Hey tout le monde !!
Voilà le chapitre 6... enfin ! désolée du retard, mais ne vous inquiétez pas, j'ai retrouvé un peu d'inspiration pour cette histoire... et comme j'ai réussi mon année, je suis en vacances !!
Bonne Lecture !
Chapitre 6
Andromeda soupira pour la énième fois. Myriam lui lança un regard agacé avant de se replonger dans ses parchemins. Les deux jeunes filles étaient dans leur salle commune, travaillant, ou du moins essayant de travailler. L'une ne pensait qu'à un certain Serpentard qui mettait en péril sa petite vie plus ou moins tranquille, l'autre à comment fracasser la tête de la première pour qu'elle se décide enfin à sortir de sa petite bulle de protection. Et les soupires de la brune ne faisaient rien pour calmer les envies de meurtre de la blonde.
Andromeda soupira une nouvelle fois, plus discrètement, mais cela n'échappa pas à Myriam qui jura.
- Bon sang, Black, tu soupires encore une fois, et je te promets que tu n'auras plus à te soucier de Belveder !
- Merci de ta compassion, Hales. Ça fait vraiment du bien de se sentir soutenue.
- Je t'ai déjà dit tout ce que je pensais de cette histoire ! ce n'est quand même pas ma faute si tu refuses de me donner raison !
- Mais tu n'as pas raison !
- Black, je crois que c'est inutile de revenir là-dessus. Tant que tu refuseras de te nettoyer les oreilles, je préfère éviter de gaspiller ma salive.
- Tant mieux. Parce que j'en ai assez de t'entendre dire la même chose à chaque fois qu'on évoque ce sujet.
- Ah, parce que tu m'entends quand même ? impressionnant ! j'aurais plutôt dit le contraire, mais bon…
- Myriam, tais toi.
- Tu m'exaspères, Andromeda. Sérieusement, je te croyais plus maligne que ça.
Myriam se leva et quitta la salle commune sous les regards effarés et effrayés des autres élèves qui se trouvaient présents. Cela faisait à présent deux semaines que les disputes entre les deux jeunes filles étaient devenues habituelles. Personne ne savait pourquoi, mais personne ne s'était risqué non plus à demander à l'une des deux ce qui se passait. Ils se contentaient d'observer en silence, tentant de rester le plus discret possible pour éviter qu'elles ne rejettent leur colère sur eux.
Andromeda poussa un profond soupir et rangea ses affaires. Ça ne servait à rien de rester ici, elle n'arrivait pas à se concentrer sur ses cours, et les regards curieux et inquiets des autres élèves la dérangeaient beaucoup.
- Eh bien, on dirait que vous vous êtes encore disputées, avec la traîtresse à son sang.
La jeune Serpentard sursauta et se tourna brusquement pour voir Lucius Malefoy penché vers elle avec un petit sourire narquois sur le visage.
- Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ?
- Rien en particulier.
Il alla s'asseoir sur le fauteuil en face de celui et la jeune fille et l'observa en silence.
- Quoi ? s'énerva Andromeda.
- Pourquoi vous vous disputez autant, avec l'autre blondasse ?
- En quoi ça te regarde ?
- En rien, je dois l'avouer. Mais je trouve ça étrange… amusant, aussi, très amusant.
- Tu m'excuseras, Malefoy, mais j'ai autre chose à faire que de t'écouter.
- Comme quoi ? aller bavarder chiffons avec la traîtresse à son sang ?
- Elle s'appelle Myriam Hales, Malefoy. Fais un peu l'effort de se souvenir de son nom, ce n'est pas quelque chose de très compliqué, je pense, même pour toi.
- Et puis quoi encore, pourquoi je me souviendrais du nom d'une traîtresse à son sang ?
- Tu es exaspérant, Malefoy. Vraiment.
- Tu devrais éviter de prendre la défense des gens comme Hales, Black. Surtout avec ce qui se prépare.
- Hein ? de quoi tu veux parler ?
- Tu verras, Black. Tu verras. Mais je suis étonné de voir que tu n'en as déjà pas entendu parler dans ta famille.
Sur ces derniers mots, le Serpentard se leva et quitta la salle commune avec l'allure aristocratique héritée de sa famille. Andromeda termina de ranger ses affaires, repensant à ce que venait de dire le garçon. Que voulait-il dire par là ? Qu'est-ce qui était en train de se préparer ? Est-ce qu'il aurait discuté avec Belveder ? Non, impossible. Malefoy n'était pas proche de Belveder. Leurs familles n'avaient pas les mêmes réputations et il n'y avait rien de plus important aux yeux de Lucius Malefoy que la réputation.
