Et voilà le chapitre 9 !!! personnellement, j'aime beaucoup ce chapitre. Non seulement, on découvre une Andromeda qui se découvre un peu plus, mais aussi on commence à percevoir le futur sombre qui se prépare... mais je ne vais pas en dire plus, sinon, je vais vous retirer tout le plaisir de lire ce chapitre ! ;-p
Petite remarque personnelle que vous n'êtes pas obligés de lire surtout si vous ne lisez pas le Voyou de Durmstrang : quand je compare les personnages de mes deux fictions, je retrouve beaucoup de similitudes entre certains... j'imagine que ça doit être à peu près la même chose chez les autres. Après tout, c'est comme ça un peu partout, dans les films, surtout. Ici, la comparaison concerne surtout le personnage de Loversen et celui de Maximus Gavan. Sans faire attention, je leur ai donné quasiment les mêmes caractéristiques extérieures : cheveux noirs et yeux bleus. Sauf que Loversen a la peau très pâle, tandis que Maximus a le teint mat. Autre similitude : leurs pitreries. Mais plus je pousse la comparaison, plus je trouve des différences. Maximus est ami avec tout le monde, il est apprécié par tous ses camarades et il a besoin de faire parti de plusieurs groupes à la fois, si ce n'est tous. Loversen est plus réservé, il ne ressent pas le besoin ni l'envie de faire parti d'un groupe en particulier. Maximus n'a pas peur de se ridiculiser, Loversen se fait plus discret. Ils sont tous les deux très intelligents et ne craignent pas de désobéir au règlement. La différence est que Maximus ne le fait que si des amis sont dans le coup, tandis que Loversen est un solitaire.
Voilà, j'ai fini avec ma petite observation. Désolée, il fallait que je l'explique quelque part et que je l'écrive... mais ce n'est pas bien important !
Chapitre 9
Loversen se trompait. Bradley avait faibli face à l'insistance de Glaystone, puisque c'était ensemble qu'elles allèrent le trouver.
C'était juste pendant le petit déjeuner. Andromeda et Myriam étaient déjà à table depuis un quart d'heure lorsque Loversen les rejoignit.
- Salut, vous deux ! vous allez à la sortie à Pré-au-Lard, j'espère ?
- Bien sûr ! répondit Myriam.
- Et vous y allez avec les deux autres ?
Aucune des deux jeunes filles ne purent lui répondre, car quelqu'un venait d'ouvrir la grande porte avec fracas, ce qui attira l'attention de tous les élèves présents. Apparurent alors Glaystone, furieuse, et derrière elle, légèrement mal à l'aise, Bradley. Elles se dirigèrent immédiatement vers la table des Serpentards et Glaystone se posta à côté de Loversen puis frappa la table du poing. Le Préfet-en-Chef lui sourit.
- Eh, doucement, Gemma, tu vas te faire mal.
- Pour qui tu te prends ? ça t'a bien amusé, n'est-ce pas ?
- Mais de quoi parles-tu donc ? demanda le garçon avec un air qui ne trompait personne.
- Espèce d'enfoiré ! ça t'amuse tellement de faire des paris sur le dos des autres ? non seulement, t'en branles pas une depuis le début de l'année, mais en plus, faut que tu te foutes de ta collègue en la faisant passer pour une conne ! j'en ai assez de toi, Loversen ! t'es qu'un con qui se moque complètement de tous ceux qui l'entourent ! un putain d'égoïste qui ne prend jamais en considération ce que ressentent les autres !
- Ça, c'est pas vrai…
- La ferme ! tout le monde ici peut le dire ! t'es même pas apprécié dans ta propre maison, alors comment tu peux te permettre de te foutre des autres ?
- Eh, je suis apprécié dans ma maison ! c'est juste que…
- Je m'en fous ! tu m'entends ? tu peux bien me dire ce que tu veux, je m'en fous !
- Ah, et après c'est moi qui me moque de ce que ressentent les autres ?
