Disclaimer : L'univers d'Harry Potter et tout ce qui s'y rapporte n'est pas à moi...

Avertissement : /!\ Allusion relation F/F (yuri) /!\ dans ce chapitre. Les propos émis sur la religion et l'homosexualité dans ce chapitre ne sont nullement mes pensées personnelles. Et je crois que c'est tout pour ce chapitre. Si, il en reste un, chapitre un tout petit peu dépressif à un moment et pas très joyeux (quel euphémisme !)

Notes 1 : Tout d'abord réponse à la review anonyme (ou oubli de se connecter ?) en fin de chapitre

2 : après j'arrête le blabla. Vous avez de la chance d'avoir le chapitre aujourd'hui car j'était censée partir ce matin et donc je n'aurais pas eu le temps de le relire et il aurait été posté vendredi ou samedi mais j'ai eu le courage d'allumer mon ordi au lieu de jouer... Et je conseille d'écouter la chanson de Saez une petite merveille de l'album God Blesse au même niveau que "Voici la mort" et ses autres albums évidemment.

3 : juste pour situer les "paroles" de Maria en italique et c 'est dis vers la fin normalement, c'est un peu après la fin du chapitre précédent.

Blabla italique = POV Maria

Bonne lecture !


Interlude I : Maria

Usé par les hommes. Par le bruit qui rend fou. […] Usé par l'oubli. On oubli pourtant qu'on s'est aimé. Qu'un jour on a vécu. Que la vie est passée. Que le passé n'est plus. […] Usé par un monde. Qu'on ne comprend plus. Qu'on a jamais compris. Mais qui continue. A tourner encore. A tourner toujours plus.

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Usé de Saez...

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- Kommen Sie hier ! Maria, kommen Sie hier ! (Venez ici ! Maria, venez ici)

Dans une petite ville surmontée d'un château de taille moyenne une femme aux longs cheveux d'or court après une petite fille. Cette petite fille, qui semble à peine plus vieille que deux ans, détale sur le chemin de terre menant au village en contrebas sans faire attention aux nombreuses pierres parsemant le sol. La femme finit par rattraper l'enfant riant et, en la ramenant au château, la réprimande :

- Maria ! Vous savez que votre chère Mère ne veut pas que vous sortiez seule. C'est trop dangereux pour vous. Il y a déjà des rumeurs qui courent dans le village.

- Je sais Mathilde. Je ne dois pas sortir car je ne suis pas comme les autres enfants, déclame la petite avec un langage trop vieux pour elle.

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Tout avait déjà commencé, le fin de tout bonheur était proche et, à cette époque, je ne m'en doutais pas. Pourtant mon calvaire n'a pas commencé ici. Tout à toujours une origine...

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À la fin de l'été 1518, dans un petit château noble du Sud des territoires germaniques un homme grand, à la silhouette fine tourne en rond dans un riche salon. Un peu plus loin les cris d'une femme résonnent alors qu'une autre l'encourage à pousser. L'homme marche impatiemment pendant des heures puis finit par s'écrouler dans un fauteuil. C'est alors qu'une petite porte s'ouvre sur une sage-femme qui lui fait signe d'entrer. L'homme se relève précipitamment et entre dans une chambre spacieuse aux murs beiges. Sur un grand lit en bois aux tentures bordeaux une femme tient un petit paquet blanc. Elle relève la tête et plonge ses yeux forêts dans ceux – bleus – de son mari. Elle fait un petit sourire qui illumine ses traits fatigués et d'une voix forte déclare :

- Edwin, je te présente notre fille, Maria Dés Slivestri.

Elle tend l'enfant au jeune père qui écarte délicatement un morceau de tissu et découvre un bébé à la peau d'ébène.

- Elle est magnifique...

- Oui. Mais tu sais que nous allons avoir des problèmes. Il n'y a plus personne pour son initiation. Je vais devoir la guider moi même.

- Nous avons encore le temps.

Son regard trahit une légère panique qu'il ne montre pas autrement. Il reprend aussitôt :

- Avec un peu de chance, nous trouverons un des nôtres qui sera de passage. Ou alors, nous pouvons envoyer un message.

