Et voilà le chapitre 2 ! je pense que je vais me concentrer sur cette fiction (je suis tombée amoureuse de mes personnages... surtout Matthews et Myriam) et laisser quelque temps mon autre fiction.

bon, évidemment, rien ne m'appartient, à part le caractère de Ted et Andro (eh oui, titemaya, on est aussi très intime tous les 3) et les personnages Myriam Hales et Kenny Matthews (ainsi que d'autres...) Bientôt, vous verrez une apparition qui va sûrement vous étonner... un professeur dans le futur sera présent dans cette fiction pour le bonheur ou le malheur de tous

bon, allez, je m'arrête là, et je vous souhaite une bonne lecture... et au passage, Joyeux Noël !

Chapitre 2

A la fin de la semaine, Andromeda avait enfin fini son devoir de métamorphose. Elle avait quitté Tonks avec un sourire timide puis, depuis qu'elle avait rendu le devoir le lundi, elle n'avait plus remis les pieds à la bibliothèque et n'avait plus parlé au Poufsouffle. Même pendant les cours de Potions, elle évitait de lui adresser la parole. C'était mieux ainsi, mais au fond d'elle, elle était peinée que ça se termine comme ça. Après tout, il était sympa, drôle, intelligent, et elle appréciait sa perspicacité. Cependant, elle ne pouvait pas se permettre d'aller le retrouver à la petite table - elle savait qu'il y était tous les soirs sauf le mercredi et le week-end -, elle ne voulait pas courir le risque de s'attacher encore plus à lui et d'être surprise par ses sœurs. Si ça arrivait, les conséquences seraient insupportables. Autant pour elle que pour Tonks. Myriam avait beau essayé de la persuader d'aller lui reparler, rien n'y faisait : Andromeda était bien décidée à ignorer tout ce qui s'était passé dans la bibliothèque, autour de cette petite table cachée aux yeux de tous.

Cependant, lorsqu'elle reçut sa note une semaine plus tard, elle ressentit brusquement le besoin d'aller le voir, le remercier comme il le méritait. Grâce à lui, elle avait eu la meilleure note de la classe. Un sentiment de culpabilité l'envahit : il l'avait aidée, et elle, elle était partie en lui offrant juste un petit sourire presque forcé, puis l'avait complètement ignoré. Elle avait beau se dire qu'elle n'avait rien à se reprocher, qu'elle était une Black et lui, un sang-de-bourbe, elle n'était pas pleinement satisfaite par cette excuse. En fin d'après-midi, elle se laissa tomber sur l'un des fauteuils de la salle commune de Serpentard et poussa un profond soupir. Myriam s'installa sur l'accoudoir.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? t'es pas contente d'avoir eu la meilleure note en métamorphose ?

- Bien sûr que si. Mais… j'arrive pas à m'en réjouir plus que ça.

- Ah… je vois. C'est Tonks, n'est-ce pas ?

- Myriam ! ne parle pas aussi fort.

- Il n'y a personne, Andro. Pas la peine de stresser. Alors ? c'est à cause de lui que ça va pas ?

- En quelque sorte… quand McGonagall m'a rendu mon devoir, j'étais super heureuse, mais quand elle m'a félicitée parce que j'avais la meilleure note, j'ai pensé à lui, et depuis, je ne sais pas pourquoi, je n'arrive pas à être satisfaite de ma note.

- Parce que tu n'as pas fait ce devoir toute seule ?

- Non, il y a autre chose… je me sens coupable envers Tonks. Mais je n'arrive à pas à savoir pourquoi.

- C'est sans doute ta conscience qui te perturbe.

- Ma conscience ?

- Oui, tu sais, cette petite voix dans ta tête.

- Parce que toi, tu entends souvent une petite voix dans ta tête ?

- Oui, presque tous les jours.

- Parfois, tu m'inquiètes, Myriam…

- Aucune raison. Bon, je disais donc que c'était ta conscience qui te turlupinait.

