éteindrons sûrement mais jamais complètement. Il y aura toujours un des nôtre, aussi seul qu'il puisse être il devra vivre pour se souvenir. Le souvenir est le centre de notre vie personne ne doit l'oublier c'est pour cela que j'écris en ce moment. Ce souvenir est précieux et il y a bien une raison pour que les Détenteurs du Savoir aient été créés. Eux aussi ne sont jamais vraiment humains même si ils ne le savent pas. Une magie coule toujours dans leurs veines et les aide à faire leur devoir... »

« … Les Elfes de l'Air apparaîtront et la fin sera proche. Ils ne seront pas une nouvelle espèce mais une nouvelle appellation. Rappel d'une espèce qui se meurt à cause des traîtrises. La dernière descendante est celle qui paiera le prix le plus cher mais rien ne pourra empêcher cet événement. Elle reviendra plus forte encore de son sommeil peuplé de morts... »

Le jeune enfant s'endort et lâche le livre qui tombe au sol.

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Dans la nuit une silhouette aux longs cheveux auburn se faufile dans le village et rentre dans une maison. Il s'arrête un moment et observe le jeune enfant allongé sur son lit ses cheveux noirs en batailles répandus sur son visage et cachant la cicatrice en forme d'éclair. Si célèbre et il ne le sait pas. Le plus tard sera le mieux. Il sait que tout va bientôt commencer, il ne pourra pas se cacher plus longtemps. Il se penche et ramasse le livre par terre.

« Vérités Oubliées écrit par le Concept de La Mort »

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It never dies – Il ne meurt jamais

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- Tu étais donc ici... murmure-t-il doucement.

Un bruit de pas se fait entendre et il se retourne. Devant lui se tient une jeune femme qu'il reconnaît presque immédiatement.

- Sin', la salue-t-il avec un mouvement de tête.

Elle observe son interlocuteur un moment et lui rend son salut avec une voix hésitant entre la chaleur et la froideur.

- Malfoy...

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It never dies – Il ne meurt jamais


*grossesse de dix mois car les Sylvestres ne sont pas vraiment humaines, ce sont des êtres de la forêt. (explication pourrie:)

**aucune opinion religieuse ici. Que personne ne prenne mal ce passage où ne me jette des commentaires injurieux ou autre à cause de ce paragraphe.

*** concept : c'est une vision assez personnelle du concept ici... c'est prévu ainsi depuis le début


Voila la fin de ce chapitre je vais essayer de mettre le prochain vers le 6 mai.

Sinon si quelqu'un veux des explications ou un rappel sur un personnage ou un autre qu'il me le demande je mettrai la réponse dans un article ici : http : / / tsuh . skyrock . com / (sans espaces)

Encore désolée pour le retard et à la prochaine