Sur la route
Bonsoir à toutes. Je vous remercie pour vos retours si positifs et vos mises en follow. Je pense que je complèterai cette histoire d'un dernier chapitre assez rapidement. Je vous embrasse.
Dean, accoudé au comptoir du bar du coin, sirote une bière tranquillement. Un vieux bar en plutôt bon état en plein désert, l'ambiance est calme. Le vieux juke-box joue un aire de country qui ajoute une mélancolie à la déco et une odeur de bois ciré flotte dans l'air. Il a passé sa journée à aider Bobby dans son garage et à l'entendre le sermonner. Ce soir, il a besoin d'une pause, il a mérité une pause. Il garde le regard baissé sur son verre. Il est contrarié mais il avait besoin que Bobby lui remette les idées en place. Il lui a fait la morale sur sa consommation d'alcool, lui a fait comprendre qu'il devait faire quelque chose. Dean a passé une partie de la journée à se défendre et quand il a arrêté de le sermonner, il lui a finalement parlé. Il est d'accord pour faire un effort, Bobby a soufflé, il a eu l'impression que c'était de soulagement. Ce soir quand il lui a dit qu'il partait faire un tour pour prendre l'air, Bobby l'a regardé et lui a demandé de ne boire que de la bière, rien de plus. Il a hoché la tête, il était décidé à faire un effort.
Et il se retrouve perché sur ce tabouret à l'abri dans la demi-obscurité. Il y a beaucoup de va et vient et l'ambiance reste tranquille, du coup il a arrêté de surveiller les nouveaux clients qui entrent et se perd dans ses pensées. La direction de celles-ci est toute trouvée, il repense à son fantasme de la veille. Quand il était arrivé chez Bobby, il ne ressentait plus la fatigue et il devait calmer l'excitation qu'il ressentait encore. Il voyait le flic le maitriser et le prendre sur le capot de sa voiture, il avait eu un orgasme violent et rapide. Il se perd dans ses souvenirs de la veille et son fantasme de la nuit.
- Cassie, comment vas-tu ?
Dean se retourne en entendant le surnom. Il voit le flic qui l'a arrêté la veille, installé au comptoir face au barman. Il est habillé d'un jean et d'une chemise dont les manches sont retroussées jusqu'au coude. Il n'a rien à voir avec l'homme en uniforme qu'il a rencontré. Il a quelque chose d'autre de différent. Dean prend appuie sur son coude gauche et pose son front dans sa main pour cacher son visage.
- Je t'ai déjà dit d'arrêter de m'appeler comme ça Gabriel, répond le flic. Ça donne une connotation…
- Quoi parce que c'est un secret maintenant ?
- Non, mais je ne me définis pas prioritairement par mon orientation sexuelle. Il y a d'autres choses qui comptent…
Ça devient intéressant pense Dean. Sur la route, il a senti une tension qu'il a mise sur le compte de la chaleur et de l'énervement mais il n'y avait peut-être pas que ça. Il continue d'espionner leur conversation.
- Comme quoi ?, lui demande le dénommé Gabriel en haussant les sourcils.
- Je suis un représentant de la loi...
- Et tu ne peux pas être gay ?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit. Putain Gabriel, si c'est pour me prendre la tête je repars.
Toujours d'aussi bonne humeur pense Dean. Il le voit amorcer un mouvement. Il est fort et musclé, il peut voir ses bras nus se contracter quand il prend appuie sur le comptoir pour se lever. Il a déjà pu sentir sa force et là il a un aperçu de son corps. Il observe les traits fins de son visage de profil quand il se rassoit.
- Non c'est bon j'arrête. Reste ici, Castiel, répond le barman en insistant sur son prénom. Je t'offre un verre.
- C'est calme ce soir.
- Oui, les flics trainent trop sur les routes le soir, lui répond le barman avec un sourire. En parlant de flics, comment vont Lucifer et Michael ?
Dean tique au nom de Lucifer. Il continue d'observer le flic et le barman toujours caché derrière sa main pour pouvoir observer sans être vu.
- Ne l'appelle pas comme ça, peste Castiel.
- Je trouve que ça lui va plutôt bien pourtant, lui répond Gabriel en riant.
