Titre : Cœur à prendre

Disclamer : Aucun personnage ou même lieu ne m'appartient, mon imagination a fait le reste.

Genre : Slash HP/DM

Note : Ehoui, bien que cela relève du miracle, je ne compte toujours pas abandonner mes fics. Même s'il me faut encore 10 ans, je finirai mes 3 fics en cours. Voici l'avant-dernier chapitre de cette histoire qui m'a donné du fil à retordre MAIS qui est plus long que d'habitude.

N'étant plus vraiment assidue du site fanfiction, je n'ai pas vraiment la possibilité d'avoir une bêta. Je me suis longuement relue mais quelques erreurs peuvent m'avoir échappé.

Rating : M (en particulier pour ce chapitre)

Remerciements : A tous ceux qui continuent de me laisser des reviews et qui me lisent envers et contre tout.

Résumé : Il se passe de drôles de soirées à Poudlard, surtout quand Hermione et Dumbledore s'en mêlent… La vie de certains risque de changer.

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Chapitre 6 : Cœur brisé

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C'était un matin comme tous les autres à Poudlard.

Les serdaigles parlaient avec enthousiasme de sujets divers et variés en échangeant leurs points de vue et leurs traits d'esprits. Ils pouvaient discuter du prochain cours de botanique qu'ils auraient en première heure comme du nouveau projet de loi visant à réduire l'importation d'objets magiques provenant de l'étranger.

Les griffondors étaient comme toujours les plus voyants et les plus turbulents : ceux qui riaient le plus fort et qui se fichaient du regard des autres. Chaque nouvel arrivant à la grande table était accueilli par des accolades conviviales.

Les serpentards, eux, restaient les plus flegmatiques. Ils déjeunaient sans éclats de voix, discutaient et ricanaient quand il le fallait et surtout en se moquant plus ou moins ouvertement des élèves l'ayant mérité - ou pas d'ailleurs.

Les poufsouffles bavardaient gaiement sans esbroufe ou même grandiloquence. Ils étaient les moins bruyants mais également les plus observateurs. Par conséquent, certains avaient remarqué que - malgré les apparences - ce matin n'était pas tout à fait comme les autres.

Quelques élèves se trouvaient à des places où ils n'auraient pas dû. Des griffondors chez les serpentards, des serdaigles chez les poufsouffles... Certains de ces élèves étaient « obligés » par la vente aux enchères mais d'autres camarades avaient simplement suivis leurs amis jusqu'aux tables voisines. Ces petits grains de poussières semblaient s'insinuer dans le rouage si bien huilé qu'était le quotidien des quatre maisons de Poudlard depuis des centaines d'années. Et cette mécanique avait ralenti, permettant à certains d'entrevoir des choses qu'ils n'auraient sûrement jamais aperçues si la machine poudlarienne avait fonctionné normalement.

C'était le cas de Ginny Weasley qui en cet instant ne comprenait pas vraiment pourquoi elle souriait en écoutant Blaise Zabini raconter une blague grivoise à côté de lui. Peut-être parce qu'elle savait qu'il était bien plus intelligent que son humour désolant le laissait voir, parce que son sourire avait de quoi faire tourner la tête et que l'air de rien, il lui lançait de fréquents coups d'œil pour vérifier s'il avait son attention... Ou bien était-ce parce qu'il la faisait rire malgré tout et qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien et désirée depuis longtemps...

Mais le fait le plus remarquable venait de l'absence particulièrement surprenante du roi des serpents à sa table. Depuis la première année de Poudlard, Draco Malfoy avait comme règle d'arriver dans la grande salle à 7h35 - qu'il vente, qu'il pleuve, que la grippe lui ait donné un nez rouge et une fièvre de cheval – il était là. Or, l'immense horloge située au dessus de la double-porte affichait 7h48 et aucun héritier Malfoy à l'horizon. Et ce fait, bien qu'anodin à première vue, avait créé une onde de choc chez les serpentards. Certains ne quittaient pas la porte du regard attendant Draco Malfoy comme Salazar en personne pour reprendre leurs habitudes. D'autres se permettaient plus d'aisance, se laissant aller à parler plus fort que les autres matins, à rire sans prêter attention aux autres.