- Un message ? Mais où Edwin ? Nous nous sommes éparpillés pour échapper à la folie des Hommes alors qui nous viendra en aide ? Nous ne sommes plus rien ! Il faut te faire une raison nous ne sommes plus rien ! Plus rien à part des rois sans couronnes ! Sans royaume !

Le brusque éclat réveille l'enfant qui se met à pleurer mais rapidement elle s'arrête. Il n'y a plus qu'un faible souffle qui s'échappe de son être.

- Ça commence, elle sera puissante... mais c'est trop tôt, elle est née depuis à peine une heure...

- Bien. Renvois tous les serviteurs et laisse nous. Je te reviendrai ne t'inquiète pas Edwin. Nous vivrons encore longtemps et la royauté avec nous.

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Tout commence avec l'initiation. Peu s'en rappellent clairement, j'en fait partie. L'initiation nous a mené à notre perte.

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La femme s'allonge sur son lit, sa fille contre elle et ses cheveux noirs étalés en un voile opaque autour de leurs deux corps. Rapidement leur souffle ralentit puis elles arrêtent de respirer.

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Tout est lumineux autour. Une femme marche devant elle. Sa mère.

Elle sait qui elle est mais ce ne devrait pas être elle son guide. Une mémoire ancestrale le lui dit. Elle suit tout de même cette grande femme le long d'une route invisible. Elle semble longue tout en étant inexistante. Au bout d'une seconde, d'une heure ou bien de plusieurs années, sa mère s'arrête et d'une douce voix lui explique :

- Maintenant, va Maria. Je ne peux aller plus loin. Le chemin qu'il reste est le tien.

Et sa mère disparaît de ce monde blanc. Maria ne le sait pas encore mais ceci est une des seules fois ou elle aura vraiment vu aussi longtemps la femme qui l'a mise au monde. Sa mère. Aurora Dés Slivestri.

Un mouvement au loin. Maria tourne la tête. Tête dont elle vient de prendre conscience. Le paysage devient gris, puis noir.

Le mouvement se répète. Maria se dirige vers lui mais elle sent que ce n'est que son esprit. Son esprit déjà bien plus vieux que ce corps qui repose dans un lit aux cotés de sa mère. Elle s'arrête devant un homme aux yeux grenats et cheveux anthracites. Elle n'a pas peur. Elle sait qui il est et le salue comme il se doit :

- Je suis honorée de vous rencontrer, Roi de l'Oubli et des royaumes antithétiques.

- Je vois que vous me connaissez déjà Maria Enola* Dés Slivestri. Votre Mère vous attend et je ne suis qu'un humble guide.

- Vous serez bien plus, Shahlâ.

Le jeune roi ne montre pas sa surprise alors que cette enfant venant de naître connait déjà son nom. Elle continue :

- Vous serez toujours un guide. Mais le guide d'un jeune serpent qui se perdra facilement à cause de sa Mère, la reine-serpent. Vous devrez veiller un jour et les pertes seront grandes le lendemain.

- Suivez moi, ordonne-t-il sans faire attention aux paroles de la jeune fille.

En effet l'esprit de Maria avait l'apparence d'une jeune fille d'environs quinze ans, à la peau d'ébène et aux cheveux de la même couleur, avec des reflets chocolats, lui tombant sur les reins. Ses yeux acajous s'étaient illuminés en voyant le roi se défiler face à ses révélations.

Leur chemin reprend et à l'horizon une grande plaine sableuse se profile. Shahlâ laisse Maria à la limite de cette plaine et, disparaît lui aussi.

Elle, avance. Toujours droit devant. Une brise souffle doucement et une voix murmure :

- Qui es tu ? Qui es tu ? Qui es tu ?

Inlassablement la voix répète et Maria répond encore et encore :

- Je suis Maria Enola Dés Slivestri. Fille d'Edwin et Aurora Dés Slivestri. Future reine du royaume Sylvestre.

Et le voix reprend alors qu'une silhouette enveloppée de noir apparaît à l'horizon :

- Que seras tu ? Que seras tu ?

Maria ne parle pas tout de suite mais des mots finissent pas couler tout seuls, hors de son contrôle :

- Je serai la Reine Sans Trône. La guide des perdus et du fils du serpent. Je serai le fléau des traîtres. Je serai Moi, Maria Enola Dés Slivestri, l'esprit ouvert, l'esprit vengeur.