Andromeda se leva, alla poser son sac dans le dortoir et quitta les quartiers des Serpentards. Elle erra à travers les couloirs, s'arrêtant quelquefois pour observer des élèves de première année qui avaient encore du mal à trouver leur chemin. La Serpentard repensa à sa propre première année. Elle était encore plus renfermée, ne parlant quasiment à personne et faisant de son mieux pour progresser le plus rapidement possible. A l'époque, les autres élèves disaient d'elle qu'elle était prétentieuse et froide, alors qu'en réalité elle ne savait tout simplement pas comment s'adresser aux autres et avait peur de faire honte à sa famille. Myriam n'était pas différente des autres vis-à-vis d'elle, sauf qu'elle aussi n'avait pas d'amis, même s'il était courant de la voir discuter avec quelqu'un d'une autre maison. Mais avec Andromeda, elle se montrait arrogante, méchante, parce qu'elle n'aimait pas les Blacks. C'était en deuxième année qu'elles ont commencé à apprendre à se connaître, lorsqu'un jour en Botanique, elles avaient du se mettre en binôme. Au fur et à mesure, Myriam avait découvert la véritable personnalité d'Andromeda et qu'elle ne devait pas se fier à son nom, tandis que la jeune Black avait appris à s'ouvrir un peu plus aux autres sans craindre sans cesse de salir le nom de sa famille. Depuis, elles étaient toujours restées ensembles, emmerdant ceux que ça dérangeait.
Andromeda s'appuya contre le mur et essuya les fines larmes qui venaient de perler au bord de ses yeux. C'était la première fois qu'elle se disputait ainsi avec Myriam, et elle avait la désagréable impression d'être retournée quatre ans en arrière. Elle se sentait idiote de pleurer pour ça, mais la situation était telle qu'elle n'arrivait plus à arrêter ses larmes.
- Eh bien, ça ne va pas ?
Andromeda sursauta et s'apprêta à envoyer promener son interlocuteur lorsqu'elle réalisa qu'il s'agissait du Préfet-en-Chef.
- Loversen…
- Moi-même. Alors, c'est quoi, ce gros chagrin ?
- Rien… rien du tout.
- Bien sûr. C'est quelqu'un qui a du te lancer un sort, c'est ça ?
- Oui… oui, c'est exactement ça.
- Et le pire, c'est que tu t'imagines vraiment que je vais y croire.
- …
Le Serpentard éclata de rire et donna une tape sur l'épaule d'Andromeda.
- Allez, viens, tu vas me raconter tout ça, hein ?
- Euh… d'accord.
Après tout, il était déjà au courant pour Tonks. Le Préfet-en-Chef l'emmena dehors, jusqu'au parc. Les élèves qui étaient déjà installés les observèrent passer en silence. Loversen s'arrêta brusquement, et Andromeda, qui marchait derrière lui, faillit lui rentrer dedans.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Attends deux secondes.
Il s'avança vers un jeune Serdaigle qui pleurnichait, tenant dans sa main une plume cassée. En voyant le Serpentard qui s'approchait de lui, il pâlit et fit un pas en arrière.
- Eh bien, eh bien, dit Loversen, un sourire qui se voulait rassurant aux lèvres. Pourquoi tu pleures comme ça, toi ?
- Je… je…
- Tu tu quoi ?
- Je… je me suis perdu…
- Et c'est pour ça que tu pleures ? mon grand, regarde autour de toi, il y a assez d'élèves à qui tu peux demander ton chemin, tu ne crois pas ?
- Mais… c'est ce que j'ai fait… mais…
- Allez, arrête de pleurer trente secondes, et dis moi ce qui ne va pas.
Le Serdaigle écarquilla les yeux, surpris.
- Bah quoi ? je suis Préfet-en-Chef, quand même, fit Loversen, légèrement vexé par cette réaction – et probablement très amusé aussi.
- Je… j'ai demandé mon chemin à trois Serpentards…
- Ah ? et qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? ils t'ont mangé ?
Tout en sanglotant, le jeune garçon montra sa plume cassée et ses livres qui gisaient au sol.
- Je vois, murmura le Préfet.
Il tapota gentiment la tête du Serdaigle.
- Dis moi, quel est ton nom ?
- Jo… Joseph Norman.
Un né-moldu, conclut immédiatement Andromeda. Elle comprenait mieux ce qui avait du se passer.
- Tu serais capable de reconnaître ceux qui t'ont fait ça ?
Joseph eut soudain l'air paniqué.
- Eh, il faut bien qu'ils soient punis. Tu ne crois pas ?