- Et pourquoi elle ferait ça, ma conscience ?

- Parce que tu n'as jamais vraiment remercié Tonks de t'avoir aidée, et en plus de ça, ça fait plus d'une semaine que tu l'ignores complètement.

- C'est normal.

- Si c'était normal, tu serais en train de sauter de joie pour avoir eu cette note.

- N'exagère pas, ce n'est qu'une note.

- Tu n'avais encore jamais eu la moyenne en métamorphose, je te rappelle.

- Oui, mais bon, de là à sauter partout…

- Andro, c'est ce que tu as fait le jour où tu as réussi le sortilège de Mobilicorpus.

- On était en deuxième année. J'étais jeune !

- Oui, c'est sûr que maintenant, t'es tellement vieille qu'on ne distingue plus ton visage derrière toutes tes rides.

- Myriam !

- Bon, on s'est écarté du sujet, dit la jolie blonde en lui faisant un clin d'œil.

- Pas la peine d'y revenir. Je sais ce que tu vas me dire.

- Ah oui ? et je te dirais quoi ?

- Que je devrais aller le voir pour le remercier comme il se doit.

- Ce n'est pas tout ce que je te dirais.

- La seconde partie n'est pas envisageable.

- Bien sûr que si, elle l'est. Tout dépend de toi.

- Justement. Je n'en ferais rien.

- C'est stupide ! vous vous entendiez bien, pourtant.

- On n'a jamais été très proches non plus, tu sais.

- Vous auriez pu.

- Non. Parce que, au risque de me répéter, je suis une Black, et lui un Sang-de-bourbe.

- Arrête de te cacher derrière ton nom. C'est minable, comme attitude.

- Eh bien, tant pis, si c'est minable. J'applique ce que l'on m'a appris.

- Ouais, t'as bien raison. Après tout, un Black reste un Black. Et moi qui croyais que tu valais mieux que tous les autres connards de ta famille.

Sur ces derniers mots, Myriam quitta brusquement la salle commune, furieuse. Andromeda sentit son cœur se serrer. La blonde ne lui avait encore jamais parlé de sa famille ainsi. Elle lui avait déjà parlé de sa haine envers Bellatrix et de son mépris pour Narcissa, ainsi que de son aversion pour toutes les idées que leur famille idolâtrait, mais elle n'avait encore jamais insulté aussi ouvertement les Black. La brune s'en sentait profondément blessée, mais en même temps, elle n'arrivait pas à en vouloir à Myriam. Comme si au fond d'elle, elle savait que son amie avait raison. Oui, elle se cachait derrière son nom. Ou plutôt, c'était son nom qui l'obligeait à se cacher derrière lui. Elle était née dans la famille Black, on lui avait appris certaines valeurs et comportements à avoir. Elle n'était peut-être pas la meilleure, mais elle faisait de son mieux pour rendre ses parents fiers d'elle. Et traîner avec un Poufsouffle sang-de-bourbe ne faisait pas parti des attentes de ceux-ci.

Oui, mais Andromeda ne remplissait pas la moitié de leurs attentes, de toute façon. Elle avait été admise à Serpentard, elle était une bonne élève et elle était respectée par la plupart des élèves, mais c'était tout. A part ça, elle était une élève effacée, avait pour amie une fille qui pouvait être considérée comme traître à son sang, et ne passait pas son temps à proclamer haut et fort sa fierté d'appartenir à la fratrie des Black et sa supériorité sur tous les sorciers d'origine moldue. En gros, elle n'était pas comme ses sœurs.

