ça fait 1h que j'essaye de pouvoir aller sur fanfiction... mais je n'y arrivais pas... mais pas de panique, même s'il est tard, je poste le chapitre 3 !!!

Chapitre 3

Andromeda arriva à la petite table, essoufflée d'avoir couru pour éviter Narcissa qui semblait avoir envie de lui parler. Tonks était déjà là, assis à sa place habituelle, et lorsqu'il la vit, il lui fit un léger signe de tête agacé vers un élève assis à l'autre bout de la table. La Serpentarde fit un clin d'œil au Pousouffle puis alla s'installer à côté de l'intrus, prenant soudain un air dédaigneux et méprisant en fixant son camarade d'en face.

- C'est pas vrai, t'es encore là, toi ? demanda-t-elle sur un ton glacial faisant frémir l'intrus qui n'avait pas remarqué l'arrivée de la jeune fille.

Andromeda jeta un rapide coup d'œil vers l'élève et aperçut son écusson. Serdaigle. Ça ne devrait pas poser trop de problème.

- Comme tu le vois, Black. Je tiens à cette table autant que toi, répondit Tonks en employant le même ton.

- Ecoute, Sang-de-bourbe. J'en ai assez de te le répéter. Je ne te veux pas à la même table que moi.

- Et je te le répète encore une fois, Black, si ça te dérange d'être à la même table que moi, tu peux toujours aller t'installer ailleurs.

- Ce n'est pas à moi de changer de table. Quand cesseras-tu d'oublier quelle est ta place dans notre monde, sang-de-bourbe ?

Tonks tiqua légèrement, faisant comprendre à Andromeda qu'il n'allait pas faire de quartier, et la jeune fille dut réprimer un sourire. Elle vit du coin de l'œil le Serdaigle lever les yeux au ciel, déjà agacé. De l'insulte ou du fait qu'il ne pouvait pas travailler tranquillement, ça, elle ne saurait pas dire. Peut-être les deux.

- Ma place est autant ici que la tienne.

- Ne m'insulte pas.

- Zut alors, j'ai pensé tout haut quand je t'ai traitée de salope ?

Andromeda se mordit la lèvre pour ne pas rire, puis fit un léger sourire à Tonks pour lui faire comprendre qu'elle allait lui faire payer cette insulte.

- Tu devrais faire attention à ce que tu dis, espèce de stupide blaireau.

- Sinon quoi ? tu vas tout rapporter à ta grande sœur chérie ?

- Et pourquoi pas ? avec elle, au moins, tu ne la ramènes pas trop. Vous pissez tous dans vos froques quand la grande Bellatrix Black est dans les parages.

- C'est sûr qu'on ne risque pas de pisser dans nos froques quand c'est la petite Andromeda Black qui est là.

- A ta place, je me méfierais de la petite Andromeda Black, sang-de-bourbe. Qui sait ce qu'elle serait capable de te faire si tu continues à la faire chier.

- Je fais chier une Black, moi ? tu n'as pas idée à quel point je suis fier de moi, en ce moment.

Andromeda vit le Serdaigle esquisser un sourire discret. Mauvais signe. Il allait peut-être vouloir rester juste pour entendre la suite de la dispute. Maudits soient Tonks et son sens de la répartie !

- Tu ferais moins le fier si je n'étais pas seule, sale blaireau puant.

- Je pourrais te dire la même chose, espèce de vipère.

- Tiens, quel manque d'originalité dans cette répartie. On faiblit, sang-de-bourbe ?

- J'ai un nom, Black.

- J'ai toujours pensé que c'était ridicule de donner des noms aux animaux.

Tonks se mordit les lèvres pour ne pas rire. Andromeda jeta à nouveau un coup d'œil vers le Serdaigle qui ne semblait plus du tout avoir envie de rester là. Ses sourcils étaient froncés, et même s'il voulait donner l'impression qu'il était concentré sur son devoir, on voyait bien qu'il n'arrivait pas à travailler correctement. Il semblait également mal à l'aise, ce qui ravit la Serpentarde. Il n'allait pas tarder à craquer et à partir.

- Bon, tu dégages, le blaireau ?

- Certainement pas. Je suis très bien ici.

- Dégage.

- Bien sûr, tu me le demandes si gentiment.