- Non… non, ça ira. Ce n'est qu'une plume…
- Bon, écoute, mon grand. Dis moi juste qui ils sont, mais je te promets de ne rien faire. Juste histoire que je puisse les surveiller. Ça marche comme ça ?
Le Serdaigle hocha la tête, puis il leur montra les trois Serpentards en question qui étaient assis dans l'herbe plus loin, en train de bavarder en riant.
- Pat Wardock, Melman Pritchard et Willard Bletchley, de quatrième année. Okay, je les tiens à l'oeil. Alors, dis-moi, où tu voulais te rendre à la base ? à la bibliothèque ?
- La bibliothèque… ?
- Loversen… soupira Andromeda.
- Ah oui, c'est vrai, il doit déjà savoir où elle se trouve.
- Mais comment fais-tu pour être aussi sympa et l'instant d'après aussi exaspérant ?
- Je t'exaspère, Black ?
- Demande ça à lui plutôt.
- Je t'exaspère, petit ?
- Je préférerais quand vous m'appelez mon grand…
- Ah ? tiens, il a du répondant. Je l'aurais jamais cru.
- Loversen, tu es venu pour l'aider ou pour le rabaisser ?
- Je n'ai pas l'impression de le rabaisser. Je te rabaisse, là ?
- Euh non…
- Ah, tu vois.
Andromeda soupira.
- Bon, Norman, où voulais-tu aller ? demanda-t-elle au Serdaigle.
- Eh, Black, c'est mon devoir que tu me piques, là !
- Tu mets trop de temps à l'exécuter.
- Comment oses-tu… ?
- Norman, alors, tu réponds ?
- Euh oui… je voulais…
- Pourquoi tu l'agresses comme ça ?
- Mais tais-toi, il allait répondre !
- Eh, me crie pas dessus !
- Norman, dépêche toi, réponds.
- Arrête, tu le terrorises.
- Mais tu vas te taire, stupide Préfet-en-Chef ?
- Ne traite pas le Préfet-en-Chef de stupide !
Tous les élèves s'étaient tus et observaient la scène avec attention, la plupart en ricanant. Les trois Serpentards qui avaient agressé Norman s'éloignèrent au plus vite après avoir reconnu le Préfet-en-Chef, voulant éviter d'avoir des ennuis.
- Je crois qu'on s'est fait remarquer, dit Loversen sur le ton de la confidence.
- Non, tu crois ? mais à quoi vas-tu ça ?
- Quel sarcasme, Black. Je t'ai déjà dit que c'était ce que j'adorais chez toi ?
- Non, et je crois que je n'aurais jamais voulu le savoir.
- Dites… j'aimerais bien me rendre au bureau du professeur McGonagall.
- Ah, c'est là que tu dois te rendre ? demande plutôt ça à des Gryffondors… eh, vous deux, là, les Gryffis !
- Loversen, me dis pas que tu ignores où se trouve le bureau de McGonagall.
- C'est pas ça, c'est juste que je préfère éviter de m'y rendre.
Les deux Gryffondors s'étaient approchés, méfiants, mais quand Loversen leur demanda s'ils pouvaient emmener le jeune Serdaigle au bureau de leur directrice de maison, ils acceptèrent immédiatement avec le sourire. Tandis qu'ils s'éloignaient, le Préfet-en-Chef se pencha vers Andromeda.
- Tu vois ? en plus, ils adorent rendre service, ces Gryffis.
Andromeda ne répondit pas. Loversen se dirigea à l'écart, et la jeune fille le suivit sans trop se rendre compte. Le garçon s'assit et invita sa camarade à faire de même.
- Alors… raconte moi ce qui ne va pas.
Et elle se mit à tout lui raconter. Loversen écouta sans l'interrompre, avec un air sérieux qui lui allait très bien, se surprit à penser la Serpentard. Lorsqu'elle eut fini, le garçon poussa un profond soupir en s'allongeant dans l'herbe, mais n'ouvrit pas la bouche. Andromeda le fixa, légèrement perplexe.
- Alors ?
- Alors quoi ?
- C'est comme ça que tu comptes m'aider ?
- Pourquoi j'en prendrais la peine ?
- Tu me fais perdre mon temps… grommela la jeune fille en faisant mine de se lever.
- Je n'ai besoin d'essayer de t'aider, tu as déjà Hales.
Andromeda se rassit, le visage à présent maussade.
- Tu fais erreur. Je t'ai dit qu'on s'était disputée.
- Les disputes des filles sont comme une part de gâteau. Elles ne font jamais long feu.