Castiel ne répond pas, Dean le regarde secouer la tête en souriant. Ça y est, il a trouvé ce qui a changé, il a rasé sa barbe, ça lui va bien mais il a perdu un peu de son côté sauvage. Dean jette un regard au barman et s'aperçoit qu'il a remarqué son regard insistant sur son ami. Il se replace droit au comptoir en prenant toujours appuie sur sa main. Il n'a pas envie que ce flic s'en prenne de nouveau à lui. A cette pensée il sourit, il n'a pas envie de revoir le flic mais il veut bien rencontrer Castiel.
Gabriel tape le coude de Castiel, qu'il est en train de lever pour boire, et fait un signe de tête en direction de Dean. Castiel tourne la tête pour suivre le regard de son ami. Son geste se fige entre sa bouche et le comptoir, il connait ce visage, il fronce les sourcils et recherche dans sa mémoire. Puis la lumière se fait, il le revoit sur le bord de la route. Il souffle de lassitude, il a juste envie d'une soirée calme, il se tourne pour regarder de nouveau Gabriel et lui fait un signe négatif de la tête. Il est venu ici pour passer un moment tranquille, il ne va pas se prendre la tête avec ce gars qu'il a verbalisé.
Dean jette un nouveau coup d'œil rapide dans leur direction, le barman ne le regarde plus mais le flic à l'air plus tendu que tout à l'heure. Il souffle, il s'est fait repérer. Il avale une gorgée de sa bière et décide de se lever. Il fait un premier geste pour bouger mais repense à ce qui s'est passé la veille, peut être que Castiel est tout aussi con que le flic. Pourquoi il serait différent d'ailleurs ? Mais quand il était parti et l'avait laissé sur le bord de la route, il avait eu l'impression de le voir sous un autre aspect. Il décide d'arrêter de réfléchir et finit par bouger après son premier geste avorté. Il s'approche doucement du flic qui n'a pas bougé et qui regarde fixement son ami. Dean baisse la tête, se demande ce qu'il est en train de faire. Puis il le regarde de nouveau et le salue quand il arrive à leur hauteur.
- Bonsoir. Il ne le lâche pas des yeux.
Le flic se détourne légèrement comme pour vérifier qui lui parle.
- Bonsoir. Son ton n'est pas amical mais plutôt irrité.
- Je ne veux pas vous déranger…Je voulais juste m'excuser pour mon comportement. Il pose son verre sur le comptoir et s'assois sur le tabouret à côté, face à Castiel.
Le flic hoche la tête mais ne répond pas. Gabriel les observe sans rien dire. Dean reste un moment sans savoir quoi dire ou faire puis fait une légère grimace, c'était une mauvaise idée.
- Bon je vais vous laisser, encore désolé. Il passe sa main sur sa nuque et se mordille la lèvre inférieure.
- Moi, c'est Gabriel, et voici Castiel.
Dean ne manque pas le regard noir que lance Castiel au barman. Celui-ci fait comme si de rien n'était et tend la main à Dean.
- Dean, en se retournant vers lui et en lui serrant la main.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait pour le mettre autant en rogne ?, demande Gabriel avec intérêt.
- J'ai été un automobiliste plutôt désagréable...
- Et insultant, complète Castiel qui ne l'a toujours pas regardé.
Dean fait un sourire contrit et hoche la tête.
- J'avoue. Mais je suis sûr qu'il ne vous a pas dit ce qu'il a fait à ses collègues ?, demande Dean au barman avec un sourire et en lançant un regard en coin au flic.
Gabriel regarde Castiel qui s'est figé.
- Toi, Castiel, tu as enfin fait quelque chose à Lucifer, depuis le temps qu'il te pourri la vie ?
- Je t'ai dit d'arrêter de l'appeler comme ça.
- C'est le blond avec une sale gueule ?, demande Dean pour essayer de savoir qui peut être cet homme qui a eu le mérite de récolter le surnom de Lucifer.
Gabriel et Castiel se retournent vers lui comme un seul homme. Gabriel sourit et hoche la tête alors que Castiel lui lance un regard de glace. A ce moment il est happé par son regard et ses yeux. C'est la première fois qu'il les voit, il avait conscience de sa force, sa présence qui s'imposait mais là il se rend compte de son caractère de feu. Il pense fugacement que malheureusement il n'avait pas vu ses yeux la veille, ça lui aurait surement évité de l'insulter. Gabriel, accoudé au bar face à eux, est tout ouï.