- Dans ce cas, qu'est-ce que tu attends ?

- Black, j'essaye de travailler. Je ne suis d'ailleurs pas le seul. Alors, tais toi un peu.

- Moi aussi, j'essaye de travailler mais ta présence m'en empêche.

- Quel dommage.

- Exactement. Alors, dégage.

- Non. Contrairement à toi, je me fiche pas mal de ta présence. Je suis ici pour travailler, et j'y resterai.

- C'est si difficile que ça pour toi de lever ton postérieur pour aller le poser ailleurs ?

- Mon postérieur était là avant le tien, alors il ne voit aucune raison de bouger.

- Ça, ça peut toujours s'arranger.

- Tu vas faire quoi, Black ? me lancer un sort ? ici, dans la bibliothèque ?

- Ne me tente pas, Tonks.

- A tes risques et périls, Black. Si tu me lances un sort ici, c'est toi qui aura des problèmes, pas moi.

- C'est bizarre que tu me dises à tes risques et périls. Après tout, c'est ce que l'on pourrait te dire si tu décidais de tenir tête à un Black.

- C'est pourtant ce que je fais.

- Ah, mais oui, c'est vrai. Alors dis moi, es-tu fou ou tout simplement stupide ?

- Et toi, es-tu chiante, énervante, exaspérante, ou tout ça à la fois ?

- Il semblerait que ton vocabulaire ne soit pas très étendu, tu ne m'as donné que des synonymes.

- Peut-être parce qu'il n'y a aucun autre mot pour te décrire.

- En revanche, toi, il y en a plein qui te vont.

- Même pas envie de savoir lesquels.

- Peur de la vérité, Tonks ?

- Non, mais je pense me connaître assez pour te dispenser de cette tâche.

Andromeda allait répondre lorsqu'elle vit le Serdaigle se lever précipitamment et quitter les lieux rapidement, à la fois exaspéré et peu rassuré. La brune regarda Tonks qui lui sourit et ils éclatèrent de rire. Puis le Poufsouffle jeta un œil sur sa montre.

- Même pas dix minutes. On s'améliore.

Andromeda hocha la tête puis se concentra sur son travail et le garçon l'imita. Les BUSE et les ASPIC étaient la semaine prochaine et la bibliothèque était bondée d'élèves, si bien que personne ne faisait attention à quelle maison appartenaient ceux qui étaient à la même table. Mais ça agaçait profondément Andromeda et Tonks d'avoir une autre compagnie à leur table. Ils avaient l'impression qu'on leur volait le seul moment où ils pouvaient agir normalement entre eux, même s'ils ne parlaient pas beaucoup. Si bien qu'un jour, alors qu'Andromeda avait rejoint le Poufsouffle, ce dernier avait eu un sourire en coin et avait dit d'une voix méchante : « Oh, non, voilà Black… il n'y a vraiment pas d'autres places de libres où tu pourrais t'installer ? » La Serpentarde lui avait lancé un regard étonné et courroucé, mais lorsque le garçon lui avait fait un rapide signe de tête vers les deux Gryffondors de troisième année, elle avait tout de suite compris où voulait en venir son camarade et s'était prise au jeu en lui répondant froidement. Les deux Gryffondors avaient été choqués, mais ils n'avaient pas osé participer à la dispute et craignant que les deux cinquième années n'en viennent aux sorts et aux mains, ils s'étaient éclipsés. « Vive le courage des Gryffondors », avait dit Andromeda et Tonks avait ri. Depuis, dès qu'un élève s'asseyait à leur table, ils recommençaient leur petite scène jusqu'à ce que l'intrus s'en aille de lui-même, effrayé par les deux cinquièmes années ou agacé de ne pouvoir travailler tranquillement à cette table. Ceux qui étaient en première, deuxième et troisième année n'étaient pas difficiles à faire partir, trop angoissés de recevoir un sort perdu. Pour ce qui était des autres, Andromeda pouvait prévoir leur réaction en fonction de leur maison. En effet, les Serdaigles avaient toujours tendance à râler et à leur demander de se taire, mais en voyant qu'ils n'en feraient rien, partaient en pestant. Ils étaient les plus faciles à faire déguerpir. Les Poufsouffles essayaient la plupart du temps de prendre la défense de Tonks, mais préféraient se taire quand ils voyaient que c'était leur camarade qui cherchait les ennuis avec la Serpentarde, à tel point qu'ils décidaient souvent de prendre la fuite pour aller réviser ailleurs. Les plus difficiles à faire partir étaient bien évidemment les Serpentards et les Gryffondors. Les rouges et or étaient toujours partants pour s'en prendre à une élève de leur maison adverse, peu importe qui commençait les provocations, et les deux compères finissaient plus souvent par s'énerver plus contre les intrus que contre eux-mêmes, si bien que les Lions partaient voir ailleurs, vexés que Tonks ne se montre pas plus reconnaissant que ça. Quant aux Serpentards, soit ils n'hésitaient pas une seule seconde à prendre part à la dispute, heureux de démolir un sang-de-bourbe, soit ils préféraient ne pas se mêler des affaires d'une Black. Il était d'ailleurs très difficile de se débarrasser des septièmes années, voire même impossible. Ils se fichaient pas mal de la conversation mouvementée se déroulant à leurs côtés, ou alors ils écoutaient avec amusement les insultes qui fusaient, laissant de côté leurs révisions.