Mais, pour Draco Malfoy, cela ne pouvait pas être une journée comme les autres pour la simple et bonne raison qu'il avait commis la plus grosse connerie de sa vie la veille au soir.

Il avait embrassé Harry Potter. Encore, s'il n'avait fait que l'embrasser. Non, il avait aimé, incroyablement aimé. Il en avait aimé chaque minuscule seconde. Il s'était senti bien dans ses bras, transporté dans un monde qu'il n'avait jusqu'alors jamais connu. Et ça, il ne pourrait jamais l'accepter.

Il avait passé la nuit à ressasser ce moment dans sa tête. Ça, plus le fait que Potter s'était tiré de sa chambre et n'était pas revenu de la nuit, il n'avait pratiquement pas dormi. Il devait mettre ses idées au clair et rationaliser. Mais son cerveau tournait en boucle le rendant dingue.

Cette journée s'annonçait catastrophique, il n'avait pas entendu son réveil, un affreux épis avait élu domicile sur l'arrière de son crâne l'obligeant à appliquer une bonne dose de gel magique alors qu'il n'en mettait presque plus ces derniers mois et son cœur, cet organe inutile qui ne servait qu'à pomper du sang faisait des siennes lui aussi. Il battait la chamade, et se serrait à la moindre occasion.

C'était soit ce putain de baiser qui lui bousillait ses organes vitaux, soit il était devenu cardiaque en une nuit. Et bien que Draco trouvait que cette hypothèse ne soit pas si grotesque, il savait qu'il avait une santé hors norme. Il était un Malfoy enfin !

L'horloge de la grande salle affichait 7h53 lorsque le prince des serpents entra enfin pour prendre son petit déjeuner. Naturellement et bien malgré lui, son regard se porta vers la table des griffondors avant de s'y fixer et de se plisser.

Qui était ce serdaigle qui discutait avec Potter ? Il était grand, les cheveux blonds mi longs et d'un mal fagoté dans son uniforme bleu et bronze qui n'avait pas du être repassé depuis son arrivée à Poudlard.

Draco commença à s'approcher avant de s'immobiliser. Le clochard aux couleurs de serdaigle venait de poser une de ses mains sur l'épaule carrée de Potter. Ses yeux se mirent à pétiller alors qu'il partait dans un grand éclat de rire.

Comment pouvait-il voir les yeux de Potter de là où il était ? Parce que ses putains de prunelles avaient une couleur tellement incroyable que même un mal-voyant aurait pu les discerner à la nuit tombante. Et ils étaient plus brillants lorsque Potter était heureux.

Une colère sans nom s'empara de lui. Il l'embrassait puis il se barrait comme un lâche avant d'aller baiser avec un autre. Est-ce que Potter sortait avec ce connard de serdaigle ?

Il était à lui. A lui seul. Et il allait lui prouver.

- A plus tard, Morag ! L'entendit-il dire en souriant alors que le serdaigle-qui-allait-mourir passait à côté de lui sans même lui adresser un regard.

Draco s'approcha de la table des griffondors et agrippa violemment l'épaule de cet enfoiré de Potter afin de le relever sans ménagement.

Deux yeux verts haineux le dévisagèrent.

- Non mais ça va pas, Malfoy ! Cria-t-il en donnant un coup d'épaule pour se dégager.

- Tu vas me suivre tout de suite. Siffla le serpentard avec fiel.

- Qu'est-ce qu'il y a Malfoy ? Je te manque déjà ? Railla le brun en souriant méchamment. Pourtant, j'avais cru comprendre, hier soir, que je ne devais plus t'approcher.

Contredisant ses propres paroles, Harry avança d'un pas réduisant la distance entre les deux garçons à seulement quelques centimètres.

- Ni même te toucher. Finit-il d'un ton méprisant.

Sa présence si proche, ses yeux l'observant sans relâche et sa bouche rouge, c'était beaucoup trop pour Draco. Il recula brusquement avec une grimace devant sa propre faiblesse.

