J'en profite pour répondre à Lexy qui n'a pas de compte ffnet :
"Comme tu l'attendais, voici le point de vue de Sherlock. C'est difficile de rester fidèle à l'esprit du personnage et je m'y suis reprise à plusieurs fois pour arriver à ce résultat. Donc voilà, j'espère ne pas trop te décevoir et que tu apprécieras ce Sherlock :)"
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Seul
Deux ans, c'est long.
Tellement seul
Pourquoi me manque-t-il tant ?
Si seul.
C'est pour lui que je suis parti...
Il est temps de rentrer à Baker Street.
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En revenant à Londres, j'ai pensé que j'allais tout simplement rentrer chez moi et lui faire une bonne surprise à ma façon « Hello, je suis de retour ! » enfin avec une bonne mise en scène de mon cru. Rien ne vaut un bon spectacle pour rendre le sourire. Mon frère m'a mis en garde que sa réaction ne serait pas aussi chaleureuse que je m'y attendais. Qu'est-ce qu'il croit ? Je sais bien que me croire mort pendant deux ans a dû le blesser un peu.
Je me souviens encore de son visage triste qu'il a affiché alors que j'étais allongé sur le sol, couvert de sang, les yeux grands ouverts. J'ai ri sous cape pour avoir pu facilement tromper mon cher Docteur. Sa vue m'a tout de même fait un pincement au cœur, car je n'allais plus le revoir pendant un temps indéterminé. C'était un mal pour un bien. Mes proches étaient à l'abri, je pouvais partir tranquille pour démanteler le réseau de Moriarty en toute sérénité.
Quand je l'ai revu une dernière fois avant mon départ devant ma tombe et qu'il me parlait, je n'ai pas oublié une seule de ses paroles :
I was so alone
and I owe you so much.
But please, there's just one more thing,
one more thing, one more miracle,
Sherlock, for me,
Don't be dead.
Would you do that just for me ?
Just stop it. Stop this.
Ces quelques phrases sont restées graver sur le mur de mon palais mental et je les récitais telle une prière chaque jour pour me donner un peu de son courage pour continuer. J'ai toujours cru qu'il serait là à mon retour, à croire en moi et m'attendre.
Quel désenchantement ! J'avoue que ce coup de poing, je l'ai mérité. Ce qui a suivi, beaucoup moins. Il a refusé que je lui explique comment j'ai organisé mon faux suicide et pourquoi je l'ai fait. Bon, je reconnais que j'ai peut-être manqué un peu de tact sur le coup. Je l'ai rarement vu s'emporter. Il a toujours été celui qui apaise les esprits, mais là, c'est une tornade qui s'est déchaînée contre moi et quoi que j'ai essayé de lui dire, il a préféré s'enfermer dans son mutisme. Allons bon ! D'habitude, c'est moi qui ai ce rôle.
J'ai préféré lui laisser une nuit pour se calmer. Dès le lendemain, j'ai repris ma cohabitation avec monsieur grincheux puisqu'il ne m'adressait toujours pas la parole. Puis, il a été enlevé à son retour du travail et j'ai réussi tant bien que mal à le sauver in-extremis du feu de joie sous lequel il se trouvait. À partir de là, il a fini par me reparler (Parfois, l'action et le danger ont raison de toutes les disputes), mais toujours sans vouloir me pardonner.
Nous sommes partis sur une nouvelle enquête qui nous a conduit dans les sous-sols d'une ancienne voie de métro. Le wagon était bardé d'explosif et là, j'ai eu la plus belle occasion de ma vie pour recoller les morceaux avec lui. Sous le prétexte de l'impossibilité de se sauver avant l'explosion, je me suis excusé comme jamais je ne l'ai fait (et ne referais jamais) et j'ai eu enfin son pardon et bien plus encore. Des mots que je garde précieusement dans un coin de ma tête.
Deux mois se sont écoulés et tout est redevenu comme avant… Enfin, pas tout à fait. Il est triste. Il essaie de le cacher quand il sent mon regard sur lui, esquissant un sourire peu naturel. Il n'a jamais été doué pour la comédie. Il faudra vraiment que je lui apprenne à cacher ses émotions qui le trahissent. S'il avait su faire, je lui aurais dit la vérité avant de partir pour lui éviter de sombrer comme il l'a fait, mais il est un homme ordinaire et je ne pouvais pas courir ce risque qui aurait compromis ma mission.