Andromeda sourit en se souvenant ce qui s'était passé deux jours auparavant, quand un septième année de Serpentard s'était assis à leur table. Les deux compères avaient à peine commencé à s'envoyer des piques que deux Gryffondors de sixième année étaient arrivés, n'ayant visiblement pas d'autres endroits où aller. Voyant que le garçon de Serpentard ne se préoccupait pas de qui se trouvait autour de lui et qu'il y avait également un Poufsouffle, ils s'étaient finalement installés, et Andromeda et Tonks s'étaient lancés un regard désespéré. Comment se débarrasser d'eux ? le vert et argent avait à peine levé un sourcil quand ils avaient commencé à s'insulter, et il était évident qu'il s'en fichait complètement. Mais si on ajoutait deux rouges et or qui n'hésiteraient pas à prendre la défense d'un sang-de-bourbe, c'était différent. Ils avaient quand même tenté, mais dès que la jeune fille avait répondu à une attaque du garçon, les deux Gryffondors avaient immédiatement réagi. Le Serpentard avait alors relevé la tête en fronçant les sourcils et les deux compères avaient compris que ce n'était pas gagné pour eux. Andromeda avait dit aux rouges et or de se mêler de ce qui les regardait, et s'était de nouveau tournée vers Tonks, mais les Lions ne l'avaient pas entendu de cette oreille et continuaient à s'interposer entre les insultes des deux cinquième année pour s'en prendre à la jeune fille. Le Serpentard s'était alors enfin décidé de défendre sa camarade. Andromeda s'était retrouvée à s'engueuler avec les Gryffondors, jusqu'à ce que Tonks ne lui donne un léger coup de pied dans la jambe. La brune l'avait regardé, furieuse, mais le garçon lui avait fait signe de se taire et avait montré d'un signe de tête les trois autres élèves qui continuaient à s'engueuler. Quelques secondes plus tard, Mrs Pince était arrivée, rouge de colère, et avait vu les deux Gryffondors et le Serpentard s'insulter, assis les premiers en face du deuxième. Elle leur avait alors donné l'ordre de quitter la bibliothèque. L'un des rouges et or avait bien essayé de lui expliquer que tout était de la faute de la Serpentarde et du Poufsouffle, mais la bibliothécaire n'avait rien voulu savoir et les avait renvoyé limite en leur tirant la peau des fesses. Le vert et argent, lui, avait souri en regardant les compères puis avait quitté tranquillement la bibliothèque, comme s'il avait compris le cirque des deux cinquièmes années. Cependant, il semblait qu'il n'en avait rien dit, puisque personne ne fit de remarques à Andromeda et Bellatrix n'était pas au courant.

La jeune fille abandonna ses pensées et releva la tête vers Tonks. Ce dernier avait rangé ses cours et lisait un livre.

- C'est comme ça que tu révises ? lui demanda la Serpentarde en souriant.

- J'ai besoin de me détendre.

- Et c'est quoi, ce que tu lis ?

- Un livre moldu.

