Sur la route

Voici le troisième et dernier chapitre. Je vous remercie pour vos follow et vos mise en favoris.


Dean est chez lui à végéter devant une connerie à la télé, il repense à son weekend. Il a revu Bobby, il a pu travailler avec lui et c'était plutôt plaisant pour du travail, et surtout il avait passé un moment avec Castiel. Ils s'étaient séparés sans rien attendre l'un de l'autre, ils avaient partagé du plaisir mais ils ne vivaient pas dans le même monde. Castiel est droit et sérieux et lui passe son temps à chercher des petits boulots qu'il lâche au bout d'un mois car il se prend la tête avec le patron, autant dire deux mondes opposés.

Autant les premiers jours, quand il pense à Castiel ça lui fait plaisir même s'il sent une petite pointe d'amertume, autant au bout d'un mois, quand il n'arrive toujours pas à se l'enlever de la tête, il commence à criser. Il se surprend à imaginer ce qu'il est en train de faire, à s'inquiéter pour lui à savoir si ses problèmes se sont arrangés avec Lucifer. Et quand il se retrouve au lit, seul, il ne peut pas s'empêcher de revoir son corps et de penser au désert.

Un matin alors qu'il est encore à moitié endormi, il échappe sa tasse de café qui explose en mille morceaux sur le sol. Il reste au-dessus, regardant le liquide ambré se rependre de plus en plus. Et là, il se demande ce qu'il est en train de faire. Bobby l'a sermonné, il lui avait foutu un coup de pied au cul presque, et ça avait marché, il avait réussi à freiner sa consommation d'alcool. Il lui fallait un peu plus de volonté. Il en avait assez de laisser les bonnes choses foutre le camp. Il avait laissé Sammy s'éloigner sans rien faire. Sa ténacité l'avait abandonné, il ne pouvait pas faire ça avec Castiel. Il ne le connaissait pas, ça paraissait complètement idiot de raisonner de cette manière mais peut-être qu'il pouvait jouer le rôle de déclencheur. S'il arrive à se bouger pour le revoir et tenter quelque chose avec lui alors peut être que cet effort ouvrira la voie à d'autres choses toutes aussi plaisantes.

En un éclair il décide d'y retourner, il doit le faire pour tenter sa chance, sinon il n'arrivera jamais à se l'enlever de la tête, il le sent. Il file dans sa chambre sans attendre, enfile un jean et un tee-shirt. Il est dix heures du matin et calcule qu'il en a pour six heures de route. Puis il s'arrête sur le seuil de sa chambre, il se rend compte que son cœur s'est mis à cogner et que son souffle est rapide. Il est stressé juste à l'idée de le revoir. Et il se met à réfléchir, il va le prendre pour un fou, comment on peut faire quelque chose comme ça ? Il débarque au bout d'un mois et quoi ? Il va lui faire une déclaration ? Non impossible, c'est pas son genre et comment il peut lui dire qu'il pense toujours à lui après tout ce temps. Il ferme les yeux, inspire et secoue la tête pour chasser ces idées, s'il continue il va se dégonfler. Il a six heures de route, ça sera suffisant pour trouver la bonne façon de lui présenter les choses.

Il jette un sac d'affaires dans le coffre, saute dans sa voiture, met le contact, caresse le volant. Il est déjà mieux, à l'abri, dans son bébé. Il démarre sans attendre et prend la route. Il est libre, pas de travail, il s'est fait virer il y a deux jours. Il allume la radio à fond pour se donner du courage.

Les premières heures de conduite sont calmes. Il s'arrête dans un petit patelin pour manger un morceau. Il entre dans le restaurant au bord de la route, il n'y a que des gens de passage, des représentants ou des vacanciers. Il commande un hamburger et s'aperçoit en commençant à manger, qu'il ne peut rien avaler, son estomac est complètement noué. Il se force un peu mais abandonne une bonne partie de son assiette. Il finit par un café, il a encore beaucoup de route et il a trouvé plus de circulation dans les grandes agglomérations que ce à quoi il s'attendait. Il va arriver plus tard que prévu.