- Bien. Tu sais qui tu es et ce que tu sera mais, sais tu ce que tu feras ?

Au loin la silhouette se rapproche et découvre une femme drapée d'une robe longue aux multiples voiles de dentelles, le visage caché. Et Maria répond encore à des questions dont les réponses s'imposent d'elle même :

- Je régnerai dans l'ombre et la douleur. Ceci est ma seule certitude. Le reste sera modelé par les choix de cette humanité qui me méprisera et que je haïrai car elle va tout me prendre. Cependant, je ferai toujours mon devoir car je suis née pour, j'ai été crée pour ce rôle.

La femme en noir s'approche d'une démarche légère et la voix continue à demander portée par la brise :

- Qui aimeras tu ? Réfléchis bien à ta réponse jeune enfant...

Mais Maria répond avec assurance, aussitôt :

- Je n'aimerai personne car tout ceux auxquels je tiendrai un jour mourront. Personne ne pourra me côtoyer car mon but sera de punir et je sème la mort autour de moi.

- Tu es donc la Mort ?

La femme est maintenant proche et, à travers ses voiles, un sourire est visible sur ses traits alors qu'elle pose sa question et entend la réponse.

- Non. Et vous le savez. La Mort existe depuis la nuit des temps, bien avant le Temps et Chao. La Mort est l'origine avec la Vie. Elle ne vivent qu'une fois car elles ne peuvent disparaître. Je ne peux être la Mort. Je suis trop jeune dans ce monde déjà trop vieux.

Le sourire de la femme s'agrandit alors qu'elle soulève le voile fin et révèle ses yeux rouges sang. Maria est fascinée par ce regard et par cette femme qui s'agenouille face à elle. D'une voix douce elle reprend :

- Tu es très perspicace Maria, je suis fière d'être ta Mère.

- Ma Mère ? Interroge-t-elle incertaine.

- Oui, je suis la Mère de ton existence, je suis le concept de ton esprit. Laisse moi te montrer.

Elle se sent attrapée et atterrit sur un champ de bataille. La femme en noir est à ses côtés et murmure :

- Observe ce qui pourra être dans l'avenir si tu échoues. Observe la destruction si tu n'es pas qui tu dis être, si tu ne deviens pas ce que tu devras être, si tu ne fais pas ce que tu devras faire. Enfin, observe la fin d'un monde si tu éprouves des sentiments.

La bataille fait rage mais elle semble centrée autour d'un seul adversaire. Au centre, une femme d'une vingtaine d'année. Elle tournoie avec deux sabres, ses mèches volent autour d'elle et les lames au bout de celles ci tranchent les attaquant les plus proches. L'herbe est imbibée de sang, l'air est saturée de sang. Tout n'est plus que ce liquide carmin. La femme relève soudainement la tête et Maria a l'impression qu'elle la voit elle. Elle croit sentir ces yeux la transpercer. Un acajou, le deuxième rouge sang.

Elle tombe soudainement à terre et prend du sable à pleine poignée comme pour se rassurer de son existence.

- Tu as vu ce qui pourrait être si le monde court à sa perte. Tu affronteras nombreuses pertes et souffrances car au final tu dois être seule. Ne cours pas après les autres car ils disparaîtront tous jusqu'au dernier. Je suis fière d'être ta Mère Maria Enola Dés Slivestri. Tu dois retourner parmi les tiens et affronter tes premières pertes. Va mon enfant et, survis...

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Je ne comprenais plus rien. Tout était confus mais je me devais de vivre et d'être celle que j'avais dis. La Reine Sans Trône.

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Alors qu'une enfant se réveille à l'autre bout du pays une jeune servante parle avec un prêtre :

- Vous êtes sûre ?

- Oui mon Père. L'enfant est noir comme les Ténèbres alors que ses parents sont blancs et elle est née après dix mois de gestation.

- Je vois... Ma fille, le Seigneur pardonne tout vos péchés et le Paradis sera heureux de vous accueillir. Allez , Mathilde.

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Un an passe et une rumeur prend de l'ampleur. La fille des nobles du village serait celle du diable. Elle n'est pas normal. Sa peau est noire, elle grandit trop vite.