- Ah…

Elle n'insista pas. Bien qu'elle appréciait être avec le Poufsouffle et discuter avec lui, elle ne posait en revanche aucune question sur le monde moldu et refusait de s'y intéresser. Tonks s'en était rendu compte et évitait d'aborder ce sujet, se disant qu'il fallait du temps à la jeune fille pour laisser de côté tout ce que sa famille lui avait enseigné. Elle avait déjà fait des efforts énormes pour accepter d'être en sa compagnie, et il le savait très bien.

- Dis, Tonks.

Il leva les yeux de son livre.

- Tu as un sacré sens de la répartie. Comment ça se fait que tu ne l'utilises pas avec les Serpentards qui t'insultent ? et plus particulièrement devant ma sœur ?

- Parce que ça n'en vaut pas la peine.

- Comment ça ?

- Ils peuvent me traiter de sang-de-bourbe et de tout ce qu'ils veulent, ils ne peuvent rien contre le fait que je sois sorcier. J'ai été admis à Poudlard et je peux pratiquer la magie, tout comme eux. Alors, je trouve que ça n'en vaut pas la peine, de répondre à leurs insultes. Tu vois ce que je veux dire ?

- Euh… oui, je crois.

- Ça doit te faire bizarre, d'entendre tout ça.

- Assez, en effet. C'est qu'avant, j'étais plutôt du côté de ceux qui insultaient.

- Je ne t'ai jamais entendu insulter qui que ce soit, pourtant. Tu ne m'as même jamais appelé sang-de-bourbe. A part bien sûr lors de nos petites disputes improvisées. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai voulu apprendre à te connaître mieux.

- Hein ?

- Oui. Je ne t'entendais quasiment jamais parler, en fait. J'ai appris que tu étais la sœur de Bellatrix Black seulement en deuxième année, et on avait déjà commencé les cours depuis quatre mois au moins. Ça m'avait vraiment surpris, je n'avais jamais fait le rapprochement entre vous deux même si vous avez les mêmes noms. Mais comme je ne t'entendais jamais, c'était presque comme si tu n'existais pas.

- A ce point ? je sais que je suis discrète, mais quand même…

Tonks sourit.

- En tout cas, dès que j'ai appris que c'était ta sœur, tu m'as intrigué. J'ai cherché à en savoir plus sur toi. J'essayais toujours de me mettre pas loin de toi pendant les cours que nous avions en commun, et parfois je me risquais à t'adresser la parole. Mais c'était à peine si tu daignais m'accorder un regard. Alors, à la rentrée en troisième année, quand je t'ai salué et que tu m'as complètement ignoré, j'ai laissé tomber.

Andromeda ne le quittait pas du regard, complètement abasourdie. Ses yeux étaient d'ailleurs ronds comme des billes, tant elle ne pouvait croire ce qu'elle venait d'entendre. Elle ne se souvenait absolument de rien, et n'avait même jamais remarqué qu'il avait tenté à plusieurs reprises de se rapprocher d'elle ! et avait-elle seulement remarqué quand il l'avait saluée, ou alors elle l'avait ignoré par simple réflexe ?

Tonks eut un sourire triste.

- Tu ne dois même pas t'en être rendue compte.

- Non…

- Et moi qui m'étais donné tant de mal… je ferais peut-être mieux d'abandonner l'idée d'être le tombeur de Poudlard, si même une fille avec qui j'avais voulu être ami ne se souvient absolument pas de moi…

Andromeda leva les yeux ciel, feignant d'être exaspérée par son comportement. Tonks lui fit un sourire éblouissant et elle lui tira la langue, ce qui le fit ricaner. Puis il reprit la parole.

- Bref, tu comprends pourquoi la première fois que tu es venue ici, j'avais des yeux encore plus gros que ceux d'un dragon. Surtout que j'avais d'abord cru voir ta sœur. Alors, Bellatrix Black qui s'adresse à moi gentiment et poliment, y'a de quoi faire des cauchemars.

Andromeda ne put se retenir de rire, mais Tonks lui fit signe de se taire. Il n'avait aucune envie de se faire virer par Mrs Pince.

- J'ai été content de voir que ce n'était que toi, continua Tonks une fois que la jeune fille s'était calmée.

- En temps normal, j'aurais du être vexée par le « ce n'était que toi ».

- Une Black qui ne fait pas peur, c'est sûr que ce doit être vexant.