- Ne joue pas au plus malin avec moi, Potter. Tu n'as ni les capacités intellectuelles, ni la possibilité de m'affecter.

Redressant la tête, il se permit de sourire. Il allait lui faire regretter ce baiser, cette nuit passée sans lui et son regard bien trop profond qui lui envoyait des frissons dans le dos.

- Qu'est-ce que tu crois Potter ? Lui cracha-t-il avec mépris. Que je t'ai acheté pour que tu restes collé à moi toute la journée ? J'ai fait ça pour te faire chier, pour te pourrir la vie. Et être avec tes petits copains alors que tu pourrais servir allègrement de divertissement à tous les serpentards en ce moment-même, ce n'est pas au programme. Alors, tu te bouges et tu me suis.

Et sans même attendre de réponse, il retourna à sa table.

- Non, mais t'as perdu le peu de cervelle qui te restait la fouine ! Cria Ron en se levant d'un bond prêt à se jeter sur le blond pour lui faire regretter ses paroles.

La petite main fraîche d'Hermione le stoppa dans son élan et il croisa les yeux chocolat qui le calmèrent instantanément. Le rouquin vit sa petite-amie hocher négativement la tête avant de pointer un Harry dévasté du menton.

Baissant le visage, Harry dut se mordre la langue pour ne pas se mettre à hurler. Il sentit les larmes lui montaient aux yeux. Putain, comment pouvait-on avoir si mal ? Ce n'était pas humainement possible de ressentir autant de douleur et de rage en même temps. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de croire une seule seconde qu'il pouvait exister autre chose que de la haine entre eux ?

Malfoy venait de lui prouver qu'il n'était qu'un salaud sans cœur. Et cette constatation lui donnait la nausée. Merde, et dire qu'il aurait pu donner sa vie pour lui... Qu'il en était tomber amoureux. Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?

Harry releva la tête ravalant sa tristesse et ses sanglots. Il croisa presque immédiatement le regard gris foncé de Malfoy qui le toisait avec suffisance de l'autre côté de la grande salle au milieu de ses disciples si bien élevés.

Lui adressant un sourire ainsi qu'un doigt d'honneur, il se rassit à sa place. Il entendit le ricanement complice de Ron à ses côtés ce qui agrandit son sourire.

Il avait besoin d'être seul, de réfléchir, de pleurer. Mais tout ça attendrait. Par Merlin, si Malfoy voulait la guerre, il allait l'avoir.

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10h13, cours de sortilèges

Draco laisssa échapper un soupir irrité pour la énième fois de la matinée alors que sa montre hors de prix ne semblait pas vouloir avancer comme il l'aurait souhaité. Il lança un regard meurtrier à Blaise qui venait de lui donnait un coup de coude particulièrement douloureux dans les côtes.

- Mais c'est qu'il cracherait du feu mon petit dragonneau d'amour ! Chuchota le jeune homme noir en souriant.

- Si tu pouvais m'épargner tes commentaires insignifiants, ça m'arrangerait. Siffla Draco sans même daigner regarder son meilleur ami.

Il ne vit donc pas Blaise grimacer et se renfrogna dans son mutisme tout en jetant un nouveau coup d'œil à sa montre.

- Bien, maintenant, ouvrez vos manuels p 128. Demanda le professeur Flitwick de sa petite voix fluette.

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10h47, cours d'histoire de la magie

La petite horloge antique de la salle de Binns laissait échapper son tic-tac incessant qui faisait intrinsèquement partie de la monotonie du cours le plus barbant de Poudlard.

Depuis la fin de la guerre, Dumbledore avait décidé de rendre obligatoire les cours d'histoire de la magie pour tous les 7èmes années de Poudlard. En effet, il avait décrété que « L'histoire des sorciers et des anciennes guerres avaient toujours un sens, une explication et qu'en en ayant une réelle connaissance, peut-être que les générations futures éviteraient de nouveaux conflits ». Il avait même fini son discours par un vibrant « Vous êtes l'avenir de notre monde, jeunes gens, alors contruisez-le grâce à ce que votre propre histoire vous a appris. »

Face à une telle plaidoirie, difficile de contester le directeur.