Le voir ainsi me blesse bien plus que je ne le pensais. Foutus émotions ! D'habitude, j'arrive à enfermer ce côté humain qui ne me sert à rien, mais devant lui, c'est tout bonnement impossible. Depuis quand me fait-il ressentir ces choses, d'ailleurs ? Depuis l'affaire Moriarty, quand je l'ai retrouvé habillé d'une veste d'explosifs. Ce jour-là, j'ai bien cru le perdre.
Des hommes comme lui sont rares et je ne le laisserais jamais s'en aller. Qui sait si j'arriverais à rencontrer à nouveau quelqu'un qui me supporterait. J'avoue qu'il est un compagnon idéal : admiratif, silencieux, gentil, honnête, curieux, fidèle… et j'en passe. Mon disque dur est rempli de qualificatifs qui illustrent bien ce qu'il représente.
J'apprécie beaucoup le temps que nous passons ensemble. Ces petits moments quotidiens me divertissent en dehors de mes enquêtes. J'ai observé plusieurs changements chez lui au fil des semaines qui passaient depuis mon retour. Il semble plus détendu pendant la journée. Il sourit à nouveau, il a retrouvé sa joie de vivre et le voir ainsi est le plus beau cadeau que l'on puisse m'offrir.
Me séparer de lui devient une vraie torture. J'aimerais qu'il ne me quitte à aucun moment. Déjà, lorsqu'il travaille à la clinique, je retrouve ma léthargie habituelle à attendre sur le canapé qu'une nouvelle enquête pointe son nez ou qu'il rentre. Même lorsqu'il est avec moi ne me suffit plus, j'ai besoin de plus encore. Mais qu'ai-je donc besoin, en fait ?
J'ai beaucoup de mal à calmer une frustration grandissante. Pourtant, je devine qu'il ressent la même chose. Comment en sommes-nous arrivés là ? Finalement, le changement que j'ai noté chez lui semble se propager chez moi telle une contamination qui s'insinue dans mon cerveau.
L'alchimie entre individus est un virus dont je comprends bien le mécanisme, mais dont je n'ai jamais accordé d'intérêt jusqu'à aujourd'hui. Pourtant, je ne peux plus nier l'évidence : j'ai attrapé bien malgré moi cette maladie qu'on appelle communément Amour. J'ai besoin de lui et je ne peux pas prendre le risque qu'il s'en aille avec une autre de ses conquêtes d'un soir, ce n'est plus tolérable.
Il est temps que je passe à l'action pour le garder définitivement avec moi, car bien entendu, il ne fera jamais le premier pas, ce qui me simplifierait les choses. Monsieur ne reconnaîtra jamais ses sentiments pour le même sexe. Se doute-t-il seulement de ce qu'il ressent vraiment ? J'en doute. N'est-ce pas lui qui m'a dit un jour que tout lui convenait ? Alors il est temps de mettre en pratique ses propres préceptes.
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Du coin de l'œil, je le vois s'étirer. Il est de plus en plus fréquent qu'il veille tard le soir comme s'il cherchait à repousser le moment d'aller se coucher. Pourtant, ses longues journées à la clinique doivent le fatiguer. Que redoute-t-il ? Je me concentre à nouveau sur le mélange de l'acide citrique avec le magnésium et l'acétone et la réaction d'une mèche de cheveux à leur contact.
— Bonne nuit, Sherlock.
— Bonne nuit, John, lui répondis-je sans même lever la tête de mon expérience qui exigeait toute mon attention.
J'entends vaguement l'eau coulée dans la salle de bains puis un claquement de porte.
Une heure plus tard, je termine de noter les résultats de ma préparation et ranger mon cahier dans la bibliothèque puis je verse ma mixture dans l'évier.
Je retourne dans le salon et m'empare de mon instrument. Je sais qu'il ne dort pas très bien et seul le son du violon arrive à l'apaiser. Je commence par une sonate de Mozart puis je continue avec des partitions de mon cru. Il aime particulièrement certaines de mes compositions, les trouvant emplies d'émotions. Sait-il que j'en ai écrite spécialement pour lui ? J'en doute. Il n'a jamais eu la fibre musicale, bien que lui apprendre le violon n'était finalement pas une si mauvaise idée : il retient vite. Instinctivement, ces airs lui parlaient sans qu'il en comprenne leurs véritables significations. Un jour, peut-être, je les lui dirais.