- Sans commentaire…

Il lui sourit puis se replongea dans sa lecture tandis qu'Andromeda retourna à ses révisions. Aujourd'hui elle avait décidé de s'attaquer au cours de sortilèges. Cependant, son esprit se repassait en boucle ce que lui avait dit le Poufsouffle. Lorsqu'ils se séparèrent, elle n'avait rien retenu de son cours, en revanche elle connaissait les propos de Tonks par cœur. Et ce n'était pas ça qui allait l'aider à réussir son examen…

Andromeda marchait dans les couloirs en direction de sa salle commune, sourire aux lèvres, toujours perdue dans ses pensées. Soudain, elle sentit une force lui foncer dedans et elle bascula en arrière. Elle ne put qu'attraper la cape de la personne qui l'avait bousculé, mais celle-ci se dégagea pour éviter de tomber à son tour, et la jeune fille s'écroula sur le sol en se cognant la tête. Elle ferma les yeux sous l'effet de la douleur.

- Ça va ?

Andromeda rouvrit les yeux et vit une main tendue devant elle, elle releva alors la tête pour voir à qui elle appartenait. Couleur vert et argent, écusson de Serpentard, des cheveux noirs et des yeux marrons teinté de vert, une peau pâle. Elle réprima un frisson en reconnaissant le garçon de septième année qu'ils avaient fait virer de la bibliothèque deux jours auparavant. Celui-ci sembla également la reconnaître car un sourire étira ses lèvres.

- Tu veux rester à terre ?

- Non…

Elle prit sa main et se releva tant bien que mal, toujours sous le regard moqueur du garçon.

- Tu reviens de la bibliothèque, je parie.

- Euh… oui.

- Et combien de pauvres bougres vous avez viré, cette fois-ci ?

- Hein ? mais… de quoi tu parles ?

- De votre combine, au Poufsouffle et toi, pour ne pas être dérangés à la petite table. Très convaincant, je dois dire, votre petit cirque. Personne ne peut se douter qu'en réalité, vous êtes amis.

- Mais… pas du tout ! tu es complètement à côté de la plaque…

- C'est ça.

- Exactement. Je ne suis pas du tout amie avec ce… sang-de-bourbe…

- C'est pour ça que vous vous retrouvez tous les jours à la bibliothèque ?

- C'est… une guerre entre nous deux. Celui qui arrivera à virer l'autre aura gagner.

Il éclata de rire. Andromeda se sentait de plus en plus mal à l'aise. Elle avait vu juste, il avait tout deviné… que se passerait-il s'il en parlait à Bellatrix ? Le garçon se calma et plongea son regard dans celui de la jeune fille, un sourire toujours accroché aux lèvres.

- Votre guerre s'est éternisée, on dirait. Vous ne pouvez même plus vous passer l'un de l'autre.

Andromeda ne répondit pas. Que pouvait-elle bien lui dire ? continuer à nier était stupide, mais elle ne pouvait se résoudre à avouer qu'elle aimait la compagnie de Tonks. C'était trop dur, surtout devant un membre de sa maison.

- Je m'appelle Vic Loversen.

- Andromeda Black.

- Et ton ami, c'est comment ?

- Ted Tonks.

Son sourire s'élargit tandis que la jeune fille se giflait mentalement. Voilà, elle venait d'avouer sans même y faire attention ! il l'avait bien eu. Loversen ramassa le bouquin qu'il tenait quelques minutes avant de foncer dans la jeune fille et le parcourut brièvement.

- Ouf, c'est bon, il ne manque aucune page.

- Pardon ?

- Les pages de ce livre essayent toujours de se faire la malle. Je me ferais tirer les oreilles par Mrs Pince si j'en laissais s'échapper une seule.

Andromeda fronça les sourcils, ne sachant pas s'il disait la vérité ou s'il se foutait royalement de sa gueule. Loversen parut s'en rendre compte et lui expliqua :

- C'est un bouquin qu'elle ne donne pas à tout le monde, et c'est tout à fait normal. C'est un emmerdeur, pas facile de travailler avec sans devoir courir après une page toutes les secondes. La plupart des élèves préfèrent prendre les autres bouquins, mais moi, je suis trop curieux, alors j'ai demandé à voir celui-ci.

- Et c'est un livre sur quoi ?