Glaystone en resta sans voix, tandis que certains élèves ricanaient. Andromeda se dit que si Loversen continuait ainsi, la Serdaigle allait finir par commettre un meurtre.
- Bordel ! Loversen, tu fais chier ! tu…
- Ça suffit, Miss Glaystone ! retentit la voix du professeur McGonagall. Vous allez me faire le plaisir de vous comporter comme il le faut devant vos camarades ! vous vous devez de montrer l'exemple !
La jeune fille rougit et baissa les yeux. La directrice de Gryffondor toisait les deux élèves avec colère et effarement. C'était la première fois dans l'histoire de Poudlard qu'elle assistait à une dispute entre Préfets-en-Chefs, et devant toute la grande salle qui plus est !
- Je veux vous voir dans mon bureau à la fin du petit déjeuner.
Puis elle retourna s'asseoir à la table des professeurs.
Glaystone semblait sur le point de pleurer. Bradley posa sa main sur l'épaule de son amie qui se tourna vers Loversen.
- Toi… j'étais tellement fière d'être choisie comme Préfette-en-Chef… tu as tout gâché…
- Eh, je ne suis pas le seul qui doit en être blâmé. A la base, ce n'était qu'un pari entre Hales et moi. Ce n'est pas de ma faute si les autres s'en sont mêlés.
- Comme si cela changeait quelque chose…
La Serdaigle se dirigea vers sa table, suivie par Bradley qui lança un regard noir aux Serpentards. Myriam poussa un soupir exaspéré.
- Comme si elle était bien placée pour nous regarder comme ça, celle-là, dit-elle. Elle a quand même parié, elle aussi.
- Quand même, murmura Andromeda. Je comprends un peu Glaystone. Je n'aimerais pas être à sa place…
- Je pense qu'on peut dire qu'elle a craqué !
- Loversen ! s'offusqua la jeune Black.
- Eh bien quoi ? tu n'espères quand même pas que je vais pleurer à cause de ce qu'elle m'a dit ?
- Elle n'a pourtant pas tort, déclara Belveder qui était assis pas loin d'eux. Quand elle dit que tu n'es pas apprécié dans ta maison.
- Ça, c'est surtout à cause de Warrix.
- Warrix ? interrogea Andromeda, bien qu'elle devinait la réponse.
- Ta chère sœur, voyons !
- Mais pourquoi tu l'appelles comme ça ? demanda Myriam.
- C'est la contraction de warrior et Bellatrix.
- Je ne vois pas le rapport.
- Bellatrix signifie guerrière en latin, répondit Belveder.
- Ah, ok… c'est pas mal trouvé.
- Andromeda ! tu ne vas pas les laisser se moquer ainsi de notre sœur ? s'exclama brusquement Narcissa, assise à quelques places d'eux.
- Je ne vois pas où est le problème, répondit Andromeda en haussant les épaules.
- Bella détestait quand il l'appelait ainsi ! tu te dois de la défendre !
- Premièrement, elle a toujours été assez grande pour se défendre toute seule. Et deuxièmement, je ne comprends pas pourquoi elle détestait ce surnom. Il n'a rien de terrible.
- C'est… de l'irrespect !
- Narcissa, côté respect, on ne peut pas vraiment dire que Bellatrix était bien placée pour en parler. Alors, je me moque complètement de comment Loversen peut l'appeler. Et puis, de toute façon, il est comme ça avec tout le monde.
- Oui, et puis, petite fleur, je te demanderais de ne pas me manquer de respect à moi, le Préfet-en-Chef.
- Je t'interdis de m'appeler petite fleur !
- Décidément, c'est une manie dans la famille, plaisanta Myriam.
- A mon avis, Loversen, tu ne vas pas rester Préfet-en-Chef bien longtemps, fit remarquer Belveder.
- Comment ça ? ils ne vont quand même pas m'enlever ce privilège !
- Tu es censé le mériter, ce privilège, répliqua Andromeda. Or, on ne peut pas dire que ce soit le cas.
- Je ne vois pas ce qu'on pourrait me reprocher. Après tout, occuper les élèves, ça fait aussi parti du devoir des Préfets-en-Chefs, non ?
