Me revoilà de vacances avec un nouveau chapitre !!!
Merci encore pour vos reviews, je vais essayer d'y répondre, mais j'oublie souvent d'écrire les réponses avant le chapitre comme ça... vraiment désolée, je vais me forcer à y penser et après ça deviendra un automatisme ! :-)
Hermy : désolée, mais non, Gemma n'a pas tapé dans l'oeil de notre cher Loversen... en revanche, notre beau Serpentard comme tu dis ne va pas rester seul encore bien longtemps ;-)
Bonne Lecture !!!
Chapitre 8
La nouvelle du pari entre Loversen et Hales avait fait le tour de Poudlard en peu de temps, et bon nombre d'élèves avaient également parié entre eux. Andromeda vit avec surprise, non seulement des Poufsouffles et des Serdaigles – ceux-ci en avaient apparemment assez des crises de colère de la Préfette – venir parler argent avec Loversen et Hales, mais aussi des Gryffondors. La Serpentard découvrit ainsi que parmi les élèves de son année, le Préfet-en-Chef avait son petit succès, et même chez les lions.
- Andro, tu peux me passer ton bouquin de sortilèges, s'il te plaît ?
- Tu n'as pas pris le tien ?
- Si, mais j'aime beaucoup utiliser ton livre, c'est pour ça que je te le demande.
- Ça va, j'ai compris, à question stupide, réponse stupide.
Andromeda lui passa son bouquin en soupirant puis se replongea dans son livre. C'était un bouquin prêté par Tonks, « Vingt mille lieux sous les mers », de Jules Vernes. Elle n'arrivait pas à s'en décrocher. Cet homme avait une imagination débordante, et quand Tonks lui avait à quelle date il avait écrit son roman, elle avait été sidérée… il existait donc tant de machines chez les Moldus à cette époque ? elle avait été encore plus surprise quand le Poufsouffle lui avait expliqué que le Nautilus était presque entièrement sorti de l'imagination de l'écrivain.
- Tiens, salut, Black.
La jeune fille sursauta et commença à cacher le livre, quand elle vit qu'il s'agissait de Loversen. Elle poussa un soupir de soulagement.
- Eh bien, je fais si peur que ça ? plaisanta le Préfet-en-Chef.
Puis il vit le bouquin que la jeune fille tenait et un grand sourire illumina son visage.
- Jules Verne ! j'adore cet auteur !
- C'est vrai ? s'étonna Andromeda.
- Non. Mais il a écrit des romans que j'aime beaucoup.
- Dans ce cas, ne dis pas que tu adoooores cet auteur.
- Je n'ai pas dit ça comme ça.
- Dites, vous deux, ça ne vous dérangerait pas de faire moins de bruit ? j'essaye de travailler, moi.
Loversen jeta un coup d'œil surpris vers Myriam, puis il regarda Andromeda qui haussa les épaules.
- Elle a décidé de faire sa sérieuse aujourd'hui. Elle s'est faite engueuler par le prof, au dernier cours, et il a titillé sa fierté.
- Je vois…
Le Serpentard sortit un bouquin de potions puis se plongea dedans. Cinq minutes plus tard, Tonks et Matthews arrivèrent en ricanant, mais s'arrêtèrent brusquement en voyant Loversen assis à leur table. Andromeda releva la tête et leur sourit.
- Ah, vous voilà.
- Salut, Black, dit Tonks en s'avançant prudemment tout en lançant des coups d'œil vers le Serpentard, imité par Matthews.
Ils s'assirent, Tonks à la droite d'Andromeda, son ami à la sienne. Loversen releva la tête et sourit aux deux nouveaux venus.
- Salut, vous deux. Ça ne vous dérange pas que je reste ici ?
- Euh, non… répondit Tonks, tandis que Matthews se contenta d'hausser les épaules.
Les élèves commencèrent à travailler chacun de leur côté, lorsque Myriam rompit le silence.
- Ouf, fini. Il était vraiment dur ce devoir, contente d'en avoir terminé.
- C'était sur quoi ? demanda distraitement le Préfet-en-Chef.
- Sur les sorts informulés. On va commencer à les travailler d'ici la fin de l'année.
- Ah, oui… vous allez en chier.
- Merci pour tes encouragements.
- Mais de rien, c'était gratuit.