La jeune fille soupira. Elle ne voulait pas perdre l'amitié de Myriam. Cette dernière était bien la seule qui ne restait pas avec elle à cause de son nom, même si elle semblait s'être donnée comme but de transformer l'une des filles Black. Elle savait que si elle voulait récupérer l'amitié de la Serpentard, elle devait lui prouver qu'elle était différente de ses sœurs en osant aller parler à Tonks, seulement la blonde ne semblait pas se rendre compte des risques que cet acte pouvait engendrer. Mais au fond, qu'est-ce qu'elle voulait réellement, elle ? qu'est-ce qu'elle avait envie de faire ? elle repensa au Poufsouffle, à sa gentillesse, à son humour. Elle n'avait pas vraiment de réponse, en revanche, elle désirait aller le remercier de vive voix.

Elle se leva du fauteuil, ramassa son sac et quitta à son tour la salle commune. Elle alla à la bibliothèque, puis après avoir salué Mrs Pince, elle se dirigea vers la petite table, espérant qu'il n'était pas trop tard et qu'il y serait installé. Elle ne put empêcher un soupir de soulagement en voyant le garçon assis à sa place habituelle, travaillant sur un devoir de sortilège. Il releva la tête, comme averti par un sixième sens de la présence de la jeune fille, et eut un sourire.

- Je ne m'attendais pas à te voir ici. Qu'est-ce qui t'amène ?

Andromeda fut contente malgré elle de voir qu'il ne lui en voulait pas qu'elle l'ait ignoré pendant ces derniers jours. Affichant un large sourire, elle alla s'asseoir en face de lui et sortit son devoir qu'elle posa par-dessus le parchemin sur lequel il était en train d'écrire. Tonks attrapa ce que la Serpentard avait mis sur la table et lut ce qui y était écrit.

- J'ai la meilleure note, annonça Andromeda.

- Ah oui ? c'est super.

- Oui…

Elle s'arrêta, hésitante. Puis elle prit une grande inspiration et dit d'une seule traite :

- Et c'est grâce à toi.

Le Poufsouffle haussa un sourcil, surpris. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que la Serpentard prenne la peine de venir le voir pour lui dire ça en face.

- Je n'ai pas fait grand-chose, déclara-t-il.

- Bien sûr que si. Je n'avais jamais eu la moyenne, avant. Et là, j'ai la meilleure note. Ça tient presque du miracle, tu sais.

Il ricana.

- A ce point ?

- Tu n'as pas idée.

- Je ne me savais pas aussi bon professeur.

- C'est une carrière que tu devrais sérieusement envisagé, à mon avis.

- Non, j'ai quand même un peu plus d'ambition que ça.

- Etre professeur est un métier très respecté.

- Pas quand on écoute ce que les élèves disent sur les profs de Poudlard.

- Oui, si tu te bases sur ça, évidemment…

Tonks rit un peu plus franchement mais en entendant Mrs Pince réclamer le silence, il s'arrêta immédiatement. Il fixa la Serpentard avec un petit sourire et la jeune fille se sentit légèrement mal à l'aise.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je suis surpris.

- De quoi ?

- Que tu sois venue jusqu'ici pour me dire ta note… mais surtout pour me remercier.

- Ah… euh… ça me semblait normal.

- De la part d'une Black, ça me paraît plutôt étrange.

- Euh… tu n'as pas tort… en fait... c'est Myriam qui m'a un peu poussée...

- Tu devrais faire attention, on dirait bien qu'elle a une mauvaise influence sur toi.

Andromeda hocha la tête, souriant à son tour.

- Je sais. On me le dit souvent. Et tant que j'ai l'excuse d'être sous l'influence de Myriam, j'aimerais aussi m'excuser.

Cette fois-ci, Tonks écarquilla carrément les yeux. Qu'elle vienne le remercier était déjà étrange, mais qu'elle s'excuse…

- T'excuser ? pourquoi ?

- Eh bien… pour ne jamais t'avoir remercié… et puis, pour t'avoir ignoré, aussi.

- Ah… mais tu n'as pas à t'excuser… je ne m'attendais pas à autre chose de ta part, tu sais.