Je m'allonge sur le canapé et je joins mes deux mains sous le menton pour faire le point sur la situation. Inutile d'attendre plus longtemps, je dois agir cette nuit. Je ne supporterai pas une journée de plus à le voir si contrit, ses yeux rougis par ses sanglots nocturnes. Il est au plus mal. Aucune femme avec qui il est sorti n'ont su lui offrir ce qui lui manquait. En conclusion, et si toutes mes déductions sont bonnes, il attend, ou plutôt espère, que je puisse répondre un jour à ses attentes. J'ai peu d'expérience sur les relations humaines, mais je me suis suffisamment renseigné sur Internet pour savoir quoi faire.
Je me lève d'un bond et me dirige dans l'escalier qui mène à l'étage. Je monte les marches en silence. Inutile qu'il se réveille avant que je sois à ses côtés, sinon l'effet de surprise n'aurait plus d'intérêt.
En poussant la porte, je me rends compte que la pièce est plongée dans le noir total. Je me glisse à l'intérieur et monte doucement sur le lit. Il m'a entendu. Je m'allonge contre son dos. J'entoure d'un bras sa poitrine et lui plaque une main contre sa bouche. Pour éviter une réplique de sa part, je bloque ses jambes avec les miennes.
Il cesse de bouger, il a déjà compris que c'était moi. Je profite de ce moment pour humer son odeur si attirante. Je ne saurais dire pourquoi, mais elle a un effet stimulant.
— Ne bouge pas. Laisse-toi faire gentiment et surtout, garde le silence, lui murmuré-je à l'oreille dans un souffle.
Il n'est plus temps de reculer, maintenant je dois aller jusqu'au bout. Je libère sa bouche. Pas un mot. Il respecte mes consignes à la lettre. Je lui descends son pyjama et son sous-vêtement. Je le sens crispé. Il doit être rouge comme une pivoine. Je me décide à le prendre en main.
Quelle étrange sensation ! En même temps, je me rends compte qu'il est bien plus calibré que moi. J'ai déjà plusieurs idées pour m'en occuper plus tard, en attendant, je vais l'aider à se détendre et après ça, il dormira comme un loir.
Il pousse un gémissement. Je m'arrête dans un grognement. Concentre-toi, John, je sais que tu peux te retenir mieux que ça. Après quelques instants, je reprends mon mouvement de la main.
Il remue un peu et se recroqueville. Je le sens gêner, en même temps, il n'a jamais imaginé que je pourrais lui faire ça un jour. Il tente de me limiter l'accès à son intimité, mais ce n'est pas ça qui va me faire renoncer. Je faufile mes doigts entre ses jambes serrées et accède à ses bourses que je malmène quelque peu avant de reprendre ma position initiale sur son sexe. Je sens un liquide s'échapper, un avant goût de ce qui va arriver dans peu de temps.
Mine de rien, ce que je lui fais se répercute sur mon corps, mais il ne s'agit pas de moi et je me dois de garder le contrôle. J'inspire lentement pour me calmer et faire passer cette tension qui s'accumule petit à petit en moi.
Je le sens près du point de rupture. Je ralentis le rythme et change d'angle pour qu'il garde encore un peu le contrôle. J'entends ses gémissements étouffés par son oreiller. Je vais être charitable et ne pas prendre en compte qu'à ce stade, il ne peut plus garder totalement le silence.
Il est temps d'en finir. J'attire ses jambes vers le bas et les écarte pour obtenir toute la place possible pour le finir à deux mains. Ce petit coquin est dans tous ses états et je regrette de ne pas pouvoir l'admirer au grand jour. Ça viendra. Il s'abandonne à mes caresses qui le font vibrer jusqu'au tréfonds de son être. Je note mentalement chaque terminaison nerveuse qui lui déclenche des spasmes incontrôlables. Il se vide enfin dans ma main. Un liquide chaud qui n'appartient qu'à lui, caché à l'intérieur de son corps et destiné à ceux qui le méritent, pas sûr qu'il me l'autorise vraiment.
Son souffle ralentit. Son corps se détend. Il va pouvoir dormir en paix. Je le nettoie, lui remets ses vêtements en place et remonte les couvertures sur lui. Je me retiens de lui déposer un baiser, c'est encore trop tôt. Je quitte sa chambre et décide de me reposer dans mon lit.