Le menton appuyé contre sa main, Harry Potter traçait des arabesques aléatoires sur son parchemin vierge de toutes notes. Il sentait les coups d'œil fréquents et désapprobateurs d'Hermione sur son manque d'intérêt total pour la rébellion des centaures aux 16ème siècle.

Il savait que sa meilleure amie trouvait son attitude critiquable mais à vrai dire il n'avait qu'une envie, c'était de lui balancer que tout était de sa faute s'il s'en foutait. C'était sa putain d'idée de séduire Malfoy, pour démarrer une magnifique histoire d'amour pavée de roses et d'orchidées qui transformerait sa vie en bulle de bonheur. Et bien, surprise ! Rien de tout cela n'avait fonctionné comme le brillant cerveau de Miss Granger l'avait prévu. Son chemin était couvert de ronces et d'ortie. Et il était sans issue.

Hermione avait espéré une avancée dans leur relation conflictuelle. Ah ça, il y en avait eu des avancées. Il avait embrassé Mafoy, deux fois ! Dont un dont il se souviendrait sûrement toute sa vie même s'il devenait amnésique comme Lockhart. Mais à quoi tout cela avait-il servi ? A RIEN.

Il en revenait au point de départ. Non, pire qu'à ce niveau là car il y avait seulement deux jours, il était résigné. Il n'était à proprement parlé heureux mais au moins il n'était pas malheureux. Le jeune homme brun ne vivait alors pas si mal cet amour à sens unique. Il s'y était habitué depuis le jour où il avait vu Malfoy et ses sbires débarquer au sein de l'ordre du phœnix avec son regard anthracite défiant toute personne de faire une remarque. Il l'avait trouvé tellement beau, tellement fier alors qu'il reniait tout ce qui jusqu'à présent définissait sa vie et ses principes. Il avait senti son cœur battre à tout rompre cognant douloureusement contre sa cage thoracique.

Alors, il avait su. Il ne savait pas pourquoi, mais ça avait été comme une étincelle, une révélation, un embrasement dans son corps. Il aimait Draco Malfoy. Pourquoi ? Comment ? Peut importait, c'était là et il allait devoir apprendre à vivre avec.

Un bout de papier plié apparut sous ses yeux dans un petit pop le sortant de ses pensées. Il déplia ce qui semblait être un mot pour découvrir l'écriture brouillonne de Ron.

Harry,

Par cette courte missive, je tiens à t'annoncer qu'Hermione va très certainement t'arracher ton œuvre scriptrice ainsi que probablement les yeux pour t'obliger à écouter Binns.

P.S : Attention ce bout de papier s'auto-détruira si tu n'y réponds pas rapidement.

P.S 2 : Oui, je sais. Je n'aurai pas du regarder 4 fois Mission impossible sur notre nouvelle tivélision cet été.

Souriant malgré lui, il trempa sa plume d'aigle dans l'encrier pour répondre au seul être sur cette planète qui pouvait le faire se sentir plus léger en quelques secondes.

Ronald Bilius Weasley,

Et si ta petite-amie s'occupait plutôt de tes saletés de fesses couvertes de tâches de rousseur ?

P.S : Attention ce message s'auto-détruira quand ton humour sera moins pourri.

P.S 2 : Il va quand même falloir à un moment ou à un autre que tu apprennes à prononcer les noms des objets moldus correctement : c'est TELEVISION Ron. Fais-le au moins pour ta chère et tendre...

Il fit disparaître le bout de papier et reprit son objectif de base : noircir ce parchemin d'autres choses que ce monologue incessant qui sortait de la bouche translucide du fantôme. Il n'avait eu le temps de tracer que quelques traits lorsqu'il entendit un nouveau pop.

Et si plutôt que de parler de ma « chère et tendre », on parlait de ton « odieux et affreux ». C'était quoi l'idée derrière son show pitoyable de ce matin. Quand je te disais que l'abus de gel magique pouvait endommager les cerveaux !