- Comment ça ? demanda la Serpentard en fronçant les sourcils.

- Après tout, tu es une Black. Alors… je me doutais bien que ça se finirait comme ça.

Décidemment, il devinait toujours tout…

- Mais je suis content, rajouta-t-il.

- De quoi ?

- Que tu sois venue me voir. J'étais plutôt triste à l'idée qu'on ne s'adresserait plus la parole. Tu n'es peut-être pas très bavarde, mais j'aime bien ta compagnie.

Ce fut au tour de la Serpentard d'ouvrir des yeux ronds. Non seulement elle ne s'attendait pas à ce que le Poufsouffle lui dise ça, mais elle était également surprise par le naturel avec lequel les mots sortaient de sa bouche. Comment faisait-il ça ? pour elle, parler avec sincérité était un combat quotidien. C'était à la limite du possible, alors que lui, ça semblait si facile, si… normal. Elle repensa à Myriam. Elle aussi avait cette facilité de dire tout ce qu'elle pensait et Andromeda l'avait toujours enviée pour cela, elle qui ne trouvait jamais le courage de dire tout haut ce qu'elle pensait tout bas. Alors, en ce moment même, elle ressentait un peu d'admiration envers le Poufsouffle.

- Excuse-moi, murmura le garçon. Je ne devrais peut-être pas te dire des choses pareilles.

- Pourquoi ? je suis… contente d'entendre ces choses.

Il sourit et la jeune fille ne put s'empêcher de rougir.

- Ne le prends pas mal, mais… tu es sûre d'être une Black ?

- Bien sûr.

- Tu ne ressembles pas du tout à ta sœur, par exemple. A part le physique…

Andromeda ne répondit pas. Elle ne voulait pas s'engager sur ce sujet de conversation. Tonks sembla le comprendre, car il n'insista pas. Il se remit au travail et la jeune fille se demanda ce qu'elle allait bien pouvoir faire à présent. Partir ? c'était sûrement ce qu'elle devait faire. Cependant, elle n'en avait pas envie. Même si elle ne l'avouerait jamais tout haut, elle aussi appréciait la compagnie du Poufsouffle.

Un sourire s'afficha sur son visage. Elle savait ce qu'elle voulait. Sans un mot, elle sortit ses affaires et commença à travailler de son côté.

Les semaines passaient, et c'était devenu une habitude pour la Serpentard et le Poufsouffle de se retrouver à la bibliothèque en fin d'après-midi pour travailler à la petite table. Personne en-dehors de Myriam et Matthews était au courant, et si un élève passait près de la table, les deux élèves s'ignoraient ou s'amusaient à se lancer quelques insultes pour donner l'impression qu'ils n'étaient pas ensemble par choix. Mais au bout de quelques jours, Narcissa fut avertie par l'un de ses camarades et Andromeda lui raconta que c'était une guerre entre le Poufsouffle et elle. Ils aimaient tous les deux être à cette table, mais n'arrivaient pas à faire partir l'autre. Sa jeune sœur lui avait proposé d'en parler à Bella pour virer une bonne fois pour toute le Sang-de-bourbe, mais la brune lui avait affirmé qu'une fois, ils s'étaient tellement engueulés que Mrs Pince les avait à présent à l'œil et que s'il y avait la moindre histoire, elle se verrait l'interdiction de revenir à la bibliothèque. Narcissa n'avait donc pas insisté, et Bella n'avait pas été prévenue.

Les BUSEs arrivaient à grands pas, et tous les élèves travaillaient d'arrache-pied pour être prêts. Andromeda traversait les couloirs, sourire aux lèvres. Elle avait cours de potions, cours qu'elle adorait de plus en plus depuis qu'il y avait les deux Poufsouffles pour la distraire. Tonks se tenait légèrement en retrait tandis que Myriam discutait avec Matthews. Ces deux-là s'entendaient plutôt bien, mis à part le fait qu'ils avaient tendance à se taper dessus et que leurs amis respectifs devaient sans cesse les séparer. Slughorn arriva peu de temps après la brune et fit entrer ses élèves dans le cachot. Les deux Serpentardes allèrent immédiatement s'installer au fond de la salle, les garçons devant elles.