- L'évolution des Sortilèges de Protection selon les époques et les mœurs, par Alphonse Echappet, un auteur français.

- Pourquoi tu as voulu le lire ?

- J'ai un devoir sur les sorts de protection en Sortilèges. C'est le livre le plus complet que tu puisses trouver sur ce sujet.

- Si tu arrives à le lire entièrement…

- Ce n'est pas si difficile. J'ai trouvé le moyen de captiver les pages pour qu'elles restent près de moi. Il suffit de faire de la magie pour les attirer.

- C'est tout ?

- Eh oui. Etrange, non ? la plupart des élèves qui ont pris ce livre ne savaient pas s'en sortir avec, et ils jetaient tout simplement des Stupéfix pour empêcher les pages de s'enfuir. Alors qu'en réalité, il suffit de lancer quelques sorts banals pour qu'elles soient captivées et ne tentent pas de s'échapper.

Il referma le bouquin et salua Andromeda, puis s'éloigna dans la direction de la bibliothèque. La jeune fille resta quelques secondes à fixer là où il s'en était allé, avant de reprendre ses esprits et filer vers la salle commune de Serpentard. Myriam l'y attendait et les deux filles se rendirent dans la grande salle pour le repas. Elles furent bientôt rejointes par Lestrange et Belveder, ainsi qu'un autre garçon bouffi du nom de Dave Crabbe. Les trois garçons leur parlèrent pendant tout le repas sous les répliques acides et les regards noirs de Myriam qui aurait bien voulu qu'Andromeda lui raconte tout ce qui s'était passé à la bibliothèque. Lorsque les élèves se levèrent pour retourner dans leurs dortoirs, la jeune brune aperçut Loversen qui passait à côté de Bellatrix, mais il ne s'arrêta pas et n'accorda même pas un regard vers la jeune fille, qui ne sembla pas le voir non plus. Ce garçon avait quelque chose d'étrange, maintenant qu'elle y pensait, elle ne l'avait jamais remarqué auparavant, comme s'il n'était pas à Serpentard.

- Myriam, est-ce que tu connais Vic Loversen ? demanda-t-elle à son amie.

- Loversen ? ah, tu veux parler du gars aux cheveux noirs et à la peau pâle ?

- Oui.

- Pas tellement. Je pense qu'il n'y a pas grand-monde qui le connait, de toute façon.

- Pourquoi ça ?

- Eh bien, il ne parle pas à beaucoup de monde. Il est plutôt solitaire, comme gars.

- Tu le connais comment, toi ?

- Une fois où je suis allée à l'infirmerie parce que je ne me sentais pas bien, il était là, et on a un peu discuté. C'est d'ailleurs bizarre, il paraît pas très social, comme ça, alors qu'en fait, il est super sympa et il parle très facilement.

- Peut-être parce que tu es à Serpentard.

- Peut-être. Mais j'ai un doute. Quelque chose me dit qu'il n'est pas comme les autres Serpentards.

- En tout cas, il me paraît très intelligent.

- Oui, je pense aussi. Mais comment tu le connais, toi ?

- Il y a deux jours, on l'a viré de la bibliothèque avec Tonks, ainsi que deux autres Gryffondors. Mais il a tout deviné de notre combine pour être seuls à la table, et tout à l'heure je l'ai croisé dans le couloir… enfin, croisé, il m'a littéralement foncé dedans… enfin, bref, après on a un peu parlé. Il est… vraiment étrange.

- C'est le moins qu'on puisse dire… mais ne t'inquiète pas, je ne pense pas qu'il va aller tout raconter aux autres Serpentards, et surtout à Bellatrix. D'après ce que je sais, il ne l'apprécie pas beaucoup.

- De qui vous parlez ? demanda brusquement Lestrange qui venait de les rejoindre.

- De Vic Loversen. Andromeda voulait savoir si je le connaissais.

- Loversen ? mais qu'est-ce que tu lui trouves, à ce type ?

- Tu le connais ? questionna Andromeda sans se soucier du regard furieux que lui lançait le garçon.

- Et comment, répondit Belveder. Il fait partie d'une grande famille américaine de Sang-purs.

- Il est Américain ?

- Son père, oui. Mais sa mère est anglaise, et il est né à Londres.