Tonks et Matthews se regardèrent, étonnés. Ils savaient que Loversen venait souvent parler à leurs deux amies, et qu'il était au courant de tout les concernant, mais ça leur faisait vraiment bizarre de le voir assis à leur table, se lançant des piques avec Myriam, comme s'il avait toujours fait parti du groupe.
- En fait, où ça en est avec Glaystone ?
- Elle m'évite. Je me demande si elle a entendu parler du pari.
- Ça ne serait pas étonnant, remarqua Tonks. Presque tous les élèves en parlent.
- Tu sais, ce sont souvent les premiers concernés qui sont les derniers avertis.
- Oui, mais là, avec 280 élèves au courant, je me demande comment elle fait pour pas s'en rendre compte, répliqua Andromeda.
- Tu veux dire 279 élèves.
- Hein ?
- Eh bien, Glaystone n'est pas au courant. Donc il faut la supprimer du nombre de 280.
- Dans ce cas, tu veux dire 278, corrigea Myriam. Je ne pense pas que sa copine sache également pour le pari.
- Détrompe toi, dit Loversen en lui faisant un clin d'œil. Elle aussi a parié.
- Vraiment ? s'étonna Tonks.
- Vous savez, les Serdaigles en bavent avec Glaystone, ses crises de colère sont vraiment… terrifiantes.
- Si tu n'étais pas là, ça ne serait pas le cas, grommela Matthews.
- Probablement. Vous avez parié, vous deux ?
- Oui. J'ai parié 3 gallions qu'elle allait craquer un peu avant la fin de l'année.
- T'es un petit joueur, toi. Et toi, Matthews ?
- J'ai parié 15 gallions qu'elle allait craquer d'ici deux mois.
- Ah, ça, c'est un joueur comme je les aime. Mais deux mois, ça ne fait pas beaucoup, elle est plus coriace que ça.
- Il y a beaucoup de monde qui a parié ? demanda Andromeda.
- A part les premières et deuxièmes années, on peut dire quasiment tout le monde.
- Si elle l'apprend, là elle va craquer beaucoup plus rapidement, dit Tonks avec un petit sourire.
Loversen éclata de rire, mais fut interrompu par un « Chut ! » autoritaire de Mrs Pince. Le Préfet-en-Chef fit un clin d'œil à Tonks qui lui répondit par un grand sourire et les cinq élèves se remirent au travail. Le Serpentard fut le premier à les laisser, devant justement « aller faire semblant de pratiquer ses devoirs de Préfet-en-Chef ». Les autres quittèrent la bibliothèque un quart d'heure plus tard pour se rendre à la grande salle.
A la grande stupéfaction de Myriam et Andromeda, Belveder s'installa en face d'elles, mais seul. Pas de Lestrange dans les parages, ni de Crabbe. Myriam lança un regard noir au jeune garçon.
- Pourquoi tu viens là, toi ?
- Je me suis dit que Rabastan serait ravi que je lui garde cette place.
- T'essayes de te faire bien voir ? pourquoi, tu veux qu'il ait une dette envers toi si jamais il apprend la vérité sur ta grand-mère ?
Il ne lui répondit pas, cependant son visage se durcit et il fusilla la jeune fille du regard. Néanmoins, quand il parla, sa voix se fit sifflante.
- Je me disais que ce serait une bonne chose que de venir ici, sachant que ça ne vous enchanterait pas.
- Oh, mais pas du tout ! nous sommes ravies ! s'exclama Myriam en faisant un grand sourire.
Beleveder la fixa sans comprendre, surpris par ce changement de comportement. Même Andromeda jeta un coup d'œil sceptique vers son amie, mais celle-ci ne fit attention ni à l'un, ni à l'autre.
- Tiens, tu veux de la purée ? demanda-t-elle au Serpentard en attrapant le plat. Elle est délicieuse !
Tous les élèves se trouvant à proximité la regardaient en ricanant. Il était rare de voir Hales aussi… sociable. Et en particulier avec Belveder, alors que depuis la rentrée elle semblait prête à tout moment à lui sauter dessus.
Avant que le jeune garçon ne puisse répondre, elle lui servit une bonne cuillerée de purée. Puis elle se tourna vers son amie.