- Parce que pour toi, faire des paris sur quelqu'un, c'est occuper les autres ? demanda Lestrange, assis à côté de Belveder.
- Bien sûr ! avouez que tout le monde a trouvé cette idée formidable. Même toi, Lestrange, tu as parié.
Le concerné haussa les épaules et fixa son assiette, ce qui signifiait dans son langage que Loversen avait raison, mais qu'il préférait mourir que de l'avouer.
- De toute façon, parier sur cette sang-mêlée, c'est probablement pas quelque chose que l'on va te reprocher, déclara Malefoy.
- Et nous y voilà encore ! soupira Myriam. Il faut toujours que le blondinet ramène tout au sang.
- Pour la énième fois, Hales, ne m'appelle pas le blondinet.
- Pour la énième fois, Malefoy, arrête avec ces théories de sang-pur ou impur. Ça devient franchement lassant.
- Pour quelqu'un qui n'arrive pas à se les enfoncer dans la tête, sûrement.
- Plutôt pour quelqu'un qui a de la conversation au lieu de répéter sans cesse les mêmes choses. Ne fais pas de ton cas une généralité, Malefoy.
Certains Serpentards ricanèrent discrètement, et même les amis de Malefoy, Lestrange et compagnie tentèrent de dissimuler un sourire. Seul Belveder ne se cachait pas et esquissait un sourire narquois tout en fixant le garçon à la peau si pâle, attendant avec impatience sa réponse. D'ailleurs, toute la table ne semblait attendre que ça.
- Mais c'est ton cas qui ne devrait pas devenir une généralité. Vous imaginez, rajouta-t-il à l'attention des autres Serpentards assis autour d'eux, notre monde peuplé d'adorateurs de Moldus ?
La plupart des Serpentards firent la grimace, tandis que d'autres se mirent à ricaner, comme si cette idée était la plus aberrante qu'il soit. Le regard de Myriam s'assombrit sous le coup de la colère.
- Un monde peuplé d'adorateurs de Moldus vaut probablement mieux qu'un monde peuplé de fanatiques comme toi.
Un sourire mauvais apparut sur les lèvres de Malefoy.
- On verra, dit-il d'une voix traînante. On verra.
Andromeda sentit son sang se glacer. Elle était sûre que Malefoy faisait allusion à la même chose qu'il lui avait dite la dernière fois. Cependant, elle eut beau chercher, elle ne comprit toujours pas de quoi il voulait parler.
Myriam, en revanche, semblait l'avoir deviné. Elle blêmit et se leva, toisant Malefoy d'un regard qui fit détourner les yeux des autres élèves, se souvenant de la dernière fois où elle avait regardé quelqu'un ainsi. C'était cette fameuse fois où elle avait envoyé un élève bien plus âgé qu'elle à l'infirmerie.
Evidemment, dit-elle de façon que seuls ceux se trouvant près d'eux entendent. Un être immonde tel que toi ne peut que se joindre à ce fou furieux. Tu es décidément tombé bien bas, Malefoy. Même si cela ne m'étonne pas de ta part, je pensais quand même que tu avais plus de dignité que ça.
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et quitta la grande salle précipitamment. Andromeda se leva à son tour puis poursuivit son amie dans les couloirs, mais celle-ci marchait bien trop vite et elle peinait à la rattraper.
- Myriam ! attends moi !
La jeune fille s'arrêta brusquement et se retourna vers son amie, surprise. Elle ne s'attendait vraisemblablement pas à ce qu'elle la suive. Arrivée à la hauteur de Myriam, Andromeda essaya de reprendre son souffle.
- Où vas-tu ? finit-elle par demander.
- A la bibliothèque. Au moins, là, je serais tranquille et je ne risquerais pas de retomber sur un de ces crétins.