Sérieusement, qu'est-ce qu'il s'est passé avec Malfoy ? Je sais par Seamus que tu as dormi dans le dortoir cette nuit. Tu sais que tu peux me parler, et s'il faut aller casser la gueule de l'aristocrate, je serai ravie d'être de la partie.

P.S : Sache qu'Hermione aime par dessus-tout quand je me trompe sur les noms moldus, qui sont d'ailleurs impossibles à prononcer.

P.S 2 : Mon splendide postérieur t'emmerde !

Cette fois-ci, il ne sourit pas. Une boule se forma dans sa gorge, lui donnant envie de hurler pour essayer de la déloger. Ses poings se crispèrent et Harry entendit un craquement distinctif signe qu'il venait de briser sa dernière plume d'aigle en deux. Il sentit les larmes lui monter aux yeux et dut prendre une profonde inspiration pour ne pas craquer devant tout le monde. Merde, il lui restait encore un peu de fierté. Il se leva d'un bond.

- Excusez-moi, Professeur, je dois aller aux toilettes. Dit le jeune homme brun d'une voix rauque.

Il sortit aussitôt de la salle de classe sans attendre l'assentiment de Binns. Ce dernier n'avait même pas levé les yeux de son immense grimoire et continuait son interminable cours.

Cependant, au lieu de se diriger vers les toilettes du 3ème étage, Harry se dirigea vers les escalier, vers les cachots. Il devait en profiter, tant que tout le monde était en cours, tant que sa colère était si vive qu'elle semblait le consumer, tant que la douleur ne le statufierait pas et l'empêcherait d'avancer.

Il allait se débrouiller, être le survivant ne pouvait pas avoir que des inconvénients. S'il expliquait la situation à Dumbledore, celui-ci comprendrait. Il lui dirait que leurs différents étaient trop grands pour permettre ce projet de rapprochement entre maisons réalisable. S'il fallait, il donnerait la totalité de la somme déboursée par l'autre connard pour pouvoir se défaire de ces obligations avant la date butoir.

Et puis, ce n'était pas Malfoy qui allait trouver à y redire. Il le descendrait plus bas que terre, ça, il s'y attendait. Il entendait presque déjà la voix froide et distante commenter ces propos afin de mieux les transformer et les tourner à son avantage.

Il secoua la tête en remontant ses lunettes. Peut importait ! Du moment qu'il était débarrassé de la présence du serpentard, tout lui allait...

Il ne restait que trois mois avant la remise des diplômes, ensuite il ferait en sorte de ne plus jamais croiser son regard gris et tout ce qui caractérisait Malfoy. Il allait en chier comme jamais. Rien que d'y penser, il sentait son estomac se retourner mais il allait l'oublier, foi de grifffondor !

Prononçant le mot de passe, il entra, pour ce qu'il espérait la dernière fois, dans la chambre du préfet des serpentards. Pourtant, il ne fit pas plus d'un pas dans la pièce sombre seulement éclairée par une lampe de chevet. Draco Malfoy était étendu sur son immense lit émeraude et argent. Un bras était posé sur son visage, cachant ses yeux. Harry eut envie de s'approcher pour savoir ce que faisait le jeune homme ici au lieu d'être en classe, pour lui enlever son bras, pour croiser son regard une dernière fois.

La douleur fut cependant plus forte et il se reprit immédiatement décidant d'oublier le serpentard et de faire ce pourquoi il était venu. Il traversa rapidement la chambre pour aller jusqu'à son sac posé au bord du lit et commença à enfourner les différents habits qu'il avait amené. Il n'en avait pas pour longtemps, son passage éclair dans l'intimité du blond serait bientôt oublié. Avec un peu de chance, Malfoy ferait ce pour quoi il était né et dans lequel il excellait, l'ignorer.

Cependant, Merlin ne semblait décidément pas de son côté ces derniers jours. Celui-ci avait sûrement décidé que de lui permettre de tuer le plus grand mage noir de tous les temps était déjà bien suffisant et qu'il ne lui devait plus rien jusqu'à la fin de sa longue vie de sorcier.