J'ignore comment il réagira demain, mais je ne peux pas en rester là. Je compte bien reprendre la suite de ce que j'ai commencé ce soir. Il est temps de faire face à ses réactions. Je m'endors sur ces quelques pensées.
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En entrant dans sa chambre, le soleil commençait tout juste à se lever, donnant une faible clarté à la pièce. Il dormait toujours profondément. Je décidais de le laisser se réveiller de lui-même, même si je devais attendre des heures. Je m'assis en tailleur au bout de son lit et me décide de l'observer comme je n'avais jamais eu l'occasion de le faire auparavant.
La pénombre qui régnait lui conférait un teint plus sombre sur sa peau bronzée. Ses cheveux ébouriffés lui donnaient un genre plus juvénile et moins stricte. Les statistiques sur les gens normaux disent que les hommes préfèrent les blondes. Je ne fais pas parti de ce schéma, mais je me réjouis d'avoir un joli blond, certes grisonnant, comme colocataire.
Il bouge dans son sommeil. Il gémit dès qu'il fait un mouvement de manière si sensuel que ça me démange d'aller me blottir contre lui. Concentre-toi, Sherlock ! C'est pas le moment de faire n'importe quoi.
Les heures passent et il dort toujours. Je savais qu'il lui manquait du sommeil, mais pas à ce point-là. Il va vraiment falloir que je règle ça rapidement. Plus la matinée avançait, plus le rayon du soleil qui passait d'un côté du rideau s'approchait du lit.
Enfin, il se réveille ! Ce n'est pas trop tôt. Il se fige à ma vue. En même temps, il ne s'attendait pas que je sois là à son réveil.
Il tente de se lever, mais je n'ai pas l'intention de lui donner trop de liberté. J'avance jusqu'à lui et lui prend son visage dans mes mains. Il a les yeux écarquillés par la surprise. Je ne lui laisse pas le temps de dire quoi que ce soit, j'approche mes lèvres des siennes et l'embrasse. Je manque cruellement de pratique. J'y vais doucement, pour ne pas le brusquer.
Finalement, le principe est simple et je me décide d'y aller plus en profondeur. Il réagit bien et fait exactement ce que je lui demande. Cela est instinctif chez lui, ce qui me facilite le travail. Cette fois, je tente le tout pour le tout et évalue toutes les possibilités que m'offraient cette bouche et cette langue tentatrice. Il apprécie autant que moi. Pourquoi ai-je attendu si longtemps pour l'embrasser ? Un acte si dérisoire et pourtant si intense.
Je le sens réfléchir ardemment. Il est perplexe sur mon comportement et en même temps, il aimerait que je n'arrête pas. Je mets fin au baiser en m'écartant. Il est évident que je dois lui expliquer mon comportement avant d'aller plus loin, sinon, il se braquerait définitivement.
— Bonjour, John.
— Bonjour, Sherlock… Qu'attends-tu de moi ? dit-il après un instant de blanc.
— Je vois bien que quelque chose ne va pas. J'ai vu ce qui a changé depuis mon retour. Ton regard triste chaque soir ou quand tu es plongé dans tes pensées et toutes tes tentatives pour faire croire le contraire.
— Et tout ce que tu as trouvé pour me changer les idées, c'est de me branler et m'embrasser ?
— John, ne crois pas être le seul qui souffre d'un manque. Pendant deux ans, la seule chose qui m'a gardé en vie, c'était l'espoir de te revoir.
— Et maintenant, nous sommes ensemble, comme avant. Je ne…
— Tu te trompes, le coupé-je. Tout a changé. Tu m'as frappé, engueulé et boudé avant de m'avouer que je t'ai manqué à presque en mourir tellement tu t'étais attaché à moi.
— Excuse-moi, mais on était dans ce putain de métro et je croyais qu'on allait y rester. Tu t'es servi de ce prétexte pour que je te pardonne et me faire dire des choses…
Je sens de la colère en lui et peut-être de la frustration, sûrement des réminiscences de mon retour, des non-dits qui ont aggravé son état alors pourquoi je vois apparaître des larmes dans ses yeux ? Il voit bien que je ne le comprends pas.