- Sympa, comme comparaison…
- Et puis, tu sais, je suis plutôt d'accord avec Hales. Alors, pourquoi je te répondrais la même chose ?
- Hein… ?
- Elle a raison. Si tu es si bien en compagnie de Tonks, je ne vois pas pourquoi tu devrais laisser Belveder se mettre en travers de votre chemin. Il peut parler, mais sa famille n'a aucune influence sur les autres. Même si ça fera du tort aux Blacks, cette histoire, ils s'en sortiront quand même.
- Oui, en me répudiant.
- C'est un risque que tu connaissais en commençant à traîner avec Tonks, n'est-ce pas ? donc je ne vois pas pourquoi tu te prends autant la tête. Et puis, je ne pense pas qu'ils iront jusque là. A part évidemment si tu leur annonces que tu veux te marier avec lui…
- Ne dis pas n'importe quoi.
- C'était juste un exemple…
- Je ne suis pas amoureuse de lui.
- Oui, oui, Okay, je n'ai rien dit de tel.
Andromeda soupira et s'allongea à son tour dans l'herbe, les yeux fixant le ciel. Ils ne dirent plus rien pendant quelques minutes, puis Loversen reprit la parole.
- C'est quand même bizarre, que Belveder ait soudain décidé de te pourrir la vie comme ça. Et pourquoi il en veut tellement aux Black ?
- Il a dit qu'il ne supportait pas notre arrogance, entre autre…
- Je pense surtout qu'il est jaloux de votre réputation. Tu sais, il y a très longtemps, les Belveder étaient très respectés dans la communauté sorcière. D'après ce que je sais, leur réputation a pris un sacré coup après une certaine histoire.
- Une histoire ?
- Je ne connais pas tout. L'affaire a été étouffée. Peut-être que vous devriez chercher quelque chose sur ça. Qui sait, ça pourrait vous être utile contre Belveder.
- Oui… c'est une idée…
- Bon, va falloir que je te laisse, dit le Préfet-en-Chef en se levant.
- Eh, Loversen… je me pose cette question depuis un moment… pourquoi ton père est venu en Angleterre pour être Auror ? il ne pouvait pas le faire aux Etats-Unis ?
Il ricana.
- Mon père est Anglais. Il a étudié les espèces animales aux Etats-Unis à la fin de sa scolarité à Poudlard, puis il est revenu en Angleterre pour devenir Auror. Donc, non, je n'ai rien à voir avec les Etats-Unis, j'y vais juste pendant les vacances… et encore !
- Mais alors, pourquoi on dit que tu viens d'une très grande famille de sang-purs américaine ?
- Ça… c'est plutôt amusant, en fait. Quand j'étais en deuxième année, j'étais amoureux d'une fille qui était de deux ans de plus que moi. Quand elle a su que mon père avait étudié aux Etats-Unis, elle en a conclu qu'il était américain. Comme ça avait l'air de lui plaire, je n'ai pas démenti.
- J'hallucine…
- Tu n'as pas idée à quel point les filles sont intéressées quand il s'agit des Etats-Unis. J'ignore pourquoi, mais apparemment, elles sont plutôt intriguées par les Américains.
- Vraiment, j'hallucine… tu es pas croyable.
- Merci.
Il lui fit un signe de la main puis s'éloigna, la laissant seule. Andromeda resta allongée dans l'herbe, puis décida enfin de se lever pour aller au repas. Myriam était déjà installée, silencieuse et apparemment assez morose pour repousser tous les élèves qui évitaient de s'asseoir trop près d'elle. Prenant son courage à deux mains, la jeune fille alla prendre place à côte de son amie, qui ne leva pas un seul regard vers elle. Le repas avait déjà commencé depuis dix minutes quand Andromeda se décida à parler.
- Myriam, je suis désolée. Je… j'ai tellement peur d'avoir des problèmes avec ma famille.
- Je comprends.
- J'ai parlé à Loversen, et il m'a dit qu'il était d'accord avec toi…
- Et c'est parce que Loversen a dit ça que tu as finalement compris ?
- Un peu…
Silence.
- Myriam… il m'a raconté qu'il y a très longtemps, les Belveder étaient aussi respectés que les Blacks. Mais il s'est passé quelque chose, et après leur réputation est allée au plus bas. Loversen m'a dit qu'on devrait peut-être chercher ce qui est arrivé.
- Il pense que ça peut avoir un rapport avec sa haine envers les Blacks ?
- Il ne m'a pas dit ça, mais… c'est sans doute possible.
Myriam but son verre d'un trait puis se tourna vers son amie en souriant.