- Eh, Andro, quelle chance, tu vas avoir Lestrange à côté de toi ! et tout ça grâce à Belveder, tu te rends compte ?
- Euh, Myriam… tu nous fais quoi, là ?
- Je le mets mal à l'aise.
Elle lui fit un petit clin d'œil qui n'échappa pas du tout à Belveder. Ce dernier la regarda méchamment mais ne dit rien.
- Eh, Hales !
La jeune fille se retourna vers le garçon qui venait de l'interpeller et vit qu'il s'agissait de Malefoy. Elle poussa un profond soupir que tous purent entendre, même ceux situés à l'extrémité de la table.
- Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ?
- Alors, tu t'amuses bien avec Loversen ? faire des paris sur le dos des Serdaigles, c'est comme ça que s'amusent les traîtres à leur sang ?
- Et toi, tu t'amuses bien à martyriser les nés moldus ? et attention, pas n'importe lesquels. Les plus jeunes ! attention, hein, sinon, ce serait trop difficile !
Quelques Serpentards tentèrent d'étouffer un rire, tandis que les autres lancèrent un regard noir à la jeune fille.
- Et alors ? qu'ils soient jeunes ou pas, ça reste des sangs-de-bourbes, non ?
- Probablement, et toi, que tu sois Serpentard ou non, tu restes toujours aussi lâche.
Malefoy frappa la table de son poing, attirant sur lui l'attention des autres tables.
Quelques professeurs relevèrent également la tête vers la table des verts et argents.
- Je ne te permets pas de me traiter de lâche !
- Pourquoi ? tu n'aimes pas entendre la vérité, blondinet ?
- Ne m'appelles pas comme ça !
- Et pourquoi pas, si j'en ai envie ?
- Je ne te permets pas de m'appeler blondinet !
- Tu crois peut-être que les autres te permettent de les appeler sangs-de-bourbes ou traîtres à leur sang ?
Il y eut un grand silence dans la salle et Malefoy jeta des coups d'œil paniqués autour de lui. Il avait toujours aimé se faire bien voir par des professeurs ainsi que d'avoir plus ou moins bonne réputation auprès des autres élèves, et insultaient les nés moldus avec discrétion. Il n'y avait guère que Bellatrix Black qui osait s'en prendre à ces sorciers devant même le corps enseignant. Or, en disant cela, Myriam venait de mettre le doigt sur l'hypocrisie du quatrième année, et cela devant tout le monde.
Un tintement sur un verre fit retourner tous les élèves vers le directeur, qui s'était levé.
- Mes chers élèves, calmez-vous, s'il vous plaît. Je vous demande de terminer le repas dans le calme, et de régler vos comptes dans vos dortoirs.
McGonagall parut choquée et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais le directeur mit un doigt devant sa bouche pour lui signifier qu'elle devait se taire. La directrice des Gryffondors se renfrogna, ce qui fit sourire Andromeda. Elle avait toujours trouvé amusant le duo qu'ils formaient tous les deux.
- Bien. J'espère que nous allons pouvoir finir ce délicieux repas sans nouvel accident et autres révélations.
En disant cela, il fit un clin d'œil à Myriam, puis se rassit pour continuer de déguster ce qu'il y avait dans son assiette, et tous les élèves l'imitèrent. Malefoy, furieux, lança un dernier regard noir à la jeune fille et entreprit de l'ignorer. Myriam ricana.
- Tu as entendu la dernière remarque de Dumbledor ? demanda-t-elle à Andromeda.
- Bien sûr. Je l'ai aussi vu te faire un clin d'œil.
- En voilà un, de professeur, qui ne se laisse pas duper par ce crétin de Malefoy.
- En voilà un qui est détesté par presque tous les Serpentards à cause de son amour pour les sangs-de-bourbes et les Moldus, commenta Belveder.
- On t'emmerde, Belveder, répliqua Myriam.
- Tu as bien dit presque ? dit brusquement Andromeda. Donc tu sais qu'il y a des Serpentards qui le respectent ?
- Bien sûr, Black, qu'il y a des Serpentards qui le respectent. Même si c'est un fou, il est quand même le plus grand sorcier de notre époque. Déjà, les élèves de première année n'osent pas dire du mal de lui. Et c'est pareil pour la plupart des deuxièmes et troisièmes années. Après, dans les autres années, il y en a quand même quelques uns qui respectent Dumbledor. Même ceux qui disent du mal de lui dans son dos ne pensent pas forcément ce qu'ils racontent.