Un jour, un messager arrive et donne un message à Edwin. Aurora s'exclame vivement après l'avoir lu :

- Tu dois refuser Edwin. La rumeur prend de l'ampleur. Ils veulent nous séparer. Edwin... Tu ne peux pas nous abandonner ?

- Je n'ai pas le choix...

- Tu ne reviendras pas ! Tu le sais cela ? hurle-t-elle presque hystérique. Ils te tueront ! Te tueront à cause de leurs croyances, pour leur religion !

Elle crache le dernier mot et part se réfugier dans une pièce isolée du manoir dont elle ne ressort plus.

Un peu plus tard tous les serviteurs sont dehors et saluent – pour la dernière fois – leur seigneur. Sur un balcon, à l'abri des regards Aurora tient sa fille qui pleure doucement. Maria sait que sa première perte sera son père. Ensuite ce sera le tour de sa mère. Sa famille sera la première à disparaître et elle ne leur aura jamais avoué ce qu'elle est. Les larmes se tarissent et Maria se redresse. Elle contemple pour la dernière fois cet homme, grand, aux cheveux de blé et aux yeux d'un bleu indescriptible. Elle voit pour la dernière fois son père dans cette armure aux reflets verts, surnaturelles.

Il ne reste plus que la poussière soulevée par les sabots du cheval rapprochant toujours plus Edwin de sa perte.

Les jours passent et Maria voit sa mère dépérir alors que son mari ne revient toujours pas. Aurora ne quitte plus sa chambre, son regard est éteint.

Le coq chante et une clameur s'élève dans l'aube silencieuse. C'est le village et, à sa tête, un jeune prêtre conduit la marche. Il s'arrête et fait signe à trois gardes alors qu'il déclare :

- Aurora Dés Slivestri vous êtes accusée d'actes de sorcellerie et de pacte avec le diable. Pacte dont le résultat se trouve devant nos yeux.

Un garde projette Maria qui atterrit face contre terre. Elle ne comprend plus. Pourquoi sa mère sourit elle ? Pourquoi ne se défend elle pas ? Elle voudrait lui demander mais ne peut que la regarder en silence alors qu'elle se laisse conduire. Le prêtre demande :

- Avouez vous ?

Sa mère sourit. Elle ne fait plus que ça. Elle est déjà parti loin de se monde qui essaie de les détruire. Maria aimerait pouvoir faire de même mais elle ne peut. Elle a promis à sa Mère.

La suite est floue. Du haut de ses deux ans – même si son apparence est celle du fillette de quatre ans environs – elle assiste au procès. Elle voit Aurora crier sous les tortures alors que ces Hommes essaient de la faire avouer. Mais avouer quoi ? Qu'a t elle fait de mal ? Pourquoi doit elle subir... doivent-elles subir tout cela ?

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Ils l'ont brûlée, brûlée sous mes yeux d'enfant déjà trop vieille. Les flammes l'attaquaient et elle souriait. Elle a murmuré un nom et souri encore. Edwin. Je sais qu'elle était heureuse mais... Je sais que je ne dois pas éprouver d'amour mais mes sentiments envers cette femme qui m'avait mise au monde et élevée étaient ce qui s'approche le plus de l'amour. Ou de l'idée que j'avais de ce sentiment à jamais interdit pour moi. Je suis la Reine Sans Trône.

Je le croyais...

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Maria est ensuite envoyée chez une vieille dame qui la traite en esclave. Tout les jours elle entend ces mots :

Fille du diable. Monstre. Erreur de la nature. Pourris en enfer.

Et les coups pleuvent. Elle supporte. Elle les a peut être mérités. Après tout, sa famille est morte par sa faute, à elle qui ne ressemble à aucun humain. Et une voix lui chuchote alors qu'elle n'a rien à voir avec ses humains qui finiront par disparaître alors qu'elle, Maria, sera toujours vivante. Elle ne croit pas la voix. Elle sombre lentement et sûrement car elle n'est plus rien, elle ne sera plus un guide. Une seul chose lui reste, son refus de l'amour.