Dean pense qu'il fait chaud tout à coup dans ce bar. Il tente de reprendre le fil de ses pensées, son regard surpris au début exprime maintenant une pointe d'hésitation. Il n'a pas envie de le mettre encore en colère. Il est venu avec l'intention de s'excuser et maintenant, il espère pouvoir discuter un peu plus avec lui. Discuter pense-t-il, tu crois que tu vas faire croire ça à qui ? Il sourit et regarde Gabriel.
- Il a peut-être plutôt envie de vous le raconter lui-même.
Gabriel regarde Castiel et attend, celui-ci fixe toujours Dean intensément. Même en le connaissant bien, Gabriel ne sait pas dire s'il va l'étriper sur place ou lui sauter dessus.
- Bon alors vous allez me dire ce qui s'est passé ?
Castiel fini par détourner le regard de Dean et celui-ci se sent respirer de nouveau. Il regarde Gabriel.
- Une petite vengeance mesquine.
- Il pestait encore quand tu es parti, se met à rire Dean avec une pointe de gêne. Il ne sait pas comment se comporter avec lui. Le reste du temps, il lui aurait sauté dessus pour lui faire comprendre ce qu'il veut mais avec lui, il n'ose pas.
Castiel tique à l'emploi de cette familiarité dont Dean ne semble même pas s'être rendu compte. Pour éviter toutes remarques, Gabriel reprend la conversation.
- Bon vous allez me dire ce qui s'est passé.
- J'ai arrêté Dean sur le bord de la route et quand Luc et Michael sont arrivés, ils ont recommencé leur intimidation.
- Ils n'arrêteront jamais, se lamente Gabriel.
- Quand je suis parti, j'ai malencontreusement fait déraper ma roue arrière sur le sable, complète Castiel.
- Et Lucifer a passé cinq minutes à te maudire.
Castiel a un sourire triste.
- Ça ne sert à rien, en regardant Gabriel.
- Ne me dit pas que les ensevelir dans le sable ne t'a pas procuré un petit plaisir ?
- Il en a souri tellement, plaisante Dean.
Gabriel se met à rire. Dean le met en boîte comme un ami. Il essaye de passer de l'automobiliste détesté à la rencontre amicale de bar en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Gabriel les laisse après avoir été appelé par un client et le silence se fait entre eux. Dean essaye bien de chercher un sujet à aborder mais de quoi il peut bien lui parler. Son travail de flic a l'air de lui causer des problèmes et il ne veut pas le mettre de mauvaise humeur, et pour le reste il ne sait rien de lui.
- Je t'offre un verre pour m'excuser.
- Non ce n'est pas la peine.
- Si j'insiste, s'il te plait.
Dean pose sa main sur son avant-bras pour l'empêcher de partir et lui faire comprendre ses intentions. Il le sent se tendre, laisse sa main sans bouger pendant quelques secondes avant de la faire glisser et d'abandonner cette chaleur. Castiel s'est focalisé sur son geste, Dean le voit déglutir, un bon point pour lui, il ne le laisse pas indifférent. Par contre, ce qu'il perçoit de lui c'est la droiture dans son travail et son sérieux. Il doit faire évoluer l'image qu'il a de lui.
- Je dois m'excuser aussi, reprend Castiel. Je n'aurais pas dû vous arrêter comme ça et vous mettre les menottes… ce n'était pas justifié.
- C'est oublié, lui répond Dean immédiatement avec un geste évasif de la main.
Il fait signe à Gabriel de leur apporter un nouveau verre de bière, ils trinquent sans se regarder dans les yeux. Dean observe Castiel mais celui-ci évite son regard. Il est beaucoup moins sûr de lui quand il n'est pas protégé par son uniforme et ses lunettes. Gabriel reste discuter avec eux, Dean en apprend plus de son ami que de Castiel lui-même. Ils se connaissent depuis leur adolescence, de même qu'avec les collègues de Castiel. Ils sont tous originaire de cette petite ville et y sont restés. Castiel ne décroche pratiquement pas un mot si ce n'est pour confirmer.