Sans un mot de plus elle se détourna et prit la direction de la bibliothèque. Andromeda la suivit en silence, ne sachant quoi dire. Myriam se dirigea vers leur table et en vira les trois Serdaigles qui s'y étaient installés. Le regard de la Serpentard les dissuada de tenter quoi que ce soit pour rester à cette place, et ils allèrent s'asseoir à une autre table plus loin. Andromeda s'assit en face de son amie. Elle se sentait mal à l'aise, ne comprenant pas ce qui avait pu la mettre dans cet état. Myriam ne fit de toute façon pas attention à elle et sortit son livre sur le Quidditch, tandis que la jeune brune se décidait à prendre le livre prêté par Tonks, cependant elle ne parvenait pas à s'y intéresser, son esprit étant sans cesse tourné vers la discussion qui avait eu lieu pendant le petit déjeuner. Quelques minutes plus tard, Tonks, Matthews et Loversen arrivèrent en ricanant. Andromeda releva la tête du livre alors que Myriam gardait les yeux baissés, ignorant les trois nouveaux venus. Tonks et Loversen s'installèrent chacun à côté de la jeune brune tandis que Matthews prit place à la droite de la blonde.
- Qu'est-ce qui vous fait rire ? demanda Andromeda.
- C'était pas très sympa de votre part d'être parties comme ça en me laissant seul avec Malefoy et compagnie, fit Loversen en faisant semblant d'être vexé.
- Ça ne répond pas à ma question… bref, qu'est-ce qui s'est passé après notre départ ?
- Oh, pas grand-chose, je me suis moi aussi levé…
- Et à ce moment-là, Glaystone a surgi de nulle part pour l'entraîner jusqu'au bureau de McGonagall, termina Matthews avec un sourire en coin.
- Je suis sûr qu'elle t'a surveillé pendant tout le petit déjeuner pour t'éviter d'oublier la convocation de McGonagall, renchérit Tonks.
- Oublier ? tu veux dire esquiver, corrigea Andromeda.
- Vous avez décidément une bien piètre opinion de moi. Comme si c'était mon genre d'oublier mes engagements ! et esquiver, voyons… ça ne m'avait même pas effleuré l'esprit.
- Bien sûr, bien sûr, murmura la Serpentard en ayant l'air bien peu convaincu.
- Quoiqu'il en soit, qu'est-ce qui s'est passé avec McGonagall ? demanda Tonks.
- Oh… elle m'a juste posé un ultimatum. Elle a estimé que cette histoire de pari n'avait aucune raison d'amener une conversation pareille dans la grande salle. Cependant, elle m'a collé une retenue.
- Une retenue ? s'étonna Matthews. On peut donner une retenue aux Préfets-en-Chefs ?
- Bien sûr que oui, répondit Loversen en affichant un air misérable. Elle a aussi l'intention d'envoyer une lettre à mes parents.
- C'est tout ? questionna Andromeda. Elle ne t'a rien dit d'autre ?
- Bien sûr que si, mais je ne vais pas vous faire un compte-rendu complet, je ne vous donne que le nécessaire.
- Passons à autre chose, alors, dit Matthews. Moi, ce qui m'intéresse, c'est ce qui s'est passé à votre table.
Andromeda lança un regard vers Myriam qui n'avait pas bronché, le nez toujours plongé dans son livre. Matthews soupira et attrapa le bouquin brusquement, obligeant la Serpentard à relever les yeux, agacée.
- Quoi ? demanda-t-elle d'une voix sèche.
- Qu'est-ce qui s'est passé avec Malefoy ?
- Ça ne te regarde pas, Matthews. Rends moi ce livre.
- Pas question. Dis-moi ce qui s'est passé avant.
- Tu es vraiment chiant, tu le sais, ça ?
- Rassure toi, je ne t'arrive pas encore à la cheville. Tu n'as donc pas de soucis à te faire, tu vas pouvoir garder la première place.
- Putain, Matthews, rends moi ce bouquin et ferme la. Je ne suis pas d'humeur.
- Ça, on avait remarqué...
- Kenny, rends le lui, sinon elle va ameuter Pince.
Le Poufsouffle reposa le livre devant Myriam en soupirant.