Il reprend la route et caresse distraitement du bout des doigts, le paquet de cigarettes qu'il n'a pas fini d'ouvrir, en pensant à Castiel. Il doit réfléchir à la façon dont il va s'y prendre. Il ne peut pas aller chez lui, il ne connait pas l'adresse. Il ne pense pas qu'il puisse aller au commissariat, il le prendrai surement mal.

Il arrive dans le désert, son cœur recommence à faire des siennes, il fait toujours aussi chaud peste-t-il mais le soleil est moins mauvais que la dernière fois. Il a décidé sur la route qu'il allait se renseigner auprès de Gabriel, il pourra lui donner son adresse. Maintenant il devait se décider de la façon dont il allait lui dire pourquoi il était revenu. Une nouvelle vague d'angoisse le submerge. Putain pourquoi il fait ça ?, c'est complètement con. Il croit quoi, que Castiel l'a gentiment attendu et que lorsqu'il va arriver il l'accueillera les bras ouverts. Il freine brusquement et se gare sur le bas-côté. Il sort de la voiture en vitesse et claque la portière, il fait le tour et donne des coups de pied dans le sable. Il a peur et il déteste avoir peur.

Il voit enfin le parking du bar, se gare et reste un moment sans bouger. Il va seulement demander à Gabriel si Castiel est là ou s'il peut lui donner son adresse. Il sort de sa voiture, le soleil le brûle sur place et il entre sans attendre dans cette douce pénombre. Il se dirige vers Gabriel d'un air déterminé ses yeux s'habituant peu à peu au changement de luminosité et en essayant de camoufler son angoisse. Il le salue et se présente de nouveau, Gabriel se rappelle de lui.

- Je dois voir Castiel. Gabriel regarde autour de lui.

- Il n'est pas là. Dean lève les yeux au ciel.

- Tu peux me donner son adresse.

- Non, je ne crois pas, lui répond-il en secouant la tête. Il ne serait pas d'accord. Tu n'as qu'à aller au commissariat.

- Je ne peux pas …

- Je ne te donnerais pas son adresse, sinon il va me faire la peau. Ou bien tu l'attends ici en espérant qu'il décide de venir boire un verre.

Dean à la langue levée pour lui demander s'il sort avec quelqu'un mais il se retient. Il ne peut pas demander ça, et aller au commissariat, comment il allait prendre ça ? Il ressort, il ne peut pas attendre, si c'est la seule solution. Il se dirige vers le commissariat, se gare sur le parking à l'arrière du petit bâtiment qui a l'air bien entretenu, bien que le sable semble envahir la ville petit à petit. Il ne doit pas réfléchir. Il entre et se retrouve dans un petit accueil ouvert sur une salle d'attente. Les locaux sont propres mais un peu vieillot et une odeur de produit nettoyant flotte dans l'air. L'agent à l'accueil va pour lui adresser la parole quand les deux agents de police qu'il a vue face à Castiel arrivent. Il voit Lucifer l'observer, il cherche d'où il le connait.

- On se connait ?, lui demande-t-il.

- Oui, vous m'avez laissé repartir après avoir été arrêté par un de vos collègues.

- Oui, je me souviens. Cassie…

- Et je cherche C… l'agent Novak.

- Vous voulez déposer plainte, un sourire naquit sur son visage. Il est tellement sûr de lui.

- Non, je… veux juste lui parler.

- Je vois…

Il voit le regard du blond changer. Il a compris sans qu'il en dise plus. Son sourire devient dédaigneux et lui lance le même regard qu'il a eu pour son collègue. Il le dépasse pour sortir en le poussant de son épaule, Dean fait un pas de côté pour se rattraper. Son collègue a suivi le mouvement et Dean sort pour les suivre à distance. Il entend le blond parler de Castiel, qu'il ne devrait pas être dans la police, pas après tout ce qu'ils ont appris sur lui et ce qu'il a fait, que des hommes comme lui ne sont pas digne de confiance.