- La potion que vous allez préparer aujourd'hui est une potion que vous risquez d'avoir lors de votre examen. J'hésite entre cette potion et deux autres. Les ingrédients sont déjà marqués au tableau. C'est une potion qui est assez facile, mais il faut être extrêmement pointilleux dans sa préparation, car une erreur est vite arrivée. Bien, mettez-vous au boulot.

Myriam se pencha vers son amie.

- Elle est facile, mais on se trompe facilement… mouais… je crois que je n'ai pas la même définition du mot facilité que lui.

- Il n'y a pas grand-monde qui doit avoir le même dictionnaire que lui, de toute façon, ajouta Tonks.

- Un quoi ?

Ils regardèrent tous Andromeda, un peu surpris par la question.

- Un dictionnaire, dit Matthews. Un livre où il y a plein de définitions de mots.

- Ça n'existe pas chez les sorciers ? s'étonna Tonks.

- Pourquoi les gens auraient besoin d'un dictionnaire ? on connaît quand même la définition des mots qu'on utilise, non ? questionna Andromeda.

- C'est bien pratique d'avoir un dictionnaire quand tu fais un devoir sur un texte où il y a des mots compliqués, expliqua Myriam.

- Mais ça n'existe vraiment pas chez les sorciers ?

- Si, Ted, ça existe, lui répondit son ami, agacé. Il n'y en a pas beaucoup, mais ça existe.

- Comment ça se fait que tu ne connaisses pas, alors, Black ?

- Parce que justement, c'est une Black, et les Black se sentent tellement supérieurs qu'ils n'utilisent pas de dictionnaire.

- La ferme, Matthews.

- Oh, merde, je crois que je l'ai vexée.

- Ce que tu peux être con, Matthews.

- Ce que tu peux être chiante, Hales.

- Tu devrais arrêter de prendre ton cas pour une généralité.

- Tu devrais arrêter de parler pour toi.

- Vous devriez arrêter de vous engueuler, car le prof regarde bizarrement par ici, les interrompit Tonks.

Les deux adolescents tournèrent la tête vers Slughorn qui, en effet, les observait les sourcils froncés et semblait en colère. Comme s'ils s'étaient mis d'accord, Myriam et Matthews lui firent un grand sourire et firent semblant de se ré intéresser à la potion. Mais dès que le professeur détourna son attention, le Poufsouffle se retourna de nouveau vers les Serpentards.

- Matthews, arrête de nous faire chier, dit Myriam avant que le garçon ne puisse dire quelque chose.

- Hales, avoue que ça te plaît, que je te fasse chier.

- Je suis pas maso, Matthews, je n'aime pas me faire du mal.

- Ah ? on en apprend tous les jours.

- Eh oui, il y a des gens qui surprennent sans cesse les autres, et d'autres qui restent plats et sans surprise du début jusqu'à la fin.

- Dois-je me sentir visé ?

- Réfléchis bien à la réponse, Matthews, même quelqu'un d'aussi stupide que toi peut la trouver.

Andromeda et Tonks se regardèrent et pouffèrent de rire. Les piques que s'envoyaient leurs amis n'étaient pas dénuées d'originalité et les deux adolescents avaient à chaque fois du mal à se retenir de rire. Le pire n'était pas pendant les cours de potions, mais quand les Poufsouffles et les Serpentards se croisaient dans les couloirs, chacun essayant d'impressionner leurs camarades de maison, sauf que dans ce cas-là, ils devaient éviter de rire devant tous les autres élèves, ce qui n'était pas une mince affaire.