- Andro, je suis contente que tu sois redevenue toi-même.
- Ah… ?
- Et ne t'inquiète pas. On a déjà commencé les recherches.
- On ?
- Tonks, Matthews et moi. Tonks est venu me voir il y un peu plus d'une semaine, il voulait savoir ce qui se passait. On a alors décidé de chercher à comprendre pourquoi Belveder en voulait tellement à ta famille.
- Tonks… ?
- Pourquoi crois-tu qu'il n'a jamais essayé de venir te parler depuis ces derniers jours ?
Andromeda resta sans voix. Alors, en réalité, pendant qu'elles se disputaient, Myriam cherchait à découvrir ce que cachait Belveder pour l'aider ? Et Tonks et Matthews participaient à ses recherches ? Elle n'arrivait pas à y croire. Elle eut soudain envie de prendre la jeune blonde dans ses bras et de la serrer très fort, mais elle se retint de peu. Elle n'avait pas vraiment envie de se faire voir par tous les élèves… elle le ferait peut-être plus tard.
Le repas fini, Myriam et Andromeda allèrent s'installer à l'écart dans la salle commune de Serpentard, et la jeune blonde commença à raconter à son amie ce qu'elle et ses acolytes avaient découvert. Elle lui révéla que dans les années 20, le fils aîné de la famille Belveder, Wyatt, avait été fiancé à une jeune fille venant d'une très grande famille de sorciers. Cependant, le mariage avait annulé par le jeune homme pour une raison inconnue, et c'était à partir de ce moment que l'on n'avait quasiment cessé de parler des Belveder. Aucun bouquin ne mentionnait cette famille, même les plus anciens, comme si leur existence avait été supprimée de toute trace écrite. Il semblait même que les Belveder avaient quitté le pays pendant des années, et étaient revenus vers les années 60. Tonks avait cherché dans les archives de l'école, et il n'y avait eu aucun Belveder entre 1922 et 1964, la dernière à avoir quitté Poudlard était Sandra Belveder, et celui à être arrivé en 1964 étant leur camarade de classe. Myriam soupira en disant que depuis plusieurs jours, ils tournaient en rond. Tonks avait suggéré que Wyatt Belveder avait été marié à quelqu'un de la famille Black, et que cette dernière n'avait pas apprécié de le voir annuler le mariage, ce qui pourrait expliquer pourquoi la réputation des Belveder avait été détruite et pourquoi Terry leur en voulait. Mais il ne comprenait pas pourquoi les Blacks auraient pu être aussi furieux de l'annulation de ce mariage, car après tout, les Belveders n'étaient pas une famille très puissante, ni très riche, même s'ils avaient bonne réputation. Il avait dû se passer autre chose pour que l'existence des Belveders soit à ce point effacée.
- Bref, là, on ne sait plus où chercher, conclut Myriam.
- Il doit forcément y avoir des traces quelque part. Une famille ne peut quand même disparaître comme ça.
- Le mieux serait d'aller carrément questionner Belveder, mais ça m'étonnerait qu'il nous fournisse les réponses que l'on recherche.
- Peut-être que l'on devrait demander à quelqu'un qui connaît bien Belveder. Mais j'ai plutôt l'impression que personne ne sait grand-chose sur lui…
- Lestrange !
- Pourquoi tu le ramènes dans la conversation, celui-là ?
- Réfléchis, Andro. Il est toujours avec Belveder. Si quelqu'un doit savoir des choses sur cet emmerdeur, c'est bien lui.
- Je ne pense pas qu'ils sont du genre à se raconter des petits secrets au coin du feu.
- Non, mais il doit bien savoir quelques petits trucs qui nous seront utiles. Depuis le temps qu'ils traînent ensemble, ils doivent bien avoir découvert certains secrets l'un sur l'autre.
- Sincèrement, j'ai des doutes…
- Andro, tu crois que je n'ai pas compris ce que tu cherches à faire ? tu as parfaitement deviné le plan que j'ai élaboré dans ma tête, et tu le refuses car ça signifie qu'il faut que tu ailles faire du rentre-dedans à Lestrange.
- Tout le monde avec un organisme normalement constitué refuserait ce plan. On parle de Lestrange, quand même.
- C'est dingue, quand même, dès qu'il s'agit de lui, tu deviens vraiment mauvaise.
- Ça fait six ans qu'il me colle, persuadé que je suis la femme de sa vie. Faut pas trop m'en demander, quand même !
- Allez, Andro, tu sais que c'est la seule façon pour avoir des renseignements.
- Mais pourquoi moi ?
- Tu l'as dit, pourquoi. Il est à fond sur toi.