Dean tente de garder son calme, il était anxieux de revoir Castiel et entendre ces cons, parler de lui comme ça le met hors de lui. Quand ils arrivent au coin arrière du commissariat, Dean frappe sur l'épaule du blond pour le faire se retourner et lui envoie un coup de poing dans le nez. Rapide et efficace, il sent un léger sentiment de fierté à prendre la défense de Castiel. Le flic se recule sous le coup de la douleur et de la surprise. Puis il lève la tête et son regard le transperce. Il n'attend pas pour se jeter sur Dean, aidé de Michael, qui tente de lui tenir tête. Il est plus costaud que lui et le premier coup qu'il prend le sonne presque. Il n'a pas le temps de rendre le coup que d'autres pleuvent. En quelques secondes, il sent le mur dans son dos, il est pris au piège. Il tente de protéger sa tête et de résister quand un coup de pied vient le faucher dans les côtes. Il lâche un cri de douleur avant d'essayer de se relever mais ils ne lui laissent aucune chance. Il entend vaguement les insultes pleuvoir. Le flic continue d'insulter Castiel, ce qui est arrivé à son co-équipier est de sa faute.

Les coups se calment. Il ne voit plus leurs ombres sur lui, ils commencent à s'éloigner alors qu'il entend quelqu'un arriver en courant. Il tente de se relever et tourne la tête. Il tombe dans le regard de Castiel qui est choqué. Luc se retourne au bruit de pas et sourit.

- Tiens, le preux chevalier qui vient au secours de sa princesse.

Luc jette un regard à Dean toujours à terre puis regarde Castiel de nouveau avec un air mauvais.

- J'ai toujours cru que c'était toi qui faisais la fille, Cassie.

Il n'a pas le temps de dire autre chose que Castiel lui a déjà sauté dessus pour le frapper. Dean l'observe, il a plus de technique que lui et arrive à lui faire plus de mal. Quand Michael s'approche, il lui décoche un coup brutal qui le fait reculer immédiatement. Quand Castiel se calme enfin, il prévient Luc que s'il porte plainte, lui en fait de même pour discrimination. Dean voit Luc rager mais il ne dit rien. Castiel se recule pour se rapprocher de lui, il observe rapidement son visage marqué, l'attrape et passe son épaule sous son bras, lui demande où est sa voiture, l'installe sur le siège passager et se met au volant. Dean ne dit rien, il a trop mal et tente de contenir ses gémissements quand il bouge. Il observe Castiel qui ne décolère pas, il finit par s'excuser mais il ne reçoit qu'un regard dur et Castiel s'énerve un peu plus, ce n'est pas à lui de s'excuser, il n'a rien fait.

Quand ils arrivent à l'hôpital, ils sont pris en charge rapidement. Dean est ausculté, il n'a rien de grave, des hématomes et la lèvre coupée. On lui donne des comprimés pour la douleur qui l'embrume petit à petit. Quand Castiel se rapproche de nouveau de lui pour l'aider à se lever, il s'accroche à lui et suit le mouvement. Il l'installe de nouveau dans la voiture, il sourit, il pourrait prendre goût à cette façon dont il a de s'occuper de lui. Il le regarde faire le tour de la voiture et se mettre au volant de son bébé, il n'a même pas d'inquiétude que ce soit lui qui la conduise.

Ils roulent dans la nuit pendant un petit moment, le quartier est calme, on voit des familles se promener pour profiter de la fraîcheur. Dean s'est avachi sur son siège, il a posé son front contre la vitre et observe l'extérieur. Il est complètement détendu, il n'a même plus d'angoisse concernant la raison de son voyage, ces comprimés sont vraiment efficaces. Castiel se gare devant un petit immeuble, Dean observe les alentours quand sa portière s'ouvre, Castiel l'aide de nouveau et le conduit à l'intérieur. Il pourrait lui dire que ça va, qu'il peut marcher seul mais il préfère profiter encore un peu de sa sollicitude. Castiel le lâche pour ouvrir la porte d'un appartement, il entre et fait signe à Dean de le suivre. Un salon face à une cuisine ouverte, deux fenêtres qui donnent sur la rue et qui laissent entrer la lumière blafarde des lampadaires. L'appartement est sobre, bien rangé et chaleureux.