Aussi dès que son premier tee-shirt toucha le fond de son sac, Malfoy avait déjà relevé la tête et au moment où le brun se dirigea vers la salle de bain pour récupérer le reste de ses affaires, Malfoy était debout à côté du lit.

- Je peux savoir ce que tu fais, Potter ?

Ouais, Merlin le détestait...

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Draco tentait par tous les moyens de calmer ses envies meurtrières.

Mais pour qui se prenait Potter ? Il entrait, comme ça, dans sa putain de chambre alors qu'il essayait justement de ne plus penser à lui. C'était simple, depuis qu'avait commencée cette mascarade de vente aux enchères, il avait l'impression que Potter avait envahi son esprit comme un poison.

Or, il se rappelait de ces cours de 4ème année de soin aux créatures magiques. Quand on était infecté par un venin, il fallait - par TOUS les moyens – extraire le poison de la plaie. Il voulait s'extraire Potter de la tête, de ses poumons, de son sang, de son cœur...

Le jeune griffondor revenait de la salle de bain portant sa serviette ainsi que son gel douche et sa brosse à dent. Sa respiration se bloqua. Il rêvait ou Potter était en train de se barrer sans même lui adresser la parole. Une rage incontrôlable le prit à la gorge. Il allait le laisser ? Ça y était, c'était enfin en train d'arriver.

- Je crois que je t'ai posé une putain de question, lui hurla-t-il au visage en se postant devant lui.

- Vire de là Malfoy, j'ai pas le temps de faire mumuse avec toi. Toutes tes conneries, j'en ai ma claque. Murmura-t-il le visage baissé. Je ne suis plus un gosse et j'en ai assez de toi, de ta cruauté et de ta folie.

- Et si tu me disais ça en me regardant dans les yeux comme un homme. Cracha Draco excédé par l'attitude de sa némésis.

Il vit les épaules carrées du brun se crisper mais ne croisa aucun regard émeraude. Il vit, comme au ralenti, Potter le contourner pour accéder à son sac posé derrière lui. La folie l'emporta sur le reste. Il attrapa violemment les cheveux du survivant et le poussa en arrière sur le lit. Ce dernier poussa un cri guttural qui fut vite étouffé par le corps de Draco qui le percuta en lui tombant dessus. Ses deux mains se serrèrent automatiquement autour du cou du survivant.

- Regarde-moi! Cria-t-il tout en resserrant ses doigts.

Potter se débattait comme un hippogriffe mis en cage et Draco avait du mal à rester en équilibre sur son corps mais ses yeux, ses magnifiques yeux, le dévisageaient enfin. Il ne voyait plus que lui dans les prunelles vertes. Le blond était prêt à tout pour qu'il soit enfin à lui, qu'il ne voit plus que lui, qu'il n'existe plus que par et pour lui. Parce que le serpentard commençait tout juste à se rendre compte que tout son univers tournait autour de ce binoclard. Il se mit à bander sans même s'en rendre compte, collé contre le corps de son ennemi qui cherchait sa respiration.

Tout à coup, le monde de Draco bascula. L'une des jambes de Potter avait réussi à s'enrouler autour son bassin et par un mouvement agile, il avait échangé leur position se retrouvant au dessus de lui, le dominant, l'écrasant par sa présence. Il relâcha ses mains crispées autour de la trachée comprimée. Le préfet en chef se fit la réflexion que Potter n'avait jamais été aussi beau, ses joues étaient rougies par l'effort, son souffle était court, ses yeux presque noirs tant ses iris étaient dilatées, quelques mèches lui tombaient devant les yeux. Son front était plissé et de fines gouttes de sueur dégoulinaient le long de ses tempes.

Son érection passa de surprenante à carrément gênante. Et alors que Potter reprenait sa respiration avec difficulté le fixant avec haine, il se rendit compte de la situation.

Draco venait d'étrangler Potter, il avait voulu le tuer, le faire souffrir, le perdre comme lui était perdu. Et maintenant, il bandait. Il avait envie du connard en chef des griffondors comme jamais il n'avait eu envie de personne. Il était devenu complètement fou, bon à enfermer à Azkaban.