- Mais je n'arrête pas de le jeter depuis six ans. Ça va faire bizarre, si soudainement je me mets à le draguer.
- Ça fait six ans que tu le jettes, mais ça fait aussi six ans qu'il n'a pas l'air de s'en rendre compte. Je te parie tout ce que tu veux qu'il va même pas se poser de questions.
Andromeda soupira, mais était bien forcée de donner raison à son amie. Tout en chuchotant, elles élaborèrent un plan qu'elles terminèrent dans le dortoir tandis que les autres filles se changeaient.
Le lendemain, lorsque les cours furent finis, Myriam traîna Andromeda jusqu'à la bibliothèque. Elle y avait rendez-vous avec Tonks et Matthews, et elle tenait absolument que son amie vienne avec eux, cependant la jeune brune hésitait énormément, ne sachant pas comment réagir face aux deux Poufsouffles, alors que ça faisait deux semaines qu'elle ignorait. Elles arrivèrent tout de même à la bibliothèque et partirent directement vers la petite table isolée. Tonks et Matthews étaient déjà là, plongés dans des livres. Ils eurent l'air surpris de voir Andromeda, puis le sorcier d'origine moldue sourit.
- Black, ça fait plaisir de te revoir.
- Ah… euh… merci…
Elle se sentait horriblement gênée. Elle savait qu'elle devait les remercier pour avoir fait ces recherches pour elle, alors qu'elle ne leur avait plus adressé la parole de son côté, mais c'était tout simplement impossible. Elle n'arrivait même pas à leur dire que ça lui faisait également possible d'être là, à nouveau avec eux. Heureusement, ils ne le lui demandèrent pas, Myriam s'installant confortablement en leur demandant s'ils avaient trouvé quelque chose d'intéressant. Andromeda l'imita, encore gênée et ayant l'impression de s'incruster. Tonks répondit qu'ils n'avaient absolument rien trouvé d'intéressant, qu'ils devraient peut-être demander une autorisation pour aller voir ce qu'il y avait dans la réserve, mais Matthews répliqua qu'ils n'auraient jamais cette autorisation, puisqu'il s'agissait de recherches personnelles qui n'avaient rien à voir avec le programme de l'année. Myriam leur exposa alors le plan qu'elles avaient mis au point le soir précédent, et à la grande détresse d'Andromeda, ils le trouvèrent génial. Elle n'avait donc pas le choix, elle allait devoir draguer Rabastan Lestrange et lui soutirer des informations sur son camarade…
Ils décidèrent de partir immédiatement à sa recherche, et ils n'eurent aucun mal à le trouver, car comme l'avait deviné Myriam, il était au terrain de Quidditch à s'entraîner. Cela faisait cinq ans qu'il essayait d'entrer dans l'équipe, mais les joueurs n'avaient jamais voulu de lui. Il était dangereux pour les adversaire, c'était une bonne chose pour leur équipe, cependant il l'était aussi pour ses partenaires, si bien que la plupart pensait qu'il valait mieux avoir quelqu'un comme Lestrange dans l'équipe adverse plutôt que dans la sienne.
Myriam, Tonks et Matthews allèrent se cacher dans le vestiaire, tandis qu'Andromeda 'était avancée vers le terrain et faisait un signe de la main à Lestrange pour qu'il revienne sur terre. Par chance, Belveder n'était pas dans les parages. Tout le monde savait qu'il détestait le Quidditch, et c'était une bonne chose pour que le plan se déroule comme prévu. Lestrange se posa à côté d'Andromeda, un large sourire aux lèvres.
- Que veux-tu ? tu es venue me voir jouer ?
- Euh, oui… enfin, non, j'aimerais te parler, si c'est possible.
Elle essaya de prendre un air timide, mais c'était plus dur que ce qu'elle avait imaginé. Néanmoins, elle parvint à lui faire un petit sourire gêné, ce qui parut suffire au jeune garçon. Pour plus de tranquillité, elle lui proposa de venir discuter à l'intérieur des vestiaires, ne voulant pas risquer de se faire entendre, car c'était privé. Il accepte avec joie et entraîne la jeune fille dans les vestiaires, en vérifiant qu'il n'y a personne avant. Ce qu'il ignorait, c'était que Myriam, Tonks et Matthews étaient cachés dans la douche d'à côté.
Andromeda s'assit sur l'un des bancs et Lestrange l'imita, le visage toujours fendu par un large sourire. La jeune fille se demanda comment elle allait pouvoir aborder le sujet sur Belveder, mais rien ne lui venait à l'esprit, et elle fut soulagée quand son camarade prit la parole en premier.