- Tu m'étonnes, là…
- Et toi ? la coupa Andromeda.
- Quoi moi ?
- Tu le respectes ? tu le détestes ? ou tu es neutre ?
- On ne peut pas être neutre dans ce genre de situation, Black, répondit le garçon avec un petit sourire.
- Bien sûr que si. Je l'ai été. Myriam, elle, elle admirait Dumbledor, alors que moi, dans ma famille, on ne disait quasiment que du mal de lui. Alors, je me suis forcée de ne jamais me faire d'opinions, ne voulant pas être influencée par n'importe quel côté et me faire ma propre opinion.
- Tu es bizarre, Black.
- Pas plus que toi. Tu détestes les Moldus et tout ce qui a un rapport avec eux, alors que tu es plutôt mal placé pour ça. Je ne te comprends vraiment pas, tu sais, rajouta-t-elle avant que le garçon ne puisse dire quelque chose. Que tu en veuilles à ma famille, c'est compréhensible, mais pourquoi tu détestes ta grand-mère ? elle n'y est pour rien. Elle n'a rien fait de mal.
Belveder la fixa sans répondre, ses yeux brillants de colère contenue. Puis il ouvrit enfin la bouche.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu dis qu'elle n'y est pour rien, mais c'est faux. Elle n'aurait jamais pu séduire mon grand-père en temps normal. Elle l'a complètement…
- Ensorcelé ? le coupa Myriam avec ironie.
- Non, rétorqua le garçon en lançant un regard noir à la jeune fille.
- Alors, elle lui a peut-être fait un philtre d'amour ?
- Bien sûr que non !
- Ah oui, c'est normal, elle est moldue… mais alors, comment elle a fait ?
- La ferme, Hales.
- Mais c'est peut-être ton grand-père qui l'a séduite, en fait ! dans un couple, ça marche à deux, après tout, dit Andromeda.
Belveder les toisa, furieux, puis se leva brusquement et partit, tandis que Lestrange arrivait. Il regarda son camarade avec étonnement et vint s'installer en face des deux jeunes filles, suivi de Crabbe.
- Qu'est-ce qui lui arrive, à Belveder ?
- Rien, répondirent en même temps les deux amies sans daigner lever les yeux vers le nouveau venu.
Lestrange préféra ne rien ajouter et commença une discussion avec Malefoy qui s'était rapproché. L'esprit d'Andromeda se concentra sur Belveder. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle pensait sans cesse à la grand-mère de celui-ci. Elle devait vraiment se sentir mal d'être ainsi détestée par son petit-fils, et la jeune fille en avait le cœur serré pour elle. Mais pourquoi ? c'était une Moldue, après tout, alors pourquoi elle compatissait ? pourquoi n'arrivait-elle pas à la chasser de son esprit ? tout ce sentimentalisme ne lui ressemblait pourtant pas… jusqu'à présent, elle ne s'intéressait jamais à ce genre d'histoires, surtout si elles concernaient des Moldus. Elle ne se préoccupait de rien ne la touchant pas directement, en réalité. Dans ce cas, pourquoi ne pouvait-elle ignorer cette femme qu'elle ne connaissait même pas ? elle aurait voulu effacer de sa mémoire tout ce qu'elle savait de Belveder, mais dans sa tête quelque chose la suppliait de ne pas oublier, comme si elle devait porter la culpabilité de ce qui était arrivé à cette pauvre grand-mère qui, après tout, avait juste choisi de vivre son amour. Elle tenta de s'obliger à penser que la victime de cette histoire était Lycoris Black, une parente à elle qui plus est, mais rien n'y fit. Elle ne parvenait pas à se défaire de cette compassion pour cette Moldue.
Andromeda sentit que quelqu'un la secouait gentiment et elle se tourna vers Myriam.
- Eh, Andro, tout le monde s'en va, là…
- Ah ?
- Mais qu'est-ce que tu faisais pendant que tous les autres mangeaient ?
- Euh… je pensais.
- Eh bien, j'espère pour toi que la pensée est très nourrissante, car il n'y a plus rien, maintenant.
