Chapitre 6 :
Jane faisait les cents pas depuis plusieurs minutes maintenant. La personne qu'elle avait attrapé a son arrivé, n'avait aucune information sur Maura. Elle lui avait donc indiqué la salle d'attente le temps de se renseigner. Jane ne tenait pas en place. Elle marchait de long en large… prenait un siège… se relevait… attrapait un magazine d'informations pour tourner deux/trois pages sans les regarder… tout dans son corps la trahissait : Cette attente lui était insupportable. Elle finit par retourner à l'accueil…
Une infirmière plongée dans la paperasse, était assise derrière le comptoir. Jane se racla la gorge pour signaler sa présence : -« Excusez-moi, mais puis-je avoir des nouvelles de Maura Isles ? » Jane attendait tout simplement une réponse, mais la femme l'ignora et ne releva même pas la tête. Jane sentait la colère montait, ses doigts claquaient sur le comptoir pour montrer son impatience… elle ne voulait pas faire de vagues mais le comportement désintéressé de l'infirmière eut raison d'elle.
Elle sortit sa plaque de lieutenant, la glissa sous le nez de l'infirmière, et pris un ton plus solennel : -« Lieutenant Rizzoli, J'aimerai avoir des nouvelles de Maura Isles ? »
A ses mots, l'infirmière fut surprise…. Après un moment de flottement, elle finit par ouvrir la bouche pour s'excuser : -« Désolé, je ne savais pas que vous étiez de la police. Je vais de ce pas me renseigner. Attendez quelque instant, je reviens. »
« Aux grands maux, les grands remèdes » pensa Jane qui laissa apparaitre un léger rictus de satisfaction. Bien sûre ce n'était pas très règlementaire d'user de son autorité… mais elle n'en pouvait plus de ce silence, de cette incertitude qui pesaient sur son cœur. Elle ne voulait qu'une chose : être auprès de Maura.
L'infirmière n'était partie que depuis peu, mais pour Jane, les secondes paraissaient des heures. Au moment où elle vit la silhouette de l'infirmière par une porte vitrée, son cœur s'emballa et l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds la fit vaciller. Elle se savait fragilisée, mais elle ne devait pas craquer : pas comme ça, pas devant une inconnue. Elle ravala difficilement sa salive et se dressa :
-« Vous… avez eu des nouvelles ? » demanda Jane de manière hésitante.
Aucunes émotions ne transparaissaient sur le visage de l'infirmière. Elle passa de l'autre côté du comptoir pour parler a Jane :
-« Je viens d'avoir le service de chirurgie… Melle Isles a été emmener, dès son arrivée, au bloc. Son état de santé, critique mais stable, ne permettez pas d'attendre pour effectuer toutes interventions… (Le visage de Jane se décomposa…) Au vue de ses blessures, Il fallait agir rapidement. Elle a perdu beaucoup de sang, et si le chirurgien avait attendu, la possibilité que cette balle se déplace et touche un organe, aurait été trop grande. »
Jane essayait de contenir la boule d'angoisse qui était arrivé dans sa gorge, prit une grande inspiration : « est ce qu'elle va….. (Les mots n'arrivaient pas à sortir puis dans un soupir) dites-moi qu'elle Va s'en sortir ? »
Les yeux de Jane lui suppliaient de lui dire OUI. L'infirmière aurait aimé lui donner la réponse qu'elle attendait, mais c'était impossible, le pronostic vital de Maura étant engagé. Elle essaya de rassurer au mieux la policière :
-« Lieutenant Rizzoli, le docteur Smith est le meilleur dans son domaine, je peux vous assurer qu'il fera tout son possible pour la sauver. Melle Isles est entre de bonnes mains. »
Cette réponse ne satisfaisait pas Jane mais elle savait qu'elle ne pouvait pas en attendre plus pour le moment :
-«Est-elle toujours au bloc ? Quand pourrais- je la voir ? »
-« Elle est toujours au bloc je suis désolée… je ne peux pas vous dire pour combien de temps… (Elle prit un instant) Par contre, vous pouvez rejoindre le service chirurgie, au 8 e étage. Vous y trouverez une salle d'attente pour les familles. Dès que le médecin sortira du bloc vous pourrez obtenir toutes les réponses à vos questions. »
Jane la remercia avec un bref hochement de tête, puis se dirigea vers l'ascenseur...