Pourquoi ne me parle-t-il pas ? Explique-moi, John ? Je ne suis pas médium ou alors c'est tellement évident que je suis censé être capable de comprendre. Il me regarde avec un regard si tendre et si désespéré à la fois… Oh ! Bien sûr, c'est évident !
Je lui fais un grand sourire et je vois son soulagement s'afficher sur son visage. C'était clair pourtant. Il attendait comme je le pensais que je réalise son souhait le plus cher. Il m'attendait. Il m'a toujours attendu, en fait.
De toute façon, j'étais prêt à aller plus loin avec lui, consentant ou non. Je défais ma robe de chambre et la retire. Son expression en posant le regard sur mon corps nu est mémorable. Il se retient de passer sa langue entre ses lèvres, pourtant, il me dévore des yeux. Je lui prends ses mains et l'attire en position assise et je lui retire son t-shirt que j'expédie au loin – il n'en aura plus besoin. Je le laisse se rallonger tandis que je tire les couvertures au bout du lit pour libérer l'accès.
Passons aux choses sérieuses. J'accroche le rebord en tissu de son pyjama et son boxer et tire fermement le tout, les lui retirant. Je peux enfin observer ce que j'ai pu déduire au toucher. Le corps de John n'est pas une gravure de mode, mais pour moi, il est magnifique. Il est parsemé de nombreuses cicatrices dû à ses années à l'armée, la plus impressionnante se trouvant à l'épaule. Il est plutôt bien proportionné malgré sa petite taille. J'enregistre dans ma tête toutes les possibilités qui s'offrent à moi.
J'ai un sourire en coin en croisant son visage cramoisi. Il essaie de m'observer, mais ses émotions le trahissent encore. Quand je vois sa protubérance enflée à chaque nouvelle bouffée de désir qui le parcoure, je me dis qu'il va être facile de lui faire n'importe quoi.
Je récupère les menottes et le lubrifiant dans la poche de ma robe de chambre. Je note du désir dans son regard et cette petite langue furtive ne passe pas devant les yeux de n'importe qui. Désolé, John, inutile de le cacher, mais je sais que tu en as envie. Je vais donc t'exaucer de ce pas.
Je m'avance jusqu'à lui et j'observe ses réactions. Il monte de lui-même les bras au-dessus de la tête. Que dire de plus, quand juste un regard en dit plus long que des mots. Je l'attache à la tête de lit. Il est maintenant totalement à ma merci : un cadeau d'anniversaire avant l'heure.
Je m'assoie à califourchon sur son torse. Il ne s'attendait pas à ce que je commence de cette manière. Tant mieux. De toute façon, je ne suis pas aussi excité que lui et je sais que la bouche permet ce genre de chose. Je lui fais confiance pour me préparer dans les règles de l'art.
Il ouvre la bouche et je m'insère jusqu'à la garde. Cette bouche chaude autour de moi me rend bizarre. Je me retire. Je sens une légère pression en moi. Je réitère ma pénétration et là, il me bloque avec ses dents. Je hoquette de surprise. Il a envie de jouer un peu alors je vais le laisser faire, après je reprendrai les commandes.
Cette bouche et surtout cette langue vont me rendre dingue. Mon sang pulse dans mon bas-ventre. J'agrippe la tête de lit et je ferme les yeux pour me concentrer sur ces nouvelles informations que je classe dans un dossier. Mon souffle est saccadé, comme si mon cœur n'arrivait pas à suivre. Je bouge mon bassin pour accentuer cette pression. Cela ne dure pas et je me libère dans sa bouche. Je l'entends déglutir. Il me libère et je m'écarte de lui. Mon sexe a doublé de volume et est droit comme un " i ".
Parfait ! Maintenant, à moi de lui montrer ce dont je suis capable. Je m'installe entre ses jambes qu'il a relevées et largement écartées. Le rayon du soleil illumine son entre-jambe – il est magnifique. Je lèche sa hampe, ce qui le fait frissonner. Je ne reconnais pas ce goût sur ma langue, unique, il n'appartient qu'à lui et dorénavant, je serais le seul à le goûter. Après un regard vers lui pour lui transmettre ma volonté de le faire mien, je le prends en bouche.