Au bout d'une demi-heure, quand Gabriel s'éloigne, Castiel annonce à Dean qu'il doit partir.
- Ma proposition d'hier tient toujours… On pourrait peut-être…
Dean ne le regarde pas, il lance cette dernière phrase comme un va tout. Il est sur le point de partir, il doit arriver à le faire rester ou partir avec lui. Castiel est surpris par ce discours direct. Dean le voit réfléchir, il a l'air inquiet.
- Non, je n'ai aucune envie de passer du temps avec toi. Qui me dit que tu n'as pas été payé par Luc pour me tendre un piège ?
Dean encaisse la phrase, ça lui fait plus mal que tout ce qu'il lui a dit jusqu'à maintenant. Il est blessé dans son orgueil et dans ces cas-là, il ne cherche pas plus loin. Il se lève, jette une poignée de billets sur le comptoir en serrant les dents et en l'ignorant. Il part, Castiel reste au bar et celui-ci n'a pas besoin d'attendre pour que Gabriel arrive et lui demande pourquoi il reste assis là.
- Il peut très bien être de mèche avec Luc pour se venger.
- Putain Castiel, jure Gabriel en secouant la tête.
Celui-ci fini par se lever. Gabriel le regarde tristement. Il sait que Luc est pourri mais il n'a jamais pensé qu'il pourrait aller jusque-là. Castiel doit vraiment être perturbé pour pouvoir imaginer de telles idées venant de son collègue. Il le regarde sortir dans la nuit, seul et en proie à ses inquiétudes.
Castiel se retrouve sur le parking du bar. Il voit la voiture de Dean s'éloigner, il baisse la tête et souffle de dépit. Il respire profondément et hume l'air, l'ambiance du désert la nuit est totalement différente de celle de la journée. Il s'éloigne sur sa moto, s'enfonce dans la nuit qui s'assombrit à distance du bar et profite du dôme étoilé, et de la lune à la rondeur parfaite, qui recouvre cette partie du monde.
Dean au volant de sa voiture roule depuis dix minutes. Il continue de penser à Castiel, pourquoi il a fallu qu'il le rencontre dans ces conditions ? Pourquoi il a fallu que ça se passe comme ça ? Il n'a quand même pas rêvé, il a bien vu qu'il avait été troublé. Peut-être qu'il avait été trop direct ? Il se retrouve encore sur cette route en train de s'énerver tout seul, quand une moto le double. Elle se rabat devant lui, freine, l'homme tend le bras sur la droite et lui fait signe de s'arrêter. Il reconnait Castiel, il ralentit, la moto roule sur le bas-côté et il la suit quand elle s'enfonce un peu plus dans le désert.
Quand Castiel s'arrête, Dean le voit descendre, enlever son casque et s'approcher de lui, en se décoiffant au passage. Il coupe le moteur et descend de sa voiture. Très bien, ils vont pouvoir s'expliquer.
- Qu'est-ce que tu veux ?, lui demande Dean de façon irrité. Il en a marre de jouer, il l'insulte et vient en remettre une couche.
- Je ne préfère pas que Gabriel sache ce que je fais, lui répond-il calmement.
- De quoi ? Il ne comprend pas, qu'est-ce qu'il essaye de lui dire ?
- Je préfère qu'il pense qu'on n'est pas ensemble. Il parle beaucoup et des choses lui échappent souvent. Il voit qu'il ne dit pas ça méchamment mais il se méfie.
- Donc tu ne veux pas qu'on nous voit ensemble ?, il a du mal à contenir sa colère.
- Je préfère ne pas étaler ma vie.
- Et ce que tu m'as dit au bar tu le penses vraiment ?
- Je l'ai pensé au début… et j'espère mettre trompé.
Castiel s'approche encore d'un pas et embrasse Dean sans préavis pour mettre fin à ses questions. Leur baiser qui se fait avec hésitation au début s'enfièvre rapidement. Dean tient la tête de Castiel entre ses mains et le repousse pour y mettre un terme pour reprendre son souffle. Sa colère s'est entièrement évanouie face à de nouveaux sentiments. Castiel a passé sa main sous son tee-shirt et le tient encore contre lui, tandis que sa main droite est dans son cou.