- Mais sérieusement, qu'est-ce qui s'est passé ? questionna Tonks en se retournant vers Andromeda et Loversen.
Andromeda commença à leur raconter toute la discussion tout en jetant des coups d'œil inquiets vers son amie qui ne bougeait pas, les yeux posés sur le livre ouvert devant elle. Cependant, elle voyait bien qu'elle ne lisait pas, car ses yeux restaient fixes et elle ne tourna pas une seule fois la page. Lorsqu'elle eut terminé le récit, Matthews se retourna vers Myriam.
- C'est qui ce fou furieux auquel tu as fait allusion ?
Myriam l'observa sans rien dire et détourna son regard pour remarquer qu'Andromeda et Tonks semblaient se poser la même question. Seul Loversen avait compris de qui elle parlait, à en juger par ses yeux baissés et son visage sérieux.
- Celui qui se fait appeler Voldemor, répondit-elle d'une voix grave.
Andromeda sentit son sang se glacer. Voldemor… ce nom lui était familier. Mais où est-ce qu'elle l'avait déjà entendu ? qui était-il vraiment ? et puis, pourquoi se sentait-elle subitement si mal à l'aise ?
- Ne me dis pas que tu ne sais pas qui c'est, Andro, murmura Myriam qui avait remarqué l'air interrogateur de son amie. Vu ta famille, tu ne peux pas ne pas savoir ce genre de chose.
Andromeda se sentit vexée par la remarque et lança un regard noir à la jeune fille.
- Eh bien, non, je ne sais pas de qui tu veux parler. Désolée de te décevoir.
- Pourtant, je mettrais ma main à couper que Bellatrix doit aduler cet homme. Il a les mêmes principes en ce qui concerne les théories du sang, et c'est un vrai fanatique. Il y a déjà eu des meurtres de sorciers d'origine moldue à son compte, ainsi que des disparitions…
- Personne ne sait réellement si c'est lui le coupable, l'interrompit Loversen.
- Bien sûr que c'est lui, répliqua Myriam en lui jetant un regard agacé. Qui veux-tu que ça soit ? il suffit de l'entendre parler pour se douter qu'il y ait pour quelque chose.
- Tu l'as déjà rencontré ? demanda Matthews.
- Non. Mais mon cousin, si, l'année dernière. Il travaille au Département des Accidents Magiques, et ce cinglé s'est ramené, il cherchait quelqu'un. Mon cousin lui a dit qu'il ignorait où était cette personne, et Voldemor lui a demandé son nom. Quand il a su qu'il venait d'une grande famille de sang-purs, il a commencé à lui faire l'éloge de notre sang, puis a enchaîné sur ce qu'il pensait des sorciers « impurs ». Mon cousin a eu un mal fou à se débarrasser de lui. Des gens disparaissent, meurent, et ce taré se balade librement en racontant à qui veut l'entendre tout ce qu'il pense de la présence des Moldus et des sorciers d'origine moldue dans ce monde ! il pourrait porter une pancarte autour du cou disant « je tue et j'aime ça » que personne au Ministère ne va bouger le petit doigt pour empêcher son ascension !
Un « chut » sévère se fit entendre et Myriam abaissa à nouveau les yeux sur son livre, le visage crispé. Tonks se tourna vers Andromeda.
- Tu es sûre que tu n'as jamais entendu parler de lui ? je veux dire, s'empressa-t-il de rajouter en voyant l'air agacé de la jeune fille, Hales n'a pas tout à fait tort, le discours de cet homme ressemble bien à celui de ta sœur. Elle n'en a jamais parlé ?
Andromeda soupira discrètement et tenta de fouiller dans sa mémoire. Elle ne pouvait pas nier que ce nom ne lui était pas inconnu. Mais était-ce Bellatrix qui lui en avait parlé ? ça aurait très bien pu être ses parents… non, ils ne sortaient quasiment pas, comment auraient-ils pu rencontrer ce Voldemor ?