Andromeda haussa les épaules et suivit son amie dans les couloirs du château. Arrivée à leur salle commune, elles virent Belveder assis sur l'un des fauteuils, perdu dans ses pensées. Andromeda s'approcha de lui malgré Myriam qui tentait de l'en empêcher en la tirant par la cape.
- Belveder… on peut parler ? dit la jeune fille en s'installant sur le fauteuil d'à côté.
Le garçon sursauta et jeta un regard furieux à la nouvelle venue.
- Non, répondit-il sèchement.
- Ecoute, j'ai besoin de parler de ça, moi… je n'arrête pas de penser à cette histoire, il faut vraiment qu'on en parle.
Belveder la fixa un instant sans rien dire, semblant réfléchir sur la proposition et sonder la sincérité de sa camarade. Puis il se leva lentement.
- D'accord, murmura-t-il. Mais pas ici.
Il remarqua enfin Myriam, debout derrière Andromeda.
- Et sans Hales, ajouta-t-il alors.
- Pas question. Je ne laisserai pas Andro seule avec toi.
- Myriam, s'il te plaît…
- Andro, il est hors de question que je te laisse partir avec lui.
- On est dans l'enceinte de l'école. Que veux-tu qu'il me fasse ?
- Beaucoup de…
- Myriam, cette affaire concerne ma famille. Alors, laisse moi régler ça.
Sans attendre de réponse de la part de son amie, Andromeda fit signe à Belveder et ils quittèrent la salle commune sous le regard furieux de Myriam.
Belveder conduit la jeune fille jusqu'à une petite salle pas loin des cachots. Il la fit entrer et referma la porte en lançant un sort d'insonorisation. Andromeda alla s'asseoir que une chaise et le garçon vint prendre place sur le bureau en face, tout en le reculant pour ne pas être trop près de sa camarade. Andromeda attendit qu'il parle le premier. Elle ne voulait pas le forcer, elle savait que ça le braquerait et qu'elle n'arriverait pas alors à en parler. Belveder fixait un point invisible au loin, sur le mur. Au bout de quelques secondes, il poussa un profond soupir et se tourna enfin vers Andromeda. Leurs regards s'accrochèrent et la jeune fille tressaillit. Une pensée envahit son esprit : et si Myriam avait raison ?
Mais elle oublia vite cette idée quand le garçon prit la parole.
- Tu sais comment mes grands-parents se sont rencontrés ?
- Non… comment je le pourrais ? jusqu'à récemment, j'ignorais l'existence de toute cette histoire.
- C'était un jour d'hiver. Mon grand-père, qui était Langue-de-Plomb, était parti à la recherche de Marius Lestrange.
- Lestrange ?
- Oui. L'oncle de Rabastan Lestrange. Il avait disparu une nuit de janvier, le sept janvier je crois. Personne ne savait où il était. Mon grand-père avait promis au père du gamin qu'il allait le retrouver. Constantinus Lestrange était son meilleur ami, tu vois…
- Alors, il est parti à se recherche…
- Oui. Une nuit, il est arrivé à une petite ferme moldue, il était épuisé alors il est allé leur demander l'hospitalité. Ils ont tout de suite accepté. Ils lui ont donné à manger, à boire, des vêtements propres et secs, et un lit où dormir. C'est là qu'il a rencontré ma grand-mère. Elle était la fille du fermier.
Belveder se tut, les yeux baissés, puis il reprit d'une voix dénuée de sentiments.
- Elle en est tombée amoureuse dès le premier regard. C'est ce qu'elle m'a toujours dit. Le lendemain, mon grand-père n'avait aucune envie de partir. Il était trop curieux de voir comment ces Moldus vivaient, alors il a demandé s'il pouvait rester quelques jours en leur compagnie. Mais il n'avait pas oublié sa promesse, et il s'éclipsait sans cesse pour aller à la recherche de Marius Lestrange. Malheureusement, quelques jours plus tard, il a fini par découvrir le corps de l'enfant dans un lac. Il avait sept ans, il ne savait pas encore pratiquer la magie. Il était tombé dans l'eau et s'était noyé. Quand mon grand-père a emmené le corps, tous se sont demandés pourquoi il ne l'avait pas découvert avant. Il n'avait alors pas osé leur avouer qu'il avait vécu parmi les Moldus pendant tout ce temps, même si, selon lui, ça n'avait en rien gêné ses recherches. Avec cette histoire, la réputation de ma famille en prenait déjà un certain coup. Et puis, un jour, Lycoris Black a suivi ce dernier et a découvert son secret quant à ses relations avec des Moldus. Elle s'est empressée de le raconter à Lestrange qui en a alors énormément voulu à mon grand-père, l'accusant d'avoir causé la mort de son fils en préférant la compagnie de ces Moldus. Il a alors monté les grandes familles contre la mienne. Nous étions de plus en plus endettés, jusqu'au jour où Lycoris Black a proposé quelque chose pour nous aider.