Les années passent et la vieille dame finit, enfin, par mourir. Maria, maintenant âgée de 26 ans(1) est de nouveau libre. Les années passent et la chasse au sorcière aussi. La jeune femme n'a plus de raison de vivre mais elle ne vieillit plus. Le temps semble ne plus avoir d'emprise sur elle. Elle décide donc d'en finir sachant qu'elle désobéit à sa Mère mais, elle n'en peut plus. Les hommes, tous les Hommes la regarde soit comme un monstre, soit comme une putain à leur disposition. Elle ne veut plus de cette vie qui ne rime à rien et loin de son peuple qu'elle n'a jamais connu.

Alors qu'elle va sauter elle sens une main fine se poser sur son épaule. Maria se retourne et découvre une jeune femme aux longs cheveux blonds attachés par un ruban rouge sang. Les yeux bleus la sonde et Maria se laisse tirer loin du court d'eau. Elle suit cette femme, sans doute une noble compte tenu de ses vêtements. Elle porte une robe longue dans un tissu léger bleu et noir. Des morceaux de dentelles blanches retombent gracieusement sur les bras pâles de la jeune noble. Aucun mot ne s'échange mais un lien semble relier les deux jeunes femmes et la plus jeune tire Maria toujours plus loin. Elle finit par s'arrêter et fait un petit sourire désolé. C'est d'une voix douce qu'elle se présente :

- Narcissa Malfoy(2).

Elle reprend.

- Je ne voulais pas vous déranger mais... je ne sais pas ce qui m'a pris.

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Cette rencontre... Cette rencontre m'a détruite encore un peu plus. Elle m'a traînée plus loin dans le gouffre sans fond de la souffrance et je n'ai rien pu faire pour aller contre. Nous étions peut être destinées à nous rencontrer un infime instant dans cette éternité et souffrir le reste de ce temps infini. Aujourd'hui encore je me demande...

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Maria ne veut pas rester avec cette femme aux yeux qui l'envoûtent. Elle sait que tous mourront. Elle ne veut pas voir Narcissa mourir, jamais ! Elle fait tout pour partir loin mais, toujours, quelque chose la ramène vers ses cheveux d'or, sa peau blanche, ses yeux bleus, ses mains fines. Un sentiment la ramène toujours vers l'aristocrate.

L'amour.

Maria aime.

Maria sait qu'elle va tout perdre et la vision devenir réalité car si Narcissa meurt elle devra la venger. Venger dans un bain de sang sa mort et, finalement la rejoindre.

Sa fin est proche.

Deux ans passent. Maria se fait embaucher au manoir Malfoy comme servante pour leur fille.

Un an passe encore, les deux jeunes femmes sont insouciantes. Elle se rapprochent de plus en plus. Et un jour, alors que son père est censé être en voyage Narcissa attrape Maria occupée dans la cuisine. Elle la fait pivoter et l'embrasse puis murmure doucement :

- Viens Maria, mon père est absent.

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Je savais qu'il ne fallait pas, je n'avais pas le droit d'être tentée. Si quelqu'un nous trouvait c'était la mort pour moi et bien pire pour Narcissa. Narcissa savait comment me faire craquer et elle réussissait parfaitement.

. /!\ début /!\

La porte d'entrée du manoir s'ouvre et laisse la place à un homme blond au visage froid. Il appelle sa fille mais ne reçoit aucune réponse il décide donc de monter. Alors qu'il arrive dans l'aile Ouest du manoir il croit entendre des gémissements mais se dit qu'il rêve. Il n'y a que sa fille et des servantes au manoir car sa femme est morte en couche.

Un nouveau gémissement. Il accélère le pas et constate que ces bruits indécents proviennent de la chambre de Sa fille. Il ouvre brusquement la porte et se fige face au tableau qu'il découvre.

Sa fille nue étendue sur son lit, sa chevelure d'or éparpillée sur les draps de soie, les yeux mis-clos et gémissant. Au dessus d'elle se trouve une personne à la peau noire et aux longues anglaises aux reflets chocolats. Lord Malfoy ne peut plus faire un mouvement alors qu'il voit sa fille sur ce lit avec une autre femme qui l'embrasse, la caresse et lui fait subir d'autres outrages plus indécents les uns que les autres. Il se reprend alors qu'il entend Narcissa supplier :

- Plus... Maria... plus...

Il entre d'un pas vif et attrape par les cheveux Maria puis la traîne hors du lit alors que sa fille ouvre des yeux emplis d'horreur face au regard de son père.