Le cours se déroula ainsi, entre les piques de Myriam et Matthews, les rires étouffés d'Andromeda et Tonks, et les reproches de Slughorn. Ce dernier, agacé par le comportement des quatre élèves, finit par leur donner une retenue le soir même. En sortant du cours, Andromeda marchait en fixant ses pieds, ignorant ses trois camarades à ses côtés, ne se rendant même pas compte que son amie s'engueulait de nouveau avec Matthews. Elle ne pensait qu'à cette heure de retenue.

- Qu'est-ce qu'il y a, Black ? s'inquiéta Tonks, ayant remarqué la mine sombre de la Serpentarde.

- Tu as vraiment besoin de me poser la question ?

- Quoi, c'est cette retenue qui te perturbe ? demanda Myriam.

- Bien évidemment !

- C'est stupide de t'en faire autant pour une simple retenue.

- Facile pour toi de dire ça, toi qui en as déjà eu tellement.

- Attends... tu veux dire que tu n'as jamais eu de retenue ? s'étonna Matthews.

- Non…

- C'est pas possible, ça ! quel genre d'élève fait toute une scolarité à Poudlard sans se prendre au moins une seule retenue ?

- On n'est qu'en cinquième année, Kenny, alors on ne peut pas parler de toute une scolarité, puisqu'on ne l'a pas encore terminée.

- Oui, mais quand même ! cinq ans sans avoir eu de retenue, déjà, ça tient du miracle.

- Tout le monde n'est pas comme toi.

- Peut-être, mais…

- Mais quoi, Matthews ? le coupa Myriam, agacée. Si Andro n'a jamais eu de retenue, c'est comme ça, point final.

- Merci, Myriam, dit la concernée, soulagée que son amie prenne sa défense.

- Ça veut tout simplement dire qu'elle est aussi studieuse qu'une Serdaigle.

- Euh… j'irais pas jusque-là…

- Et qu'elle est aussi trop coincée pour prendre des risques.

- Eh, Myriam, c'est bon, t'es en train de m'enfoncer, là !

La blonde lui fit un sourire innocent, et les deux Poufsouffles s'esclaffèrent. Andromeda leur lança un regard noir et voulut continuer sa route en les ignorant, mais les trois autres élèves lui emboîtèrent le pas immédiatement et Myriam passa un bras autour de ses épaules.

- Allez, Andro, sois pas vexée.

- Fichez-moi la paix.

- Black, t'es vraiment susceptible.

- Ferme la, Matthews, et va te faire voir !

- Andro, tu te rends compte que tu nous fais tout un cirque pour une simple heure de colle ?

- Une simple heure de colle reste une heure de colle… que vont dire mes parents ? je ne suis déjà pas une excellente élève, alors si en plus, je me retrouve en retenue…

- C'est pas comme si tu te retrouvais tous les jours en retenue, répliqua Myriam.

- J'entends déjà les remontrances de Bella…

- Elle serait plutôt mal placée pour t'en faire, des remontrances. Elle se fait coller toutes les semaines.

- Elle se fait la plupart du temps coller pour insultes envers les sorciers d'origine moldue. Alors, ça, ce n'est pas grave pour mes parents. Ils la félicitent presque. En revanche, moi, je me fais coller parce que je m'amusais avec un sorcier d'origine moldue pendant un cours.

- Eh, Black, Ted n'était pas le seul à être présent, il me semble.

- Non, c'est sûr. Elle était aussi avec un Sang-mêlé et une traîtresse à son sang. T'as raison, Matthews, ça fait toute la différence, ironisa Myriam.

- Hales, ferme-la.

- Non, vous deux, vous la fermez. Je n'ai pas besoin de vos commentaires. Je ne supporte pas de recevoir une heure de retenue, c'est comme ça, point barre. Et ce serait sympa de votre part de me laisser me morfondre dans mon désespoir. Merci.