- Ce ne serait pas étonnant qu'il recherche des adeptes parmi les grandes familles de sorciers, murmura Matthews. Et comme ta famille est l'une des plus anciennes…
- Mais je ne vois pas... ce nom, je l'ai déjà entendu, j'en suis sûre, cependant impossible de me rappeler où et par qui…
- C'est sûrement par Bellatrix, dit Myriam. Tu n'écoutes jamais avec attention ce qu'elle te raconte. Si ça avait été tes parents, tu t'en serais souvenue.
- Oui…
Andromeda soupira et baissa les yeux. Elle sursauta en sentant une main se poser sur son épaule et se tourna vers le propriétaire qui n'était autre que Tonks. Ce dernier lui souriait, mais la Serpentard vit bien la tristesse qui émanait de son regard.
- Ne te prends pas la tête à te souvenir de qui a bien pu te parler de ce type, murmura-t-il. Ça ne changera rien, de toute façon.
Tout en disant cela, une ombre passa dans ses yeux pour disparaître l'instant d'après. Il se détourna de la jeune fille en enlevant la main de son épaule et sortit ses affaires pour se lancer dans son travail. Matthews et Loversen l'imitèrent, et Andromeda tenta de se concentrer sur le livre de Jules Vernes, mais n'y parvint cependant pas, l'esprit accaparé par ce qu'elle venait d'apprendre. Des disparitions, des meurtres, et seulement contre des Moldus ou des sorciers d'origine moldue… son regard se posa discrètement sur Tonks. Si ce Voldemor devenait plus puissant, le Poufsouffle serait sûrement dans sa liste de victimes. Andromeda tressaillit et détourna les yeux. Non, c'était ridicule. Pourquoi s'en prendrait-il à Tonks qu'il ne connaissait pas ? il était né-moldu, mais ce n'était quand même pas une raison… Elle serra les poings. Bien sûr que si, c'en était une. Bellatrix le répétait assez : tous ces né-moldus étaient une honte pour leur monde, et le pire était qu'ils « contaminaient » les grandes familles de sang-purs, les souillant de leur sang, brisant leur grande lignée. Voldemor devait sans aucun doute se contenter de ça pour s'en prendre à tous ces gens. Mais ça n'avait aucun sens. Pourquoi les tuer ?
Andromeda referma brutalement son livre, faisant sursauter ses amis qui la regardèrent avec étonnement. Elle s'excusa, leur dit qu'elle était fatiguée et quitta la bibliothèque. Elle ne pouvait pas rester assise là, essayant de se concentrer sur un livre, tandis qu'à côté d'elle se trouvait Tonks, en train de travailler tranquillement, sans s'inquiéter de ce Voldemor. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à tout ça, elle, et à se poser des questions, se demander qui avait raison, se faire du soucis pour le Poufsouffle. Dans sa tête se bousculaient mille réflexions qui la tourmentaient.
Elle entra silencieusement dans la salle commune et se dirigea vers son dortoir sans jeter un regard autour d'elle. Soudain, quelqu'un l'attrapa par le bras et la fit se retourner brusquement. Andromeda fit alors face à Belveder qui la toisait avec… inquiétude ? non, elle devait avoir des hallucinations. Il ne pouvait pas s'inquiéter… s'inquiéter de quoi, d'ailleurs ?
- Qu'est-ce que tu veux, Belveder ? demanda-t-elle d'une voix rauque.
Le garçon ne lui répondit pas mais sembla vouloir la sonder du regard. Andromeda soupira et dégagea son bras de l'étreinte du garçon.
- Si tu n'as rien à me dire, je vais aller dans mon dortoir, ajouta-t-elle en se retournant.
Mais le jeune garçon l'attrapa à nouveau et l'entraîna avec lui en-dehors de la salle commune. Andromeda ne sut comment réagir, trop surprise, et elle eut juste le temps d'apercevoir le regard furieux de Lestrange avant d'être complètement dehors. Belveder l'amena dans la même salle que la dernière fois et ferma la porte avec soin puis lança un sort d'insonorisation. Une fois toutes ces précautions prises, il se tourna vers Andromeda qui recula instinctivement, inquiète.