- C'est chez toi ?, lui demande Dean en regardant autour de lui.

- Oui.

- Je ne veux pas te déranger si tu n'es pas seul, je devrais peut-être aller à l'hôtel.

Dean ne perçoit pas le sentiment fugace que Castiel laisse passer sur ses traits. Quand il le regarde, il s'est déjà ressaisit.

- Tu ne veux pas rester ici ?, lui demande-t-il un peu brusquement.

- Non ce n'est pas ça, lui répond-il d'un air gêné.

- Donc tu vas rester ici et on verra demain.

Dean hoche la tête et lui sourit. Castiel prend la direction de sa chambre et revient avec des vêtements.

- Va prendre une douche et laisse la porte ouverte, je préfère pouvoir entrer sans tout défoncer si tu ne te sens pas bien.

Dean prend les vêtements qu'il lui tend et se dirige vers la salle de bain dont il laisse la porte non verrouillée. Pendant qu'il se déshabille, il l'entend téléphoner, il appelle son travail pour les avertir que le lendemain il sera absent. Il n'aime pas qu'il se sente obligé de faire tout ça mais d'un autre côté il va pouvoir profiter de sa présence. Il entre sous l'eau chaude qui a le mérite de le faire soupirer de bien-être. Quand il se sèche, il bouge doucement pour éviter de réveiller les douleurs, il s'observe dans le miroir, une bonne partie de son torse est couvert de bleus. Il s'en veut de ne pas avoir été capable de se défendre. Il sent des odeurs de cuisine lui arriver quand il est en train de s'habiller. Il sort sans attendre, Castiel se retourne et marque un arrêt. Il a l'air surpris et Dean aime beaucoup cette expression et sa façon de le regarder. Il lui demande si ses vêtements lui vont, comment il va et finit par l'inviter à s'assoir. Ils mangent en discutant de banalités au début avant d'aborder les sujets plus personnels.

- Pourquoi tu es revenu dans la région ?, lui demande Castiel.

Dean le regarde sans comprendre.

- Ta plaque d'immatriculation, précise-t-il. Tu n'es pas d'ici.

- Il y a un mois je suis venu travailler pour aider Bobby.

- Bobby ?

- Il est en quelque sorte ma famille.

- Et cette fois-ci ?, lui demande-t-il.

- Je … je suis venu travailler.

Castiel le regarde et hoche la tête.

- Et pourquoi tu étais au commissariat ?

- Je me suis dit que je pourrais passer te dire bonjour.

Dean se déteste, il est lâche. Il a fait toute cette route pour le voir et maintenant qu'il est face à lui, il ne peut pas lui parler. Il hésite un moment avant de se lancer.

- Qu'est-ce qu'il se passe avec tes collègues ?

- Je pense que tu es au courant d'après ce que j'ai entendu. Luc me tient responsable de ce qui est arrivé à mon co-équipier et je suis d'accord avec lui sur ce point.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, lui demande-t-il avec prudence. Castiel soupire et Dean se raidit, est-ce qu'il est allé trop loin?

- On faisait un contrôle sur la route où je t'ai arrêté. Le conducteur semblait avoir bu, au début il coopérait sans problème, mais j'ai baissé ma garde et il a démarré alors que Balthazar inspectait la voiture et il l'a fauché. Il ne s'en est pas sorti, ajoute-t-il en murmurant presque.

- Je suis désolé. Castiel hoche la tête. Et tu n'as pas de nouveaux co-équipiers ?

- Non, lui répond-il en souriant. Je leur fait vivre un enfer et au bout d'un moment ils baissent les bras. Je préfère être seul, si je fais une connerie, il n'y a que moi qui peux en pâtir. Il finit sa phrase les yeux dans le vague.

Le silence se fait un instant, Dean n'ose pas le briser. Il a vécu quelque chose de difficile et se sent responsable de cet évènement.