- Leur mariage.
- Oui. Elle avait tout calculé. Elle savait qu'en racontant ce qu'elle avait découvert à Lestrange, cela enfoncerait ma famille dans une pile de problèmes, et que seul le mariage de mon grand-père avec une sorcière de très bonne famille aurait sauvé les Belveder de la faillite. Seulement, mon grand-père a refusé. Ce qu'elle ignorait, c'était qu'il entretenait déjà une relation avec une autre femme, ma grand-mère. Et quand il le lui a dit, elle l'a vraiment mal pris. Elle disait qu'elle voulait les sauver de la faillite, et que c'était comme ça qu'il la remerciait… sa fierté en avait pris un sacré coup. Alors, avec l'aide de Constantinus Lestrange, elle les a banni.
- Banni ?
- Oui. Elle a effacé toute trace de notre existence en utilisant un puissant sort de Magie Noire. Plus aucun livre ne parle de notre famille. Nous n'existons plus, elle a même réussi à nous supprimer de la mémoire des gens.
- Mais pas tous… Lestrange et Loversen, ils connaissaient une partie de l'histoire… ils savaient que ta famille avait perdu de sa superbe après une affaire qui avait été étouffée.
- Lestrange, c'est normal, vu que c'est son grand-père qui est responsable de ça. Loversen, je dirais que c'est parce que Lycoris Black n' a pas parfaitement réussi son sortilège pour nous effacer de la mémoire de tous ceux qui nous ont connu. Mais aujourd'hui, même des amis de mon grand-père ne se souviendront pas personnellement de lui si tu leur poses la question.
- Mais… la grand-mère paternelle de Loversen savait que ta grand-mère était moldue….
Belveder pâlit.
- Quoi… ?
- Et votre existence n'a pas tout à fait été effacée, puisque l'on peut retrouver les noms de ton grand-père, de ta grand-tante dans les archives de Poudlard.
- C'est normal, ça, personne ne peut effacer ce qui est inscrit dans ces archives… mais répète ce que tu as dit avant. Au sujet de la grand-mère de Loversen.
- Elle connaît toute l'histoire. Il lui avait envoyé un hibou pour lui demander si elle savait quelque chose à propos de ta famille, et elle lui a raconté l'histoire du mariage annulé… pour ta grand-mère, une Moldue.
- Comment… elle pouvait s'en souvenir… ?
Andromeda se posait également la question. Elle dit à Belveder qu'elle irait poser la question au Préfet-en-Chef, puis se leva et se dirigea vers la porte, mais elle se sentit brusquement attrapée par le bras et se retourna vers le garçon dont les yeux brillaient de colère.
- Qui d'autre est au courant ? siffla-t-il.
- Seulement moi, Myriam, Tonks, Matthews et Loversen. Personne d'autre.
- Ça fait déjà beaucoup.
- Et dis toi qu'il y en a peut-être d'autre. Si la grand-mère de Loversen se souvient de tout, elle n'est peut-être pas la seule.
Elle se dégagea d'un geste brusque, ouvrit la porte et laissa le garçon seul dans la pièce. Arrivée à son dortoir, elle vit que Myriam l'attendait, mais elle lui fit un signe bref comme quoi elle ne voulait pas en parler, puis elle se coucha en ignorant les « pssst… » de son amie.
Le lendemain matin, Andromeda n'avait toujours rien raconté à Myriam et s'obstinait à rester silencieuse. Pendant le cours de DCFM, elle ne prononça pas un mot et ne fit même pas attention aux remarques désagréables de Lawkins. Le reste de la journée se passa ainsi, puis arriva enfin le moment où les quatre amis se réunissaient à la bibliothèque. Mais cette fois-ci, Andromeda ne s'y dirigea pas et entreprit de rechercher le Préfet-en-Chef. Elle aperçut Glaystone en train de discuter avec d'autres élèves de Serdaigle, et décida d'aller lui poser la question.