- On joue contre les Poufsouffles dans trois semaines. Je pense que l'on a toutes nos chances, mais comme nous l'a fait remarqué Pucey, il ne faut pas que nous soyons trop sûrs de nous.
- Tu vas jouer, toi aussi ? demanda avec étonnement Andromeda.
Il eut soudain l'air mal à l'aise.
- Non… mais je suis remplaçant…
- Ah… c'est déjà bien, non ?
Elle ne se trouva pas convaincante du tout.
- Oui, tu as raison, dit Lestrange en retrouvant le sourire. Si tu es avec moi, de toute façon, je suis sûr que je jouerai bientôt !
- Oui, j'en suis sûre, se força-t-elle à répondre en souriant.
- En fait… que voulais-tu me dire ?
- Eh bien… c'est juste…
« Je ne peux pas lui parler de Belveder tout de suite, il trouverait ça louche… enfin, peut-être pas, mais il n'est quand même pas si con que ça… » pensa-t-elle.
- Rabastan…
Le garçon eut l'air surpris d'entendre la jeune fille l'appeler par son prénom, tandis qu'elle grimaçait intérieurement.
- Je voulais savoir… tu m'aimes vraiment tant que ça ?
- Hein ?
- C'est juste… que depuis qu'on est entré à Poudlard, tu n'arrêtes pas de venir me voir, me parler… moi, je ne me suis jamais préoccupée de tout ça, mais Myriam m'a dit que je devrais faire plus attention à ceux qui m'entourent, alors… je voulais savoir…
- Si je t'aime ?
- Oui… entre autre.
- Eh bien…
Il se gratta la tête. Quoi, il n'allait quand même pas lui répondre que non, à présent ?
- Ce n'est pas vraiment de l'amour… c'est juste que… je t'imagine très bien étant ma femme.
Andromeda crut qu'elle allait lui attraper la tête et la fracasser contre le mur. Elle entendit des ricanements étouffés provenant de la douche, mais heureusement, Lestrange ne parut pas s'en rendre compte, trop gêné par ce qu'il venait d'avouer.
La Serpentard déglutit avec peine.
- Et… tu… tu penses ça depuis notre première année ?
- Bah… oui… pas toi ?
- Non, moi, à onze ans, je ne pense pas encore au mariage !
- Mais maintenant, tu en as seize… tu pourrais peut-être y penser ?
- Je…
- Tu sais, j'en ai souvent parlé à mes parents. Ils sont ravis à l'idée que je puisse épouser une Black.
- Tu vas épouser quoi, moi ou mon nom ?
Lestrange fut surpris du changement de ton de la jeune fille qui se gifla mentalement. Elle était en train de tout foutre en l'air… mais c'était plus fort qu'elle, elle ne supportait pas Lestrange parler d'elle comme de sa future femme.
- Ecoute, Lestrange…
- Tu peux m'appeler Rabastan.
- Lestrange… je suis… comment dire… assez émue de l'attention que tu me portes… si toutefois, nous pouvons appeler ça de l'attention… cependant… je ne veux pas encore entendre parler de mariage. Je ne veux pas qu'à seize ans, j'ai déjà un fiancé et que je sois ainsi lié à lui pour le reste de mes jours…
- Tu veux dire que tu aimerais bien sortir avec d'autres garçons ?
- Peut-être… je ne sais pas, je n'y ai jamais réfléchi. Tout ce que je cherche à te dire, c'est que je ne veux pas penser à tout ça maintenant, j'aimerais bien être libre encore pendant quelques années.
- Mais rien ne t'en empêche. On peut sortir ensemble comme n'importe qui…
- Ecoute…
- … et se marier plus tard !
Nouveaux ricanements venant de la douche. Fort heureusement, Lestrange était bien trop abasourdi pour y faire attention.
- Je ne veux pas parler de mariage ! C'est pas vrai, je venais te voir pour apprendre à te connaître un peu mieux, et voilà que tu me parles de mariage !
- Mais…
- Non, Rabastan, si tu veux, nous pouvons être amis, mais pas plus.
- Et après ?
Andromeda serra les poings.
- On verra.
Lestrange retrouva le sourire.
- D'accord. Soyons amis.
Il lui tendit la main et la jeune fille hésita à l'attraper. Si elle la serrait, cela signifierait qu'elle allait devoir le supporter encore plus que d'habitude… bon, après tout, elle n'avait qu'à se débrouiller pour le faire parler de Belveder, et ensuite, elle le jetterait comme elle l'avait toujours fait jusqu'à présent. Elle la serra donc.