- Et il n'y a pas que ça avec Luc?

- Non, le reste … il ne me supporte pas. Il ne supporte pas ce que je suis.

Dean tend la main et la pose sur la sienne. Castiel caresse la sienne de son pouce et sourit tristement.

Dean commence à bailler, épuisé par son trajet, la bagarre et la douleur. Castiel le conduit jusqu'à la chambre et quand il va pour sortir, Dean le retient par le bras, l'embrasse doucement et lui demande de rester avec lui. Il lui rend son baiser, Dean se couche sur le dos, il a mal quand il bouge trop, Castiel se couche à sa gauche. Ils se regardent un moment, le regard de Castiel est doux et plein de regrets. Il se sent coupable de ce qui lui est arrivé. Il passe sa main sur sa joue, caresse du bout des doigts la coupure sur sa lèvre et se relève pour l'embrasser. Dean retient sa main contre lui et le rassure, ce n'est pas sa faute.

Dans la nuit, Dean a bougé, il s'est retourné sur son flanc droit. Quand son sommeil se fait plus léger, il sent le torse de Castiel dans son dos et ses bras qui l'entourent. Il s'enfonce de nouveau dans le sommeil, rassuré. Puis il entend la voix étouffée de Castiel, il parle sérieusement mais sans colère. Dean sent les bribes du sommeil se dissiper. Il n'y a qu'une voix, il doit être au téléphone. Il rassure quelqu'un, Anna. Ils ont l'air d'être proches. Il ouvre les yeux et décide de se lever, autant profiter de Castiel, il est là pour ça.

Quand il arrive dans la cuisine, Castiel est assis face à une tasse de café. Il n'y a pas si longtemps qu'il doit être debout. Il sourit en le voyant, se lève pour l'embrasser, lui demande comment il va et lui murmure qu'il pourrait y prendre goût. Il ne lui faut rien de plus pour sentir son estomac faire des loopings. Pendant qu'ils boivent leur café, Castiel s'excuse pour son coup de fil qui a dû le réveiller.

- Ta famille ?, lui demande Dean pour faire la conversation.

- Pratiquement. La femme de mon co-équipier, Balthazar. On était comme des frères donc oui quelque part elle est ma famille.

Il passe le reste de leur journée à traîner. Dean à presque l'impression d'être chez lui. Castiel continue de veiller sur lui, il a toujours des gestes tendres. Ils sont installés sur le canapé, Dean a tenté de lui dire toute la journée qu'il est là pour lui et il finit par prendre son courage à deux mains. Il se tourne vers Castiel et celui-ci le regarde.

- Dean ça n'a pas l'air d'aller. Tu veux un comprimé ?

- Non c'est pas ça… Il ne le regarde pas dans les yeux, il a honte de devoir exprimer ses sentiments et il va se sentir mortifié si Castiel le repousse.

- Qu'est-ce qu'il y a ?, lui demande-t-il en se tournant entièrement vers lui.

- Qu'est-ce que tu dirais si je cherchais un travail et que je m'installe dans le coin ?

Il ne lui répond pas et fonce sur ses lèvres. Il pousse un gémissement de douleur et Castiel s'écarte rapidement.

- Je suis désolé.

- Ne t'excuse pas c'est le genre de réponse que j'espérais. C'est pour ça que je suis venu … même si je n'ai pas eu le courage de te le dire avant. Dean se sent bien, il n'a plus ce poids qui lui comprimait la poitrine. Je pourrais demander à Bobby, reprend-il. Il pourrait me prendre quelques heures pour commencer. Il se mord la lèvre et regarde Castiel. On va y aller immédiatement.

- Tu veux que je vienne avec toi ?

- Oui. J'ai besoin de mon chauffeur.

Ils n'attendent pas pour prendre la route et au bout d'une demi-heure, ils arrivent dans une cour envahit de voitures au bout de laquelle se trouve un petit garage. Dean voit sortir Bobby de l'ombre avec un air inquiet sur le visage. Air qui s'aggrave quand il sort de la voiture et qu'il se rend compte des marques de coups qu'il a pris. Il s'approche en s'essuyant les mains dans un morceau de tissus qui a peut-être été blanc à une époque.