- Son père est Auror, rajouta Lestrange en grimaçant.

- Vraiment ? s'étonna Myriam. Ce n'est donc pas étonnant qu'entre lui et Bellatrix Black, ce n'est pas le grand amour.

- Il n'est pas digne d'être à Serpentard, continua le garçon. Même s'il est de Sang-pur, il n'a pas sa place ici.

- Sa famille n'est pas traître à son sang, heureusement, dit Belveder. Même si son père n'a rien contre les Moldus, il considère quand même les sorciers nés dans une famille de sorciers comme supérieurs à ceux nés chez des Moldus.

- C'est complètement stupide, comme raisonnement.

- Hales, garde tes commentaires pour toi, répliqua Lestrange.

- Il n'empêche que c'est complètement stupide. Je connais des sorciers d'origine Moldue qui se débrouillent mieux que des sorciers nés dans des familles de sang-purs.

- Ces sorciers là sont la honte de notre monde, dans ce cas.

- Si tu savais, murmura Myriam en souriant.

Andromeda lui donna un léger coup de coude, ayant parfaitement compris à qui son amie pensait. Les deux jeunes filles laissèrent les trois garçons pour entrer dans leur dortoir. Leurs trois camarades de chambrée étaient déjà là, prête à aller se coucher et bavardant joyeusement sur le lit de Rosier. Quelques minutes plus tard, les cinq jeunes filles avaient éteint les lumières pour se laisser tomber dans un sommeil profond.

Le lendemain, les Serpentards n'avaient que soins aux créatures magiques qu'ils avaient en commun avec les Gryffondors, et sortilèges. Andromeda quitta Myriam et se dirigea vers la bibliothèque. Aujourd'hui, elle allait se replonger dans ses cours de sortilèges, puisque le jour précédent, elle n'avait pas réussi à se concentrer dessus. Tonks n'était pas encore arrivé. Elle s'installa à sa place habituelle, mais à peine une minute plus tard, deux Serpentards de troisième année arrivèrent et s'assirent à la table. Andromeda soupira et leur intima l'ordre de dégager d'ici, puisqu'il restait des places ailleurs. Les verts et argents ne tentèrent même pas d'argumenter pour rester à cette table et partirent sans demander leur reste, juste au moment où Tonks arrivait. Il les regarda s'éloigner, attendit qu'ils soient hors de portée puis alla s'asseoir à sa place.

- Qu'est-ce que tu leur as fait, à ces pauvres serpents ?

- Rien du tout. Je leur ai juste dit que je n'avais pas envie de voir leur têtes pendant mes révisions.

- Avec toute la délicatesse dont tu sais faire preuve, apparemment.

- Exactement.

Elle lui fit un sourire de garce auquel il répondit par un air de reproche, puis il sortit un livre de son sac. Un coup d'œil suffit à Andromeda pour reconnaître le livre qu'il lisait le jour précédent.

- Tu ne révises pas ?

- Non. Je préfère réviser le soir dans le dortoir. Là, j'apaise mon esprit.

Andromeda se concentra sur ses cours. Mais son regard était sans cesse attiré par le livre que tenait le Poufsouffle entre ses mains. Elle ne pouvait même pas se l'avouer à elle-même, mais elle était très intéressée par la lecture du garçon. Sur la couverture, elle pouvait voir un homme qui devait être un géant puisqu'il dépassait les maisons dessinées autour de lui. Ce géant était cependant habillé d'une façon qu'elle ne connaissait absolument pas, et en fouillant dans sa mémoire, elle comprit que ses vêtements devaient dater d'une époque ancienne. Elle en avait déjà vu dans des livres d'histoire, maintenant qu'elle s'en rappelait.

- Tu veux savoir ce que c'est ? lui demanda Tonks, ayant remarqué ses regards intensifs vers son bouquin, la tirant brusquement de ses pensées.

- Hein… ? oh, non, pas du tout. C'est un livre moldu, alors non.

Le garçon réprima un sourire et se replongea dans sa lecture. La jeune fille voulut l'imiter, mais son esprit en avait décidé autrement. Elle pouvait bien dire ce qu'elle voulait, la curiosité était trop forte et ses yeux dérivaient tout seuls vers le livre, encore et encore. Elle observa Tonks et fut rassurée de voir qu'il ne faisait pas du tout attention à elle, trop captivé par ce qu'il lisait. Alors, elle se pencha doucement tout en gardant un œil sur le Poufsouffle pour éviter qu'il ne la voit faire. Elle tenta de lire le titre du livre, mais il était écrit trop petit et elle dut se pencher encore un peu plus.