- Glaystone, dit-elle une fois arrivée au niveau de la Préfette-en-Chef, tu ne saurais pas où se trouve Loversen, par hasard ?
- Et la politesse ? c'est pour les Scroutts ?
- S'il te plaît, Glaystone, peux-tu me dire où se trouve Loversen, et rapidement, car je n'ai pas que ça à faire.
- Les Blacks se croient décidément tout permis, persifla Liz Bradley, l'amie de Glaystone.
- Et les Serdaigles sont pour la plupart vraiment hypocrites, répliqua Andromeda. Ils se montrent aussi loyaux que les Poufsouffles, mais derrière, ils se moquent de leurs amis, en faisant des paris sur leurs dos, par exemple.
Liz Bradley pâlit, regarda méchamment la Serpentard mais s'abstint de répondre. Cependant, Glaystone était loin d'être quelqu'un de stupide et observa son amie avec un air suspicieux. Andromeda regrettait d'avoir dit cela, car elle savait que la Serdaigle avait compris de qui elle parlait, mais ce n'était pas le moment de s'en inquiéter. Elle répéta sa question et la Préfette-en-Chef répondit brièvement qu'il s'était dirigé vers le parc.
Andromeda courut jusqu'au parc, évitant de justesse quelques élèves qui croisaient sa route. Arrivée au parc, elle s'arrêta et chercha Loversen des yeux. Elle le trouva allongé sous un arbre, contemplant le ciel qui s'assombrissait à vue d'œil. La jeune fille s'élança vers lui et se posta devant.
- Tiens, Black ! que fais-tu ici ?
- Je te cherchais. J'ai quelque chose à te demander… et aussi à t'avouer. Il faudrait que t'ailles vite voir Bradley…
- Bradley ? pourquoi ?
- Mais pas tout de suite. Comment ta grand-mère savait que c'était une Moldue ?
- De quoi tu me parles, là ?, demanda le garçon en se redressant.
- De la grand-mère de Belveder ! comment elle savait que c'était une Moldue ?
- Black, ne le crie pas comme ça, je ne pense pas que Belveder apprécierait.
Andromeda se mordit la lèvre et regarda autour d'elle. Heureusement, il n'y avait pas grand monde et personne n'avait entendu ce qu'elle avait dit. Elle s'assit à côté de Loversen.
- Je ne vois pas pourquoi c'est étonnant qu'elle le savait, murmura le garçon.
- Parce que Lycoris Black a effacé toute trace écrite de l'existence des Belveders avec un sort de Magie Noire. Mais elle n'a pas fait que ça, elle a aussi essayé d'effacer leur existence de la mémoire des gens. Ça n'a pas complètement marché, mais il n'empêche que pour tous, les Belveders étaient une famille qui n'a jamais été importante et qu'il n'est pas nécessaire de s'en souvenir.
- Ah, je vois… elle a du utiliser plusieurs sorts, je pense, pour arriver à ce résultat.
- Elle a lancé ces sorts sur toute la population sorcière… c'est quand même terrifiant, non ?
- Mais non, idiote, elle ne les a pas lancés sur tous les sorciers d'Angleterre ! s'exclama Loversen en éclatant de rire. Elle les a lancés sur le nom des Belveders. C'est quand même plus facile, non ?
- Ah, euh… oui, bien sûr.
Loversen donna une petite tape amicale derrière la tête de ma jeune fille et se rallongea.
- Je lui enverrai un hibou, dit-il. A ma grand-mère.
- D'accord. Merci.
- Et pourquoi je devrais aller parler à Bradley ?
- Ah… eh bien… j'ai croisé Glaystone et je lui ai demandé où tu étais. Mais on s'est un peu… accrochée… en fait, Bradley a dit que les Blacks se croyaient tout permis, elle m'a énervé, et j'ai dit quelque chose… du style… que les Serdaigles étaient hypocrites envers leurs amis, et j'ai donné… un exemple…
- Mais tu n'as rien dit ce concret ?