- Qu'est ce qui t'est arrivé gamin ? Il prend le menton de Dean dans sa main et lui tourne la tête pour passer en revue son visage.

- Rien de grave, ça va.

- Ça va ? Je crois que tu as dû prendre un sale coup pour laisser quelqu'un conduire ta voiture.

Dean lui sourit et se retourne vers Castiel qui est un pas en arrière et les observe sans rien dire.

- Je te présente Castiel.

- Je le connais. Bobby lui tend la main, agent Novak.

- Monsieur…

- Bobby, le corrige-t-il.

Castiel hoche la tête. Bobby repose son regard sur Dean.

- Venez-vous mettre à l'ombre et dis-moi ce qu'il se passe.

Ils entrent dans le petit atelier. Il fait tout aussi chaud qu'au soleil mais leur peau ne brûle plus sous ses rayons.

- J'envisage de m'installer dans le coin et je me demandais si tu pouvais me donner du travail ?

Bobby regarde Castiel puis Dean de nouveau.

- Tu veux t'installer ici ? Tout d'un coup comme ça ?

Dean attrape la main de Castiel qu'il sent mal tout d'un coup et faire comprendre à Bobby sa motivation.

- Oui et tu m'as toujours dit que je pouvais venir te voir pour un coup de main.

Dean ne s'inquiète pas, il connait déjà la réponse de Bobby. Il fait juste durer le plaisir pour mettre mal à l'aise Castiel. Il a toujours fait ça quand il lui présentait quelqu'un quand il était jeune. Il veut juste évaluer les personnes qu'il lui présente. Bobby continue de les observer sérieusement. L'intensité du moment est brisé par le portable de Castiel, il plonge sa main dans sa poche en s'excusant et lit le nom qui s'affiche.

- Je suis désolé. Je dois répondre, c'est mon supérieur.

Castiel s'éloigne pour répondre. Bobby ne l'a pas lâché des yeux.

- Un flic ? Vraiment ?, en grommelant entre ses dents.

- Tu voulais que je rentre dans le droit chemin. Il m'aura toujours à l'œil comme ça, en lui souriant.

- C'est à cause de lui ces coups ?

- Non c'est à cause de moi.

Il hoche la tête d'un air circonspect sans être complètement convaincu par son explication quand Castiel vient les retrouver.

- C'était pour avoir des explications après l'altercation avec Luc, explique-t-il à Dean. Celui-ci hoche la tête.

- Et ça va ?, lui demande-t-il d'un air inquiet. Castiel n'a pas le temps de répondre.

- C'est Lucifer qui a fait ça ?, demande Bobby.

Dean le regard d'un air surpris en écarquillant les yeux.

- Tout le monde l'appelle comme ça ici, marmonne-t-il en grimaçant. Et c'est un surnom qu'il n'a pas volé. Et c'est à cause de toi, ça ? demande Bobby à Castiel en désignant les bleus.

Dean va pour répondre mais Castiel le devance.

- Indirectement. Et j'ai remis Luc à sa place.

Ils se regardent tous les deux intensément pendant quelques secondes quand Bobby change tout à coup de sujet.

- Tu veux commencer quand ?, en s'adressant à Dean.

Bobby s'enfonce dans l'ombre et ouvre un petit frigo planqué dans un coin. Il en sort trois bières fraîches et leur en tend chacun une. Ils lèvent leur bouteille pour trinquer à la figure refaite de Lucifer, au nouvel emploi de Dean et à leur rencontre. Dean lance un regard à Castiel avant de boire, il a eu raison de se bouger et de tenter sa chance. Il a gagné sur tous les tableaux. Il sait que maintenant sa vie a pris une bonne direction et qu'ils partageront le reste de la route ensemble.


J'espère que cette petite histoire vous aura plu. Je vous embrasse fort.