- Les voyages de Gulliver.

Elle sursauta brusquement et se tint au rebord de la table pour ne pas tomber. Lorsqu'elle fut à nouveau assise confortablement sur sa chaise, elle lança un regard noir Tonks, qui lui, souriait, moqueur.

- Quoi ? demanda-t-elle sèchement.

- Tu semblais essayer de lire le titre de mon livre.

- Pas du tout. J'essayais… j'étais en train de ramasser ma plume.

- Elle est sur la table depuis tout à l'heure et n'y a pas bougé.

- Je croyais l'avoir fait tomber et je la cherchais par terre.

- En ne quittant pas mon livre des yeux ?

- Oui… oh, et puis, tais toi. Je n'ai pas de comptes à te rendre.

Tonks ne put s'empêcher de rire, mais un « chut » sévère de Mrs Pince le calma instantanément. Il se pencha vers la Serpentarde.

- Le titre du livre, c'est Les Voyages de Gulliver, et c'est de Jonathan Swift.

- Ah… mais je croyais t'avoir dit que ça ne m'intéressait pas ?

- Tes yeux disent le contraire.

- Voyez-vous ça. Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Ils n'arrivent pas à se détacher de mon livre et ils brillent.

- Ça ne veut rien dire du tout.

- Si tu le dis…

Il reprit sa lecture. Au bout de quelques secondes, la Serpentarde rompit à nouveau le silence qui s'était installé.

- Euh… Tonks…

Il releva les yeux.

- Et… ça raconte quoi ?

Un large sourire s'afficha sur les lèvres du garçon en voyant la jeune fille s'intéresser à quelque chose qui touchait les Moldus.

- C'est un roman qui a été écrit en 1721...

- Il y a si longtemps ?

- Oui. Jonathan Swift y fait une critique satirique de la société anglaise et de sa politique. C'est un roman fantastique. Ça raconte les aventures d'un chirurgien britannique, Lemuel Gulliver, après le naufrage de son navire.

- Un chirurgien ?

- Oui, c'est une sorte de… guérisseur, chez les Moldus.

- Ah… et il lui arrive quoi, comme aventures ?

Et Tonks lui raconta dans de brefs détails les aventures de Gulliver sur l'île de Lilliput, de Brobdingnag, de Laputa et de Houyhnhnms. Il lui expliqua quelles critiques Swift y faisait, et Andromeda l'écouta sans l'interrompre, buvant chacune de ses paroles. Lorsqu'il eut fini de résumer le livre, elle était encore avide de connaissances sur Gulliver et ses voyages, ainsi que sur les critiques de Swift. (note de l'auteur : si vous n'avez pas lu le livre, je ne peux rien faire pour vous ! heureusement que wikipedia existe... lol)

- Si tu veux, dès que j'ai fini de le lire, je te le prête, proposa Tonks.

- Euh… ce serait avec plaisir, mais…

- Tu n'as que le lire en cachette. En faisant attention, personne ne s'en rendra compte.

Elle hésita encore, mais la curiosité étant plus forte, elle finit par accepter. Tonks se replongea dans sa lecture et la jeune fille se concentra réellement sur ses cours. Le Poufsouffle était vraiment ravi de voir l'intérêt que portait la Serpentarde à un livre moldu. Elle acceptait enfin de franchir un nouveau cap, celui de s'intéresser à tout ce qui n'était pas sorcier, d'apprendre à connaître tout ce qui touchait la culture moldue. Et par la même occasion, accepter le fait que tout ce qu'on lui avait appris jusqu'à présent n'était pas forcément la vérité. Tonks ne se faisait pas d'idée, il y avait encore du chemin pour qu'Andromeda rejette tous les préjugés qu'on lui avait inculqué, mais il ne désespérait pas. Il savait qu'un jour ou l'autre, elle comprendrait que ce n'était pas la réalité. Il sourit. Jamais il n'aurait cru qu'il aurait finalement réussi à se rapprocher de la jeune fille.