- Dis moi, Rabastan…
- Oui ?
Le garçon avait placé un bras autour des épaules de la jeune fille qui eut une soudaine envie de le frapper jusqu'à ce que mort s'ensuive. Mais pour le moment, il valait mieux qu'elle tente de le garder en vie.
- Belveder… tu le connais bien ?
- Belveder ? pas vraiment, pourquoi ?
- Comment ça, pas vraiment ? vous traînez toujours ensembles, et ça depuis la première année.
- Oui, mais… tu vois, il est super discret, ce gars. Il ne dit jamais rien sur lui.
- Mais tu as quand même du apprendre quelques trucs sur lui, non ?
- Comme quoi ?
- Sur sa famille, sur… ses goûts, ses projets.
- Non, rien. C'est pas quelqu'un que tu peux lire comme dans un livre ouvert. C'est comme toi et Hales, tu ne peux pas tout savoir sur elle…
- Je connais très bien Myriam, et elle sait quasiment tout en ce qui me concerne également.
- Mais pourquoi tu t'intéresses à Belveder comme ça ?
Bon, Lestrange n'était décidément pas si con, Andromeda avait raison.
- C'est juste que…
Andromeda se demanda comment elle allait s'en sortir, lorsqu'elle eut une idée. Elle prit un air timide et gêné, avec un petit sourire aux lèvres, et baissa légèrement les yeux.
- Il m'intrigue. Il est très discret, très… mystérieux… ténébreux… tu vois, il a son petit succès avec les filles, et après tout… je suis une fille…
- Quoi ? tu… lui ?
Lestrange fronça les sourcils. S'il savait des choses compromettantes sur Belveder, il allait forcément le dire afin de faire comprendre à Andromeda qu'elle ne devrait pas s'intéresser à lui.
Ça ne rata pas.
- Andromeda, tu ne devrais pas t'approcher de lui. On ne sait pas grand-chose sur sa famille, mais crois-moi, il n'est pas si digne que ça.
- Que… que veux-tu dire ?
- Il… tu vois, il y a très longtemps, son grand-père était fiancé à une Black.
- Quoi… ?
- Ouais. Son grand-père était fiancé à Lycoris Black. Mais il a annulé le mariage, personne n'a su pourquoi, cependant une rumeur a couru comme quoi il avait trouvé quelqu'un d'autre, une fille venant d'une famille bien moins puissante que celle des Blacks. Lycoris Black ne l'a pas supporté, et elle a tout fait pour que la réputation des Belveder soit détruite. Après, les Belveders ont disparu, mais jamais personne n'a su qui était cette fille que Wyatt Belveder a épousée à la place de Lycoris Black.
- Je…
- Tu vois. On ne peut pas faire confiance à un Belveder.
- Mais… dis moi, tu en sais beaucoup, quand même…
- Ce sont mes grands-parents qui m'ont raconté ça quand ils ont su que je traînais avec lui.
Andromeda eut envie de sourire. Il était tombé dans le panneau. Il lui avait révélé l'un des chaînons manquantes à l'histoire des Belveders qu'ils avaient si ardemment recherché… cependant, même s'il leur avait permis de comprendre pourquoi Belveder en voulait aux Blacks, il ne leur avait rien raconté de bien compromettant afin de faire du chantage au garçon.
- Merci, Rabastan. Tu devrais retourner t'entraîner.
- Tu as raison. Andromeda… tu me promets que tu ne tenteras pas de… sortir avec Belveder ?
- Non.
Il lui fit un grand sourire et quitta les vestiaires précipitamment. Myriam, Tonks et Matthews sortirent alors de leur cachette.
- Bien joué, Black, s'exclama Matthews. Qui aurait su que tu savais aussi bien joué la comédie ?
- Je suis surprise moi-même, répondit la concernée.
- En tout cas, c'était une bonne idée de jouer la carte de la jalousie, dit Tonks. Lestrange est tombé dans le panneau immédiatement.
- Il est trop stupide, ajouta Myriam. Maintenant, on sait quelque chose de plus sur Belveder.
- On a la confirmation de pourquoi il en veut aux Blacks, mais c'est pas vraiment une grande nouvelle puisque Tonks l'avait deviné. En revanche, il ne nous a pas fourni quelque chose qui puisse nous permettre de faire chanter Belveder, répliqua Andromeda.
- Alors, c'était à ça que rimait toute cette comédie ?
Les quatre amis sursautèrent et se retournèrent vivement vers la porte. Terry Belveder se tenait dans l'encadrement, les bras croisés, un petit sourire aux lèvres.