- Black, ça ne sert à rien de broyer du noir pour ça, lui dit Tonks avec douceur. Ce n'est qu'une retenue, rien de plus. Une seule retenue sur sept ans d'étude, ça mériterait presque une médaille, tu sais. Même si tu en reçois une ou deux autres de plus d'ici la fin de nos études. Et puis, si tu crains tellement la réaction de tes sœurs et de tes parents, tu n'auras qu'à jeter tout le blâme sur nous.

- Eh, je veux pas, moi ! s'exclama Matthews, mais il se tut immédiatement devant le regard noir que lui lança Tonks.

- Tu veux tout prendre sur toi, comme c'est chevaleresque, Tonks, minauda Myriam.

- J'ai dit nous, il me semble.

- Désolée, mais je n'y étais certainement pas intégrée.

- Que moi, je refuse qu'on jette le blâme sur ma personne, ça se comprend. Mais toi, t'es quand même son amie, non ? alors, c'est toi qui devrais plutôt tout prendre sur toi.

- Sûrement pas. Premièrement, c'est une initiative de Tonks. Et deuxièmement, je connais les colères de sa chère sœur aînée. Et j'ai eu vent de ceux de ses parents. Alors, crois-moi, je ne marcherai pas avec Tonks.

- Mais quelle formidable amie tu fais, Hales !

- OK, c'est bon, j'ai compris ! s'interposa Tonks avant que Myriam ne réponde. Black, tu n'auras qu'à dire que c'est de ma faute, et uniquement de ma faute si tu te retrouves avec une retenue.

- Ted, pourquoi tu ferais ça pour elle ? c'est qu'une Serpentarde.

- Tonks, si Bellatrix Black décide de te faire la peau, tu pourras toujours compter sur moi pour témoigner contre elle.

- Je préfèrerais que tu l'empêches de me tuer, plutôt.

- Tu veux quand même pas que je me mette entre vous deux au risque de recevoir ses sorts à ta place ?

- Ted, arrête d'oublier que tu as affaire à des Serpentardes, bon sang !

- Tu sais quoi, Tonks ? si jamais on me pose des questions, je dirais que si j'ai eu une retenue, c'était à cause de Myriam Hales et Kenny Matthews qui n'arrêtaient pas de s'engueuler pendant le cours et que, comme nous étions à côté d'eux, nous avons été collés également.

- Ah oui, c'est une version qui me plaît aussi, dit Tonks en riant.

Matthews voulut répliquer mais Myriam lui marcha sur le pied pour qu'il la ferme. La réaction du Poufsouffle fut immédiate, mais au lieu de se taire, il se mit à insulter la jeune fille qui répondit à ses attaques avec apparemment beaucoup de plaisir. Tonks se tourna vers Andromeda qui haussa les épaules en souriant et les deux adolescents essayèrent de séparer leurs amis respectifs pour rejoindre leur classe.

Le soir arriva et les quatre élèves se retrouvèrent devant le cachot pour leur heure de retenue. Le professeur Slughorn les rejoignit quelques minutes plus tard et leur demanda de le suivre, puis il les amena jusqu'à un autre cachot qu'il ouvrit pour ensuite les inviter à entrer. Andromeda fut la première à pénétrer dans la pièce et faillit en ressortir presqu'aussitôt. En effet, il régnait dans le cachot une odeur exécrable et les murs ainsi que les bureaux étaient recouverts d'un couche noire à l'allure plus que douteuse.

- Un élève de septième année a fait exploser une potion ici, ce matin. J'ai dû condamner le cachot, et je n'ai pas encore eu le temps de le nettoyer. Ce sera donc votre punition. Voici deux grands chaudrons remplis d'une potion qui vous aidera à éliminer cette couche noire, et là, des chiffons pour frotter.

- Euh… on ne peut pas utiliser nos baguettes ?