- De quoi vous avez parlé ?
- Hein ?
- Toi, Hales, Loversen, Tonks… de quoi vous avez parlé ?
- Mais enfin, ça ne te regarde pas ! de quoi tu te mêles… ?
Elle ne put en dire davantage, Belveder l'ayant obligé brutalement à s'asseoir sur l'une des chaises. Comme lors de leur dernière entrevue, il s'installa sur la table en face d'elle et la toisa à nouveau. Andromeda déglutit avec peine, ne comprenant pas où voulait en venir le Serpentard.
- Loversen a eu une réponse de sa grand-mère ?
- Non…
- J'espère que vous en avez parlé à personne…
- Je te répète que non ! tu es agaçant avec ça, tu sais ?
- Je ne veux pas que ça se sache. Surtout avec ce qui se prépare…
Andromeda blêmit.
- Ce… ce qui se prépare ?
- Oui. Voldemor.
Il observa la jeune fille, semblant attendre une réaction particulière chez elle, mais elle fit de son mieux pour ne pas faire transparaître son angoisse.
- Je comprends, murmura-t-elle enfin. Tu t'inquiètes pour ta famille. C'est vrai que ta grand-mère est moldue...
Elle ne put continuer, car le garçon venait d'éclater d'un grand rire sonore. Elle le fixa sans comprendre, et lorsqu'il fut calmé, il plongea son regard dans celui de la jeune fille qui ne put s'empêcher de tressaillir.
- Tu n'as rien compris, dit-il. Comme si je pouvais m'inquiéter de ma grand-mère, ou de ce qu'elle a fait subir à notre famille.
- Mais alors, pourquoi…
- Je n'ai tout simplement pas envie que ce genre d'information n'arrive aux oreilles de Voldemor.
Andromeda soutint son regard, se demandant bien pourquoi il tenait tant à cacher ce secret à ce sorcier. Belveder sembla le comprendre et un léger sourire étira ses lèvres.
- J'ai bien l'intention de le rejoindre à ma sortie de Poudlard, murmura-t-il lentement.
La jeune fille devint livide, les yeux écarquillés plus par l'incompréhension que par la terreur.
- Mais… pourquoi ? ça n'a pas de sens… ta grand-mère est moldue, pourquoi tu t'en prendrais à des gens comme elle ? ou comme Tonks ?
Le regard de Belveder s'assombrit.
- Tu n'as toujours pas compris ? je me moque de qui est ma grand-mère. A cause d'elle, ma famille a été bannie, sa réputation bafouée, et nous ne sommes plus rien aujourd'hui. Si elle n'avait pas été là, rien de tout cela ne serait arrivé.
- Pourquoi tu ne rejettes la faute que sur elle ? ton grand-père est tout aussi fautif, à mes yeux !
- Tais toi ! je t'interdis de dire du mal de mon grand-père !
- C'est lui qui a décidé de retourner à cette ferme et de continuer à voir ces Moldus !
- Tais toi !
Andromeda manqua de tomber à terre sous le coup de la gifle que venait de lui donner Belveder. Furieuse, elle se releva et toisa son camarade avec toute la haine qu'elle pouvait ressentir.
- C'était un geste à ne pas faire, siffla-t-elle.
- Je… je t'avais dit de te taire…
- Pourquoi ? parce que tu n'apprécies pas d'entendre la vérité ?
- Ce n'est pas la vérité ! Ce qui est vrai, c'est quand Voldemor dit que les Moldus détruisent nos familles, notre lignée…
Il se tut, venant à son tour de se prendre une gifle de la part de la jeune fille.
- J'aurais approuvé ses dires si le fait de faire des enfants avec des Moldus nous rendait tous cracmols, dit Andromeda d'une voix glaciale. Ce qui n'est pas le cas. Tu es sorcier, non ? tes parents aussi, il me semble. Dans ce cas, je ne vois pas en quoi les Moldus représentent une menace pour nos familles.