C'est une avalanche de cris, de gémissements obscènes et d'injures bien choisies qui inondent mes oreilles. Je me réjouis que notre logeuse soit sortie faire les courses de bonne heure sur mon ordre et tant pis pour le voisinage qui n'a qu'à pas être là. Il tire sur ses entraves et se tortillent pour accentuer les sensations. Avec mes doigts, j'appuie plusieurs points stratégiques qui m'ont donné un avant-goût de ses réactions la veille. Il a un corps très sensible et je n'imaginais pas qu'il posséderait autant de zones érogènes. À croire que son corps recèle des lieux cachés juste pour mon plaisir de les découvrir.
Je termine d'avaler sa semence en me redressant, peut-être en ferais-je mon repas quotidien. Je le vois à la limite de l'épuisement. Je récupère la bouteille d'eau que j'avais apporté avec moi et lui fait boire plusieurs gorgées pour le déshydrater.
Je m'avance vers lui et débute par un baiser léger avant de l'approfondir. J'adore ses lèvres. Il me sera difficile de m'en passer dorénavant, même pendant une affaire. Je vais devoir réfléchir à plusieurs stratagèmes pour régler quelques problèmes techniques lors de nos enquêtes.
Je quitte ses lèvres et le parsème de nombreux baisers sur son visage, descendant dans son cou, sa pomme d'Adam, ses clavicules, lui laissant une marque au passage, jusqu'à atterrir sur ses deux boutons de chairs si tentants. Je me rappelle encore vaguement de la période où ma mère me donnait le sein. J'étais précoce et j'ai gardé en mémoire de nombreux détails dont le lait qui me nourrissait – chaud, doux et épais. Je les aspire, glisse ma langue dessus. Les pointes se dressent et je le suce, espérant récolter un quelconque liquide, malheureusement, il manque aux hommes une hormone : la prolactine, pour produire du lait. Je l'entends pouffer.
— Qu'as-tu encore imaginé ? lui demandé-je.
— Oh, une bêtise, c'est pas important.
— Dis-moi !
— Eh bien…, je me suis dit que si j'avais du lait en moi, je serais ton seul repas.
Je souris. Il a le don de m'émerveiller quand il est sur la même longueur d'onde que moi.
— J'aime à penser que tu existes juste pour moi et que notre rencontre n'était pas un hasard.
— Je le crois aussi.
Sur une note joyeuse, je m'attelle à la tache avec plus de conviction. Je l'entends rire. Ce son est un doux chant à mes oreilles. Je descends à son nombril et le titille un peu puis je termine sur sa hampe que je maintiens d'une main et après un intense regard qui le fait rougir, j'y dépose le point final au sommet, récoltant le liquide pré-séminal annonçant son impatience à entamer les choses sérieuses.
À sa tête, toute sorte d'idées doit lui traverser l'esprit et à la couleur de ses joues, je devine bien à quoi il pense. Je récupère un des oreillers et le cale sous ses fesses. Je n'ai pas besoin de lui dire quoi que ce soit, il se met automatiquement en position. Je récupère le lubrifiant et répand un peu de gel sur mes doigts que je réchauffe en les frictionnant.
Je me baisse pour en appliquer devant son anneau de chair et pénètre à l'intérieur d'un coup. Ses muscles se contractent.
— Détends-toi. Fais-moi confiance !
— Désolé !
— Ne t'inquiète pas, tu vas adorer et tu en redemanderas, lui dis-je avec un clin d'œil appuyé.
Il rit, il se détend enfin. Tant mieux parce que j'ai besoin de toute sa coopération pour la suite. J'y vais plus en profondeur. L'intérieur est brûlant et doux, mais très serré. J'insère un second puis un troisième doigt. J'écarte les muscles pour détendre au maximum le passage. Son visage se crispe. Je n'avais pas envisagé que je puisse lui faire mal, mais je n'ai pas le choix ou la pénétration sera encore plus douloureuse. Le seul moyen, c'est de détourner son attention. J'empoigne son sexe et commence de longs va-et-vient qui semblent le soulager. J'en profite pour terminer la préparation.
Maintenant qu'il est prêt, je peux passer aux choses sérieuses. Je m'avance en glissant sur son corps lui procurant quelques frissons au passage et lui capture ses lèvres, un baiser léger pour le faire languir un peu plus. Je frotte nos nez l'un contre l'autre tandis que j'ondule mon bassin pour caresser son entrée. Je sais, c'est sadique de ma part, mais j'ai envie qu'il me supplie de commencer et j'obtiens toujours ce que je veux.