. /!\ fin /!\

La suite reste floue pour moi . C'est un mécanisme de défense, je ne veux plus me souvenir de cette journée. La journée de ma déchéance. Mes souvenirs recommencent le jour suivant. Un jour d'horreur.

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Maria regarde Narcissa le visage baigné de larmes alors qu'une calèche arrive et l'emmène au loin, à Paris chez une tante. Lord Malfoy se tourne ensuite vers elle et crache :

- Fille du Diable tu as de la chance. Je ne veux pas détruire ma réputation à cause de ma fille. Disparaît ! Et ne t'approche plus jamais d'un seul membre de ma famille ! J'aurais pu vous tuer toutes les deux... vous n'êtes que des abominations !

Un mois, deux mois, trois mois passent et elle ne réussit pas à trouver la trace de Narcissa. Elle finit par arriver dans un petit village de l'ouest de la France après une longue errance. Une procession de gens la dépasse et elle entend quelques mots :

- Son père ne vient même pas à son enterrement. Quel parent peut faire ça à sa fille, l'exiler de sa terre natale. Ces nobles se croient tout permis.

Maria se permet de l'interpeller et demande ce qu'il se passe. La plus vieille des dames secoue tristement la tête et répond :

- Nous enteront Dame Narcissa qui a mis fin à ses jours après l'exil forcé par son père.

- Pour... pour... pourquoi ? murmure Maria.

Croyant le question pour elle la vieille dame explique :

- Son père l'a éloignée d'un prétendant trop présent et Dame Narcissa ne l'a pas supporté. Elle s'est ouverte les veines il y a deux jours en laissant un mot disant « Pardonne moi Amour, je ne supporte plus l'éloignement. Je sais que l'on se retrouvera... Cissy »

Maria se détourne alors qu'elle sent des larmes traîtresses couler le long de ses joues. La femme les voit et demande :

- Vous étiez... amies.

- Oui, chuchote-t-elle. De très bonnes amies.

- Je me disais que vous aviez un air de noblesse mais vous le cachez bien, Mademoiselle ?

- Dés Slivestri...

- Dés Slivestri ! S'exclame la deuxième femme. Mais... vous êtes de sang royale !

- Vous devez vous tromper, rétorque froidement Maria en se détournant des deux vieilles.

Pendant ses mois de recherches Maria avait découvert l'existence des sorciers et le fait que les Malfoy en étaient. Avec la mort de Narcissa une illusion venait de se briser. L'illusion d'un amour possible et une haine brûlante prenait sa place. Haine envers les sorciers qui, indirectement, lui avaient pris ses parents puis la seule personne qui comptait pour elle.

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Je me suis laissée guider par la rage, la colère, l'impuissance. Je suis retournée en Angleterre près du manoir Malfoy. J'ai exterminé des villages, de nombreux villages de sorciers et d'humains. Innocents. Je voulais qu'ils souffrent. Souffrent comme moi. Je n'avais plus que cette idée en tête.

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Une femme se tient au milieu d'un village en flamme. Un bruit de pas derrière elle et, alors qu'elle va tuer cette personne son regard plonge dans des yeux aussi noir que les ténèbres. Une femme aux cheveux tressés et remontés en un chignon élaboré s'approche et se met à parler sans trace d'émotion dans ses paroles :

- Il y a cent ans je me suis demandée pourquoi je m'étais réveillée aussi tôt maintenant je le sais. Tu m'a réveillée jeune Maria. Cependant, peu de monde le peut sans mourir. Qui es tu ?

Maria se fige. Elle se revoit, plus jeune répondre à la même question portée par le vent pourtant ce n'est pas la même personne. Et elle ne peut s'empêcher de répondre :

- Je ne suis personne. Je suis une enfant perdue.

- Que seras tu ?

- Je serais une meurtrière. Le fléau des sorciers et des traîtres.

- Qui aimeras-tu ?

- Personne. La seule que j'ai aimé est morte et cela fait de moi ce que je deviendrai. Je n'éprouverai plus aucun sentiment.

La femme regarde Maria pensivement et lui adresse un sourire triste. Elle reprend la parole :

- Maria... Tu es perdue et je t'offre une seconde chance.

- Une seconde chance ?