- Non, bien sûr que non ! mais Glaystone n'est pas dupe, elle s'est doutée de quelque chose. Je l'ai vu à son regard.
- Ah… donc tu penses que Bradley va lui vendre la mèche ?
- Bah… ça me paraît évident. Si Glaystone la harcèle pour savoir… et puis, je ne vois pas pourquoi elle le lui dirait.
- Parce que sinon, elle perd son pari.
- Elle a parié quoi ?
- Vingt gallions que la Préfette ne craquera pas.
- Elle a parié ça ? mais elle est folle ! vingt gallions ! et… dit comme ça, ça fait pas trop salop envers Glaystone.
- C'est vrai, mais elle a quand même parié sur le dos de son amie, et, surtout, elle ne lui a jamais dit que toute l'école pariait sur elle.
- Donc elle a autant intérêt que vous que Glaystone ne sache rien ?
- En effet. Imagine toi à sa place trente secondes. Tu sais que toute l'école parie sur ton amie et tu te retrouves à parier toi aussi. Même si tu paries tout le contraire des autres, ce qui montre que tu as… on va dire une certaine confiance envers ton amie… tu ne lui as quand même rien dit parce que, justement, toi aussi tu as parié. A ton avis, comment réagirait ton amie si elle découvrait tout ça ?
- Ça dépend de l'amie en question. Si c'était Myriam qui avait parié derrière mon dos, ce ne serait pas quelque chose d'étonnant de sa part. Je serais fâchée contre elle, mais sans plus.
- Même si elle a fait circuler ce pari dans toute l'école ?
- C'est Myriam, après tout.
Le Serpentard sourit.
- Oui, mais là, on parle de Glaystone. Visiblement, tu ne la connais pas bien.
- Comment ça ?
Loversen se pencha vers elle comme s'il voulait lui dire un secret.
- Je peux te dire que Glaystone, elle, elle ne va pas juste être fâchée contre Bradley.
- C'est-à-dire ?
- Elle va piquer la colère du siècle. Alors, crois-moi, Bradley va sûrement éviter que cela n'arrive. Pour la sécurité des autres autant que pour la sienne.
Sur ces mots, Loversen se leva et partit en direction du château. Andromeda l'imita deux minutes plus tard, après s'être mise en tête que le garçon avait raison. Bradley n'avait certainement pas envie de se brouiller avec son amie pour un pari aussi stupide. Et puis, quoi qu'en disait le Préfet-en-Chef, elle ne voyait pas pourquoi Glaystone en voudrait tellement à Bradley. Après tout, ce n'était pas sa faute, et elle ne pouvait rien contre toute cette histoire. Elle s'était faite piéger par les autres et s'était retrouvée à parier elle aussi. Pas de quoi en faire un drame. On avait déjà parié sur Andromeda aussi, en première année. Des élèves de Gryffondor de troisième année avait fait le pari qu'elle resterait seule le restant de sa scolarité. Ils avaient entendu Bellatrix dire à des camarades de Serpentards de la même année, avant un cours en commun avec les Lions, qu'elle s'inquiétait que sa petite sœur ne se mêle pas aux autres, alors que les Serpentards de son année essayaient de se faire bien voir par elle. Mais le pari n'avait pas pu prendre fin, car en l'apprenant, Bellatrix était allée dire « quelques mots » aux Gryffondors.
En quatrième année aussi, on avait fait un pari sur Andromeda. Des Gryffondors, des Poufsouffles et des Serdaigles de la même année qu'elle avaient parié la durée de temps restant avant qu'elle ne sorte avec Lestrange. Aux dires de Myriam, qui avait eu vent de ce pari et en avait informé Andromeda, personne n'avait gagné. Normal… s'ils avaient pris la peine de se renseigner, ils auraient compris que ce n'était pas parce que Lestrange venait toujours près d'elle et manger avec elle, qu'elle l'aimait bien. Ils auraient vu que c'était tout le contraire.
Andromeda arriva à la bibliothèque et rejoignit ses amis à la petite table. En voyant Myriam, Tonks et Matthews lui faire des petits signes de la main tandis qu'elle s'avançait vers eux, elle pensa qu'après tout, elle se moquait bien de savoir si Bradley allait tout raconter à Glaystone. Ça ne changerait rien à la petite vie qu'elle avait depuis quelques temps.