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Harry avait peut-être du mal à respirer et sa tête lui tournait désagréablement mais il n'était pas devenu fou. Et il la sentait, l'érection dure et chaude pesant contre sa cuisse.

Dévisageant le serpentard, il sentit son cœur manquait plusieurs battements quand il le vit détourner les yeux alors que deux magnifiques tâches rouges envahissaient ses joues d'ordinaire si pâles.

- Dégage, l'entendit-il lâcher dans un souffle.

Harry se pencha vers Draco, sa bouche s'arrêtant à quelques millimètres de la peau du cou du blond. Il donna un léger coup de hanche dans l'érection de Malfoy qui laissa échapper un gémissement.

- Va crever, Malfoy. Susurra Harry avant d'onduler sur le corps bien trop tentant.

Ses lèvres aspirèrent la peau sous l'oreille du jeune homme blond. Le survivant perdit toute raison. Ce petit bout de peau était si doux qu'il se mit à lécher chaque parcelle du cou du préfet qui était à sa portée.

Draco poussa un nouveau gémissement bien plus sonore et surtout tout bonnement indécent. Ses deux mains jusqu'alors posées sur les draps se mouvèrent pour aller attraper la tignasse brune de Potter. Il tira sur les mèches ébènes créant un grognement chez l'autre homme. Ce bruit primal se répercuta directement dans ses reins déclenchant une langue de feu qui lui donna l'impression qu'il pourrait jouir d'une seconde à l'autre. Son corps s'arqua afin d'avoir plus de friction, plus de peau contre sa peau, plus de Potter.

- Po-Potter. Bégaya-t-il pour tenter de se faire comprendre.

Malheureusement, le destin ne semblait vraiment pas de son côté car Harry se souleva sur un coude cessant par la même occasion la délicieuse friction qui était en train de lui faire perdre la tête. Il ouvrit les yeux prêt à fusiller Potter du regard. Mais il n'en eut pas l'occasion car il sentit la main du brun ouvrir son pantalon par des gestes brusques et rapides.

Il eut le souffle coupé lorsque les doigts froids entourèrent son sexe. Un simple aller-retour le fit hurler. Son cri se répercuta sur les murs de sa chambre alors que ces gémissements sortaient les uns après les autres sans interruption. Draco avait l'impression de ne plus être dans son corps, il avait l'impression de voler haut et loin. Le pouce de Potter vint toucher le sommet de son pénis étalant le liquide qui s'en échappait sur la longueur.

Son souffle se coupa et il explosa seulement quelques minutes après que Potter eut commencer à le branler. Son orgasme sembla se concentrer dans son ventre plus il éclata en milliards de morceaux le plongeant dans un tel état que son corps ne sembla plus lui appartenir. Draco se mit à trembler, son esprit se délitant, le laissant amorphe.

Il mit plusieurs secondes avant de se reconnecter à la réalité. Lorsqu'il releva la tête, ce fut pour voir l'homme qui venait de lui donner le plus incroyable des orgasmes se diriger vers la porte de sa chambre, son sac sur l'épaule.

- Po-Potter ! L'appela-t-il la voix complètement éraillée. Où-où tu vas ?

Harry se retourna, le pétrifiant du regard. Ses magnifiques yeux verts remontèrent lentement le long de son corps,s 'attardant quelques instants sur son érection qui commençait à redescendre. Ses jambes se resserrèrent dans une piètre tentative de cacher ce que Potter avait entouré de ses doigts magiques. Pour finir, ses prunelles émeraudes se posèrent sur son visage.

Il était en colère et par Salazar, il était juste à couper le souffle. Ses lèvres étaient rougies par leurs baisers, ses cheveux noirs étaient ébouriffés le rendant plus bestial que jamais.

- Je te l'ai dit, je me casse ! Je ne veux plus jouer.

Sa voix était froide et basse. Il commença à se détourner avant de faire volte-face.

- Ah oui, j'oubliais. Ce qui vient de se passer ne doit plus jamais se reproduire, Malfoy.

Le bruit de la porte qui se referme résonna longtemps dans la tête de Draco.

A suivre...

A bientôt,

D.O.L