- Oui, tu emmènes le Tout à sa destruction mais ce n'est pas encore l'heure. Je t'offre le répit et le repos dans le Néant.

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Je ne me rappelle plus de la suite, juste cette proposition. La Mort m'a empêchée de me détruire. Tout était noir et j'ai entendu des voix indésirables. Quelqu'un osait troubler mon repose éternel car je sais que je ne pourrais jamais rejoindre ma Narcissa. C'est un ange alors que je ne suis plus rien.

Je suis la Reine Sans Trône.

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- Andy, crie une voix masculine. Regard cette porte ! Tu la trouves pas étrange ?

- Ouais ouais, répond le dit Andy. Regarde plutôt ce vase, il devrait plaire à ta femme non ?

- Pas sûre... Prend plutôt ce collier.

L'homme tend un collier en argent représentant un narcisse tenu par une jeune ange les ailes repliées autour de la fleur.

- Dis Charlie tu crois que c'est quoi les pierres pour les yeux ?

- Saphir ou topaze bleue je dirais. Ou un quelconque caillou...

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Le collier de Cissy un quelconque caillou ! Et que font ces humains chez moi. Ils pillent les bien de mon peuple ?

La colère commence à monter. Cela faisait si longtemps mais je me laisse envahir. Je sens la douce torpeur qui me tient depuis plusieurs siècles disparaître. Et un souffle me dit, venge toi... venge toi... venge toi...

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Trois hommes se tiennent devant une porte massive et sur une arche en marbre surplombant la porte en bois une écriture enfantine a gravé :

« Ici repose une enfant en ayant déjà trop vu, respectez un repos éternel pour elle et passez votre chemin. »

Face à ces mots le plus jeune ricane en disant un mot :

- Foutaises !

- T'as raison Charlie. On l'ouvre cette porte.

- Inutile de vous déranger Messieurs. La porte est ouverte, susurre une voix dans leur dos.

Les trois hommes découvrent alors la porte ouverte et une fillette de neuf ou dix ans dans son embrasure. Andy se met à rire puis avance en demandant :

- Fillette, qui es tu et que fais tu là.

Un sourire mauvais prend place sur le visage de la dite fillette qui répond toujours sur le même ton avec un petit rire :

- Qui je suis ? Je suis le fléau des traîtres, l'esprit vengeur. Et vous ?

- Petite insolente, s'exclame le plus vieux en frappant la jeune fille qu'il envoie percuter un mur.

Maria se relève, porte une main à sa tempe et récupère le sang qui coule. Elle le lèche délicatement puis repose son regard sur les trois hommes effrayés. Le plus vieux, encore, sort un long bout de bois et le pointe vers la jeune fille qui déclare alors :

- Vous êtes des sorciers... Intéressant. Savez vous, misérables créatures, que vous venez d'entrer dans un tombeau et qu'on ne ressort pas de nos tombeaux.

Elle fait un pas et un des hommes hurle :

- Crève monstre ! Avada Kedavra !

Maria évite le sort et crache :

- Tu es lent petit humain minable.

Des sorts plus dangereux les uns que les autres la frôle et elle les esquive tous. Elle se met à rire comme une enfant devant un nouveau jouet, une lueur de folie dans le regard. Soudain elle attrape un des hommes par la nuque et lui chuchote sensuellement, d'une voix adulte :

- Vous m'avez tout pris. Vous m'avez brisée mais... je suis toujours là. Après des siècles de sommeil vous m'avez réveillée misérables petits cafards. Payez en le prix.

Elle lui brise la nuque.

Des cris d'agonie résonnent entre les murs du tombeau puis tout cesse. Maria ramasse le pendentif de Narcissa, le passe autour de son cou et abandonne les trois cadavres.

Quelques jours plus tard d'autres sorciers découvrent dans un château les morceaux éparpillés de trois hommes et sur un mur une phrase écrite avec du sang :

« La fille de la Vengeance a été réveillée. Craignez ma colère misérables cafards car je vous tuerai tous jusqu'au dernier de votre race maudite »

Pendant ce temps dans un petit village Sylvestre une enfant se présente comme étant Maria Dés Slivestri. Tous l'acceptent. Maria reconnaît immédiatement la Mort. Elle n'a pas beaucoup changé, ses cheveux sont juste plus long et elle sommeille encore. Le temps n'est pas venu pour elle.