Comme le garçon ne répondait pas, elle se dirigea vers la porte et sortit de la salle sans adresser le moindre regard à Belveder qui ne bougeait toujours pas.
Andromeda entra précipitamment dans la salle commune de Serpentard. Tandis qu'elle s'apprêtait à se rendre dans son dortoir, Lestrange arriva près d'elle, voulant lui poser des questions sur Belveder, mais un simple regard de la jeune fille l'en dissuada. Lorsqu'elle fut enfin dans son dortoir, Andromeda se laissa tomber sur son lit en poussant un profond soupir. Rosier, Yaxley et McNair la fixèrent sans rien dire, puis continuèrent de se préparer pour la sortie à Pré-au-Lard.
Andromeda repensa à tout ce qu'elle avait dit à Belveder. Elle n'avait même pas réfléchi à tout ça, c'était sorti de sa bouche avec naturel. Mais c'était vrai qu'après tout, elle n'avait jamais accordé vraiment d'attention à ce que lui répétaient ses parents ou sa sœur concernant les nés-moldus et les Moldus. A présent, elle comprenait pourquoi. Ce qu'elle avait dit à Belveder, c'était quelque chose qu'elle pensait au plus profond de son âme, mais elle n'avait jamais pris la peine de se poser les questions nécessaires pour qu'elle s'en rende compte. Même quand Myriam lui faisait de grands discours sur l'absurdité des théories pro-sang-pur, elle n'écoutait que d'une oreille, ne voulant pas prendre parti. En réalité, et elle en avait bien conscience à présent, si elle n'y faisait pas attention, c'était juste pour se protéger, pour ne pas s'opposer à sa famille. Cependant, elle n'avait jamais approuvé toutes ces théories, car depuis son arrivée à Poudlard, elle s'était rendue compte que peu importait l'origine du sorcier, ils étaient tous là pour apprendre à maîtriser la Magie, et que si on ne le lui disait pas, elle n'avait aucun moyen de distinguer un élève venant d'une famille sorcière à un autre venant d'une famille moldue. C'était quelque chose qu'elle avait compris elle-même, mais elle n'en avait parlé à personne et avait enfermé ceci dans une partie de son esprit pour ne plus y faire attention ensuite, afin de ne pas renier ce en quoi sa famille croyait. Mais aujourd'hui, pouvait-elle encore fermer les yeux face à tout ceci ?
Andromeda se redressa en entendant la porte du dortoir s'ouvrir. Rosier, Yaxley et McNair sortirent, tandis que Myriam rentrait. Les deux amies se regardèrent sans rien dire, puis la jeune blonde alla s'asseoir sur son lit.
- Les garçons sont allés chercher leurs affaires. On ferait bien de se dépêcher nous aussi. Ils nous ont donné rendez-vous devant la Tête du Sanglier.
- La Tête du Sanglier ? mais c'est… malfamé, là bas.
- Oui, mais on passera plus inaperçus… à moins qu'à présent, tu te moques d'être vue en compagnie de Tonks.
Myriam sonda son amie du regard. Andromeda ne put soutenir son regard plus longtemps et baissa les yeux.
- Je ne sais pas…
Myriam soupira et se leva pour attraper sa cape épaisse.
- Allez, dépêche toi, ils vont nous attendre.
Andromeda eut un sourire puis se leva à son tour et prit la cape chaude que lui tendait son amie. Elles sortirent du dortoir et traversèrent la salle commune. Andromeda aperçut Belveder assis sur l'un des fauteuils avec Lestrange qui semblait vouloir lui tirer les vers du nez concernant sa discussion avec sa « fiancée », mais le garçon baissa immédiatement les yeux, évitant de croiser le regard de la jeune fille. Andromeda préféra ne pas repenser à leur conversation, se disant qu'il fallait mieux qu'elle profite de cette journée qui promettait d'être belle. Non seulement le soleil était présent, mais elles allaient également pouvoir passer la journée avec les deux Poufsouffles. Au diable Voldemor… ils étaient jeunes et insouciants, après tout.