Au 8e étage, l'effervescence et le bruit des urgences avaient disparus. Jane arriva dans un service ou le silence régnait en maître, seul le grincement de ses chaussures se faisait entendre. Surprise, ses sourcils se redressèrent : Elle s'arrêta, puis refit un pas… Elle n'avait jamais remarqué ce petit couinement. Un peu gênée, elle s'avança d'un pas plus léger vers le bureau de garde : La porte était ouverte, deux jeunes aides-soignantes buvaient tranquillement un café tout en feuilletant des magazines. Elle frappa à la porte :
-« excusez-moi, je suis ici pour Maura Isles… »
-« Vous êtes de la famille ? » demanda une des deux jeunes femmes.
Jane eut un moment d'hésitation. Elle se doutait bien que seule la famille pouvait rester et obtenir des informations sur l'état de santé de Maura. Mentir ou user de son autorité : En quelques secondes sa décision était prise :
-« Bien sûr que je suis de sa famille sinon je ne serais pas ici » répondit Jane avec un aplomb incroyable.
-« Melle Isles est toujours au bloc opératoire, cela va encore durer quelques heures. » L'aide-soignante se leva et se glissa dans le couloir au côté Jane.
-« Vous n'avez pas plus de nouvelles à me donner sur son état ?» regretta Jane.
-« Non je suis désolée. Seul un médecin peut vous renseigner. Dès qu'il sortira du bloc, il passera vous voir. Suivez-moi, je vais vous monter la salle d'attente. »
Jane remercia la jeune femme de l'avoir accompagné… et se posa sur un des fauteuils de la salle. Elle repensa immédiatement au mensonge qu'elle venait de dire. Mais à bien y réfléchir, avait-elle réellement dit un mensonge ? Jane était perdue dans ses pensées :
« Sur un plan purement scientifique, elles n'avaient ni le même sang, ni le même ADN : il est donc clairement établi qu'elles n'étaient pas parentes. Mais sur un plan émotionnel affectif et humain, elles étaient bel et bien de ma même famille. Les liens du cœur qu'elles avaient tissé depuis tant d'années étaient bien plus forts que les liens du sang. Elle se souvenait alors avec émotion, de ce soir où Maura lui avait dit (dans un câlin collectif avec Angela), qu'elles étaient sa famille…. » Ces yeux brillaient à l'évocation de ce souvenir… puis se dit : « Donc techniquement ce n'était pas tout à fait un mensonge. »
A cette façon de raisonner, Un sourire lui vint aux lèvres :« Me voilà entrain de penser comme Maura… »Puis se dit « Quelle chance, je ne fais pas de crise d'urticaire quand je mens… »
Le vibreur de son téléphone, la tira de sa réflexion. Elle regarda le nom sur l'ecran : « MA ' » Un soupir s'échappa de son être : Elle n'avait pas envie de parler...
Elle ne décrocha pas.
Elle s'en voulait de se comporter ainsi avec sa mère : Mais l'idée même qu'on la plaigne ou que l'on veuille la consoler, lui donner la nausée. Elle savait pourtant toute l'affection que sa mère avait pour le docteur. Elles étaient devenues très proche, surtout depuis qu'elle habitait dans la maison d'ami de maur'… Pour Angela, elle était tout simplement une seconde fille.
Quelques instants plus tard le bip des sms se fit entendre :
« Janie pourquoi tu ne décroches ? Comment va Maura ?... Je m'inquiète pour vous deux… stp répond moi. Je t'aime, ma' »
Les remords lui tordaient l'estomac… Elle ne devait pas laisser sa mère dans l'incertitude : L'attente, la peur de perdre un être qui vous est cher… Elle connaissait trop bien ce sentiment, elle le vivait depuis que Maura s'était fait tirer dessus. Elle se sentait de plus en plus coupable de ne pas avoir décroché. Elle prit son courage à deux mains et fit le numéro de sa mère :
« Allo ma, c'est Jane… »
Bonjour a tous, voici un nouveau chapitre ;). j'espère qu'il vous plaira :)
Bonne lecture, et n'hésitez pas a me laisser vos commentaires :)..