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La Mort s'est réveillée maintenant et le fils du serpent à rejoint son guide. Shahlâ prend soin de lui autant que tu peux mais, au final, tu échoueras. Te souviens tu seulement d'une jeune enfant qui t'a dit quelle serait ta mission ? Je ne crois pas que tu m'aies crue ce jour là et... tant mieux. Tu dois mener cette mission à bien car je sais que je ne pourrais jamais le protéger. Non, pas quand il appartient à cette race qui m'a pris ma seule famille et ma Narcissa.

Je la vois encore danser dans une de ses robes de soie puis m'adresser un sourire franc. J'entends toujours sa voix alors qu'elle chantait d'une voix si pure des mots si vrai « ...Usé par les promesses. Usé par la folie. Usé par le dégoût. Usé d'être incompris...(3) »

Je suis usée maintenant, je ne veux plus vivre sans elle, avec cette douleur. Elle était la seule à me comprendre vraiment. Mère pourquoi dois je donc autant souffrir ? Que suis vraiment pour que tu t'intéresses encore à moi qui suis si fragile ? Mère ! Réponds moi, je n'en peux plus de ce silence. Pourquoi dois je vivre ? Pour qui ?

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Une femme enveloppée de dentelle noire s'approche et murmure en prenant doucement Maria contre elle :

- Tu dois vivre car tu es importante. Je t'ai choisie puis façonnée car je te sais forte cependant sache que lorsque la fin sera là tu retrouveras ton ange, ta Narcissa. Je t'avais dis de n'aimer personne et il fallait qu'elle meurt. Elle devenait ta faiblesse. La Guerre n'a pas d'attache car elle n'a qu'un seul but, celui de servir sa Mère. Ton but est de me servir et tu devras le faire en temps voulu. Me comprends-tu Maria ?

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Je ferais mon devoir Mère car je suis née pour cela mais quand tout sera fini je disparaîtrai, la Guerre avec moi. Je ne suis que malheur. La perte m'entoure et pourtant je continue à vivre. Moi, Maria Dés Slivestri, Reine Sans Trône et Esprit vengeur sent ma fin proche et, je m'en réjouis...


* prénom signifiant « esprit ouvert »

(1) Maria a donc vécu comme une esclave pendant presque 24 ans car au moment du procès était agée de deux ans avec apparence de 4 ans et beaucoup plus vieille mentalement.

(2) Ce n'est pas la Narcissa de 1900 et quelque mais je considère que c'est une ancêtre de Lucius Malfoy et n'a donc aucun lien de sang direct avec Narcissa Malfoy née Black.

(3) Usé de Saez


Voila, un des chapitres les plus longs (et ou il y le plus de "blabla") et un petit avis n'est pas refusé mais au contraire grandement encouragé que ce soit sur ce chap ou la première partie en générale, que ca plaise ou non.

Des questions ? Comme toujours je réponds dès que je peux. Des hypothèses ? Preneuse aussi !

Enfin, est ce que je mets un résumé de la première partie pour le prochain chap qui va peut être mettre du temps à venir car je vois pas comment le commencer

Et merci à tous ceux qui me lisent :)


RAR :

Guest (?) : Merci pour ta review qui m'a un peu surprise au début. J'ai un peu de mal à me rendre compte si ce que j'ai écrit est trop vague ou pas. Pour ce qui est de mon style d'écriture, je l'ai travaillé mais ça devient naturel d'écrire de cette façon donc j'ai du mal (une fois de plus) à savoir si c'est compréhensible. Mais si ça te plait quand même tant mieux ! et je ne peux pas vraiment changer de style de toute façon...

je suis tout à fait d'accord avec toi pour Sémélé mais il se venge sur la mauvaise personne. En plus Ambroise sait ce qu'est un sorcier et pourquoi ils les haïssent mais il ne se rend pas compte qu'il en est vraiment un.

(J'ai encore fait un pavé pour répondre...)


Merci encore et, pour ceux qui sont toujours là et que ca intéresse j'ai publié le prologue de ma nouvelle fic... mais il ne faut pas du tout se fier au prologue pour l'histoire...

Tsuh