— Pour l'amour du ciel ! Cesse de me faire languir plus longtemps. Prends-moi !
Je lui offre mon plus beau sourire et lui capture ses lèvres dans un langoureux baiser tout en le pénétrant d'un coup, un peu brutal, certes, mais la douleur sera vite remplacée par le plaisir. Il couine dans ma bouche pour ma plus grande satisfaction. J'approfondis le baiser pour lui faire oublier ce qui se passe plus bas. Il participe avec beaucoup d'ardeur.
J'achève le baiser pour le regarder dans les yeux. Je me redresse sur mes coudes pour mettre un maximum de pression dans nos bas-ventres. Est-ce moi ou j'y lis un regard aguicheur ? Plaqué contre son ventre, je commence à onduler de bas en haut et de haut en bas, frottant son appendice au passage. Je suis partout sur lui et en lui.
Mes mouvements sont lents au début et j'accélère petit à petit tandis que la pression s'accentue dans nos corps. Je ne peux m'empêcher d'analyser ses expressions aussi diverses et variés qu'excitantes. Dès que je touche la prostate, ses gémissements sont plus intenses. Je précise mes coups de butoirs, alternant les angles d'un côté ou de l'autre pour ne pas le faire venir trop vite. Cela semble fonctionner, car il en sort de nouvelles variantes de sons. Quand je dis qu'il est sensible à la musique, il est un instrument de musique à lui tout seul. Quelle belle mélodie à mes oreilles ! Une mélodie sexuelle qui excitent des envies d'en vouloir encore plus. À cet instant, John, tu es à moi !
Mon souffle se saccade. Mon corps court-circuite mon cerveau. J'accélère le mouvement, je sens que j'arrive au bout et qu'il est temps d'en finir. Quel délice ! Son corps est à l'unisson du mien et nous nous déversons en même temps, moi à l'intérieur et lui sur nos ventres dans un cri de jouissance qui résonne encore dans le silence qui revient. J'ai juste eu le temps de voir sa dernière expression : Il est tellement beau dans la jouissance que j'aurais aimé recommencer une deuxième fois si l'épuisement ne m'achevait pas.
Je m'écroule sur lui. Je n'ai plus aucune force. Il enroule ses jambes autour de mes hanches. Lui non plus n'a pas envie de se séparer de moi. J'attends un moment que mon souffle revienne à la normale. Je me redresse pour récupérer la clé des menottes et le libère.
Il ne perd pas un instant pour me toucher. Je sais qu'il attendait ça depuis le début. Il est du genre très tactile et à prendre les initiatives, mais pour cette unique occasion, je voulais absolument qu'il se soumette à mon bon vouloir. Qu'il accepte de me laisser les rennes dans un domaine qui n'est pas le mien.
J'adore sentir ses mains se balader sur mon corps. Il n'y a aucune brusquerie dans ses gestes. Promis, la prochaine fois, c'est moi qui serai attaché. Il m'embrasse, je lui laisse les commandes. Il achève trop vite le baiser. Je roule sur le côté pour me libérer. C'est dingue, il me manque déjà. J'étais si bien l'un dans l'autre, une impression que nous sommes complets que lorsque nos corps sont liés. Ça me donne des idées tout ça. S'il savait tout ce que je lui réserve…
— Je t'aime ! m'avoua-t-il.
— Tu sais ce que je pense des sentiments, qu'ils ne sont pas compatibles avec mon esprit et ma logique… pourtant tu fais exception à la règle. Depuis le temps que je me suis attaché à toi, je n'ai noté aucune perte dans mes facultés. Juste un besoin imperceptible de te garder pour moi seul et l'envie de te protéger de tout… En conclusion, je peux te le dire à présent : je t'aime !
Il me sert dans ses bras, je fais de même, savourant sa chaleur et la forte odeur de nos ébats qui me rendent mélancoliques. Je me blottis dans son cou. Mes yeux papillonnent. Je suis capable de ne pas dormir pendant des jours, pourtant, là, j'en suis incapable. Je ferme les yeux en pensant qu'à mon réveil, il faudra recommencer. Un sourire s'afficha alors que je sombrais rapidement dans le sommeil. La dernière chose que je fais avant de plonger dans le néant, c'est d'effacer le mot SEUL de mon cerveau.
A suivre : Les points de vue de leur entourage !