- Non, M. Matthews. De toute façon, elles ne vous seraient d'aucune utilité. Ce n'est pas avec un sort que vous pourrez nettoyer tout ça. Et si je vous laissais les utiliser, ce ne serait plus une punition. Bien, je vous laisse. Je serais dans le cachot d'à côté.

Il quitta le cachot et referma la porte derrière lui. Les quatre élèves se regardèrent un instant sans bouger, puis ils observèrent la pièce entière. Matthews grimaça.

- Berk… il aurait pu nous donner quelque chose contre l'odeur.

- On ferait mieux de se mettre au boulot maintenant, dit Andromeda. Plus vite on aura fini, plus vite on pourra sortir.

- Si je tenais le con qui a fait exploser cette potion, marmonna Myriam.

- On finira bien par savoir qui c'est, fit remarquer Tonks. Je suis sûr que si on écoute les septièmes années, on pourra le savoir.

- Tu pourrais demander à ta sœur, Andro.

- Pourquoi faire ?

- Pour aller faire passer le goût de préparer des potions à cet imbécile.

- Hales, t'es au courant que nous sommes dans une école de sorcellerie qui enseigne l'art délicat de la préparation des potions ?

- Pour le moment, Matthews, le seul truc de délicat que je connais est mon odorat. Et crois-moi, sa sensibilité ne supporte pas de rester enfermée ici à cause d'un abruti qui ne sait pas préparer une potion correctement.

- Ah, parce que toi, tu aurais su préparer cette potion ?

- Peut-être bien.

- Dites, les interrompit Tonks, vous ne voulez pas vous mettre au boulot ? Black a raison, plus vite on s'y met, et plus vite on sera dehors. Et je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne compte pas rester ici jusqu'au prochain cours de potions.

Matthews et Myriam se regardèrent puis imitèrent Tonks et Andromeda qui s'acharnaient déjà à faire partie la couche noire des bureaux. Deux heures plus tard, ils eurent enfin fini et Slughorn les autorisa à partir. Tandis qu'ils marchaient dans les couloirs pour rejoindre leur salle commune, les deux Poufsouffles racontèrent les potins du moment dans leur maison et Myriam leur conta les derniers exploits - de façon extrêmement ironique bien évidemment - des Serpentards. Quelqu'un les aurait croisés à ce moment précis qu'il aurait juré sur la Magie ancestrale qu'ils étaient amis depuis longtemps. Lorsqu'ils se quittèrent, ils se saluèrent en souriant et Andromeda repassait les évènements en boucle dans sa tête, heureuse de la tournure qu'ils prenaient. En temps normal, elle en aurait été effrayée, voire même choquée, mais là, elle ne pouvait s'empêcher de sourire en repensant aux deux Poufsouffles et peu à peu, une idée s'ancrait dans son esprit, celle que l'avis de ses parents et de ses sœurs lui importait peu, qu'elle ne désirait que l'amitié de ses trois camarades. Qu'elle voulait être leur amie. Qu'elle voulait rire et plaisanter avec eux comme le jour où elle avait observé Tonks à la table des Poufsouffles. Qu'elle voulait qu'ils lui fassent confiance, qu'ils ne voient plus en elle une Black, une sorcière de sang-pure étouffée par les préjugés. Qu'ils ne la considèrent plus jamais comme la sœur de Bellatrix Black. Qu'elle puisse leur parler avec sincérité et sans crainte.

Mais elle savait que ce n'était qu'une utopie. On ne se débarrassait pas du nom et du prestige des Black aussi facilement. Elle ne pouvait que rêver cette amitié, la réalité la poursuivrait toujours, tout comme les préjugés enseignés par sa famille. Cependant, l'idée germait encore et encore dans son esprit pour ne plus jamais la quitter. Elle gardait au fond d'elle ce petit bout de rêve comme un trésor caché, et chaque minute passée avec Myriam, Tonks et Matthews scintillaient dans son cœur pour aller rejoindre tous ses précieux souvenirs qu'elle conservait avec soin.