- Je crois que tu m'as promis quelque chose, murmure Castiel en souriant contre ses lèvres.
La voix de Castiel est devenue encore plus rauque, rien que ce son électrise Dean un peu plus. Il attrape Castiel par les hanches et le retourne pour l'assoir sur le capot de sa voiture. Il chasse de son esprit l'idée éventuelle d'une rayure. Il entreprend de déboutonner sa chemise en laissant ses lèvres caresser sa peau. Castiel le laisse faire en tentant de contrôler son souffle qui a par moment des ratés.
- On ne devrait pas, chuchote-il.
- Tu plaisantes j'espère, lui répond Dean en le regardant tandis que ses mains se sont attaquées à son jean.
Il se baisse pour s'agenouiller et Castiel attrape le col de son tee-shirt.
- Je pense que tu préfères éviter de te faire mordre par un crotale.
- Putain, où ça ?, en se relevant brutalement et en regardant au sol autour d'eux d'un air effrayé.
- Il vaut mieux être prudent, dit Castiel en riant.
Dean pousse un soupir de soulagement. Il attrape Castiel par le poignet, ouvre la portière arrière et le pousse sur le siège. Avant qu'il se soit complètement reculé, il lui retire ses chaussures et attrape le bas de son jean sur lequel il tire et monte à son tour dans la voiture. Il se retrouve l'un sur l'autre, il fait reculer Castiel contre la portière et reprend où il s'est arrêté. Il prend son temps, les images de son fantasme lui reviennent en tête. Il finit de le déshabiller, il a envie de lui immédiatement.
Ils restent l'un sur l'autre sans parler, à moitié tordus et recroquevillés. Le siège arrière n'est vraiment pas pratique. Castiel a passé une main derrière sa tête et caresse distraitement le dos de Dean de son autre main. Cette simple caresse procure à Dean des frissons amplifiés par la fraicheur de la nuit. Il entend au loin les coyotes hurler, leurs hurlements haut perchés tranchent dans le calme de la nuit et li donne une impression de fantômes qui geignent accompagnés par des jappements plus courts qui sont proches de ceux des chiens. Il pose son menton sur le torse de Castiel et tend l'oreille pour essayer de les localiser.
- Tu n'as pas l'habitude du désert ?, lui demande-t-il en passant sa main dans ses cheveux. Dean ferme les yeux sous la caresse.
- Non, c'est la première fois que j'y passe autant de temps, en murmurant.
Il ne veut pas briser l'ambiance qui les entoure. Plus près d'eux quelques grillons jouent un fond sonore plus reposant. Dean ouvre les yeux et regarde Castiel sérieusement.
- Pourquoi tu n'avais pas de co-équipier quand tu m'as arrêté ? Les flics se baladent toujours par deux d'habitude.
- Parce que je n'en ai pas besoin. Castiel rompt le contact visuel et rejette la tête en arrière et se met à observer le ciel qu'il perçoit par le coin de fenêtre au-dessus de lui.
Dean l'observe, il se mord la langue, il a envie d'en savoir plus mais ne dit rien. Il finit par se redresser, abandonne la chaleur de ce corps et se penche sur le siège avant pour farfouiller dans la boîte à gants. Pendant ce temps, Castiel s'adosse au coin entre la portière et le dossier, et observe Dean. Celui-ci s'assoit de nouveau entre ses jambes avec un paquet de cigarettes à la main. Il est en train de l'ouvrir quand Castiel attrape son poignet gauche et le place au-dessus du siège avant, éloignant le paquet. Dean le regarde sans comprendre.
- Hors de question. Dean sent bien que cette phrase n'est pas dite sur le ton de la plaisanterie.
- Je ne laisse personne me donner d'ordre, lui répond-il avec une lueur de défi dans le regard.
Dean tente de ramener sa main mais Castiel durcit sa prise.
- Je préfère respirer ton odeur que celle de la fumée. Castiel se redresse doucement pour s'approcher de lui. Et apprécier la saveur de ta bouche, plutôt que de gouter celle du tabac.
Il l'embrasse sans ménagement, Dean lâche le paquet qu'il avait encore en main et se laisse faire. Castiel le prend dans ses bras pour l'allonger et se place au-dessus de lui. Il n'a plus du tout envie de sa cigarette.
